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vendredi 30 novembre 2012

Temple de Dieu (3)

Temple de Dieu (3)

« Quel accord entre le Christ et Bélial, ou quelle part pour croyant et incroyant ? Quelle entente entre le temple de Dieu et les idoles ? » (2 Corinthiens 6, 15-16). La vie demande des choix et, parfois, des choix radicaux. « Car nous sommes, nous, temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai au milieu d’eux et j’y circulerai ; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple » (2 Corinthiens 6, 16-17). Le Peuple de Dieu, pas ce lui du démon. « Il a été établi un grand vide entre vous et nous, de sorte que ceux qui voudraient passer d’ici chez vous – dans le monde de satan et des damnés – ne le pourront pas, et ceux de là-bas – de l’enfer donc – ne traversent pas non plus pour venir à nous » (Luc 16, 26). Ce sont deux mondes antagoniques, incompatibles. Non seulement dans l’éternité, mais dès à présent. (lire la suite) « Nul ne peut servir deux maîtres : car ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre » (Matthieu 6, 24). Nous avons choisi notre Dieu. C’est un bon choix. Alors, « ne touchez rien d’impur, et moi je vous accueillerai » (2 Corinthiens 6, 17).
Dieu a sa façon à lui de nous accueillir. Une façon bien particulière. Elle consiste à venir demeurer en nous, à nous transférer dans le temple de son Esprit, avec qui le Père et le Fils sont présents : « Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous nous établirons chez lui à demeure » (Jean 14, 23). Il ne nous introduira pas dans sa vie : il s’introduit dans la nôtre, pour que nous puissions par là devenir la sienne, pour que cette transformation intérieure, notre divinisation progressive, nous soit accessible, soit possible. Et c’est dans le Seigneur Jésus que « vous autres, vous êtes édifiés conjointement pour être une demeure de Dieu dans l’Esprit » (Éphésiens 2, 28). Tout se tient. Tout est d’une grande cohérence surnaturelle. Auprès de Dieu se trouve le pardon, le rachat. Et « il n'est sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Actes des apôtres 4, 12). C’est pourquoi nous ne devrions avoir qu’un seul désir. Celui que les disciples d’Emmaüs expriment au terme de leur marche en compagnie de notre Seigneur. Il les a pourtant quelque peu rudoyés, alors qu’ils étaient « tout assombris, en s’entretenant « de tout ce qui venait de se passer » (Luc 24, 17.13) à Jérusalem, c’est-à-dire de la mort dramatique du Christ et des événements qui l’avaient suivie. Jésus leur a dit, en effet : « Ô gens sans intelligence, esprits lents à croire tout ce qu’ont annoncé les Prophètes » (Luc 24, 25). (à suivre…)

mercredi 28 novembre 2012

Temple de Dieu (2)

Temple de Dieu (2)

« Savez-vous que votre corps est le temple du Saint-Esprit que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez pas à vous-mêmes ? » (1 Corinthiens 6, 19). C’est-à-dire que ce corps ne nous appartient plus : nous ne pouvons pas en faire n’importe quoi. Surtout pas un lupanar, un lieu de débauche ! Cette présence de Dieu en nous fait que notre âme est en quelque sorte un champ que Dieu lui-même cultive comme il l’entend, dans lequel il sème les graines qu’il veut, et fait germer les plantes qu’il désire, mais en vue d’en récolter des fruits abondants et durables (cf. Jean 15, 15-16). C’est une idée que nous retrouvons également chez saint Paul : « Nous sommes des collaborateurs de Dieu. Le champ de Dieu, l’édifice de Dieu, c’est vous » (1 Corinthiens 3, 9). Ne nous endormons pas, contrairement aux ouvriers de la parabole, qui permirent ainsi à l’ennemi de semer impunément de l’ivraie dans le champ et de gaspiller une partie de la récolte, en plus de provoquer un travail supplémentaire et inutile (cf. Matthieu 13, 24-30).
(lire la suite) Restons donc éveillés, vigilants avec le Christ, qui est « notre secours et notre appui » (Psaume 33, 20), le fondement de notre vie. « C’est en lui que tout édifice d’une cohésion parfaite grandit pour être un temple saint du Seigneur » (Éphésiens 2, 21). C’est bien en adhérant à la Tête, c’est-à-dire à notre Seigneur, que le « corps tout entier, équipé d’articulations et de ligaments, qui en assurent la cohésion, qui grandit par la croissance voulue par Dieu » (Colossiens 2, 19). Autrement dit, il ne s’agit pas d’une croissance quelconque, mais bien de celle qui correspond aux plans de Dieu en vue du bien commun de l’humanité. Nous devons vivre collés au Christ, adhérer pleinement à lui pour ne faire qu’un avec lui, comme lui ne fait qu’un avec son Père et ce, « pour que le monde croie que c’est toi qui m’as envoyé » (Jean 17, 21) et, par voie de conséquence, que c’est Dieu également qui nous a envoyés auprès de nos semblables pour que nous servions de haut-parleur à l’Esprit qui habite en nous (cf. Romains 11, 8). Ainsi, « en professant la vérité, nous grandirons de toute manière par charité en celui qui est la tête, le Christ » (Éphésiens 4, 15). « De toute manière », parce que si les sacrements produisent des effets ex opere operato, c’est-à-dire du fait même que les sacrements sont réalisés, l’inhabitation de la Très Sainte Trinité a nécessairement une influence bénéfique immédiate, et nous maintient dans l’être, en nous réorientant vers le bien, vers le vrai bien. Car « c’est grâce à lui – le Christ – que le corps entier, assemblé et maintenu par tous les ligaments de secours, opère sa croissance organique, selon le jeu régulier de chacune des parties, pour s’édifier lui-même dans la charité » (Éphésiens 4, 16). (à suivre…)

lundi 26 novembre 2012

Temple de Dieu (1)

Temple de Dieu (1)

C’est lui, le Christ Seigneur, « qui a donné aux uns d’être apôtres, à d’autres d’être prophètes, à d’autres d’être évangélistes, à d’autres d’être pasteurs et docteurs, pour que les saints – c’est-à-dire tous les baptisés, du moins ceux qui prennent leur foi au sérieux et s’efforcent de mener une vie cohérente avec leurs promesses du baptême – puissent s’acquitter parfaitement […] de l’édification du Corps du Christ » (Éphésiens 4, 11-12), qu’est l’Église. C’est bien une tâche qui nous revient à tous, selon les charismes reçus par chacun et la place qui est la nôtre dans la communauté ecclésiale. Nous ne bâtissons pas sur du sable (cf. Matthieu 7, 24-27), mais sur le roc établi par ceux qui nous ont précédés, notamment par les fondateurs de l’Église qu’ont été les apôtres. En effet, « l’édifice que vous êtes a pour fondement les apôtres et les prophètes, le Christ Jésus lui-même étant la pierre d’angle » (Éphésiens 2, 20). (lire la suite)
Nous assurons la continuité. Nous sommes un maillon de l’immense chaîne qui se déploie depuis le Christ Jésus jusqu’au Christ Jésus, c’est-à-dire depuis sa mort et sa Résurrection jusqu’à son retour dans la gloire, à la fin des temps, quand, « à la voix de l'archange, au son de la trompette divine, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d'abord. Puis nous, qui vivons, qui sommes restés, nous serons emportés avec eux sur les nuées à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur » (1 Thessaloniciens 4, 16-17). Nous sommes des éléments dynamiques qui continuent de bâtir l’Église du Christ. « Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, vous entrez dans la construction d’une maison spirituelle » (1 Pierre 2, 5). Oui, nous sommes entrés de plain-pied dans un monde surnaturel, un monde de bienfaits spirituels, où tout est grâce. Nous-mêmes avons été transformés en profondeur, par l’irruption de Dieu dans notre âme au moment de notre baptême et par la suite. La modification radicale qui s’est opérée est exprimée par l’Apôtre en ces termes : « Savez-vous que vous êtes temple de Dieu et que l’Esprit de dieu habite en vous ? » (1 Corinthiens 3, 16). C’est effectivement totalement fou. Il y a de quoi être émerveillés et de passer sa vie à remercier Dieu. Toutefois la meilleure façon de manifester notre reconnaissance, c’est d’être un temple digne de lui, autrement dit de prendre soin de la sainteté de notre âme, de sa santé spirituelle, de la qualité de notre réponse de chaque instant aux appels que le Saint-Esprit – que nous hébergeons – à vivre en nous conformant au Fils de Dieu fait homme. (à suivre…)

samedi 24 novembre 2012

Rosaire et problèmes du monde

Rosaire et problèmes du monde

Le Rosaire « a été institué surtout pour implorer le patronage de la Mère de Dieu contre les ennemis du nom chrétien » (Léon XIII, lettre ap. Salutaris ille, 24 décembre 1883). « Urbain IV a attesté que, chaque jour, le Rosaire procurait des avantages au peuple chrétien. *Sixte IV a dit que cette manière de prier est avantageuse à l'honneur de Dieu et de la Sainte Vierge, et particulièrement propre à détourner les dangers menaçant le monde ; *Léon X a déclaré qu'elle a été instituée contre les hérésiarques et les hérésies pernicieuses ; et Jules III l'a appelée la gloire de l'Église. Saint Pie V a dit aussi, au sujet du Rosaire : « Cette manière de prier une fois connue, les fidèles, éclairés par les méditations et enflammés par le texte de ces prières, ont commencé à devenir d'autres hommes ; les ténèbres de l'hérésie se sont dissipées, et la lumière de la foi catholique a brillé de tout son éclat. » Enfin, Grégoire XIII a déclaré à son tour (lire la suite) que le Rosaire avait été institué par saint Dominique pour apaiser la colère de Dieu et implorer l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie ». Plus d'un pape s'est attaché à répandre cette dévotion parmi les nations orientales : « Eugène IV, par sa constitution Advesperascente, donnée en 1439, puis Innocent XII et Clément XI, par l'autorité desquels de grands privilèges furent, à cet effet, accordés à l'Ordre des Frères Prêcheurs » (Léon XIII, enc. Adjutricem populi, 5 septembre 1895). « Par cette prière, on embrasse les problèmes de l'Église, su Siège de saint Pierre, les problèmes du monde entier. En outre, on se souvient des pécheurs, pour qu'ils se convertissent et se sauvent, et des âmes du purgatoire » (Jean-Paul II, Homélie à Fatima, 13 mai 1982). Extrait d'un entretien de sœur Lucie de Fatima avec le père Fuentès, le 26 décembre 1957 : « La très sainte Vierge, en ces derniers temps que nous vivons, a donné une efficacité nouvelle à la récitation du Rosaire ; de telle façon qu’il n’y a aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou
surtout spirituel, se référant à la vie personnelle de chacun de nous, de nos familles, des familles du monde ou des communautés religieuses, ou bien à la vie des peuples et des nations ; il n’y a aucun problème si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint Rosaire. Avec le saint Rosaire nous nous sauverons, nous nous sanctifierons, nous consolerons Notre-Seigneur et obtiendrons le salut de beaucoup d’âmes. » Le Rosaire produit « un fruit remarquable et bien en rapport avec les nécessités de notre temps [...]. Il consiste en ce que, au moment où la foi est exposée à tant d'attaques et de périls, le Rosaire fournit au chrétien un aliment pour la nourrir et la fortifier » (Léon XIII, enc. Fidentem piumque, 20 septembre 1896). « Nous mettons une grande espérance dans le rosaire pour la guérison des maux qui affligent notre époque. Ce n'est pas avec la force, ni avec les armes, ni avec la puissance humaine, mais avec l'aide divine obtenue par cette prière que l'Église, forte comme David avec sa fronde, pourra affronter, intrépide, l'ennemi infernal » (Pie XII, Lettre Ingruentium malourm, 15 septembre 1951).

jeudi 22 novembre 2012

Le chapelet pour le temps présent

Le chapelet pour le temps présent

La Très Sainte Vierge ne m'a pas dit que nous sommes dans les derniers temps du monde, mais Elle me l'a fait voir pour trois motifs : 1) Parce que le *démon est en train de livrer une bataille décisive avec la Vierge [...] où l'on saura de quel côté est la victoire, de quel côté la défaite. Aussi, dès à présent, ou nous sommes à Dieu ou nous sommes au démon : il n'y a pas de moyen terme. 2) Car les deux derniers remèdes que Dieu donne au monde sont le saint *Rosaire et la dévotion au *Cœur Immaculé de Marie, et ceux-ci étant les deux derniers remèdes, cela signifie qu'il n'y en aura pas d'autres. 3) Lorsque Dieu va châtier le monde, Il épuise auparavant tous les autres recours. Or quand il a vu que le monde n'a fait cas d'aucun, [...] Dieu nous a offert avec une certaine crainte le dernier moyen de salut, sa très Sainte Mère. Car si nous méprisons et repoussons cet ultime moyen, nous n'aurons plus le pardon du ciel. [...] Souvenons-nous que Jésus-Christ est un très bon Fils et qu'il ne permet pas que nous offensions et méprisions sa Très Sainte Mère. Sœur Lucie, Message de Fatima.

mardi 20 novembre 2012

Dieu se laisse trouver

Dieu se laisse trouver

Le Seigneur donne un jour une série de conseils. Parmi ceux-ci, il s’en trouve un de très concret et pressant, qui nous est présenté comme assuré d’un résultat heureux : « Cherchez et vous trouverez » (Matthieu 7, 7). Nous pouvons l’appliquer principalement et avant tout à la quête de Dieu. Si nous recherchons la présence de Dieu, l’amitié avec Dieu, nous finirons immanquablement par l’obtenir. Dieu n’a-t-il pas affirmé lui-même : « J’aime ceux qui m’aiment, et ceux qui me cherchent avec empressement me trouvent » (Proverbes 8, 17) ? C’est donc une confirmation de l’enseignement du Christ. Mais nous y trouvons une précision, petite en apparence, mais fort importante pourtant. Il s’agit de chercher Dieu « avec empressement ». d’y mettre toute notre ardeur. D’en faire la priorité des priorités. Parce que le commandement suprême est bien connu : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force etde tout ton esprit » (Luc 10, 27).tourneau.blogspot.com/2012/11/dieu-se-laisse-trouver.html">(lire la suite) En vérité, la « Sagesse se montre sans peine à ceux qui l’aiment » (Sagesse 8, 12). Aimer la Sagesse et connaître Dieu, m’est avis que c’es tout un. De même, « si tu poursuis la justice, tu l’atteindras » (Proverbes 27, 8). Or, la justice et Dieu, m’est avis que c’est tout un. « La Sagesse se laisse trouver par ceux qui la cherchent » (Sagesse 8,12), car notre Dieu n’est pas un Dieu caché. C’est un Dieu qui s’est rendu présent dans l’histoire. Non seulement en créant ex nihilo, à partir de rien (cf. 2 Macchabées 7, 28) l’univers et tous les êtres qu’il renferme. Mais aussi en choisissant un peuple duquel proviendrait le Messie Sauveur. Puis, « quand les temps furent accomplis, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sous la Loi, pour racheter ceux qui étaient sous la Loi, afin que nous recevions la qualité de fils » (Galates 4, 4-5). Enfin, il a institué le sacrement de l’Eucharistie, gage de sa présence permanente parmi nous, au milieu de son peuple. Adoro te, devote, disons avec l’hymne eucharistique de saint Thomas d’Aquin : « Nous t’adorons avec dévotion. » Nous adorons avec une piété profonde et avec un recueillement non moins intense ce Dieu parfait, réellement présent avec son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité. Il se donne à nous en nourriture de notre âme afin que nous ayons la vie éternelle et que lui, il nous ressuscite au dernier jour (cf. Jean 6, 4), « ceux qui auront fait le bien ressuscitant pour la vie » (Jean 5, 29) et « resplendissant de la splendeur du firmament » (Daniel 12, 3).

dimanche 18 novembre 2012

Aux gouvernants

Aux gouvernants

« Écoutez donc, ô rois, et comprenez : instruisez-vous, vous qui jugez les extrémités de la terre » (Sagesse 6, 1). « Aimez la justice, […] gardez à l’égard du Seigneur de bons sentiments, et cherchez-le en simplicité de cœur » (Sagesse 1, 1). « Devenez sages » (Psaume 2, 10). « Prêtez l’oreille, vous les maîtres des multitudes, qui êtes fiers de commander à des foules de peuples. Car la domination vous a été donnée par le Seigneur, et la souveraineté par le Très-Haut » (Sagesse 6, 2-3). En effet, « il n’est pas d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été établies par Dieu » (Romains 13, 1). « Par moi, les rois règnent, et les princes décrètent ce qui est juste. Par moi gouvernent les chefs et les grands » (Proverbes 8, 15-16). C’est pourquoi Dieu « examinera vos œuvres et sondera vos desseins » (Sagesse 3, 6). Il en tirera les conclusions qui s’imposent et dont l’auteur sacré nous avertit : « Parce que, étant les ministres de sa royauté » (Sagesse 6, 4), car « moi, j’ai été établi roi sur Sion, ma montagne sainte » (Psaume 2, 6), parce que tout ministre de Dieu que vous êtes, « vous n’avez pas agi avec droiture » (lire la suite)(Sagesse 6, 4), « vous qui haïssez le bien et aimez le mal, qui écorchez les gens » (Michée 3, 2), parce que vous n’avez pas « observé la loi, ni marché selon le dessein de Dieu : terrible et soudain il fondra sur vous, car un jugement sévère s’exerce sur les hommes haut placés » (Sagesse 6, 4-5). En effet, « à qui on aura donné beaucoup, beaucoup sera demandé ; à qui on aura confié beaucoup, on réclamera davantage » (Luc 12, 48). « Si je n’étais pas venu leur faire entendre ma parole, ils seraient sans péché ; mais maintenant leur péché est sans excuse » (Jean 15, 22). « Aux petits, on pardonnera par pitié ; mais les puissants seront puissamment tourmentés. Car le souverain de tous ne reculera devant personne, il ne se laissera émouvoir par aucune grandeur » (Sagesse 6, 6-7), lui « qui ne fait pas acception de la personne des grands, qui ne regarde pas le riche plus que le pauvre, parce que tous sont l’ouvrage de ses mains » (Job 34, 19). « Mais les puissants sont soumis à un examen rigoureux » (Sagesse 6, 8). Il sera tenu compte de ce que « les rois de la terre se soulèvent et les princes tiennent conseil ensemble contre le Seigneur et contre son Oint » (Psaume 2, 2). « C’est donc à vous, princes, que s’adressent mes discours, afin que vous appreniez la sagesse » (Sagesse 6, 9), n’oubliant pas que chacun de vous est « un mortel semblable aux autres » (Sagesse 7, 1), « et que vous ne vous égariez pas » (Sagesse 6, 9), de peur que Dieu « ne s’irrite et que vous ne périssiez hors de la voie, cars a colère s’enflamme vite » (Psaume 2, 10). En définitive, ceux « qui observent saintement les saintes lois seront sanctifiés, et ceux qui les auront apprises seront justifiés » (Sagesse 6, 6). À bon entendeur salut !

vendredi 16 novembre 2012

Les rencontres avec le Christ

Les rencontres avec le Christ

Notre vie ici sur terre est, en réalité, une succession continuelle de rencontres avec le Christ : avec le Christ présent dans la Sainte Écriture, comme parole de Dieu ; avec le Christ présent dans ses ministres, comme maître, prêtre et pasteur ; avec le Christ présent dans le prochain, spécialement dans les pauvres, les malades, les marginaux qui constituent ses membres souffrants ; avec le Christ présent dans les sacrements ; qui sont le canal de son action de salut ; avec le Christ hôte silencieux de notre cœur, où Il habite en nous communiquant la vie. Toute rencontre avec le Christ laisse des traces profondes. Que ce soit une rencontre pendant la nuit, comme celle de Nicodème ; une rencontre fortuite, comme celle de la Samaritaine ; une rencontre recherchée, comme celle de la pécheresse repentie ; une rencontre de supplication, comme celle de l’aveugle aux portes de Jéricho ; une rencontre par curiosité, comme celle de Zachée ; ou encore une rencontre d’intimité, comme celle des apôtres, appelés à Le suivre ; une rencontre fulgurante, comme celle de Paul sur le chemin de Damas. Mais, la rencontre la plus intime et transformante à laquelle sont ordonnées toutes les autres rencontres, c’est la rencontre de la « table du mystère eucharistique, c’est-à-dire la table du pain du Seigneur ». Ici c’est le Christ en personne qui accueille l’homme, malmené par le aspérités du chemin et qui le réconforte par la chaleur de sa compréhension et de son amour. C’est dans l’Eucharistie que se trouve la pleine réalisation de ces très douces paroles : « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et écrasés et Je vous soulagerai » (Matthieu 11, 28). Ce soulagement personnel et profond qui constitue la raison ultime de toute notre fatigue sur les routes du monde, nous pouvons le trouver – au moins comme une anticipation et comme un avant-goût – dans ce pain de Dieu que le Christ nous offre à la table eucharistique. Bienheureux Jean-Paul II, Homélie à Fortaleza, Brésil, 8 juillet 1980.

mercredi 14 novembre 2012

Marie et les âmes du purgatoire

Marie et les âmes du purgatoire

Nous lisons dans le Bréviaire romain, à la sixième leçon de l'office de la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel : « La Bienheureuse Vierge Marie console au purgatoire, avec une tendresse toute maternelle, ceux de ses fils qui, après s'être enrôlés dans la confrérie du scapulaire, ont fidèlement gardé les règles prescrites, et, de plus, suivant une pieuse croyance, sa protection leur assure promptement les joies du paradis. » Marie a dit à sainte Brigitte : « Je suis la Mère de toutes les âmes qui souffrent en purgatoire, et les peines qu'elles y endurent pour les péchés commis pendant leur vie sont à toute heure mitigées de quelque façon, grâce à mes prières maternelles » (Revelationes 4, 138). « Grande est la bonté de Marie envers les âmes du purgatoire, et par elle elles obtiennent les suffrages dont elles ont besoin » (saint Vincent Ferrier, Les gloires 8, 2). « Au jour de la glorieuse Assomption de Marie, il ne resta pas une âme dans le purgatoire » (Gerson, Ibid.). « Chaque année, à la fête de la naissance de Jésus-Christ, Marie, accompagnée d'une multitude d'anges, descend dans le purgatoire pour en délivrer un grand nombre d'âmes. Également, durant la nuit de la Résurrection de Jésus-Christ, elle vient chaque année tirer beaucoup d'âmes de la prison du purgatoire » (Denys le Chartreux, Ibid.). Notre-Dame-des-Saintes-Âmes est la patronne de l’État de l’Arkansas (États-Unis). Iconographie. Saint Grégoire et les âmes du purgatoire (Le Guerchin, 1591-1666, église Saint-Paul, Bologne) ; Les âmes du purgatoire (Philippe de Champaigne, 1602-74, musée des Augustins, Toulouse.

lundi 12 novembre 2012

Mort de Marie (5)

Mort de Marie (5)

Tous les auteurs, orateurs, théologiens, historiens, tant grecs que latins, qui affirment la mort de Marie se sont appuyés sur cette citation de Denys l'Aréopagite. Or, l'on sait depuis le XVIe s. que l'auteur de l'ouvrage incriminé est un inconnu qui l'a rédigé au Ve s. La mort corporelle de Marie n'aurait rien ajouté à la perfection de sa collaboration active et méritoire à l'œuvre de la Rédemption objective. C'est par toutes les circonstances de sa vie terrestre, unie à celle du Sauveur, et plus spécialement par sa Compassion au pied de la Croix, et la mort spirituelle et l'immolation totale qu'elle a comporté, qu'elle est devenue Mère des hommes et corédemptrice avec son Fils. « Le péché originel n'existant pas en elle, ne put altérer son corps et le décomposer par l'affaiblissement des sens, par l'épuisement des forces, par l'appauvrissement du sang. Marie mourut, mais sa mort ne fut qu'un simple fait (lire la suite) et non un effet, et, une fois accompli, il cessa d'être. Elle mourut afin de vivre à jamais ; elle mourut pour la forme, et uniquement afin de payer sa dette à la nature, comme on le dit ; ce fut pour elle une cérémonie comme le baptême ou la confirmation ; elle mourut, non pas pour elle-même ou à cause du péché, mais pour se soumettre à sa condition, pour glorifier Dieu, pour faire ce que faisait son Fils ; elle ne mourut pas cependant, comme son Fils, au milieu des souffrances et pour un but particulier ; elle ne mourut pas de la mort des martyrs, car son martyre avait précédé sa fin ; sa mort ne fut pas une expiation, car la créature ne pouvait en donner ; l'expiation avait été offerte pour tous les hommes ; elle mourut donc pour achever sa carrière et pour recevoir sa couronne » (bienheureux John Newman, Conférences aux protestants et aux catholiques, Dix-huitième Conférence). Étant donné que c’est un thème de libre opinion, l’iconographie ne s’est pas privée de représenter la mort supposée de Marie. Selon la Légende dorée, de Jacques de
Voragine, un ange portant une palme à la main apparaît à Marie quand elle a soixante ans, et lui déclare : « Marie, je te salue, je t’apporte une branche de palmier cueillie dans le paradis : ordonne qu’on la porte devant ton cercueil le troisième jour après ta mort, car ton Fils t’attend » (sur l’Assomption), scène représentée dans un vitrail de Saint-Quentin, de Soissons). (fin)

samedi 10 novembre 2012

Mort de Marie (4)

Mort de Marie (4)

Les immortalistes répondent que l'Immaculée Conception de Marie et sa Maternité divine semblent postuler son immortalité. Si l'âme de Marie s'était séparée de son corps, ne fût-ce qu'un très bref instant, la Vierge aurait cessé d'être Mère de Dieu en cet instant. La Compassion de Marie suffit à la configurer à son Fils, comme l'étymologie le montre. Si Marie devait mourir pour être configurée à Jésus, on pourrait exiger qu'elle fût crucifiée, elle aussi, ce qui n'a pas été le cas. Marie se configure au Christ spirituellement, comme l'Église, et femme est « l'icône eschatologique ». À la fin des temps, l'Église ne connaîtra pas la mort physique : « Nous ne mourrons pas tous, mais tous seront transformés » (1 Corinthiens 15, 51). Marie est immortelle et préfigure l'Église immortelle. L'Immaculée est rachetée par la Croix du Christ, et triomphe par sa Résurrection. L'Assomption de Marie est donc la configuration à (lire la suite) cette mort-Résurrection, dont les effets se font sentir sur son corps par anticipation de la résurrection finale (cf. Philippiens 3, 20-21). L'admirable échange qui s'est produit avec l'Incarnation, Jésus revêtant alors sa physionomie humaine à partir de traits de Marie, trouve son contrepoint en Marie, en qui se gravent les traits glorieux du corps de son Fils. Le Vénérable Pie XII écrit, dans la constitution apostolique Munificentissimus Deus par laquelle il définit le dogme de l’Assomption de la bienheureuse Vierge Marie au ciel que cette Assomption révèle à l'Église sa propre condition eschatologique et l'actualise dans son membre le plus éminent après le Christ. Marie ayant « été en corps et en âme à la gloire du ciel », c'est toute la personnalité humaine qui s'en trouve exaltée. Dieu recrée en sorte la personne humaine en lui redonnant sa condition première. Les œuvres de l'homme le suivront au ciel. Ce qui entraîne qu'il existe une suite logique entre la mis
sion terrestre de Marie et son Assomption. Elle reste la Mère du Dieu-Homme, Jésus-Christ, et elle continue d'exercer sa Maternité spirituelle, et glorieuse, envers les membres du Corps mystique de son Fils qu'est l'Église. En outre, tout part de Denys l'Aréopagite, dont d'aucuns disent qu'il a été converti par saint Paul (Actes 17, 34) et qu'il a été témoin, oculaire de la mort de Marie (De divinibus nominibus 3). (à suivre…)

vendredi 9 novembre 2012

Mort de Marie (3)

Mort de Marie (3)

Quoi qu’il en soit, pour eux cette mort fut une mort d’amour : « Vous ne chercherez point d’autre cause de la mort de la Sainte Vierge. Son amour étant si ardent, si fort et si enflammé, qu’il ne poussait pas un soupir qui ne dût rompre tous les liens de ce corps mortel ; il ne formait par un regret qui ne dût en dissoudre toute l’harmonie ; il n’envoyait pas un désir au ciel qui ne dût tirer avec soi l’âme tout entière. Je vous ai dit, chrétiens, que sa mort est miraculeuse ; je suis contraint de changer d’avis : la mort n’est pas le miracle ; c’en est plutôt la cessation. Le miracle continuel, c’est que Marie pût vivre séparée de son Bien-aimé. Elle vivait néanmoins, parce que tel était le conseil de Dieu [...]. Mais comme le divin amour régnait dans son cœur sans obstacles, il allait de jour en jour s’augmentant sans cesse par son excercice et s’accroissant par lui-même ; de sorte qu’il vint enfin, s’étendant toujours, à une telle perfection, que la terre n’était plus capable de le contenir. Aussi point d’autre cause de la mort de Marie que la vivacité de son amour » (Bossuet, 1er sermon pour l’Assomption 2). (lire la suite) Terrien ajoute, mais l’argument peut servir à prouver la Dormition de Marie : « Quand retentit à l’oreille intérieure de la Mère la voix du Fils qui lui disait : « Levez-vous, hâtez-vous, mon amie, ma colombe, ma toute belle, et venez » (Cantique des cantiques 2, 10) ; alors, grâce à l’attraction puissante et douce de l’amour de Marie pour Jésus et de l’amour de Jésus pour Marie, l’âme se dégagea du corps, comme un fruit déjà mûr que le plus légère secousse fait tomber de l’arbre ; comme une fumée odoriférante qui, sous l’action d’une chaleur douce et tempérée, monte d’une composition de myrrhe et d’encens (Cantique des cantiques 3, 6). Ainsi mourut la divine Vierge par un élan de l’amour, sans brisement, sans violence, sans peine ; et « son âme fut porte au ciel sur une nuée de désirs sacrés » (Bossuet, 1er sermon pour l’Assomption
2) : car la mort, loin d’interrompre même pour un instant sa contemplation très amoureuse, ne servit qu’à la transformer plus heureusement dans l’immuable face à face et le suprême cœur à cœur de l’éternité. » Que répondent à cela les immortalistes, c’est-à-dire ceux qui sont d’avis que la très Sainte Vierge n’a pas connu la mort ? (à suivre…)

mercredi 7 novembre 2012

Mort de Marie (2)

Mort de Marie (2)

Tout ce qu'Épiphane dit, c'est donc que la fin de la vie de Marie sur terre a été un grand prodige. Modeste de Jérusalem au VIIIe s., constate avec étonnement que les premiers auteurs chrétiens qui ont parlé de la Vierge Marie n'ont rien dit de la Dormition. Pour lui, Marie devait suivre l’exemple de son Fils, pour lui être semblable. Jésus lui-même indiqua aux apôtres le jardin de Gethsémani comme le lieu de la sépulture pour sa Mère. La liturgie n'est d'aucun secours. Il existe bien une « mémoire de Sainte Marie », mais, à la différence des saints, elle ne commémore pas son dies natalis, le jour de sa naissance au ciel, mais la Maternité divine. Aucune homélie des premiers s. ne fait la moindre allusion à la mort et à un tombeau de la Vierge. Les partisans de la mort s'appuient (lire la suite) à l'origine sur le Transitus Mariæ, attribué au Père de l’Église saint Méliton de Sarde († 180), et condamné par le pape Gélase Ier en 495-496, avec d'autres écrits apocryphes. Selon cette tradition, Marie rencontre au mont des Oliviers un ange qui lui remet une palme de l’arbre de Vie et lui annonce sa mort prochaine. Rentrée chez elle, elle fait part de la nouvelle à son entourage. Miraculeusement, les apôtres reviennent des différentes parties du monde qu'ils sont en train d'évangéliser. Jésus apparaît entouré d'anges pour recevoir l'âme de sa mère, qu'il confie à l'archange Michel. Les apôtres enterrent le corps au pied du mont des Oliviers. Quelques jours plus tard, Jésus leur apparaît de nouveau et emporte le corps au Paradis, où l'âme et le corps de Marie sont réunis. Les « mortalistes » insistent sur la nécessité d'une totale configuration de la Mère de Dieu à son Fils. À partir de la Croix, et de la Rédemption qu'elle produit, la mort est moins une pénalité du péché qu'un moyen de se conformer au Christ, avec une valeur corédemptrice. La simple Compassion de Marie est jugée insuffisante. Pour saint François de Sales (1567-1622), Marie aurait désiré la mort pour s'unir définitivement au Christ, et cet « excès d'amour », l'intensité de ce désir amoureux aurait provoqué sa mort. Mais le corps de Marie ne peut connaître la corruption propre à la mort. Le passage de la vie terrestre à la vie céleste se serait réalisé en un instant, qui aurait été à la fois celui de la mort de Marie et celui de sa résurrection. Mais les mortalistes reconnaissent que le corps de Marie n’a pas connu la corruption : « Comment la mort aurait-elle pu te réduire en cendre et en poussière, toi qui, par l’Incarnation de ton Fils, as délivré l’homme de la corruption de la mort ? Ton Fils, lui aussi, a, de la même manière, goûté une mort semblable pour le salut du genre humain. Mais il a entouré de la même gloire et son sépulcre vivifiant et le tombeau, réceptacle de vie, de ta dormition. Vos deux corps ont été ensevelis, mais n’ont pas connu la corruption » (saint Germain de Constantinople, Homélie sur la Dormition
). (à suivre…)

lundi 5 novembre 2012

Mort de Marie (1)

Mort de Marie (1)

L’Église catholique ne s’est pas prononcée sur le moment où la Vierge Marie est montée au ciel avec son corps, l’Assomption, c’est-à-dire sur le fait qu’elle a ou non connu la mort. Dans les premiers siècles, les Pères qui disent que Marie est morte ne le disent qu'en passant, comme quelque chose qui va de soi, afin de prouver que le corps du Verbe incarné était bien mortel. C'est le cas d'Origène, de saint Éphrem, peut-être de saint Jérôme, certainement de saint Augustin. On a avancé le témoignage de Timothée de Jérusalem en faveur de l'immortalité de Marie. Mais il est avéré que ce Timothée a vécu entre les VIe et VIIIe s. Saint Épiphane (v. 315-403), qui a vécu en Judée jusqu'à l'âge de 52 ans, avant de devenir évêque de Salamine (Chypre), n'ose pas se prononcer sur le sujet : « S'il paraît à certains que nous faisons erreur, qu'ils fouillent les Écritures. Ils n'y trouveront ni la mort de Marie, ni si elle morte, ni si elle n'est pas morte ; ni si elle a été ensevelie, ni si elle n'a pas été ensevelie. (lire la suite) Jean entreprit bien le voyage d'Asie, amis il ne dit nulle part qu'il emmena avec lui la Sainte Vierge. L'Écriture a gardé un silence complet à cause de la grandeur du prodige, pour ne pas frapper d'un étonnement excessif l'esprit des hommes. Pour moi je n'ose en parler. Je le garde en ma pensée et je me tais. Peut-être même avons-nous trouvé quelque part des traces de cette sainte et bienheureuse, comme quoi il est impossible de découvrir qu'elle est morte. D'une part, en effet, Siméon dit d'elle : « Et toi-même un glaive transpercera ton âme, afin que soient dévoilées les pensées cachées d'un grand nombre » (Luc 2, 35). D'autre part, l'Apocalypse de Jean dit que le dragon se précipita sur la femme qui avait engendré l'enfant mâle, et que les ailes de l'aigle furent données à la femme, et elle fut enlevée dans le désert, afin que le dragon ne pût la saisir (Apocalypse 12, 13 sv). Il est possible que cela se soit accompli en Marie. Je n'affirme pas cependant cela d'une manière absolue, et je ne dis pas qu'elle demeura immortelle ; mais je ne décide pas non plus qu'elle est morte. L'Écriture, en effet, s'est élevée au-dessus de l'esprit humain, et a laissé ce point dans l'incertitude, par révérence pour cette Vierge incomparable, pour couper court à toute pensée basse et charnelle à son sujet. Est-elle morte ? Nous l'ignorons » (Panarion 78). (à suivre…)

dimanche 4 novembre 2012

Dons gratuits (5)

Dons gratuits (5)

Nous n’avons pas tous reçu la même part de l’héritage divin. Les talents sont diversement répartis, à la différence de la situation spéciale qui a été celle de Marie, en prévision de sa condition de Mère du Rédempteur. Nous ne pouvons pas exceller comme elle dans toutes les vertus. Cela est exclu pour nous. efforçons-nous du moins de briller par l’une ou l’autre qualité, et qu’ainsi nos bonnes œuvres brillent aux yeux des hommes, pour qu’ils voient nos bonnes œuvres et glorifient notre Père qui est dans les cieux (cf. Matthieu 5, 16). Nous sommes bien convaincus qu’en nous efforçant de vivre de la sorte, Dieu nous comblera de toutes sortes de biens spirituels, car (lire la suite) « le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ […] nous a octroyé toutes sortes de bénédictions
spirituelles dans le Christ » (Éphésiens 1, 3). « Si donc vous, tout mauvais que vous êtes, vous savez donner à vos enfants des choses qui sont bonnes, combien plus votre Père qui est dans les cieux, donnera-t-il ce qui est bon à ceux qui le lui demanderont » (Matthieu 7, 11). Demandons donc à notre Seigneur de nous accorder toute l’aide de la grâce dont nous avons besoin pour faire fructifier les talents qu’il nous a octroyés dans sa générosité. Car Dieu est « bon dans ses bienfaits » (Psaume 119, 68), il est « bon ; il est un refuge au jour de la détresse » (Nahum 1, 7). Si Dieu ne répartit pas ses dons équitablement, selon notre appréciation et notre mesure humaines du moins, pouvons-nous le lui reprocher ? « Que dirons-nous donc ? Y a-t-il en Dieu de l’injustice ? Que non pas ! Il dit en effet à Moïse : Je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’aurai compassion » (Exode 33, 19). Ainsi donc c’est affaire ni de qui veut ni de qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde » (Romains 9, 15-16). Et « par l’œuvre de justice d’un seul, c’est pour tous les hommes la justification qui donne la vie » (Romains 5, 18). Nous n’avons qu’à dire : « Amen. Alléluia », « Alléluia ! Le salut, la gloire et la puissance sont à notre Dieu ! » (Apocalypse 19, 1). (fin)

samedi 3 novembre 2012

Dons gratuits (4)

Dons gratuits (4)

Nous devons être heureux et reconnaissants de ce que nous sommes, parce que le potier divin a tiré de la glaise dont il nous a faits (cf. Genèse 2, 27) le vase que nous sommes, et pas un autre, peut-être plus beau à voir, d’une plus grande capacité, à usages multiples, peut-être plus fragile également. « Comment mieux montrer notre reconnaissance à Dieu qu'en aimant passionnément notre condition, puisque nous sommes ses enfants » (saint Josémaria, Forge, n° 333).
Comment manifestons-nous notre joie et notre reconnaissance pour la situation qui est la nôtre ? En accomplissant nos différentes tâches pas uniquement avec la plus grande compétence professionnelle possible, avec tout le sérieux dont nous sommes capables et toute notre haute qualification, mais surtout (lire la suite) et avant tout en les réalisant par amour de Dieu. Ainsi orientées, elles deviennent des mots d’amour bien dits et permettent d’entrer en dialogue avec Dieu, de nous introduire même dans le dialogue éternel qui existe entre les trois Personnes divines. C’est pourquoi saint Josémaria nous dit que’« une heure d’étude, pour un apôtre moderne, c’est une heure de prière » (saint Josémaria, Chemin, n° 335). Cela est possible parce que nous n’agissons pas comme des automates, mécaniquement, mais à partir de la présence de Dieu dans notre âme, de notre condition foncière d’enfant de Dieu, et du point de contact avec la divinité que le baptême a établie en permettant l’inhabitation de ces mêmes trois Personnes divines au tréfonds de notre être. Travailler de la sorte, c’est donc aussi prier et parler avec Dieu, c’est le connaître en tant que l’humble artisan venu partager notre existence laborieuse (cf. Marc 6, 3), et en tant que le grand Artisan auteur de l’univers et de toute la création (cf. Genèse 1). Nos œuvres sont donc des mots de notre dialogue avec Dieu, qui expriment l’offrande que nous entendons lui faire de notre vie, dans ses moindres occupations et nuances. Nous prions et nous écoutons, pas seulement en nous retrouvant assis aux pieds de Jésus, comme Marie à Béthanie, mais aussi par l’activité incessante de notre conduite humaine, comme Marthe (cf. Luc 10, 38-42). (à suivre…)

vendredi 2 novembre 2012

Prier pour les morts

Prier pour les morts

Nous ne voulons pas, mes Frères, que vous ignoriez la condition de ceux qui dorment dans le Seigneur, afin que vous ne soyez pas tristes comme ceux qui n'ont point d'espérance. C'était le désir de l'Apôtre écrivant aux premiers chrétiens ; l'Eglise, aujourd'hui, n'en a pas d'autre. Non seulement, en effet, la vérité sur les morts met en admirable lumière l'accord en Dieu de la justice et de la bonté : les cœurs les plus durs ne résistent point à la charitable pitié qu'elle inspire, et tout ensemble elle offre au deuil de ceux qui pleurent la plus douce des consolations. Si la foi nous enseigne qu'un purgatoire existe, où des fautes inexpiées peuvent retenir ceux qui nous furent chers, il est aussi de foi que nous pouvons leur venir en aide, il est théologiquement assuré que leur délivrance plus ou moins prompte est dans nos mains. Rappelons quelques principes de nature à éclairer ici la doctrine.
(lire la suite) Tout péché cause double dommage au pécheur, souillant son âme, et le rendant passible de châtiment. Tache vénielle, entraînant simple déplaisance du Seigneur, et dont l'expiation ne dure qu'un temps ; souillure allant jusqu'à la difformité qui fait du coupable un objet d'abomination devant Dieu, et dont par suite la sanction ne saurait consister que dans le bannissement éternel, si l'homme n'en prévient en cette vie l'irrévocable sentence. Même alors cependant, l'effacement de 'a coulpe mortelle, en écartant la damnation, n'enlève pas de soi toute dette au pécheur converti ; bien qu'un débordement inusité de la grâce sur le prodigue puisse parfois, comme il est régulier dans le baptême ou le martyre, faire se perdre en l'abîme de l'oubli divin jusqu'au dernier vestige, aux moindres restes du péché, il est normal qu'en cette vie, ou par delà, satisfaction soit donnée pour toute faute à la justice. A contre-pied du péché, tout acte surnaturel de vertu implique double profit pour le juste : il mérite à son âme un nouveau degré de grâce ; il satisfait pour la peine due aux fautes passées en la mesure de juste équivalence qui revient devant Dieu à ce labeur, cette privation, cette épreuve acceptée, cette libre souffrance d'un des membres de son Fils bien-aimé. Or, tandis que le mérite ne se cède pas et demeure personnel à qui l'acquiert, la satisfaction se prête comme valeur d'échange aux transactions spirituelles ; Dieu veut bien l'accepter pour acompte ou pour solde en faveur d'autrui, que le concessionnaire soit de ce monde ou de l'autre, à la seule condition qu'il fasse lui aussi partie par la grâce de ce corps mystique du Seigneur qui est un dans la charité. C'est, comme l'explique Suarez en son beau traité des Suffrages, la conséquence du mystère de la communion des saints manifesté en ces jours. Invoquant l'autorité des plus anciens comme des plus grands princes de la science, discutant les objections, les restrictions propos depuis eux par plusieurs, l'illustre théologien n'hésite pas à conclure en ce qui touche plus particulièrement les âmes souffrantes : « J'estime que cette satisfaction des vivants pour les morts vaut en justice (1), et qu'elle est infailliblement acceptée selon toute sa valeur, et selon l'intention de celui ! qui l'applique ; en sorte que, par exemple, si la satisfaction qui est de mon fait me valait en justice, pour moi gardée, la remise de quatre degrés de purgatoire, elle en remet autant à l'âme pour laquelle il me plaît de l'offrir. » On sait comment l'Eglise seconde sur ce point la bonne volonté de ses fils. Par la pratique des Indulgences, elle met à la disposition de leur charité l'inépuisable trésor où, d'âge en âge, les surabondantes satisfactions des saints rejoignent celles des Martyrs, ainsi que de Notre-Dame, et la réserve infinie des souffrances du Seigneur. ] Presque toujours, elle approuve et permet que ! ces remises de peine, accordées aux vivants par sa directe puissance, soient appliquées aux morts, ; qui ne relèvent plus de sa juridiction, par mode de suffrage ; c'est-à-dire : en la manière où. comme nous venons de le voir, chaque fidèle peut offrir pour autrui à Dieu, qui l'accepte, le suffrage ou secours de ses propres satisfactions C'est toujours la doctrine de Suarez, et il enseigne que l'Indulgence cédée aux défunts ne perd rien non plus de la certitude ou de la valeur qu'elle aurait eues pour nous qui militons encore (Dom Prosper Guéranger).

jeudi 1 novembre 2012

Sainteté pour tous

Sainteté pour tous

La façon spécifique dont les laïcs ont à contribuer à la sainteté et à l'apostolat de l'Église est l'action libre et responsable au sein des structures temporelles, en y portant le ferment du message chrétien. Le témoignage de vie chrétienne, la parole qui éclaire au nom de Dieu, et l'action responsable, de manière à servir les autres en contribuant à la solution des problèmes communs, voilà autant de manifestations de cette présence par laquelle le chrétien ordinaire accomplit sa mission divine. Depuis de très nombreuses années, depuis la date même de la fondation de l'Opus Dei, j'ai médité et fait méditer les paroles du Christ que nous rapporte saint Jean : et ego, si exaltatus fuero a terra, omnia traham ad meipsum (Jn 12, 32). Le Christ, en mourant sur la Croix, attire à Lui (lire la suite) la création tout entière et, en son nom, les chrétiens, qui travaillent au milieu du monde, ont à réconcilier toutes les choses avec Dieu, et à placer le Christ au sommet de toutes les activités humaines.
Je voudrais ajouter qu'à côté de cette prise de conscience des laïcs, il se produit un développement analogue dans la sensibilité des pasteurs. Ils se rendent compte du caractère spécifique de la vocation laïque, qui doit être encouragée et favorisée au moyen d'une pastorale qui porte à découvrir, au sein du Peuple de Dieu, le charisme de la sainteté et de l'apostolat dans les formes infinies et très diverses sous lesquelles Dieu l'accorde. Cette nouvelle pastorale est très exigeante, mais, à mon sens, absolument nécessaire. Elle requiert le don surnaturel du discernement des esprits, la sensibilité aux choses de Dieu, l'humilité qui consiste à ne pas imposer ses préférences personnelles et à aider ce que Dieu infuse dans les âmes. En un mot : l'amour de la liberté légitime des enfants de Dieu, qui trouvent le Christ, deviennent porteurs du Christ, et suivent des chemins très divers, mais tous également divins. L'un des plus grands dangers qui menacent aujourd’hui l'Église pourrait bien être, justement, de ne pas reconnaître ces exigences divines de la liberté chrétienne, et, en se laissant aller à de fausses raisons d'efficacité, de prétendre imposer une uniformité aux chrétiens. À la base de cette attitude, il y a quelque chose non seulement de légitime, mais de louable : le désir que l'Église rende un témoignage tel qu'il émeuve le monde moderne. Je crains fort, néanmoins, que le chemin ne soit mauvais et qu'il n'aboutisse, d'une part, à compromettre la hiérarchie dans les questions temporelles pour ne déboucher alors que sur un cléricalisme différent, mais aussi néfaste que celui des siècles passés ; et, d'autre part, à isoler les laïcs, les chrétiens ordinaires, du monde où ils vivent, pour en faire les porte-parole des décisions ou des idées conçues en dehors de ce monde. Il me semble qu'on nous demande, à nous les prêtres, l'humilité d'apprendre à ne pas être à la mode, d'être réellement les serviteurs des serviteurs de Dieu — nous souvenant de ce cri de Jean-Baptiste : illum oportet crescere, me autem minui (Jn 3, 30), il faut que lui grandisse et que moi, je décroisse — pour que les chrétiens ordinaires, les laïcs, rendent le Christ présent, dans tous les milieux de la société. La mission de répandre la doctrine, d'aider à pénétrer les exigences personnelles et sociales de l'Évangile, d'engager à discerner les signes des temps, c'est, et ce sera toujours, une des tâches fondamentales du prêtre. Mais tout travail sacerdotal doit s’accomplir dans le plus grand respect de la légitime liberté des consciences : chaque homme doit librement répondre à Dieu. Au surplus, tout catholique, outre l'aide que lui apporte le prêtre, reçoit lui aussi de Dieu des lumières propres, des grâces d'état qui lui permettent de remplir la mission spécifique dont il est chargé, en tant qu'homme et en tant que chrétien. Si l'on croit que le clergé doit nécessairement parler et être toujours présent pour que la voix du Christ se fasse entendre dans le monde d'aujourd'hui, c'est qu'on n'a pas encore bien compris la dignité de la vocation divine de tous les fidèles et de chacun d'entre eux (saint Josémaria, Entretiens, n° 59).

mercredi 31 octobre 2012

Dons gratuits (3)

Dons gratuits (3)

« Cependant la grâce a été donnée à chacun selon ce qu’il a plu au Christ d’en faire le don » (Éphésiens 4, 7). Nous devons être bien conscients que tout ce que nous possédons est donc de Dieu. « Quas-tu que tu ne l’aies reçu ? » (1 Corinthiens 4, 7). C’est pourquoi l’Apôtre peut nous exhorter en ces termes : « Oui, je le dis en vertu de ce qui m’a été donné pour vous tant que vous êtes : n’ayez pas de vous-mêmes une opinion trop flatteuse ; mais ayez une opinion qui convienne à votre modestie, chacun selon le degré de foi que Dieu lui a départie » (Romains 12, 3). Nous serions bien avisés de cultiver l’humilité, en ne nous attribuant pas les mérites gratuits de notre Seigneur Jésus-Christ, et de témoigner de notre reconnaissance pour ces cadeaux surnaturels qui nous habilitent à poursuivre efficacement la sainteté.
« Tu dois demeurer vigilant, afin que tes succès professionnels, ou tes échecs (lire la suite) — et ces derniers ne manqueront pas d'arriver — ne te fassent pas oublier, ne serait-ce qu'un instant, la gloire de Dieu, qui est la véritable finalité de ton travail! » (saint Josémaria, Forge, n° 704). Saint Paul reconnaît que « nous avons des dons différents selon la grâce qui nous a été donnée : si c’est la prophétie, que ce soit en proportion à la foi ; si c’est le ministère, dans le ministère ; si c’est l’enseignement, dans l’enseignement ; si c’est l’exhortation, dans l’exhortation ; que celui qui donne le fasse sans arrière-pensée ; celui qui préside, avec zèle : celui qui exerce la miséricorde, avec affabilité » (Romains 12, 6-8). Et nous n’avons pas à ambitionner des dons que nous n’avons pas reçus, des qualités dont nous sommes dépourvus. Contentons-nous, et ce n’est pas peu de chose, de faire fructifier les talents reçus. Quand nous y serons parvenus, nous pourrons peut-être nous poser des questions. Mais, en réalité, nous n’aurons à rendre des comptes de notre gestion qu’au moment de paraître devant notre Dieu et Père, Juste Juge en même temps, et Rémunérateur. « Le potier n’est-il pas maître de l'argile pour faire de la même masse tel vase pour un usage noble et tel autre pour un usage profane ? » (Romains 9, 21). En effet, « de même que ce potier, ne puis-je pas ainsi vous traiter ? […] Oui, comme l’argile est dans les mains du potier, ainsi vous êtes dans ma main » (Jean 18, 6).La créature va-t-elle se rebeller contre son auteur ? (à suivre…)

Dons gratuits (2)

Dons gratuits (2)

Le moment venu de leur donner leur paye aux ouvriers de la vigne, « il dit à son intendant : ‘Appelle les ouvriers et règle leur salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.’ Ceux d’autour de la onzième heure vinrent et reçurent chacun un denier. Quand vinrent les premiers, ils crurent qu’ils recevraient davantage » (Matthieu 20, 8-10). Pourtant, ils auraient dû se rappeler sur quelle base ils s’étaient mis d’accord le matin, à la troisième heure.
En recevant, eux aussi, un denier – comme convenu, encore une fois – « ils murmuraient contre le propriétaire. ‘Ces derniers, disaient-ils, n’ont fait qu’une heure et tu les a traités comme nous qui avons supporté le poids du jour et de la chaleur » (Matthieu 20, 11-12), ce qui n’était sans doute pas négligeable. Mais pour que tort il y ait, il faudrait un acte qui lèse les droits des individus. Or, (lire la suite) « n’est-ce pas d’un denier que tu as convenu avec moi ? Prends ton dû et va-t-en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de ce qui est mien ? Ou as-tu l’œil envieux parce que je suis bon ? » (Matthieu 20, 13-15). Ici, le Seigneur donne la même rétribution à chacun, indépendamment du temps réellement passé à travailler, parce que cette parabole vise la récompense finale de la vie éternelle, qui sera identique pour tous ceux qui seront restés fidèles à Dieu, quel que soit le moment de leur vie où ils se sont attachés à lui, où ils se sont laissés embaucher à sa vigne. Mais pour y parvenir, il faut développer les talents reçus de Dieu et qui, eux, sont variés et divers selon chacun. C’est également l’enseignement qui ressort de la parabole des talents, appelés des mines chez saint Luc. « Un homme de haute naissance se rendit dans un pays lointain pour y recevoir la dignité royale et revenir ensuite. Appelant dix de ses serviteurs, il leur remit dix mines et leur dit : ‘Faites-les valoir jusqu’à mon retour’ » (Luc 19, 12-13). Étant enfin de retour, déjà investi de ses pouvoirs royaux, le souverain appelle ses serviteurs « auxquels il avait remis l’argent, pour savoir ce que chacun en avait retiré ». Le premier se présenta et dit : « Seigneur, ta mine a rapporté dix mines. » Le second vint et dit : « Ta mine, Seigneur, a produit cinq mines. » Puis l’autre vint et dit : « Seigneur, voici ta mine, que j’ai tenue serrée dans un linge, car j’avais peur de toi » (Luc 19, 15-21). Dans cet exemple, le maître donne la même somme au départ, montrant par là qu’il est libre d’agir comme il l’entend, et que ce n’est pas tellement la question de la quantité reçue qui compte, que la façon de la mettre en valeur, que le sérieux apporté à en tirer le meilleur profit possible, à effectuer le placement le plus rentable. Or, « y a-t-il affaire plus importante que celle de la vie éternelle ? » (saint Josémaria, Chemin, n° 235). (à suivre…)

lundi 29 octobre 2012

Dons gratuits (1)

Dons gratuits (1)

Une constante de la vie des enfants de Dieu est que c’est toujours Dieu qui prend l’initiative de venir à nous et de nous introduire dans son monde à lui. C’est lui qui appelle qui il veut et comme il l’entend. De sorte que « chacun tient de Dieu son don particulier, l’un d’une manière, l’autre d’une autre » (1 Corinthiens 7, 7). Il s’agit de dons variés. Tous ne reçoivent pas les mêmes, ni avec la même intensité. Cela dépend de la répartition opérée par Celui qui est le Maître souverain de l’univers et de qui proviennent tous les biens. « Ne vous y trompez pas, mes frères bien-aimés : tout don de racheté et tout cadeau parfait proviennent d’en haut, descendent du Père des lumières, qui ne connaît ni variation ni obscurcissement passager » (Jacques 1, 16-17), c’est-à-dire qui reste immuable dans ses desseins et décisions.
De fait, « c’est dans son libre vouloir qu’il nous a enfantés par la parole de vérité » (Jacques 1, 18), car (lire la suite) nous ne sommes pas « nés ni du sang, ni d’un vouloir charnel, ni d’un vouloir humain mais de Dieu » (Jean 1, 13), et ce, « pour que nous soyons comme les prémices de ses créatures » (Jacques 1, 18). Dieu ne répartit donc pas uniformément ses biens, donnés toujours « en vue du bien commun. À l’un, en effet, c’est le discours de sagesse qui est donné par l’Esprit ; à un autre, le discours de science, selon le même Esprit ; à un autre la foi dans le même Esprit ; à un autre, des dons de guérison dans cet unique Esprit ; à un autre, le pouvoir d’opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, diverses sortes de langues ; à un autre, l’interprétation des langues. Mais tout cela, c’est l’œuvre de l’unique et même Esprit, qui distribue ses dons à chacun en particulier selon son gré » (1 Corinthiens 12, 7-11). Il n’y a donc pas lieu de s’en étonner. Moins encore de s’en scandaliser, comme si un tel comportement de la part de Dieu pouvait être injuste à notre endroit. Car Dieu ne doit strictement rien et nous attribue par pure gratuité d’Amour exactement toutes les qualités qui sont à même de nous rendre pleinement heureux, dès notre séjour terrestre, dans l’attente de la béatitude paradisiaque. Notre Seigneur a entendu un jour nous faire comprendre l’absolue maîtrise de son Père sur tous les bienfaits qu’il nous accorde et sa liberté de décision à cet égard. Il s’agit de la parabole dite « des ouvriers de la onzième heure ». Un propriétaire a embauché tout au long de la journée des ouvriers pour aller travailler dans sa vigne, et il a convenu de leur salaire avec les premiers : un denier. (à suivre…)

samedi 27 octobre 2012

Un Dieu qui parle et écoute (2)

Un Dieu qui parle et écoute (2)

Enhardis par ces invitations réitérées, nous nous tournons vers lui avec confiance, et nous lui disons, dans notre prière : « Accueille, ô Seigneur, une juste requête, sois attentif à mon cri ; prête l’oreille à ma prière qui ne sort pas de lèvres hypocrites. […] Je t’invoque ; tu m’exauceras, ô Dieu ! Incline vers moi ton oreille, écoute ma parole » (Psaume 17, 1.6), ou, selon une autre traduction, « je t’appelle, toi le Dieu qui répond ». C’est bien cet aspect qui nous intéresse et que nous retenons ici.
Je ne crie pas en vain. Ma supplication n’est pas emportée par le vent brûlant du désert. Mais Dieu m’écoute et me répond, parce qu’il me tient en grande estime et que je suis constamment devant lui. « Alors que nous n’existions pas encore, nous étions déjà prévus, et nous étions déjà connus » de lui (lire la suite)(saint Augustin, Sermon 6, 3). Que sont pour l’homme les idoles qu’il s’est fabriquées ? Rien. Que peuvent-elles lui apporter ? Rien, si ce n’est une satisfaction illusoire qui relève de l’autosuggestion. Tandis que Dieu, le vrai Dieu, l’Unique, est notre Père. Une véritable relation peut donc s’établir avec lui, fondée sur des liens solides, des liens plus forts que ceux du sang. Où, plus précisément, scellés par le Sang versé par Dieu le Fils sur la Croix. Quand les 400 prophètes de Baal invoquèrent leur faux dieu, en se tailladant « selon leur coutume, avec des épées et des lances, jusqu’à l’effusion du sang » (1 Rois 18, 28), le prophète Élie a beau jeu de se moquer d’eux. « Criez plus fort, leur enjoint-il, car c’est un dieu : il a des soucis ou des affaires, ou bien il est en voyage ; peut-être il dort et il se réveillera ! » (1 Rois 18, 27). Le prophète manie l’ironie, car il sait à quoi s’en tenir. Ils ont beau s’époumoner et se blesser, ils n’obtiennent nulle réponse. Ils ne pouvaient pas en recevoir. Alors Élie, lui, va se faire écouter d’une manière magistrale, après avoir pris toutes sortes de précautions qui vont renforcer le caractère spectaculaire et irréfutable de l’intervention divine : « Il bâtit avec ces pierres un autel au nom du Seigneur ; puis, ayant fait autour de l'autel un fossé de la capacité de deux mesures de semence, il arrangea le bois, coupa le taureau par morceaux et le plaça sur le bois. Et il dit : « Remplissez d'eau quatre cruches, et versez-les sur l'holocauste et sur le bois. » Il dit : « Faites-le une seconde fois » ; et ils le firent une seconde fois. Il dit : « Faites le une troisième fois » ; et ils le firent une troisième fois. L'eau coula autour de l'autel, et il fit remplir aussi d'eau le fossé. […] Exauce-moi, Seigneur, exauce-moi ! Afin que ce peuple reconnaisse que toi, Seigneur, tu es Dieu, et que c'est toi qui ramène leur cœur en arrière. » Alors le feu du Seigneur tomba, et il consuma l'holocauste, le bois, les pierres et la terre, et absorba l'eau qui était dans le fossé » (1 Rois 18, 32-35). (fin)

vendredi 26 octobre 2012

Un Dieu qui parle et écoute (1)

Un Dieu qui parle et écoute (1)

Notre Dieu n’est pas un Dieu muet, à la différence des dieux que les hommes se sont fabriqués à eux-mêmes, mais auxquels ils n’ont pu donner ce qu’ils ne possèdent pas en propre. Ce sont des divinités qui ont une langue et qui ne parlent pas, car à quoi sert-il de leur mettre une langue de bois ou en pierre, si elle n’est pas animée ? « Leurs idoles sont de l'argent et de l'or, ouvrage de la main des hommes. Elles ont une bouche, et ne parlent point ; elles ont des yeux, et ne voient point. Elles ont des oreilles, et n'entendent point ; elles ont des narines, et ne sentent point. Elles ont des mains, et ne touchent point ; elles ont des pieds, et ne marchent point ; de leur gosier elles ne font entendre aucun son. Qu'ils leur ressemblent ceux qui les font, et quiconque se confie à elles ! » (Ps 115, 4-8).
Notre Dieu est d’un autre calibre, si je puis m’exprimer ainsi. C’est un Dieu auquel nous nous adressons (lire la suite) avec la ferme conviction, fondée sur l’expérience de plusieurs millénaires, qu’il nous écoute et qu’il nous répond. En effet, « après avoir, à plusieurs reprises et en diverses manières, parlé autrefois à nos pères par les Prophètes, Dieu, dans ces temps qui sont les derniers, nous a parlé par son Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses » (Hébreux 1, 1-2). Le Dieu des chrétiens est un Dieu qui parle, qui s’exprime. Et sa Parole a une puissance créatrice. « Dieu dit : « Que la lumière soit ! » et la lumière fut. […] « Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. » Et il en fut ainsi » (Genèse 1, 6.9). Cette Parole retentit tout au long de l’histoire. Jésus dit au paralytique – nous sommes donc à Capharnaüm – « lève-toi, prends ton lit, et va-t-en chez toi. Il se leva, et s’en alla dans sa maison » (Matthieu 9, 6-7). Nous n’avons pas affaire à une parole creuse ou vaine, comme il s’en échange tant entre les hommes. C’est une parole qui porte, agissante, efficace. Il en va ainsi parce que Dieu est Tout-Puissant et qu’il est le maître du ciel et de la terre, qu’il a créés et qu’il maintient dans l’existence. Notre Dieu est un Dieu qui attend que nous nous adressions à lui, que nous formulions nos demandes, empressé qu’il est de nous venir en aide, selon son « temps » à lui. Il ne cesse de nous dire : « Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et l'on ouvrira à qui frappe » (Matthieu 7, 7-8). (à suivre…)

mardi 23 octobre 2012

Unions homosexuels

Unions homosexuels

Voir sur les unions entre personnes homosexuelles la position de l'Eglise.

lundi 22 octobre 2012

Mariage homosexuel et adoption

Mariage homosexuel et adoption

10 BONNES RAISONS DE NE LÉGALISER NI LE MARIAGE ENTRE PERSONNES DU MÊME SEXE, NI L’ADOPTION PAR DES PARTENAIRES DE MÊME SEXE Certains affirment que notre législation actuelle du mariage et de l’adoption serait liée à une conception religieuse de la société. On notera qu’en fait, aucun des arguments ici énumérés n’a de connotation religieuse. En revanche, on voit que s’affrontent une vision strictement individualiste et une approche sociale. 1. Le mariage : une forme de vie précise mais pas exclusive Le mariage est une forme particulière de vie commune. C’est le nom et l’institution juridique correspondant à l’engagement durable d’un homme et d’une femme qui souhaitent fonder une famille. Mais le mariage n’est pas un modèle universel. Il y a des célibataires, des concubins. Respecter vraiment les personnes homosexuelles, c’est les respecter aussi dans le fait de ne pas se plier au seul modèle du mariage, présenté ou perçu comme universel ou dominant. 2. Le mariage n’est pas la reconnaissance publique des sentiments (lire la suite) C’est se tromper sur la nature et la définition du mariage que de le considérer comme la reconnaissance sociale de l’amour, à laquelle pourraient aspirer tous ceux qui s’aiment sincèrement. On ne voit pas bien d’ailleurs l’utilité et la légitimité de la reconnaissance par les pouvoirs publics d’une relation amoureuse, la réalité la plus intime qui soit. Le mariage est en fait l’inscription de la filiation dans une institution stable, notamment pour protéger la mère (matri-monium) : il est en effet présumé que l’enfant d’une femme mariée a son mari pour père, avec les droits et les devoirs qui en découlent. 3. Le statut économique du mariage est lié à sa fonction sociale Si le mariage est perçu comme un modèle attractif, c’est en particulier en raison des facilités économiques qui y sont liées. Mais celles-ci ne sont justifiées que par le soutien que la société estime devoir apporter à ceux qui contribuent à son renouvellement par la transmission de la vie et le travail éducatif. Il ne s’agit pas d’une « niche » fiscale et sociale, mais d’une prise en compte de l’apport spécifique de ce mode de vie à l’effort collectif. Détachées de cette justification, les contours économiques du mariage n’ont plus de raison d’être. Les célibataires devraient alors avoir exactement les mêmes droits que les « mariés ». 4. Le mariage entre personnes de même sexe entraînerait en fait la fin du mariage civil L’orientation sexuelle n’a pas l’objectivité de l’identité sexuelle. L’expérience prouve qu’elle peut changer au cours de la vie et elle n’apparaît pas sur les cartes d’identité. Compte tenu de l’extrême souplesse de fait des obligations juridiques liées au mariage, rien n’empêcherait le cas échéant que deux hommes ou deux femmes totalement hétérosexuels se « marient » pour des raisons fiscales ou en vue d’un « regroupement » professionnel… Le mariage ne serait plus en réalité qu’une association contractuelle d’intérêts privés. On ne serait donc pas passé du PACS au mariage mais on aurait résorbé le mariage, institution sociale, dans le PACS, contrat privé. L’ouverture du mariage aux partenaires de même sexe reviendrait finalement à supprimer le mariage civil. 5. Conséquences logiques d’une déstructuration du mariage Pourquoi le mariage unit-il deux personnes ? Parce qu’il s’agit d’un homme et d’une femme, en vue notamment de la procréation. Si l’on sort de ce modèle, pourquoi limiter à deux le nombre de partenaires ? C’est ainsi qu’un mariage à trois a été célébré au Danemark récemment. Dans le contexte français, la polygamie est devenue une question sociale sensible. Elle fait partie de l’expérience culturelle de certaines populations immigrées. Mais elle est aussi paradoxalement, certes sous une forme non juridique, le mode de vie assumé d’une frange de la population qui revendique ce droit aux partenaires multiples et simultanés. Le cas échéant, quels seraient donc les arguments probants qui permettraient de restreindre les ouvertures d’un « mariage » désormais détaché de son lien objectif avec la procréation ? Se posent d’ailleurs non seulement la question des partenaires multiples mais aussi celle des relations intrafamiliales ou intergénérationnelles. 6. Le mariage entre personnes de même sexe aggraverait le communautarisme Le tout nouveau « code de la laïcité et de la liberté religieuse » justifie l’obligation de ne marier religieusement que ceux qui se sont mariés civilement par un souci d’ « intégration dans l’espace public ». Si le mariage civil devenait totalement équivoque par rapport à ce que l’ensemble des religions entendent par mariage, cette lourde obligation du code pénal leur deviendrait inacceptable et elles demanderaient vraisemblablement sa suppression. Dans le contexte sensible de la montée des communautarismes en France, il y aurait là un facteur de désintégration sociale. 7. Privilégier les droits « de » l’enfant plutôt que le droit « à » l’enfant L’adoption consiste fondamentalement à donner des parents à des enfants qui en sont dépourvus et non l’inverse. Ce qui est premier dans ce processus n’est donc pas le désir des parents mais le besoin des enfants. Faire en sorte que leurs parents adoptifs remplacent au plus près leurs parents biologiques est donc une priorité. 8. L’adoption par les célibataires : un faux argument La possibilité de l’adoption par des célibataires remonte aux lendemains de la guerre et s’explique au départ par un déficit de partenaires masculins pour les femmes et par une recrudescence du nombre des orphelins. On dira aujourd’hui que permettre l’adoption par le partenaire de même sexe d’un parent adoptif, c’est « sortir de l’hypocrisie ». En réalité, même si un parent adoptif a un partenaire de même sexe, le désigner comme un deuxième père ou une deuxième mère ne correspond pas à la réalité et constitue donc un mensonge. Il peut être légitime et opératoire en revanche d’établir un dispositif circonscrit de « délégation de l’autorité parentale pour les actes de la vie courante ». 9. Le mariage entre personnes de même sexe fragiliserait l’adoption internationale On dira souvent qu’il vaut mieux qu’un enfant soit adopté par des partenaires de même sexe plutôt que de ne pas être adopté de tout. Chacun sait qu’en réalité cette question ne se pose pas puisque le nombre d’enfants adoptables est moins important que les demandes de parents adoptifs. En revanche, comme l’évoque un film récent, un certain nombre de pays refusent que leurs ressortissants soient adoptés par des parents provenant de pays où l’adoption par des partenaires de même sexe est autorisée. S’il y avait une légalisation en France, un grand nombre de pays interrompraient l’adoption internationale vers notre pays, ce qui diminuerait considérablement les possibilités d’adoption pour les familles françaises. 10. Le recours à la GPA largement identifié comme une atteinte à la dignité des femmes L’aide médicale à la procréation peut sembler changer les règles de la parenté. Mais qu’on le veuille ou non, tout enfant, même s’il est né grâce à une insémination artificielle ou une fécondation in vitro, n’a pas deux pères ou deux mères : il a un père et une mère biologiques. Certains hommes vivant avec un partenaire de même sexe souhaiteraient, pour adopter des enfants, recourir à la gestation pour autrui. Celle-ci est actuellement rejetée et par la majorité (position du Gouvernement pendant la révision de la loi de bioéthique) et par l’opposition (vote du Conseil National du PS en décembre 2010) comme gravement attentatoire à la dignité des femmes. La coïncidence des revendications appelle en retour une cohérence du discernement. P. Matthieu Rougé

dimanche 21 octobre 2012

Écouter la Parole de Dieu (4)

Écouter la Parole de Dieu (4)

Nous voyons donc à quel point il nous est profitable de lire et de méditer la Sainte Écriture, de revenir sans cesse aux textes sacrés dans lesquels Dieu se fait connaître à nous en même temps qu’il nous révèle son plan amoureux de salut et ses desseins éternels à notre égard, qui sont des pensées de paix et non d’affliction, « afin de vous donner un avenir et une espérance » (Jérémie 29, 11). Par sa Parole, Dieu pénètre dans notre esprit et nous apprend à réfléchir correctement, c’est-à-dire en pensant à la gloire de Dieu et à l’éternité du ciel, donc en aspirant aux biens véritables, les « choses d’en-haut, non celles de la terre » (Colossiens 3, 2). Par l’Eucharistie, il établit sa demeure dans notre âme. Dans l’un et l’autre cas, (lire la suite) c’est l’Esprit Saint qui se charge de nous enseigner tout (cf. Jean 14, 26) et de nous guider sur la voie de la sainteté. « Nous découvrons que nous sommes, nous aussi, appelés à entrer dans le Mystère de la foi par laquelle le Christ vient demeurer dans notre vie. Chaque chrétien qui croit, nous rappelle saint Ambroise, conçoit et engendre en un certain sens le Verbe de Dieu en lui-même : s’il n’y a qu’une seule Mère du Christ selon la chair, en revanche, selon la foi, le Christ est le fruit de tous (cf. saint Ambroise, Expositio Evangelii secundum Lucam 2, 12 ; PL 15, 1559-1560). Donc ce qui est arrivé à Marie peut arriver à chacun de nous, chaque jour, dans l’écoute de la Parole et la célébration des sacrements » (Benoît XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, 30 septembre 2010, n° 28).
Ne nous privons pas d’un tel trésor. Faisons-en notre miel quotidien, nous nous trouverons dans un pays où coulent le lait et le miel » (Exode 3, 8) et notre vie acquerra la douceur des choses de Dieu, qui remplissent l’âme de paix et de joie. (fin)

samedi 20 octobre 2012

Écouter la Parole de Dieu (3)

Écouter la Parole de Dieu (3)

Et pourtant cette Parole est vivante et source de vie pour nous. Jésus-Christ redit : « Ceci est mon corps, livré pour vous ; faites ceci en souvenir de moi. […] Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites cela, chaque fois que vous la boirez, en mémoire de moi » (1 Corinthiens 11, 24-25). Et au prononcé de ces paroles, tout au long des siècles et partout dans le monde, le pain et le vin deviennent vraiment le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus-Christ. En effet, dans le très saint-sacrement de l’Eucharistie sont « contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l’âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et, par conséquent, le Christ tout entier » (concile de Trente). Autrement dit, « c’est par la conversion du pain et du vin au Corps et au Sang du Christ que le Christ devient présent dans ce sacrement » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1375).
(lire la suite) Qu’elle est bien différente la condition de celui qui écoute la Parole de Dieu et qui la met en pratique par rapport à celui qui la rejette ! « Dites au juste qu’il est heureux, car il mangera le fruit de ses œuvres » (Isaïe 3, 10), car, assurément, « ses œuvres [le] suivent » (Apocalypse 14, 13). « Ainsi donc, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, vous adonnant toujours de plus en plus à l’œuvre du Seigneur, avec la conviction que votre labeur dans le Seigneur n’est pas vain » (1 Corinthiens 15, 58), « à une condition toutefois : c’est que vous demeuriez sur la base solide et ferme de la foi, sans vous laisser départir de l’espérance née de l’Évangile reçu par vous » (Colossiens 1, 23). « Alors la gloire du Seigneur se révélera, et toute chair, pareillement, le verra » (Isaïe 40, 5). Nous verrons Dieu tel qu’il est, « face à face ; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme je suis connu » (1 Corinthiens 13, 12). Mais nous le voyons déjà ici-bas. « Qui m’a vu a vu le Père » (Jean14, 9). Nous le voyons. Nous l’écoutons. Nous nous nourrissons de lui, dans le Pain et la Parole. « La chair du Seigneur est une vraie nourriture et son sang est une vraie boisson ; ce vrai bien qui nous est réservé dans la vie présente, consiste à manger sa chair et à boire son sang, non seulement dans l’Eucharistie, mais aussi dans la lecture de la Sainte Écriture. En effet, la Parole de Dieu, puisée dans la connaissance des Écritures, est une vraie nourriture et une vraie boisson » (saint Jérôme, Commentarius in Ecclesiasten 313 ; CCL 72, 278) » (cité par Benoît XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, 30 septembre 2010, n° 54). (à suivre…)

vendredi 19 octobre 2012

Écouter la Parole de Dieu (2)

Écouter la Parole de Dieu (2)

Dieu ne s’était pas contenté de nous avertir une fois pour toutes. Non. Il ne nous a pas abandonnés. « Depuis le jour où vos pères sont sortis d’Égypte jusqu’à ce jour, je vous ai envoyé tous mes serviteurs les prophètes, les envoyant chaque jour dès le matin » (Jérémie 7, 25). Notre Dieu a agi de la sorte, « car il avait compassion de son peuple et de sa demeure » (2 Chroniques 36, 15). Mais comment avons-nous réagi ? Comment nous comportons-nous en présence de l’annonce de la Parole de Dieu ? « Ils se moquèrent des envoyés de Dieu, ils méprisèrent ses paroles et se raillèrent de ses prophètes » (2 Chroniques 36, 16). « Leur pays est rempli d’idoles ; ils se prosternent devant l’ouvrage de leurs mains, (lire la suite) devant ce que leurs doigts ont fabriqué (Isaïe 2, 8), tentation qui n’est donc pas nouvelle, et que le pape Benoît XVI a évoquée lors de sa visite pastorale à Paris : « Cet appel à fuir les idoles reste pertinent aujourd'hui. Le monde contemporain ne s'est-il pas créé ses propres idoles ? N'a-t-il pas imité, peut-être à son insu, les païens de l'Antiquité, en détournant l'homme de sa fin véritable, du bonheur de vivre éternellement avec Dieu ? C'est là une question que tout homme, honnête avec lui-même, ne peut que se poser. Qu'est-ce qui est important dans ma vie ? Qu'est-ce que je mets à la première place ? […]n'est-ce pas une tentation propre à notre époque, la seule sur laquelle nous puissions agir efficacement ? Tentation d'idolâtrer un passé qui n'existe plus, en oubliant ses carences, tentation d'idolâtrer un avenir qui n'existe pas encore, en croyant que, par ses seules forces, l'homme réalisera le bonheur éternel sur la terre ! » (Homélie aux Invalides, 13 septembre 2008).
« L’Écriture Sainte nous montre comment le péché de l’homme est essentiellement désobéissance et ‘non-écoute’ » (Benoît XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, 30 septembre 2010, n° 28). Quand l’homme ne veut pas entendre Dieu qui lui parle, il se ferme à la transcendance, obscurcit sa conscience et finit par ne plus avoir de repère sûr, au point de confondre coupablement le bien et le mal. C’est pourquoi Jésus a révélé à sainte Thérèse d’Avila que « tout le mal du monde provient de l’absence de connaissance claire des vérités de l’Écriture Sainte » (Vie 40, 1). C’est bien à regret que le Seigneur dit cela. Sans acrimonie, mais avec amertume. Le Cœur de notre Seigneur, qui aime plus qu’aucun autre, est meurtri de cette indifférence. Car, il nous aime jusqu’au bout (cf. Jean 13, 1). C’est un reproche doux et affectueux, le regret de ne pas être entendu, malgré tous les soins paternels et maternels qu’il n’a cessé et qu’il ne cesse de nous prodiguer. Malheureusement cette Parole, qui est « esprit et vie » (Jean 6, 63), qu’il nous adresse sans discontinuer est souvent la « voix de celui qui crie dans le désert » (Matthieu 3, 3). Dieu nous a ouvert son Cœur (cf. Jean 19, 34) et nous restons insensibles, nous faisons ceux qui ne se sentent pas concernés. (à suivre…)

jeudi 18 octobre 2012

Écouter la Parole de Dieu (1)

Écouter la Parole de Dieu (1)

Le péché apparaît comme « non-écoute de la Parole, comme rupture de l’Alliance » (Benoît XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, 30 septembre 2010, n° 26). En effet, Dieu avait fait toutes sortes de promesses à ceux qui l’écouteraient et suivraient ses ordonnances. Il s’était adressé à son peuple, et il nous redit à chacun d’entre nous : « Si tu obéis exactement à la voix du Seigneur, ton Dieu, en observant et en pratiquant tous ses commandements que je te donne aujourd’hui, le Seigneur, ton Dieu, te rendra supérieur à toutes les nations de la terre. Voici les bénédictions qui viendront sur toi et que tu recevras, si tu obéis à la voix du Seigneur, ton Dieu » (Deutéronome 28, 1-2). Suit une longue énumération des bienfaits que nous pouvons escompter de la bienveillance divine (cf. Deutéronome 28, 3-14). En même temps, Dieu nous met en garde et nous prévient contre la tentation de l’infidélité : (lire la suite) « Mais si tu n’écoutes pas la voix du Seigneur, ton Dieu, pour observer et pratiquer tous ses commandements et toutes ses lois que je te commande aujourd’hui, voici toutes les malédictions qui viendront sur toi et qui te frapperont » (Deutéronome 28, 15). La liste qui en donne le détail est encore plus impressionnante (cf. Deutéronome 28, 16-44).
Et le Tout-Puissant précise encore que « toutes ces malédictions viendront sur toi, et elles te poursuivront et te saisiront, jusqu’à ce que tu sois anéanti, parce que tu n’auras pas écouté la voix du Seigneur, ton Dieu, en gardant ses lois et ses commandements, qu’il t’a commandés » (Deutéronome 28, 45). Nous sommes ici dans le domaine de l’hypothèse. Hélas ! si Dieu avait tenu à le relever, c’est parce qu’il savait à l’avance que son peuple pourrait s’écarter de lui, passer aux actes. Il voulait le mettre en garde, en étant très précis quant aux conséquences du péché. Nul ne pourra prétendre qu’il n’a pas été averti ni qu’il est puni par surprise. « C’est uniquement ce commandement que je leur ai prescrit [à vos pères] : Écoutez ma voix et je deviendrai votre Dieu, et vous, vous deviendrez mon peuple ; vous suivrez toutes les voies que je vous prescrirai, afin que vous soyez heureux » (Jérémie 7, 23). Nous sentons combien Dieu se réjouit par avance du bien qu’il entend nous faire et de toutes les faveurs dont il veut nous combler, principalement dans le domaine spirituel. Mais voilà, le constat s’impose, et cette fois-ci nous sommes dans le réel, dans le concret. « Ils n’ont pas écouté, et ils n’ont pas prêté l’oreille, et ils sont suivi leurs desseins, dans l’opiniâtreté de leur cœur mauvais ; ils se sont détournés, au lieu de venir vers moi » (Jérémie 7, 24). Faut-il être stupide pour repousser notre Dieu et jeter par-dessus bord tous les cadeaux de sa magnificence ? C’est une attitude suicidaire puisqu’elle conduit à la mort annoncée, à moins d’un sursaut et d’une conversion sincère et profonde, toujours possible à l’aide de la grâce, Dieu merci. (à suivre…)