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mercredi 6 janvier 2010

Le feu du ciel (1)

Le feu du ciel (1)

« Comme se faisait proche le jour où il allait être enlevé de ce monde, il prit résolument la direction de Jérusalem, et il envoya des messagers en avant. Étant partis, ils entrèrent dans un bourg des Samaritains pour lui préprer le gîte ; mais on ne l'y reçut pas, parce qu'il faisait route vers Jérusalem » (Luc 9, 51-53). Pour aller de Galilée à Jérusalem, il fallait nécessairement traverser la Samarie, si l'on ne voulait pas faire un grand détour qui, outre d'être fatigant, aurait retardé le jour de l'arrivée dans la Ville Sainte. (lire la suite)
« Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous disions que le feu descende du ciel et les consume ? » Mais, se retournant, il les reprit vertement. Et ils partirent pour un autre bourg » (Luc 9, 54-56). Jésus n'aurait pas laissé ses apôtres commander au feu du ciel de détruire un village en Israël. Il le leur interdit aussi pour un village d'hérétiques. Il est venu sauver, non perdre (cf. Jean 12, 47).
Jacques et Jean sont remplis de zèle pour Dieu. On les comprend : la vie avec Jésus-Christ est enthousiasmante et enflamme le cœur pour les affaires de Dieu, « le zèle pour ta maison m'a consumé » (Psaume 69, 10). Il n'y a pas bien longtemps de cela, Jésus avait envoyé les Douze en leur conférant « plein pouvoir sur tous les démons, ainsi que le don de guérir les maladies. Et il les envoya proclamer la venue du royaume de Dieu et opérer des guérisons » (Luc 9, 1-2).
Il les a dépêchés pour préparer sa propre venue dans la contrée, en faisant le bien, en abondance, non le mal. En se mettant au service des populations, non en les anéantissant. Faire le bien, faire du bien aux autres est le propre d'un homme de Dieu, la marque distinctive de sa condition d'envoyé de Dieu. C'est d'ailleurs ce que les foules disent à juste titre de Jésus : « Il a tout fait à la perfection » (Marc 7, 37). Mais c'est le fruit de leur expérience quotidienne.
Les apôtres ont constaté que le pouvoir de Dieu s'exerçait bien par leur intermédiaire, ils ont réalisé des miracles, chassé des démons, comme le Seigneur. Ils se sentent forts maintenant, capables de n'importe quoi. Mais ils oublient que cette puissance n'est pas à eux, mais qu'elle leur est prêtée : « Qu'as-tu que tu ne l'aies reçu ? » (1 Corinthiens 4, 7).
C'est pourquoi face à ce village de Samarie dont les autorités refusent d'accueillir le Maître et ceux qui l'accompagnent, au mépris des lois les plus élémentaires de l'hospitalité, et en outre font un affront au Fils de Dieu, ils sont prêts à intervenir avec vigueur.

(à suivre...)

mardi 5 janvier 2010

Le testament de Jésus et son codicille

Le testament de Jésus et son codicille

« Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. C'est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jean 13, 34-35). Ce « commandement nouveau » que Jésus confie à ses apôtres peu avant de prendre congé d'eux pour nous aimer « jusqu'au bout » (Jean 13, 1), est souvent qualifié de « testament de Jésus ». C'en est manifestement un. D'autant que Jésus s'est attaché plus d'une fois à nous faire saisir que tout ce que renferment la Loi et les prophètes se résume au commandement de l'Amour : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. (lire la suite) C'est là le plus grand commandement et le premier. Mais un second lui est égal : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. C'est sur ces deux commandements que reposent toute la Loi et aussi les Prophètes » (Matthieu 22, 36-40).
Mais comment pourrions-nous pratiquer ce commandement si Jésus ne nous venait pas en aide ? Seuls, nous en sommes bien incapables. Il suffit d'examiner notre conduite et, plus encore, de regarder comment les gens vivent leurs relations quotidiennes, qui sont souvent conflictuelles, heurtées, pour en être convaincus.
C'est pourquoi Jésus ajoute un codicille à ce testament. Il est déjà cloué au gibet de la Croix, sur le point d'expirer. Mais il trouve encore la force de regarder sa Mère, qui se tenait là, à ses pieds, « et auprès d'elle, le disciple qu'il aimait, et de dire à sa Mère : « Femme, voici ton fils. » Puis de dire au disciple : « Voici la Mère » (Jean 19, 26-27). « Le Seigneur la donne comme Mère au disciple bien-aimé et, en lui, à nous tous. À chaque époque, les chrétiens ont entendu avec gratitude ce testament de Jésus et, auprès de la Mère, ont toujours trouvé à nouveau cette sécurité et cette espérance réconfortante, qui nous rend heureux en Dieu et joyeux dans notre foi en lui » (Benoît XVI, Homélie à Ratisbonne, 12 septembre 2006).
L'âme est heureuse et en paix, en effet, quand elle aime et prie. « Il est nécessaire, pour la vie des personnes comme pour la coexistence sereine et pacifique de tous, de considérer Dieu comme le centre de notre vie personnelle » (Benoît XVI, Angélus, 10 septembre 2006). Or, « Dieu est Amour » (1 Jean 4, 16). Que Dieu soit le centre de notre existence signifie aimer Dieu, tâcher au moins d'aimer Dieu par-dessus tout, comme il nous a aimés, de rechercher la compagnie de Dieu par Marie, qui a fait, et continue de faire éternellement l'expérience de l'Amour de Dieu.
« À partir de ce moment, le disciple la prit chez lui » (Jean 19, 27). La vie de Jean et de Marie est indissociable. La vie du disciple ne peut être séparée de celle de la Mère. « Nous accueillons nous autres Marie comme l'étoile de notre vie qui nous introduit dans la grande famille de Dieu. Oui, celui qui croit n'est jamais seul » (Benoît XVI, Homélie, 12 septembre 2006). Celui qui aime n'est jamais seul. Parce que l'Amour s'identifie à Dieu et que Dieu est tri-Personnel.

lundi 4 janvier 2010

Les jeunes et l'internet

Les jeunes et l'internet


Le pape Benoît XVI propose comme intention de prière pour le mois de janvier : « Pour que les jeunes sachent utiliser les moyens modernes de communication sociale pour leur croissance personnelle et pour mieux se préparer à servir la société ».
Il avait déjà attiré l'attention des jeunes sur l'emploi de l'intenet et l'amitié.

dimanche 3 janvier 2010

Arret sur christianisme (42)


Arrêts sur christianisme (42)


L'amour divin, incarné dans le Christ, est la loi fondamentale et universelle de la création. Cela doit être entendu non au sens poétique, mais réel. C'est ainsi que l'entendait du reste Dante lui-même, lorsque, dans le vers sublime qui conclut le Paradis et toute la Divine Comédie, il définit Dieu comme "l'amor che move il sole e l'altre stelle", l'amour qui meut le soleil et les autres étoiles (Paradis, XXXIII, 145). Cela signifie que les étoiles, les planètes, l'univers tout entier ne sont pas gouvernés par une force aveugle, ils n'obéissent pas aux dynamiques de la seule matière. (lire la suite) Ce ne sont donc pas les éléments cosmiques qui doivent être divinisés, mais, bien au contraire, en toute chose et au-dessus de toute chose, il y a une volonté personnelle, l'Esprit de Dieu, qui dans le Christ s'est révélé comme Amour (cf. enc. Spe salvi, n. 5). S'il en est ainsi, alors les hommes - comme l'écrit saint Paul aux Colossiens - ne sont pas esclaves des "éléments du monde" (cf. Col 2, 8), mais sont libres, c'est-à-dire capables d'entrer en relation avec la liberté créatrice de Dieu. Celui-ci est à l'origine de toute chose et gouverne toute chose non à la manière d'un moteur froid et anonyme, mais comme Père, Époux, Ami, Frère, comme Logos, "Parole-Raison" qui s'est unie à notre chair mortelle une fois pour toutes et a partagé pleinement notre condition, en manifestant la puissance surabondante de sa grâce. Il y a donc dans le christianisme, une conception cosmologique particulière, qui a trouvé dans la philosophie et dans la théologie médiévales de très hautes expressions. Celle-ci, même à notre époque, donne des signes intéressants d'une nouvelle floraison, grâce à la passion et à la foi d'un grand nombre de scientifiques qui - sur les traces de Galilée - ne renoncent ni à la raison ni à la foi, et les mettent en revanche pleinement en valeur toutes les deux, dans leur fécondité réciproque.

Benoît XVI, Homélie, 6 janvier 2009.

samedi 2 janvier 2010

L'athéisme : une incohérence

L'athéisme : une incohérence

Certains font profession d'athéisme. C'est même plutôt bien vu dans nombre de milieux. Être catholique apparaît ringard. Être athée fait « moderne ». De fait, la négation de Dieu et le combat pour exclure toute référence à Dieu dans la société et dans ses institutions sont des phénomènes récents et essentiellement limités au monde occidental (et nanti).
L'on ne voit pas, ou l'on ne veut pas voir, que l'athéisme militant, actif, est une contradiction, une attitude fondamentalement incohérente. (lire la suite) L'on dira en s'en gargarisant, comme Gagarine, le premier cosmonaute : « Je n'ai pas rencontré Dieu dans l'espace. » La science, l'expérience ne nous dient rien d'un Dieu éventuel. Par suite, il n'existe pas. Il est une vue de l'esprit, une infantilisation de l'homme. Ce raisonnement pèche par incohérence, dis-je, car Dieu ne saurait être l'objet d'une connaissance scientifique.
C'est Dieu qui se fait connaître librement et gratuitement à qui il veut et qui meut dans le cœur de l'homme pour qu'il veuille bien l'accueillir. Dire que si Dieu existe, l'homme n'est pas libre et, partant, que l'idée même de Dieu est un obstacle à l'épanouissement de l'homme, fait partie de cette incohérence de l'athée. C'est aussi un sophisme. Et une contre-vérité. Car c'est la dépendance de la créature vis-à-vis de dieu qui fonde sa liberté et son autonomie.
Nos athées feraient bien de réfléchir aux expériences récentes de gouvernements athées, et totalitaires, que sont le communisme et le nazisme. Elles ont abouti à des dénis constants et massifs de liberté, à des atteintes inouïes et jamais égalées de la dignité de l'homme, et ont causé des dizaines de millions de morts, sans compter les conséquences dont le monde subit le contre-coup. Ce n'est pas vraiment le modèle dont nos sociétés ont besoin.

jeudi 31 décembre 2009

Les fouilles de Nazareth

Les fouilles de Nazareth


Si vous voulez en savoir davantage sur les magnifiques découvertes archéologiques effectuées ces derniers temps à Nazareth, cliquez sur ce lien.

mercredi 30 décembre 2009

Action de grâces (22)

Action de grâces (22)

Ô bon Jésus, Toi qui viens de descendre dans mon âme — pourtant bien indigne de Te recevoir — « crée pour moi un cœur pur et donne-moi un esprit nouveau et ferme » (Ps 51, 12), ôte de ma chair le cœur de pierre qui m’empêche de t’aimer comme je le devrais, comme je le pourrais en fait, et remplace-le par un cœur de chair, et fais en sorte qu’il soit habité par ton Esprit.
Que le feu de son Amour — qui n’est autre que ton Amour et celui du Père, l’un pour l’autre, l’un dans l’autre — que le feu de l’Esprit brûle mes misères, mes innombrables misères, qu’il les brûle toutes. Qu’il n’en reste plus aucune. Qu’elles ne laissent aucune trace.
Car c’est toi que je veux aimer, de tout mon cœur. De ce cœur rajeuni par ton Esprit, renouvelé par ton Amour, rendu fort en Toi. (lire la suite) Je veux t’aimer de tout mon cœur, de toutes mes forces, de toute mon âme et de tout mon esprit. Et ce, chaque mois, chaque jour, chaque heure, chaque seconde, en tout et partout.
Mais hélas, malgré ces bons désirs, que tu mets toi-même dans mon âme, mon cœur est bien souvent mesquin et ingrat. Ah ! Seigneur, donne-moi un cœur nouveau. Apprends-moi à aimer comme toi-même tu nous as aimés et tu nous aimes. Et donne-moi l’Amour avec lequel tu veux que je t’aime.
Que ton Esprit me change et me réforme pour que j’aime sans détour la Très Sainte Trinité, la Vierge Marie, ma Mère si douce et si bonne, saint Joseph, mon père et seigneur, mes bonnes amies les âmes du purgatoire, et tous les hommes, car c’est pour nous que tu as versé ton Sang sur la Croix.
Quel « banquet précieux et stupéfiant, qui apporte le salut et qui est rempli de douceur ! Peut-il y avoir rien de plus précieux que ce banquet où l’on ne nous propose plus, comme dans l’ancienne Loi, de manger la chair des veaux et des boucs, mais le Christ qui est vraiment Dieu ? Y a-t-il rien de plus admirable que ce sacrement ? » (st Thomas d’Aquin, opuscule 57 en la fête du Saint-Sacrement).
Je me suis abreuvé à la fontaine de vie. Ô doux Jésus, aide-moi à passer cette journée uni au pape, à tous mes frères et à toutes mes sœurs, payant de ma personne et me dépensant joyeusement pour servir les âmes. J’ai confiance que toi, tu t’occuperas de la mienne.

mardi 29 décembre 2009

L'aller-retour du Christ

L'aller-retour du Christ

« Je suis venu de chez le Père », de chez mon Père, « pour arriver dans le monde » (Jean 16, 28), pour m'y rendre réellement présent et, de même que je suis « un de la Trinité », être « un de l'humanité », goûter de l'humaine nature, telle que nous l'avons créée à nous trois à l'origine, dans son état d'innocence, de pureté et de joie. « Maintenant, je quitte le monde pour revenir vers le Père » (Jean 16, 28). « Mon heure » qui n'était pas encore venue quand Marie m'a demandé d'intervenir à Cana - elle m'a arraché un premier miracle (Jean 2, 11), mais comment aurai-je pu le lui refuser, à elle qui ne pense qu'aux autres, qu'à leur rendre la vie aimable, à prévenir leurs besoins... Mon heure n'avait pas non plus sonné quand mes concitoyens de Nazareth ont voulu me jeter dans le précipice et que moi, je suis passé au milieu d'eux et m'en suis allé (Luc 4, 28-30). (lire la suite) Mais maintenant, la voici. Et c'est l'heure du prince des ténèbres (cf. Luc 22, 53).
Il n'a pas compris ce que je lui ai dit : « Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu » (Luc 4, 12). Il est trop aveuglé par son orgueil et son autosuffisance pour avoir percé le sens de mes mots. Il ne les a probablement même pas entendus. Il est trop occupé à ne penser qu'au mal qu'il pourrait faire et à s'écouter lui-même...
Je remonte auprès de monPère. Mais je reviendrai de la même manière que vous me verrez monter au ciel (Actes 1, 11). En attendant, c'est notre Esprit commun , au Père et à moi, qui viendra à vous, lui « l'Esprit de Vérité », et il « rendra témoignage de moi » (Jean 15, 26).
Voyez, « je ne vous laisse pas orphelins » ,Jean 14, 18). Mon Père et moi nous sommes toujours actifs (Jean 5, 17). « Il y a un mouvement circulaire : Dieu ne s'arrête jamais dans le monde ; Dieu vient dans le monde pour racheter ses créatures captives du monde, pour les ramener de ce monde à l'intérieur de lui-même » (D.-J. Lallement, Dociles à l'Esprit qui scrute les profondeurs de Dieu, Paris, 1996, p. 193).
« Je m'en vais vous préparer la place » (Jean 14, 2) qui vous revient auprès de mon Père. « Et quand je m'en serai allé et que je vous aurai préparé la place, je vous prendrai auprès de moi, afin que là où je serai, vous soyez vous aussi » (Jean 14, 3). Telle est ma Volonté. C'est ce que me dicte mon Amour. C'est la Parole de consolation que je vous livre pour que votre tristesse se change en joie (cf. Jean 16, 20).
C'est un mouvement circulaire assurément. Tout ce qui vient du Père doit retourner à Lui. Moi le premier. Si je suis venu dans le monde, c'est pour vous prendre avec moi, vous charger sur mes épaules, et vous faire franchir l'abîme de la mort qui, autrement, est un abîme sans fond entre vous et le Père. Je vous amène avec moi, en moi. Car, ce que j'ai demandé à mon Père s'accomplira : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que c'est toi qui m'as envoyé » (Jean 17, 21).

lundi 28 décembre 2009

Jésus-Christ vrai Homme

Jésus-Christ vrai Homme

Le Christ, parce qu'il n'est pas un homme quelconque parmi les hommes, mais le Fils de Dieu fait homme, loin d'être comme enfermé, ainsi que nous le sommes tous, par sa personnalité dans les limites de son individualité particulière, limites spatiales et temporelles, se trouve, du fait de sa personnalité divine, ouvert à tout l'humain.
On trouve en lui non pas quelque impensable humanité générale, qui ne serait celle d'aucun homme, mais l'humanité commune de tous les hommes récapitulée, pour emprunter sa formule à saint Irénée commentant l'épître aux Éphésiens, dans cette pers « commune » s'il en est qui est la sienne, (lire la suite) comme le dit Léonce. Il est l'un d'entre nous, dans doute, mais il ne l'est pas par opposition avec nous tous, dans une contre-distinction qui le ferait autre que chacun de nous, mais dans une assomption susceptible de nous englober tous, car, loin d'exclure rien d'aucun de nous, il nous inclut tous et toutes les possibilités de notre humanité, dans une réalisation de celle-ci qui en est comme l'universalité concrétisée.

Louis Bouyer, Le Fils éternel. Théologie de la Parole de Dieu et christologie, Paris, Les Éditions du Cerf, 1974, p. 479.

dimanche 27 décembre 2009

Chercher Dieu

Chercher Dieu

"Le jour de Noël, nous lisons que les bergers de Bethléem, qui furent les premiers appelés à venir voir le nouveau-né de la crèche, « y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire » (Lc 2, 16).
Arrêtons-nous sur le mot « trouvèrent » qui exprime la recherche. Les bergers de Bethléem, qui se reposaient avec leurs troupeaux, ne savaient pas, en effet, que le temps était arrivé où se réaliserait ce qui depuis des siècles était annoncé par les prophètes de leur peuple, et que cela aurait lieu cette nuit-même, tout près d’eux. Quand ils sont sortis du sommeil où ils étaient plongés, ils ne savaient ni ce qui était arrivé ni où cela était arrivé. (lire la suite) S’ils sont parvenus à la grotte, c’est après une recherche. Mais en même temps, ils avaient été conduits. Comme nous le lisons, ils avaient été guidés par une voix et une lumière. Et si nous remontons plus haut dans le passé, nous voyons qu’ils avaient été guidés par la tradition de leur peuple, par son attente. Nous savons qu’Israël avait obtenu la promesse du Messie. […]
Ils ont cherché où il pouvait être, et finalement ils l’ont trouvé. Et en même temps, chez saint Luc, le mot « trouver » exprime la dimension intérieure de ce qui s’est passé chez ces simples bergers de Bethléem la nuit de Noël. […]
Le mot « trouver » exprime une recherche.
L’homme est un être qui cherche. Toute son histoire le confirme. La vie de chacun de nous en témoigne aussi. […] Parmi tous les domaines où l’homme se révèle comme un être qui cherche, il en est un, plus profond, qui pénètre plus intimement dans l’humanité même de l’être humain et qui correspond le mieux au sens de toute la vie humaine.
L’homme est l’être qui cherche Dieu."

Jean-Paul II, Audience générale, 27 décembre 1978.

samedi 26 décembre 2009

Le mystère de Noël

Le mystère de Noël

Le vrai mystère de Noël est la splendeur intérieure qui vient de cet Enfant. Laissons cette splendeur intérieure se communiquer à nous, allumer dans notre cœur la petite flamme de la bonté de Dieu ; par notre amour, portons tous la lumière dans le monde ! Ne permettons pas que cette flamme de lumière soit éteinte par les courants froids de notre temps ! Gardons-la fidèlement et faisons-en don aux autres! En cette nuit, dans laquelle nous regardons vers Bethléem, nous voulons aussi prier de façon spéciale pour le lieu de la naissance de notre Rédempteur et pour les hommes qui y vivent et qui y souffrent. Nous voulons prier pour la paix en Terre Sainte : Regarde, Seigneur, cette région de la terre qui, étant ta patrie, t’est si chère ! Fais que ta lumière y brille ! Fais que la paix y advienne !

Benoît XVI, Homélie, 24 décembre 2005.

vendredi 25 décembre 2009


Je souhaite à tous mes lecteurs, habituels ou occasionnels,


de saintes et joyeuses fêtes de Noël,


les assurant de mes prières à leurs intentions


auprès de Jésus, Marie et Joseph.

Le sens de Noël

Le sens de Noël

« Le Seigneur m’a dit : “Tu es mon Fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré”. » Par ces paroles du psaume 2, l’Église commence la Messe de la veillée de Noël, dans laquelle nous célébrons la naissance de notre Rédempteur Jésus-Christ, dans l’étable de Bethléem. Autrefois, ce psaume appartenait au rituel du couronnement du roi de Juda. Le peuple d’Israël, en raison de son élection, se sentait de façon particulière fils de Dieu, adopté par Dieu. Comme le roi était la personnification de ce peuple, son intronisation était vécue comme un acte solennel d’adoption de la part de Dieu, dans lequel le roi était, en quelque sorte, introduit dans le mystère même de Dieu. Dans la nuit de Bethléem, ces paroles, qui étaient en fait plutôt l’expression d’une espérance qu’une réalité présente, ont pris un sens nouveau et inattendu. (lire la suite) L’Enfant dans la crèche est vraiment le Fils de Dieu. Dieu n’est pas solitude éternelle, mais cercle d’amour où il se donne et se redonne dans la réciprocité. Il est Père, Fils et Esprit Saint.
Plus encore : en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même s’est fait homme. C’est à Lui que le Père dit : « Tu es mon fils. » L’aujourd’hui éternel de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd’hui passager dans l’aujourd’hui éternel de Dieu. Dieu est si grand qu’il peut se faire petit. Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l’aimer. Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l’étable, afin que nous puissions le trouver et pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu’elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire. C’est cela Noël : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui, devenir semblables à Lui. Il a choisi comme signe l’Enfant dans la crèche: Il est ainsi. De cette façon nous apprenons à le connaître. Et sur chaque enfant resplendit quelque chose du rayon de cet aujourd’hui, de la proximité de Dieu que nous devons aimer et à laquelle nous devons nous soumettre – sur chaque enfant, même sur celui qui n’est pas encore né.

Benoît XVI, Homélie, 24 décembre 2005.

jeudi 24 décembre 2009

Découverte à Nazareth

Découverte à Nazareth


Une maison vient d'être découverte à Nazareth, la première connue qui date de l'époque de Marie, Joseph et Jésus. Un beau cadeau de Noël !

Davantage sur Pie XII


Si vous voulez en savoir plus sur Pie XII et les témoignages de Juifs en sa faveur, allez sur ce site.

La nuit de Noël 1914

La nuit de Noël 1914

(une pièce allemande de 220 bombarde la cathédrale de Reims. Le curé et les enfants morts regardent la scène et prient, le 24 décembre aux douze coups de minuit)
Canon 1 Boum !
Voix Gloria in excelsis Deo et in terra pax hominibus bonae voluntatis !
Curé Dieu est vivant !
Enfants Sauvez la France !

Canon 2 Boum !
Voix Laudamus te !
Curé Dieu enfant ! Dieu innocent ! Dieu fait homme ! Dieu avec nous !
Enfants Sauvez la France ! (lire la suite)

Canon 3 Boum !
Voix Benidicimus te ! Adoramus te ! Glorificamus te ! Gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam !
Curé Jésus-Christ, Fils de Dieu !
Enfants Sauvez la France !

Canon 4 Boum !
Voix Domine Deus, Rex cœlestis, Deus Pater Omnipotens !
Curé Seigneur Dieu, Notre Père tout-puissant !
Enfants Sauvez la France !

Canon 5 Boum !
Voix Domine Fili Unigenite, Jesu-Christe ; Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patri !
Curé Petit enfant nouveau-né !
Enfants Sauvez la France !

Canon 6 Boum !
Voix Qui tollis peccata mundi, miserer nobis !
Curé Jésus qui ne voulez pas la mort du pécheur, mais qu'il vive !
Enfants Sauvez la France !

Canon 7 Boum !
Voix Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nsotram ! Qui sedes ad dexteram Patris...
Curé Jésus qui aimez la France !
Enfants Sauvez la France !

Canon 8 Boum !
Voix Miserere nobis !
Curé Par votre divinité !
Enfants Sauvez la France !

Canon 9 Boum !
Voix Quoniam tu solus Sanctus !
Curé Par votre humanité ! Par les entrailles de votre humanité !
Enfants Sauvez la France !

Canon10 Boum !
Voix Tu solus Dominus, tu solus Altissimus !
Curé Sauvez la France !
Enfants Sauvez la France !

Canon11 Boum !
Voix Jesu-Christe !
Curé Jésus-Christ !
Enfants Sauvez la France !

Canon12 Boum !
Voix Cum Sancto spiritu in gloria Dei Patris !
Curé Jésus-Christ, sauvez la France !
Enfants Jésus-Christ, sauvez la France ! Jésus-Christ, sauvez la France ! Jésus-Christ, sauvez la France !
Voix Amen !

Paul Claudel, La Nuit de Noël 1914.

mercredi 23 décembre 2009

Action de grâces (21)

Action de grâces (21)

Maintenant que tu as pris possession de mon âme, en ton nom je demande au Père — à ton Père et à notre Père — d’exaucer toutes les demandes que le pape et mon évêque lui présentent aujourd’hui dans leur prière et, notamment, à l’autel. Donne-nous les grâces nécessaires pour mieux travailler pour ta gloire qu’hier, pour mieux servir ton Église sainte qu’hier, pour être un meilleur instrument entre tes mains qu’hier.
Seigneur, je crois. Mais je veux croire comme celui qui croit le plus. Augmente en nous la foi. Je crois que dans l’Hostie Sainte que je viens de recevoir, tu es présent, réellement, véritablement et substantiellement, toi Jésus, le Fils de Marie toujours Vierge, le Fils éternel du Père. (lire la suite) Je crois que tu es réellement présent en moi avec ton Corps, ton Sang, ton Âme et ta divinité. « Ce sacrement est admirable ! Vénérons-le humblement. […] Au Père, au Fils, notre louange, l’allégresse de nos chants : salut, et puissance, et honneur et toute bénédiction ! À l’Esprit du Père et du Fils, égale acclamation de gloire ! » (hymne Pange lingua).
Et je t’adore avec profonde révérence, prosterné la face contre terre, car je ne suis rien et toi, tu es toute la Majesté, la Puissance, la Beauté. Je t’adore, et j’ose te dire que je veux être ton ami, parce que tu m’as racheté. Mais tu dois m’aider à être un ami fidèle, car autrement, tu sais dans ta chair ce dont je suis capable…
Je veux être l’amour pour toi, car, toi, tu l’es pour moi, et sans réserve. Mon archange ministériel, mon ange gardien, veillez sur le sanctuaire de mon âme, l’épée de feu à la main, pour maintenir à distance l’ennemi infernal et les légions répugnantes de ses sbires. Obtenez-moi du Dieu Un et Trine de saints élans d’amour, de fidélité, de joie et de paix envers et contre tout.
Et j’accepte de grand cœur toutes les épreuves que le Seigneur voudra m’envoyer — il y joindra sa grâce, je le sais — pour purifier mon âme, expier mes péchés, pour faire éclore les vocations, pour l’expansion de l’Église et du royaume de Dieu dans le monde, et pour la plus grande gloire de Dieu qui, seule, m’importe. Qu’il en soit ainsi !

mardi 22 décembre 2009

Une prière audacieuse

Une prière audacieuse

« Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera » (Jean 16, 23). Jésus ne pose pas de limites à cette affirmation. Tout. Dieu son Père nous accordera absolument tout ce que nous lui demanderons au nom de son Fils, notre Frère aîné, en le prenant à témoin. C'est sans restriction. C'est une question de foi. Le Seigneur nous a d'ailleurs prévenus : « Tout est possible à celui qui croit » (Marc 9, 23). « Tout », de nouveau. C'est la même idée formulée autrement. La foi nous donne l'assurance d'être exaucés envers et contre tout. (lire la suite)
Et malgré cet engagement du Fils, nous n'osons pas demander beaucoup, nous hésitons quand l'enjeu est de taille, comme si un ou un milliard pouvait marquer une différence pour Celui qui est Infini, lui poser un problème... Cela lui est aussi simple de donner beaucoup que peu. Si nous le comprenions, nous serions plus ambitieux, moins timorés. Nous désirerions vraiment devenir saints et, pour cela, nous en demanderions les moyens, en passant par Jésus. Et, bien sûr, d'abord par Marie. La très Sainte Vierge toujours en premier ! Telle est la Volonté expresse de Dieu.
Quitte à demander, demandons donc beaucoup ! Tout ce qu'il nous faut pour pousser la sainteté aussi loin que possible. Ceci étant, « jamais nous n'aurions pensé à demander à Dieu son propre Fils. Mais ce que l'homme ne peut pas dire ni concevoir, et qu'il n'eût jamais osé désirer, Dieu, dans son amour, l'a conçu et exécuté » (Mgr René Fourrey, Ce que prêchait le Curé d'Ars, Dijon, L'Échelle de Jacob, 2009, p. 125). Dieu nous a fait le don inespéré de son propre Fils. Le peuple élu attendait bien le Messie. Mais personne, pas même Marie la toute-Sainte, n'avait envisagé un seul instant que le roi éternel de la lignée de David puisse être à la fois Dieu et homme.
Il faut être Dieu pour en arriver là. C'est une façon de parler, car il n'y a pas d'avant et d'après en Dieu. Et donc pas de décision qui serait l'aboutissement d'une réflexion sur la condition humaine. Tout est un en Dieu, instantané.
Mais nous, nous ne pouvions pas imaginer un tel abaissement. Moins encore ce qu'il allait comporter. « Eussions-nous jamais osé dire à Dieu de faire mourir son Fils, de nous donner sa chair à manger et son sang à boire ? » (Ibid., p. 125-126). Jamais nous n'aurions osé formuler une telle hypothèse. Et pourtant, il fallait que le Christ passât par là pour nous rédimer. « Si tout cela n'était pas vrai, l'homme aurait donc pu imaginer des choses que Dieu ne peut pas faire, il serait allé plus loin que Dieu dans les inventions de l'amour ? Ce n'est pas possible » (Ibid., p. 126). La réalité est bien celle-là.
Alors, puisque le Fils de Dieu s'est fait homme, la prière des hommes que nous sommes peut être entendue par notre Père. Il peut agréer l'offrande que nous faisons de notre vie, unie à son Fils et à la Vierge dolente. Il peut nous exaucer. Mieux : il le veut ! Assurément, « tout est possible à celui qui croit ».

lundi 21 décembre 2009

La magnanimité de Dieu (2)

La magnanimité de Dieu (2)

Si ce que nous offrons était purement humain, ce ne serait qu'un fétu de paille, vite emporté par le vent. Mais nous offrons le Christ lui-même, la Vie du Christ en nous, les vertus et le bien qu'il y suscite et fait grandir, auxquels nous joignons notre existence purement humaine. Cela change tout. C'est pour cela que le père fait remarquer à son aîné qu'il lui donne plus, infiniment plus, parce qu'en définitive - et c'est ce qui compte – celui-ci lui donne tout ce qu'il possède. Si nous ne nous réservons rien pour nous, nous recevons Dieu avec de bonnes dispositions, et nous pouvons alors le lui retourner pour qu'il sanctifie les autres, le monde.
C'est ce que nous constatons chez Sainte Marie. (lire la suite) Elle s'est offerte à servir entièrement Dieu dès qu'elle a eu l'usage de raison. Quelques années plus tard, elle s'entend dire que le Saint-Esprit la couvrira de son ombre et qu'elle enfantera et mettra au monde le Fils du Très-Haut (cf. Luc 1, 35), la Très Sainte Trinité lui étant ainsi révélée dans sa Majesté ineffable. Et Marie accepte. Elle dit « oui ». Le Fils de Dieu fait alors son entrée dans le monde, qu'il arrache au péché en remportant une victoire définitive et éternelle sur satan.
Marie a donné tout ce qu'elle avait. Elle a reçu encore plus de Dieu. Elle l'offre à son tour en demeurant au pied de la Croix bien unie au Sacrifice rédempteur de son divin Fils. Et c'est une pluie de grâces qui s'abat désormais sur le monde et qui ne cessera qu'avec la grâce finale, celle du retour glorieux du Fils ressuscité et de la résurrection des corps.

(fin)

dimanche 20 décembre 2009

Pie XII bientôt béatifié

Pie XII bientôt béatifié

Le pape Benoît XVI a proclamé hier deux de ses pédécesseurs « Vénérables », ce qui est la première étape vers leur béatification. Il s'agit de Pie XII et de Jean-Paul II. S'agissant de Pie XII, cette mesure rend justice à quelqu'un qui a beaucoup fait pour sauver les Juifs pendant la deuxième guerre mondiale et qui est malgré tout systématiquement calomnié à ce sujet.
J'ai déjà mis sur mon blog des extraits d'un article de L'Osservatore Romano qui décrit comment on en est venu là, à partir d'une pièce scandaleuse d'un Allemand. Je rappelle ces textes, qui sont très instructifs :

Pie XII et les Juifs
La mauvaise conscience envers Pie XII
Les actions de Pie XII pour les Juifs
Pie XII et le procès de Nuremberg
Les attaques contre Pie XII ne viennent pas des Juifs

On peut également voir le site de l'Association Écouter avec l'Église.

La magnanimité de Dieu (1)

La magnanimité de Dieu (1)

Le père de la parabole du « fils prodigue » (Luc 15, 11-32) essaye de raisonner son aîné dont l'ire déborde parce qu'une fête a été organisée pour marquer le retour de son frère dévoyé, alors qu'à lui, il ne lui a jamais été donné ne serait-ce qu'un chevreau pour festoyer avec ses amis (v. 29). « Tout ce qui est à moi est à toi » (v. 31). Il peut ajouter : « Tout ce qui est à toi est à moi. »
C'est ce que Dieu peut dire à chacun d'entre nous, très délicatement. C'est dit, en effet, avec une énorme délicatesse, car le père ne fait pas remarquer à quel point les échanges sont déséquilibrés, à son détriment. Non seulement Dieu donne comme ce qu'il est, c'est-à-dire Dieu, donc sans limite, infiniment, des biens parfaits, pleinement adaptés et proportionnés à nos besoins, mais. (lire la suite) nous lui donnons aussi comme ce que nous sommes, des créatures pécheresses et maladroites, qui ne disposent de rien par elles-mêmes : « Qu'as-tu que tu ne l'aies reçu ? » (1 Corinthiens 4, 7). Nous ne pouvons remettre à Dieu, dans cet échange familial, que ce que nous avons préalablement reçu de lui. Et encore le lui retournons-nous amputé, amoindri, gaspillé...
« Toutes les bonnes œuvres réunies n'équivalent pas le Saint Sacrifice de la Messe, parce qu'elles sont les œuvres des hommes, et la Messe est l'œuvre de Dieu. Le martyre n'est rien en comparaison : c'est le sacrifice que l'homme fait à Dieu de sa vie ; la Messe est le sacrifice que Dieu fait à l'homme de son corps et de son sang » (Mgr René Fourrey, Ce que prêchait le Curé d'Ars, Dijon, L'Échelle de Jacob, 2009, p. 111). Une telle affirmation ne doit pas nous décourager. Le rappel du Seigneur vaut toujours. Il donne son Corps et son Sang, qui sont ceux de son Fils fait homme. Et nous donnons la vie que nous avons reçue de Lui et que, par la messe et la communion précisément, il développe en nous. Nous ne pouvons donner que ce que nous avons. Mais ce qui est en nous provient de Dieu lui-même. En nous donnant à lui de tout notre être, pleinement, entièrement, c'est lui que nous lui offrons, sa propre Vie agissant en nous, moteur de notre existence, sa Vie eucharistiée, source et sommet de la vie chrétienne.

(à suivre...)

samedi 19 décembre 2009

Les bienfaits cachés

Les bienfaits cachés

Quand, avec saint Josémaria, nous remercions Dieu de tous ses bienfaits, y compris de ceux qui restent cachés à nos yeux, nous incluons dans notre reconnaissance des grâces qui ne produiront leurs effets qu'au bout d'un certain temps.
Nous le voyons avec Simon de Cyrène. Jésus porte sa Croix. Il faut un Amour fou pour arriver à tenir le coup dans l'état où la soldatesque romaine l'a mis. Mais il est sur le point de défaillir. Il tombe, et c'est à grand peine qu'il peut se remettre sur pied et repartir. Aussi le centurion qui commande le détachement décide-t-il de réquisitionner un homme suffisamment fort, non pas tellement pour aider Jésus, mais pour faire en sorte d'en finir au plus vite. L'intention n'est pas des meilleures. (lire la suite)
Il regarde la foule, dans laquelle il y a de tout : beaucoup d'excités, beaucoup de femmes qui se lamentent (Luc 23, 27). Il avise « un passant qui revenait des champs, un certain Simon, de Cyrène, père d'Alexandre et de Rufus » (Marc 15, 21). L'histoire a conservé leur nom, à juste titre.
Pour Simon, l'ordre qu'il reçoit d'aider un condamné à mort est non seulement un contre-temps fâcheux mais quelque chose de déshonorant et cause d'impureté légale. Et ce, la veille de la grande fête de la Pâque, qu'il ne pourra pas célébrer dignement. C'est un comble. Mais les Romains n'en ont cure. Il maudit le centurion ainsi que le « malfaiteur » qui lui vaut une telle mésaventure, dont l'opprobre le poursuivra toute sa vie. Du moins le pense-t-il.
À ses yeux, ce qui lui arrive est très contrariant. C'est pourtant une grande grâce qui lui est faite. Il s'en apercevra plus tard. Pour le moment, il est à la peine, et il bertonne, comme on dit en Picardie, il maugrée entre ses dents. Mais c'est un brave homme, au fond. C'est pourquoi la grâce singulière qui lui est faite de prendre sa petite part à la Passion de notre Seigneur va porter ses fruits. La Croix du Christ va lui apporter, à lui et à ses fils, Alexandre et Rufus, la découverte de ce Jésus de Nazareth qui vient d'entrer brutalement dans leur vie. Ils ne se sépareront plus. Ils embrasseront la foi en ce que le « Roi des Juifs », comme le proclame l'écriteau mis par Pilate (Jean 19, 19-20), a enseigné, en sa doctrine. Ils découvriront qu'il est le Messie qu'ils attendent eux aussi. Et que ce Messie est le Fils de Dieu par surcroît ! Ils s'estimeront alors largement récompensés de leurs peines. L'irruption de la Croix, de la vraie Croix, leur a apporté des bienfaits, cachés à première vue : le salut de leur âme et l'amour de Dieu.


vendredi 18 décembre 2009

Arrêts sur christianisme (41)

Arrêts sur christianisme (41)

Pour les Pères, la différence (entre le christianisme et le judaïsme, et les autres religions) ne porte pas d'abord sur la doctrine elle-même : il y avait déjà dans le judaïsme une grande partie de la Révélation. Et pour eux, certains des philosophes païens avaient déjà une certaine connaissance de Dieu ; et même un saint Augustin nous dit que, pour lui, Platon a connu le mystère de la Sainte Trinité. L'abîme qu'il y a entre l'Ancien et le Nouveau Testament, c'est l'abîme qu'il y a entre l'annonce de quelque chose et la réalité de cette chose. (lire la suite) Et ceci nous fait toucher du doigt (...) que le christianisme est essentiellement une vie, et non pas essentiellement une philosophie. Être chrétien, pour nous, c'est exister divinement, c'est avoir la grâce en nous et avoir la familiarité avec Dieu. Or ceci c'est une nouveauté totale.

Jean Daniélou, Le mystère de l'Avent, Paris, Éditions du Seuil, 1948, p. 13.

jeudi 17 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (7)

L'obéissance dans la foi de Marie (7)

Si nous sommes enfants de Dieu, « et nous le sommes » (1 Jean 3, 1), c'est parce que la mort de Jésus-Christ sur la Croix nous a libérés du poids du péché qui nous écrasait. Mais c'est aussi parce que, par son fiat, Marie a rendu possible notre Rédemption par son Fils. Parce qu'elle a accepté, en disant « oui », de mettre en jeu sa vie, sa réputation, son avenir, pour que la Volonté de Dieu s'accomplisse, telle que Dieu l'a arrêtée éternellement et immuablement.
« Il faut que lui grandisse, et que moi, je diminue » (Jean 3, 30)... Marie est beaucoup mieux placée que Jean-Baptiste pour le dire. Et pour ressentir cette nécessité de s'effacer devant son Fils qui seul est le Sauveur. Elle veut « agir et disparaître, afin que Jésus seul brille » (saint Josémaria). (lire la suite) Elle s'efface effectivement, elle disparaît discrètement de la scène.
Nous ne la retrouverons en direct qu'à Cana, au moment de la première séparation d'avec son Fils, quand celui-ci entame sa vie publique ; puis au Calvaire, lors de la deuxième séparation, nettement plus douloureuse, que ne compense pas - c'est absolument impossible - le fait de recevoir tous les hommes pour enfants...
L'obéissance de la foi de Marie, sans sourciller, sans penser à elle, en a fait la « Cause de notre joie » (Litanies de Lorette), une joie « qui a ses racines en forme de Croix » (saint Josémaria). L'humble servante du Seigneur est devenue la Reine de l'univers. Marie « était unie au Christ de façon singulière lors de sa première venue, par sa continuelle coopération avec lui elle le sera aussi dans l'attente de la seconde venue » (Redemptoris Mater, n° 41), plus encore, elle le sera aussi lors de cette deuxième venue, comme saint Louis-Marie Grignion de Montfort l'annonce, quand « apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l'homme, et alors toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l'homme arriver sur les nuées du ciel avec beaucoup de puissance et de gloire. Et il enverra ses anges au son de la grande trompette, et ils rassembleront ses élus des quatre points de l'horizon, d'une extrémité des cieux à l'autre » (Matthieu 24, 30-31).

(fin)

mercredi 16 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (6)

L'obéissance dans la foi de Marie (6)

Et voilà que Marie s'est entendu dire : « Voici que vous concevrez... » Dans le contexte qui est le sien, à ce moment précis de l'histoire d'Israël, dans ce premier avent, elle comprend sur le champ qu'il ne peut s'agir que du Messie. Marie n'envisageait pas son avenir sous l'angle de la maternité. Elle l'avait exclue formellement, ce qui n'était pas un mince sacrifice, puisque cela supposait précisément de ne pas pouvoir être l'élue du Tout-Puissant, de qui naîtrait le Messie, la vierge décrite par Isaïe. Marie avait fait don à Dieu de cet abandon, pour sa plus grande gloire, par humilité. (lire la suite)
Et voici que Dieu redonnait sa maternité à Marie, et qu'il la lui redonnait au centuple, selon sa façon magnanime de se comporter avec ses créatures, qu'il la lui restituait tout en préservant cette virginité qu'elle voulait garder pour servir pleinement son Seigneur ! Elle le servira, en effet, mais différemment, autrement, d'une façon beaucoup plus profitable à l'humanité, et que seule Dieu pouvait inventer.
Son histoire ne s'écrira pas entre elle et Dieu seulement dans la pénombre du Temple, l'obscurité d'une vie quelconque et l'intimité de son âme. Le Fils qui va naître d'elle y inscrit tous les hommes de toutes les générations, depuis Abel le juste jusqu'à la fin des temps. Elle est portée au seuil de la divinité. Au point d'accueillir Dieu en elle. Marie est pleine de grâce. Elle a reçu le don d'une foi proportionnée à la réponse que Dieu attend d'elle. Une foi qu'elle pourrait couper au couteau, tellement elle est épaisse, pour reprendre l'image que saint Josémaria utilisait souvent, plein de reconnaissance envers Dieu.
Alors Marie dit : « Je suis la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole ! » (Luc 1, 38). « Ce fiat de Marie - « qu'il m'advienne » - a déterminé, du côté humain, l'accomplissement du mystère divin » (Jean-Paul II, enc. Redemptoris Mater, n° 13). Sans ce « oui », que serait-il advenu de l'humanité ? Vraiment, « le mystère de l'Incarnation s'est accompli lorsque Marie a prononcé son fiat : « Qu'il m'advienne selon ta parole ! » rendant possible, pour ce qui la concernait dans le plan divin, la réalisation du dessein de son Fils » (Redemptoris Mater, n° 13). Et en ce qui nous concernait aussi, du même coup.

(à suivre...)

mardi 15 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (5)

L'obéissance dans la foi de Marie (5)

Marie « a donc répondu de tout son « moi » humain, féminin, et cette réponse de la foi comportait une coopération parfaite avec « la grâce prévenante et secourable de Dieu » et une disponibilité parfaite à l'action de l'Esprit Saint qui « ne cesse, par ses dons, de rendre la foi plus parfaite » (Dei Verbum, n° 5). » (Jean-Paul II, enc. Redemptoris Mater, n° 13). Voilà qui est admirable. C'est un cercle vertueux. Plus grande est la coopération à la grâce, plus parfaite est la réponse à la vocation, et plus l'Esprit Saint déverse ses dons dans l'âme, pour la rendre capable d'un don de soi encore plus généreux, capable de repousser encore plus loin, toujours plus loin les limites de l'Amour. (lire la suite)
Tel est l'exemple sublime que nous trouvons en Marie. L'obéissance de la foi jointe à l'humilité la font s'élever très haut dans le firmament de la sainteté, au point que par elle nous faisons un saut dans la divinité. Elle est le pont qui permet de passer de l'humain au divin, certes toujours dans la subordination à son Fils, l'unique Médiateur.
Marie laisse l'ange délivrer son message. Elle a juste posé une question, non pour douter de ce qui lui était dit, mais pour savoir comment concilier sa mission avec la voie sur laquelle elle s'était engagée sous la motion de Dieu lui-même, à n'en pas douter. Le message n'est pas bien long, certes. Mais comme il fait pénétrer dans les desseins éternels et infinis de Dieu, Marie a pu se sentir comme hors du temps, transportée dans un « ailleurs » auquel il ne lui était pourtant pas encore donné d'accéder. « Le Père des miséricordes a voulu que l'Incarnation fût précédée par une acceptation de la part de cette Mère prédestinée » (Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, n° 56).
Marie ne perd pas pour autant conscience de la réalité. C'est bien à elle qu'il a été dit : « Voici que vous concevrez en votre sein et que vous enfanterez un fils » (Luc 1, 38). C'est on ne peut plus clair. Et c'est là où interviennent sa foi et son obéissance. Elle sait que le Messie doit venir. Elle perçoit même, dans sa grande sensibilité, à divers signes que cette venue est prochaine, voire imminente.

(à suivre...)

lundi 14 décembre 2009

Action de grâces (20)

Action de grâces (20)

Toi, lumière inaccessible, voilà que tu es entré dans ma demeure, que tu es venu la transformer, l’enjoliver, y faire régner une harmonie qu’elle ne saurait avoir d’elle-même, la parer comme jamais les hommes n’ont su décorer leurs maisons, même en faisant appel aux artistes les plus renommés et les plus qualifiés.
Je te cherche, parce que mon âme aspire à toi. Elle a été créée — Tu l’as créée — pour qu’elle partage ta vie, pour qu’elle te reconnaisse pour son Dieu et t’adore. Je t’adore, Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, je t’adore, mon Dieu, dans l’unité de l’essence divine et la Trinité des Personnes. « Dieu Père, non engendré, Fils unique, Esprit Saint Conseiller, sainte et indivisible Trinité, nous te célébrons à pleine voix, de tout notre cœur ; nous te louons et te bénissons. À toi gloire à jamais » (Trisagium angelicum). (lire la suite)
Tu es présent dans l’Eucharistie — et donc dans cette Hostie que je viens de recevoir. C’est le vrai Pain de vie, qui me transforme en me divinisant peu à peu. Ah ! mon Dieu, je suis si grossier, si rustre, que je ne sais pas me laisser diviniser une bonne fois pour toutes. Et tu viens quand même à moi…
Ô Hostie salutaire ! De toi je reçois la Vie, celle qui t’unit au Père et à l’Esprit dans une commune Volonté et un commun dessein d’Amour. Je veux répondre à cet Amour, et t’aimer comme ceux qui t’ont aimé le plus ici-bas, t’aimer comme Marie et Joseph ont su le faire. Que rien ne vienne refroidir cet amour. Que tout l’enflamme encore plus. Que rien ne l’étouffe, plus jamais, non plus jamais, Seigneur.
Par ce Pain de Vie que tu m’as donné, sanctifie-moi, identifie-moi à la Volonté du Père, fais que je n’ai d’autre visée que d’accomplir ton plan de salut, de mourir à mi-même pour que ma vie de chaque instant, unie à l’hostie sainte, devienne le Pain que tu nous donnes pour notre salut et pour parcourir jusqu’au bout notre chemin, avec la joie propre aux enfants de Dieu.

dimanche 13 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (4)

L'obéissance dans la foi de Marie (4)

Marie est persuadée que Dieu sait ce qu'il fait, à qui il s'adresse, quand il présente sa requête à une âme, qu'il a au préalable convenablement ornée des qualités opportunes. Dans son cas à elle, il s'agit d'une sainteté hors pair, tout à fait exceptionnelle. En effet, en vue de sa Maternité divine, Dieu « la combla, bien plus que tous les esprits angéliques, bien plus que tous les saints, de l'abondance de toutes les grâces célestes, et l'enrichit avec une profusion merveilleuse, afin qu'elle fût toujours sans aucune tache, entièrement exempte de l'esclavage du péché, toute belle, toute parfaite et dans une telle plénitude d'innocence et de sainteté qu'on ne peut, au-dessous de Dieu, en concevoir une plus grande, et que nulle autre pensée que celle de Dieu ne peut en mesurer la grandeur » (Pie IX, const. ap. Ineffabilis Deus, 8 décembre 1854). (lire la suite)
« Pouvait-elle saisir quelle signification primordiale avaient les paroles de l'ange ? » À fond, certainement pas. Mais, en tant que fille d'Israël, à cet instant, elle s'est sentie dans la foi mère du « Messie-Roi ». Elle s'en remet totalement « au sens que donnait aux paroles de l'Annonciation celui dont elles provenaient : Dieu lui-même » (Redemptoris Mater, n° 15), un sens qui ne se dévoilera pleinement à elle qu'au pied de la Croix, conférant à sa foi le caractère héroïque propre à la sainteté. Espérant contre toute espérance, comme les patriarches de l'Ancien Testament, Marie réaffirme dans toute sa plénitude le fiat prononcé à Nazareth quelques trente-trois ans plus tôt, ce fiat à la fois « filial et maternel » (Ibid., n° 14).

(à suivre...)

samedi 12 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (3)

L'obéissance dans la foi de Marie (3)

Pour Marie, « le moment « décisif » fut l'Annonciation, et les paroles mêmes d'Élisabeth : « Bienheureuse celle qui a cru » se rapportent en premier lieu à ce moment précis » (Jean-Paul II, enc. Redemptoris Mater, n° 13). Élisabeth l'a bien perçu, non d'elle-même, mais sous la motion de l'Esprit Saint qui l'inspire au moment où elle accueille Marie, comme saint Luc tient à le souligner (cf. Lc 1, 42). C'est la Parole de Dieu - le Fils que Marie porte en elle - qui parle à Élisabeth en son for intérieur et lui révèle ce que nul n'aurait pu imaginer d'une jeune fille telle que Myriam de Nazareth. Nazareth, un village, une minuscule bourgade, qui plus est n'a apparemment pas bonne réputation : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » (Jn 1, 46). C'est la question de Nathanaël a son ami Philippe qui lui a dit avoir rencontré le Messie en la personne de Jésus de Nazareth. (lire la suite)
« À l'Annonciation en effet, Marie s'est remise à Dieu entièrement en manifestant « l'obéissance de la foi » à celui qui lui parlait par son messager, et en lui rendant « un complet hommage d'intelligence et de volonté » (Dei Verbum, n° 5) » (Redemptoris Mater, n° 13). Ce sont les termes qui sont utilisées pour définir l'assentiment que tout fidèle doit donner aux vérités de foi. La vérité à laquelle Marie est sollicitée d'adhérer la concerne très directement : elle est rien moins que choisie pour être la « fille de Sion » cachée, annoncée par les prophètes, qui devait mettre au monde le Messie Seigneur.
Elle ne se dit pas que l'ambassadeur divin se trompe d'adresse. Elle ne pense pas qu'il veut se moquer d'elle ou qu'il s'agit d'une plaisanterie de mauvais goût. Non. Elle a tout de suite saisi le caractère surnaturel de la situation - éprouvant à un degré suréminent les sentiments de Pierre au jour de la Transfiguration : « Comme il est bon pour nous d'être ici » (Marc 9, 5). Elle s'est lancée à corps perdu et sans résistance dans l'océan de l'Amour de Dieu, estimant que tout ce qu'elle pourrait donner - sa vie entière, son être avec toutes ses facultés et ses puissances - serait bien peu de chose face à l'enjeu. Convaincue aussi de ce que Dieu « en sait plus long que nous »...

(à suivre...)

vendredi 11 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (2)

L'obéissance dans la foi de Marie (2)

Marie a cru et obéi plus que quiconque, d'abord parce qu'elle est toute sainte, pleine de grâce, c'est-à-dire plus précisément « comblée de grâces », parce qu'elle est l'Immaculée Conception et qu'il n'y a en elle aucune corruption du péché, même pas l'espace d'un bref instant. Marie est « bénie entre les femmes » (Luc 1, 28). Les éxégètes reconnaissent à la formule employée par Luc une tournure très sémitique. Le participe passé (bénie) est un passif divin qui désigne clairement Dieu comme l'auteur de cette bénédiction. « Vous êtes bénie » signifie « Dieu vous a bénie ». L'expression « entre les femmes » sert habituellement quant à elle à exprimer le superlatif. En effet, la langue hébraïque ne connaît pas le superlatif et distingue donc une personne en la mettant au-dessus de la masse des autres. (lire la suite) « Vous êtes bénie entre les femmes » signifie donc « Vous êtes la plus bénie des femmes » (abbé de Menthière, Je vous salue Marie. L'art de la prière).
L'obéissance de la foi est parfaite chez Marie également parce que personne n'a été confronté comme elle à une décision aussi importante, dont dépendait la Rédemption de l'humanité, nul ne s'est trouvé avant elle ni ne se trouvera après elle à qui il soit demandé d'accepter une charge aussi écrasante, dont Marie ne voyait que trop bien qu'elle dépassait totalement ses propres forces et dont elle se sentait, de ce fait, pleinement indigne.
Indigne au point de s'exclamer : « Voici la servante du Seigneur » (Lc 1, 38). Mais de l'affirmer tout en faisant entièrement confiance à Dieu, et en ajoutant : « Qu'il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38), en formulant un « oui » à ce qui avait été une demande formulée par le Tout-Puissant avec une extraordinaire délicatesse, sans rien imposer. Mais il est vrai comme si cela était déjà fait : « Vous allez concevoir et vous enfanterez un fils, auquel vous donnerez le nom de Jésus » (Lc 1, 31). Une délicatesse que Marie mettra pour demander à son Fils d'intervenir en faveur des jeunes époux de Cana (cf. Jn 2, 3). Elle a été à bonne école. Elle a appris qu'un « s'il-te plaît » suffit pour obéir, quand la proposition vient de Dieu, quand elle est formulée au nom de Dieu, par son représentant qualifié.


(à suivre...)