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dimanche 17 janvier 2010

Un réseau clandestin de Pie XII pour aider les juifs

Un réseau clandestin de Pie XII pour aider les juifs


La preuve vivante d’un réseau clandestin de Pie XII pour aider les juifs
Entretien avec l’un de ses membres, don Giancarlo Centioni

ROME, Vendredi 15 janvier 2010 (ZENIT.org) - Certains secteurs de l'opinion publique ont demandé ces dernières semaines des preuves de l'aide que Pie XII a apportée aux juifs durant la persécution nazie. Le prêtre italien Giancarlo Centioni, âgé de 97 ans, en est la preuve vivante car il est le dernier membre en vie du réseau clandestin créé par le pape Pacelli.

Entre 1940-1945, il était aumônier militaire à Rome au sein de la Milice volontaire pour la sécurité nationale et vivait chez des prêtres allemands de la Société de l'apostolat catholique (les pères Pallotins), qui l'ont impliqué dans ce réseau d'aide. (lire la suite)

« Comme j'étais un aumônier fasciste, il était plus facile d'aider les juifs », explique-t-il dans un entretien accordé à ZENIT et à l'agence multimédia www.h2onews.org, pour expliquer les raisons ayant motivé le choix de le faire participer à une opération à risque.

« Mes confrères Pallotins, venus de Hambourg, avaient fondé une société, la société 'Raphaël's Verein' (société de Saint Raphaël), instituée pour venir en aide aux juifs », révèle-t-il.

Un des objectifs du réseau consistait à faire sortir des juifs d'Allemagne et, en les faisant passer par l'Italie, de leur faire gagner la Suisse ou Lisbonne (Portugal), raison pour laquelle le réseau comptait sur un un certain nombre d'hommes dans chacun de ces quatre pays. Au fil du temps, des juifs ont rejoint eux aussi ce réseau.

En Allemagne, se souvient don Centioni, la société était conduite par le père Josef Kentenich, connu dans le monde comme le fondateur du Mouvement apostolique de Schönstatt. Ce père pallotin a ensuite été fait prisonnier et enfermé dans le camp de concentration de Dachau jusqu'à la fin de la guerre.

« A Rome, au numéro 57 de la Via Pettinari, le chef de toute cette activité était le père Anton Weber, qui était en contact direct avec Pie XII et la Secrétairerie », raconte le père italien.

Une des activités principales du réseau consistait à remettre passeports et argent aux familles juives pour qu'elles puissent s'enfuir.

« L'argent et les passeports étaient donnés par le père Anton Weber et remis aux personnes. Mais lui-même l'obtenait directement [sur la vidéo de l'entretien, le père insiste sur le mot ‘directement'] de la secrétairerie d'Etat, au nom et pour le compte de Pie XII ».

« A Rome, au moins 12 prêtres allemands ont participé avec moi à cette opération de secours », poursuit le prêtre, expliquant que la police italienne avait elle aussi apporté une aide décisive, en particulier le sous-préfet de police de Mussolini, Romeo Ferrara, qui lui disait où se trouvaient les familles juives auxquelles il devait livrer les passeports, « même de nuit ».

Parmi ceux qui ont été aidés par le père Centioni à Rome se trouve la famille Bettoja, juive, propriétaire d'hôtels en ville.

Le policier l'avait envoyé chez eux de nuit, habillé en aumônier militaire italien, pour ne pas se faire arrêter par les soldats allemands.

Le père se souvient très bien de la peur éprouvée et des difficultés rencontrées durant l'opération, la famille qu'il devait aider étant elle-même méfiante.

« Je frappais à leur porte, mais ils ne voulaient pas ouvrir. A la fin j'ai dit : 'regardez, je suis prêtre, un aumônier, je viens pour vous aider, pour vous apporter un laisser-passer' ».

« 'Jurez-le', a répondu une voix de l'autre côté de la porte. 'Je le jure, me voici, vous pouvez me voir à travers le judas' ».

Le père italien a été reçu par madame Bettoja et ses enfants.

« J'ai dit : ‘Prenez votre voiture et partez de chez vous avant sept heures, car à sept heures, de la frontière du Latium vous pouvez aller à Gênes. Ils ont pris la fuite et ont eu la vie sauve. C'est une des nombreuses familles ».

Les interventions du réseau ont commencé avant l'invasion allemande en Italie, précise le père Centioni, et durèrent, « au moins, pour ce que j'en sais, jusqu'à après 1945, car les liens entre le père Weber, le Vatican et les juifs étaient très intenses ».

« Tant de braves gens », commente-t-il, pensant surtout aux familles juives.

« Parmi ceux qui nous ont ensuite aidés il y a eu deux juifs que nous avons cachés : un homme de lettres, (Melchiorre) Gioia, et un grand musicien auteur compositeur de Vienne de l'époque, qui écrivait des chansons et composait des opérettes, Erwin Frimm ».

Le prêtre les avait cachés dans des maisons à Rome, en l'occurrence dans sa résidence religieuse de Via Pettinari, 57.

« Et eux nous ont beaucoup aidés en nous donnant des indications précises », reconnaît-il. Une action où l'on pouvait risquer sa propre vie, comme le prêtre a pu vite le constater.

« J'ai aidé Ivan Basilius, un espion russe, sans savoir qu'il était russe ou espion. Hélas les SS l'arrêtèrent et dans son calepin se trouvait mon nom. Alors, ciel ouvre-toi ! Le Saint-Siège m'appela, Son Excellence Hudal [haut et influent prélat allemand à Rome] et me dit : « venez ici, les SS viennent vous arrêtez ». « Qu'est-ce que j'ai fait? ». « Vous avez aidé un espion russe ». « Moi? Qu'est-ce que j'en sais? C'est qui? ». Alors je me suis enfui.

Don Centioni, en tant qu'aumônier, connaissait l'officier allemand Herbert Kappler, commandant de la Gestapo à Rome et auteur du massacre des Fosses ardéatines, où furent assassinés 335 Italiens, dont beaucoup de civils et de juifs.

« Durant la période allemande, après le massacre du mois de mars [aux Fosses ardéatines], j'ai dit à Kappler, que je voyais souvent : ‘pourquoi n'avez-vous pas appelé les aumôniers militaires aux Fosses ardéatines?'. ‘Parce que je les aurais éliminés et vous aurais éliminé vous aussi », avait répondu l'officier nazi.

Don Centioni garantit que les centaines de personnes qu'il a secourues savaient qui était derrière tout ça, c'est pourquoi il insiste : « Pie XII les aidait, à travers nous les prêtres, à travers la ‘Raphael's Verein' ».

Le cas de don Centioni a été découvert et analysé, en le comparant à d'autres témoignages, par la Pave the Way Foundation (http://www.ptwf.org), fondée par le juif de New York Gary Krupp.

L'avocat italien Daniele Costi, président de la fondation en Italie, garantit la bonne foi de cet entretien.

Le récit trouve confirmation dans la remise d'une décoration à don Centioni par le gouvernement polonais en exil (une croix en or avec deux épées « pour notre et votre liberté »).

Le prêtre italien cite en outre les manifestations de gratitude reçues par certains juifs qu'il avait aidés : M.M. Zoe et Andrea Maroni, le professeur Melchiorre Gioia, le professeur Aroldo Di Tivoli, les familles Tagliacozzo et Ghiron, dont les enfants ont pu avoir la vie sauve, en gagnant les Etats-Unis, munis de passeports de fortune délivrés par l'intermédiaire du Vatican.

[Pour voir l'entretien: www.h2onews.org]
Propos recueillis par Jesús Colina

jeudi 24 décembre 2009

La nuit de Noël 1914

La nuit de Noël 1914

(une pièce allemande de 220 bombarde la cathédrale de Reims. Le curé et les enfants morts regardent la scène et prient, le 24 décembre aux douze coups de minuit)
Canon 1 Boum !
Voix Gloria in excelsis Deo et in terra pax hominibus bonae voluntatis !
Curé Dieu est vivant !
Enfants Sauvez la France !

Canon 2 Boum !
Voix Laudamus te !
Curé Dieu enfant ! Dieu innocent ! Dieu fait homme ! Dieu avec nous !
Enfants Sauvez la France ! (lire la suite)

Canon 3 Boum !
Voix Benidicimus te ! Adoramus te ! Glorificamus te ! Gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam !
Curé Jésus-Christ, Fils de Dieu !
Enfants Sauvez la France !

Canon 4 Boum !
Voix Domine Deus, Rex cœlestis, Deus Pater Omnipotens !
Curé Seigneur Dieu, Notre Père tout-puissant !
Enfants Sauvez la France !

Canon 5 Boum !
Voix Domine Fili Unigenite, Jesu-Christe ; Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patri !
Curé Petit enfant nouveau-né !
Enfants Sauvez la France !

Canon 6 Boum !
Voix Qui tollis peccata mundi, miserer nobis !
Curé Jésus qui ne voulez pas la mort du pécheur, mais qu'il vive !
Enfants Sauvez la France !

Canon 7 Boum !
Voix Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nsotram ! Qui sedes ad dexteram Patris...
Curé Jésus qui aimez la France !
Enfants Sauvez la France !

Canon 8 Boum !
Voix Miserere nobis !
Curé Par votre divinité !
Enfants Sauvez la France !

Canon 9 Boum !
Voix Quoniam tu solus Sanctus !
Curé Par votre humanité ! Par les entrailles de votre humanité !
Enfants Sauvez la France !

Canon10 Boum !
Voix Tu solus Dominus, tu solus Altissimus !
Curé Sauvez la France !
Enfants Sauvez la France !

Canon11 Boum !
Voix Jesu-Christe !
Curé Jésus-Christ !
Enfants Sauvez la France !

Canon12 Boum !
Voix Cum Sancto spiritu in gloria Dei Patris !
Curé Jésus-Christ, sauvez la France !
Enfants Jésus-Christ, sauvez la France ! Jésus-Christ, sauvez la France ! Jésus-Christ, sauvez la France !
Voix Amen !

Paul Claudel, La Nuit de Noël 1914.

mercredi 30 juillet 2008

Le decret nazi de persecution des caholiques en 1943

Le décret nazi de persécution des caholiques en 1943

Ordonnance de Kaltenbrunner
chef de l'Office entral de sécurité du Reich
contre « l'activité de l'action catholique française parmi les travailleurs français dans le Reich »
Berlin, le 3 décembre 1943

cité par Mgr Charles Molette, La « Mission Saint Paul » traquée par la Gestapo. Persécution et déportation des militants de l'apostolat catholique français en Allemagne, Paris, François-Xavier de Guibert, 2003.

Du fait de la venue croissante de travailleurs civils français dans le Reich, l'Église catholique de France a essayé (lire la suite) d'obtenir, d'abord par voies de négociation, une assistance morale régulière à ses compatriotes en Allemagne par des prêtres français. Ces demandes ont été repoussées par principe, en raison de l'attitude germanophobe manifestée dès le début par les cardinaux, évêques et prêtres français et à cause du sabotage constant de leur emploi par les travailleurs français dans le Reich. Le secours religieux des travailleurs civils français, belges, hollandais, etc. par des ecclésiastiques de leur pays est et reste interdit et doit être jugulé par tous les moyens.
Par de nombreux renseignements récents il est désormais établi que l'Église catholique de France a entrepris sur une vaste échelle, non seulement par des procédés illégaux de gagner aux idées catholiques les travailleurs civils français, mais encore de les influencer d'une façon intensive dans le sens de leurs objectifs politiques anti-allemands et de les rassembler dans des groupes avec une association fortement organisée.
L'action catholique française cherche à atteindre son but :
1° par l'engagement de nouveaux prêtres et séminaristes français venus dans le Reich, camouflés en travailleurs civils volontaires ;
2° par l'association catholique de jeunes travailleurs « Jeunesse ouvrière chrétienne » (J.O.C., nommée aussi « jocistes »).

Suivent deux annexes et sept « mesures politiques », la dernière étant rédigée comme suit : « 7° Pour une efficace exécution des mesures édictées, il est requis qu'en ce domaine soient étendus et activés les services de répression. »

samedi 25 août 2007

Paris et la conversation

Paris et la conversation

Voici une réflexion de Madame de Staël sur Paris et la conversation, tirée de son ouvrage De l’Allemagne.

« Il me semble reconnu que Paris est la ville du monde où l’esprit et le goût de la conversation sont le plus généralement répandus ; et ce qu’on appelle le mal du pays, ce regret indéfinissable de la patrie […] s’applique particulièrement à ce plaisir de causer que les Français ne retrouvent nulle part au même degré que chez eux. […]
La parole n’y est pas seulement, comme ailleurs, un moyen de communiquer ses idées, ses sentiments et ses affaires, mais c’est un instrument dont on aime à jouer, et qui ranime les esprits, comme la musique chez quelques peuples, et les liqueurs fortes chez quelques autres. »