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vendredi 28 juin 2013

Aimer

Aimer

Que voulons-nous donc, en dernier ressort, quand nous aimons véritablement quelqu’un ? À cela, la grande théologie européenne a répondu : ut in Deo sit (st Thomas d’Aquin, Somme Théologique II-II, q. 25, a. 1) ; nous lui souhaitons qu’il soit en Dieu. J. Pieper, De l’amour, Genève, Ad solem, 2010, p. 89. Visio est quædam causa amoris. Autrement dit, « la vision est en quelque sorte cause de l’amour » (st Thomas d’Aquin, Somme Théologique II-II, q. 67, a. 6 ad 3). Pieper, p. 94. Un cœur qui aime un autre ne peut en haïr aucun (Goethe, « Le caprice de l’aimant », Théâtre de Goethe, Paris, Hachette, 1860, vol. I, p. 19). Pieper, p. 97. Quand Béatrice apparaissait, « il n’y avait plus pour moi d’ennemi » (Dante, Vie nouvelle, Paris, Gallimard, 1999, p. 82-83). Pieper, p. 97. Aimer signifie se réjouir du bonheur de l’autre (amare autem sive diligere est felicitate alterius delectari) (Leibniz, Opera omnia, Genève, Apud Fratres de Tournes, 1768, p. 295). Pieper, p. 132. Envers soi on n’éprouve certes pas de l’amitié, mais quelque chose de plus grand que l’amitié. […] Chacun est un avec soi-même ; et être-un est plus que devenir-un avec un autre [unitas es potior unione]. Tout comme donc être-un est plus originel que devenir-un, ainsi l’amour avec lequel on s’aime soi-même est-il aussi l’archétype et la racine de l’amitié. En ceci consiste en effet l’amitié que nous éprouvons pour les autres, que nous nous comportions vis-à-vis d’eux comme vis-à-vis de nous-mêmes (saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique II-II, q. 25, a. 4). Pieper, p. 139. Tout amour vrai est sans calcul et reçoit cependant en même temps son salaire ; il ne peut même recevoir son salaire que quand il est sans calcul… Qui dans l’amour ne cherche comme salaire que la joie de l’amour reçoit la joie de l’amour. Mais qui dans l’amour cherche autre chose que l’amour perd en même temps l’amour, et la joie de l’amour (St Bernard, De diligendo Deo). Pieper, p. 147.

mercredi 26 juin 2013

Émerveillés de la messe

Émerveillés de la messe

Sortant de célébrer la Saint-Josémaria dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, à l’occasion de l’année jubilaire de cette  cathédrale, dont la première pierre a été posée 850 ans plus tôt, en 1263, au sortir de cette messe donc, les participants étaient émerveillés et enthousiasmés, fortifiés dans la foi. La vénération de la Sainte Couronne de notre Seigneur Jésus-Christ en avait été un point d’orgue exceptionnel.
Le faste, la solennité, le bon ordonnancement du rite, le jeu des couleurs, l’harmonie des chants, la puissance des orgues, les volutes d’encens aspirées vers les voûtes, tout contribuait très certainement au recueillement, à la prière et à la réception fructueuse des fruits du saint Sacrifice.
Mais le Christ « est le même hier et aujourd’hui ; il le sera éternellement » (Hébreux 13, 8). Et, dans chaque messe, c’est le Christus totus, le Christ qui s’offre tout entier à son Père, et notre Père, pour nous tous et pour tous les hommes. Le Sacrifice est le même, que le temple soit comble ou qu’un seul acolyte assiste le célébrant.

Notre participation quotidienne à la messe ne devrait-elle pas susciter en nous un engouement identique, un même émerveillement, une joie semblable, un égal enthousiasme et l’assurance d’avoir rencontré le Dieu « qui est ma joie et mon allégresse » (Psaume 43, 4) ?

samedi 22 juin 2013

Évangile, porte du salut (4)

Évangile, porte du salut (4)

Nous apprenons par là la « sagesse de la Croix » (cf. 1 Corinthiens 2, 2-5). L’Apôtre rabâche que nous, « nous prêchons un Christ mis en Croix, scandale pour les Juifs et folie pour les païens » (1 Corinthiens 1, 23), mais hors duquel il n’existe pas de salut. Partant de cet événement fondateur de la mort et de la Résurrection du Christ, il nous découvre la vraie dimension – la verticalité – de la souffrance humaine : « Maintenant je me réjouis de souffrir pour vous et ce qui manque aux tribulations du Christ, je le complète dans ma chair au profit de son corps qui est l’Église » (Colossiens 1, 24) ; et ces tribulations qu’il endure avec tant de joie, « sont votre gloire », tient-il à préciser (Éphésiens 3, 13). Comment nous en inquiéter ou les craindre, alors que nous savons par expérience vitale que »le Dieu de toute consolation […] nous console dans toutes nos afflictions » (2 Corinthiens 1, 3-4) et ce, pas uniquement en vue de nous procurer la paix intérieure que les événements ne sauraient troubler, mais aussi « afin que nous puissions, grâce à la consolation que nous recevons de Dieu, consoler ceux qui sont affligés en quoi que ce soit » (2 Corinthiens 1, 4). (lire la suite) Nous pouvons ainsi porter aux autres le salut dont nous bénéficions nous-mêmes. Et leur faire comprendre que le vrai repos se trouve en Dieu et que c’est en portant notre croix de tous les jours que nous pouvons nous reposer effectivement en Dieu. « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau : c’est moi qui vous soulagerai – je suis le seul en mesure de le faire, car j’ai porté cette Croix pour vous. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école : je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le soulagement pour votre être, car mon joug est agréable et mon fardeau léger » (Matthieu 11, 28-30). Le Seigneur recadre la question en la ramenant à l’essentiel : l’union à sa Croix, ce qui revient à dire notre union avec lui, étant donné que nous le trouvons sur la Croix. Ainsi, « celui qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera » (Matthieu 10, 39). Autrement dit, il cessera de mener une existence purement mondaine, il décollera de l’horizontalité pour s’élever aux hauteurs de l’Amour de Dieu, dont il fera l’expérience, et, en Jésus-Christ, il trouvera la vraie vie, il sera absorbé par elle. Il comprendra toute la profondeur de l’affirmation de Simon-Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous – c’est-à-dire à qui d’autre que toi ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 68). Pour bien des hommes, « le dieu, c’est le ventre ; et ils mettent leur gloire dans ce qui est leur honte, n’ayant de sentiments que pour les choses de la terre. Mais pour nous, notre conversation est dans les cieux » (Philippiens 3, 19-20). Ce qui ouvre de toutes autres perspectives, permettant, encore une fois, d’élever le regard au-dessus des contingences terrestres et d’être introduit dans l’orbite de Dieu. Tel est donc le fruit d’une vie de renoncement joyeusement assumée pour imiter le Christ, que « si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui » (2 Timothée 2, 11), « car si nous sommes devenus un avec lui par une croix semblable à la sienne nous le serons aussi par une résurrection semblable à la sienne » (Romains 6, 5). « Pour lui, le Christ, je me suis désavantagé de tout […] pour le connaître, lui et les effets de sa résurrection et pour participer à ses souffrances, lui devenant semblable dans la mort, avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts » (Philippiens 3, 9-11). (fin)

jeudi 20 juin 2013

Évangile, porte du salut (3)

Évangile, porte du salut (3)

Il est vrai que, dans le domaine moral, un mal ne peut jamais devenir un bien, et doit donc être toujours rejeté résolument. Il faut être prévenu contre un faux attendrissement qui amène à faire le mal sous prétexte d’obtenir un bien, pour des motifs de charité prétendue. Or, la charité consiste à aimer Dieu en premier : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C'est là le plus grand et le premier commandement » (Matthieu 22, 37-38). Jamais, dans aucun contexte et à aucun titre, nous ne pouvons agir mal délibérément. « Il te fera pousser épines et chardons, et tu mangeras l’herbe des champs. À la sueur de ton front tu mangeras du main, jusqu’à ton retour au sol, car de lui tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras en poussière » (Genèse 3, 16-19). (lire la suite) C’est une situation inéluctable. Les choses étant ce qu’elles sont, la douleur fait partie intégrante de notre existence. Elle est un châtiment. Mais nous pouvons la sublimer, à partir du moment où le Christ l’a volontairement assumée et transformée, la retournant contre l’auteur même du mal, satan, lucifer, le prince des démons infernaux. Quand nous comprenons cela, il apparaît évident que la présence de la souffrance dans notre vie ne signifie pas que Dieu ne nous aime pas. C’est tout le contraire. La transformation de la Croix en instrument de Rédemption montre qu’en l’aimant, en nous y associant, nous sommes vraiment les enfants de Dieu dans le Fils et que notre vie a de la valeur à ses yeux. « Jésus prie dans le jardin : Pater mi (Matthieu 26, 39), Abba, Pater ! (Marc 14, 36). Dieu est mon Père, même s’Il m’envoie des souffrances. Il m’aime tendrement, alors même qu’Il me blesse. Jésus souffre, pour accomplir la Volonté du Père... Et moi qui veux aussi accomplir la très sainte Volonté de Dieu en marchant dans les traces du Maître, pourrais-je me plaindre si je rencontre la souffrance comme compagne de route ? Elle sera le meilleur signe de ma filiation, puisqu’Il me traite comme son Divin Fils. Et alors, comme Lui, je pourrai gémir et pleurer, tout seul, dans mon Gethsémani ; mais, prostré la face contre terre et reconnaissant mon néant, je ferai monter vers le Seigneur un cri sorti du fond de mon âme : Pater mi, Abba, Pater, ... fiat ! » (saint Josémaria, Chemin de Croix, 1e station, point de méditation n° 1). C’est effectivement une grande révolution. La seule qui mérite ce nom et qui débouche sur quelque chose de vraiment constructif et de durable. (à suivre…)

mardi 18 juin 2013

Évangile, porte du salut (2)

Évangile, porte du salut (2)

Or, les commandements de Dieu, ce ne sont pas uniquement ceux que le Seigneur Tout-Puissant a remis à Moïse sur le Sinaï et qui composent les deux Tables de la loi. C’est tout son enseignement qui nous trace un style de vie propre à ses disciples, aux vrais enfants de Dieu. Il forme un bloc, une unité, dont nous ne pouvons pas retrancher le moindre aspect. Et si nous ne retenons pas l’enseignement des Évangiles et la prédication apostolique pour les mettre en pratique, alors « vous auriez cru en vain » (1 Corinthiens 15, 2), précise encore saint Paul. Et alors, « votre foi est sans effet, vous êtres encore dans vos péchés » (1 Corinthiens 15, 17), ce qui serait désastreux. « Si c’est seulement pour cette vie que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous sommes les plus malheureux des hommes » (1 Corinthiens 15, 19). (lire la suite) Mais l’Évangile n’a rien d’une doctrine en pâte de guimauve. Il est fait pour des hommes pleinement hommes, virils, et pour les femmes fortes, qui s’attaquent aux vrais problèmes, les prennent à bras le corps. Nous sommes entièrement heureux quand nous avons mis notre foi dans le Christ. Il n’est pas un homme quelconque, mais le Fils de Dieu, vrai Dieu et vrai homme, qui a donné sa Vie pour que nous puissions accéder à la vie éternelle. Nous, « nous prêchons un Christ mis en Croix, scandale pour les Juifs, folie pour les païens ; mais pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs, c’est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu » (1 Corinthiens 1, 23-24). Et nous prêchons également « que le Christ est ressuscité d’entre les morts » (1 Corinthiens 15, 12). Pour cela, il a fallu qu’il passe d’abord par la mort sur la Croix, qu’il fasse de cette Croix la clef d’accès au paradis. Qu’il nous la laisse avec cette finalité, qui transforme totalement notre existence et lui donne une coloration et une dimension nouvelles. La coloration de l’Amour de Dieu et la dimension verticale, qui nous extirpe du monde purement matériel. « Voici la grande révolution chrétienne : convertir la douleur en une souffrance féconde ; faire d’un mal, un bien. Nous avons dépouillé le diable de cette arme… : et, avec elle, nous conquérons l’éternité » (saint Josémaria, Sillon, n° 887). Le mal qu’est la Croix est devenu l’arme suprême du Salut. (à suivre…)

lundi 17 juin 2013

Messe de saint Josémaria en la cathédrale Notre-Dame de Paris,le 20 juin

Peillon il faut tuer le catholicisme

Peillon il faut tuer le catholicisme

VINCENT PEILLON est ministre de l'Education nationale ! : "Il faut s'enfanter soi-même et donc faire le propre récit de sa naissance"; 02:19 (de la vidéo) : "On ne peut pas faire une révolution uniquement dans la matière, il faut la faire dans les esprits. Or on a fait la révolution essentiellement politique, mais pas la révolution morale et spirituelle. Et donc on a laissé le moral et le spirituel à l'Eglise catholique. Donc il faut remplacer ça. [...] On ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique. Comme on ne peut pas non plus acclimater le protestantisme en France comme on l'a fait dans d'autres démocraties, il faut inventer une religion républicaine. Cette religion républicaine, qui doit accompagner la révolution matérielle, mais qui est la révolution spirituelle, c'est la laïcité. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'au début du XXe siècle, on a pu parler de foi laïque, de religion laïque, et que la laïcité voulait être la création d'un esprit public, d'une morale laïque, et donc l'adhésion à un certain nombre de valeurs." Voici ce qu'il écrivait dans La Révolution française n’est pas terminée, Le Seuil, Paris, 2008. « La révolution française est l’irruption dans le temps de quelque chose qui n’appartient pas au temps, c’est un commencement absolu, c’est la présence et l’incarnation d’un sens, d’une régénération et d’une expiation du peuple français. 1789, l’année sans pareille, est celle de l’engendrement par un brusque saut de l’histoire d’un homme nouveau. La révolution est un événement méta-historique, c’est-à-dire un événement religieux. La révolution implique l’oubli total de ce qui précède la révolution. Et donc l’école a un rôle fondamental, puisque l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen. Et c’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi.» Et, le 2 septembre dernier, dans le Journal du dimanche, répondant à la journaliste Adeline FLEURY : « Le point de départ de la laïcité c’est le respect absolu de la liberté de conscience. Pour donner la liberté du choix, il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel… »

dimanche 16 juin 2013

Évangile, porte du salut (1)

Évangile, porte du salut (1)

Nous lisons chez saint Paul la forte affirmation suivante : « Comme le monde, en effet, sous le régime de la sagesse de Dieu, n’avait pas reconnu Dieu par la sagesse, Dieu s’est plu à sauver les croyants par la folie de la prédication » (1 Corinthiens 1, 21). Les hommes se sont obstinés à endurcir leur cœur, à s’enliser dans des pensées charnelles. Moyennant quoi, « ils détiennent la vérité captive dans l’injustice, car ce qu’on peut connaître de Dieu est parmi eux manifeste : Dieu le leur a manifesté » (Romains 1, 18-19). Ils sont donc « insensés par nature tous les hommes qui n’avaient pas la science de Dieu, qui n’ont pas pu, par la vue de ses bienfaits, connaître Celui qui est » (Sagesse 13, 1). C’est pourquoi « lorsqu’est venue la plénitude du temps, Dieu a envoyé son Fils, formé d’une femme, né sous la Loi » (Galates 4, 4). Il est venu nous parler de la part de son Père, et il a prêché parmi nous, commençant par nous dire : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Matthieu 4, 17). (lire la suite) Sa prédication est source de Salut, car notre Seigneur est le Rédempteur de l’homme ! Il est impérieux de passer par lui ; qui se présente comme la voie d’accès unique au Père : « C’est moi qui suis la porte des brebis. […] Celui qui entrera par moi sera sauvé ; il ira et il viendra, et il trouvera pâture » (Jean 10, 7.9). Or, Jésus se présente aussi comme « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Il est la Parole vivante du Père. Nous devons être fiers de posséder une telle Parole, qui illumine notre chemin et donne la clarté à notre esprit, oriente nos raisonnements vers le bien, nous met sur la voie du bonheur véritable. « En effet, je n’ai pas honte de l’Évangile : car c’est une force divine pour le salut de quiconque croit, du Juif d’abord, du Grec ensuite » (Romains 1, 16), c’est-à-dire de tous les non-Juifs, de nous tous qui étions appelés à rejoindre le Christ au long des siècles, captivés par son enseignement irrésistible sur la Vérité. L’Évangile est donc une force vitale, un corps de doctrine qui se présente comme le guide rêvé pour notre existence, une force aimantée qui nous unit corps et âme à notre Dieu. « Je vous rappelle, frères, l’Évangile qui vous a été annoncé et que vous avez reçu, auquel aussi vous restez fidèles, par lequel aussi vous serez sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé » (1 Corinthiens 15, 1-2), c’est-à-dire sans altération, sans en frelater le contenu, mais en l’acceptant dans son intégralité et en le mettant en pratique. « Celui qui retient mes commandements et les met en pratique, voilà celui qui m’aime » (Jean14, 21). (à suivre…)

dimanche 9 juin 2013

L'apport de la femme

Sur le plan de l'essentiel — qui doit comporter sa reconnaissance juridique, aussi bien en droit civil qu'en droit ecclésiastique — il est clair qu'on peut parler d'égalité des droits car la femme possède, exactement au même titre que l'homme, la dignité de personne et de fille de Dieu. Mais, à partir de cette égalité fondamentale, chacun doit réaliser en lui-même ce qui lui est propre ; et sur ce plan, le mot émancipation revient à dire possibilité réelle de développer entièrement ses propres virtualités : celles qu'elle possède en tant qu'individu et celles qu'elle possède en tant que femme. L'égalité devant le droit, l'égalité quant aux chances devant la loi ne suppriment pas, mais supposent et favorisent cette diversité qui est richesse pour tous. La femme est appelée à donner à la famille, à la société civile, à l'Église, ce qui lui est caractéristique, ce qui lui est propre et qu'elle est seule à pouvoir donner : sa tendresse délicate, sa générosité infatigable, son amour du concret, sa finesse d'esprit, sa faculté d'intuition, sa piété profonde et simple, sa ténacité… La féminité n'est pas authentique, si la femme ne sait découvrir la beauté de cet apport irremplaçable et l'incorporer à sa propre vie. Pour accomplir cette mission, la femme doit développer sa propre personnalité, sans se laisser séduire par un esprit d'imitation ingénu qui — en général — la situerait sur un plan d'infériorité et laisserait s'atrophier ses possibilités les plus originales. Si la femme reçoit une bonne formation, dans une recherche d'autonomie personnelle, d'authenticité, elle réalisera efficacement sa tâche, la mission à laquelle elle se sent appelée, quelle qu'elle soit : sa vie et son travail seront alors réellement constructifs et féconds, chargés de sens, aussi bien si elle passe la journée à s'occuper de son mari et de ses enfants que si, ayant renoncé au mariage pour un motif élevé, elle se consacre entièrement à d'autres tâches Saint Josémaria, Entretiens, n° 97.

vendredi 7 juin 2013

Homme et femme

A mon sens l'égalité essentielle entre l'homme et la femme exige précisément que l'on saisisse à la fois le rôle complémentaire de l'un et de l'autre dans l'édification de l'Église et dans le progrès de la société civile : ce n'est pas en vain que Dieu les a faits homme et femme. Cette diversité doit être comprise, non pas dans un sens patriarcal, mais dans toute sa profondeur, si riche de nuances et de conséquences, et qui évite à l'homme la tentation de masculiniser l'Église et la société, et à la femme de concevoir sa mission, dans le Peuple de Dieu et dans le monde, comme une simple revendication de tâches que, jusqu'à présent, l'homme seul accomplissait et qu'elle peut tout aussi bien remplir. L'homme et la femme doivent donc, me semble-t-il, se sentir autant l'un que l'autre, et justement, les protagonistes de l'histoire du salut, mais l'un et l'autre de façon complémentaire. Saint Josémaria, Entretiens, n° 14.

mercredi 5 juin 2013

Marie et Eucharistie (5)

Marie et Eucharistie (5)

Vivre la prière Eucharistique avec Marie. Marie dans la liturgie eucharistique se présente comme la Mère glorieuse qui dévoile les qualités divines du Pain céleste. Chemin des divins Mystères, Marie est appelée la « Mère mystagogique ». Et, comme l’Esprit a agi en Marie à l’Annonciation en la sanctifiant, de même il opère par les dons eucharistiques en ceux qui y communient. Saint Jean Damascène dit : « Tu demandes comment le pain devient Corps du Christ, et le vin... Sang du Christ ? Moi, je te dis : le Saint-Esprit fait irruption et accomplit cela qui surpasse toute parole et toute pensée... Qu’il te suffise d’entendre que c’est par le Saint-Esprit, de même que c’est de la Sainte Vierge et par le Saint-Esprit que le Seigneur, par lui-même et en lui-même, assuma la chair ». Saint Éphrem dit pour sa part : « Voilà le Feu de l’Esprit dans le sein de sa Mère, voilà le Feu de l’Esprit dans le fleuve du Jourdain. Feu et Esprit dans notre baptême, dans le Pain et dans le Calice, Feu et Esprit. » (lire la suite) Communier avec Marie, l’épouse royale. Au moment de la communion, l'Église Épouse devient dans l'Esprit « une chair unique » avec le Sauveur, son Époux de sang. Marie est la Mère et l’épouse toute sainte du Seigneur Dieu. Marie préside souverainement aux noces eschatologiques du Fils avec l'Église (cf. Apocalypse 19, 6-9). Elle partage la gloire du Fils ressuscité. Elle le prie de préparer la table, à faire asseoir les disciples, et elle se réjouit complètement quand le Fils passe les servir lui-même (cf. Luc 12, 37 ; 22, 29-30). En mangeant au banquet du Seigneur les chrétiens anticipent, en tant que disciples, le banquet céleste du Père. Mais avant de le vivre au ciel, ils doivent, comme Marie, grandir dans ce mystère indicible, à travers la célébration fréquente de l'Eucharistie et la consommation du corps et du sang du Seigneur. « Marie, présente sur le Calvaire, au pied de la Croix, est également présente, avec l’Église et comme Mère de l’Église, dans chacune de nos célébrations eucharistiques. C’est pourquoi personne mieux qu’Elle ne peut nous enseigner à comprendre et à vivre avec foi et avec amour la Messe, en nous unissant au sacrifice rédempteur du Christ. Lorsque nous recevons la Communion, nous aussi, comme Marie et unis à Elle, nous nous unissons au bois de la Croix que Jésus, à travers son amour, a transformé en instrument de salut, et nous prononçons notre « Amen », notre « oui » à l’Amour crucifié et ressuscité » (Benoît XVI, Angélus, 11 septembre 2005). (à suivre…)

mardi 4 juin 2013

Marie et Eucharistie (4)

Marie et Eucharistie (4)

Marie et la célébration de l'Eucharistie. Marie est là qui nous accueille à chaque Eucharistie, comme elle accueillait les convives de Cana. La messe commence par un « rite d’accueil », et ce rite devrait être vécu avec Marie. Particulièrement les jours de fête et à l'occasion de la célébration des sacrements, le ministère de l'accueil devrait être développé. La Mère du Seigneur devrait alors être contemplée comme celle qui accueille les disciples du Fils dans la salle de la célébration, dans l'église. Lors de la célébration de la messe « je sais aussi que la Très Sainte Vierge intervient, en quelque sorte, en raison de son union intime avec la Très Sainte Trinité, et parce qu’elle est Mère du Christ, de sa Chair et de son Sang [...]. Jésus-Christ [...] possède le Sang même de sa mère et c’est ce Sang qui est offert en sacrifice rédempteur au Calvaire et à la Sainte Messe » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 89). (lire la suite) Entendre l’homélie avec Marie. En dialoguant avec l'ange, la Vierge assume la Maternité divine de manière responsable. Son dialogue n'exprime pas de doute, mais une stupeur devant la grandeur et à la nouveauté incompréhensible de l'annonce (Luc 1, 29-35). En même temps, ce dialogue souligne une demande de clarification pour qu'elle puisse adhérer consciemment à la proposition de Dieu. De même, lors de l’homélie, le dialogue entre Dieu le Père et son peuple célébrant est un accueil et une assimilation de la Parole. Par sa nature, l'homélie se propose d’inviter les croyants à dialoguer avec Dieu le Père. Entendre l'homélie après l'écoute de la Parole, c'est demander, presque comme Marie, « comment cela peut-il se faire ? » Comment cette Parole peut-elle s’incarner en moi ? En Occident, au Moyen-Âge tardif, au début et à la fin de l'homélie, on récitait à genoux un Ave Maria, comme pour souligner comment les croyants apprenaient de Marie à écouter et à incarner la Parole. (à suivre…)

dimanche 2 juin 2013

Marie et Eucharistie (2)

Marie et Eucharistie (2)

Non sans un paradoxe surnaturel, le pape Jean-Paul n'hésitait pas à écrire : « En un sens, Marie a exercé sa foi eucharistique avant même l'institution de l'Eucharistie, par le fait même qu'elle a offert son sein virginal pour l'incarnation du Verbe de Dieu. Tandis que l'Eucharistie renvoie à la passion et à la résurrection, elle se situe simultanément en continuité de l'Incarnation. À l'Annonciation, Marie a conçu le Fils de Dieu dans la vérité même physique du corps et du sang, anticipant en elle ce qui dans une certaine mesure se réalise sacramentellement en tout croyant qui reçoit, sous les espèces du pain et du vin, le corps et le sang du Seigneur » (encyclique Ecclesia de Eucharistia, n° 55). Dans le même ordre d'idée, le pape ajoute que se préparant « jour après jour au Calvaire, Marie vit une sorte « d'Eucharistie anticipée », à savoir une « communion spirituelle » de désir et d'offrande, dont l'accomplissement se réalisera par (lire la suite) l'union avec son Fils au moment de la passion et qui s'exprimera ensuite, dans le temps après Pâques, par sa participation à la Célébration eucharistique, présidée par les Apôtres, en tant que « mémorial » de la passion » (Ecclesia de Eucharistia, n° 56). Dès les premières vêpres de l'office des très précieux Corps et Sang du Christ, en invitant à célébrer l'institution de l'Eucharistie, l'hymne Pange lingua parle de la Vierge Marie : « Chante, ô ma langue, le mystère de ce corps glorieux et du précieux sang, fruit d'un illustre sein. [...] Il nous a été donné, il nous est né d'une Vierge sans tache. » L'Ave verum commence et finit par Marie : « Salut, ô corps vraiment né de la Vierge Marie ; corps vraiment immolé sur la Croix pour le salut de l'homme ; dont le côté ouvert a laissé couler l'eau et le sang. [...] Ô doux Jésus, ô bon Jésus, ô Jésus Fils de la Vierge Marie ! » « Heureuse celle qui a cru » (Luc 1, 45) : dans le mystère de l'Incarnation, Marie a aussi anticipé la foi eucharistique de l'Église. Lorsque, au moment de la Visitation, elle porte en son sein le Verbe fait chair, elle devient, en quelque sorte, un « tabernacle » – le premier « tabernacle » de l'histoire – dans lequel le Fils de Dieu, encore invisible aux yeux des hommes, se présente à l'adoration d'Élisabeth, « irradiant » quasi sa lumière à travers les yeux et la voix de Marie. Et le regard extasié de Marie, contemplant le visage du Christ qui vient de naître et le serrant dans ses bras, n'est-il pas le modèle d'amour inégalable qui doit inspirer chacune de nos communions eucharistiques ? » (Ecclesia de Eucharistia, n° 55). (à suivre…)

samedi 1 juin 2013

Marie et Eucharistie (1)

Marie et Eucharistie (1)

Alors que l’Église fêtre le très saint sacrement du Corps et du Sang de notre Seigneur Jésus-Christ et que le pape François convie tous les fidèles à venir adorer l’Eucharistie dimanche 2 juin pendant une heure, de 17 heures à 18 heures, pour ses intentions relatives à l’année de la foi, nous pouvons nous arrêter à considérer ces jours-ci les rapports de la très Sainte Vierge Marie avec l’auguste sacrement de l’Eucharistie (les considérations qui suivent, tout comme celles qui vous ont accompagnés tout au long du mois de mai sont tirées d’un ouvrage qui devrait paraître à la fin de l’année sous le titre de Dictionnaire encyclopédique de mariologie). Que l'Eucharistie soit le vrai corps du Christ, né de la Vierge Marie, et présent sacramentellement sous les espèces consacrées du pain et du vin, est une vérité de foi que l'Église enseigne depuis le début, car elle l'a reçue de son divin fondateur. (lire la suite) « La Parole du Christ a pu créer ce qui n’était pas, et elle ne pourrait changer ce qui est en ce qui n’était pas. Ce corps que nous rendons présent, conficimus [« nous consacrons »], c’est le corps né de la Vierge. Pourquoi chercher ici, dans le corps du Christ, l’ordre de la nature, alors que le Seigneur Jésus lui-même est né de la Vierge Marie, en dehors des lois de la nature ? C’est la vraie chair du Christ, celle qui a été crucifiée, celle qui a été ensevelie ; c’est donc vraiment le sacrement de sa chair. Le Seigneur Jésus proclame : Ceci est mon corps » (st Ambroise, De Sacramentis). « Marie n'a d'autre désir que de conduire les hommes au Christ, de les introduire au cœur du mystère central du christianisme, celui de la Rédemption. Ce Fils qu'elle a déjà mis au monde [...], elle continue maintenant à le donner à l'Église. Si elle aime voir ses enfants rassemblés pour une vibrante manifestation de foi et d'amour, c'est pour les conduire ensemble vers le Pain mystique, symbole de l'unité, de la paix et de la joie éternelle du ciel » (Pie XII, Radio-message au Congrès marial belge, 5 septembre 1954). « Avec la sollicitude maternelle dont elle témoigne aux noces de Cana, Marie semble nous dire: « N'ayez aucune hésitation, ayez confiance dans la parole de mon Fils. Lui, qui fut capable de changer l'eau en vin, est capable également de faire du pain et du vin son corps et son sang, transmettant aux croyants, dans ce mystère, la mémoire vivante de sa Pâque, pour se faire ainsi “pain de vie” » (bx Jean-Paul II, encyclique Ecclesia de Eucharistia, 17 avril 2003, n° 54). (à suivre…)

vendredi 31 mai 2013

Marie et Eucharistie (6)

Marie et Eucharistie (6)

Communier avec Marie, l’épouse royale (suite). « Le matin, après la messe, quand je possède Jésus dans mon cœur, je me présente à la sainte Vierge pour me consacrer à elle et je lui dis : « Ecce filius tuus : Voici votre fils. » Ô Vierge Marie, je suis votre enfant ; de plus, je suis participant du sacerdoce de Jésus ; acceptez-moi pour votre fils comme vous avez accepté Jésus » (Dom Columba Marmion). Nos communions ne sont pas uniquement une « union avec » notre Seigneur Jésus-Christ. Elles sont aussi autant de rencontres affectueuses avec notre Mère du ciel, envers qui nous sommes redevables d’un si grand bienfait. C’est pourquoi, l’âme fidèle « si elle reçoit Jésus par la communion, elle le mettra en Marie pour s'y complaire » (saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Le Secret de Marie 47). Marie pouvait dire, en 1876, à Estelle Faguette, la voyante de Pellevoisin, (lire la suite) « ce qui m'afflige le plus, c'est le manque de respect qu'on a pour mon Fils dans la sainte communion, et l'attitude de prière que l'on prend, quand l'esprit est occupé d'autres choses, je dis ceci, pour les personnes qui prétendent être pieuses ». Grignion de Montfort nous donne un conseil plein de sagesse et de sens surnaturel : « Tâchez de communier toujours par la Sainte Vierge, renonçant à vos propres dispositions, et vous revêtant de celles de la Sainte Vierge, quoique inconnues, et faisant encore reposer Jésus-Christ dans son sein virginal, en esprit et en vérité » (La Règle primitive de la Sagesse 158). Marie est le modèle pour le fidèle. Après l'action eucharistique, commence la mission, l'annonce, la louange de Dieu dans le monde et l'engagement pour la sanctification des frères. En outre, Marie, forte dans sa foi, reste debout près de la Croix, de même aussi les chrétiens, une fois la célébration terminée, ne sont pas abattus à cause du péché et de l'égoïsme, mais ils vivent ressuscités dans la puissance de l'Esprit du Christ, en accomplissant les œuvres de la Résurrection. (cf. Galates 5, 22). (fin)

Marie et Eucharistie (3)

Marie et Eucharistie (3)

Enfin, « Marie est présente, avec l'Église et comme Mère de l'Église, en chacune de nos Célébrations eucharistiques. Si Église et Eucharistie constituent un binôme inséparable, il faut en dire autant du binôme Marie et Eucharistie. C'est pourquoi aussi la mémoire de Marie dans la Célébration eucharistique se fait de manière unanime, depuis l'antiquité, dans les Églises d'Orient et d'Occident » (Ecclesia de Eucharistia, n° 57). « C'est pourquoi personne mieux qu'elle ne peut nous apprendre à comprendre et à vivre avec foi et amour la messe, en nous unissant au sacrifice rédempteur du Christ. Lorsque nous communions, nous aussi, comme Marie et unis à elle, nous nous unissons au bois de la Croix que Jésus, à travers son amour, a transformé en instrument de salut, et nous prononçons notre « Amen », notre « oui » à l'Amour crucifié et ressuscité » (Benoît XVI, Angélus, 11 septembre 2005). Marie peut être dite, avec Gerson, « mère de l’Eucharistie », et qualifiée par Jean-Paul II de « femme eucharistique » (Ecclesia de Eucharistia, n° 53). (lire la suite) Saint Éphrem (306-373) écrit que « Marie nous a donné le pain de la vie, à la place du pain de la souffrance que nous a donné Ève » (Hymne pour les azymes, 1, 6-7). Il voit en Marie le tabernacle où habitait le Verbe fait chair, symbole de l’habitation du Verbe dans l’Eucharistie présente dans l’Église. Le corps né de Marie est né pour devenir Eucharistie. Proclus, évêque de Jérusalem (390-446), dit de Marie qu’elle est le temple dans lequel Dieu s’est fait prêtre et victime. Elle est la demeure du roi et le lieu de repos du Verbe (cf. Oratio 1, 1 et Oratio 5, 3). « Marie est le temple dans lequel Dieu devint prêtre, en ne changeant pas notre nature, mais en la revêtant de ce qui est selon l’ordre de Melchisédech » (Homélie 1 De laudibus Sanctæ Mariæ). C’est pourquoi toute célébration eucharistique, mémorial du Sacrifice de la Croix (cf. Catéchisme de l’Église catholique, nos 1356, 1362-1372), fait intrinsèquement et essentiellement référence à Marie, qui nous a mérité le prêtre véritable et éternel. La source du sacerdoce du Christ et de l’Église se trouve dans le sein de Marie. (à suivre…)

dimanche 26 mai 2013

Béatrice d’Ornacieux et Marie

Bienheureuse Béatrice d’Ornacieux (v. 1260-1303). Née à Ornacieux, dans le Dauphiné, elle entre à la Chartreuse Notre-Dame-de-Parménie à l’âge de 13 ans, puis fonde la Chartreuse d’Eymeux (Drôme). « La Reine des cieux était pour cette fille privilégiée un asile toujours sûr et ouvert. Dans les tempêtes et les tentations, elle trouvait le calme sous la protection de Marie ; dans les incertitudes et les angoisses de la vie, elle consultait toujours sa Mère du ciel, qui, avec tendresse et sollicitude, lui montrait toujours, telle un phare lumineux, le chemin qu’il convenait de suivre ». C’est ainsi qu’un jour, l’ayant suppliée de lui venir en aide, « immédiatement Marie se présenta à elle. Elle semblait n’avoir que quinze ans, mais sa beauté céleste ne peut être dignement exprimée avec le langage terrestre. La très glorieuse Reine, posant son regard maternel, doux et compatissant, sur Béatrice, lui dit : « Ma fille, n’ai pas peur et sois confiante, je suis la Mère du Roi Tout-Puissant, de qui je suis l’Épouse ; je suis la Mère de la miséricorde ; avec ce pouvoir et cette miséricorde, je prends ton corps et ton âme sous ma garde et ma protection. » Une autre fois, se lamentant de ne pouvoir assister aux offices du Vendredi Saint, elle pria la Sainte Vierge et se retrouva aussitôt en dehors de sa cellule et entra dans la chapelle à la stupéfaction de la Prieure et des autres religieuses.

samedi 25 mai 2013

Baptême de la Sainte Vierge

Baptême de la Sainte Vierge

Commentant Jean 3, 22, « après cela, Jésus se rendit avec ses disciples au pays de Judée ; il y séjourna avec eux et il y baptisait », le bienheureux Palafox se demande : « Quel fut le bienheureux qu'il a baptisé ? En cela, je suis l'opinion la plus probable, que le Seigneur a baptisé de sa main uniquement la Reine des anges et saint Pierre. Et qu'ensuite saint Pierre a baptisé saint André, son frère, saint Jacques et saint Jean, et eux trois les autres apôtres. Et saint Jean les disciples, et de cette façon le baptême est entré dans l'Église » (Œuvres complètes, t. 2, l. 2, 1e partie). Il s'appuie sur saint Évode d'Antioche (v. 35-107/13), Clément d'Alexandrie (v. 150-v. 215), et Nicéphore, cités par Baronius et par le cardinal Robert Bellarmin. Il cite deux arguments de congruence : « Le premier est que, le Seigneur devant baptiser de sa main, et favoriser de la sorte une créature, la première de toutes était la Reine des anges, Marie, sa Mère, et il la baptisa donc la première, parce qu'elle était la première en tout. La seconde, le baptême que le Seigneur administrait étant la première pierre sacramentelle qu'il mettait à son Église, il était juste que cette première action commence par la Bienheureuse Vierge Marie, afin que l'Église sache qu'elle doit tout à son intercession. » Répondant par avance aux objections éventuelles quant à la plénitude de grâces de Marie, Palafox souligne qu'« avec le baptême que son Fils lui a donné, elle a reçu plus de grâces ; car elle a reçu l'augmentation de celle-ci que lui offrait ce sacrement et le caractère de chrétienne, qu'il offre à tout ceux qui le reçoivent ». Cette thèse, aujourd'hui abandonnée, a été soutenue également par saint Albert le Grand, Duns Scot, Pierre Canisius, Francisco Suárez, Gabriel Vázquez.

vendredi 24 mai 2013

Balthasar de Riez et Marie

Balthasar de Riez et Marie

Balthasar de Riez († 1678), Capucin allemand, gardien du couvent d’Aix-la-Chapelle puis prieur de sa province. Il écrit, en 1669, Les justes louanges de la très auguste Mère de Dieu, appuyées sur l’autorité des SS. Pères et docteurs de l’Église et sur de fortes raisons contre ceux qui y voudraient contredire. Il y défend la participation de Marie à la Rédemption, par une libre disposition de Dieu : « Bien que le divin sauveur du monde n’eût aucunement besoin d’aide ni d’assistance pour parachever l’œuvre de notre rédemption …] néanmoins cela n’empêche pas qu’il ne fît l’honneur à sa très sainte Mère […] de l’associer en cette belle conquête, et nous de dérogeons aucunement à la qualité de sauveur qui est singulièrement propre à Jésus-Christ et ne lui faisons point de tort en cette sienne entreprise, lorsque nous disons qu’elle mérita avec son Fils (en un degré pourtant extrêmement inférieur) la réparation des hommes avec toute la suite des grâces qui sont encloses dans l’entremise de notre salut. » Il y affirme aussi que Marie « n’a pas contracté le péché originel, parce qu’elle devait être la coadjutrice du Sauveur au chef-d’œuvre de la rédemption du monde ; étant bien raisonnable qu’elle fût exempte du mal dont elle devrait guérir les autres ».

jeudi 23 mai 2013

Marie Avocate

Marie Avocate

« Nous avons la Vierge pour avocate universelle en toute chose ; parce qu'elle est plus puissante en n'importe nécessité que les autres saints en certains besoins particuliers » (Suárez, In III disput. XXIII, sect. III, n° 5). La Sainte Vierge révéla à la vénérable Marie Villani (voir Apparitions-Naples) qu’« après le titre de Mère de Dieu, le titre dont je me glorifie, c'est celui d'avocate des pécheurs » (st A.-M. de Liguori, Les gloires 6, 2). Atticus, patriarche de Constantinople de 406 à 425, affirme, dans une homélie : « Tu es bénie entre les femmes, toi qui seule a guéri l’affliction d’Ève, toi qui seule a essuyé les larmes de celle qui était affligée, toi qui seule a fait lever le salut du monde entier ». « Comme la première Ève, séduite par le discours d'un ange qui la portait à fuir Dieu, a prévariqué contre la Parole de ce dernier, ainsi la seconde a reçu à son tour par le ministère d'un Ange la bonne nouvelle qu'elle portait Dieu, et elle a obéi à sa Parole. La première avait désobéi à Dieu ; la seconde, au contraire, s'est laissée persuader de lui obéir, en sorte que d'Ève vierge la Vierge Marie devint l'Avocate. Et de même que le genre humain a été assujetti à la mort par une vierge, c'est par une vierge qu'il est sauvé. Ainsi les plateaux sont en équilibre : la désobéissance virginale est contrebalancée par l'obéissance virginale ; le péché du premier-né est réparé par le Premier-né ; l'habileté du serpent est vaincue par la simplicité de la colombe et les liens sont défaits, qui nous entraînaient à la mort » (st Irénée, Contre les hérétiques 5, 19, 1). « Il était juste et nécessaire qu’Adam fût restauré dans le Christ, afin que le mortel fût absorbé et englouti par l’immortalité et qu’Ève fût restaurée en Marie, afin qu’une Vierge devenue l’avocate d’une vierge, effaçât et abolît la désobéissance d’une vierge par son obéissance de Vierge » (st Irénée, Epideixis). « Marie est visitée pour libérer Ève » (st Ambroise, De institutione virginum 32). « Par Marie Ève est guérie » (Proclus de Constantinople, Orat 1). « Vous m’avez donné pour avocate votre très douce Mère la bienheureuse Vierge Marie, me recommandant plusieurs fois à elle avec autant de tendresse qu’en mettrait un époux à confier à sa propre mère l’épouse qu’il s’est choisie » (ste Gertrude, Les Révélations 2, 23).

mercredi 22 mai 2013

Antoine de Padoue et Marie (3)

Antoine de Padoue et Marie (3)

Dans le sermon sur l’Assomption, saint Antoine de Padoue affirme qu’« il posa sur sa tête le diadème royal ». « Venez contempler, filles de Sion, le roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l'a couronné, le jour de ses Épousailles» (Cantique 3, 11). La Vierge Marie a couronné le Fils de Dieu avec le diadème de la chair humaine, le jour de ses épousailles, lorsque la nature divine fut unie, comme un époux, à la nature humaine, dans la lit nuptial de la Vierge Marie, aujourd'hui, le Fils a couronné sa Mère du diadème de la gloire céleste. Elle est un Vase d'or. L'humilité se conserve par la pauvreté. La pauvreté est dite « d'or » parce qu'elle rend riches ceux qui la possèdent ; Vase d'or massif, car l'humilité et la pauvreté de la Vierge Marie furent ornées de la pureté. Ce vase a été orné de toutes sortes de pierres précieuses, privilèges et dons célestes. Celle qui engendra le Créateur et le Rédempteur réunit en elle les mérites de tous les saints. Elle est l’Olivier chargé de fruits. L'olivier produit une fleur parfumée, d'où sa forme l'olive qui est d'abord verte, puis rouge et enfin mûre. Sainte Anne fut l'olivier d'où germa la fleur au parfum incomparable de la Vierge Marie. Celle-ci fut verte, demeura vierge dans la conception et la Nativité du Sauveur, avant l'enfantement, dans l'enfantement et après l’enfantement ; elle fut rouge dans la Passion de son Fils, lorsque l'épée transperça son âme ; elle fut mûre dans l'Assomption d'aujourd'hui, car elle est épanouie et possède le bonheur de la gloire céleste. Enfin, Marie est un Cyprès s'élevant jusqu'aux nuages, plus haut que tous les anges. « Au-dessus du firmament, qui était sur leur tête (des quatre animaux), se voyait une pierre de saphir, ressemblant à un trône ; et sur cette ressemblance de trône, il semblait apparaître un semblant d’homme au-dessus » (Ezéchiel 1, 26). Dans les quatre animaux sont représentés tous les saints, décorés de vertus et instruits de l'enseignement des quatre Évangiles ; dans le firmament, les chœurs des anges ; dans le trône, la Vierge Marie, dans laquelle le Seigneur s'humilia lorsqu'il prit chair en elle. Dans le fils d'homme, Jésus-Christ, Fils de Dieu et de l'homme.

mardi 21 mai 2013

Antoine de Padoue et Marie (2)

Dans le sermon pour la Purification,saint Antoine de Padoue voit en la Vierge comme un rameau de l'arbre à encens en été. Le mot encens vient du grec Théos, « Dieu », en l'honneur de qui il est brûlé. L'arbre à encens s'appelle « liban ». « Je me suis élevée comme le cèdre sur le Liban [...], j’ai donné du parfum comme la cannelle et comme le baume odorant » (Ecclésiastique 24, 13.15). Cet arbre est la figure de Marie. Elle ne fut incise par aucun fer de concupiscence. Elle parfume de vertus et d'amour l'âme dans laquelle elle habite. Elle émane d'elle l'encens parfumé, l'humanité de Jésus-Christ, dont le parfum a rempli le monde entier. Elle est comme feu resplendissant et encens qui brûle dans le feu. Jésus-Christ a resplendi comme un feu devant les bergers lors de sa Nativité, devant les Mages lors de son Épiphanie, devant Syméon et Anne lors de la Purification de sa Mère. Dans sa Passion, en revanche, il a brûlé comme encens au feu, et de son parfum furent remplis les cieux, la terre et les enfers

lundi 20 mai 2013

Antoine de Padoue et Marie (1)

Antoine de Padoue et Marie (1)

Dans le sermon sur la Nativité saint Antoine de Padoue invoque Marie : « Nous te prions, ô Notre Dame, Toi, qui es l’Étoile du matin, chasse par ta splendeur le nuage de la tentation du diable qui recouvre la terre de notre esprit. Toi, qui es la lune en son plein, remplis le vide de notre cœur, dissous les ténèbres de nos péchés, afin que nous méritions de parvenir à la plénitude de la vie éternelle et à la lumière de la gloire infinie. » Celui sur l’Annonciation la présente comme le soleil resplendissant sur le Temple du Très-Haut. Le soleil possède comme propriétés la splendeur, la blancheur et la chaleur, propriétés qui répondent aux trois paroles de l'archange saint Gabriel : « Je vous salue, pleine de grâce », « Ne crains pas », « L'Esprit Saint surviendra sur toi ». Elle est aussi comme l'arc-en-ciel brillant dans un nuage de gloire. Il se forme lorsque le soleil entre dans un nuage et possède quatre couleurs : fuligineux, azur, doré et de feu. Ainsi, lorsque le soleil de justice, le Fils de Dieu, est entré dans la glorieuse Vierge, elle est devenue comme un arc-en-ciel brillant, un signe d'alliance, de paix et de réconciliation, entre « nuages de gloire » c'est-à-dire entre Dieu et le pécheur. La couleur fuligineuse désigne la pauvreté de Marie ; l'azur, son humilité ; le doré, sa charité ; le feu, dont la flamme ne peut ni être partagée ni endommagée par l'épée, sa virginité intacte. Marie est encore « comme la rose au printemps ». Le printemps (en latin ver) est ainsi appelé parce qu’il verdoie. Au printemps, la terre se revêt d'herbe et se colore de fleurs bariolées, la température s'adoucit, les oiseaux jouent de la cithare et tout semble sourire. Et comme un lis près d'une source : de même que les lis le long d'un cours d'eau conservent leur fraîcheur, leur beauté et leur parfum, la Vierge Marie garda la fraîcheur et la beauté de sa virginité, lorsqu'elle donna le jour à son Fils.

dimanche 19 mai 2013

Prière du soir à Marie

Prière du soir à Marie

Prière du soir à Marie : « Encore un de mes jours envolé comme une ombre… / Mère, encore un soleil qui ne brillera plus, / Et qu'il faut ajouter à la liste sans nombre / Des soleils et des jours à jamais disparus. / Je ne les compte point : Le chêne qui s'effeuille / Et qui pressent déjà le printemps approcher / Compte-t-il les rameaux que l'orage lui cueille / Pour les semer, de-ci, de-là, par le sentier ? / Sur le vaste océan la rapide hirondelle / Compte-t-elle, en partant chercher des jours plus beaux, / Les plumes que le vent arrache de son aile / Et qui s'en vont flotter sur le cristal des eaux ? / Moi je m'envole aussi vers une autre patrie, / Et j'espère un printemps qui doit durer toujours. / Mère, qu'importe donc que j'effeuille ma vie, / Qu'importent le grand vent, et l'orage, et mes jours ? / Et je viens à tes pieds finir cette journée / Pour que son souvenir, en renaissant parfois, / Soit un soleil d'hiver à mon âme fanée, / Quand je ne vivrai plus que des jours d'autrefois. / Mère, il fait bon prier devant ta douce image ! / Quand je suis à genoux, les yeux fixés sur toi, / Tu me parles, j'entends ton suave langage, / Puis, je me sens pleurer, et je ne sais pourquoi… / Je suis heureux pourtant… Quand je t'ai dit : Je t'aime, / Quand mon regard se lève et cherche ton regard ; / À travers le vitrail lorsque la lune blême / Nous éclaire tous deux de son rayon blafard ; / Quand tout s'endort au loin dans la morne nature, / Quand partout le silence avec l'ombre descend, / Mon âme alors vers toi monte, paisible, pure, / Et je sens le bonheur m'inonder doucement. / Mère, à mon dernier soir, semblable à la corolle / Qui s'incline vers toi, ce soir, sur ton autel, / Oh ! Tourner mon regard vers ta douce auréole, / Et m'endormir… dormir… sur ton sein maternel » (Félix Anizan, Les Roses de mon vieux jardin).

samedi 18 mai 2013

Marie et les anges

Marie et les anges

« Marie a été aimée par Dieu plus que toutes les créatures, il s’est pleinement complu en elle, et il l’a comblée admirablement de toutes ses grâces, beaucoup plus que tous les esprits angéliques et que tous les saints ». La grâce première de Marie est supérieure à celle des anges et des saints réunis. Plus on est proche du principe, plus on participe de son effet. Ainsi Denys [l’Aréopagite] dit-il que les anges qui sont tout près de Dieu participent des bontés divines plus que les hommes. Or le Christ est principe de la grâce : par sa divinité comme premier auteur, par son humanité comme instrument : « La grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ » (Jean 1,17). Or, la Vierge Marie fut la plus proche du Christ selon l'humanité, parce qu'il a reçu d'elle la nature humaine. Et c'est pourquoi elle devait obtenir du Christ, plus que tous les autres, la plénitude de grâce (cf. saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique III, q. 27 a. 5). De plus les anges ne manifestent pas des égards aux hommes leur étant supérieurs. Or, l’ange Gabriel salue la Sainte Vierge et l’appelle « comblée de grâce ». Il s'en suit que Marie est supérieure en grâce aux anges (cf. saint Thomas d'Aquin, Commentaire de la Salutation angélique). « Nous vous encensons, vous qui êtes plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins » (liturgie byzantino-slave). Marie est souvent représentée avec des anges.

vendredi 17 mai 2013

Angel Manrique et Marie

Angel Manrique et Marie

Angel Manrique (1577-1649)est Le plus éminent représentant de l’Ordre de Cîteaux en Espagne au XVIIe s. Né Pedro Medina Manrique, il enseigne à l’université de Salamanque, puis est nommé évêque de Badajoz. Il écrit l’histoire de son Ordre. Il publie une Apología en latín en faveur de l'Immaculée Conception. Sa mariologie est contenue principalement dans le Santoral Cisterciense, hecho de varios Discursos predicables en todas las fiestas de Nuestra Señora y otros Santos et dans les Sermones varios. Pour chacun des dix discours, l’auteur annonce le mystère célébré en transcrivant le texte biblique, qu’il explique sous forme de « pensées ». Un paragraphe intitulé « Louange de Marie » reprend l’excellence de la Vierge et décrit sa gloire. Tous les discours sauf un s’adressent à la « Sérénissime Reine des anges ». Relevons que Manrique voit en Marie la personnification de la « femme forte » du Livre des Proverbes (31, 10), parce que « plus cette très pure Doncelle était morte au monde, plus elle était plongée en Dieu » que tous les saints, les dépassant ainsi en perfection et en grandeur, mais aussi parce que Dieu, de son côté, « plus il l’aimait, et plus il était amoureux d’elle, la communication des secrets ayant toujours été considérée un gage et un signe d’amour ». Marie dépasse les anges de beaucoup et est, « en un certain sens, égale à Dieu » par l’amour, car l’amour égale l’aimé à l’aimant (Santoral). Enfin, « quelle est la Gloire du Père ? Son Fils bien-aimé. Gloria Patris, Filius Sapiens, le Verbe éternel, qui est la Sagesse de Dieu ; telle est sa Gloire. Eh bien ! cette Gloire, en vérité il la tient à moitié de Marie : Ecce concipies, et paries Filium. En vérité il lui fut donné ce jour-là pour son propre Fils ; et si le fils Sage est la gloire de ses parents, le Père Éternel n’a pas de meilleur gloire qu’Elle » (Ibid.).

jeudi 16 mai 2013

Angèle de Foligno et Marie

Angèle de Foligno et Marie

La bienheureuse Angèle de Foligno (1248-1309), Franciscaine, est une des premières grandes mystiques reconnues. Elle naît, en 1291, à Foligno, près d’Assise (Italie). Elle a raconté sa vision de la Sainte Vierge : « Un jour j'entendais la messe ; et au moment de l'élévation, à l'instant où les assistants se mettaient à genoux, je fus ravie en esprit : la Vierge m'apparut et me dit: « Ma fille, la bien-aimée de Dieu, et ma bien-aimée, mon Fils est déjà venu à toi, et tu as reçu sa bénédiction. » Elle me fit comprendre que son Fils était sur l'autel après la consécration de l'hostie. J'entendis ce que je n'avais jamais entendu ; j'entendis qu'il s'agissait d'une joie nouvelle absolument. En effet, la joie qui résulta des paroles entendues fut telle, que si l'on me disait « Existe-t-il une créature qui puisse l'exprimer par une parole quelconque? » je répondrais « Je ne sais pas et je ne crois pas. » La Vierge parlait avec une grande humilité, et déposait dans mon âme un sentiment nouveau d'une douceur inconnue. Une chose m'étonnait c'était d'avoir pu rester debout. Je ne tombai pas à terre, et je n'y comprends rien. Elle ajouta : « Après la visite et la bénédiction du Fils, il est convenable que tu reçoives celle de la Mère. Sois bénie par mon Fils et par moi. Que ton travail soit d'aimer dans toute la mesure de tes puissances ; car tu es beaucoup aimée, et tu arriveras vers l'objet sans fin. » J'éprouvai une joie nouvelle, qui n'était surpassée par aucune joie connue, mais elle fut bientôt surpassée par elle-même ; car elle augmenta au moment de l'élévation. Je ne vis pas le corps de Jésus-Christ sur l'autel ; je le vois souvent ; je ne le vis pas ce jour-là. Mais je sentis la présence de Jésus-Christ dans mon âme ; je la sentis en vérité. »

mercredi 15 mai 2013

Saint André de Crète et Marie

Saint André de Crète (v. 660-740) est moine à Jérusalem, diacre à Constantinople, évêque de Gortyne (Crète). Il compose de nombreuses hymnes marials, protestant ainsi contre les iconoclastes. Il souligne le rôle d'Avocate de la Vierge et évoque sa Nativité : « Aujourd'hui comme pour des noces, l'Église se pare de la perle inviolée, de la vraie pureté. Aujourd'hui, dans tout l'éclat de sa noblesse immaculée, l'humanité retrouve, grâce aux mains divines, son premier état et son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine ; mais, lorsque naît la Mère de celui qui est la Beauté par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges, elle est façonnée suivant un modèle parfait et entièrement digne de Dieu. Et cette formation est une parfaite restauration et cette restauration est une divinisation et cette divinisation, une assimilation à l'état primitif. Aujourd'hui, contre toute espérance, la femme stérile devient mère et cette mère, donnant naissance à une descendance qui n'a pas de mère, née elle-même de l'infécondité, a consacré tous les enfantements de la nature. Aujourd'hui est apparu l'éclat de la pourpre divine, aujourd'hui la misérable nature humaine a revêtu la dignité royale. Aujourd'hui, selon la prophétie, le sceptre de David a fleuri en même temps que le rameau toujours vert d'Aaron, qui, pour nous, a produit le Christ rameau de la force. Aujourd'hui, une jeune vierge est sortie de Juda et de David, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui a reçu, suivant l'ordre de Melchisédech, le sacerdoce d'Aaron. Pour tout dire en un mot, aujourd'hui commence la régénération de notre nature, et le monde vieilli, soumis à une transformation divine, reçoit les prémices de la seconde création. »

mardi 14 mai 2013

André Bobola et Marie

André Bobola et Marie

Saint André Bobola (1591-1657), Jésuite polonais, prédicateur et missionnaire, ayant travaillé au rapprochement entre catholiques et orthodoxes, est un des patrons de la Pologne. Il fonde une congrégation de la Sainte Vierge pour les paysans, à Pinsk. Il est modérateur de la Congrégation mariale à Vilnius, en Lituanie. Alors que les Cosaques le torturent il s’écrie : « Mes chers enfants, que faites-vous ?... Que le Seigneur notre Dieu soit avec vous et, dans votre malice, faites un retour sur vous-mêmes... Jésus ! Marie ! assistez-moi ! Éclairez ces aveugles par votre lumière ; convertissez-les, retirez-les de leurs erreurs... Seigneur, que votre volonté se fasse !... Jésus, Marie !... Seigneur, je livre mon âme entre vos mains. » Il meurt martyr à coups de poignard, poignard qui est son attribut iconographique. Il a été canonisé, en 1938.

lundi 13 mai 2013

Amphiloque d'Iconium et Marie

Amphiloque d'Iconium et Marie

Évêque d’Iconium au IVe siècle, il appartient à l’école cappadocienne qui sera déterminante dans les définitions dogmatiques du concile de Constantinople I. Il rapproche le glaive de douleur prédit par Siméon du trouble de Marie au pied de la Croix : « Ainsi que le Seigneur l’avait bien prédit : « Tous souffriront de ma part comme un scandale en cette nuit. » D’où Siméon ajoute en disant : « Et ta propre âme, un glaive de douleur la traversera, pour que les pensées de beaucoup de cœurs soient révélées. » Voyez comment Siméon a appelé glaive ces pensées inextricables. […] Or c’est dans ces pensées que la Vierge Marie est tombée, parce qu’elle ne connaissait pas encore le réconfort de la résurrection, […]. De sorte qu’après la résurrection il n’y aura plus de glaive tranchant […] Siméon a donc appelé signe de contradiction le signe de la croix, lorsque le glaive des pensées tourmenta la Vierge » (Oratio in occursum Domini 8).