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samedi 31 janvier 2009

Que demander dans la prière ? (2)

Que demander dans la prière ? (2)

Et pourtant saint Paul affirme que « nous ne savons ce qu'il faut demander dans nos prières » (Romains 8, 26). Cette ignorance est due à nos doutes et à nos hésitations, à notre grande imperfection et à notre jugement trop objectif. Mais l'Apôtre ajoute une précision importante, qui nous soulage vraiment : « L'Esprit vient en aide à notre faiblesse » (Romains 8, 26). L'Esprit grâce auquel nous pouvons nous adresser à Dieu en toute sérénité en disant : « Abba ! Père ! » (Galates 4, 6), car nous avons reçu « non pas un esprit de servitude pour retomber dans la crainte, mais (...) un esprit de fils adoptifs » (Romains 8, 15). Or, « tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu » (Romains 8, 14). (lire la suite)
Donc, en nous laissant guider par l'Esprit Saint, nous pouvons formuler une prière qui convient très précisément à nos besoins et à ceux des autres, nous pouvons faire une prière qui soit vraiment la prière d'un enfant de Dieu. Et, sous l'action de l'Esprit Consolateur, nous orientons toute notre vie vers Dieu, de sorte qu'elle devienne tout entière une prière qui dure les vingt-quatre heures de la journée. Clama, ne cesses, dit le prophète Isaïe (58, 1), « crie à pleine gorge, ne te retiens pas ».

(fin)

vendredi 30 janvier 2009

Que demander dans la prière ? (1)

Que demander dans la prière ? (1)

« Nous ne savons ce qu'il faut demander dans nos prières » écrit saint Paul (Romains 8, 26). Nous risquons, en effet, d'en rester à des demandes très terre à terre, ou à courte vue, à nous contenter d'objectifs très humains, sur lesquels les considérations d'ordre spirituel, de confiance et d'abandon en Dieu, entrent peu ou pas en ligne de compte. Nous ignorons ce qu'il nous convient réellement de solliciter, parce que la logique de Dieu échappe à la nôtre, mais aussi parce que, si cela ne tenait qu'à nous, nous voudrions éviter toutes les difficultés et les épreuves inhérentes à notre existence sur terre. Nous ne savons pas ce qui est vraiment bien pour nous, parce que (lire la suite) nous avons du mal à comprendre et à admettre que « Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l'aiment », comme saint Paul l'ajoute presque aussitôt (Romains 8, 28).
Pour celui qui aime Dieu, il n'existe pas de mal véritable hormis le péché. Cela ne veut pas dire qu'il nous soit interdit de prier Dieu de nous guérir de nos maladies physiques, de nous épargner les guerres et les autres calamités. Nous voyons le Seigneur Jésus répondre quand les hommes le sollicitent avec foi et persévérance. Lui-même a dit : « Demandez, et on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et on vous ouvrira » (Luc 11, 9).
Faut-il voir alors une contradiction avec ce que saint Paul affirme ? D'autant qu'il semble qu'en réalité nous sachions parfaitement bien ce qu'il convient de demander dans notre prière. On ne peut plus parfaitement ! Un jour, alors que Jésus « était en prière quelque part, un de ses disciples lui dit, quand il eut fini de prier : « Seigneur, apprends-nous à prier, tout comme Jean (le Baptiste) l'a appris à ses disciples. » (Luc 11, 1). Et Jésus leur a révélé le « Notre Père ».
Le « Notre Père » nous est communiqué par le fils de la part du Père. « Je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père » (Jean 15, 15), a-t-il affirmé. Cette prière est donc la plus excellente et la plus complète qui soit. Elle renferme exactement et précisément tout ce que Dieu veut nous entendre lui demander, afin de nous l'octroyer gracieusement. C'est la prière que nous avons recueillie sur les lèvres du Fils de Dieu, Dieu lui-même.

(à suivre...)

mercredi 28 janvier 2009

Semer sans compter

Semer sans compter

Je n'ai pas persuadé aujourd'hui mon auditeur, mais peut-être le ferai-je demain, peut-être dans trois ou quatre jours ou dans quelque temps. Le pêcheur qui a jeté inutilement ses filets pendant un jour entier prend quelquefois sur le soir, au moment de partir, le poisson qu'il n'avait pas pu prendre pendant le jour. Le laboureur ne laisse pas de cultiver ses terres, même s'il n'a pas eu de bonne récolte pendant plusieurs années, et à la fin, une seule année répare souvent et abondamment toutes les pertes antérieures.
Dieu ne nous demande pas de réussir, mais de travailler ; (lire la suite) or, notre travail ne sera pas moins récompensé parce qu'on ne nous aura pas écoutés... Le Christ savait bien que Judas ne se convertirait pas et pourtant jusqu'à la fin il essayait de le convertir, en lui reprochant sa faute dans les termes les plus touchants : « Ami, pourquoi es-tu venu ? » (Matthieu 26, 50 grec). Or, si le Christ, le modèle des pasteurs, a travaillé jusqu'à la fin à la conversion d'un homme désespéré, que ne devons-nous pas faire pour ceux envers qui il nous est ordonné de toujours espérer ?

Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), Homélie au retour de l'exil, sur la Cananéenne (trad. AELF).

mardi 27 janvier 2009

Intentions de priere


Fl., sa conversion, son bonheur, et la guérison de ses blessures, de ses peurs, de ses angoisses et de ses blocages. Et aussi notre relation : qu'elle m'accepte et que nous puissions faire route ensemble.

Pour A. et C., qu'ils aient la joie d'attendre un enfant.

Pour nos évêques, afin qu'ils marchent vers la sainteté.

Nos jeunes déprimés ou sans repère(s) pour qu'ils trouvent leur vocation d'enfant de Dieu.

lundi 26 janvier 2009

Le dimanche

Le dimanche

Le vrai sabbat consiste non pas à consacrer un jour à Dieu, mais tous les jours, et non pas à s’abstenir du travail corporel, mais du péché : « La loi nouvelle veut que vous observiez continuellement le sabbat, et vous, parce que vous restez à ne rien faire une journée, vous croyez être pieux. Vous ne réfléchissez pas à la raison du précepte. Ce n’est point en ces choses que se plaît le Seigneur notre Dieu. S’il y a parmi vous un parjure ou un voleur, qu’il cesse (mausasthô) ; s’il y a un adultère, qu’il fasse pénitence, et il a observé les sabbats de délices, les véritables sabbats de Dieu »(Justin, Dialogue avec Triphon 12, 3). […] Le vrai sabbat,dont avait parlé Isaïe et qui consiste à « cesser de faire-valoir »(1, 6), c’est dans le Christ, qui est libéré du péché, qu’il réalise seulement. Le Christ introduit dans l’unique sabbat, dont les sabbats de la loi n’étaient qu’une préfiguration prophétique.

Jean DANIÉLOU, Bible et Liturgie, Paris, 1951, p. 320-321.

dimanche 25 janvier 2009

Saint paul, excellent général

Saint Paul excellent général

N'est-ce pas là une âme qui déborde le monde de tous côtés ? Il s'était fixé de présenter chaque homme à Dieu, et autant qu'il était en lui, il les lui présenta tous. On aurait dit qu'il avait à lui tout seul la paternité de l'humanité tout entière, à le voir ainsi s'inquiéter, à le voir courir, à le voir montrer tant d'ardeur à introduire chacun dans le Royaume, à force d'attentions, à force d'exhortations, promettant, priant, suppliant, mettant les démons en déroute, écartant tout fauteur de corruption, et par sa présence, sa correspondance, son éloquence, ses démarches, apr ses disciples ou par sa propre action, il redressait ceux qui tombaient, affermissait ceux qui tenaient bon, réveillait ceux qui étaient abattus, prenait soin de ceux qui étaient écrasés, stimulait ceux qui se laissaient aller, lançait un cri redoutable contre ses adversaires et foudroyait du regard ses ennemis. Il fait penser à un excellent général qui serait partout, qui veillerait sur les bagages, c'est encore lui qui charrierait le bouclier, c'est lui encore qui le brandirait pour protéger, c'est lui aussi qui prendrait sa place dans la ligne, se faisant tout à tous pour son armée.


Saint Jean Chrysostome, Homélie citée dans Jean-Michel Proffet, Paul de Tarse, Paris, 1998, p. 155-156.


samedi 24 janvier 2009

Une marche pour la vie

Une marche pour la vie

La 5e Marche pour la Vie se déroulera à l’initiative du Collectif 30 ans ça suffit ! En marche pour la Vie ! le dimanche 25 janvier prochain à Paris. Plusieurs milliers de manifestants devraient se retrouver pour défiler entre la place de la République et la place de l’Opéra pour dénoncer l’avortement et ses conséquences.
Cette Marche, aconfessionnelle et apolitique vise à dénoncer et à combattre « la culture de mort ambiante et son envahissement continu », expliquent les organisateurs. Elle participe aussi à l’édification d’une civilisation « respectant toute vie humaine innocente, une culture de la Vie ».
Le thème choisi cette année « France, avec l’Europe, défends la vie » est explicitement européen, en raison de la date de la Marche, qui se situe entre la fin de la présidence française de l’Union européenne le 31 décembre 2008 et les élections européennes de juin 2009.
Les organisateurs dénoncent notamment les « adversaires du respect de la vie » qui « redoublent actuellement d’efforts pour étendre encore l’avortement en Europe ». Ils demandent « l’alignement des législations européennes vers le haut, sur les pays les mieux disant en matière de protection de la mère et de l’enfant à naître » ainsi que « la reconnaissance de la dignité de l’être humain dès sa conception, l’abolition de l’avortement et une politique publique favorable aux familles et à l’aide aux futures mères ».
Les manifestants sont donc attendus le dimanche 25 janvier Place de la République à 14h30. Le cortège défilera dans les rues de Paris. L’arrivée est prévue vers 16h30, Place de l’Opéra.
Cette année, 10 évêques français ont apporté leur soutien à cette initiative. Il s’agit Mgr Aillet, évêque de Bayonne, Mgr Aubry, évêque de Saint-Denis de la Réunion, Mgr Bagnard, évêque de Belley-Ars, Mgr Boulanger, évêque de Sées, Mgr Cattenoz, archevêque d’Avignon, Mgr Centène, évêque de Vannes, Mgr Fort, évêque d’Orléans, Mgr Jacolin, évêque de Mende, Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon et Mgr Perrier, évêque de Tarbes-Lourdes.
Six évêques émérites se sont également associés à cette 5e Marche pour la vie : Mgr Madec, évêque émérite de Fréjus-Toulon, Mgr Gaidon, évêque émérite de Cahors, Mgr René Séjourné, évêque émérite de Saint-Flour, Mgr Poulain, évêque émérite de Périgueux, Mgr Frikart, évêque auxiliaire émérite de Paris, Mgr Boucheix, évêque émérite d’Avignon.
Le Collectif 30 ans ça suffit ! En marche pour la Vie ! regroupe une dizaine d’associations : Association des chrétiens protestants et évangéliques pour le respect de la vie (ACPERVIE), AOCPA Choisir la Vie, le Comité pour sauver l’enfant à naître (CSEN), la Coordination pour la vie en Saône-et-Loire, Laissez-les Vivre/ SOS Futures Mères, Renaissance catholique, RIVAGE, SOS Tout-Petits, La Trêve de Dieu.
Par ailleurs, 4 associations ont rejoint le Collectif en 2009 : Promouvoir, Chrétienté Solidarité, la Confédération des Familles Chrétiennes et SOS La Vie.
La première manifestation avait été organisée en 2005 à l’occasion des 30 ans de la loi Veil de 1975 dépénalisant l’avortement. Elle avait rassemblé près de 10.000 manifestants. Le 20 janvier 2008, pour sa 4ème édition, ce sont entre 15.000 et 20.000 manifestants qui avaient défilé entre la Place de la République et la Place de l’Opéra.
Rendez-vous fixé à 14h.30 place de la République, à Paris. Arrivée place de la Bastille.
Pour toute information : http://enmarchepourlavie.info/

Le Vatican sur You tube

Le Vatican sur You tube

Le Père Lombardi, jésuite, directeur de Radio Vatican, du Centre Télévisé du Vatican (CTV) et de la Salle de Presse du Saint-Siège, a annoncé le 22 janvier 2009, la naissance d'une nouvelle chaine au Vatican sur You Tube . Cette chaîne diffusera une ou deux fois par jour des informations-vidéos, pour l'instant, en anglais, en espagnol, en allemand et en italien, sur l'activité du Pape et les principaux événements du Vatican. Chaque vidéo sera d'une durée ne dépassant pas deux minutes.
La page de la chaîne sur la toile comporte des liens pemettant aux utilisateurs de trouver des informations et de la documentation plus large et complète sur le Pape, le Vatican et l'Église catholique. Les principaux liens sont reliés aux pages de CTV et de Radio Vatican sur la toile dans les diverses langues existantes, à celle du Vatican et à la page de l'État de la Cité du Vatican, réellement créée elle aussi.
« Le lien à la chaîne h2onews est très important, a précisé le P. Lombardi, puisqu'elle transmet d'autres informations vidéo sur la vie de l'Église dans le monde. »

Divinisation

Divinisation

De même qu’une petite goutte d’eau versée dans une grande quantité de vin semble ne plus exister, prenant le goût du vin et sa couleur ; et de même que le fer rougi à blanc est parfaitement semblable à du feu, ayant dépouillé sa forme première et propre ; et de même que l’air traversé par la lumière du soleil revêt l’éclat même de la lumière, au point qu’il semble non seulement illuminé mais lumière même, ainsi faudra-t-il que dans les saints le sentiment humain se fonde, d’une certaine manière qu’il n’est pas possible de dire, se fonde tout entier dans la volonté de Dieu. Autrement, comment Dieu serait-il « tout en tous » si quelque chose de l’homme restait en l’homme ? Sa substance, certes, restera, mais en une autre forme, une autre gloire, une autre puissance.

St Bernard, Traité de l’amour de Dieu 10, 28.

jeudi 22 janvier 2009

Soif de Dieu

Soif de Dieu

Ô Seigneur, tu es, toi, cette source qui est toujours et toujours à désirer, et à laquelle il nous est toujours permis et toujours nécessaire de puiser. Donne-nous toujours, Seigneur Jésus, cette eau, pour qu’en nous aussi elle devienne source « d’eau qui jaillit pour la vie éternelle » (Jn 4, 14). C’est vrai : je te demande beaucoup, qui le nierait ? Mais toi, Roi de gloire, tu sais donner de grandes choses, et tu les as promises. Rien de plus grand que toi, et c’est toi-même que tu nous donnes, c’est toi qui t’es donné pour nous. […]
Tu es notre tout : (lire la suite) notre vie, notre lumière et notre salut, notre nourriture et notre boisson, notre Dieu. Inspire nos cœurs, je t’en prie, ô notre Jésus, par le souffle de ton Esprit, blesse nos âmes de ton amour, afin que chacun de nous puisse dire en vérité : « Montre-moi celui que mon cœur aime », car j’ai été blessé de ton amour.
Je souhaite que ces blessures soient en moi, Seigneur. Heureuse l’âme que l’amour blesse de la sorte : celle qui recherche la source, celle qui boit et qui pourtant ne cesse d’avoir toujours soif tout en buvant, ni de toujours puiser par son désir, ni de toujours boire dans sa soif. C’est ainsi que toujours elle cherche en aimant, car elle trouve la guérison dans sa blessure. De cette blessure salutaire, que Jésus-Christ, notre Dieu et notre Seigneur, bon médecin de notre salut, veuille nous blesser jusqu’au fond de l’âme. À lui, au Père et à l’Esprit Saint, appartient l’unité pour les siècles des siècles. Amen.

Saint COLOMBAN, Instructio 13, De Christo fonte vitæ 3.

mercredi 21 janvier 2009

Saint Paul, arche de Noé


Saint Paul, arche de Noé

Noé, direz-vous, fut un juste, un homme parfait au milieu des hommes de sa génération, sans égal parmi eux tous (Genèse 6, 9). Et Paul, lui, répondrai-je, n'était-il pas sans égal parmi tous ? Noé se sauva seul, avec ses enfants, mais Paul, voyant un cataclysme beaucoup plus redoutable s'emparer du monde, n'assembla pas des planches pour en faire une arche ; au lieu de planches, il agença ses lettres, et pour sauver, non pas deux, trois, ou cinq de ses proches, mais pour arracher la terre entière, sur le point de sombrer, au milieu de la tourmente. Car cette arche, au lieu d'être réduite à n'évoluer qu'en un seul endroit, comme l'autre, atteignait les extrémités de la terre, et, depuis lors, Paul ne cesse de faire entrer tous les hommes dans cette nacelle.

Saint Jean Chrysostome, Homélie citée dans Jean-Michel Proffet, Paul de Tarse, Paris, 1998, p. 154-155.

mardi 20 janvier 2009

Intentions de priere


Jésus, je te demande que mon fils U. se convertisse, et mon fils J.-L. cesse de vivre dans l'abomination. Merci Cœur de Jésus.

Ma femme et moi nous aimerions avoir un enfant, et si Dieu le veut qu'il soit prêtre !

Je confie à vos prières les enfants du catéchisme qui me sont confiés cette année.

Une foi joyeuse pour mes enfants et petits-enfants, spécialement pour A.-S. en problème.

lundi 19 janvier 2009

Des éloges de Jésus

Des éloges de Jésus

Parmi les nombreux éloges de Jésus que prononcèrent ceux qui furent les témoins de sa vie, je vous demande d’en retenir un qui, d’une certaine manière, les comprend tous. Je veux parler de l’exclamation, empreinte d’accents d’étonnement et d’enthousiasme, que la multitude reprenait spontanément lorsqu’elle assistait, ébahie, à ses miracles : bene omnia fecit. Il a fait toutes choses admirablement bien, aussi bien les grands prodiges que les menus détails de la vie quotidienne qui n’ont ébloui personne, mais que le Christ a réalisés avec la plénitude de celui qui est perfectus Deus, perfectus homo, Dieu parfait et homme parfait. (lire la suite)
C’est de la vie tout entière du Seigneur que je suis épris. J’ai en outre une faiblesse toute particulière pour ses trente ans de vie cachée à Bethléem, en Égypte et à Nazareth. Cette période, cette longue période, dont il est à peine question dans l’Évangile, semble dépourvue de signification particulière pour ceux qui l’envisagent de façon superficielle. Pourtant, j’ai toujours soutenu que ce silence sur la biographie du Maître est très éloquent, et qu’il renferme de merveilleux enseignements pour les chrétiens. Ce furent des années intenses de travail et de prière ; Jésus-Christ menait une existence ordinaire — semblable à la nôtre, si l’on veut — tout à la fois divine et humaine. Il accomplissait tout à la perfection, aussi bien dans l’atelier modeste et ignoré de l’artisan que, plus tard, en présence des foules.

Saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 56.

dimanche 18 janvier 2009

Saint Paul, trompette spirituelle


Saint Paul, trompette spirituelle


En entendant lire fréquemment les épîtres du bienheureux Paul, deux fois et souvent même trois et quatre fois la semaine, quand nous célébrons la mémoire des saints martyrs, d'une part je jouis de cette trompette spirituelle, je suis transporté et enflammé d'ardeur aux sons de cette voix si chère ; il me semble qu'il est là, que je le vois parler ; d'autre part, je souffre et je m'attriste en songeant que non seulement tous ne connaissent pas ce grand homme comme ils devraient le connaître, mais que queles-uns même ignorent jusqu'au nombre de ses épîtres ; et cela, non par incapacité, mais parce qu'ils ne veulent pas entretenir commerce avec ce bienheureux.


Saint Jean Chrysostome, Homélies sur l'épître aux Romains, prologue.

samedi 17 janvier 2009

Qui était Constantin ?

Qui était Constantin ?

(272–337), connu sous le nom de Constantin Ier ou Flavius Valérius Aurélius ConstantinConstantin le Grand, a été empereur de l’empire romain, de 306 à 337. On le considère comme le premier empereur chrétien de l’histoire.
Il était fils d’un officier grec, Constance Chlore, qui fut nommé Auguste en 305, en même temps que Galerius, et d’une femme qui devint sainte Hélène (ci-contre). À la mort de Constance Chlore, en 306, Constantin est désigné empereur par acclamation (lire la suite) par les troupes locales, au milieu d’une situation politique difficile, aggravée par les tensions avec l’ancien empereur, Maximien, et son fils Maxence. Constantin l’emporta d’abord sur Maximien, en 310, puis sur Maxence, à la bataille du Pont Milvius, le 28 octobre 312. Une tradition affirme que Constantin eut une vision avant cette bataille. Alors qu’il regardait le soleil, auquel, en païen, il rendait un culte, il vit une croix et ordonna à ses soldats de mettre sur leur bouclier le monogramme du Christ (la superposition de deux premières lettres du nom en grec). Même s’il continua à pratiquer les rites païens, à partir de cette victoire il se montra indulgent envers les chrétiens. Avec Licinius, empereur en Orient, il promulgua le célèbre « édit de Milan » qui établissait la liberté de culte. Plus tard, les deux empereurs s’affrontèrent et, en 324, Constantin l’emporta sur Licinius et devint l’unique Auguste de l’empire.
Constantin mena à bien de nombreuses réformes administratives, militaires et économiques. Cependant, il excella surtout par ses dispositions politico-religieuses, avant tout celles qui allaient dans le sens de la christianisation de l’empire. Il promut des structures adéquates pour préserver l’unité de l’Église, comme moyen de garantir celle de l’État et de légitimer sa configuration monarchique, sans que pour autant on doive exclure d’autres motivations religieuses à caractère personnel. En plus de dispositions administratives ecclésiastiques, il prit des mesures contre les hérésies et les schismes. Pour défendre l’unité de l’Église, il lutta contre le schisme des donatistes, au nord de l’Afrique, et convoqua le concile de Nicée pour résoudre la controverse trinitaire provoquée par Arius. En 330, il transféra la capitale de l’empire de Rome à Byzance, qu’il appela Constantinople, ce qui fut une rupture avec la tradition, malgré son souci de souligner la dimension de Byzance comme capitale chrétienne. Comme cela était courant alors, il ne reçut le baptême qu’à l’approche de sa mort. Il fut baptisé par Eusèbe de Nicomédie, un évêque de tendance arienne.
En dépit des erreurs dans sa façon de gouverner et de son caractère capricieux et violent, on ne peut pas nier que le fait d’avoir donné la liberté à l’Église et favorisé son unité est un acquis. En revanche, il n’est pas historiquement prouvé que, pour y parvenir, Constantin ait décidé, entre autres, du nombre de livres que la Bible devait comprendre. Dans ce long processus, qui ne s’acheva que beaucoup plus tard, les quatre Évangiles étaient depuis fort longtemps les seuls que l’Église reconnaissait comme véritables. Les autres « évangiles » ne furent pas supprimés par Constantin, car ils avaient déjà été proscrits comme hérétiques des dizaines d’années plus tôt.

original en espagnol par Juan Chapa,
professeur de la faculté de Théologie de l'Université de Navarre

vendredi 16 janvier 2009

Postier au Moyen-Âge

Postier au Moyen-Âge

La possibilité pour les moines d'envoyer des lettres était assurée grâce au service postal qui reliait les abbayes, spécialement à l'occasion des décès ; on faisait alors porter à d'autres maisons religieuses ces faire-part qu'on appelait les rouleaux (rotuli) : aux étapes de son voyage, le porte-rouleau (rolliger) tranmsettait également les nouvelles de vive voix et les lettres missives. On copiait le faire-part sur une bande parchemin ; à la fin on laissait un grand espace blanc. Puis on roulait le toit, et on confiait ce « rôle » à un porteur spécial qui partait le montrer dans toutes les maisons religieuses avec lesquelles on était en association de prières : elles étaient souvent fort nombreuses. Le porte-rouleau s'en allait, la lettre mortuaire pendue au côté, (lire la suite) enfermée dans un cylindre en bois ou en métal. Il se présentait tour à tour aux adresses indiquées. Là, on sonnait les cloches à l'annonce de son arrivée ; on se réunissait au cloître ou au chapitre, plus souvent à l'église. Nous connaissons le rituel de sa réception daans plusieurs monastères : il s'inclinait devant l'autel, saluait la communauté, puis déployait son rouleau au milieu du chœur. Un jeune religieux le ramassait, le présentait au chantre qui en donnait lecture, puis on commençait les prières que le faire-part sollciait.
Avant de laisser le porteur se diriger ailleurs (...), sur l'espace laissé en blanc à la fin de la lettre mortuaire, on ajoutait, en guise d'accusé de réception, un texte de condoléances ou les nouvelles du monastère. Quand la bande de parchemin était toute remplie de texte, on y cousait une pièce de supplément, à laquelle s'en ajoutaient d'autres à mesure que se prolongeait l'itinéraire du document. (...) Un rouleau de Saint-Bavon atteint 30 mètres 25 de longueur : constitué de 50 pièces de parchemin, il représente un trajet de 20 mois.

Dom Jean Leclercq, L'amour des lettres et le désir de Dieu. Initiation aux auteurs monastiques du Moyen Âge, Paris, Cerf, 2008, p. 170-171.

mercredi 14 janvier 2009

Qui peut citer Dieu en justice ?

Comment pourrait-on te juger, toi, Seigneur, notre juge ! Ta toute-puissance ne peut être arbitraire, puisqu'en toi sont, tout à la fois et à leur perfection, la puissance et l'essence, la volonté et l'intelligence, la sagesse et la justice, comme une seule et même chose. De sorte que rien ne peut être dans ta puissance, qui ne puisse être dans ta juste volonté ou dans ta sage intelligence. Et ce n'est davantage par crainte de qui que ce soit, que tu peux accorder, ici ou là, l'impunité. Qui peux te dire : Qu'as-tu fait ? Qui s'opposerait à ta décision ? Qui te citerait en justice pour la ruine d'un peuple ou d'un homme que tu as toi-même créé ? Qui viendrait déposer contre toi en vengeur d'hommes ? Parce que tu es juste, tu conduis tout avec justice, Seigneur, et tu regardes comme indigne de ta puissance de condamner qui ne le mérite pas. Celui qui se détourne de ta justice, pour commettre le mal, et meurt à cause de cela, c'est à cause du mal qu'il a commis qu'il meurt, et rien d'autre.

Jacqueline Baylé, Le saint de Toulouse s'en est allé... P. Marie-Antoine de Lavaur Capucin (1825-1907), Toulouse, Éditions du Carmel, 2006, p. 355.

Intentions de priere

Intentions de prière

Devant toutes les violences dont notre société est sujette : violence des banlieues, violences de jeunes ou de personnes désœuvrées qui cèdent à la violence et deviennent des délinquants, violence dans le quotidien des médias (informations, films, jeux vidéos)... Aidez-nous à faire face activement à cette violence, aidez-nous à rester dans la lumière, dans l'esprit et à être des bâtisseurs de paix et de lumière. Merci.

Pour les âmes du purgatoire les plus délaissées. Pour la conversion de nos familles et notre propre conversion. Que notre Seigneur nous donne de nombreuses vocations sacerdotales, la paix dans le monde, la paix dans les familles, la paix dans nos cœurs.

Bien travailler chaque jour de ma vie.

Je demande au Seigneur qu'il nous envoie de nouveaux bénévoles au Secours Catholique de nos équipes de l'Est du Val d'Oise.

mardi 13 janvier 2009

Histoire de Mouley Isma'îl, roi du Maroc

Histoire de Mouley Isma'îl, roi du Maroc

Histoire de Mouley Isma'îl, roi du Maroc, de Fès, Tafilalet, Sous, etc., par le Père Dominique Busnot, ex vicaire général de la Congrégation Réformée de l'Ordre de la très Sainte Trinité, un des Commissaires pour la Rédemtion des Captifs dans les États du Maroc. À Rouen, chez Guillaume Béhourt, Imprimeur de l'Archevêché, à la Ville de Venise, M DCCXIV (1714) Avec Permission du Roy. L'édition est suivie d'un deuxième livre exposant La tradition de l'Église sans le soulagement et le rachat des esclaves, sans date de publication. (lire la suite)
Cet ouvrage éatit en possession de Roger Le Tourneau (1907-1971), professeur des Universités à Alger, puis à Aix-en-Provence, et spécialiste de l'histoire et de la civilisation de l'Occident musulman, en particulier de Fès et du Maroc. Il est retranscrit par son fils, Louis Le Tourneau, chez qui on peut se le procurer (louis.letourneau@neuf.fr), et couvre 229 pages au total.

Il est extrêmement instructif quand aux traitements particulièrement cruels et discriminatoires infligés aux chrétiens prisonniers dans ce pays et maltraités et massacrés parce que chrétiens. La cruauté du roi Mouley Isma'îl n'épargnait pas ses propres corréligionnaires, et même ses innombrables femmes et enfants, chez lesquels il faisait régner la terreur. Les juifs étaient seulement pressurés pour alimenter les caisses du monarque. Lui-même décapita dans sa vie plusieurs milliers des uns et des autres.

Les expéditions menées par le religieux, auteur de ce récit circonstancié, bénéficiant non seulemen de ses ambassades sur place, mais aussi de témoignages de captifs libérés, ont permis de rendre à la liberté une serié de chrétiens, dont la liste est fournie dans l'ouvrage, mais qui reste bien maigre en rapport avec tois ceux qui vécurent et moururent sur place dans des conditions atroces.

lundi 12 janvier 2009

Saint Joseph s’est-il marié une deuxième fois ?

Saint Joseph s’est-il marié une deuxième fois ?

Selon saint Matthieu, quand la très Sainte Vierge a conçu Jésus virginalement, elle était fiancée à saint Joseph, bien qu'ils ne vivaient pas encore ensemble (Matthieu 1, 18). Il s’agissait de la situation préalable aux noces qui, chez les Juifs, supposait un engagement si fort et réel que les personnes ainsi engagées pouvaient être déjà appelées époux et épouse, si bien que l'engagement ne pouvait être annulé que par la répudiation. Du texte de saint Matthieu on déduit qu’après l’annonce de l’ange à Joseph, lui expliquant que Marie avait conçu (lire la suite) par l’œuvre de l’Esprit Saint (Matthieu 1, 20), ils se sont mariés et ont vécu ensemble. Le récit de la fuite et du retour d’Égypte, et de l’installation à Nazareth (Matthieu 2, 13-23), de même que l’épisode de la présentation par ses parents de l’enfant au Temple à l'âge de douze ans, tel que le relate saint Luc (Luc 2, 41-45) le laissent entendre. D'autre part, racontant l’Annonciation de l’ange à Marie, saint Luc présente celle-ci comme « une vierge fiancée à Joseph de la maison de David ». C’est pourquoi, selon ces Évangiles, saint Joseph avait épousé la très Sainte Vierge. C’est une donnée qui appartient avec certitude à la tradition historique recueillie dans les Évangiles.
Or, considérer que ces noces ont été un deuxième mariage de saint Joseph, ou dire que saint Joseph déjà très âgé et veuf n’a pas épousé la Vierge Marie, mais a uniquement pris soin d’elle comme d'une vierge à sa charge, ce sont des suppositions qui n'offrent aucune garantie d’historicité. Elles sont nées pour expliquer que les « frères » de Jésus, dont il est fait mention dans les Évangiles, étaient les enfants d'un premier mariage de Joseph.
La première mention de ces hypothèses se trouve dans ce le « Protévangile de Jacques », au 2e siècle. Il y est raconté que Marie restait dans le Temple depuis l'âge de trois ans et que, ayant accompli 12 ans, les prêtres cherchèrent quelqu’un pour s'occuper d'elle. Ils réunirent tous les veufs de la ville et, après qu’un signe prodigieux se soit produit avec le bâton de Joseph (une colombe en est sortie), ils confièrent à ce dernier la garde de la Vierge. Cependant, selon cette légende, Joseph ne prit pas Marie pour épouse. En fait, quand l’ange lui apparaît en songe il ne lui dit pas comme dans Matthieu 1, 20, « ne crains pas de prendre Marie pour épouse », mais « ne crains pas pour cette jeune fille » (14, 2). De cet apocryphe dépend sans doute Épiphane qui affirme que saint Joseh n'a pas épousé la Sainte Vierge, car il avait déjà quatre-vingts ans et six enfants.
En revanche, Clément d'Alexandrie et Origène croyaient qu'il l'avait épousée, de même qu'un autre apocryphe plus tardif qui réélabore cette histoire, le « Pseudo-Matthieu », datant peut-être du 6e siècle, qui semble laisser entendre que Marie avait épousé Joseph, car le prêtre dit à ce dernier : « Tu dois savoir qu’elle ne peut contracter mariage avec personne d’autre » (8, 4). Il n'en reste pas moins qu'il parle habituellement de saint Joseph comme du gardien de la Vierge. En revanche, que Joseph ait épousé Marie est clairement dit dans le « Livre de la Nativité de Marie », une sorte de résumé du « Pseudo-Matthieu », et dans l’« Histoire de Joseph le charpentier » (4, 4-5).
Par conséquent, nous ne disposons pas de données historiques permettant d’affirmer que Saint Joseph s’était marié auparavant avant d'épouser Marie. Il est plus logique de penser qu’il était encore un jeune homme quand il a épousé la très Sainte Vierge et qu’il ne s’est marié que c’est cette seule fois.

original en espagnol par Gonzalo Aranda,
professeur de la faculté de Théologie de l'Université de Navarre

dimanche 11 janvier 2009

Le baptême du Seigneur

Le baptême du Seigneur

Alors que Jean-Baptiste administre le baptême de conversion à son cousin, Jésus de Nazareth, se fit entendre « une voix qui venait des cieux et disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. » (Matthieu 3, 17). Je ne sais pas quel effet cette affirmation produit en toi. « Mon Fils bien-aimé ! » Dieu lui-même, venu en personne parmi nous.
Il vous est peut-être arrivé de voir passer quelqu'un de connu non loin de vous dans la rue, un artiste, une vedette de cinéma, un homme ou une femme politique, le chef de l'État. Cela ne laisse pas indifférent. (lire la suite) On s'arrête à le regarder, à le prendre en photo, peut-être même le salue-t-on. Les plus audacieux vont demander un autographe...
Ceux qui se rendaient le dimanche matin au Bois de Boulogne pouvaient voir, avant qu'il ne soit Président de la République, Nicolas Sarkozy courir dans un sens, et Dominique de Villepin aller dans la direction contraire. Quand on a vu cela, on a quelque chose à raconter. Cela donne une petite importance, à ce qui n'en a pas concernant monsieur tout-le-monde.
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. » C'est quand même autre chose. Et nous n'en sommes pas émus, pas tout frétillants d'aise ! Évidemment, nous vivons de façon naturelle nos relations avec Dieu, sans affèterie. Mais entre jouer au « m'as-tu-vu » et rester comme un bloc de marbre, il y a l'espace pour des comportements variés.
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. » Dieu nous fait savoir que son Fils a toute sa faveur. Qu'il a mis en lui toute sa complaisance. Par ces mots, il veut attirer notre attention. Il ne s'agit pas du fils de n'importe qui. Sachant que le Père l'aime tout spécialement, nous ne pouvons qu'être particulièrement attentifs à lui, marquer un intérêt accru. Aimer Jésus, nous entretenir avec lui, le consulter, prendre son avis, lui présenter nos amis, l'inviter chez nous, lui raconter ce que nous faisons, l'informer de nos projets, et tutti quanti, tout cela fait plaisir au Père, à notre Père.
Par là, Jésus lui-même, sous la poussée de l'Esprit Saint qu'il actionne, nous fait entrer plus pleinement dans la vie divine, nous dévoile davantage certains aspects de la personnalité du Père, car « nul ne connaît le Père, sauf le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Matthieu 11, 27). C'est ce qu'il fait mais, pour cela, il faut que nous nous fréquentions, que nous aimions dans les faits, avec des faits concrets, « en actes et en vérité » (1 Jean 3, 18), Celui qui est le Fils bien-aimé, super-aimé du Père.

samedi 10 janvier 2009

Qui était Caïphe ?

Qui était Caïphe ?

Caïphe (Joseph Caïphe) fut un grand prêtre contemporain de Jésus. Il est cité à plusieurs reprises dans le Nouveau Testament (Matthieu 26, 3 ; 26, 57 ; Luc 3, 2 ; 11, 49 ; 18, 13–14.24.28 ; Actes 4, 6). L’historien juif Flavius Josèphe dit que Caïphe accéda au rang de grand prêtre autour de l’an 18. Nommé par Valérien Gratus, il fut déposé par Vitellus vers l’an 36 (Antiquités juives, 18, 35 et 17, 95). Il était marié avec la fille d'Anne. Toujours selon Flavius Josèphe, Anne avait été grand prêtre entre l’an 6 et l’an 15 (Antiquités juives, 18, 27 et 34). D’après cette datation, et conformément aussi à ce que disent les Évangiles, Caïphe était le grand prêtre quand Jésus fut condamné à mourir sur la Croix.
Sa longue durée dans la charge de grand prêtre est plus que significatif des relations fort cordiales qu’il entretenait avec l’administration romaine, y compris durant le mandat de Pilate. Dans ses écrits, Flavius Josèphe mentionne à plusieurs reprises les insultes de Pilate à l’identité religieuse et nationale des Juifs ainsi que les protestations de personnages bien déterminées. L’absence du nom de Caïphe – qui était précisément le grand prêtre à ce moment-là – parmi ceux qui se sont plaints des abus de Pilate, témoigne des bonnes relations entre les deux. Cette même attitude de proximité et de collaboration avec l’autorité romaine se trouve reflétée également dans ce que disent les Évangiles à propos du procès de Jésus et de sa condamnation à mort sur la Croix. Tous les récits évangéliques s’accordent sur le fait qu’après l’interrogatoire de Jésus, les princes des prêtres décidèrent de le livrer à Pilate (Matthieu 27, 1–2 ; Marc 15, 1 ; Luc 23, 1 et Jean 18, 28).
Pour savoir ce que les premiers chrétiens pensaient de la mort de Jésus, le récit que saint Jean fait dans son Évangile des délibérations préalables à sa condamnation est bien significatif : « L’un d’eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : - Vous ne comprenez rien, vous ne vous rendez pas compte qu’il est préférable qu’un seul homme meurt pour le peuple et que toute la nation ne périsse pas. Or, cela il ne le dit pas de lui-même [précise l’évangéliste], mais, comme il était grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation ; et pas seulement pour la nation, mais pour rassembler tous les enfants de Dieu qui étaient dispersés » (Jean 11, 49–52).
En 1990, on a trouvé dans la nécropole de Talpiot, à Jérusalem, douze ossuaires, dont l'un porte l’inscription « Joseph bar Kaiapha », c’est-à-dire le nom même que Flavius Josèphe attribue à Caïphe. Il s’agit d’ossuaires du Ier siècle, et les restes contenus dans ce récipient pourraient bien être ceux du personnage des Évangiles.

original en espagnol par Francisco Varo,
professeur de la faculté de Théologie de l'Université de Navarre

vendredi 9 janvier 2009

L'Épiphanie (8)

L'Épiphanie (8)

« Nous offrons aussi la myrrhe, c’est-à-dire le sacrifice indispensable à la vie chrétienne. La myrrhe nous rappelle le souvenir de la passion du Seigneur : sur la Croix on lui donne à boire de la myrrhe mêlée à du vin, et c’est avec de la myrrhe que son corps est oint pour la sépulture. […]
La mortification n’est ni pessimisme ni aigreur. La mortification ne vaut rien sans la charité : c’est pourquoi nous devons chercher des mortifications qui, en nous aidant à dominer les choses de la terre, ne mortifient pas ceux qui vivent avec nous. Le chrétien ne peut être ni un bourreau ni un misérable ; c’est un homme qui sait à la fois aimer et le montrer, et pour qui la douleur est la pierre de touche de l’amour. (lire la suite)
Mais j’ajoute, encore une fois, que cette mortification ne saurait consister en de grands renoncements, qui d’ailleurs se présentent rarement. Il doit s’agir plutôt de petites luttes : sourire à qui nous importune, refuser au corps les caprices de biens superflus, nous habituer à écouter autrui, faire fructifier le temps que Dieu met à notre disposition... Et tant d’autres détails, insignifiants en apparence, qui surgissent sans que nous les cherchions — contrariétés, difficultés, chagrins — au fil de chaque jour » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 37).
Offrons ce que nous sommes, avec un désir profond de renouvellement intérieur. Nous serons ainsi apôtres du Christ, enfants du Père, dociles aux impulsions de l'Esprit Saint, assistés par Marie qui nous donne constamment l'exemple. « Comment cela adviendra-t-il ? » pouvons-nous nous demander en reprenant les paroles que la Vierge adressa à l'archange Gabriel. C'est précisément la Mère du Christ qui nous fournit la réponse : par son exemple de disponibilité totale à la volonté de Dieu, fiat mihi secundum verbum tuum (Luc 1, 38), elle nous enseigne à être une « épiphanie » du Seigneur, dans l'ouverture du cœur à la force de la grâce et dans l'adhésion fidèle à la parole de son Fils, lumière du monde et but ultime de l'histoire » (Benoît XVI, Homélie, 6 janvier 2006).

(fin)

jeudi 8 janvier 2009

L'Épiphanie (7)

L'Épiphanie (7)

« Sans aucun doute, le progrès offre de nouvelles possibilités pour le bien, mais il ouvre aussi des possibilités abyssales de mal – possibilités qui n'existaient pas auparavant. Nous sommes tous devenus témoins de ce que le progrès, lorsqu'il est entre de mauvaises mains, peut devenir, et est devenu de fait, un progrès terrible dans le mal. Si au progrès technique ne correspond pas un progrès dans la formation éthique de l'homme, dans la croissance de l'homme intérieur (cf. Éphésiens 3, 16 ; 2 Corinthiens 4, 16), alors ce n'est pas un progrès, mais une menace pour l'homme et pour le monde » (Benoît XVI, enc. Spe salvi, n° 22). Nous savons que cette menace est bien réelle. Nous avons pris le parti de Dieu, (lire la suite) ce qui est le choix le plus raisonnable qui soit. Celui qui permet d'utiliser les biens de ce monde pour rendre gloire à Dieu, le reconnaître en tant que Créateur en Souverain maître de tout, celui dont nous venons et vers qui nous allons, celui sans qui l'homme ne peut vivre réellement. Celui qu'il nous faut chercher, comme les Rois Mages, en acceptant de nous compliquer la vie, car le Christ est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6).
Il s'agit de servir Dieu tout au long de l'année nouvelle, en désirant aller plus loin sur le chemin de la sainteté, qui nous rapproche de Dieu, de l'objectif final. « Nous lui offrons de l’encens : nos désirs, qui s’élèvent vers le Seigneur, de mener une vie noble, d’où se dégage le bonus odor Christi (2 Corinthiens 2, 15), le parfum du Christ. Imprégner nos paroles et nos actions de ce bonus odor, c’est semer la compréhension, l’amitié Que notre vie accompagne la vie des autres hommes, pour que personne ne se trouve ou ne se sente seul. Notre charité doit aussi être faite d’affection, de chaleur humaine » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 36). Il nous faut prier plus ; aspirer vraiment aux biens célestes, avoir « le sens des choses den haut, non de celles de la terre », car « c'est là qu'est le Christ » (Colossiens 3, 2.1).

(à suivre...)

mercredi 7 janvier 2009

L'Épiphanie (6)

L'Épiphanie (6)

« Et entrant dans la maison, ils virent l'enfant, avec Marie sa mère. Se prosternant, ils l'adorèrent » (Matthieu 2, 11). C'est pour eux aussi que Jésus est né. Il n'est pas venu seulement pour le « peuple élu », mais il s'est incarné pour élire un nouveau peuple, le peuple des rachetés, le peuple des baptisés, le « Peuple de Dieu ». « Aux âges précédents, ce mystère n'avait pas été découvert aux hommes (...), à savoir que les païens, dans le Christ Jésus, par le moyen de l'Évangile, sont cohéritiiers , font partie du corps et participent à la Promesse » (Éphésiens 3, 5-5).
Venons adorer le Seigneur (lire la suite) avec les Rois Mages, avec toute la foule des hommes de bonne volonté, et en représentation de l'humanité tout entière. Venons adorer l'Enfant-Dieu, en compagnie de tous les anges et de tous les saints. Venons adorer notre Sauveur en essayant de faire nôtres les sentiments de Marie et de Joseph.
Point n'est besoin d'entrer dans la crèche, si exigue pour tant de monde. L'important, c'est d'être présent, de prier ensemble, de communier à la même action de grâces. Venons en pensée, de là où nous sommes, du salon comme de notre bureau, de la rue ou en conduisant, car, « soit que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la glore de Dieu » (1 Corinthiens 10, 31).
Accompagnons les Rois Mages. Ceux sont eux qui, aujourd'hui, occupent le devant de la scène. Il est normal que nous leur laissions la première place, après le long voyage qu'ils ont entrepris. Et puis, ils sont aussi plus importants que nous ! Ils déballent leurs cadeaux : « Ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe » (Matthieu 2, 11). Le prophète avait prédit que « des flots de chameaux te couvriront, les dromadaires de Midyan et d'Épha ; tous ceux de Saba viendront, chargés d'or et d'encens, et publiant les louanges de Yahvé » (Isaïe 60, 6). Nous aussi nous apportons les cadeaux que nous pouvons : nous redonnons à Dieu ce que nous sommes, ce qu'il nous a offert, tel le petit enfant qui va remettre ce que ses parents lui ont préalablement donné. Parce que, en nous-mêmes, nous sommes aussi pauvres que l'Enfant Jésus.
« Offrons-Lui, par conséquent, de l’or : l’or fin de notre détachement de la fortune et des biens matériels. N’oublions pas que ce sont des choses bonnes, puisqu’elles viennent de Dieu. Mais le Seigneur a voulu que nous les utilisions sans y attacher notre cœur, en les faisant fructifier pour le bien de l’humanité.
Les biens de la terre ne sont pas mauvais ; ils se corrompent quand l’homme les érige en idoles, et quand il se prosterne devant eux ; ils s’ennoblissent quand nous les utilisons pour faire le bien, en œuvrant chrétiennement pour la justice et la charité. Nous ne pouvons poursuivre les biens à la manière d’un homme qui va à la recherche d’un trésor ; notre trésor, il est là, couché dans une crèche : c’est le Christ, et tous nos amours doivent se joindre en lui, car là ou est notre trésor, là aussi est notre cœur (Matthieu 6, 21) » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 35).

(à suivre...)

mardi 6 janvier 2009

L'Épiphanie (5)

Ayant obtenu d'Hérode le renseignement qu'ils cherchaient, les Rois Mages se remettent en route. Ils sortent de Jérusalem, et l'étoile leur apparaît de nouveau. Elle qui les avait guidés et accompagnés depuis la Mésopotamie dans leur longue, très longue quête de Dieu. « L'étoile qu'ils avaient vue en Orient allait devant eux jusqu'à ce qu'elle vînt s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant » (Matthieu 2, 9-10). Elle s'arrête là où habite le roi des Juifs auxquel ils sont venus rendre hommage et faire allégeance. C'est pourquoi une étoile est suspendue au-dessus de nos crèches...
« À la vue de l'étoile, ils ressentirent une grande joie » (Matthieu 2, 11). La joie est une vertu typiquement chrétienne. « Comment n'avez-vous pas réfléchi à ce fait étrange que seuls les chrétiens sont les hommes qui possèdent la joie et à quoi leurs croyances n'apportent jamais de déception, mais au contraire un attachement, un intérêt et un émerveillement toujours nouveau ? J'ai souvent entendu reprocher aux chrétiens d'un petit air supérieur que la raison de leur foi est la joie et la consolation qu'elle leur procure. Mais il me semble que nous ne pouvons trouver de meilleure justification, parce que c'est là un fait et non un raisonnement. La preuve du pain, c'est qu'il nourrit, la preuve du vin, c'est qu'il enivfre, la preuve de la vérité c'est la vie et la preuve de la vie c'est qu'lle fait vivre ! Ce sont là des réalités substantielles, contre lesquelles aucun argument n'a de prise » (Paul Claudel, « Lettre à Arthur Fontaine, 30 mai 1910 », dans Tu qui es-tu ? (Tu, quis es ?), Paris, 1941, p. 103).

(à suivre...)

lundi 5 janvier 2009

L'Épiphanie (4)

L'Épiphanie (4)

« Quand Jésus fut né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, des mages qui venaient d'Orient arrivèrent à Jérusalem » (Matthieu 2, 1). Ils se sont mis en route pour suivre une étoile qu'ils ont vue en Orient. Le Messie est appelé « lumière qui vient de l'Orient » ! Cette venue est un riche symbole messianique. L'étoile s'arrête à Jérusalem. Les Rois Mages pensent sans doute qu'ils sont arrivés à destination, au terme de leur pérégrination, puisque l'étoile n'a cessé d'accompagner leurs pas et de leur tracer la route à suivre jusque là.
Ils s'adressent alors aux autorités locales : (lire la suite) « Où est, dirent-ils, le roi des Juifs qui vient de naître. Car nous avons vu son étoile et Orient, et nous sommes venus l'adorer » (Matthieu 2, 2).
C'est de leur part une attitude logique, la bonne attitude à avoir quand la lumière de la foi disparaît ou que nous ne savons pas exactement ce qu'il convient de faire, si ceci est bon ou pas... Allons, comme ceux, vers celui qui peut nous aider, nous orientyer, apporter une solution, en nous indiquant ou nous orientant dans la bonne direction. Hérode n'a pas de réponse. Il se tourne à son tour vers ceux qui peuvent résoudre l'affaire : « Réunissant tous les grands prêtres et les scribes du peuple, il s'enqit auprès d'eux du lieu où devait naître le Messie » (Matthieu 2, 4). Il semble avoir compris d'emblée que ce roi dont les Mages ont parlé n'est autre que le Messie, et il n'est manifestement pas disposé à le laisser régner à sa place, tout Messie qu'il soit !
« À Bethléem de Judée, lui dirent-ils, car c'est ce qui a été écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement la moindre parmi les villes principales de Juda. C'est de toi, en effet, que sortira le chef qui mènera paître Israël, mon peuple » (Matthieu 2, 5-6).
Ici renseigné, Hérode convoque les Rois Mages et les oriente vers Bethléem. Ils apprennent que leur voyage n'est donc pas achevé, qu'ils doivent consentir un nouvel effort, ajouter encore à leur fatigue pour découvrir ce Roi enfant. Les Rois Mages sont des gens importants, des savants, mais ils ne connaissent pas tout, et ils ont l'humilité de le reconnaître, de s'en remetttre aux hommes. Ayons cette même humilité pour demander conseil, pour montrer nos plaies au médecin de notre âme, afin qu'ils y mette l'onguent nécessaire à la guérison. Cette même humilité que Jésus nous enseigne en naissant dans une mangeoire...

(à suivre...)

dimanche 4 janvier 2009

L'Épiphanie (3)

L'Épiphanie (3)

Quelle joie de découvrir la Vérité, de voir se lever dans notre vie une Lumière, parce que nous nous efforçons d'être fidèles, de relayer la Bonne Nouvelle auprès de ceux qui nous environnent, de ceux que nous rencontrons. « N'aie pas peur d'être exigeant envers toi-même. Bien des âmes font de même dans leur vie cachée, pour que seul le Seigneur brille.
Je voudrais que toi et moi, nous réagissions comme cette personne — qui voulait être toute à Dieu — le jour de la fête de la Sainte Famille, que l'on célébrait autrefois dans l'octave avant l'Epiphanie.
— « Les petites croix ne me manquent pas. L'une, d'hier — et j'en ai pleuré —, m'a fait penser, aujourd'hui, que mon Père et Seigneur saint Joseph et ma Mère Sainte Marie n'ont pas voulu laisser « leur enfant » ce jour-là sans un cadeau de Noël. (lire la suite) Et ce cadeau a été de reconnaître mon ingratitude envers Jésus, car je n'ai pas su répondre à sa grâce, et l'erreur énorme que j'ai faite en m'opposant par ma vile conduite à la très Sainte Volonté de Dieu, alors qu'il veut que je sois son instrument » (saint Josémaria, Forge, n° 624).
Certes, ce n'est pas l'affaire d'un jour. Tout comme le Seigneur ne réalise pas la Rédemption en un instant, mais y emploie toute sa vie terrestre. Il procède par étapes, selon sa Sagesse divine. Nous avons aussi besoin de mûrir, de grandir, au travers des épreuves de la vie. Une nouvelle année vient de commencer : année nouvelle, lutte nouvelle...

(à suivre...)

samedi 3 janvier 2009

L'Épiphanie (2)

L'Épiphanie (2)

« Les anciennes prophéties concernant la ville sainte de Jérusalem, comme la magnifique prophétie d'Isaïe (...) se sont réalisées dans l'Église : « Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue, ta lumière (...). Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore et la gloire du Seigneur s'est levée sur toi » (Isaïe 60, 1-3). C'est ce que devront réaliser les disciples du Christ : formés par Lui pour vivre dans le style des Béatitudes, ils devront attirer tous les hommes à Dieu, à travers le témoignage de l'amour : « De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux » (Matthieu 5, 16). En écoutant ces paroles de Jésus, (lire la suite) nous, membres de l'Église, ne pouvons pas ne pas percevoir toute l'insuffisance de notre condition humaine, marquée par le péché. L'Église est sainte mais elle est composée d'hommes et de femmes avec leurs limites et leurs erreurs. Seul le Christ, en nous donnant l'Esprit Saint, peut transformer notre misère et nous renouveler continuellement. C'est Lui la lumière des nations, lumen gentium, qui a choisi d'éclairer le monde à travers son Église (cf. Concile Vatican II, const. dogm. Lumen Gentium n° 1). » (Benoît XVI, homélie 6 janvier 2006).
L'espérance du Salut a été comblée. Le Sauveur est né à Bethléem, à Noël, dans des conditions dramatiques, de pauvreté extrême, rejeté par les hommes qui ont refusé d'accueillir le pauvre jeune ménage de Joseph et de Marie, de Marie pourtant enceinte. Car Dieu ne s'impose pas. Dieu, on ne le mérite pas, on l'accueille comme Marie et Joseph. Et so on ne l'accueille pas, eh bien ! tant pis pour soi.

(à suivre...)

vendredi 2 janvier 2009

L'Épiphanie (1)

L'Épiphanie (1)

Que des personnages importants, des savants, des grands de ce monde, viennent adorer Jésus n'est pas pour nous étonner. Tous les rois sont appelés à servir et reconnaître sa royauté : « Son règne est un règne éternel ; toutes les puissances le serviront et lui obéiront » (Antienne au Psaume 2). C'est l'univers entier qui doit rendre hommage à son Christ-Sauveur. Ce qui pourrait surprendre Marie et Joseph, c'est que ce soient seulement quelques bergers avertis en songe qui se soient rendusauprès du Nouveau-Né : « Ne craignez pas, je vous apporte une bonne nouvelle qui réjouira grandement tout le peuple : aujourd'hui, dans la ville de David (Bethléem), il vous est né un Sauveur qui est le Messie Seigneur. (...) (lire la suite) Ils s'y rendirent en hâte, et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche » (Luc 1, 10.16).
Après cela, plus rien ne devrait les étonner. Ils sont à Dieu, entièrement à lui et avec Lui.
Ont-ils compris, en voyant les Rois Mages s'approcher qu'ils représentaient les nations païennes auxquelles Jésus veut également apporter le salut ? La Sainte Écriture en parle, de façon explicite, même si les Juifs étaient, eux et eux seuls, le Peuple élu. On voit le mépris affiché des Juifs à l'égard des Samaritains, qui est réciproque d'ailleurs : « Ils entrèrent dans un bourg des Samaritains pour lui préparer le gîte ; mais on ne l'y reçut pas, parce qu'il faisait route en direction de Jérusalem » (Luc 9, 52-53).
« Beaucoup viendront du levant et du couchant et prendront pas au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux » (Matthieu 8, 11). « Yahvé a manifesté son salut ; aux yeux des nations, il a révélé sa justice » (Psaume 98 (97), 2). « Moi, Yahvé, je t'ai appelé dans une vue de grâce, et je t'ai pris par la main ; je t'ai formé et t'ai constitué : alliance du peuple, lumière des nations » (Isïe 42, 6). Lors de la Présentation au Temple, le vieillard Siméon reprend cette prophétie : « De mes yeux j'ai vu le salut, (...) lumière qui se révélera aux païens et gloire de ton peuple Israël » (Luc 2, 30.32).

(à suivre...)