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jeudi 26 juillet 2012

Marie-Madeleine (5)

Marie-Madeleine (5)

Quel bel exemple de prière nous donne Marie-Madeleine, et quelle assurance d’être exaucés au-delà de nos attentes nous apporte le Seigneur ! « Il faut mesurer avec quelle force l’amour avait embrasé l’âme de cette femme qui ne s’éloignait pas du tombeau du Seigneur, même lorsque les disciples l’avait quitté. Elle recherchait celui qu’elle ne trouvait pas, elle pleurait en le cherchant, et, embrasée par le feu de son amour, elle brûlait du désir de celui qu’elle croyait enlevé. C’est pour cela qu’elle a été la seule à le voir, elle qui était restée pour le chercher, car l’efficacité d’une œuvre bonne tient à la persévérance, et la Vérité dit cette parole : Celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé » (saint Grégoire le Grand, Homiliæ in Evangelia 25, 2). (lire la suite)
Le comportement tout entier de Marie-Madeleine était une prière. Pierre et Jean se sont contentés d’observer, bien que Jean « vit et il crut » (Jean 20, 8). Prient-ils ? Marie-Madeleine est restée à côté du tombeau, voulant accompagner celui qui n’était plus là et qui était cependant beaucoup plus présent qu’elle ne pouvait l’imaginer. Elle l’apprendra peu à peu : Dieu est présent dans l’âme en état de grâce. Car voici quelle « est la première parmi toutes les choses belles et honnêtes : toujours posséder Dieu » (saint Grégoire de Nazianze, Epistulæ 212). Notre Seigneur est en nous à demeure. Notre âme deviendra le temple du Saint-Esprit (cf. 1 Corinthiens 6, 19), quand elle recevra l’effusion de la Pentecôte. Elle sentira que ce Jésus qu’elle aime tant ne la quittera plus et qu’il l’aime, lui, infiniment plus qu’elle ne peut l’aimer. L’exemple de Marie-Madeleine qui persévère dans sa fidélité au Seigneur en des moments particulièrement difficiles nous apprend que celui qui cherche Jésus-Christ avec sincérité et constance finit par le trouver, car notre Dieu n’est pas un Dieu lointain. Et, malgré nos infidélités, Jésus nous appelle « frères » et « amis ». (à suivre…)

mardi 29 mai 2012

La Pentecôte (8)

La Pentecôte (8)

Marie occupe une place privilégiée. Elle se situe à un point que nous pourrions qualifier de névralgique. Le point névralgique par excellence. Celui qui met directement l’homme en contact avec Jésus-Christ et avec l’Esprit Saint. Elle est tout d’abord la fille de Dieu le Père, comme tout être humain. Dans l’ordre chronologique, elle devient ensuite l’Epouse du Saint-Esprit, qui vient en elle au jour de l’Annonciation. Et, par suite de l’obombration du Saint-Esprit, elle est aussitôt la Mère de Dieu le Fils. Elle obtient la maternité divine, dont le prolongement est sa maternité spirituelle. Marie est la première Adoratrice de Dieu. Tous les éléments sont réunis en elle pour qu’elle le soit. (lire la suite) Toute les grâces les plus élevées, tous les privilèges les plus éclatants et hors du commun lui sont accordés pour qu’elle le soit. L’Esprit Sanctificateur met en elle, puis sous ses yeux, le Fils de Dieu, Dieu lui-même, Dieu fait homme, son propre Fils, le Verbe éloquent du Père. Quelle adoration ininterrompue de Dieu chez Marie ! Quelle adoration intense. D’une grande densité. Qui prend la tête et le Cœur de Marie.
Une adoration dense. Il ne s’agit pas d’une action statique. Elle est essentiellement dynamique. Cette adoration de Marie est un dialogue constant avec les trois Personnes divines, un dialogue singulièrement enrichissant. L’action de Marie devient ainsi un modèle pour nous. Dans cette prière intense, elle intercède auprès de son Fils, sous l’action du Saint-Esprit, en faveur de chacun de nous. Elle fait ce que nous devons faire nous-mêmes dans notre propre prière : demander au Seigneur qu’il obtienne de son Père des grâces spécifiques pour tel ami et tel autre, pour tel membre de notre famille, pour telle personne dont nous assurons l’accompagnement spirituel, pour de gens qui participent aux moyens de formation chrétienne que l’Eglise propose, pour les foules anonymes que nous côtoyons, pour toutes les âmes. L’humanité tout entière fait l’objet de la prière de Marie, comme elle nourrit celle de notre Seigneur, tout au long de son existence terrestre. Regardons Marie pour apprendre à prier, et à prier pour les autres. Regardons Marie pour savoir adorer en vérité. Regardons Marie pour laisser le Saint-Esprit, l’Esprit d’Amour, nous envahir davantage encore, et nous communiquer non seulement l’amour du Père, mais aussi un amour opératif de notre prochain, de tous les hommes et de toutes les femmes de notre monde pour qu’une nouvelle Pentecôte se produise, afin que les gens d’aujourd’hui posent aussi la question fondamentale que les foules, touchées par la prédication des apôtres, adressaient à Pierre et aux onze autres : « Que devons-nous faire ? » (Actes 2, 37). Et qu’avec Marie parmi eux, ils vivent de la foi, ils accueillent la Bonne Nouvelle dans leur vie. (fin)

lundi 28 mai 2012

La Pentecôte (7)

La Pentecôte (7)

Certes, ils proclameront ce qu’ils ont vu et entendu, ce qu’ils ont touché de leurs mains (cf. 1 Jean 1, 1). Mais en outre, la venue du Saint-Esprit a formellement donné naissance à l’Eglise du Christ. L’Eglise qui est structurée à partir des sacrements. Et, dès le début, les apôtres et les premiers chrétiens sont assidus à la fraction du pain (cf. Actes 2, 46). L’adoration proprement dite du Saint-Sacrement n’a pas encore pris de consistance. Mais le Seigneur est rendu présent dans chaque célébration. Pour eux, qui ont vécu avec le Christ Seigneur, qui ont partagé son existence « depuis le baptême de Jean jusqu’au jour où il nous a été enlevé » (Actes 1, 22), il y a continuité. C’est le même Jésus qu’ils font descendre sur l’autel. Il n’est pas visible : « Ici se cache aussi son humanité » (hymne Adoro te). Mais c’est l’unique Seigneur et Sauveur. C’est lui qu’ils adorent dans l’Eucharistie. Celui qu’ils ont vu et entendu, et qu’ils continuent de voir et d’entendre, parce qu’il leur parle par la voix de l’Esprit Saint. (lire la suite)
« L’Esprit pénètre tout, même les profondeurs de Dieu », dit l’Apôtre (1 Corinthiens 2, 10). Ce qui est logique puisqu’il est Dieu. C’est lui qui nous permet d’avancer dans l’infini de Dieu, d’aller plus loin, avec audace, à la recherche de l’Amour de Dieu, d’aller nous en abreuver, dans la sainte Communion, et à sa source, qui est le Cœur transpercé du Seigneur en Croix. Les obstacles en tout genre n’auront plus de prise sur eux, ne les feront pas fléchir, ne les impressionneront pas, parce qu’ils pourront compter avec la force d’en haut promise par le Seigneur, avec la force de l’Esprit. « Si l’on se confiait à l’Esprit Saint, si l’on était sûr qu’Il est logique, fidèle ; que, quand Il donne une inspiration pour le bien, Il donne en même temps la force pour la réaliser, et que, quand Il a commencé à lancer dans une certaine ligne, Il poursuivra son action, qu’heure par heure Il donnera ce qu’il faut ; alors on ne serait pas là toujours à se tâter pour savoir si cela va être trop difficile, si l’on pourra avancer, franchir l’obstacle ; on sera remis à l’action toute-puissante de l’Esprit Saint » (D.-J. Lallement, Dociles à l’Esprit qui scrute les profondeurs de Dieu, Paris, Téqui, 1996, p. 110). C’est mettre le doigt sur un vrai problème. « La créature sans le Créateur disparaît », dit le concile Vatican II de façon lapidaire (constitution pastorale Gaudium et spes, n° 36). C’est pourquoi il est urgent d’apprendre le sens de l’adoration et de « redécouvrir la fécondité de l’adoration eucharistique (…), condition nécessaire pour donner beaucoup de fruit (cf. Jean 15, 5) et pour éviter que notre action apostolique se limite à un activisme stérile, mais qu’elle témoigne de l’amour de Dieu » (Benoît XVI, Discours à l’assemblée ecclésiale du diocèse de Rome, 15 juin 2010). (à suivre…)

dimanche 27 mai 2012

La Pentecôte (6)

La Pentecôte (6)

L’action du Saint-Esprit est ineffable et inépuisable. Il garde continuellement des dons en réserve pour chacun et pour toutes les situations de notre existence. « De l’Esprit Saint aussi on pourrait dire : chacun en a sa part, et tous l’ont en entier, tant sa générosité est inépuisable. Dans l’expérience des Églises, il est le ferment invisible que l’on reconnaît à ses fruits, tels qu’un saint Paul nous aide à les discerner dans la vie spirituelle des chrétiens ; dans leur prière qui retrouve son sens de louange et de gratitude, en même temps que son audace confiante ; dans les communautés vivantes, pleines de joie et de charité, que l’Esprit Saint suscite et transfigure ; dans l’esprit de sacrifice ; dans l’apostolat courageux et l’action fraternelle au service de la justice et de la paix. En tout, l’Esprit Saint stimule la recherche du sens de la vie, la poursuite obstinée du beau, du bien au-delà du mal ; on le reconnaît à travers l’espérance de la vie qui jaillit plus fort que la mort, et à travers cette eau jaillissante qui murmure déjà en nous : Viens vers le Père » (bx Jean-Paul II, Discours au Congrès international de Pneumatologie, 26 mars 1982, n° 4). (lire la suite)
La théologie nous dit que de Maria numquam satis. Ce principe est appliqué ici, à combien plus forte raison, à la louange de notre Seigneur Jésus-Christ. Il n’y a pas de risque d’exagérer dans la louange de notre Dieu et dans l’adoration, dans l’amour que nous lui portons, dans notre désir de ne faire qu’un avec lui (cf. Jean 17, 22) en transformant effectivement chaque journée en un sacrifice uni à l’holocauste unique de la Croix. L’envoi du Saint-Esprit au jour de la Pentecôte aide indéniablement les apôtres à comprendre complètement l’instruction que Jésus leur a dispensée quarante jours durant après sa Résurrection. « Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20, 22). Mais ce premier don du Saint-Esprit doit être suivi du second, plus fondamental, plus complet, plus décisif. Déjà, « ils étaient continuellement dans le Temple à louer et à bénir Dieu » (Luc 24, 53). Mais désormais leur vie est résolument et définitivement orientée vers la proclamation de l’Evangile envers et contre tout (cf. 2 Timothée 4, 2). Les chefs, les anciens, les scribes et les grands prêtres auront beau leur enjoindre formellement de ne plus parler et enseigner au nom de Jésus, ils répondront : « Aux yeux de Dieu, est-il juste de vous obéir plutôt qu’à Dieu ? Jugez-en ! Pour nous, en effet, nous ne pouvons pas ne pas dire ce que nous avons vu et entendu » (Actes 4, 18-19), et ils agiront en conséquence, au prix de leur vie terrestre, mais pour entrer d’un bond dans l’éternité de Dieu et pour aller prendre leur place sur le siège qui leur est assigné et d’où, le moment venu, ils jugeront les douze tribus d’Israël (cf. Matthieu 19, 28). (à suivre…)

samedi 26 mai 2012

La Pentecôte (5)

La Pentecôte (5)

« Je dirais que l'adoration signifie reconnaître que Jésus est mon Seigneur, que Jésus me montre le chemin à prendre, me fait comprendre que je ne vis bien que si je connais la route qu'Il m'indique. Adorer, c'est donc dire: "Jésus, je suis tout à toi et je te suis dans ma vie, je ne voudrais jamais perdre cette amitié, cette communion avec toi". Je pourrais également dire que l'adoration, dans son essence, est un baiser à Jésus, dans lequel je dis: "Je suis à toi et je prie afin que toi aussi, tu demeures toujours avec moi" » (Benoît XVI, Rencontre de catéchèse avec les jeunes de la première Communion, 15 octobre 2005).
« La forme traditionnelle de la demande de l’Esprit est d’invoquer le Père par le Christ notre Seigneur pour qu’Il nous donne l’Esprit Consolateur. Jésus insiste sur cette demande (lire la suite) en son nom au moment même où Il promet le don de l’Esprit de Vérité. Mais la prière la plus simple et la plus directe est aussi traditionnelle : Viens, Esprit Saint », et chaque tradition liturgique l’a développée dans des antiennes et des hymnes : « Viens, Esprit Saint, emplis les cœurs de tes fidèles, et allume en eux le feu de ton amour. » « Roi céleste, Esprit Consolateur, Esprit de Vérité, partout présent et emplissant tout, trésor de tout bien et source de la Vie, viens, habite en nous, purifie-nous et sauves-nous, ô Toi qui es Bon » (liturgie byzantine, Tropaire des vêpres de Pentecôte) » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 2671). « Viens Esprit Saint, allume en nous le feu de ton amour. » Apprends-nous à aimer à fond notre Dieu d’Amour : « Dieu est Amour », proclame saint Jean (1 Jean 4, 16). Et où cet Amour se manifeste-t-il le plus intensément si ce n’est dans l’effusion du Saint-Esprit, dans cette présence vivifiante de la troisième Personne divine dans notre âme, et dans la présence eucharistique du Fils parmi nous ? Nous ne pouvons pas séparer l’action du Saint-Esprit de celle du Fils. Si l’Intercesseur doit être demeuré avec nous pour toujours (cf. Jean 14, 16) et rendre témoignage de notre Seigneur (cf. Jean 15, 26), il doit bien nous amener à adorer Jésus-Christ, à éprouver une soif intense de nous prosterner devant lui en action de grâce et en adoration. « Sion, célèbre ton Sauveur, chante ton Chef et ton Pasteur, par des hymnes et des chants. Tant que tu peux, tu dois oser, car il dépasse tes louanges, tu ne peux trop le louer » (Lauda Sion Salvatorem). (à suivre…)

vendredi 25 mai 2012

La Pentecôte (4)

La Pentecôte (4)

Le Saint-Esprit s’adapte à chacun et le transforme en l’instrument dont Dieu entend de servir pour faire progresser son plan de salut : « Avec les yeux de la foi bien ouverts je vois David, Amos, Daniel, Pierre, Paul, Matthieu…, et je me complais à considérer le grand artiste qu’est cet Esprit Saint…, parce qu’Il remplit l’enfant joueur de cithare et le convertit en un Psalmiste ; Il remplit le pasteur de bœufs, qui se nourrissait de figues sauvages, et en fait un prophète ; Il remplit le jeune continent et le change en juge de vieillards ; Il remplit le pêcheur et le transforme en prédicateur ; Il remplit le persécuteur eu en fait le docteur des gentils ; Il remplit le publicain et en fait un évangéliste » (saint Grégoire le Grand, Super Evang. Hom. 30).
(lire la suite) Mais il faut qu’il y ait en l’homme « des perfections supérieures, qui le disposent à être mû divinement, et ces perfections sont appelées dons, non seulement parce qu’elles sont infuses par Dieu, mais parce que par elles l’homme devient capable de recevoir promptement l’inspiration divine. Les dons nous rendent dociles au Saint-Esprit, pour nous faire produire ces œuvres excellentes connues sous le nom de béatitudes » (R. Garrigou-Lagrange, Perfection et contemplation selon S. Thomas d’Aquin et S. Jean de la Croix, St-Maximin, Éd. de La Vie Spirituelle, 1923, t. 1er, p. 341.343). Ils nous aident à vivre les béatitudes, certes, mais, plus profondément encore, à bien nous disposer à la vie sacramentelle, par laquelle la grâce est principalement et premièrement déversée dans notre âme. Or, notre sanctification passe par la pratique des sacrements, par la piété eucharistique notamment. Et l’Esprit Saint est tout indiqué pour nous aider à adorer Jésus dans le très Saint-Sacrement de l’Autel, pour vivre la dimension si essentielle à notre vie d’enfant de Dieu qu’est l’adoration du Dieu Tout-Puissant. Nous, les êtres humains, nous sommes des êtres créés pour adorer Dieu sans relâche. Et ce, pas uniquement au ciel à tout jamais. Dès ici-bas. Dans notre vie de chaque instant, non seulement lorsque nous nous trouvons en présence du Seigneur qui nous attend dans le tabernacle, dans cette « Prison d'amour » (saint Josémaria, Forge, n° 827), ou devant le Saint-Sacrement exposé précisément à notre adoration, mais tout au long de notre journée, car chacune de nos journées doit être une messe qui dure vingt-quatre heures. Et donc un sacrifice de louange et d’adoration offert à la gloire du Dieu Tout-Puissant. (à suivre…)

jeudi 24 mai 2012

La Pentecôte (3)

La Pentecôte (3)

Cet Esprit, que nous recevons ainsi sans limite, si ce n’est celle que notre humaine nature peut y apporter dans sa faiblesse, est l’Esprit d’Amour. Son rôle premier est donc de nous apprendre à aimer pour de vrai le Père et le Fils. Le Fils nous donne la vie éternelle dans le Père par le Saint-Esprit. Et il nous la donne dès à présent au travers de la Sainte Eucharistie, sacrement de sa présence réelle, sacrement aussi de l’amour du Seigneur poussé à la dernière extrémité : « Après avoir aimé les siens qui étaient dans le monde, (il) les aima jusqu’au bout » (Jean 13, 1). Tout comme il regarda le jeune homme riche et l’aima (Marc 10, 21). Il l’aima, puis il l’appela à le suivre : « Une chose te manque… Vends tes biens… Et suis-moi. » Dieu aime avant d’appeler. « Quand Israël était enfant, je l’aimai, et de l’Égypte, j’appelai mon fils » (Osée 11, 1). « Si Dieu s’est attaché à vous et vous a choisis […] c’est par amour pour vous » (Deutéronome 7, 7-8). (lire la suite) De sorte que « l’ami de Dieu c’est d’abord un aimé de Dieu » (J.-P. Torrell, Inutile sainteté ?
Paris, Le Centurion, 1971, p. 38). Et nous sommes aimés de Dieu par son Esprit, dans son Esprit. « Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous nous établirons chez lui à demeure » (Jean 14, 23). « Et ce à quoi nous reconnaissons qu’Il demeure en nous, c’est à l’Esprit qu’il nous adonné » (1 Jean 3, 24). Tout se tient. Cet Esprit d’amour est donc l’envoyé du Père pour accomplir notre sanctification. « L'Esprit du Seigneur est sur moi » (Luc 4, 18). L'Esprit ne se tient pas seulement « sur » le Messie, mais il le remplit, le pénètre, le rejoint dans son être et dans son action. L'Esprit, en effet, est le principe de la « consécration » et de la « mission » du Messie : « Parce qu'il m'a consacré par l'onction et m'a envoyé pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres... » (Luc 4,18). Par la force de l'Esprit, Jésus appartient totalement et exclusivement à Dieu, il participe à l'infinie sainteté de Dieu qui l'appelle, le choisit et l'envoie. Ainsi, l'Esprit du Seigneur se révèle source de sainteté et appel à la sanctification. Ce même « Esprit du Seigneur » est « sur » le peuple de Dieu tout entier, qui est constitué comme peuple « consacré » à Dieu et « envoyé » par Dieu pour annoncer l'Évangile qui sauve. De l'Esprit, les membres du peuple de Dieu sont « enivrés » et « marqués » et appelés à la sainteté » (Jean-Paul II, exhortation apostolique Pastores dabo vobis, 25 mars 1992, n° 19). (à suivre…)

mercredi 23 mai 2012

La Pentecôte (2)

La Pentecôte (2)

« Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20, 22). Chargé de « vous remettre en mémoire tout ce que je vous ai dit » (Jean 14, 26), il nous conduit à Jésus. « La pédagogie divine se révèle aussi attentive qu’adaptée. Tout se passe comme si Dieu s’était aperçu qu’il est inefficace de prescrire quoi que ce soit si l’on ne paye pas soi-même d’exemple – c’est à quoi répond la venue de Jésus – et si l’on ne donne pas le moyen de le réaliser – ce à quoi répond le don de l’Esprit. Jésus nous a été envoyé par le Père comme le parfait modèle vivant ; mais à son retour près du Père Jésus lui-même nous a envoyé son Esprit afin de nous aider à garder ce qu’il nous a appris » (J.-P. Torrell, Inutile sainteté ? Paris, Le Centurion, 1971, p. 35).
L’Esprit nous unit avec lui et avec son Père. Il contribue à ce que nous ne fassions qu’un avec lui, tout comme Jésus ne fait qu’un avec son Père (cf. Jean 17, 20-22). « Si quelqu’un à soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive ! » (Jean 7, 37), s’était exclamé le Seigneur au dernier jour de la fête des Tabernacles. Parce que « celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; bien plus l’eau que je donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jean 4, 14). (lire la suite) « Le Saint-Esprit, vie qui donne la vie Qui transforme toute chose, Racine de toute création, Il ôta l’impureté de toute chose, Lavant les péchés, et procurant du baume aux blessures : Il est la vie radieuse et digne de louange, Eveillant et réveillant toute chose » (Hildegard von Bingen). Il faut aller au Christ, qui veut nous attirer à Lui. « Et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jean 12, 32). La mort sur la Croix a eu lieu. Plus rien ne s’oppose désormais à ce que cette prophétie se réalise. Il faut aller à lui, nous abreuver à la fontaine aux eaux salutaires qu’il est lui-même. « Celui qui croit en moi, comme l’a dit l’Ecriture, des fleuves d’eau vive couleront de son sein. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui ; l’Esprit, en effet, n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jean 7, 38-39). Mais maintenant, le Fils a été glorifié, doublement même. Il a été glorifié par sa Résurrection sidérante, due à son propre pouvoir, et que personne, hormis Marie, n’attendait. Il l’a été par son Ascension au ciel, où il est monté avec sa très Sainte Humanité transfigurée. Et l’Esprit nous a été donné, avec « une bonne mesure, pressée, tassée, débordante » (Luc 6, 38), de sorte qu’aucun moyen de sainteté ne nous fait défaut. (à suivre…)

mardi 22 mai 2012

La Pentecôte (1)

La Pentecôte (1)

« Le soir venu, ce même jour (le jour de sa Résurrection d’entre les morts), le premier de la semaine, alors que les portes de la maison où se trouvaient les disciples enfermés par peur des Juifs étaient verrouillées, Jésus arriva et se trouva devant eux et leur dit : « Paix à vous » (Jean20, 19). C’est une explosion de joie pour les disciples. Une joie qu’ils ne pensaient peut-être plus avoir, car ils n’avaient pas compris ce que Jésus leur avait annoncé, qu’il devait souffrir, être mis à mort, mais aussi ressusciter le troisième jour (Luc 9, 22). Cette joie, plus rien ne pourra la leur enlever. Elle ira in crescendo. La venue du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, les inondera davantage encore de cette joie irrépressible, qui est l’expression typique de l’amitié avec Dieu, d’une âme qui vit profondément l’union avec Dieu. « Votre tristesse tournera en joie » (Jean 16, 20). (lire la suite) « Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et cette joie que vous aurez, nul ne pourra vous la ravir » (Jean 16, 22). Le jour des retrouvailles est arrivé : « Les disciples furent tout joyeux de revoir le Seigneur » (Jean 20, 20). Ce soir-là, « il leur dit de nouveau : Paix à vous ! « Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » Cela dit, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit-Saint » (Jean 20, 21-22). Il leur communique pour la première fois l’Esprit Saint. Ce sont comme des arrhes de l’effusion qui doit avoir lieu cinquante jours plus tard. Cela ne suffit pas pour qu’ils comprennent le sens profond de tout son enseignement de trois années : « J’aurai encore bien des choses à vous dire, mais vous ne pourriez pas les porter présentement. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité totale, car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera l’avenir » (Jean 16, 12-13). « Celui qui aime possède en lui l’Esprit Saint ; et le possédant, il mérite de le recevoir plus abondamment, et plus il le reçoit en abondance, plus son amour est intense. Et les disciples avaient en eux l’Esprit Saint que le Seigneur promettait, sans qui ils ne pouvaient même pas l’appeler Seigneur ; mais ils ne le possédaient pas encore avec la plénitude que le Seigneur promettait. Ils l’avaient et ne l’avaient pas, car ils ne le possédaient pas encore dans la plénitude avec laquelle ils devaient le recevoir » (saint Augustin, In Ioannis Evangelium tractatus 74, 2). (à suivre…)

mardi 1 mai 2012

Mois de Marie

Mois de mai, consacré à la Vierge. « Chaque année, pendant le temps pascal, nous revivons de manière plus intense cette expérience et peut-être précisément pour cette raison, la tradition populaire a consacré le mois de mai, qui tombe normalement entre Pâque et la *Pentecôte, à Marie. Ce mois de mai (...) nous est par conséquent utile pour redécouvrir la fonction maternelle qu'elle remplit dans notre vie, afin que nous soyons toujours des disciples dociles et des témoins courageux du Seigneur ressuscité » (Benoît XVI, Angélus, 30 avril 2006). La première nouvelle que nous ayons de cette pratique se trouve dans une Cantigas d’*Alphonse X le Sage (1221-1284). À Paris, elle remonterait à l’époque de la Renaissance et le 1er mai les joailliers apportaient à Notre-Dame un « mai », une plante ornée de pierres précieuses et d’emblèmes. En Italie, le Mois de Marie, d’A. Muzzarelli, s.j. a connu un succès extraordinaire. Cette pratique a reçu l’approbation pontificale en 1815 et a été accompagnée d'indulgences, remise de la peine due pour les péchés. Il est traditionnel d’effectuer des *pèlerinages à un *sanctuaire marial ce mois-là, par exemple les pèlerinages à Notre-Dame de *Chartres, remis en vigueur par *Péguy
(lire la suite) (1873-1914). C’est aussi un mois choisi pour les mariages. Rappelant la présence de Marie au *Cénacle, dans l’attente de la *Pentecôte, le pape Benoît XVI commente : « Chaque année, pendant le temps pascal, nous revivons de manière plus intense cette expérience et peut-être précisément pour cette raison, la tradition populaire a consacré le mois de mai, qui tombe normalement entre Pâques et la Pentecôte, à Marie. ce mois de mai (…) nous est par conséquent utile pour redécouvrir la fonction maternelle qu’Elle remplit dans notre vie, afin que nous soyons toujours des disciples dociles et des témoins courageux du Seigneur resssuscité » (Angélus, 30 avril 2006). « En se limitant à l’évocation de la coutume occidentale de célébrer un « mois marial » en mai (en novembre, dans certains pays de l’hémisphère sud), (...) la solution la plus opportune vise à harmoniser les éléments du « mois marial » avec le temps de l’Année liturgique, dans lequel il se situe. Ainsi, par exemple, durant le mois de mai, qui coïncide en grande partie avec les cinquante jours du temps liturgique de Pâques, les pieux exercices doivent mettre en évidence la participation de la Vierge Marie au mystère pascal (cf. Jean 19, 25-27) et à l’événement de la Pentecôte (cf. Actes 1, 14), qui inaugure le chemin de l’Église, c’est-à-dire un itinéraire qu’elle-même, en participant à la nouveauté inaugurée par le Ressuscité, parcourt sous la conduite de l’Esprit Saint. Et puisque cette période des « cinquante jours » est le temps liturgique particulièrement consacré à la célébration et à la mystagogie des sacrements de l’initiation chrétienne, les pieux exercices du mois de mai peuvent utilement mettre en évidence la place éminente que la Vierge Marie, glorifiée dans le ciel, occupe sur la terre, « ici et maintenant », dans la célébration des sacrements du baptême, de la confirmation et de l’*Eucharistie ». Dans l’hémisphère sud, le mois de Marie peut ne pas être le mois de mai. Par exemple, au Chili, c’est le mois qui va du 8 novembre au 8 décembre. Les Églises byzantines ont les premières un mois de Marie, qui provient de la liturgie, le mois d’août. Dans l'Église copte, le mois marial est le mois de Kiahk, le quatrième mois du calendrier copte. Il prépare la fête de *Noël.

vendredi 27 janvier 2012

Vie de foi (3)


Vie de foi (3)

« Dans la lumière de la foi, je deviens plus forte, plus constante et persévérante. Dans la lumière de la foi, je trouve l’espérance que vous ne me laisserez pas défaillir sur le chemin ; c’est aussi cette lumière qui m’enseigne la voie par où je dois passer, sans cette lumière je marcherais dans les ténèbres ; et voilà pourquoi je vous ai demandé, Père éternel, de m’éclairer de la lumière de la très sainte foi. Oui, cette lumière est vraiment océan, où l’âme trouve sa nourriture, jusqu’à ce qu’elle se perde tout entière en vous, ô océan de paix, Trinité éternelle. L’eau de cet océan n’est point troublée, aussi n’inspire-t-elle pas de crainte, et donne-t-elle au contraire la connaissance de la vérité. Cette eau, d’absolue pureté, laisse entrevoir les mystères de ses profondeurs, de là vient que là où surabonde la lumière de votre foi, l’âme a comme des clartés sur ce qu’elle croit » (Bx Raymond de Capoue, Vie de sainte Catherine de Sienne, Paris, 2000, p. 356). (lire la suite)
« Seigneur, si le monde est séduit par tant de prodiges, s’il connaît aujourd’hui un tel retour offensif du paganisme, c’est que nous avons laissé s’affadir le sel de votre doctrine. Seigneur, aujourd’hui comme hier et comme en tout temps, il n’est de salut qu’en Vous – et qui sommes-nous pour oser discuter ou réviser vos enseignements ? Seigneur, gardez-nous d’une telle tromperie et rendez-nous, s’il en est besoin, non seulement une foi soumise, mais l’estime ardente et concrète de votre Évangile ! » (H. de Lubac, Le drame de l’humanisme athée, Paris, Spes, 1959, p. 132). Cette supplique est toujours d’actualité, hélas. Elle demande que nous sachions bien expliquer les vérités de la foi et que notre interlocuteur sache bien écouter et accueillir ce que nous lui disons de la part de Dieu. Nous avons besoin du don des langues qui fut si efficace le jour de la Pentecôte. À nous, avec l’aide du Saint-Esprit, de savoir répondre à la soif de Dieu qui est enfouie dans le cœur de tout homme et de toute femme que nous rencontrons sur notre chemin.
Caritas Christi urget nos (2 Corinthiens 5, 14) : « C’est l’amour du Christ qui remplit nos cœurs et nous pousse à évangéliser. Aujourd’hui comme alors, il nous envoie par les routes du monde pour proclamer son Évangile à tous les peuples de la terre (cf. Matthieu 28, 19). Par son amour, Jésus-Christ attire à lui les hommes de toutes générations : en tous temps il convoque l’Église lui confiant l’annonce de l’Évangile, avec un mandat qui est toujours nouveau. C’est pourquoi aujourd’hui aussi un engagement ecclésial plus convaincu en faveur d’une nouvelle évangélisation pour redécouvrir la joie de croire et retrouver l’enthousiasme de communiquer la foi est nécessaire. L’engagement missionnaire des croyants, qui ne peut jamais manquer, puise force et vigueur dans la redécouverte quotidienne de son amour. En effet, la foi grandit quand elle est vécue comme expérience d’un amour reçu et quand elle est communiquée comme expérience de grâce et de joie. Elle rend fécond, parce qu’elle élargit le cœur dans l’espérance et permet d’offrir un témoignage capable d’engendrer : en effet elle ouvre le cœur et l’esprit de tous ceux qui écoutent à accueillir l’invitation du Seigneur à adhérer à sa Parole pour devenir ses disciples. Les croyants, atteste saint Augustin, ”se fortifient en croyant” » (Benoît XVI, lettre apostolique La Porte de la foi, n° 7).

(fin)

vendredi 16 décembre 2011

L’incrédulité face à la Résurrection (6)


L’incrédulité face à la Résurrection (6)

Il faudra encore que Jésus vainque la résistance du récalcitrant, du grand absent du soir de Pâques, Thomas, appelé Didyme. Une semaine s’est écoulée, et la nouvelle de la Résurrection du Christ a dû commencer à circuler dans la ville. Que les apôtres, la mort ignominieuse et si douloureuse de leur Maître sur une Croix quelques heures plus tôt peut quand même se comprendre plus ou moins. Désormais, ils ne disposent plus du seul témoignage des femmes, dont on sait qu’à l’époque elles n’étaient pas qualifiées pour témoigner. Ils ont vu eux-mêmes le Christ ressuscité, tous les dix. Eh bien ! cela ne suffit pas pour convaincre Thomas. Il est plus que têtu, il n’a pas l’humilité de reconnaître qu’il peut se tromper : seul contre tous les autres, unanimes ! Il faut donc que Jésus revienne et l’admoneste gentiment : « Ne sois plus incrédule, mais croyant » (Jean 20, 27). (lire la suite)
Ils recevront encore l’Esprit Saint au jour de la Pentecôte. Et, à partir de ce jour-là, ils ne cesseront de proclamer : « C’est ce Jésus que Dieu a ressuscité : nous en sommes témoins » (Actes 2, 32). « Nous, nous prêchons un Christ mis en Croix, scandale pour les Juifs, folie pour les païens » (1 Corinthiens 1, 23), qui est vivant, désormais assis à la droite de Dieu (Colossiens 3, 1), où il intercède pour nous.

(fin)

dimanche 16 octobre 2011

Apparition à Thomas (3)


Apparition à Thomas (3)

Et Jésus leur communique l’Esprit Saint. Jusque-là, cet Esprit « n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas été glorifié »(Jean 7, 39). La situation a évolué. Jésus commence à communiquer l’Esprit à ses apôtres, avant qu’il ne descende sur eux d’auprès du Père le jour de la Pentecôte. A ce moment-là, Jésus « a reçu du Père l’Esprit Saint, et il a répandu ce que vous voyez et entendez » (Actes 2, 33), dira saint Pierre dans son premier discours.
« Or Thomas, appelé Didyme, l’un des Douze, n’étais pas avec eux(lire la suite) quand Jésus était venu » (Jean 20, 24). Avait-il moins peur que les autres pour sortir ainsi ? Il fallait bien de toute façon assurer l’approvisionnement journalier d’un nombre non négligeable de personnes. Il avait peut-être remplacé Judas comme trésorier du groupe.
Les dix autres attendent son retour avec impatience et, à peine a-t-il franchi le seuil du lieu, qu’ils lui disent tous à la fois avec une grande euphorie : « Nous avons vu le Seigneur ! » (Jean 20, 25). Leur enthousiasme et leur unanimité, le fait qu’ils soient des hommes et non des femmes, n’entrave nullement la conviction de Thomas que le Christ est définitivement mort en enterré et qu’il faudra vivre avec, tourner la page. Thomas est un bon gros rationaliste, qui a besoin de preuves concrètes, tangibles. Les paroles ne lui suffisent pas. Il s’en méfie, maintenant plus que jamais, car il est plus qu’échaudé avec tout ce qui vient de se passer. Aussi dit-il à ses compagnons : « Si je ne vois pas dans ses mains l’empreinte des clous, et si je ne mets pas mon doigt dans son côté, je ne croirai pas » (Jean 20, 25). Et si Jésus était ressuscité sans conserver dans son corps les marques de la Passion ? Mais sans doute les autres lui ont-ils dit qu’ils ont constaté ces traces afin de le convaincre. En vain. En tout cas, les paroles de Thomas ont le mérite de la clarté. Jésus pourrait lui reprocher évidemment son entêtement. Mais il faut dépasser les ratiocinations humaines. « Ô gens sans intelligence, esprits lents à croire tout ce qu’ont annoncé les prophètes ! » Luc 24, 29).

(à suivre…)

jeudi 13 octobre 2011

La guérison du fils de l’officier royal (6)


La guérison du fils de l’officier royal (6)

Paul et Silas agiront de même quand, délivrés miraculeusement des liens qui les tenaient enchaînés en prison à Philippe, ils « annoncèrent la Parole de Dieu » à leur gardien, « ainsi qu’à toux ceux qui étaient dans sa maison » (Actes 16, 33). Lequel geôlier « les fit ensuite monter chez lui, leur servir à manger et se réjouit avec sa famille d’avoir cru en Dieu » (Actes 16, 34).
Ce fut encore le cas à Corinthe. Mais il n’y a pas lieu de penser que les cas qui nous sont rapportés sont isolés. Il dut y en avoir beaucoup d’autres. Donc, à Corinthe aussi le même phénomène se reproduit : « Crispus, chef de synagogue, crut au Seigneur avec tous les siens » (Actes 18, 8). Et à Philippe, « une femme du nom de Lydie, marchande de pourpre de la ville de Thyatire, prosélyte (…), quand elle eût été baptisée, ainsi que ses gens » (Actes 16, 14-15), oblige Paul et Barnabé à demeurer chez elle.
Certes, de nos jours la conversion est un processus individuel et non collectif. Mais dans ces premiers temps où l’Église commençait à exister et devait remplir le monde jusqu’aux extrémités de la terre (cf. Actes 1, 8), l’Esprit Saint intervenait très directement pour que cette expansion se ne se fit pas au compte-goutte, mais fût rapide. C’est pourquoi l’auteur sacré souligne fréquemment que des groupes d’hommes et de femmes sont remplis de l’Esprit qui les prépare à accueillir ensuite la Vérité qu’est le Christ Seigneur (cf. Jean 14, 6). Ce sont à chaque fois de nouvelles Pentecôtes à taille réduite.
Oui, la conversion est personnelle. Mais la foi du centurion, tout comme la prédication et l’exemple des apôtres et des autres chrétiens, sont les vecteurs dont l’Esprit se sert pour retourner les âmes, c’est-à-dire pour les réorienter vers leur Créateur et leur faire retrouver, récupérer, le sens profond de leur existence.

(fin)

jeudi 8 septembre 2011

La vie ordinaire (6)


La vie ordinaire (6)

« Leur exemple témoigne que c'est seulement en étant en contact avec le Seigneur que l'on se remplit de sa joie et que l'on est en mesure de répandre partout la sérénité, l'espérance et l'optimisme » (Ibid.). Notons au passage l’affirmation de la joie de Dieu. La tristesse est une imperfection de notre nature pécheresse. Le Christ, en tant qu’homme, a pu être soumis à une tristesse : « Mon âme est triste à en mourir ; restez ici et veillez avec moi » (Matthieu 26, 38). Mais Dieu, en dehors de la très Sainte Humanité du Seigneur, ne connaît pas la tristesse. Plus encore, il est joie, il est la Joie. C’est pourquoi, au contact de Dieu dans la prière et dans l’adoration eucharistique, dans la lecture du saint Evangile et dans la sainte communion, nous nous remplissions d’une joie – la joie de Dieu – qui nous permet d’apporter aux autres « la sérénité, l’espérance et l’optimisme ». (lire la suite)
Et l’on peut espérer alors que les gens qui nous écoutent et qui nous voient et qui nous regardent, car, que nous le voulions ou non, les gens regardent le catholique que nous sommes, soient amenés à poser la question que les auditeurs de Pierre et des autres apôtres ont formulée le jour de la Pentecôte : « en entendant (cela), ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : « Frères, que ferons-nous ? » Pierre leur dit : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2, 37-38).
« Considérant justement la variété de leurs charismes, Bernanos, grand écrivain français qui fut toujours fasciné par l'idée des saints - il en cite un grand nombre dans ses romans -, note que « toute vie de saint est comme une nouvelle floraison du printemps » (Benoît XVI, Audience générale, 20 août 2008). La Pentecôte tombe toujours au printemps. Une « nouvelle floraison du printemps », c’est aussi une nouvelle Pentecôte. Notre vie doit donc être comme une nouvelle Pentecôte pour les autres, et susciter la réaction que je viens d’indiquer, à partir de sa normalité. « Que cela advienne également pour nous ! »
Prions l’Esprit Saint en ce sens. « Laissons-nous pour cela attirer par le charme naturel de la sainteté ! » Le charme ou, pour reprendre l’expression de saint Paul, « la bonne odeur du Christ » (2 Corinthiens 2, 15). « Que Marie, la Reine de tous les Saints, Mère et Refuge des pécheurs, nous obtienne cette grâce ! » Demandons-le avec foi à Celle qui est le modèle de la sainteté sur terre.

(fin)

samedi 3 septembre 2011

La vie ordinaire (1)


La vie ordinaire (1)

Reportons-nous en esprit quelques jours après la Pentecôte. La vie de Jérusalem bruisse encore de la prédication des apôtres et est agitée par les événements qui se sont produits récemment. La Ville sainte est remplie de pèlerins dont le cours de la vie vient de changer brusquement. Ils se sont convertis, au nombre de 5 000 environ, et ont été baptisés. Ils proclament que Jésus-Christ est le Fils de Dieu et le Messie à qui veut bien les entendre, et ils le feront désormais à temps et à contretemps (cf. 2 Timothée 4, 2).
Le temps pascal s’est refermé. Cette longue période si riche en circonstances fondatrices pour l’histoire humaine. Jésus de Nazareth, que les Juifs ont fait mourir sur une Croix en se servant du bras séculier de l’occupant romain, ce qui n’est pas un mince paradoxe, est ressuscité. (lire la suite) Il « est apparu à Simon » (Luc 24, 34), « et pendant bon nombre de jours il est apparu à ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem, et qui maintenant sont ses témoins auprès du peuple » (Actes 13, 31). Et saint Paul de narrer qu’il « est apparu à Céphas, puis aux Douze. Après cela, il est apparu en une seule fois à plus de cinq cents frères, dont la plupart sont encore vivants, et quelques-uns se sont endormis. Ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Après eux tous, il m'est aussi apparu à moi, comme à l'avorton » (1 Corinthiens 15, 5-8). Il s’est entretenu avec ses apôtres « pendant quarante jours et parlant des choses du royaume de Dieu » (Actes 1, 2), in multis argumentis, dit le texte latin, autrement dit de questions les plus variées. Puis il est monté au ciel (Actes 1, 9). Mais il avait promis qu’il ne nous laisserait pas orphelins (Jean 14, 18). Il a tenu sa promesse. Au terme d’une sorte de retraite spirituelle de dix jours, sa très Sainte Mère et ses apôtres ont reçu l’effusion du Saint-Esprit (cf. Actes 2, 1-4), cet Esprit Paraclet dont il avait annoncé l’envoi : « Lorsque le Consolateur que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père, sera venu, il rendra témoignage de moi » (Jean 15, 26).
Le temps pascal est clos. A alors commencé le temps ordinaire. Ordinaire pour nous, selon le découpage liturgique du temps. Mais ordinaire aussi pour les apôtres et pour les nouveaux baptisés. C’est la vie de tous les jours vécue dans l’Esprit et au nom de Jésus-Christ pour la gloire du Père. C’est la vie ordinaire passée à évangéliser, à proclamer la Bonne Nouvelle du royaume. Toute la vie des apôtres et des premières communautés chrétiennes est éminemment apostolique, foncièrement apostolique. Il ne fait pas de doute pour eux que c’est leur raison d’être sur terre et la raison d’être de leur baptême. L’enfant de Dieu régénéré dans les eaux baptismales est un être tourné vers les autres, appelé à les aimer sincèrement et à donner sa vie pour eux, à l’exemple du Maître (cf. Jean 13, 34-35).

(à suivre…)

mardi 17 mai 2011

Marie, la « femme eucharistique » (6)

Marie, la « femme eucharistique » (6)

Les Evangiles ne nous disent pas que Marie ait été présente lors de l’institution de l’Eucharistie. Celle-ci se passe apparemment entre Jésus et ses apôtres, les Douze, appelés à « faire cela en mémoire de moi » (Luc 22, 19), à rendre présente dans le temps cette célébration de la Pâque salutaire. Sans doute Marie était-elle là, dans la maison, avec les saintes femmes, veillant à ce que le repas se déroule bien. Pour Édith Stein, « il n'y a pas à douter que la Mère de Dieu était présente. Cette présence est d’autant moins exclue que la tradition voulait que ce fût la mère de famille qui allumât les lumières.
Sûrement elle est venue à Jérusalem comme toujours pour la fête de Pâques et a célébré le repas pascal avec tout le groupe qui suivait Jésus. (lire la suite)
Elle qui gardait toutes les paroles de Jésus dans son cœur - combien elle aura dû accueillir en elle Son discours d'adieu : « J'ai désiré ardemment célébrer ce repas pascal avec vous » (Luc 12, 25).
Ne pensait-elle pas à ce moment-là aux noces de Cana (cf. Jean 2, 1-12) ? Maintenant son heure était venue. Maintenant Il pouvait donner ce qu'alors Il ne pouvait suggérer qu'en symbole.
Le lavement des pieds : Il était parmi eux comme celui qui sert (Jean 13). Ainsi l'avait-elle vu durant toute sa vie. Ainsi avait-elle elle-même vécu et vivrait-elle encore.
Elle comprenait le sens mystique du lavement des pieds (cf. Jean 13, 2-11) : celui qui s'approche du saint repas doit être complètement pur. Mais seule Sa grâce peut donner cette pureté.
Ta Sainte communion, ma Mère ! N'était-elle pas comme un retour à cette unité insaisissable, lorsque tu Le nourrissais de Ta chair et de Ton sang ? Mais maintenant, c'est Lui qui Te nourrit.
Ne vois-Tu pas en cette heure le corps mystique tout entier devant Toi, celui qui doit croître par ce saint repas ? Ne le reçois-Tu pas déjà maintenant en tant que Mère, comme demain au pied de la Croix il Te sera remis ?
Ne vois-Tu pas aussi toutes les offenses qui seront faites au Seigneur dans ces espèces, et n’offres-Tu pas satisfaction pour cela ?
Ô Mère, apprends-nous à recevoir le Corps du Seigneur comme Tu l’as reçu » (É. Stein, Le Secret de la Croix).
En revanche, une fois l’Église constituée, après la Pentecôte, il ne fait pas doute que la Sainte Vierge est présente dans les célébrations eucharistiques, au milieu des fidèles assidus « à la fraction du pain » (Actes 2, 42) et qu’elle communie au Corps de son Fils.

(à suivre…)

jeudi 31 mars 2011

Le baptême des petits enfants


Le baptême des petits enfants

Au temps de sainte Geneviève (VIe siècle), comme au temps d’Eudes de Sully, de saint Thomas et de saint Louis (XIIIe siècle), les Parisiens avaient une autre vision de la portée de ce sacrement. Deux fois l’an seulement, à Pâques, car le baptême est participation à la résurrection du Christ, et à la Pentecôte, car c’est encore la fête de Pâques et que le baptême donne la lumière et la force de l’Esprit Saint, on amenait à l’évêque la foule des petits enfants nés dans l’année. L’évêque les recevait dans son église baptistère, Saint-Jean-le-Rond, contre Notre-Dame, au cours d’une solennelle célébration qui rassemblait un grand concours de peuple pour accueillir ces nouveaux chrétiens dans l’Eglise de Paris. (lire la suite) Il les baptisait en les plongeant dans la piscine du baptistère. Le baptême était une grande fête annuelle du temps pascal, autour de l’évêque bâtissant son peuple en Jésus-Christ ressuscité. Comme la mortalité infantile était grande, Eudes de Sully (évêque de 1196 à 1208) rappelle dans ses statuts synodaux « qu’en cas de grande nécessité, le père et la mère baptisent eux-mêmes leur enfant et qu’on doit souvent le rappeler en chaire ». C’est dire que la plupart des prêtres urbains ne reçoivent pas le droit de baptiser. « Père » et Pasteur de son Peuple, l’évêque se réserve ce droit.
Ce n’est qu’au cours du XIVe siècle et surtout du XVe, que, de plus en plus, on baptise dans les paroisses et plusieurs fois dans l’année, chaque fois qu’une naissance le rend nécessaire. En 1311, on fait un devoir aux sages-femmes de baptiser les enfants en danger et au curé de « compléter » les cérémonies à l’église. La peur du jugement de l’enfant mort sans baptême influence la pratique sacramentelle. C’est à ce moment que l’on prend l’habitude de ne plus plonger l’enfant dans le bain baptismal, mais de lui verser un peu d’eau sur la tête. Cependant, on peut voir encore à Saint-Pierre-de-Montmartre une « baignoire » en marbre du XVIe siècle pour le baptême des enfants. C’est vers cette époque aussi, ou un peu plus tôt, que l’on cesse de faire communier les enfants le jour de leur baptême, en leur donnant une goutte du sang du Christ.

B. Violle, Paris, son Eglise, 1. Histoire, Paris, Cerf, 2004, p. 63-65.

vendredi 26 novembre 2010

Le Saint-Esprit existe (1)

Le Saint-Esprit existe (1)

Jésus avait annoncé à ses disciples : « Et moi, je demanderai au Père de vous envoyer un autre Intercesseur, qui soit à demeure avec vous » (Jean 14, 16). Effectivement, le Saint-Esprit est venu dans notre monde le jour de la Pentecôte, en faisant irruption dans le Cénacle où les apôtres et les disciples se trouvaient réunis « ainsi que des femmes, Marie, la Mère de Jésus, et ses frères » (Actes 1, 14). « Et ils virent apparaître des langues séparées, pareilles à du feu, qui se posèrent sur chacun d’eux » (Actes 2, 3).
Mais l’action du Saint-Esprit est habituellement cachée, (lire la suite) elle se déroule dans le sanctuaire de l’âme. « Il est, comme le dit l’hymne liturgique, dispensateur des grâces, lumière des cœurs, hôte de l’âme, repos dans le travail, réconfort dans les larmes. Sans son aide, rien ne subsiste dans l’homme qui ne soit péché, car c’est lui qui lave les souillures, guérit les blessures, incendie les froideurs, redresse les erreurs et conduit les hommes au port du salut et de la joie éternelle » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 130). Son action est, pourrait-on dire, tous azimuts. Elle permet d’aller vers Dieu en toutes circonstances et dans toutes les situations de la vie.
L’action efficace de l’Esprit Saint ne se remarque pas ouvertement. Elle n’en est pas moins réelle. L’Esprit guide l’Eglise, comme il appert de pratiquement toutes les pages des Actes des apôtres. Il oriente également notre vie de piété. « Avant que Jésus fût crucifié, écrit saint Jean Chrysostome, il n’y avait pas de réconciliation. Et tant qu’il n’y eut pas de réconciliation, le Saint-Esprit ne fut pas envoyé... L’absence du Saint-Esprit était une preuve de la colère divine. Maintenant que tu vois qu’Il est envoyé en plénitude, ne doute pas de la réconciliation. Mais si quelqu’un demandait où se trouve maintenant le Saint-Esprit, l’on pourrait parler de sa présence quand se produisaient les miracles, quand les morts ressuscitaient et quand les lépreux étaient guéris. Comment savoir qu’Il est vraiment présent maintenant ? Ne vous inquiétez pas. je vais vous démontrer que le Saint-Esprit est maintenant aussi parmi nous...
Si le Saint-Esprit n’existait pas, nous ne pourrions pas dire : Seigneur Jésus, car personne ne peut invoquer Jésus en tant que Seigneur, si ce n’est par l’Esprit Saint (1 Corinthiens 12, 3). Si le Saint-Esprit n’existait pas, nous ne pourrions pas prier avec confiance. En effet, quand nous prions, nous disons : Notre Père qui es aux cieux (Matthieu 6, 9). Si le Saint-Esprit n’existait pas, nous ne pourrions pas appeler Dieu notre Père. Comment le savons-nous ? Parce que l’Apôtre nous l’apprend : Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie — Abba, Père (Galates 4, 6).
Par conséquent, lorsque tu invoques Dieu le Père, souviens-toi que c’est l’action du Saint-Esprit en ton âme qui t’a inspiré cette prière. Si le Saint-Esprit n’était pas présent, l'Église n’existerait pas. Mais si l'Église existe, il est certain que le Saint-Esprit ne fait pas défaut » (Sermones panegeryci in Solemnitate D. N. Jesu Christi, hom. 1).

(à suivre…)

dimanche 4 octobre 2009

Action de grâces (11)

Action de grâces (11)

« Ô Emmanuel, notre Législateur et notre Roi, espérance et salut des nations, viens, Seigneur, viens nous sauver » (antienne au Magnificat, 23 décembre). Avec l’ensemble de l’Église je t’ai adressé cette prière, et tu nous as exaucés. Tu l’as fait il y a deux millénaires en cachant ta divinité. Tu le fais maintenant, dans l’Eucharistie, en occultant aussi ton humanité. Je crois cependant et les reconnais toutes deux (cf. hymne Adoro te). Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu’il m’a accordé ?
Jamais je ne disposerai des ressources suffisantes pour te témoigner de ma reconnaissance, qui sera toujours bien piètre. Mais ce que je suis dans l’incapacité de faire à moi tout seul, (lire la suite) tu me permets de l’accomplir, en me donnant l’amour avec lequel tu veux que je t’aime. J’en redemande, tout comme je reviens chaque matin m’abreuver à la source d’eaux vives.
« Viens, Esprit Saint, emplis le cœur de tes fidèles et allume en eux le feu de ton Amour » (verset pour l’Alléluia du jour de la Pentecôte), ce feu que le Christ est venu communiquer au monde, comme il nous l’a fait savoir en ces termes : « Je suis venu mettre le feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il fût déjà allumé ! » (Lc 12, 49). Pour qu’il incendie la société, fais qu’il enflamme d’abord davantage mon âme. Apprends-moi à t’aimer. Enseigne-moi à vibrer pour le salut et le bien des âmes. Donne-moi de savoir passer ma vie à faire du bien, comme toi-même qui pertransiit benefaciendo, « est passé [dans le monde] en faisant le bien » (Ac 10, 38).
Quand je pense à toi et à la responsabilité qui m’échoit, mon cœur fait des bonds et il est trop petit pour contenir l’Amour que tu y mets, c’est-à-dire pour te contenir, toi. Comment pourrait-il en être autrement, puisque tu es l’Infini, l’Immensément Grand ?
Donne-moi ta grâce pour que mes résolutions ne soient pas des feux follets, mais qu’elles soient efficaces, et que la grâce reçue dans cette communion soit un levier pour changer le monde, au moins là où je suis, un levier sur lequel tu puisses t’appuyer en toute confiance. Je te le demande par l’intercession de mon ange gardien, de saint Joseph et de la Vierge Marie, notre Mère bénie.