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mardi 27 septembre 2011

La résurrection de Lazare (8)

La résurrection de Lazare (8)

« Pour moi je savais que tu m'exauces toujours ; mais j'ai dit cela à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé » (Jean 11, 42). Il réalise ce miracle – comme tous les autres, et comme tous les miracles spirituels, qu’il réalise dans notre âme – pour que nous croyions en lui, pour que nous soyons bien convaincus qu’il est le Fils de Dieu, Dieu lui-même et donc, à ce titre, Tout-Puissant. Et que, par conséquent, il nous accordera tout ce que nous lui demanderons : « Ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom : demandez et vous recevrez, si bien que votre joie sera complète » (Jean 16, 23-24). (lire la suite)
Il nous accorde même ce que nous demandons indirectement, comme ici Marthe et Marie. « Votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous le lui demandiez » (Matthieu 6, 8). Mais il veut nous entendre formuler nos pétitions, que nous soyons des « hommes de désir » (Daniel 9, 23).
« Ayant parlé ainsi, il cria d'une voix forte : « Lazare, sors ! » (Jean 11, 43-44). « Lazare a ressuscité parce qu'il a entendu la voix de Dieu : il n'eut de cesse de sortir aussitôt de l'état où il se trouvait. S'il n'avait pas « voulu » bouger, il serait mort de nouveau. Prendre cette résolution sincère: avoir toujours foi en Dieu; mettre toujours son espérance, toujours son amour en Dieu..., Lui qui ne nous abandonne jamais, même si nous sommes aussi décomposés que Lazare » (saint Josémaria, Forge, n° 211). Les gens présents ont dû faire un pas en arrière. Un mort qui est vivant ! Et qui apparaît en plus revêtu de son linceul, enveloppé de bandelettes, momifié ! Quel spectacle ! Si bien que tous sont cloués sur place et que Jésus soit ordonner : « Déliez-le, et laissez-le aller » (Jean 11, 44).
Il y aura une suite à ce miracle : le complot des Pharisiens pour faire mourir le Seigneur (cf. Jean 11, 45-57).
Mais nous nous arrêtons ici. Il y a tout lieu de penser que Marie a accompagné son Fils à Béthanie. Nous avons vu que les apôtres étaient du déplacement. Elle se réjouit donc de voir que Jésus a de bons amis sur lesquels il peut compter. Elle leur en est reconnaissante. Peut-être est-elle elle-même à l’origine de cette amitié. Qui sait ?
A nous de lui demander de faire de nous de vrais amis de son Fils, de savoir l’accueillir comme il le mérite, de le fréquenter avec simplicité et humilité, avec une énorme confiance.

(fin)

lundi 26 septembre 2011

La résurrection de Lazare (7)


La résurrection de Lazare (7)

« Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là » (Jean 11, 39). Il n’y a pas à barguigner. Il faut se plier à la volonté de Dieu. C’est une condition sine qua non du progrès spirituel véritable. Devant la majesté et la grandeur de Dieu, notre place c’est de nous faire tout-petit, de reconnaître notre totale dépendance de la toute-puissance de Dieu. Il n’y a pas d’autre attitude possible. « Quiconque s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé » (Luc 14, 11).
Il nous faut cultiver l’humilité propre à la créature. »C’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 17, 28). En dehors de Dieu, nous ne sommes rien et nous ne pouvons rien. Il faut reconnaître que nous sommes entre les mains de Dieu (lire la suite) – et sont d’ailleurs les meilleures mains qui soient. Mais prétendre, comme cela nous arrive si souvent, nous débrouiller tout seuls, agir pour notre propre compte, sans demander sa grâce à Dieu, c’est présumer de nos forces et aller droit dans le mur.
« Jésus lui dit : « Ne vous ai-je pas dit que si vous croyez, vous verrez la gloire de Dieu ? » Ils ôtèrent donc la pierre ; et Jésus leva les yeux en haut et dit : « Père, je vous rends grâces de ce que vous m'avez exaucé » (Jean 11, 40-41). Marthe lui avait déclaré : « Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera » (Jean 11, 22). Ce à quoi Jésus avait répondu : « Ton frère ressuscitera » (Jean 11, 23). Voici le moment venu de cette résurrection annoncée. Le Père la lui a déjà accordée. C’est pourquoi il le remercie par avance.
L’action de grâce est une autre manifestation d’humilité, car c’est la reconnaissance des bienfaits que Dieu nous octroie libéralement et avec une abondance calculée, c’est-à-dire telle que nous n’en manquions jamais. Si nous jetons un coup d’œil sur notre vie, nous n’avons que des motifs de remercier Dieu. Tout est grâce.
Et parce que notre vie est une succession de « merveilles de Dieu » (Psaume 71, 19), nous nous en trouvons encouragés à lui ouvrir notre âme avec simplicité et confiance pour lui manifester nos besoins et lui demander de nous aider davantage encore. Nous le remercions de toutes les grâces qu’il nous envoie à profusion. Nous lui demandons pardon pour nos infidélités, pour avoir gaspillé un partie de ces grâces, et de ne pas nous en tenir rigueur…et nous sollicitons encore son aide, car nous en avons besoin aujourd’hui et toujours.

(à suivre…)

dimanche 25 septembre 2011

L'amalgame dans un procès

L'amalgame dans un procès

On lira avec intérêt le communiqué suivant à propos d'un procès du droit du travail à propos duquel l'avocat de la plaignante mêle à tort l'Opus Dei à l'affaire.
Je n'ai rien d'autre à ajouter, si ce n'est d'inviter à prier pour que la justice soit rendue, autrement dit pour que la vérité l'emporte.

La résurrection de Lazare (6)


La résurrection de Lazare (6)

« Et il dit : « Où l'avez-vous mis ? » « Seigneur, lui répondirent-ils, venez et voyez. » Et Jésus pleura » (Jean 11, 34-35). Nous ne pouvons pas rester insensibles face à la douleur de notre Seigneur. Elle n’est pas feinte. C’est sa très Sainte Humanité qui s’exprime de la sorte. « Il a été éprouvé en tout de la même manière que nous, le péché exclu » (Hébreux 4, 15). Nous le voyons bien ici. Et c’est très beau. Jésus nous est ainsi très proche. Il nous comprend dans notre détresse, parce qu’il l’a connue personnellement, il l’a partagée.
« Les Juifs dirent : (lire la suite) « Voyez comme il l'aimait. » Mais quelques-uns d'entre eux dirent : « Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux d'un aveugle-né, faire aussi que cet homme ne mourût point? » (Jean 11, 36-37). Attendez donc un peu ! Patientez. Ayez l’humilité de ne pas juger Dieu, de ne pas lui dicter ce qu’il doit faire…
« Jésus donc, frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre » (Jean 11, 38). Son émotion n’est pas passagère, mais profonde, comme profond était son lien d’amitié avec Lazare et ses deux sœurs. Il souffre aussi pour elles, à cause de leur propre douleur. « Jésus donc, frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre: c'était un caveau, et une pierre était posée dessus » (Jean 11, 38). C’est le style de tombeau de l’époque, obstrué par une pierre que l’on fait rouler, et qu’il est fort difficile ensuite de déplacer. L’on se souvient de la réflexion que se font les saintes femmes au matin de Pâques ; tandis qu’elles se rendent au Saint-Sépulcre pour achever d’embaumer le corps du Seigneur : « Elles se disaient entre elles : « Qui va nous rouler la pierre de devant l’entrée du tombeau ? » (Marc 16, 3). Ce jour-là, la question était superflue, car la pierre avait déjà été roulée…
Mais aujourd’hui, elle se pose, car Lazare est bel et bien dans la tombe. Aussi Jésus ordonne-t-il : « Ôtez la pierre ! » (Jean 11, 39). Cette injonction provoque la surprise. Marthe a beau croire que Jésus est la Résurrection et le Messie, elle hésite : « Marthe, la sœur de celui qui était mort, lui dit : « Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là » (Jean 11, 39). Que ce soit le quatrième ou le quarantième jour n’a pas d’importance pour Jésus. « Jésus lui dit : « Ne vous ai-je pas dit que si vous croyez, vous verrez la gloire de Dieu ? » (Jean 11, 40). Cette gloire de Dieu pour laquelle Lazare est tombé malade puis est décédé. Cette gloire de Dieu que seuls quelques privilégiés ont pu voir, comme Moïse sur le mont Horeb (cf. Exode 24, 16), et les apôtres Pierre, Jacques et Jean sur le mont Thabor, au jour de la Transfiguration (cf. Luc 9, 28-36).
Mais on ne peut pas autrement voir Dieu dans sa gloire sans mourir. Cette vision est réservée à l’au-delà, à la vie en Dieu dans la patrie céleste.

(à suivre…)

samedi 24 septembre 2011

La résurrection de Lazare (5)


La résurrection de Lazare (5)

« Lorsqu'elle eut ainsi parlé, elle s'en alla, et appela en secret Marie, sa sœur, disant : « Le Maître est là, et il t'appelle » (Jean 11, 28). Jésus veut voir Marie en tête-à-tête aussi, et la consoler personnellement, en dehors de la foule des amis et connaissances qui sont venus présenter leurs condoléances et qui, comme cela est la coutume en Orient, envahissent la maison où ils vont passer des heures.
« Lorsqu'elle eut ainsi parlé, elle s'en alla, et appela en secret Marie, sa sœur, disant : « Le Maître est là, et il t'appelle » (Jean 11, 29-30). Il l’attendait donc à l’écart. Marie se hâte. Elle ne s’était pas rendue compte que le grand ami de Lazare n’était pas loin. « Les Juifs qui étaient avec Marie, et la consolaient, (lire la suite) l'ayant vue se lever en hâte et sortir, la suivirent en pensant : « Elle va au sépulcre pour y pleurer » (Jean 11, 31). Mais elle prend une autre direction, ce qui doit les décontenancer quelque peu, surtout à cause de la rapidité que Marie met à se déplacer.
« Lorsque Marie fut arrivée au lieu où était Jésus, le voyant, elle tomba à ses pieds, et lui dit : « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort » (Jean 11, 32). Elle dit exactement la même chose que sa sœur, mot pour mot. Avec une identique simplicité, avec une identique humilité. Elle ne doute pas que le Seigneur agit toujours à la perfection, et qu’il n’y arien à lui reprocher, jamais. Elle fait simplement état de sa conviction que si Jésus avait été présent, il aurait fait ce qu’il fallait pour que son frère ne mourût pas. « Jésus la voyant pleurer, elle et les Juifs qui l'accompagnaient, frémit en son esprit, et se laissa aller à l'émotion » (Jean 11, 33). Jésus pleure à son tour, non seulement gagné par l’émotion, comme le souligne l’évangéliste, mais parce que son Cœur saigne de savoir mort celui qu’il aime spécialement. Ces pleurs de Jésus nous touchent de près.
Saint Luc nous rapportera d’autres pleurs du Seigneur, lors de son entrée triomphale, euphorique, dans la Cité Sainte : « Quand il fut proche de la ville, en la voyant, il pleura sur elle » (Luc 19, 41). Il pleure l’ingratitude, il pleure sur les péchés des hommes qui vont être la cause de sa Passion et de sa propre mort. Il pleure sur nos péchés. Rien de ce qui arrive dans le monde, rien de ce qui se produit dans notre vie ne le laisse indifférent. Jésus est vraiment avec un Cœur de chair, qui saigne de douleur en présence du mal.
« Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a fait pour nous péché, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (2 Corinthiens 5, 21). « Le Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi en devenant pour nous malédiction, car il est écrit : Maudit quiconque est suspendu au gibet » (Galates 3, 13).

(à suivre…)

vendredi 23 septembre 2011

La résurrection de Lazare (4)


La résurrection de Lazare (4)


Marthe s’exprime en toute simplicité. Ce n’est pas vraiment un reproche, mais plutôt une constatation. « As-tu mesuré toute l'affection, toute la confiance que le Christ a reçues de ses amis ? Que de naturel chez les sœurs de Lazare quand elles lui reprochent son absence: nous t'avons prévenu ! Si tu avais été là !... — Dis-lui donc, alors, calme et confiant ; apprends-moi à te montrer le même amour que Marthe, Marie et Lazare ; tout comme faisaient les douze premiers, même si, au début, ils te suivaient pour des raisons qui étaient peu surnaturelles » (saint Josémaria, Forge, n° 495). Mais un constat empreint, là encore, de confiance, car Marthe ajoute : « Mais maintenant encore, je sais que tout ce que vous demanderez à Dieu, Dieu vous l'accordera » (Jean 11, 22). Elle a aussi l’humilité (lire la suite) de ne rien imposer, de ne pas commander au Seigneur. Elle croit. N’est-ce pas suffisant ?
S’engage alors un dialogue : « Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » « Je sais, lui répondit Marthe, qu'il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier Jour » (Jean 11, 23-24). Effectivement, les morts ressusciteront au dernier jour. Les Juifs le croient. Nous aussi nous le croyons. C’est un des articles de notre foi. Nous le croyons dans le Christ. Abraham « estimait que Dieu a la puissance de ressusciter les morts » (Hébreux 11, 9). Or, Jésus-Christ est le Dieu vivant. C’est pourquoi il répond à Marthe : « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra ; et quiconque vit et croit en moi, ne mourra point pour toujours. Le crois-tu ? » (Jean11, 25-26).
Jésus est en droit de nous poser cette même question. Marthe n’hésite pas : « Oui, Seigneur », lui dit-elle, « je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir en ce monde » (Jean 11, 27). Avons-nous cette même foi, cette même simplicité pour reconnaître la divinité de Jésus, qui est la Résurrection et la Vie, et pour reconnaître que nous n’avons la vie qu’en lui ? Avons-nous cette même simplicité et cette même spontanéité pour le confesser auprès de nos proches et de nos amis ? « Je puis tout en celui qui me fortifie » (Philippiens 4, 13), c’est-à-dire dans le Christ Jésus.

(à suivre…)

jeudi 22 septembre 2011

La résurrection de Lazare (3)


La résurrection de Lazare (3)

« Les disciples lui dirent : « Maître, tout à l'heure les Juifs voulaient vous lapider, et vous retournez là ? » (Jean 11, 8). Hier pas exactement, mais quelques jours plus tôt, comme le même saint Jean le rapporte au chapitre précédent, après que Jésus adit : « Moi et le Père nous sommes un. De nouveau, les Juifs apportèrent des pierres pour le lapider » (Jean 10, 30-31). Nous comprenons l’émoi des apôtres.
Jésus a un de ces réponses qui sont quelque peu énigmatiques : « N'y a-t-il pas douze heures dans le jour ? Si quelqu'un marche pendant le jour, il ne se heurte point, parce qu'il voit la lumière du monde. Mais s'il marche pendant la nuit, il se heurte parce qu'il manque de lumière » (Jean 11 ; 9-10). Il rappelle indirectement qu’il est la Lumière du monde. (lire la suite) « Il parla ainsi, et ajouta : « Notre ami Lazare dort, mais je me mets en route pour le réveiller. » Ses disciples lui dirent : « S'il dort, il guérira. » Mais Jésus avait parlé de sa mort, et ils pensaient que c'était du repos du sommeil. Alors Jésus leur dit clairement : « Lazare est mort ; et je me réjouis à cause de vous de n'avoir pas été là, afin que vous croyiez ; mais allons vers lui » (Jean 11, 11-15). Remarquons que Jésus sait ce qui est advenu à Lazare sans que personne l’en ait prévenu. « Tout est à nu et sans masque » à ses yeux (Hébreux 4, 15).
« Et Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, afin de mourir avec lui » (Jean 11, 16). C’est dire le contexte dramatique dans lequel se déroule la scène à laquelle nous assistons. Thomas envisage sérieusement la mort du Maître et celle de ses disciples. Mais cela n’arrête pas Jésus, car il aime Marthe, Marie et Lazare. Et que Lazare est mort. Et qu’il entend le ressusciter. Sa propre vie compte peu face au bien qu’il peut apporter à ses amis.
« Jésus vint donc et trouva Lazare depuis quatre jours dans le sépulcre. Or, Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades environ. Beaucoup de Juifs étaient venus près de Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère. Dès que Marthe eut appris que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison. Marthe dit donc à Jésus : « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort » (Jean11, 17-21).

(à suivre…)

mercredi 21 septembre 2011

La résurrection de Lazare (2)


La résurrection de Lazare (2)

Cependant Jésus ne réagit pas comme Marthe et Marie l’escomptaient secrètement. « Ce qu'ayant entendu, Jésus dit : « Cette maladie ne va pas à la mort, mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle » (Jean 11, 4). Nous retrouvons le souci de la gloire de Dieu, tout comme dans le cas de l’aveugle de naissance (cf. Jean 9, 3). L’infirmité et la maladie sont permises par Dieu pour que par la guérison apportée par Jésus, Dieu soit glorifié.
En même temps, puisqu’elles sont permises par Dieu, nous devons quant à nous les accepter et les aimer. Probablement nous ne serons pas l’objet d’une guérison miraculeuse, mais cette acceptation et cet amour des difficultés et des infirmités de la vie sont certainement une façon bien réelle de rendre gloire à Dieu (lire la suite) en aimant sa très sainte et très aimable Volonté. Tout comme le Fils rend gloire à son Père en disant : « Ma nourriture, c’est de faire la Volonté de Celui qui m’a envoyé » (Jean 4, 34), Volonté qui, il le sait bien, comporte la Croix…
« Or, Jésus aimait Marthe, et sa sœur Marie, et Lazare » (Jean 11, 5), précise saint Jean. Et parce qu’il les aime, il ne se désintéresse pas d’eux. Seulement voilà, ses plans, sa logique, son temps sont distincts des nôtres. Et nous, qui connaissons la suite de l’histoire, nous savons qu’ils sont meilleurs que les nôtres et supérieurs à eux, qu’ils nous portent au-delà des espérances purement humaines.
« Ayant donc appris qu'il était malade, il resta deux jours encore au lieu où il était. Il dit ensuite à ses disciples : « Retournons en Judée » (Jean 11, 6-7). Evidemment, Jésus ne reste pas là où il est les bras croisés. L’activité évangélisatrice le sollicite pleinement, comme à l’accoutumée. Et il n’est sans doute pas rare qu’il doive s’asseoir, « fatigué du voyage » (Jean 4, 6), comme le jour où il convertit la Samaritaine et, par elle, une bonne partie des villageois de Sichar.

(à suivre…)

mardi 20 septembre 2011

La résurrection de Lazare (1)


La résurrection de Lazare (1)

« Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie, village de Marie et de Marthe, sa sœur » (Jean 11, 1). Marthe semble être la maîtresse de maison. En effet, « pendant qu'ils étaient en chemin, il entra dans un certain bourg, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison » (Luc 10, 38). Jésus s’arrête relativement fréquemment à Béthanie, ville qui se trouve proche de Jérusalem, « à quinze stades environ » (Jean 11, 18). Il y est accueilli avec joie par ces trois frère et sœurs, qui sont pour lui de très bons amis. Nous éprouvons une grande joie, nous aussi, à voir ces sentiments humains chez le Seigneur, à constater qu’il a un Cœur qui abrite des sentiments d’affection comme les nôtres. Que marquer des préférences n’est pas mauvais, mais quelque chose de naturel. Jésus sait qu’il peut trouver (lire la suite) un havre de paix à Béthanie, qu’il y sera toujours reçu à bras ouverts, qu’il pourra y refaire ses forces.
« Marie est celle qui oignit de parfum le Seigneur, et lui essuya les pieds avec ses cheveux » (Jean 11, 2). C’est une précision que Jean apporte quand il rédige son Evangile, même si l’événement de l’onction n’interviendra que plus tard (cf. Jean 12, 1-11). « Et c'était son frère Lazare qui était malade » (Jean 11, 2).
Jésus ne se trouve a
pas à Béthanie quand Lazare tombe malade. Apparemment cette maladie est suffisamment grave pour qu’elle suscite l’inquiétude de Marthe et de Marie. Aussi « les sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que vous aimez est malade » (Jean 11, 3). Elles lui envoient un messager chargé de l’avertir. Elle savent où il est, ce qui montre l’intérêt qu’elles portent à la mission de notre Seigneur, à son apostolat. Elles escomptent bien que Jésus comprendra la portée de la nouvelle et se mettra aussitôt en route pour venir au chevet de son ami et le guérir.
Elles ont à la fois la simplicité de faire part au Maître de leur souci et la délicatesse de le laisser libre de sa décision.
Cette même délicatesse qui doit marquer notre relation personnelle avec Jésus, cette même simplicité : il suffit de lui faire état de ce que nous ressentons, de nos préoccupations et soucis, de nos besoins ; et de nous présenter devant lui avec nos faiblesses et nos misères, les nôtres et aussi celles d’autrui : « Seigneur, celui que vous aimez est malade. » Et nous sommes tous quelqu’un qu’il aime. Nous sommes tous ses amis : « Vous êtes mes amis si vous faîtiers ce que je vous prescris. Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; vous, je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père » (Jean 15, 14-15). C’est vraiment admirable. Il nous aime tous. Et « il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2, 4).

(à suivre…)

jeudi 8 septembre 2011

La vie ordinaire (6)


La vie ordinaire (6)

« Leur exemple témoigne que c'est seulement en étant en contact avec le Seigneur que l'on se remplit de sa joie et que l'on est en mesure de répandre partout la sérénité, l'espérance et l'optimisme » (Ibid.). Notons au passage l’affirmation de la joie de Dieu. La tristesse est une imperfection de notre nature pécheresse. Le Christ, en tant qu’homme, a pu être soumis à une tristesse : « Mon âme est triste à en mourir ; restez ici et veillez avec moi » (Matthieu 26, 38). Mais Dieu, en dehors de la très Sainte Humanité du Seigneur, ne connaît pas la tristesse. Plus encore, il est joie, il est la Joie. C’est pourquoi, au contact de Dieu dans la prière et dans l’adoration eucharistique, dans la lecture du saint Evangile et dans la sainte communion, nous nous remplissions d’une joie – la joie de Dieu – qui nous permet d’apporter aux autres « la sérénité, l’espérance et l’optimisme ». (lire la suite)
Et l’on peut espérer alors que les gens qui nous écoutent et qui nous voient et qui nous regardent, car, que nous le voulions ou non, les gens regardent le catholique que nous sommes, soient amenés à poser la question que les auditeurs de Pierre et des autres apôtres ont formulée le jour de la Pentecôte : « en entendant (cela), ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : « Frères, que ferons-nous ? » Pierre leur dit : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2, 37-38).
« Considérant justement la variété de leurs charismes, Bernanos, grand écrivain français qui fut toujours fasciné par l'idée des saints - il en cite un grand nombre dans ses romans -, note que « toute vie de saint est comme une nouvelle floraison du printemps » (Benoît XVI, Audience générale, 20 août 2008). La Pentecôte tombe toujours au printemps. Une « nouvelle floraison du printemps », c’est aussi une nouvelle Pentecôte. Notre vie doit donc être comme une nouvelle Pentecôte pour les autres, et susciter la réaction que je viens d’indiquer, à partir de sa normalité. « Que cela advienne également pour nous ! »
Prions l’Esprit Saint en ce sens. « Laissons-nous pour cela attirer par le charme naturel de la sainteté ! » Le charme ou, pour reprendre l’expression de saint Paul, « la bonne odeur du Christ » (2 Corinthiens 2, 15). « Que Marie, la Reine de tous les Saints, Mère et Refuge des pécheurs, nous obtienne cette grâce ! » Demandons-le avec foi à Celle qui est le modèle de la sainteté sur terre.

(fin)

mercredi 7 septembre 2011

La vie ordinaire (5)



La vie ordinaire (5)

A nous de devenir un « saint normal », un saint de la vie ordinaire, qui puisse être proposé comme modèle, comme exemple, à nos contemporains, aux gens qui, comme nous, brassent les affaires du monde, vaquent aux occupations matérielles de la vie courante, mais en privilégiant la relation personnelle avec Dieu, sous l’action de l’Esprit Saint.
Une relation qui doit déboucher sur l’adoration de notre Dieu. C’est un besoin de l’âme. Un besoin d’une âme qui aime Dieu. L’élévation du Corps du Christ et du Sang du Christ lors de la consécration à la messe a été instituée à la demande des fidèles qui voulaient « voir Dieu », réellement présent dans les espèces que le prêtre venait de consacrer à l’autel. Demandons au Saint-Esprit (lire la suite) de nous donner cette soif de l’adoration, ce désir ardent de nous mettre, ne serait-ce que par la pensée, en esprit, en présence adorante de notre Dieu, si aimable. Il n’y a pas plus aimable que lui. Il n’existe pas de présence plus réconfortante que la sienne. Il n’est pas possible de se sentir mieux, plus à l’aise et plus joyeux, qu’en partageant la vie de Dieu.

(à suivre…)

mardi 6 septembre 2011

La vie ordinaire (4)

La vie ordinaire (4)

Le pape ajoute quelque chose qui nous touche profondément, qui rencontre un grand écho en nous, parce que c’est quelque chose que nous nous efforçons de vivre : « La sainteté est offerte à tous, même si tous les saints ne sont pas égaux: ils sont en effet, comme je l'ai dit, le spectre de la lumière divine. » C’est ce que saint Josémaria exprimait en disant que « les chemins divins de la terre » s’étaient ouverts pour tout un chacun avec cet enseignement, et que la sainteté avait été ainsi « mise à la portée de toutes les bourses ». A condition, bien sûr, de lutter, d’être animé d’un minimum de bonne volonté, d’avoir une intention droite, autrement dit de chercher à accomplir en tout la très aimable Volonté de Dieu. La sainteté pour tous, à des degrés divers. Parce que, d’une part, nous ne recevons pas tous des grâces identiques, et que, d’autre part, nous n’y répondons pas tous avec (lire la suite) une même générosité.
« Et un grand saint n'est pas nécessairement celui qui possède des charismes extraordinaires. Il y en a en effet un grand nombre dont le nom n'est connu que de Dieu, parce que sur la terre ils ont en apparence conduit une existence tout à fait normale » (Benoît XVI, Audience générale, 20 août 2008). Relevons ce qualificatif : « Tout à fait normale. » Sainteté dans la vie ordinaire donc, encore une fois. Qui ne nécessite pas de grâces exceptionnelles. Dieu peut bien sûr les accorder à qui il veut. Mais ce n’est pas le lot commun. Notre sainteté requiert simplement les grâces qui nous permettent effectivement de transformer toute notre existence en un sacrifice d’agréable odeur à Dieu (cf. Exode 29, 18), un holocauste véritable uni au Sacrifice du Christ rendu présent à la sainte messe, pour faire en sorte que tout en nous soit conforme aux plans de Dieu.
Il s’agit pour nous de devenir saints en menant une « existence tout à fait normale ». Nous sommes entièrement d’accord avec cette affirmation pontificale. Mais il y a plus et mieux ! Le saint-père ajoute une remarque qui nous conforte dans notre lutte et aussi dans notre esprit de sanctification au milieu du monde, en pleine rue : « Et ce sont justement ces saints « normaux » qui sont les saints que Dieu veut » (Ibid.). C’est effectivement ce que Dieu attend de nous. il n’y a pas l’ombre d’un doute. Il nous a appelés pour cela. Il nous a donné gratuitement la grâce du baptême pour cela : pour être « saints et irrépréhensibles devant lui » (Ep 1, 4), mais à partir des réalités terrestres, en nous sanctifiant grâce à notre travail professionnel et à nos autres activités, en sanctifiant ce travail et ces activités, en sanctifiant aussi les autres à partir de ce travail et de ces activités. Dieu veut ces « saints normaux », pour reprendre l’expression de Benoît XVI.

(à suivre…)

lundi 5 septembre 2011

La vie ordinaire (3)


La vie ordinaire (3)

Le Seigneur s’est servi pour cela de saint Josémaria, comme de tant d’autres saints tout au long des siècles. Nous avons découvert grâce à eux le monde de la sainteté. Non pas un monde étrange, rempli de phénomènes mystiques extraordinaires, de lévitations et d’extases, d’érémitisme et de macérations hors du commun. Mais un monde ordinaire, courant, banal en apparence et pourtant que nous voulons entièrement vécu en Dieu et pour Dieu, un monde qui déborde alors de sainteté, avec autant de colorations et de nuances qu’il y a de chrétiens qui s’efforcent de l’atteindre.
« L'écrivain français Jean Guitton les décrivait (les saints) « comme les couleurs du spectre par rapport à la lumière », parce qu'avec des tonalités et des accents propres à chacun d'eux, ils reflètent la lumière de la sainteté de Dieu. (lire la suite) Combien est important et profitable, par conséquent, l'engagement de cultiver la connaissance et la dévotion des saints, à côté de la méditation quotidienne de la Parole de Dieu et d'un amour filial pour la Vierge ! » (Benoît XVI, Audience générale, 20 août 2008). Des tonalités diverses. Parce que Dieu seul est Saint et que sa sainteté est infinie. Nous pouvons tous nous en rapprocher sous des angles divers et partiels. C’est pourquoi l’on dit que chaque saint se caractérise par un aspect particulier de la sainteté. C’est ainsi que le bienheureux Jean-Paul II a qualifié saint Josémaria de « saint de la vie ordinaire », des petites choses de chaque instant. Il est donc utile de revenir à la vie des saints, outre la lecture assidue et méditée de la Parole de Dieu et la dévotion tendre et forte envers la Mère de Dieu et notre Mère. Et de revenir à la vie des saints qui nous touchent de plus près, qui nous parlent davantage, qui nous montrent qu’il est possible de se sanctifier précisément en étant inséré dans le monde, chacun à sa place, au beau milieu des réalités terrestres. « Leur expérience humaine et spirituelle montre que la sainteté n'est pas un luxe, n'est pas le privilège d'un petit nombre, un objectif impossible à atteindre pour un homme normal; elle est, en réalité, le destin commun de tous les hommes appelés à être des fils de Dieu, la vocation universelle de tous les baptisés » (Benoît XVI, Ibid.).
Rendons grâce à Dieu parce que ce qui paraissait une énormité, et même une hérésie, dans les années trente du siècle dernier est devenue une doctrine communément acceptée dans l’Eglise, proclamée avec une grande solennité par le concile Vatican II et reprise par l’enseignement des papes. Même si les gens ne savent pas toujours ce que sainteté veut dire, moins encore ce que cela implique pour leur existence quotidienne.

(à suivre…)

dimanche 4 septembre 2011

La vie ordinaire (2)


La vie ordinaire (2)

C’est le premier fruit de l’action du Saint-Esprit dans les âmes. Puisqu’il est le Sanctificateur, il contrbue puissemment à faire de chacune de nos journées une occasion continuelle de sainteté et d’apostolat, à, comme le disait saint Josémaria, transformer la prose de la vie ordinaire en vers héroïques, en alexandrins (cf. Quand le Christ passe, n° 50).
Rien n’est plus comme avant pour les apôtres et les baptisés de la Pentecôte et pour ceux qui, par milliers, s’incoporent à l’Eglise les jours suivants. L’Esprit Saint guide leur vie et leur apostolat. Nous devons nous aussi nous laisser conduire par cette présence de l’Esprit divin, qui veut notre bien le plus essentiel au travers des évenements quotidiens, et qui nous a placés là où nous nous trouvons pour que nous portions du fruit : (lire la suite) « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis et qui vous ai établis, pour que vous alliez et que vous portiez du fruit, que votre fruit demeure, et que le Père vous accorde ce que vous lui demanderez en mon nom. » (Jean 15, 16).
Grâce à cette intervention, discrète mais bien réelle, du Saint-Esprit dans notre âme, notre vie courante prend une dimension tout à fait intéressante. Elle se déroule, certes, au milieu du monde, puisque nous sommes des êtres de chair et d’os, mais elle a acquis une dimension d’éternité. Les activités auxquelles nous nous dépensons sans compter sortent du cadre purement terrestre et deviennent autant d’occasions etde moyens de sainteté et d’apostolat. Nous apprenons à tout diviniser, et à nous diviniser nous-mêmes (cf. saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 107). C’est le Saint-Esprit qui a fait voir à saint Josémaria que, pour celui qui cherche à faire la volonté de Dieu dans la vie ordinaire, tout « devient œuvre de Dieu, operatio Dei, opus Dei » (Entretiens, n° 10), tout, même les occupations les plus banales et triviales. Tout acquiert la grandeur de l’amour que nous y mettons.
Et cet amour, nous l’obtenons précisément du Saint-Esprit : « Viens Esprit-Saint, remplis le cœur de tes fidèles ; allume en nous – allume en moi – le feu de ton amour. » Que ce soit un feu dévorant qui brûle les scories de nos péchés et purifie donc notre âme, afin qu’elle soit rutilante comme un rubis, qu’elle ait l’éclat du divin, et pour les autres l’attrait de la sainteté.
Sainteté. C’est bien ce à quoi nous sommes appelés. Là aussi, c’est l’œuvre primordiale et foncière du Saint-Esprit. Il est l’Esprit Sanctificateur. Rien de bon ne se passe en nous sans qu’il y soit pour quelque chose. Et toute son action vise à nous pousser de l’avant sur la voie de la sainteté.

(à suivre…)
)

samedi 3 septembre 2011

La vie ordinaire (1)


La vie ordinaire (1)

Reportons-nous en esprit quelques jours après la Pentecôte. La vie de Jérusalem bruisse encore de la prédication des apôtres et est agitée par les événements qui se sont produits récemment. La Ville sainte est remplie de pèlerins dont le cours de la vie vient de changer brusquement. Ils se sont convertis, au nombre de 5 000 environ, et ont été baptisés. Ils proclament que Jésus-Christ est le Fils de Dieu et le Messie à qui veut bien les entendre, et ils le feront désormais à temps et à contretemps (cf. 2 Timothée 4, 2).
Le temps pascal s’est refermé. Cette longue période si riche en circonstances fondatrices pour l’histoire humaine. Jésus de Nazareth, que les Juifs ont fait mourir sur une Croix en se servant du bras séculier de l’occupant romain, ce qui n’est pas un mince paradoxe, est ressuscité. (lire la suite) Il « est apparu à Simon » (Luc 24, 34), « et pendant bon nombre de jours il est apparu à ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem, et qui maintenant sont ses témoins auprès du peuple » (Actes 13, 31). Et saint Paul de narrer qu’il « est apparu à Céphas, puis aux Douze. Après cela, il est apparu en une seule fois à plus de cinq cents frères, dont la plupart sont encore vivants, et quelques-uns se sont endormis. Ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Après eux tous, il m'est aussi apparu à moi, comme à l'avorton » (1 Corinthiens 15, 5-8). Il s’est entretenu avec ses apôtres « pendant quarante jours et parlant des choses du royaume de Dieu » (Actes 1, 2), in multis argumentis, dit le texte latin, autrement dit de questions les plus variées. Puis il est monté au ciel (Actes 1, 9). Mais il avait promis qu’il ne nous laisserait pas orphelins (Jean 14, 18). Il a tenu sa promesse. Au terme d’une sorte de retraite spirituelle de dix jours, sa très Sainte Mère et ses apôtres ont reçu l’effusion du Saint-Esprit (cf. Actes 2, 1-4), cet Esprit Paraclet dont il avait annoncé l’envoi : « Lorsque le Consolateur que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père, sera venu, il rendra témoignage de moi » (Jean 15, 26).
Le temps pascal est clos. A alors commencé le temps ordinaire. Ordinaire pour nous, selon le découpage liturgique du temps. Mais ordinaire aussi pour les apôtres et pour les nouveaux baptisés. C’est la vie de tous les jours vécue dans l’Esprit et au nom de Jésus-Christ pour la gloire du Père. C’est la vie ordinaire passée à évangéliser, à proclamer la Bonne Nouvelle du royaume. Toute la vie des apôtres et des premières communautés chrétiennes est éminemment apostolique, foncièrement apostolique. Il ne fait pas de doute pour eux que c’est leur raison d’être sur terre et la raison d’être de leur baptême. L’enfant de Dieu régénéré dans les eaux baptismales est un être tourné vers les autres, appelé à les aimer sincèrement et à donner sa vie pour eux, à l’exemple du Maître (cf. Jean 13, 34-35).

(à suivre…)

mercredi 31 août 2011

Barcelone

Barcelone

On dit que près de trois mille avant notre ère
Les hommes d'Hamilcar Barca unis donnèrent
Pour nom Barcino à l'actuelle Barcelone
Capitale et fleuron de cette Catalogne.

Les deltas du Besós comme du Llobregat
À sa noblesse n'ont pas causé de dégâts
Mais ont contribué au contraire à façonner
Le cachet que Dame nature lui avait donné. (lire la suite)

Sur le Tibidabo plusieurs engins volants
Ajoutent à la ville un aspect affriolant
Mais à Montjuich s'exposent les nombreux arts locaux
Qui sollicitent plus encore le cerveau.

Auprès du port s'étend un vrai quartier gothique.
Ses joyaux autorisent de nuit des jeux scéniques.
Les Ramblas convient à la distraction typique
— le paseo — un passe-temps des Ibériques.

Mais Barcelone étale aussi d'autres atouts.
La Catalogne avec l'empire fit un tout,
Charlemagne délia aux accents du tocsin
La ville et sa région des mains des Sarrasins.

La Catalogne ensuite s'unit à la Provence
Et devint pour quelque temps comme un bout de France.
Après avoir fait à Louis XIII leur hommage
Loyal, les Catalans reçurent sans dommage

Un prince de famille royale, un Bourbon
Ayant, c’est bien banal, Louis pour premier prénom.
Il laissa dans tous les cœurs un autre renom
Que bien plus tard les troupes du grand Napoléon.

Mais Barcelone ne serait pas Barcelone
Sans la rupture d’un visage monotone
Qu’un Gaudí, rempli de génie, a initié :
Des arcs paraboliques, des piliers inclinés

Au palais Güell, et des colonnes à hélice
Qui s'offrent à nos yeux comme autant de délices
Chez Vicens et Battló, à la Sainte Famille
Avant tout, qui de nos jours encore s'habille.

Et ce sanctuaire ne saurait faire oublier
Un autre qui, lui, n'a plus besoin d'ouvriers.
Je veux parler de Notre-Dame de la Merci
Patronne et protectrice des habitants d'ici.

lundi 29 août 2011

Persépolis

Persépolis

Il est une ville en Orient, légendaire
Dont l’évocation frappe tout imaginaire.
Elle est vieille de deux mille six cents ans
Et fut détruite par Alexandre le Grand.

Quant au motif de ce geste dévastateur,
Nul ne le sut jamais, un instinct prédateur
Devant néanmoins être exclu. Mais revenons
À notre ville : Persépolis est son nom. (lire la suite)

Ville mythique fondée par Darius Ier
Qui n'hésita pas à puiser dans le grenier
Des arts de son siècle parmi les plus toniques :
Colonnes cannelées prises à l'ordre ionique,

De la riche Égypte les salles hypostyles
Et de Mésopotamie des frises au style
Grandiose et guerrier bien présent à notre esprit
Pour l'avoir souvent vu reproduit ou décrit.

Ledit Darius fit percer un canal du Nil
À la Mer Rouge, pour recevoir du fournil
Le pain doré, des fruits divers et les barriques
Qu'il réglait avec sa monnaie, les dariques.

N'oublions pas qu'il fut battu à Marathon
Défaite que voulut venger son rejeton
Las, Xerxès après Platées puis Salamine,
Mycale enfin, dut faire bien grise mine.

À Persépolis, il rehausse la splendeur
Des temples et remet plus encore à l'honneur
Les cohortes interminables de soldats
Dont les faits d'arme sont pourtant sans grand éclat.

Quant à son fils Artaxerxès, qui lui succède,
C'est par un bain de sang qu'au trône il accède.
Il sait se montrer à l'occasion magnanime
Et même accueille le vainqueur de Salamine,

Thémistocle, sur le tard frappé d'ostracisme
À Athènes. Et, méconnaissant tout racisme,
Il permet que le petit reste d'Israël
Rentre à Jérusalem, s’y trouvant comme au ciel.

Persépolis connaît, sous son gouvernement,
Une floraison de parures et d'ornements.
Dans l'empire achéménide, elle est vraiment
La cité qui produit le meilleur agrément.

samedi 27 août 2011

Napoléon

Napoléon

Savez-vous pourquoi Napoléon n'attachait pas son cheval à un arbre ?

-Parce qu'il mange l'écorce.

jeudi 25 août 2011

Saint Louis bâtisseur (2)


Saint Louis bâtisseur (2)

- Des couvents : pour les ordres mendiants ,nouvellement fondés. Il fallait achever l’église des Jacobins (dominicains), rue Saint-Jacques, et agrandir leur couvent après 1221. Il construit l’église des Cordeliers (franciscains), rue de l’Ecole-de-Médecine, en 1240. Aux Carmes, près de Saint-Paul ; aux augustins, près de la Porte Montmartre ; aux Frères de la Pénitence, près de Saint-André-des-Arts ; aux serfs de la Vierge ; près de la porte du Temple (église des Blancs-Manteaux) ; aux Frères de la Sainte-Croix, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie ; aux Trinitaires, chargés du rachat des prisonniers des musulmans, installés rue du Sommerard ; près de Cluny ; aux Chartreux (dans la maison de Vauvert – emplacement de l’Observatoire), il fait construire églises et couvents, souvent après avoir donné les terrains. A cette liste, il faudrait ajouter les couvents de femmes : les Filles de Dieu, rue Saint-Denis, les Béguines, rue Charlemagne. Œuvre au service de la culture, de la prière et de la charité, c’est-à-dire du social. (lire la suite)

- Des « Saintes Chapelles » pour garder les reliques. Celle de l’Île de la Cité, mais aussi celles de Vincennes et de Saint-Germain. Œuvre spirituelle et pastorale.

- Des « Maisons-Dieu » : déjà au XIIe siècle, elles s’étaient multipliées, mais saint Louis les fait agrandir pou reconstruire, et il en crée d’autres. On connaît son attention aux pauvres. Par lettre patente de 1227, il prend l’Hôtel-Dieu sous sa protection et l’agrandit. En 1225, il fonde les Quinze-Vingts pour trois cents aveugles, près de Saint-Honoré. Œuvre sociale considérable, née de sa charité.

- Des bibliothèques et des « collèges », dont la Sorbonne : la première bibliothèque publique de Paris est ouverte par lui au troisième étage de la sacristie de la Sainte Chapelle. En 1257, c’est lui qui donne une maison pour un collège à son chapelain, Robert de Sorbon. Le développement intellectuel de Paris lui doit beaucoup. Curés et bourgeois bénéficient de cette vie universitaire, le rayonnement de Paris aussi.

B. Violle, Paris, son Eglise, 1. Histoire, Paris, Cerf, 2004, p. 71-72.

(fin)

mercredi 24 août 2011

Saint Louis bâtisseur (1)

Saint Louis bâtisseur (1)

Avec les architectes Pierre et Eudes de Montreuil, Jean de Chelles, Jean d’Orbais, Hugues Libergier, Robert de Luzarches, Villard de Honnecourt, saint Louis est à l’origine d’un des fondements de notre patrimoine spirituel, artistique et culturel. Il ne construisait pas pour son prestige ou son plaisir, mais pour le service de ses sujets. On lui doit plus de « Maisons-Dieu », d’hôpitaux ou de « centres sociaux » pour les soins des pauvres et des malades ; de monastères, centres de prière (mais aussi de développement des techniques agricoles et industrielles) ; de « collèges » ; d’églises ; de villes que de palais. Les chroniqueurs nous montrent le roi se déplaçant pour inspecter les chantiers et pour ordonner comment disposer les salles, et même participant de ses mains à la construction. « Il transportait des sacs de terre sur son dos. » (lire la suite)
Dans ce siècle qui pensait que l’on ne s’accomplit que par le don généreux de ses biens et de sa personne, il réussit à obtenir cette abondance de constructions sociales et spirituelles sans mettre en péril les finances du royaume et sans multiplier des impôts écrasants pour le peuple ; car il savait faire donner par les riches et utiliser les « amendes » auxquelles il condamnait les grands en faute.
Ainsi, l’amende qu’un jugement impose au sire de Coucy est utilisée pour construire des « écoles » et des réfectoires au couvent des dominicains, rue Saint-Jacques. Son œuvre se comprend comme celle d’un mystique qui sut être un politique et un remarquable homme d’action et de goût au service de son peuple, des pauvres en particulier.
Même si l’on se borne à Paris, la liste de ses constructions est trop longue à dresser (…). Mais il vaut la peine d’évoquer les différents domaines où s’exerça son action. On lui doit :
- Des monastères : celui de Sainte-Catherine-du-Val-des-Ecoliers, rue d’Ormesson (1228) pour honorer un vœu des sergents d’arme à Bouvines et permettre à des moines intellectuels de s’établir à Paris ; celui de Longchamps (1256). Œuvre au service de la prière et de l’économie.

(à suivre…)

mardi 23 août 2011

Lisbonne

Lisbonne

Une conque ouverte en grand, tournée vers le large
Montre une perle au grand jour, vraie, étincelante,
La splendide parure de l'estuaire du Tage
Qu'Hélios à son zénith fait reluire éclatante.

L'antique Olisipo, municipe romain,
Servait d'escale vers les îles mythiques,
Oui les Cassérides, productrices d'étain,
Même pour les Ibères venus de la Bétique. (lire la suite)

La civilisation arabe y imprima
Son caractère, gloire des califats jadis,
Encore visible dans le quartier d'Alama
Et Lisbonne devint un coin de paradis.

Aujourd’hui elle l’est encore,, assurément.
Ce n'est pas l'apport de l'époque médiévale,
Si présent dans les hauteurs, qui le dément.
Et sa splendeur par vagues vers l’océan dévale.

À cet endroit, le fleuve s'appelle mer de Paille
Il prit part aux combats des maures et des croisés
Et en accueillit une abondante tripaille
Qu'on pouvait oui-da la mesurer au toisé.

L'histoire à chaque époque remodèle les arts.
Voici le monastère dit des Jeronimos
Et la tour de Belém, manuéline, à l'écart
Puis l’infinie richesse de ses azulejos.

Au siècle des Lumières ici on aménage
La place du Commerce dedans la ville basse.
Elle sert de socle à ses différents étages
Dont la beauté bauté d’un lieu à l’autre se surpasse.

Ses habitants, aimables autant que travailleurs,
Ont su accommoder l’ancien et le moderne.
Fiers marins, ayant le regard tourné ailleurs,
Ils ont édifié une audacieuse poterne.

C'est le pont Vasco de Gama qui d'une rive
À l'autre enjambe, altier, le cours des eaux sereines.
L'imagination trop sollicitée dérive
Et couronne Lisbonne, faisant d’elle sa reine.

dimanche 21 août 2011

Las Vegas


Las Vegas

Devant quel dieu faudra-t-il s’immoler un jour ?
Celui de Las Vegas qui habille de fièvre
Ces hommes qui, en automates, nuit et jour
Vivent en attendant un idéal aussi mièvre ?

L’attente d’un gain, dans l’espérance fiévreuse
Prolongée au-delà du simple supportable.
Attente qui de jour en jour un peu plus creuse
Des visages qui sont loin d’être charitables. (lire la suite)

Il faut avoir vu ces regards pleins de détresse,
De cadavres vivants déjà dans leur linceul,
Pour saisir qu’en dépit de l’inconstante presse
Devant sa table de jeu chacun est bien seul.

Il faut avoir croisé tel ou tel de ces gars
Aiguillonné tantôt par un modique gain
Devant sa machine à sou, avide et hagard,
Haletant, à l’affût d’un éventuel regain.

Il faut avoir senti toute l’inanité
D’un comportement que seulement la passion
Commande et qu’accompagne un brin de vanité
Forçant, corps et biens, à la dilapidation.

Ils sont tristes à voir tous ces pauvres minets,
Qui rôdent incertains, et dont la pauvre allure
S’est flétrie au contact de vils estaminets
Et a perdu du même coup toute sa parure.

Tout à l’heure, il faudra bien imposer un terme
À l’envie tenace et pourtant insatisfaite
Qui oblige de jour en jour à parier ferme,
Enjeu funeste qui annonce la défaite.

Las Vegas, où le vice du gain facile est roi,
Las Vegas éclairée par des millions d’ampoules,
Tu ne livres pas la paix mais le désarroi,
Tu te découvres ogresse, et non pas mère poule.

Malheur, ô engendreuse de rude perdition
Qui colle sur l’âme une effroyable noirceur.
L’homme a vite oublié qu’il devra reddition
D’une vie de ripailles, lui le pauvre noceur.

Malheur, ô enjôleuse de rude perdition
Qui plonge l’âme dans une étrange laideur.
L’homme a vite oublié de faire sécession,
Sa vie de rimailleur, d’avoir été plaideur.

Malheur, ô envoûteuse de rude perdition
Qui endort l’âme d’une impayable torpeur.
L’homme a vite oublié de poser condition :
Sa vie de ricaneur, il n’en a point la peur.

Tu trimballes partout ta une richesse insolente.
On te sent satisfaite de cet indécent luxe.
L’homme que tu séduis garde l’âme dolente.
Ton emprise l’empêche d'amorcer un reflux.

Tu t’enorgueillis de ta richesse insolente.
On te sent minaudant de lumière et d’ors.
L’homme que tu séduis garde l’âme violente
Ton emprise l’empêche d’éprouver du remords.

Tu fais la fière de ta richesse insolente.
On te sent prétentieuse dans tes petits décors.
L’homme que tu séduis garde l’âme latente.
Ton emprise l’empêche de vivre dans son corps.

Que se déchaînent sur toi les foudres du ciel.
Qu’elles triturent tes biens à jamais en cendres.
Alors naîtra un grand signe, un arc-en-ciel.
De semblable spectacle, on ne peut que s’éprendre

Que s’abattent sur toi les foudres de mon ciel.
Qu’elles malaxent tes biens à jamais en cendres.
Alors naîtra un grand signe, un gratte-ciel.
Sur semblable spectacle, on ne peut que s’étendre

Que se déversent sur toi les foudres du ciel.
Qu’elles réduisent tes biens à jamais en cendres.
Alors naîtra un grand signe, si essentiel.
Et semblable spectacle, seul peut le comprendre

L’âme qui par le vice ne se laisse corrompre.
Lassée du tintamarre de toutes les nations,
De paix, de pureté, elle bat à tout rompre,
Et elle entreprend une céleste élévation

Fuyant à tout jamais les fastes inutiles
Qui contre elle ont ourdi tant de conspirations.
Dégagée de tous les lest et fardeaux futiles,
Elle suit du mérite final l’aspiration.

À quel Dieu s’immoler, cela elle le sait.
Ce n’est pas au veau que tout Las Vegas adore.
Son Amour, on peut dire qu’elle en a fait l’essai
Et il ne trompe pas, il vaut plus que tout l’or.

vendredi 19 août 2011

Kinshasa

Kinshasa

Le mal d'Afrique est un mal dont on ne meurt pas
Mais il est rare que ceux qui portent leurs pas
Sur ce grand continent piriforme y échappent :
C'est fièvre d'amour qui fermement vous attrape.

C’est irrationnel, et un peu incontrôlé,
L'étranger ne se laisse certes pas enjôler,
Non, il est plutôt embobeliné, séduit
Par des sortes d'effluves dont il est comme enduit. (lire la suite)

Au Congo, Kinshasa, la grande métropole,
Elle aussi de colline en colline cajole
Le nouveau venu, quel qu'il soit, et le mignote,
Fait pression sur son cœur, puis après le grignote.

L'explorateur Stanley John fonda cette ville
Pensant au roi, il la nomma Léopoldville,
Hommage à qui créa pour une coloniale
L'Association africaine internationale.

Le majestueux Congo s'étale et prend ses aises
Puis chute d’un seul coup, rappelant le Zambèze.
Il forme à Kinshasa le seul Malebo Pool
Large de bien trente kilomètres et s'écoule

Vers Matadi, où il est agité soudain.
Par ses rapides il file non sans dédain,
Tandis que dans les rues des foules de kinois
Déambulent toujours avec leur gai minois.

Ils vont, ils viennent sur des artères de sable
Entre des palissades d'où n'émerge aucun gable.
Ils gravissent les pentes, et puis en redescendent
En colonnes sans fin qui de partout serpentent.

Qu'importe s'il n'y a plus aucun lampadaire,
Si les lampes à huile donnent un drôle d'air
À la ville, où la nuit est tombée de bonne heure,
Sa latitude étant à peu près l'équateur ?

Qu'importe tout ce qui manque à l'occidental ?
Il est pris, quoi qu'il veuille, c'est tout sentimental,
Par l'atmosphère ambiante et puis par l'air du temps,
Par l'humus africain et par ses habitants.

mercredi 17 août 2011

CHICHÉN ITZA

CHICHÉN ITZA

Depuis la terrible ziggourat de Babel
Immortalisée par le pinceau de Bruegel
L'homme éprouve une fascination pour le ciel
En traduit l'attrait en des projets démentiels

En Haute Égypte jadis la Vallée des Rois
Fut pour l'imaginaire artistique une proie
Facile à saisir qui devint la pyramide
Se développant elle vêtit de chlamydes (lire la suite)

Les rives du Nil et le plateau de Gizeh
Comment cette forme a-t-elle pu aiguiser
L'art religieux des descendants de Kukulcán
À Chichén Itza, comme à Teotihuacán

Certes la symbolique n'y est pas la même
Bien qu'à une divinité elle ramène
La pyramide maya n'est pas une tombe
Ni ne se dresse solitaire mais retombe

Écrasant de sa majesté un monde éteint
Au Yucatán c'est pour un tout autre destin
Il ne s’agit pas d’un solennel obituaire
Mais elle conduit pas à pas jusqu’au sanctuaire

Qui, cherchant à atteindre l'azur, le couronne
À ses pieds s'étend la place aux mille colonnes
Plus loin le Temple des Tigres et un puits sacré
Témoignent qu'ici tout est aux dieux consacré

L'homme de cet empire a formé à son gré
Un monument qui est cultuel et à degrés
Comme aussi pour la primitive Saqqara
Qui reflétait Râ comme sur du baccarat

Des foules ferventes montaient les escaliers
Portant leurs oblats et par un jeu de paliers
Gagnaient peu à peu le site du sacrifice
Dont elles escomptaient un divin bénéfice

Ainsi s'accomplit un immuable rituel
Dans un objectif de nature spirituelle
Car l'homme est ainsi fait ou plutôt créé
Qu'il est seul s'il ne s'est en Dieu récréé

samedi 13 août 2011

Mon enfant sera…

Mon enfant sera…


Quatre mères de famille parlent de l’avenir de leur rejeton.

La première dit :
- Moi, j’aimerais que mon fils soit prêtre.

Et pourquoi cela ?
- Je pourrai lui dire : Mon Père.

La deuxième de dire :
- Eh bien ! moi, je voudrais qu’il soit évêque ?

Pourquoi donc ?
- Je pourrai l’appeler : Monseigneur.

La troisième n’est pas impressionnée, et avance tranquillement :
- Le mien, je veux qu’il soit pape !

Ca alors, et pourquoi ?
- Je lui dirai : Sainteté.

La quatrième est fort embarrassée. Elle réfléchit, et finit par dire :
- Mon garçon, moi, je voudrais qu’il soit gros, très gros.

Les trois autres, fort surprises, l’interrogent :
- Quelle drôle d’idée. Pourquoi veux-tu qu’il soit très gros ?

- En le voyant, je dirai : Mon Dieu ! mon Dieu !

jeudi 11 août 2011

Santiago du Chili

Santiago du Chili

Pedro de Valdivia venu d’Estrémadure,
Conquérant hardi et comme tous héroïque,
A planté son fanion ici, fondé en dur
Une ville qui du Chili est symbolique.

Santiago del Nuevo Extremo fut son nom
En filial hommage à ses racines lointaines
Dans le Vieux Monde dont il était capitaine
Et dont il portait dans l’équipage le renom. (lire la suite)

La plaza de Armas est le lieu d’origine
De la fondation. Elle vit O’Higgins
Et l’expédition couronnée de victoire
La satisfaction d’accomplir son devoir.

Les indiens Mapuches ont nommé la région
« Chile », autrement dit « la neige ». Or, voici
De génération en génération
Ce nom a traversé le temps et reste ici.

Pedro de Gamboa dessina le tracé
De cette métropole aux nombreuses facettes
Qu’égaye par moments un verre de Cabernet
Pris à Quinta Normal ou à la buvette.

Sur les flancs du Cerro nommé Santa Lucia
D’où s’élève le chant d’un Ave Maria,
Ô Vierge del Cobre, patronne du pays,
Protège tes enfants en veille ou endormis.

Casa Colorado, de style colonial,
En français « Maison Rouge », et joyau de la ville
Signe que rien ne bouge de ce qui est vital
Témoin éblouissant du courage civil.

Qu’évoque le palais dit de La Moneda
Sinon un haut lieu de l’histoire du Chili,
Centre animateur des rouages de l’Etat
De tous les citoyens, qui les réconcilie.

Le fort de Forest Park est là tel un veilleur
Disposé à toute heure pour parer aux malheurs.
Et des Bénédictins l’antique monastère
A sonné le tocsin aux époques austères.

La faculté de droit de l’Université
Qu’un bras du Mapucho borde non sans amour
Est de l’architecture un des plus beaux reflets
Qui à l’étudiant procure un prestigieux parcours.

Dans le sanctuaire marial Cerro San Cristobal
Marie tend son manteau d’un amour virginal
Elle est la protectrice et la sûre garante
La Mère bienfaitrice et toujours consolante.

vendredi 5 août 2011

Paris

Paris

Paris, toi que certains disent la Babylone
Nouvelle et lieu de la perdition,
Je te vois le terrain de la tradition,
Le rempart de la foi que rien ne déboulonne.

Le maître Saint-Denis, un vrai céphalophore,
Apportant à Paris la grâce en des amphores
Et ses saints compagnons, Rustique et Eleuthère
Qui font émerger le christianisme de terre. (lire la suite)

L’ermite Séverin reçut le jeune Cloud
L’un et l’autre appelés à monter aux autels
Après s’être mis à servir un Dieu jaloux
Et sacrifié pour lui toutes les bagatelles.

Et sainte Geneviève en ce lieu dit Nanterre
Humble pastourelle et cependant forte femme
Auprès d’Attila elle est vrai parlementaire
Et le détourne l’invasion infâme.

Saint Marcel, le vainqueur du dragon de la Bièvre,
Ayant expulsé le monstre, image du mal,
Fort du pouvoir qu’a en elle l’eau baptismale,
En fait de sainteté est devenu orfèvre.

Au cœur de la Cité, la cathédrale-mère
Par son immensité démonte l’éphémère,
Cœur de la France d’où tous les chemins partent
Repère essentiel qui s’impose à toute carte.

Et saint Vincent-de-Paul, l’apôtre des gens pauvres
Dont la dépouille gît chez auprès des Lazaristes,
En personne engagé chez les esclavagistes,
Depuis lors nous assiste aussi bien qu’il nous sauve.

Là-bas, c’est Notre-Dame au titre des Victoires,
Qui ne célèbre plus les succès des armées,
Mais d’autres faits d’armes au don surérogatoire,
Refuge des pécheurs par la grâce charmés.

La Sainte-Madeleine, édifice bâti
Pour ceux qui, ne pouvant se rendre en pèlerins
Jusqu’à Jérusalem, vont à la convertie,
Celle qui a touché le Seigneur de ses mains.

Et voici deux hauts lieux de spiritualité
D’amour profond de Dieu et de fidélité,
La rue du Bac et sa médaille aux miracles
La basilique de Montmartre et ses oracles.

Elle est miraculeuse en cette rue du Bac
Où Catherine, la petite Labouré,
A reçu, bienheureuse, et comme tout à trac,
Cette apparition qui l’a énamourée.

La basilique du vœu de la nation
Reconnaissante de voir Paris épargnée
Une nouvelle fois, est l’affirmation
Qu’en louant notre Dieu, l’on peut encore gagner.

Peuple qui tournoie au gré des événements
Peuple qui louvoie au fil des événements
Peuple qui conçoit au long des événements
Peuple qui charroie au tour des événements.

Ton infinie cohorte aux aspects bariolés
Qui ahane cahin caha portant sa croix,
La croix de tous les jours, en ville et ses faubourgs,
Au cœur, à ses portes, en l’île et au Châtelet.

Les obscurs besogneux qui ne réclament rien,
Travaillent vergogneux, sont jugés bons à rien
Ils gardent au cœur l’amour de la cité rebelle,
Amour incoporel et tout intemporel.

Saints anonymes qui n’ont ni places ni rues
Saints éponymes, au souvenir disparu,
Saints toutefois qui ont leur place en paradis
Et dont la sainteté en silence irradie.

Et Jésus et Marie qui veillent sur la ville
L’amour qui se marie au cœur de l’un et l’autre
En qui rien ne varie, car c’est un amour tranquille
Qui communique aux saints la force de l’apôtre.

Notre Mère et son Fils qui ont tant à donner
A ceux qui à leur Dieu de cœur sont adonnés
L’amour de tous deux sur la grande Babylone
A la fois nous rassure et s’en va qui rayonne.

lundi 1 août 2011

La pêche miraculeuse (11)

La pêche miraculeuse (11)

« Fais que je t’aime davantage, augmente mon amour », et celui de tous tes enfants, pour que nous communiquions un incendie d’amour véritable dans le monde, l’incendie de l’Amour de l’Esprit Saint, pour que ce monde s’embrase pour toi, pour qu’il vibre avec toi, qui nous aimes, et qui nous aimes jusqu’au bout (cf. Jean 13, 1).
Alors, après avoir écouté la réponse de son cher Céphas pour la troisième fois, Jésus lui dit : « Quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais. Mais, quand tu seras vieux, tu étendras les bras, et un autre te mettra la ceinture et te mènera où tu ne voudrais pas aller » (Jean 21, 17-18). Parce que, si nous sommes libres de suivre ou pas le Seigneur – et Simon-Pierre a fait l’expérience de cette liberté mal employée -, c’est aussi la Providence (lire la suite) qui guide nos pas et nous place dans les circonstances qu’elle prévoit comme devant nous permettre de parvenir réellement à la sainteté. Dans le cas de Pierre, cela passe par la crucifixion, comme son Maître.
Saint Jean précise, en effet, que Jésus « dit cela pour indiquer de quel genre de mort Pierre devait glorifier Dieu. Puis, sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi » (Jean 21, 19). Ces mots, Jésus les avait déjà prononcés trois ans plus tôt, quand il avait appelé Pierre et André son frère, tout en précisant : « Et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes » (Matthieu 4, 19). Et, ce qui est vraiment admirable, sans sourciller, « eux, aussitôt, laissant là leurs filets, le suivirent » (Matthieu 4, 20).
C’est l’appel, l’injonction, que notre Seigneur Jésus-Christ adresse à tout un chacun, du moins à ceux qui ont un minimum de préoccupation spirituelle, qui ne veulent pas vivre comme des animaux sans âme. « Si quelqu’un veut être à mon service, qu’il me suive, et là où je serai sera aussi mon serviteur » (Jean 12, 26), c’est-à-dire là où il est allé nous préparer une place (cf. Jean 14, 3).
Et alors, si quelqu’un me suit réellement, « si quelqu’un veut être à mon service, mon Père l’en honorera » (Jean 12, 26). Mon Père, « qui voit dans le secret » de votre âme (Matthieu 6, 4.6.18), vous le revaudra. Il est comme cela, votre Dieu. Il est reconnaissant de ce que vous m’emboîtiez le pas et, comme toute personne reconnaissante, il manifeste sa joie en vous offrant des cadeaux. « Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux » (Matthieu 5, 12).

(fin)

dimanche 31 juillet 2011

La pêche miraculeuse (10)

La pêche miraculeuse (10)

Alors Pierre lui dit : « Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t’aime » (Jean 21, 17). Tu le sais fort bien. Je t’aime imparfaitement, certes, c’est pourquoi je n’ose pas prononcer l’agapaô, mais je t’aime quand même. « Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t’aime, malgré mes misères ! Et j’ose ajouter : tu sais que je t’aime justement à cause de mes misères, car elles m’amènent à m’appuyer sur toi, toi qui es la force : quia Tu es, Deus, fortitudo mea (Psaume 42, 2). Et, à partir de là, nous recommençons » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 17). Et je ne puis aimer personne d’autre comme je t’aime, car « nous croyons et nous savons que tu est le Fils de Dieu » (Jean 6, 29).
Quelle est belle cette prière de Pierre, qui est à la fois un cri du cœur, (lire la suite) un acte de la vertu de charité, et une manifestation de sa foi en la seigneurerie de Jésus.
Oui, indéniablement Jésus le sait, car il sonde les cœurs et les reins (Psaume 7, 10). Mais il veut nous entendre l’assurer de notre fidélité. Il attend des preuves tangibles de notre amour, tout en connaissant bien notre fragilité qu’il assume. Et précisément à cause d’elle, pour nous prémunir contre elle, nous disons : « Jésus, je redis et redis encore, comme une litanie aigre-douce, ces paroles de ton Céphas. Parce que je sais que je t'aime, mais je suis si peu sûr de moi que je n'ose pas te le dire clairement. Il y a tant de négations dans ma vie perverse ! « Tu scis, Domine ! » — Tu sais que je t'aime ! — Que mes œuvres, Jésus, ne contredisent jamais ces élans de mon cœur » (saint Josémaria, Forge, n° 176), et que, de ce fait, j’emploie, moi aussi, le verbe agapaô. « Insiste dans cette prière, qu'Il entendra à coup sûr » (Ibid.). Il l’entendra au sens de « il l’exaucera ».
« Si donc vous, tout méchants que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il ce qui est bon à ceux qui lui demandent » (Matthieu 7, 11). Et là, nous lui demandons quelque chose d’essentiellement bon. « Dieu m'aime... Et l'apôtre Jean écrit : « Aimons donc Dieu, puisque Dieu nous a aimés le premier. » — De plus, Jésus s'adresse à chacun d'entre nous, malgré nos misères si évidentes, pour nous demander, comme à Pierre, « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ?... » — C'est alors qu'il faut répondre : « Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t'aime ! » ajoutant humblement : « Fais que je t'aime davantage, augmente mon Amour » (saint Josémaria, Ibid., n° 497). Nous demandons ainsi l’essentiel, disais-je, c’est-à-dire ce qui correspond le plus profondément à ce qui constitue notre être. Nous sommes des créatures faites pour aimer, dotées d’un cœur qui connaît une énorme capacité de dilatation. Nous ne nous épanouissons réellement qu’en aimant Dieu et en nous laissant aimer par lui. Et nous ne l’aimerons jamais ni trop ni assez.

(à suivre…)

samedi 30 juillet 2011

La pêche miraculeuse (9)

La pêche miraculeuse (9)

Mais la scène ne s’arrête pas là, car, « quand ils eurent fini de déjeuner, Jésus dit à Simon-Pierre » (Jean 21, 15). Il a attendu patiemment que ses disciples se soient reposés et détendus. Il agit toujours avec doigté et délicatesse. Alors il demande à Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que tous ceux-ci ? » (Jean 21, 15). La question est un peu embarrassante, car il faut se prononcer devant les autres et répondre au risque de passer pour un prétentieux. C’est pourquoi Simon se montre prudent dans sa réponse. Jésus a utilisé le verbe agapaô, qui implique un amour total, complet, inconditionnel poussé jusqu’au don de soi absolu. Pierre, lui, répond par un phileô, qui ne traduit qu’un attachement d’amitié, plus imparfait donc, affectueux et confiant. (lire la suite)
Evidemment, avec son passé, avec son passif, Pierre se sent incapable d’user de l’agapaô. Ce serait être en déphasage avec la réalité. Et même si le Seigneur l’invite à être audacieux, à viser plus haut, il ne s’en sent pas la force, du moins pas encore. Plus tard, sa vie sera un amour au sens le plus plénier du terme. Il pourra redire et répéter au Seigneur, dans sa prière fervente, avec une joie indescriptible : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que agapaô, tu sais bien que je t’aime à fond, de tout mon cœur, de tout mon esprit, et que, cette fois-ci, je suis prêt pour de bon à donner ma vie pour toi (cf. Jean 13, 37), parce que toi, tu as donné la tienne pour moi et pour nous tous. »
Mais pour l’instant, il doit se borner à dire : « Oui, Seigneur, lui dit-il, tu sais que je t’aime », au sens de phileô. « Il lui dit : « Pais mes agneaux. » Il lui redit pour la seconde fois : Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » (Jean 21, 15-16). Jésus continue d’employer le verbe agapaô, mais ne demande plus à Pierre s’il l’aime « plus que les autres ». Il se contentera de l’entendre dire qu’il l’aime. L’apôtre apporte exactement la même réponse, en faisant appel au même verbe limitatif phileô : « Oui, Seigneur, lui dit-il, tu sais que je t’aime. » Il lui dit : « Pais mes brebis. » Il lui dit pour la troisième foi : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut attristé de ce qu’il lui eût dit une troisième fois : « M’aimes-tu ? » (Jean21, 16-17).
Il s’attriste parce qu’il a fini par comprendre où Jésus veut l’amener. Il a saisi que cette question par trois fois réitérée entend effacer son triple reniement. Et le souvenir si amer de ce triste épisode qu’il préférerait oublier, mais qui est encore frais d’une quinzaine de jours à peine. Il se rend peut-être aussi compte que Jésus a rabaissé son exigence et qu’il a employé cette fois-ci le même verbe que lui… Jésus se contentera du phileô

(à suivre…)