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mercredi 28 mars 2012

Les deux annonciations (7)


Les deux annonciations (7)

Quoi qu’il en soit, Joseph assiste émerveillé à l’échange de salutations entre Élisabeth et Marie, où il est question d’une nouvelle effusion de l’Esprit Saint : « Dès que j’ai entendu ta salutation, mon enfant a tressailli de joie dans mon sein » (Luc 1, 44). Joseph recueille comme un trésor de grand prix l’acclamation d’Élisabeth : « Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni » (Luc 1, 42). Il se la répétera intérieurement souvent, et peut-être à haute voix aussi quand il se trouvera seul. Et pourquoi ne la redirait-il pas avec une énorme affection et un immense respect à Marie, de temps à autre, en attendant que tous les baptisés la reformulent inlassablement au long des siècles ? (lire la suite)
Il se dit qu’au fond, il a bien fait d’accompagner Marie jusque chez Zacharie et Élisabeth. Et le chant du Magnificat reste gravé dans son cœur. Il était au septième ciel en entendant son épouse louer ainsi le Béni. Et il admire une fois de plus son humilité. Il va d’émerveillement en émerveillement. Il apprend que Zacharie est devenu muet (Luc 1, 23) parce que l’archange saint Gabriel lui est apparu, à lui aussi, lui annonçant la nouvelle de la naissance miraculeuse d’un fils alors que sa femme était âgée et stérile (Luc 1, 7) et qu’il a douté que cette annonce s’accomplirait, contrairement à sa chère Marie. Joseph remercie Dieu une nouvelle fois d’avoir mis sur sa route une femme aussi entière et intègre, tellement identifiée au vouloir divin.
« La vie de Marie consista à accomplir à fond le premier fiat prononcé au moment de l'Annonciation, tandis que Joseph, comme on 1'a dit, ne proféra aucune parole lors de son « annonciation »: il « fit » simplement « ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit » (Matthieu 1, 24). Et ce premier « il fit » devint le commencement du « chemin de Joseph » (bx Jean-Paul II, exhortation apostolique Redemptoris Custos sur saint Joseph, 15 août 1989, n° 17).
Ce que l’ange attend et, au-delà de lui, le Tout-Puissant, c’est un oui de l’une et l’autre partie.

(fin)

mardi 27 mars 2012

Les deux annonciations (6)


Les deux annonciations (6)

« Il y a une analogie étroite entre « l'annonciation » du texte de Matthieu et celle du texte de Luc. Le messager divin introduit Joseph dans le mystère de la maternité de Marie. Celle qui est son « épouse » selon la loi, tout en restant vierge, est devenue mère par le fait de l'Esprit Saint. Et quand le Fils que Marie porte en son sein viendra au monde, il devra recevoir le nom de Jésus. C'était là un nom connu parmi les Israélites, et on le donnait parfois aux enfants. Mais ici il s'agit du Fils qui - selon la promesse divine - accomplira pleinement la signification de ce nom : Jésus, Yehosˇua', qui veut dire Dieu sauve » (bx Jean-Paul II, exhortation apostolique Redemptoris Custos sur saint Joseph, 15 août 1989, n° 3).
Cela a dû être un choc pour Joseph. Un choc positif, extrêmement joyeux. (lire la suite) Une lumière fulgurante qui a éclairé son esprit, un onde d’amour qui a envahi son cœur. Cet enfant que son épouse attend, c’est Jésus, « celui qui sauve son peuple ». C’est donc vraiment le Messie tant espéré !
Tout est clair maintenant. Joseph n’a pas besoin de s’esquiver sur la pointe des pieds et de s’exiler. Il peut prendre Marie chez lui. Mieux encore, il doit la prendre sans tarder. Leur hymen en sort renforcé. Il sera vécu désormais en compagnie de Dieu, de Celui qui sauvera son peuple.
Le rôle de Joseph s’en trouve accru, élargi. Le messager s’adresse à lui « Joseph en lui confiant les devoirs d'un Père terrestre à l'égard du Fils de Marie. « À son réveil, Joseph fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit: il prit chez lui son épouse » (Matthieu 1, 24) » (bx Jean-Paul II, Ibid., n° 3). Il prend chez lui sa chère Marie transformée par l’Esprit Saint, habitée par la Très Sainte Trinité. « Il la prit avec tout le mystère de sa maternité, il la prit avec le Fils qui devait venir au monde par le fait de l'Esprit Saint : il manifesta ainsi une disponibilité de volonté semblable à celle de Marie à l'égard de ce que Dieu lui demandait par son messager » (Ibid.).
Joseph a dû s’ouvrir à son tour de ses sentiments à Marie, qui rend de nouveau grâce à Dieu pour son intervention et est soulagée, car elle voit que la peine de Joseph a disparu pour laisser la place à la plus énorme allégresse.
Pour Bernardin de Laredo, saint Joseph ne comprend ce qui s’est passé en Marie qu’une fois arrivé chez Zacharie, en entendant sainte Élisabeth saluer Marie comme « la Mère de mon Seigneur » (Luc 1, 43). C’est alors que, se jugeant indigne du mystère, il commence à penser prendre le large et s’éloigner de son épouse.

(à suivre…)

lundi 26 mars 2012

Les deux annonciations (5)


Les deux annonciations (5)

Alors que Joseph se trouve dans cet état d’esprit, l’ange du Seigneur vient le trouver nuitamment et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés» » (Matthieu 1, 20-21). C’est comme si l’ange lui disait : « Rassure-toi. Tu es bien celui que Dieu a choisi pour être l’époux de celle qui vient de concevoir par l’opération de l’Esprit Saint. Tu seras à la hauteur de ta mission. Époux de la Mère de Dieu, c’est une fonction qui serait écrasante pour les forces humaines. Mais ce qui n’est pas possible à un homme, est possible à Dieu. Tu recevras les grâces appropriées » (M. Gasnier, o.p., Les silences de saint Joseph, op. cit., p. 64). (lire la suite)
Le message de l’ange est une invitation adressée à Joseph à renouveler son choix de Marie, librement, mais dans un contexte nouveau, tellement plus élevé, qu’il n’aurait jamais pu l’envisager, et qui lui fait toucher du doigt le divin. Il n’est pas seulement un « homme juste », mais il est désormais en lien directissime avec la sainteté de Dieu. Dieu ratifie le choix que Joseph a fait de Marie en le réorientant vers un but plus élevé, plus sublime encore. Si le mariage est « la plus grande amitié », selon saint Thomas, il n’a jamais existé d’amitié humaine aussi forte que celle qui a uni Joseph à Marie, et ce, d’autant plus qu’elle était imprégnée de sens surnaturel et forgée dans l’amour réciproque de Dieu. Ce mariage, dont l’union corporelle est exclue, est cependant « un, mariage tout à fait vrai », car il est « l’union indissoluble des âmes » (Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, III, q. 29, a. 2). « Dans les paroles de 1' « annonciation » nocturne, non seulement Joseph entend la vérité divine sur la vocation ineffable de son épouse, mais il y réentend aussi la vérité sur sa propre vocation. Cet homme « juste », qui, dans l'esprit des plus nobles traditions du peuple élu, aimait la Vierge de Nazareth et s'était lié à elle d'un amour sponsal, est à nouveau appelé par Dieu à cet amour » (bx Jean-Paul II, exhortation apostolique Redemptoris Custos sur saint Jsoeph, 15 août 1989, n° 19). Et la vocation de Joseph n’est pas rien. Isidore de Isolanis n’hésite pas à la placer « au-dessus de celle des apôtres ; il remarque que celle-ci a pour but de prêcher l’Évangile, d’éclairer les âmes, de les réconcilier, mais que la vocation de Joseph est plus immédiatement relative au Christ lui-même, puisqu’il est l’époux de la Mère de Dieu, le nourricier et le défenseur du Sauveur (Summa de donis sancti Joseph) » (R. Garrigou-Lagrange, La Mère du Sauveur et notre vie intérieure, Lyon, Les Éditions de l’Abeille, 1941, p. 349).

(àsuivre…)

dimanche 25 mars 2012

Les deux annonciations (4)


Les deux annonciations (4)

Que s’est-il passé en cours de route, pendant la semaine ou presque que leur a pris le voyage de Nazareth à Aïn-Karim ? Que se sont dit Marie et Joseph ? Nous ne le saurons évidemment pas, si nous devons nous borner au texte évangélique. Mais notre piété peut nous amener à imaginer que Marie n’a pas tardé à fournir à Joseph une explication qui lui a fait comprendre le pourquoi de son rayonnement nouveau. Elle lui a appris l’ambassade extraordinaire dont elle a été favorisée et la forte impression de néant, de « bassesse » (Luc 1, 48), qu’elle a ressenti d’être appelée à une mission aussi haute, carrément divine. Elle lui a dit sa crainte et son émoi, et comment l’ange les avaient balayés en lui apprenant que sa virginité serait respectée et que c’était l’Esprit Saint qui l’obombrait : « Ne crains pas, Marie (lire la suite) – telles ont été les paroles de l’ange, qui s’est présenté comme étant Gabriel, « qui se tient devant Dieu » (Luc 1, 19) -, ne crains pas, Marie, car tu as trouvé faveur auprès de Dieu. Tu vas concevoir et tu enfanteras un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus. […] L’Esprit Saint viendra sur toi et l’ombre de la puissance du Très-Haut te couvrira ; aussi l’Enfant à naître qui est saint sera tenu pour Fils de Dieu » (Luc 1, 30.35).
Joseph s’émerveille du récit en même temps qu’il sent le rouge monter à son front. Il ne se sent pas digne d’être l’époux de la Mère du Fils de Dieu. Il ne fait pas part de ses sentiments à Marie sur-le-champ, pour ne pas l’inquiéter. Mais, la nuit venue, il a du mal à s’endormir en pensant à ce mystère qu’il partage maintenant avec Marie. Il réfléchit à l’attitude à prendre. Il se demande ce qu’il doit faire pour ne pas être un obstacle à l’accomplissement de la Volonté de Dieu. Puisque l’enfant qui doit naître n’est pas de lui, il en conclut que le mieux serait qu’il s’éclipse, qu’il disparaisse de la vie de Marie, bien à contrecœur, certes, car il l’aime tendrement. Il pense s’exiler, partir au loin.
Ce qui lui est ainsi révélé le dépasse complètement. Joseph ne se juge pas digne d’une mission aussi sublime. C’est pourquoi « Joseph, son époux, qui était un homme juste et ne voulait pas la dénoncer publiquement, résolut de la répudier secrètement » (Matthieu 1, 19). Aucune autre solution ne s’est présentée à son esprit. Et celle qu’il a prise est, en effet, sans doute la meilleure, la plus raisonnable, et celle qui témoigne le plus de sa délicatesse envers Marie et de sa foi humble en Dieu. Il baisse humblement la tête devant Dieu et demande des lumières.
Elles ne vont pas tarder à arriver, puisqu’il réagit comme Dieu l’attendait de lui, avec une telle piété et fidélité. Marie aussi prie de son côté pour que Dieu fasse comprendre à Joseph qu’elle est tout entièrement abandonnée entre les mains de Dieu et que le Fils de Dieu en personne est venu habiter en elle. Et le fruit de la prière de Marie et de Joseph est l’envoi de l’ange.

(à suivre…)

samedi 24 mars 2012

Les deux annonciations (3)


Les deux annonciations (3)

Il est tout à fait vraisemblable, on ne peut plus logique même, de penser que Joseph a accompagné son épouse pendant le voyage qu’elle a effectué pour se rendre auprès de sa cousine Élisabeth qui « vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois » (Luc 1, 36), comme elle l’avait appris de saint Gabriel. Ne pas aller avec elle aurait été un manque d’amour évident. Cet « homme juste » (Matthieu 1, 19) aurait-il pu laisser sa femme, si jeune et si pure, partir toute seule pour un déplacement qui était une véritable expédition ? Sans doute pouvait-il la confier à quelqu’un de sa connaissance dans la caravane qui se dirigeait vers Jérusalem et dont une partie allait se détacher pour se rendre dans la montagne, dans une ville de Juda » (Luc 1, 40). Mais son amour ardent et tendre pour Marie pouvait-il supporter un tel éloignement (lire la suite) sans être saisi d’inquiétude ? N’était-il pas désormais le chef de famille et donc pleinement responsable de tout ce qui pouvait arriver à Marie ?
L’idée que saint Joseph a accompagné Marie pour ce long trajet se trouve pour la première fois chez saint Éphrem. Elle entre dans la piété de l’Église latine grâce aux récits de Gerson (1363-1429) sur saint Joseph : « Était-elle seule pour ce voyage ? Je ne peux le croire ; et quoique l’Évangile garde le silence sur ce point, j’ose affirmer que Joseph était là » (Gerson, Josephina). C’est également l’opinion de Bernardin de Laredo (1482-1540) : « Il faut remarquer que s’il n’est pas écrit que son très saint époux l’a accompagnée sur ce chemin, ni que l’on ait écrit quelque raison ou idée qui nous empêche de penser qu’ils y sont allés tous deux ensemble, il n’est pas de bon sens, ni respectueux du saint, et l’on n’augmente pas l’honnêteté véritable de la très sainte Vierge, en pensant qu’il n’a pas été avec elle » (Bernardin de Laredo, Traité de saint Joseph).
Joseph la voyait transfigurée depuis quelques jours, sans en connaître la raison profonde. Son épouse était encore plus débordante de joie et d’allant que d’ordinaire, plus aimable et serviable que jamais. Elle rayonnait d’une grâce nouvelle. Et il l’en aimait encore plus, tout en sentant une réciprocité sans frein.
Ce jeune couple si soudé, dans lequel tout était complicité amoureuse et sainte, pouvait-il subir l’épreuve d’une séparation de quelques jours, pendant lesquels Joseph n’aurait pas pu dormir tranquille et Marie se serait inquiétée elle-même du souci de Joseph ? Certes, non. Ce n’est pas plausible.

(à suivre…)

vendredi 23 mars 2012

Les deux annonciations (2)


Les deux annonciations (2)

Quand Marie communique à son Joseph ce qui lui est arrivé, « elle le fit en posant sur lui son clair et doux regard. Elle parle avec la même simplicité dont elle devait user plus tard à l’égard de l’ange de l’Annonciation. Certaine que ses paroles auraient une résonnance profonde dans l’âme de ce juste, elle lui propose de suivre avec elle la voie virginale. Elle attendait de lui, son futur époux, plus qu’un assentiment : la promesse qu’il respecterait son vœu, sans que rien ne vienne le faire changer d’avis » (M. Gasnier, o.p., Les silences de saint Joseph, Paris, Le Laurier, 1996, p. 41). Cela a dû provoquer d’abord un choc chez le charpentier de Nazareth, qui n’envisageait pas leur union éventuelle sous cet angle. Mais rapidement, mis en face d’un tel détachement (lire la suite) et d’une telle passion pour le Béni, il n’en a aimé que davantage Marie, dont il admire la générosité. Il est prêt à lui emboîter le pas. C’est Marie qu’il aime, et pas une autre. Il l’aime d’autant plus qu’elle apparaît plus sainte à ses yeux, sans qu’il sache expressément qu’elle est l’Immaculée Conception, la toute sainte. Il adhère avec enthousiasme à l’engagement de Marie qu’il fait sien. Ils s’épouseront, c’est entendu. Ils vivront ensemble. Mais chacun fera de sa vie un véritable holocauste à Dieu. Joseph bénit le Tout-Puissant d’avoir mis une telle femme sur son chemin, une femme si chaste, si décidée, si éperdue d’amour de Dieu. Une femme qui a vraiment à cœur la réalisation du Chema Israël : « Écoute, Israël ! Le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur, et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton esprit et de toutes tes forces » (Marc 12, 29-30).
Il se dit également que par elle avec elle tous les biens vont lui advenir (cf. Sagesse 7, 11 ; Matthieu 6, 33).
« Autant l’amour divin est incorruptible, se disent-ils, autant notre amour est invincible puisque sa force s’alimente en Dieu. Ils s’appliquent donc d’autant plus à se plaire réciproquement que cette complaisance mutuelle, loin de les distraire de Dieu, ne fait que les aider à s’unir à lui davantage » (M. Gasnier, o.p., Les silences de saint Joseph, op. cit., p. 64). Et c’est l’illumination de la Visitation.
À peine Dieu a-t-il fait connaître son dessein à Marie qu’il l’incite discrètement à se rendre auprès de sa cousine Élisabeth, déjà âgée, qui « en est à son sixième mois, elle qu’on qualifiait de stérile » (Luc 1, 36). Marie est ainsi arrachée à Joseph, alors qu’ils sont dans l’attente de leur épousailles proches. Quoi qu’il puisse lui en coûter, Joseph accepte ce départ de Marie, dont il comprend le motif charitable.

(à suivre…)

jeudi 22 mars 2012

Les deux annonciations (1)


Les deux annonciations (1)

ou la double annonce de la venue du Messie, à Marie et à Joseph

L’évangéliste saint Matthieu nous offre une généalogie de Jésus : « Voici quelle fut l'origine de Jésus-Christ. Marie, sa mère, était accordée en mariage à Joseph; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle se trouva enceinte par le fait de l'Esprit Saint » (Matthieu 1, 18). Cette origine de Jésus « par le fait de l’Esprit Saint » est précisée et détaillée par saint Luc dans son récit de l’Annonciation faite à Marie : « L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth, à une jeune fille accordée en mariage à un homme nommé Joseph, de la famille de David ; cette jeune fille s'appelait Marie » (Luc 1, 26-27). L’archange saint Gabriel ajoute : « Réjouis-toi, (lire la suite) comblée de grâce, le Seigneur est avec toi » (Luc 1, 28), ce qui provoque un trouble intérieur bien compréhensible chez la Vierge de Nazareth. Mais le messager divin la rassure aussitôt en lui transmettant l’intégralité de la nouvelle dont Dieu l’a chargé : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père » (Luc 1, 30-32).
Les évangélistes Matthieu et Luc coïncident pour dire que Marie « était accordée en mariage à un homme nommé Joseph, de la famille de David ». Il s’agit d’un vrai mariage, en bonne et due forme, mais d’une nature particulière, comme Marie le laisse entendre par sa réponse : « Comment cela se fera-t-il puisque je suis vierge » (Luc 1, 34). Il lui est alors révélé que « l'Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu » (Luc 1, 35). Sa résolution de rester vierge au service de Dieu est pleinement respectée par Dieu, qui l’agrée. Marie restera vierge, car son enfant est conçu du Saint-Esprit. Elle accepte alors le plan de Dieu : « Que tout se passe pour moi comme tu l'as dit » (Luc 1, 38).
Joseph est fiancé à Marie. Un amour authentique, pur, sincère, est au fondement de cette relation. Un amour sans duplicité. Ce qui implique nécessairement que Marie a mis Joseph au courant de sa résolution de servir Dieu corps et âme et de demeurer vierge. Elle y était obligée, sous peine de rendre invalide leur mariage.

(à suivre…)

mardi 20 mars 2012

Saint Joseph et Marie (2)


Saint Joseph et Marie (1)

Or, voilà que Marie et Joseph vont en faire l’expérience inattendue avec la venue du Saint-Esprit en eux et, pour Marie, celle du Verbe de Dieu qui prend une chair humaine en ses entrailles. Nous allons nous arrêter ici à contempler ces deux personnages, qui ont marché la main dans la main, et nous chercherons à les découvrir dans leur union profonde.
Cette histoire commence par l’Annonciation que chacun reçoit d’un ange, porteur d’un message divin singulier. Pour cette phase préliminaire, qui campe les personnages dans leur rôle, il est comme obligatoire de partir du commentaire que le bienheureux Jean-Paul II fait des textes de l’Evangile de l’enfance (lire la suite) chez saint Matthieu et saint Luc, dans son exhortation apostolique sur le « Gardien du Rédempteur » (Jean-Paul II, exhort. ap. Redemptoris custos sur la figure et la mission de saint Joseph dans la vie du Christ et de l’Église, 15 août 1989. Le bienheureux Jean XXIII a rappelé, dans son encyclique Le voci, du 19 mars 1961, par laquelle il invoquait le patronage du saint patriarche pour l’heureuse tenue des travaux du concile Vatican II alors en préparation, les interventions de ses prédécesseurs sur le trône de Pierre en l’honneur de saint Joseph.
Nous y reviendrons plus en détail dans quelque temps.

(fin)

lundi 19 mars 2012

Saint Joseph et Marie (1)


Saint Joseph et Marie (1)

Avec Marie et Joseph, nous avons affaire avec deux personnages d’exception, deux figures phare de l’histoire de l’humanité ! D’eux émane une lumière d’une clarté singulière, qui n’est autre que la Lumière venue dans le monde qui éclaire tous les hommes (cf. Jean 1, 9). Dieu lui-même, « lumière née de la lumière », comme nous le professons dans le Credo, la lumière qui guide le monde vers Dieu : « Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14, 6). Deux êtres d’exception, placés à la charnière de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliances, dont la mission a été précisément de faire basculer l’humanité dans la Nouvelle Alliance, de permettre que le Dieu d’Amour (cf. 1 Jean 4, 16) inaugure la Loi d’Amour. Deux êtres sans pareil, mais deux créatures humaines cependant. Comme nous avons à apprendre d’eux ! (lire la suite)
Ils ont, en effet, pour mission de nous remettre Celui qui est « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6), rien moins que cela ! Car c’est bien en Jésus que nous « avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes des apôtres 17, 28). En Jésus, mais par Marie et Joseph.
« L’homme qui s'abandonne totalement entre les mains de Dieu ne devient pas une marionnette de Dieu, une personne consentante ennuyeuse ; il ne perd pas sa liberté. Seul l'homme qui se remet totalement à Dieu trouve la liberté véritable, l'ampleur vaste et créative de la liberté du bien. L'homme qui se tourne vers Dieu ne devient pas plus petit, mais plus grand, car grâce à Dieu et avec Lui, il devient grand, il devient divin, il devient vraiment lui-même. (…) Engage-toi avec Dieu, tu verras alors que c'est précisément grâce à cela que ta vie deviendra vaste et lumineuse, non pas ennuyeuse, mais pleine de surprises infinies, car la bonté infinie de Dieu ne se tarit jamais ! » (Benoît XVI, Homélie pour le 40ème anniversaire de la clôture du concile Vatican II, 8 décembre 2005). C’est évidemment le cas, tout spécialement, de Marie et de Joseph, entièrement abandonnés entre les mains de Dieu et dont le cœur n’abrite aucun projet personnel : ils n’attendent rien pour eux, mais aspirent après la venue du Rédempteur d’Israël. Et là, ils vont être exaucés au-delà de toute espérance, car Dieu est généreux et déverse « une bonne mesure, pressée, tassée, débordante ; car avec la mesure dont vous mesurez il vous sera mesuré en retour » (Luc 6, 38).

(à suivre…)

mercredi 14 mars 2012

Droiture d’intention (5)


Droiture d’intention (5)

Voilà où peut mener le manque de droiture. Alors que le cœur des hommes est fait pour Dieu, que Dieu y met une saine inquiétude pour les biens surnaturels, il peut refuser de se reposer en Dieu, de vivre de la grâce, de rester à travailler et à vivre au côtés de Jésus. C’est la triste fin d’une journée qui avait bien commencé : « tous, dans la synagogue, avaient les yeux attachés sur lui » (Luc 4, 20).
« La pureté d’intention consiste à viser la fin véritable de l’homme : d’un œil simple, le baptisé cherche à trouver et à accomplir en toutes choses la volonté de Dieu (cf. Romains 12, 2 ; Colossiens 1, 10) » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 2520). Est-ce que tu rectifies souvent ? Est-ce que tu te dis et te répètes : « À Dieu toute la gloire » ? Est-ce que tu offres fréquemment ton travail et toutes tes activités au seigneur, pour sa gloire et pour l’évangélisation ? (lire la suite) Est-ce que tu cherches à te comporter comme le Seigneur ? Comme les apôtres après la venue du Saint-Esprit. Comme nous aimerions accompli toutes nos actions faites s’il nous fallait nous présenter maintenant devant Dieu.
« Et il était surpris de leur incrédulité. Et il parcourait les bourgs à la ronde en enseignant » (Marc 6, 6). La même annonce produit des effets différents dans des cœurs différents : « C’est un fait que l’annonce de la vérité est différemment reçue selon les dispositions des auditeurs. Le Verbe présente pareillement à tous le bien et le mal ; de sorte que l’un, bien disposé envers ce qui leur est annoncé, a l’âme dans la lumière, tandis qu’un autre, disposé en sens contraire et non décidé à fixer le regard de son âme sur la lumière de la vérité, demeure dans les ténèbres de l’ignorance » (saint Grégoire de Nysse, De vita Moysis 2, 65).

(fin)

mardi 13 mars 2012

Droiture d’intention (4)


Droiture d’intention (4)

« Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et comme notre cœur est inquiet tant qu’il ne repose pas en toi » (saint Augustin, Les Confessions 1, 1, 1). « Le cœur inquiet, dont nous avons parlé en nous reportant à saint Augustin, est le cœur qui, en fin de compte, ne se contente de rien de moins que de Dieu et, précisément ainsi, devient un cœur qui aime. Notre cœur est inquiet à l’égard de Dieu et il le reste, même si aujourd’hui on s’efforce, avec des « narcotiques » très efficaces, de libérer l’homme de cette inquiétude. Toutefois, ce ne sont pas seulement nous, les êtres humains, qui sommes inquiets par rapport à Dieu. Le cœur de Dieu est inquiet pour l’homme. Dieu nous attend. Il nous cherche. Il n’est pas tranquille lui non plus tant qu’il ne nous a pas trouvés. Le cœur de Dieu est inquiet, et c’est pour cela qu’il s’est mis en chemin vers nous – vers Bethléem, vers le Calvaire, de Jérusalem à la Galilée et jusqu’aux confins du monde. (lire la suite) Dieu est inquiet à notre égard, il est à la recherche de personnes qui se laissent gagner par son inquiétude, par sa passion pour nous. De personnes qui portent en elles la recherche qui est dans leur cœur et, en même temps, qui se laissent toucher dans leur cœur par la recherche de Dieu à notre égard. Chers amis, c’est la tâche des Apôtres d’accueillir l’inquiétude de Dieu à l’égard de l’homme et de porter Dieu lui-même aux hommes. Et c’est votre tâche sur les pas des Apôtres de vous laisser toucher par l’inquiétude de Dieu afin que le désir de Dieu à l’égard de l’homme puisse être satisfait » (Benoît XVI, Homélie pour la solennité de l’Épiphanie, 6 janvier 2012).
D’où ce conseil : « Ayez dans toutes vos œuvres les regards fixés sur Dieu, afin que vous puissiez rendre à chacun ce qui lui est dû : à Dieu la gloire, au prochain la bienveillance, et à vous-même la haine du vice et l’amour de la vertu » (sainte Catherine de Sienne, Lettre à Messire Charles de la Paix).
« Jésus leur dit : " Un prophète n'est sans honneur que dans sa patrie, dans sa parenté et dans sa maison. » (Marc 6, 4). C’est bien connu. Le Seigneur en fait lui-même l’expérience, et saint Marc note qu’il en est surpris, qu’il ne s’attendait pas à un accueil aussi glacial, qui va finir même par être franchement hostile : « Et il ne put faire aucun miracle, si ce n'est qu'il guérit quelques malades en leur
imposant les mains. Et il était surpris de leur incrédulité. Et il parcourait les bourgs à la ronde en enseignant » (Marc 6, 5-6).
Nous savons par saint Luc que cet enseignement finit par tourner mal et que le Seigneur ne doit son salut qu’à son autorité et au fait que son heure n’est pas encore venue : « En entendant cela, ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, et s'étant levés, ils le poussèrent hors de la ville, et le menèrent jusqu'au sommet de la montagne, sur laquelle leur ville était bâtie, pour le précipiter. Mais lui, passant au milieu d'eux, s'en alla » (Luc 4, 28-30).

(à suivre…)

lundi 12 mars 2012

Droiture d’intention (3)


Droiture d’intention (3)

Nos manques de droiture d’intention portent habituellement sur de petites choses, sur des points subtils, difficiles à détecter, peut-être recouverts d’une certaine bonté, d’un certain savoir, comme dans le cas des concitoyens de Jésus, qui ont effectivement une certaine connaissance du Seigneur, mais imparfaite et insuffisante, et qui ne vont pas à l’essentiel, c’est-à-dire à ce qu’il est en train de leur annoncer.
La droiture d’intention est nécessaire pour être disponible à tout instant, pour que dès que l’on nous demande quelque chose, nous soyons prêts à le faire, disposés à laisser tomber une autre occupation, qui devient alors moins importante, en acceptant, s’il le faut, (lire la suite) de nous cacher et de disparaître. Rappelons-nous le commandement du Christ : « que votre lumière brille devant les hommes, afin que, voyant vos bonnes œuvres, ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matthieu 5, 16). Autrement dit, pour que toute la gloire aille à Dieu. « Au Roi des siècles, au Dieu immortel, invisible, unique, (soient) honneur et gloire dans les siècles des siècles ! » (1 Timothée 1, 17). Nous ne devons pas chercher le succès humain en lui-même, mais le mettre au service du Seigneur. C’est pourquoi nous sommes heureux là où nous nous trouvons, parce que nous ne cherchons qu’à plaire à Dieu et à accomplir sa très sainte Volonté. En même temps, nous cherchons à atteindre le plus grand prestige professionnel possible, à bien terminer notre travail, à le mener jusqu’au bout avec sérieux et compétence, afin qu’il puisse être agréé par Dieu et serve alors nos frères les hommes.
« N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici, chez nous ? » Et il était pour eux une pierre d'achoppement » (Marc 6, 3). Notre Seigneur avait annoncé : « Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi » (Matthieu 11, 6). Voilà où conduit le manque de droiture : la Parole de Dieu qui devrait éclairer notre raison et nous amener à suivre le Christ avec empressement, se retourne contre nous et nous fait chuter. Cherchons à aimer Dieu toujours davantage, parce que toute la vie se ramène à cela : à aimer Dieu et à se sentir aimé de lui.

(à suivre…)

dimanche 11 mars 2012

Pour la Terre Sainte

Journées d'entraide au profit de la Terre Sainte


L'Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem

organise ses Journées annuelles d'entraide

dont le bénéfice est destiné à aider nos frères chrétiens de Terre Sainte

samedi 10 mars 2012, de 10h à 19h

dimanche 11 mars de 10h à 17h30


salle Rossini,
paroisse Notre-Dame-de-Grâce-de-Passy

Métros La Muette (9) et Passy (6)

comptoirs très diversifiés

Venez nombreux !

Droiture d’intention (2)


Droiture d’intention (2)

Il faut avoir l’humilité de celui qui veut apprendre. Nous connaissons la mésaventure de Paul à l’aréopage d’Athènes : « Lorsqu'ils entendirent parler de résurrection de morts, les uns se moquèrent, les autres dirent : Nous t'entendrons là-dessus encore une autre fois » (Actes 17, 32). Il s’en alla tout dépité.
Jésus voit ses concitoyens parler sous cape et échanger des commentaires dont le sens ne lui échappe pas. Ils ne l’écoutent plus. C’est ce qui peut nous arriver parfois, quand nous croyons déjà tout savoir ou quand nous avons décidé de ce qu’il faut faire. Nous ne tirons alors aucun profit de ce qui nous est dit, par exemple dans un sermon ou un cours de doctrine. C’est pourtant une parole autorisée qui nous est adressée, par quelqu’un qui est mandaté pour le faire… (lire la suite)
Nous devons essayer de cultiver la vision surnaturelle et de ne pas en rester aux aspects purement extérieurs. « N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici, chez nous ? » (Marc 6, 3). Celui qui nous parle est comme ci, il est comme ça. Il a tel défaut, il a fait une faute de français, ce qu’il dit est débile… Moi, en revanche… Faisons la guerre à toute manifestation d’autosuffisance, de nombrilisme.
Ô Saint-Esprit, aide-moi à découvrir mes manques de droiture d’intention. Car je suis vite aveuglé par mon orgueil, par mon autosatisfaction, par ma tendance à me diriger tout seul, à vouloir avoir raison même quand j’ai tort, et à ne pas vouloir rectifier rapidement. Il nous faut travailler pour la gloire de Dieu, non pour notre vaine gloire. Et nous avons tous envie de briller aux yeux des hommes, nous sommes comme une girouette placée au faîte d’un immeuble. Nous avons besoin de rectifier, probablement souvent même.
Rectifier et purifier notre intention est une condition nécessaire pour obéir promptement et de bon cœur. « La pureté de l’intention est essentielle pour que l’obéissance soit douce et profitable à celui qui s’y soumet. « Le Seigneur pèse les esprits » (Proverbes 16) « Le Seigneur pèse les cœurs » (Ibid. 21). « Dieu considère le cœur » (1 Rois 16). « Dieu pèse le cœur et non l’objet qui lui est offert et n’examine point ce qu’on lui présente en sacrifice, mais avec quelle ferveur on le lui offre » (saint Grégoire). « Ce n’est pas la valeur du sacrifice, mais l’intention de ceux qui l’offrent, qui le rend agréable à Dieu » (saint Jérôme). Sénèque a dit : « Peu importe ce qu’on donne, l’intention seule en fait le prix ; celui qui donne peu, mais de bon cœur a égalé les riches offrandes des rois. » « Le sacrifice est peu agréable à la Majesté divine, si la main qui le lui présente n’est pas pure » (saint Thomas d’Aquin, In libro de eruditionis principum, livre 5, chap. 39).

(à suivre…)


Il faut avoir l’humilité de celui qui veut apprendre. Nous connaissons la mésaventure de Paul à l’aréopage d’Athènes : « Lorsqu'ils entendirent parler de résurrection de morts, les uns se moquèrent, les autres dirent : Nous t'entendrons là-dessus encore une autre fois » (Actes 17, 32). Il s’en alla tout dépité.
Jésus voit ses concitoyens parler sous cape et échanger des commentaires dont le sens ne lui échappe pas. Ils ne l’écoutent plus. C’est ce qui peut nous arriver parfois, quand nous croyons déjà tout savoir ou quand nous avons décidé de ce qu’il faut faire. Nous ne tirons alors aucun profit de ce qui nous est dit, par exemple dans un sermon ou un cours de doctrine. C’est pourtant une parole autorisée qui nous est adressée, par quelqu’un qui est mandaté pour le faire…
Nous devons essayer de cultiver la vision surnaturelle et de ne pas en rester aux aspects purement extérieurs. « N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici, chez nous ? » (Marc 6, 3). Celui qui nous parle est comme ci, il est comme ça. Il a tel défaut, il a fait une faute de français, ce qu’il dit est débile… Moi, en revanche… Faisons la guerre à toute manifestation d’autosuffisance, de nombrilisme.
Ô Saint-Esprit, aide-moi à découvrir mes manques de droiture d’intention. Car je suis vite aveuglé par mon orgueil, par mon autosatisfaction, par ma tendance à me diriger tout seul, à vouloir avoir raison même quand j’ai tort, et à ne pas vouloir rectifier rapidement. Il nous faut travailler pour la gloire de Dieu, non pour notre vaine gloire. Et nous avons tous envie de briller aux yeux des hommes, nous sommes comme une girouette placée au faîte d’un immeuble. Nous avons besoin de rectifier, probablement souvent même.
Rectifier et purifier notre intention est une condition nécessaire pour obéir promptement et de bon cœur. « La pureté de l’intention est essentielle pour que l’obéissance soit douce et profitable à celui qui s’y soumet. « Le Seigneur pèse les esprits » (Proverbes 16) « Le Seigneur pèse les cœurs » (Ibid. 21). « Dieu considère le cœur » (1 Rois 16). « Dieu pèse le cœur et non l’objet qui lui est offert et n’examine point ce qu’on lui présente en sacrifice, mais avec quelle ferveur on le lui offre » (saint Grégoire). « Ce n’est pas la valeur du sacrifice, mais l’intention de ceux qui l’offrent, qui le rend agréable à Dieu » (saint Jérôme). Sénèque a dit : « Peu importe ce qu’on donne, l’intention seule en fait le prix ; celui qui donne peu, mais de bon cœur a égalé les riches offrandes des rois. » « Le sacrifice est peu agréable à la Majesté divine, si la main qui le lui présente n’est pas pure » (saint Thomas d’Aquin, In libro de eruditionis principum, livre 5, chap. 39).

(à suivre…)

jeudi 8 mars 2012

Droiture d’intention (1)


Droiture d’intention (1)

« Il partit de là » (Marc 6, 1). Jésus se trouvait au bord du lac de Génésareth, où il avait guéri une femme affligée d’un flux de sang et ressuscité la fille de Jaïre. L’émotion est grande. Aussi Jésus préfère-t-il s’éloigner du lieu des miracles pour se soustraire à la foule, comme le jour de la multiplication des pains. Cet enthousiasme n’est pas de bon aloi. Il est très humain. « Il partit de là. Il arrive dans son propre pays, lui avec ses disciples » (Marc 6, 1), c’est-à-dire qu’il »vint à Nazareth où il avait été élevé » (Luc 4, 16). « Selon sa coutume » (Luc 4, 16), « quand vint le sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue » (Matthieu 6, 2). Il attend le jour prévu par a Loi. Il ne bouscule pas les événements, malgré son envie folle de sauver tous les hommes. Il se met à prêcher, c’est-à-dire à lire un passage de la Torah et à le commenter. Nous avons par saint Luc que, ce jour-là, (lire la suite) il est tombé sur le passage où il est dit : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres; il m'a envoyé publier aux captifs la délivrance, aux aveugles le retour à la vue, renvoyer libres les opprimés, publier l'année favorable du Seigneur » (Luc 4, 18-19).
En l’écoutant, « la plupart des auditeurs étaient frappés d’étonnement » (Marc 6, 2). D’ordinaire, cet étonnement amenait ses auditeurs à se demander si ce Jésus de Nazareth ne serait pas le Messie. Et les gens « étaient stupéfaits de son enseignement, car il les enseignait comme ayant
autorité, et non comme les scribes » (Marc 1, 22). C’était un étonnement sain, qui pouvait laisser la Parole de Dieu pénétrer dans les cœurs. Ici, à Nazareth, il n’en va pas de même. Nous sommes en présence de l’étonnement de ceux qui croient connaître Jésus et qui ignorent en fait qui il est réellement. Ils l’ont vu grandir sous leurs yeux et ils le jugent d’après les apparences. « D'où cela lui vient-il ? Quelle est cette science qui lui a été donnée ? Et de tels miracles qui s'opèrent par ses mains ? » (Marc 6, 2). D’où lui vient ce pouvoir, « N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici, chez nous ? » (Marc 6, 3).
Il leur manque une attitude fondamentale de l’esprit face à Dieu, qui doit être la droiture d’intention, la disposition à accueillir la Parole de Dieu pour ce qu’elle est, une Parole de Vie et de Vérité. La docilité à l’accepter pour la faire passer dans la vie courante, afin qu’elle commande les comportements de chaque instant. Une disposition à laisser Dieu travailler dans l’âme.

(à suivre…)

mercredi 29 février 2012

Arrêts sur christianisme (71)


Arrêts sur christianisme (71)

Est un admirateur du christianisme celui qui sait que le christianisme a changé le monde, qu’il nous a apporté une révolution morale d’amour, d’égalité et de dignité sans précédents, et que cette révolution déploie ses effets aujourd’hui encore ; que sans cette révolution le monde serait pire, la vie parmi les hommes plus sauvage, les droits moins garantis, l’espérance moins fondée. (…) Tous deux [les chrétiens religieux et les « chrétiens culturels »] ont un don. Pour les croyants au premier sens, le « don de Dieu » est la grâce, la gratuité et l’espérance mystérieuse d’une rencontre, d’une présence : la Sienne. Pour les croyants au second sens, le « don de dieu » est un patrimoine de vertus, de coutumes, de culture, de civilisation : la nôtre.

M. Pera, Perché dobbiamo dirci cristiani : Il liberalismo, l’Europa, l’etica, Milan, Mondadori, 2008, p.56-57.

lundi 27 février 2012

Humilité (7)


Humilité (7)

Mais Jésus n’arrête pas là ses remarques. Après s’être adressé aux invités, il se tourne vers le maître de maison : « Il dit aussi à celui qui l’avait invité : « Lorsque tu donnes un déjeuner ou un dîner, ne convoque pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu'ils ne t'invitent à leur tour et que ce ne soit pour toi un rendu » (Luc 14, 12).
Car « si vous faites des prêts à ceux dont vous attendez un remboursement – qu’ils vous invitent à leur tour – quel gré vous en saura-ton ? (lire la suite) Des pécheurs aussi font des prêts à des pécheurs, pour en recevoir l’équivalent » (Luc 6, 34). L’on invite pour être invité, l’on donne pour recevoir quelque chose d’égal. C’est le « renvoi d’ascenseur » attendu, faute de quoi l’on rompt les relations avec la personne qui devient ainsi non grata.
« Mais, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; et heureux seras-tu de ce qu'ils n'ont pas de quoi te rendre, car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes » (Luc 14, 12-13). Parce que, en effet, ils seraient bien embarrassés, non seulement pour organiser un festin plantureux, mais tout simplement pour préparer un repas normal, ordinaire.
Le Seigneur présente ainsi une exigence de charité authentique, désintéressée. Il nous invite à nous occuper des pauvres et des démunis. Sans doute sans négliger pour autant ceux de notre rang, à qui nous devons annoncer la foi chrétienne, que nous devons évangéliser. Mais il ne faut oublier les « laissés pour compte » de la société.

(fin)

dimanche 26 février 2012

Humilité (6)


Humilité (6)

« Voici que tu veux que la sincérité soit dans le cœur, au dedans de moi, fais-moi connaître la sagesse. Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que 1a neige » (Psaume 51, 8-9). « Venez à moi et discutons ensemble, dit le Seigneur : si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine » (Isaïe 1, 18). Vous voyez bien qu’il n’y a pas lieu d’avoir honte de les confesser en toute sincérité. C’est une invitation à confronter notre conscience à la loi de Dieu, à ses commandements, à procéder à un examen de conscience sérieux, objectif, profond, exigeant aussi… Puis à venir en parler au Seigneur - « Venez à moi et discutons ensemble » - dans le sacrement de la réconciliation. Il nous dit ici les sentiments qui l’animent alors. Il ne veut pas nous condamner, mais nous pardonner et nous donner une forte accolade. Il ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il vive et qu’il vive éternellement avec lui dans la gloire ! (lire la suite)
« Prends garde de te laisser égarer et de te faire écraser par ta sottise » (Siracide 13, 8). « Humiliez-vous donc sous la main puissante de Dieu pour qu’il vous élève en temps voulu » (1 Pierre 5, 6). Sa main n’est pas pesante, mais nous bénit. C’est une main secourable : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai. Prenez sur vous mon joug, et recevez mes leçons : je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes, car mon joug est doux et mon fardeau léger » (Matthieu 11, 28-30). Et où existe-t-il un plus grand fardeau que celui de nos péchés ?
« Quiconque s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé » (Luc 14, 11). Et Dieu veut nous élever en temps voulu, au moment qu’il a fixé de toute éternité dans son Amour, nous élever jusqu’à Lui, là où notre Seigneur est remonté nous préparer une place ; notre place (cf. Jean 14, 3-4).
« Au contraire, quand on t’invitera, va te mettre à la dernière place, si bien que, lorsqu’arrivera celui qui t’a invité, il te dira : « Mon ami, monte plus haut ! » (Luc 14, 10). Nous imaginons le regard que Jésus porte sur nous, les hommes, et à quel point l’attitude des humbles lui va droit au cœur. Il découvre aussitôt celui qui s’est mis volontairement à la dernière place, persuadé de n’être rien, qu’un pauvre pécheur, de ne rien mériter, et il s’empresse de lui attribuer la meilleure place, de le mettre tout près de lui pour qu’il soit plus heureux encore, pour qu’il puisse bénéficier de cette proximité et de ne rien perdre de ses gestes et de ses paroles. « Ce sera alors un honneur pour toi aux yeux de tous les convives » (Luc 14, 10).

(à suivre…)

samedi 25 février 2012

Humilité (5)


Humilité (5)

« Ne prends pas des airs superbes devant le roi » (Proverbe 25, 6), ni devant qui que ce soit, car, de roi, il n’y en a point chez nous, et nous ne nous trouvons pas à ce rang. « Ne prends pas des airs superbes devant le roi, et ne te mets pas à la place des grands, car il vaut mieux qu’on te dise : « Monte ici », que si l’on t’humilie devant le prince que tes yeux ont vu » (Proverbes 25, 6-7).
Le prince dont il est question, au fond, n’est autre que notre Dieu. Dieu dont l’Écriture dit qu’il « résiste aux orgueilleux et accorde sa grâce aux humbles » (Jacques 4, 6). C’est fort. Mais c’est bien l’attitude qu’il réprouve le plus, car c’est l’antique prétention de devenir comme des dieux, carrément « comme Dieu » (Genèse 3, 5), ainsi que le diable l’insinue à Adam et Ève. (lire la suite)
Et c’est aussi, selon les théologiens, ce qui a entraîné dans leur chute Lucifer et les anges qui l’ont suivi, au lieu de rester fidèles au Dieu qui les avait créés et tirés du néant. Dans ce cas, le châtiment de l’orgueil est éternel, sans rémission possible. Cela devrait nous faire réfléchir quelque peu.
Par contraste, nous savons que notre Dieu, qui se présente lui-même, qui s’auto-définit comme « doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29), fait bon accueil aux pécheurs. C’est ce qui scandalisait les pharisiens : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » (Matthieu 9, 11). Voilà ce qui les scandalise, non leur comportement extravagant. Oui, Dieu écoute celui qui revient à lui avec un cœur contrit et lui demande pardon. « Aie pitié de moi, ô Dieu, dans ta bonté ; selon ta grande miséricorde efface mes transgressions. (…) Voici que je suis né dans l'iniquité et ma mère m'a conçu dans le péché » (Psaume 51, 3.7). Il convient de battre sa coulpe. Il n’y a rien d’humiliant à cela. C’est le propre de quelqu’un de bien éduqué. J’ai déjà raconté lorsque saint Josémaria enfant se cachait sous son lit pour ne pas avoir à embrasser les amies trop fardées de sa mère, celle-ci venait frapper le sol avec la canne de son mari et le faire sortir en lui disant : « Josémaria, la honte uniquement pour pécher. » C’est un conseil d’une très grande sagesse. C’est à l’heure de la tentation qu’il faut avoir honte d’offenser le Seigneur, qui est si bon pour nous. le péché une fois commis, c’est le diable qui nous tente de nouveau en faisant monter en nous la honte d’aller nous confesser. Envoyons-le promener et ne nous laissons pas abuser une nouvelle fois !

(à suivre…)

vendredi 24 février 2012

Humilité (4)


Humilité (4)

Ayant donc assisté au manège des invités, Jésus « dit une parabole à leur adresse » (Luc 14, 7). Il s’agit cette fois d’une parabole on ne peut plus claire. En effet, le Seigneur s’exprime en ces termes : « Quand on t’invitera à un repas de noces, ne vas pas occuper la place d’honneur » (Luc 14, 8). Que de fois n’avait-il pas dit à ses disciples : « Méfiez-vous des scribes qui se plaisent à circuler en longues robes et aiment à recevoir les salutations sur les places publiques et à avoir les sièges d’honneur dans les synagogues et la première place dans les repas ? » (Luc 20, 46), ajoutant pour bien mettre en valeur le caractère à la fois scandaleux et dérisoire ce tels comportements : « Eux qui dévorent les biens des veuves, tout en affectant de faire de longues prières » (Luc 20, 47). La sentence est inexorable : « Ce sont ces gens-là qui seront condamnés plus sévèrement » (Marc 12, 39). (lire la suite)
Il n’avait d’ailleurs pas hésité à réprouver en public un tel manque d’humilité, semblable hypocrisie. Parlant cette fois-ci des pharisiens – nous voyons que le défaut est généralisé, profondément ancré dans les mœurs -, il déplore que « tout ce qu’ils font, ils le font pour se donner en spectacle aux gens. (…) Ils aiment à avoir les premières places dans les repas, les sièges d’honneur dans la synagogue et les salutations sur les places publiques, et à se faire appeler par les gens rabbi » (Marc 23, 6-7).
D’où les invectives qui pleuvront un jour sur eux : « Malheur à vous, Pharisiens hypocrites, qui fermez le royaume des cieux devant les hommes ! Car vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous n’y laissez pas entrer ceux qui se présentent » (Matthieu 23, 13).
La solution est limpide : « Le plus grand d’entre vous sera votre serviteur : celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé » (Matthieu 23, 11-12).
Mais revenons à la parabole que Jésus propose au cours du repas. Après avoir recommandé de ne pas s’installer à la meilleure place, il ajoute que « quelqu’un de plus considérable que toi pourrait avoir été invité, et celui qui vous aurait invités l’un et l’autre viendrait redire : « Cède-lui la place ! » Et alors tu irais, tout confus, occuper la dernière place » (Luc 14, 8-9). Une confusion bien méritée, somme toute. Les hommes, les femmes aussi, aiment habituellement bien se mettre en valeur, se faire mousser, comme on dit. Nous pouvons nous interroger sur notre propre comportement. Le goût de l’apparence, les racontars, la vantardise, l’art de déguiser la vérité pour qu’elle nous soit favorable et suscite des compliments flatteurs… ce n’est peut-être pas se mettre à la première place d’un banquet, d’autant qu’il est sans doute « placé », avec un carton au nom de chaque convive. Mais c’est quand même nous mettre à la première place de la conversation, et vouloir monopoliser l’attention.

(à suivre…)

jeudi 23 février 2012

Humilité (3)


Humilité (3)

- « Allons, allons, dit Pierre, calmez-vous. Vous vous trompez tous, en vous croyant plus important que les autres. Je voudrais bien savoir à qui le Rabbi a dit, il y a quelques jours seulement : Tu es Pierre, et c’est sur cette pierre que je bâtirai mon Église, et les portes de l’Hadès ne l’emporteront pas sur elle (Mt 16, 18). L’auriez-vous déjà oublié ? En tout cas, pas moi. »
— « Ce que tu oublies, Pierre, dit André, son frère, c’est que si je n’étais pas venu te dire : Nous avons trouvé le Messie (Jn 1, 41), tu serais encore à réparer tes filets et à trimer sur le Lac de Tibériade. »
— « Mais pas du tout ! Je serais venu voir le nouveau Maître à qui tu t’étais attaché, et je me serais uni aussi à lui. » (lire la suite)
— « C’est facile à dire après coup, mais rien ne le prouve. »
L’autre Simon ne veut pas être de reste.
— « Je vous entend tous vanter vos soi-disant mérites. Eh bien, je vous rappelle que je suis le seul parmi vous à m’être engagé dès mon adolescence dans le parti des Zélotes. Moi, j’attendais le Messie avec impatience, et j’avais déjà embrassé sa cause, sans le connaître encore. Ma vocation ne date donc pas de la veille. Elle remonte loin dans le temps bien avant la vôtre. »
— « Ça c’est un comble ! Comment peux-tu dire une telle ineptie, Simon ? demande Judas. Moi, je me méfie des Zélotes, ce sont des gens violents. »
— « Ils savent ce qu’ils font, et veulent libérer notre pays de l’envahisseur romain. Tu ne vas tout de même pas me dire que tu souhaites le voir continuer de nous imposer son joug. Tu n’est quand même pas à la solde de Rome ! »
— « Ce n’est pas ce que je voulais dire, reprend Judas. Mais je vous ferai remarquer que c’est moi à qui Jésus fait le plus confiance, car c’est à moi qu’il a confié les cordons de la bourse. Il est vrai qu’il n’y a pas toujours grand chose dans cette bourse… »
— « On se demande pourquoi », lance l’un d’entre eux.
— « Qui a dit cela ? Qu’est-ce que cela veut dire ? »
— « Calme-toi, Thomas, dit Pierre. Dois-je vous rappeler chez qui nous allons ? »
— « À Capharnaüm », répond Jude.
— « Je n’ai pas dit : « où nous allons », mais « chez qui nous allons ? ». Jésus va descendre chez ma belle-mère, comme chaque fois qu’il vient à Capharnaüm. Qui d’entre vous a reçu le Maître dans sa famille ? Qui ? Personne ? Alors, tirez-en la conclusion qui s’impose. Et restons-en là. »

(à suivre…)

mercredi 22 février 2012

Humilité (2)


Humilité (2)

Matthieu ignore la remarque déplacée : « Parfaitement, j’ai travaillé dur pour obtenir ce poste. Je vous dépasse tous. »
— « Ce n’est pas parce que tu t’en es mis plein les poches sur notre dos que tu es plus important que nous », dit Jacques, le fils d’Alphée.
— « Dois-je vous rappeler que je suis le cousin du Seigneur ? » dit l’autre Jacques, fils de Zébédée.
— « Et moi aussi », s’empresse d’ajouter Jean.
— « Oui, mais c’est moi l’aîné », reprend Jacques le Majeur.
— « C’est vrai, mais c’est moi qui ai suivi le Maître le premier. »
— « Et moi, alors, tu m’oublies », dit André avec vivacité.
— « J’ai suivi le premier l’Agneau de Dieu que Jean le Baptiste nous a désigné, et toi tu n’as fait que me suivre. » (lire la suite)
— « Ce n’est pas vrai. Tu es un menteur. C’est moi qui ai emboîté le pas de Jésus le premier. »
— « De toute façon, il a une préférence pour moi. Cela, aucun d’entre vous ne peut le nier. C’est visible. »
— « Regardez-moi le petit chouchou, comme il est attendrissant ! dit Thomas, tu vas nous faire pleurer. »
Les esprits s’échauffent. Des bribes de la dispute puérile parviennent à Jésus. Il laisse faire. Il connaît bien ses apôtres, et sait qu’il faudra du temps pour qu’ils soient bien formés, pour dégrossir leur caractère. Jésus est patient. Il a son temps.
Le vieux Nathanaël ne peut se retenir d’intervenir à son tour :
— « N’oubliez quand même pas l’éloge que Jésus a fait de moi : Voici un Israélite en qui il tout est droit (Jn 1, 47). Qui peut en dire autant ? »
Philippe n’a rien dit. Il ne voit pas très bien quoi revendiquer d’autre que d’être originaire de « Bethsaïde, la ville d’André et de Pierre » (Jn 1, 44). C’est plutôt maigre. Alors il dit, à l’adresse de Jacques et de Jean :
— « Il n’y a pas de mérite à être les cousins du Seigneur. Vous n’y êtes pour rien. Cela vous a été donné par les liens du sang. Moi je suis de la famille de Jésus par les liens de l’appel. »
Les protestations fusent de tous côtés :
— « Et nous alors ?
— « Nous pouvons tous en dire autant. »
— « Il n’y a pas que toi. »
— « Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! »

(à suivre…)

mardi 21 février 2012

Humilité (1)


Humilité (1)

Jésus est un fin observateur de la vie sociale. Rien ne lui échappe, parce que Dieu « connaît le cœur de tous » (Actes 1, 24). « Dieu connaît les cœurs » (Actes 15, 8). Il « sonde les cœurs et connaît quels sont les désirs de l’Esprit » (Romains 8, 27). « Nulle créature n'est cachée devant Dieu, mais tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte » (Hébreux 4, 13). C’est lui qui attire l’attention de ses apôtres sur la pauvre veuve qui met deux piécettes dans le trésor du Temple, qui représentent tout son avoir (Marc 13, 41-44).
Or donc, un jour il remarque « comment les invités choisissaient les places d’honneur » (Luc 14, 7). Lui-même avait été invité probablement par un pharisien, un notable de la ville, qui a lancé une invitation large à tous ses amis et connaissances (lire la suite) pour qu’ils partagent le repas avec le rabbi de Nazareth qui fait tant parler dans les chaumières. Et les gens se bousculent et se disputent pour être le plus près possible du Maître. Chacun trouve un prétexte pour arguer de son bon droit à être à la meilleure place. Nous avons tous tendance à nous croire très important, à nous juger au-dessus de ce que nous sommes vraiment, alors que nous sommes bien peu de chose…
Nous voyons les apôtres eux-mêmes se perdre à plusieurs reprises en des discussions stériles et puériles pour savoir lequel d’entre eux est le plus important ! Et chacun a ses bonnes raisons, ou qu’il croit telles, de revendiquer le maximum.
— « Vous voulez que je vous le dise ? Eh bien, c’est moi ! »
Cette déclaration suscite les protestations de tous :
— « Au nom de quoi, je me demande. »
— « Voyez quel toupet ! »
— « Mais enfin, pour qui se prend-il le Thaddée ? »
— « Tu es comme nous, un pêcheur. »
— « Ah non ! intervient Matthieu. Je ne suis pas pêcheur, mais collecteur d’impôts. »
— « Bah, quel sale métier, il n’y a pas de quoi se vanter », lance Judas, d’Iscariote.
— « Tu peux dire ce que tu veux, mais moi, j’ai dû faire des études, pour apprendre mon métier… »
— « … à voler les autres ! »

(à suivre…)

dimanche 19 février 2012

Le rayonnement du Christ (7)


Le rayonnement du Christ (7)

Notre Seigneur se chargera lui-même de rappeler à ses disciples fuyards et lâches qui se rendaient à leur village d’Emmaüs que Jésus de Nazareth « était un prophète puissant en œuvres et en paroles, devant Dieu et devant tout le peuple » (Luc 24, 19). C’était bien le sentiment de la foule, par exemple après la résurrection du fils de la veuve de Naïm : « Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu en disant : « Un grand prophète a surgi parmi nous » et « Dieu a visité son peuple ». Et le bruit s’en répandit dans toute la Judée et dans tout le pays d’alentour » (Luc 7, 16-17). Et encore, quand le paralytique que l’on avait fait descendre par une ouverture pratiquée dans le toit aux pieds de Jésus, à Capharnaüm, a été guéri, là aussi, et « prit ce sur quoi il était étendu et s’en alla chez lui en glorifiant Dieu. Tous alors furent pris de stupeur et se mirent à glorifier Dieu. Remplis de crainte, ils dirent : « Nous avons vu des merveilles aujourd'hui » (Luc 5, 25-26). Cela aurait très certainement été aussi notre réaction si nous avions été témoins de la scène. (lire la suite)
Nous comprenons alors aisément l’enthousiasme de la foule qui réserve un accueil triomphal à Jésus de Nazareth quand il fait son entrée solennelle dans la Cité Sainte : « Toute la foule des disciples, dans la joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus, en disant : « Béni soit celui qui vient, le roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux » (Luc 19, 37-38). Il y avait vraiment de quoi être enthousiaste.
Oui, les foules sont enthousiastes ! Et c’est on ne peut plus logique. Car « enthousiasme » vient du grec « en » et « theos », c’est-à-dire du fait « d’être en Dieu ». Être avec Jésus nous plonge dans l’intimité du Père et du Saint-Esprit. Cela donne un sens, un coloris, une saveur à la vie que rien d’autre ne peut nous apporter. Les hommes peuvent s’enthousiasmer pour des projets ou des aventures humaines, des exploits techniques ou sportifs. Mais le seul enthousiasme véritable, c’est celui qui est typiquement chrétien, celui qui naît et se développe au contact de Dieu et qui n’est pas conditionné par les « changements climatiques » ou les « variations saisonnières », qu’ils se fassent sentir en dehors ou au-dedans de l’âme. « Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort » (Jean 8, 51). L’union à Dieu suffit largement à nourrir et à développer cet enthousiasme surnaturel avec la joie qu’il entraîne automatiquement.

(fin)

samedi 18 février 2012

Le rayonnement du Christ (6)


Le rayonnement du Christ (6)

Jésus nous a rendu Dieu accessible. Il s’est fait proche de nous, un de nous. moyennant quoi, nous sommes impardonnables si nous refusons de le reconnaître et de l’accueillir. D’autant que « tu nous a faits pour toi, seigneur, et comme notre cœur est inquiet tant qu’il ne repose pas en toi » (saint Augustin, Confessions 1, 1, 1). Ce cœur inquiet est celui qui « ne se contente de rien de moins que de Dieu et, précisément ainsi, devient un cœur qui aime. Notre cœur est inquiet à l’égard de Dieu et il le reste, même si aujourd’hui on s’efforce, avec des « narcotiques » très efficaces, de libérer l’homme de cette inquiétude » (Benoît XVI, Homélie pour l’Épiphanie, 6 janvier 2012). (lire la suite)
Le pape ajoute une considération très profonde et très encourageante à la fois. À cette inquiétude humaine correspond une inquiétude divine. Ou, pour être plus exact, l’inquiétude divine précède celle qu’il a lui-même fait naître dans le cœur de l’homme. « Ce ne sont pas seulement nous, les êtres humains, qui sommes inquiets par rapport à Dieu. Le cœur de Dieu est inquiet pour l’homme. Dieu nous attend. Il nous cherche. Il n’est pas tranquille lui non plus tant qu’il ne nous a pas trouvés. Le cœur de Dieu est inquiet, et c’est pour cela qu’il s’est mis en chemin vers nous – vers Bethléem, vers le Calvaire, de Jérusalem à la Galilée et jusqu’aux confins du monde » (Ibid.). C’est, certes, une façon humaine de parler. Mais nous sommes bien obligés de faire appel à nos catégories humaines pour essayer de nous expliquer l’Amour que Dieu nous porte. Nous ne pouvons le comprendre, faiblement, qu’en raisonnant de la sorte.
Cet empressement de Dieu à venir nous rejoindre dans notre existence humaine est vraiment impressionnante. « Dieu est inquiet à notre égard, il est à la recherche de personnes qui se laissent gagner par son inquiétude, par sa passion pour nous. De personnes qui portent en elles la recherche qui est dans leur cœur et, en même temps, qui se laissent toucher dans leur cœur par la recherche de Dieu à notre égard » (Ibid.). Il attend donc de nous que nous écoutions sa voix, que nous nous laissions toucher par sa tendresse, que nous répondions à son appel. Et ce, afin de faire comprendre à nos semblables à quel point Dieu les aime, de les amener à découvrir cette inquiétude divine à leur endroit.
« Chers amis, c’est la tâche des Apôtres d’accueillir l’inquiétude de Dieu à l’égard de l’homme et de porter Dieu lui-même aux hommes. Et c’est votre tâche sur les pas des Apôtres de vous laisser toucher par l’inquiétude de Dieu afin que le désir de Dieu à l’égard de l’homme puisse être satisfait » (Ibid.). Nous devrions nous sentir impliqués très directement dans cette tâche, qualifiée de nos jours de « nouvelle évangélisation ».
Mais revenons à l’environnement dans lequel Jésus évolue.

(à suivre…)

vendredi 17 février 2012

Le rayonnement du Christ (5)


Le rayonnement du Christ (5)

Il était écrit : « Ton Dieu te suscitera du milieu de toi, d’entre tes frères, un prophète tel que moi : vous l’écouterez » (Deutéronome 18, 15). Cette annonce s’est réalisée : « Aujourd’hui se trouve accompli devant vous ce passage de l’Écriture » (Luc 4, 21). Moïse et les prophète sont parlé au nom de Dieu, en tant qu’il les avait envoyés auprès des hommes pour leur faire connaître sa Volonté. Avec Jésus, c’est différent. Il est lui-même la Parole de Dieu. Ses auditeurs « admiraient surtout son pouvoir, [… parce qu’] il ne leur parlait pas avec des paroles d’autrui, comme les prophètes et Moïse, mais qu’à chaque arole il montrait qu’il possédait cette autorité par lui-même » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur l’Évangile de saint Matthieu 25, 1). (lire la suite)
Ce n’est pas une parole austère et menaçante. Dieu n’est plus un Dieu caché et lointain. Il s’adresse directement aux hommes. Et ceux-ci peuvent à leur tout entrer en relation avec lui, lui parler, lui ouvrir leur cœur, lui poser des questions en toute confiance, et recevoir de lui lumière, orientations pratiques et réconfort.
Jésus est le dernier des prophètes qui devait venir au monde, comme la foule le reconnaît avec émerveillement (Jean 6, 14). Il nous enseigne les mystères de al vie intime de Dieu et ce que doivent être les relations entre les hommes, empreintes d’une charité exquise et de pardon mutuel, à l’image de l’Amour qu’il nous porte : « Je vous donne un commandement nouveau : Que vous vous aimiez-vous les uns les autres, et que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 13, 34).
Comme nous comprenons l’enthousiasme des foules : « N’avions-nous pas le cœur tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, nous expliquant les Écritures ? » (Luc 24, 32). Ce devait être le sentiment profond des gens en l’entendant : ils repartaient en glorifiant Dieu, le cœur joyeux et pacifié. Du moins les gens au cœur droit. Parce que certains se fermaient à la Vérité. À eux s’appliquent ces paroles divines : « Si quelqu’un n’écoute pas mes paroles qu’il dira en mon nom, c’est moi qui lui en demanderait des comptes » (Deutéronome 18, 19).

(à suivre…)

jeudi 16 février 2012

Le rayonnement du Christ (4)


Le rayonnement du Christ (4)

Les gens sont saisis de stupeur à un tel spectacle, en soi terrifiant. Et ils se disaient l’un à l’autre : « Qu’est-ce que cette parole, qu’il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs ? » (Luc 4, 36), ce qui, en soi, est, en effet, bien extraordinaire, du jamais vu. Mais il y a plus : comment se fait-il que, l’ayant entendu, ces esprits mauvais « s’en aillent ? » (Luc 4, 36). Cela pose encore plus d’interrogations. Il s’agit en vérité d’un « enseignement nouveau, donné d’autorité » (Marc 1, 27). C’est bien ce qui tranche avec les prêches habituels du sabbat et le rappel lancinant et étouffant des innombrables prescriptions à observer et des interdits sans nombre rajoutés par les rabbins, qui coupent les ailes à la liberté et enferment les hommes dans une attitude craintive face à Dieu. Avec Jésus, c’est tout autre chose. « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres « (Jean 8, 32). C’est bien Jésus en Personne qui nous libère de l’esclavage, de l’esclavage du péché, et lui seul. (lire la suite)
« Et sa renommée se répandit tout de suite partout, dans tous les alentours de la Galilée » (Marc 1, 28). Si nous en croyons saint Marc, cet épisode se situe au début du ministère public du Seigneur. Donc sans doute peu après le miracle de l’eau changée en vin aux noces de Cana (cf. Jean 2, 1-12). Et il est probable qu’en plus des premiers disciples, qui deviendront ses apôtres (cf. Marc 1, 16-20), d’autres disciples aient commencé à s’attacher alors au Maître. D’autant que « les gens étaient dans l’admiration pour l’enseignement qu’il donnait, car il le faisait en homme qui détient l’autorité, non comme les scribes » (Marc 1, 22). C’est la même idée. L’on sent que cette réaction unanime a frappé l’évangéliste et qu’il tient à la consigner plusieurs fois, pour qu’il soit bien clair qu’il ne s’agit pas d’un épisode isolé, mais bien d’un émerveillement permanent et que la présence de Jésus et la force de sa Parole emportent la conviction des auditoires les plus variés, au point même, avons-nous vu, que nombre de notables étaient gagnés à sa cause.
Et lorsque le Seigneur redonne la vue à l’aveugle qui « était assis au bord du chemin, [et] qui mendiait » (Luc 18, 35), aux abords de Jéricho, « tout le peuple, à cette vue, célébra les louanges de Dieu » (Luc 18, 43), tout comme, dans la nuit de Noël, alors qu’ils n’avaient contemplé qu’un « nouveau-né emmailloté et couché dans une crèche » (Luc 1, 12), les bergers « s’en retournèrent en glorifiant et en louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été dit » (Luc 2, 22).

(à suivre…)

mercredi 15 février 2012

Le rayonnement du Christ (3)


Le rayonnement du Christ (3)

La réaction et le commentaire des gens qui écoutent Jésus parler et qui le voient agir et opérer des miracles sont identiques quand Jésus s’arrête à « Capharnaüm, ville de Galilée » et qu’il « leur donnait l’enseignement les jours de sabbat » (Luc 4, 31) dans la synagogue de la ville, « selon sa coutume » (Luc 4, 16) partout où il se rendait. Saint Luc note, en effet, que « les gens étaient dans l’admiration pour l’enseignement qu’il donnait parce que sa parole était pleine d’autorité » (Luc 4, 32). Or, voici qu’un jour de sabbat, alors qu’il est en train de prêcher dans la synagogue, il s’y trouve « un démoniaque possédé d’un esprit impur qui se mit à crier très fort : « Ah ! laisse-moi tranquille, Jésus de Nazareth ! Tu es venu pour notre ruine ! Je sais qui tu es : le Saint de Dieu ! » (Luc 4, 33-34). La scène a dû être impressionnante. Les gens ont les sangs glacés en entendant cet homme possédé du démon, qui devait être repoussant à voir et à l’air menaçant.(lire la suite)
Remarquons que Jésus ne lui a rien dit. Il ne lui a pas adressé la parole. Et pourtant le démoniaque se sent agressé par la seule présence du Maître. Dieu et le diable ne font pas bon ménage. Et il est manifeste que le démon ne peut pas supporter la présence de Dieu. Il faut qu’il s’enfuie.
La scène a d’autant plus frappé les esprits que tous entendent cet homme répugnant qualifier Jésus de « Saint de Dieu ! » Les Pharisiens et les docteurs de la Loi ne reconnaissent pas en lui le Messie, et il faut que ce soit le diable en personne qui le proclame ! C’est bouleversant. La Vérité s’impose même aux démons qui ignorent pourtant ce que vrai veut dire. Mais il faut bien proclamer que Jésus est le Christ Sauveur. « Je vous le dis, si ceux-ci se taisent, les pierres crieront » (Luc 19, 40).
Alors « Jésus lui dit d’un ton impératif : « Tais-toi et sors de lui ! » (Luc 4, 35). Il n’est pas question pour lui d’obtempérer à l’injonction du démon. Il est effectivement venu pour sa perte. Et nul ne peut résister à la Parole de Dieu qui peut revêtir une force incroyable dans certaines circonstances, comme à Gethsémani, quand, ayant répondu : « C’est moi ! » à ceux qui disaient chercher Jésus de Nazareth, afin de l’arrêter, à ces mots tous « reculèrent et tombèrent à terre » (Jean 18, 6).
Jésus commande avec force. « Alors le démon, après l’avoir jeté à terre devant tout le monde, sortit de lui sans lui faire aucun mal » (Luc 4, 35), ce qui est digne d’être souligné, parce que le diable est plutôt du genre violent. Il se contente ici de secouer son possédé « frénétiquement et, poussant un grand cri, il sortit de lui » (Marc 1, 26). Ce qui a dû être effroyable à entendre. C’est un cri de rage de devoir décamper de cette âme dont le diable s’était emparée et qu’il croyait désormais sienne à tout jamais.

(à suivre…)

lundi 13 février 2012

Le rayonnement du Christ (2)


Le rayonnement du Christ (2)

Oui, il existe des notables qui croient en Jésus-Christ, mais les Pharisiens l’ignorent. C’est le cas de Nicodème, qualifié précisément de « notable parmi les Juifs », venu « trouver Jésus de nuit » (Jean 3, 1-2). C’est également le cas de Joseph d’Arimathie, qui était disciple – il croit en Jésus au point d’être devenu un de ses disciples – mais en secret, par crainte des Juifs » (Jean 20, 38), c’est-à-dire des autorités juives qui, si elles l’avaient appris, l’auraient excommunié illico. Sans compter que, après la Pentecôte, « des prêtres, en masse, adhéraient à la foi » (Actes 6, 7). Nous pouvons penser que certains au moins s’étaient intérieurement rangés du côté du Christ, en secret également. (lire la suite)
« Ou parmi les Pharisiens » (Jean 7, 48) y en a-t-il qui croient en lui ? Là encore, ils méconnaissent la réalité : « Parmi les notables, beaucoup crurent en lui ; mais, à cause des Pharisiens, ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue » (Jean 12, 42), comportement qui, souligne saint Jean, montre qu’ils préféraient, du moins à ce moment-là, « la gloire humaine à la gloire de Dieu » (Jean 12, 43).
La réponse des gardes irrite d’autant plus les grands prêtres et les Pharisiens qu’elle leur rappelle la réaction fréquente des foules, qu’ils méprisent parce qu’ils jugent qu’elles n’ont pas « la science de la Loi, ce sont des maudits » (Jean 7, 49). Or, « les gens étaient dans l’admiration pour l’enseignement qu’il donnait, car il le faisait en homme qui détient l’autorité, et non comme les scribes » (Marc 1,22), ce qui n’est guère flatteur pour ces derniers. Mais c’est la triste vérité, ou la vérité joyeuse, si l’on regarde les faits du côté du Seigneur.
Un jour, alors que Jésus venait de conclure la parabole de la maison bâtie sur le roc, qui ne s’est pas écroulée, mais qui a tenu bon à l’emprise du torrent et du vent violent qui s’était déchaîné contre elle (Matthieu 7, 24-27), « les foules étaient dans l’admiration pour l’enseignement qu’il donnait » (Matthieu 7, 28). Elles n’avaient jamais rien entendu de pareil, d’aussi simple et d’aussi profond, d’aussi parlant également. Tout le monde pouvait comprendre et tirer un enseignement concret pour sa propre vie. Entendre le Seigneur donnait envie d’être plus fidèle à la Loi transmise par Moïse, d’aimer davantage le Tout-Puissant, d’améliorer l’un ou l’autre point de son comportement. Ils n’étaient pas envoûtés par une sorte de gourou avant la lettre aux pouvoirs magiques. Non ! Ils sentaient la force de l’Amour authentique. Ils voyaient quelqu’un qui s’intéressait sincèrement aux gens, qui venait les rejoindre dans ce qui constitue leur vie quotidienne, pour les élever vers le Père. À son contact, les individus éprouvaient l’envie d’être meilleurs. En même temps, le Seigneur sait se montrer exigeant. Ce qui n’est pas pour déplaire quand on en voit la raison surnaturelle. La foule reconnaît que notre Seigneur enseigne « en homme qui détient l’autorité, et non comme leurs scribes » (Matthieu 7, 29).

(à suivre…)


Oui, il existe des notables qui croient en Jésus-Christ, mais les Pharisiens l’ignorent. C’est le cas de Nicodème, qualifié précisément de « notable parmi les Juifs », venu « trouver Jésus de nuit » (Jean 3, 1-2). C’est également le cas de Joseph d’Arimathie, qui était disciple – il croit en Jésus au point d’être devenu un de ses disciples – mais en secret, par crainte des Juifs » (Jean 20, 38), c’est-à-dire des autorités juives qui, si elles l’avaient appris, l’auraient excommunié illico. Sans compter que, après la Pentecôte, « des prêtres, en masse, adhéraient à la foi » (Actes 6, 7). Nous pouvons penser que certains au moins s’étaient intérieurement rangés du côté du Christ, en secret également.
« Ou parmi les Pharisiens » (Jean 7, 48) y en a-t-il qui croient en lui ? Là encore, ils méconnaissent la réalité : « Parmi les notables, beaucoup crurent en lui ; mais, à cause des Pharisiens, ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue » (Jean 12, 42), comportement qui, souligne saint Jean, montre qu’ils préféraient, du moins à ce moment-là, « la gloire humaine à la gloire de Dieu » (Jean 12, 43).
La réponse des gardes irrite d’autant plus les grands prêtres et les Pharisiens qu’elle leur rappelle la réaction fréquente des foules, qu’ils méprisent parce qu’ils jugent qu’elles n’ont pas « la science de la Loi, ce sont des maudits » (Jean 7, 49). Or, « les gens étaient dans l’admiration pour l’enseignement qu’il donnait, car il le faisait en homme qui détient l’autorité, et non comme les scribes » (Marc 1,22), ce qui n’est guère flatteur pour ces derniers. Mais c’est la triste vérité, ou la vérité joyeuse, si l’on regarde les faits du côté du Seigneur.
Un jour, alors que Jésus venait de conclure la parabole de la maison bâtie sur le roc, qui ne s’est pas écroulée, mais qui a tenu bon à l’emprise du torrent et du vent violent qui s’était déchaîné contre elle (Matthieu 7, 24-27), « les foules étaient dans l’admiration pour l’enseignement qu’il donnait » (Matthieu 7, 28). Elles n’avaient jamais rien entendu de pareil, d’aussi simple et d’aussi profond, d’aussi parlant également. Tout le monde pouvait comprendre et tirer un enseignement concret pour sa propre vie. Entendre le Seigneur donnait envie d’être plus fidèle à la Loi transmise par Moïse, d’aimer davantage le Tout-Puissant, d’améliorer l’un ou l’autre point de son comportement. Ils n’étaient pas envoûtés par une sorte de gourou avant la lettre aux pouvoirs magiques. Non ! Ils sentaient la force de l’Amour authentique. Ils voyaient quelqu’un qui s’intéressait sincèrement aux gens, qui venait les rejoindre dans ce qui constitue leur vie quotidienne, pour les élever vers le Père. À son contact, les individus éprouvaient l’envie d’être meilleurs. En même temps, le Seigneur sait se montrer exigeant. Ce qui n’est pas pour déplaire quand on en voit la raison surnaturelle. La foule reconnaît que notre Seigneur enseigne « en homme qui détient l’autorité, et non comme leurs scribes » (Matthieu 7, 29).

(à suivre…)

dimanche 12 février 2012

Le rayonnement du Christ (1)


Le rayonnement du Christ (1)

Les grands prêtres et les Pharisiens avaient envoyé des gardes avec l’ordre exprès d’arrêter Jésus. « Le dernier jour de la fête, le plus solennel », il venait de s’écrier : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive ! » (Jean 7, 37). En l’écoutant parler certains disaient : « C’est vraiment lui le Prophète. » D’autres disaient ; « C’est lui le Messie » (Jean 7, 45). Mais il n’emportait pas l’unanimité, car d’autres encore restaient sceptiques, abusés par le titre de « Jésus de Nazareth » sous lequel ils le connaissaient. Aussi se demandaient-ils : « Est-ce de Galilée que doit venir le Messie ? L’Écriture n’a-t-elle pas dit que le Messie doit venir de la descendance de David et de Bethléem, le bourg d’où était David ? » (Jean 7, 41-42). Ils ont raison et tort à la fois. Raison, parce que leur affirmation scripturaire est véridique. Tort, parce que leur raisonnement est faussé, du fait qu’ils ignorent que Jésus est né précisément à Bethléem (Matthieu 2, 1), et que ses parents, Joseph et Marie, sont tous deux de la lignée davidique (Matthieu 1, 20 ; Luc 2, 5). (lire la suite)
Dans le Temple, ce jour-là, « certains d’entre eux voulaient l’appréhender ; mais personne ne mit la main sur lui » (Jean 7, 44), y compris, ce qui est plus extraordinaire, les gardes diligentés expressément pour se saisir de lui. Le rayonnement personnel de Jésus est exceptionnel. Il s’est manifesté tout au long de sa vie. Les cœurs droits, les âmes simples se sont laissés toucher par la grâce qui émane de lui. « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » (Jean 7, 45) demandent les grands prêtres et les Pharisiens, passablement irrités et déçus d’échouer une fois de plus dans leur intention perfide d’en finir avec le rabbi. La réponse des gardes est désarmante de simplicité : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme » (Jean7, 46). Ce qui sous-entend que l’enseignement prodigué chaque sabbat à la synagogue fait bien pâle figure face à la puissance de conviction de Jésus, à la profondeur de sa pensée, à la richesse du contenu de sa prédication, à l’accessibilité de son propos au tout venant grâce au recours aux paraboles qui parlent de la vie courante de tout un chacun.
« Sur quoi, les Pharisiens leur répliquèrent : « Est-ce que vous aussi, vous vous seriez laissés tromper ? » (Jean 7,47) ou abuser par son discours qu’ils considèrent pernicieux et dangereux pour la préservation de la Loi… et de leur pouvoir. Ils ajoutent : « Est-ce que, parmi les notables, il en est un qui ait cru en lui ? » (Jean 7, 48).

(à suivre…)