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mercredi 6 mai 2015

Le Psaume 2 (7)

Le Psaume 2 (7)

Le royaume de Dieu produit « charité, joie, paix, longanimité, mansuétude, bonté, fidélité, douceur, tempérance » (Galates 5, 22-23). Nous avons été prévenus que « celui qui refuse de croire au Fils ne verra pas la Vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3, 36). « Voici que du ciel, en effet, se révèle la colère de Dieu contre toute impiété et contre toute injustice des hommes qui détiennent la vérité captive de l’injustice » (Romains 1, 18). Et Dieu sait, de nos jours, si la vérité est soigneusement cachée, bâillonnée, interdite d’antenne, poursuivie… ! En présence de cet état de fait, (lire la suite)c’est bien vers la montagne sainte que nous devons nous diriger : « Vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, et du chœur des myriades d’anges, et de l’assemblée des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux, et d’un juge qui est le Dieu de tous, et des esprits des justes parvenus à la perfection, et du médiateur de la nouvelle alliance, Jésus, et du sang de l’aspersion qui parle plus haut que celui d’Abel » (Hébreux 12, 22-24). La royauté du Messie, proclamée partout dans le Nouveau Testament, est attestée aussi par David : « Oracle du Tout-Puissant à mon Seigneur : ‘Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds. Le Seigneur étendra de Sion le sceptre de ta puissance : domine au milieu de tes ennemis ! » (Psaume 110, 1-2). Et de fait, lui, « après avoir offert un sacrifice unique pour le péché, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu » (Hébreux 10, 12). Cette royauté, ils l’ont reconnue, même si c’était pour tourner le Sauveur en dérision. Les soldats de la cohorte romaine, « après lui avoir retiré ses vêtements, ils jetèrent sur lui une chlamyde rouge, tressèrent une couronne avec des épines et la lui posèrent sur al tête, avec un roseau dans la main droite. Et fléchissant le genou devant lui, ils le tournaient en dérision, disant : ‘salut, roi des Juifs !’ Et ils lui crachaient aussi dessus et, prenant le roseau, ils le frappaient à la tête » (Matthieu 27, 28-30). « De la pourpre des rois terrestres ils prirent un pan, et l’imposèrent au Fils du Roi. En ceci ils prophétisaient, et Caïphe aussi. Ils trahirent le Royaume, mais malgré eux saluèrent le Roi. Voulant lui arracher son règne, ils lui en ajoutèrent un autre. Car il est le Roi des rois, et tous les princes lui apportent un tribut » (Éphrem le syrien, Hymne). (à suivre…)

mercredi 4 décembre 2013

Connaître en écoutant (8)

Connaître en écoutant (8)

Par ces mots, il se condamne lui-même. Il trahit sa paresse et son refus de rendre à son maître ce qui lui revient, c’est-à-dire sa gloire. En outre, il ne connaît pas le moins du monde son maître, sur lequel il se permet de porter un jugement injuste et erroné. Car ce maître, qui n’est autre que notre Seigneur, est le contraire d’un homme dur de cœur. « Je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29), affirme-t-il de lui-même. « Le Seigneur est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et plein de bonté. Le Seigneur est bon envers tous, et sa compassion s’étend à toutes ses œuvres » (Psaume 144, 8-9). Or, l’homme est bien l’œuvre de ses mains (cf. Genèse 1, 26). C’est donc bien mal connaître Dieu que (lire la suite) de voir en lui quelqu’un de dur. Il se présente comme le « Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, débordant de bonté et de fidélité, qui se montre bon pour des milliers, qui pardonne la faute, la transgression et le péché ; mais il ne les laisse pas impunis, visitant l’iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération » (Exode 34, 6-7). Or, le serviteur de la parabole a fauté. Il s’entend reprocher son comportement inqualifiable : « C’est d’après tes paroles que je te juge, mauvais serviteur. Tu savais que moi, je suis un homme dur – ce sont tes propres mots -, prenant ce que je n’ai pas mis et moissonnant ce que je n’ai pas semé. Alors, pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon retour, je l’aurais recouvré avec un intérêt » (Luc 19, 22-23). Tu pouvais facilement imaginer que c’était ce que j’attendais de toi. Cela n’avait vraiment rien de sorcier. D’ailleurs tes compagnons l’ont parfaitement compris et ont agi en conséquence. « Et il dit à ceux qui étaient là : « Enlevez-lui la mine et donnez-la à celui qui a les dix mines » (Luc 19, 24). Lui, au moins, il saura la faire produire comme il faut. Les dons que nous avons reçus sont les moyens fournis gratuitement par Dieu, mis gracieusement à notre disposition par lui, pour que nous puissions parvenir à être saints, et que notre travail bénéficie également aux autres, soit source de corédemption. « À ne pas oublier : il faut qu’il y ait dans toutes les activités humaines, des hommes et des femmes qui, dans leur vie et dans leurs œuvres, portent la Croix du Christ, dressée haute, visible, réparatrice ; symbole de la paix, de la joie ; symbole de la Rédemption, de l’unité du genre humain, et de l’amour dont Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit, la Trinité Bienheureuse a aimé et aime toujours l’humanité ! » (saint Josémaria, Sillon, n° 985). (fin)

vendredi 29 avril 2011

Le jour du Seigneur

Le jour du Seigneur

« Je veux me tenir à mon poste, et rester debout sur la tour », car « le juste vivra par sa fidélité » (Habacuc 2, 1.4). je monte la garde, car les ennemis de Dieu ne prennent pas de repos et sèment constamment l’ivraie dans le champ du Seigneur : « C’est un ennemi qui a fait cela » (Matthieu 13, 28). Mais, « n’es-tu pas dès les temps anciens, Yahvé, mon Dieu, mon Saint » (Habacuc 1, 12), « le Dieu de toute la terre » (Isaïe 53, 5) ? J’entre en traité avec toi pour que tu n’exerces pas ton courroux contre nous. or, « tu t’es mis en campagne pour sauver ton peuple ; pour sauver ton Oint » (Habacuc 3, 13), et tu es une force pour ton peuple, une forteresse de salut pour ton Oint (cf. Psaume 28, 8).
« Il est proche le grand jour de Yahvé, il est proche et se précipite ! (lire la suite) Il est terrible d’entendre le jour de Yahvé ! Le héros y poussera des cris. C’est un jour de courroux que ce jour-là, un jour d’angoisse et d’affliction, un jour de renversement et de bouleversement, un jour de ténèbres et d’obscurité, un jour de nuages et d’épais brouillards, un jour de trompette et de cris d’alarme, sur les villes fortes et sur les hautes tours. Je tourmenterai les hommes et ils marcheront comme des aveugles, parce qu’ils ont péché contre Yahvé » (Sophonie 1, 14-17).
« Cherchez Yahvé, tous les petits du pays, qui accomplissez sa loi » (Sophonie 2, 3), « avant que vienne sur vous le jour de la colère de Yahvé » (Sophonie 2, 2). « Envoie ton Esprit : ils sont créés, et tu renouvelles la face de la terre » (Psaume 104, 30). Tu ne veux pas notre malheur, mais que nous vivions. « La terre sera remplie de la connaissance de la gloire de Yahvé, comme les eaux recouvrent le fond de la mer » (Habacuc 2, 14). Ô miracle ! devant toi « se prosterneront, chacun en son lieu, toutes les îles des nations » (Sophonie 2, 11). « Et maintenant, rois, devenez sages ; prenez une leçon, juges de la terre. Servez Yahvé avec crainte et tressaillez de joie pour lui ! En tremblant, rendez-lui hommage, de peur qu’il ne s’irrite et que vous ne périssiez hors de la voie » (Psaume 2, 10-12). Je te prends au mot, Seigneur : « Oui ! alors je donnerai aux peuples des lèvres pures, afin qu’ils invoquent le nom de Yahvé et le servent d’un commun accord » (Sophonie 3, 9). Alors ton peuple « ne commettra pas l’iniquité, il ne dira pas de mensonge, et il ne se trouvera pas dans leur bouche de langue trompeuse » (Sophonie 3, 13). « On ne verra plus de mal ni de corruption » (Isaïe 11, 9).
Hâte, Seigneur, la venue de ce jour, car nous en avons grand besoin. Nous voudrions que tous te servent « dans la justice et la sainteté » (Ephésiens 4, 24).


mercredi 2 mars 2011

L’Amour de Dieu pour nous (1)


L’Amour de Dieu pour nous (1)

Saint Paul rappelle aux chrétiens d’Ephèse la condition dans laquelle ils se trouvaient avant de recevoir l’annonce de l’Evangile : « Vous aussi, vous étiez à l’état de mort pour les fautes et les péchés que jadis vous commettiez couramment en suivant le courant de ce monde, à la manière du prince qui règne dans les airs, de l’esprit qui exerce actuellement son action chez les hommes rebelles » (Éphésiens 2, 1-2). Les chrétiens d’Ephèse provenaient pratiquement tous du paganisme. Mais ce rappel peut s’adresser aussi à chacun de nous, dans la mesure où nous sommes marqués par le péché originel, et donc « fils de la colère ».
Mais voilà, « Dieu, dans la richesse de sa miséricorde, (lire la suite) poussé par le grand amour dont il nous a aimés, nous a fait revivre avec le Christ, alors que nous étions en l’état de mort pour nos fautes » (Éphésiens 2, 4-5). En effet, Lorsque sont apparus la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes , il nous a sauvés (Tite 3, 4-5). C’est une vérité extrêmement consolante. La grande réalité de la vie chrétienne : « La grâce salvatrice de Dieu, en effet, est apparue à tous les hommes » (Tite 2, 11). Mais les hommes n’acceptent pas tous cette bonté et cet amour de Dieu, et donc ne veulent pas tous entrer dans le mystère de la grâce salvatrice : « Nous aussi, nous étions de ceux-là, quand nous vivions jadis plongés dans les convoitises de la chair, soumis aux ordres de la chair et des désirs mauvais, et nous étions par nature voués à la colère divine tout comme les autres » (Éphésiens 2, 3). Eux, ils veulent rester dans cette condition qui, croient-ils, les arrange. Peut-être face au monde, mais certainement pas face à Dieu.
« C’est par grâce que vous êtes sauvés » (Éphésiens 2, 5). Il n’y a de salut qu’en Jésus-Christ. « Aussi bien, nous croyons que c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous sommes sauvés » (Actes 15, 11). Refuser le Christ, c’est se fermer à la grâce. Or, la grâce est absolument nécessaire pour le salut. Nous ne connaissons pas d’autre voie que celle-là.
Donc, dans son amour et sa miséricorde, Dieu « nous a ressuscités avec lui et nous a fait asseoir avec lui dans les cieux en la personne du Christ Jésus » (Éphésiens 2, 6). Par lui, il « nous a octroyé toutes sortes de bénédictions spirituelles dans le Christ » (Éphésiens 1, 3). Jésus est remonté auprès de son Père avec son humanité très sainte, faisant en sorte que notre nature puisse recevoir « grâce sur grâce ».

(à suivre…)

dimanche 16 mai 2010

Le bonheur des justes (6)

Le bonheur des justes (6)

Les méchants « sont comme la balle que le vent chasse » (Psaume 1, 4). « Car voici que le jour vient, incandescent comme une fournaise. Tous les mutins, tous ceux qui font le mal seront du chaume, et le jour qui vient les brûlera, dit Yahvé des armées, ne leur laissant ni racines ni branches » (Malachie 3, 19). « En bas, ses racines se dessèchent, en haut, ses rameaux se flétrissent. Son souvenir est aboli de la terre, il n’a pas de nom dans la contrée » (Job 18, 16-17). Tel est le sort qui leur est réservé, à ceux qui restent impénitents, qui résistent opiniâtrement à l’Amour de Dieu, qui préfèrent troquer leur droit d’aînesse contre un plat de lentilles (Genèse 25, 29-34). Ils se retrouvent sans rien. Ils ont perdu la bénédiction à laquelle ils pouvaient prétendre et deviennent l’opprobre universel. Mais ce n’est pas tout. (lire la suite) « Les méchants ne resteront pas debout lors du jugement » (Psaume 1, 5). « C’est que le Seigneur sait délivrer de l’épreuve les hommes pieux et garder pour le jour du châtiment les criminels qui seront châtiés » (2 Pierre 2, 9). « Yahvé fait entendre sa voix à la tête de son armée, car immenses sont ses troupes, car puissant est l’exécuteur de sa parole, car le jour de Yahvé est grand et très redoutable, qui pourrait le soutenir ? » (Joël 2, 11). Qui peut tenir tête indéfiniment et impunément à son Dieu, en effet ? Qu’ils ne veuillent pas le reconnaître tel est leur affaire. Cela n’enlève rien à la réalité. Se mettre des œillères ne change rien au monde, mais prive simplement du spectacle. Ils ne voient pas Dieu. Ils le verront un jour face à face, le jour du jugement. Dies irae, dies illa… « Jour de colère, ce jour-là, qui réduira le monde en cendres. (...) Jour de larmes que ce jour-là, quand de la cendre surgira l’homme coupable, face au Juge ! Pardonne-lui donc, ô mon Dieu. » Ils seront pesés et jugés trop légers, non préparés pour entrer au banquet céleste. « Yahvé connaît la voie des justes » (Psaume 1, 6), c’est-à-dire qu’il s’y reconnaît, qu’il l’apprécie, qu’il loue ceux qui s’y maintiennent fermement. « Mais la voie des pécheurs va à la ruine » (Psaume 1, 6).
« Ce Fils est l’image du Dieu invisible, le premier-né par rapport à l’ensemble de la création. (…) Il est à la tête du corps qu’est l’Eglise, lui qui est le chef, le premier-né d’entre les morts afin d’avoir la primauté en tout. Car il a plu à Dieu de faire résider en lui toute la plénitude de la divinité et de se réconcilier par lui avec toutes choses, celles qui sont sur la terre comme celles qui sont dans les cieux, en établissant la paix par le sang de sa croix, par lui » (Colossiens 1, 15.18-20). Mais encore faut-il qu’ils acceptent de se laisser réconcilier. « Seigneur, est-ce le petit nombre qui sera sauvé ? » (Luc 13, 23). Jésus n’a pas voulu apporter une réponse tranchée à cette question. Il nous laisse dans une certaine incertitude. Mais il est évident – même si certains le nient, car ils pensent ainsi arranger leurs affaires, mais ce n’est qu’une étourderie coupable – que beaucoup se perdent volontairement. Ils sont comme la paille, comme le chaume, qui ne résiste pas au feu de l’Amour de Dieu, au feu de l’Esprit, car ils se sont fermés à lui, ils se sont desséchés dans leurs pensées inutiles, vaines, dans leurs projets égocentriques, dans leurs desseins en marge de Dieu.
Mais l’homme droit, l’homme juste, lui, est prédestiné à aller au ciel.

(fin)

jeudi 22 octobre 2009

Le Rosaire et problèmes du monde

Le Rosaire et problèmes du monde

Le Rosaire « a été institué surtout pour implorer le patronage de la Mère de Dieu contre les ennemis du nom chrétien » (Léon XIII, lettre apostolique Salutaris ille, 24 décembre 1883). « Urbain IV a attesté que, chaque jour, le Rosaire procurait des avantages au peuple chrétien. Sixte IV a dit que cette manière de prier est avantageuse à l'honneur de Dieu et de la Sainte Vierge, et particulièrement propre à détourner les dangers menaçant le monde ; Léon X a déclaré qu'elle a été instituée contre les hérésiarques et les hérésies pernicieuses ; et Jules III l'a appelée la gloire de l'Église. Saint Pie V a dit aussi, au sujet du Rosaire : (lire la suite) « Cette manière de prier une fois connue, les fidèles, éclairés par les méditations et enflammés par le texte de ces prières, ont commencé à devenir d'autres hommes ; les ténèbres de l'hérésie se sont dissipées, et la lumière de la foi catholique a brillé de tout son éclat. » Enfin, Grégoire XIII a déclaré à son tour que le Rosaire avait été institué par saint Dominique pour apaiser la colère de Dieu et implorer l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie » (Léon XIII, enc. Supremi Apostolatus, 1er septembre 1883). Plus d'un pape s'est attaché à répandre cette dévotion parmi les nations orientales : « Eugène IV, par sa constitution Advesperascente, donnée en 1439, puis Innocent XII et Clément XI, par l'autorité desquels de grands privilèges furent, à cet effet, accordés à l'Ordre des Frères Prêcheurs » (Léon XIII, enc. Adjutricem populi, 5 septembre 1895). « Par cette prière, on embrasse les problèmes de l'Église, du Siège de saint Pierre, les problèmes du monde entier. En outre, on se souvient des pécheurs, pour qu'ils se convertissent et se sauvent, et des âmes du purgatoire » (Jean-Paul II, Homélie à Fatima, 13 mai 1982). Extrait d'un entretien de sœur Lucie de Fatima avec le père Fuentès, le 26 décembre 1957 : « La très sainte Vierge, en ces derniers temps que nous vivons, a donné une efficacité nouvelle à la récitation du Rosaire ; de telle façon qu’il n’y a aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou surtout spirituel, se référant à la vie personnelle de chacun de nous, de nos familles, des familles du monde ou des communautés religieuses, ou bien à la vie des peuples et des nations ; il n’y a aucun problème si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint Rosaire. Avec le saint Rosaire nous nous sauverons, nous nous sanctifierons, nous consolerons Notre-Seigneur et obtiendrons le salut de beaucoup d’âmes. » Le Rosaire produit « un fruit remarquable et bien en rapport avec les nécessités de notre temps (...). Il consiste en ce que, au moment où la foi est exposée à tant d'attaques et de périls, le Rosaire fournit au chrétien un aliment pour la nourrir et la fortifier » (Léon XIII, enc. Fidentem piumque, 20 septembre 1896). « Nous mettons une grande espérance dans le rosaire pour la guérison des maux qui affligent notre époque. Ce n'est pas avec la force, ni avec les armes, ni avec la puissance humaine, mais avec l'aide divine obtenue par cette prière que l'Église, forte comme David avec sa fronde, pourra affronter, intrépide, l'ennemi infernal » (Pie XII, Lettre Ingruentium malorum, 15 septembre 1951).

mardi 30 juin 2009

Le jeune homme riche (10)

Le jeune homme riche (10)

Prenez espoir. Cette vie ne fait que passer. Je m'en vais vous préparer une place (Jean 14, 2). Ne vous attachez pas à l'heure présente. Vous êtes dans le monde, ce monde que vous devez sanctifier tout comme moi je m'attache à le faire, mais vous n'êtes pas du monde, car nous n'avons pas ici une cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir (Hébreux 13, 14) et vous, vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la Cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, et du chœur des myriades d'anges (Hébreux 12, 22). Père, le monde les a pris en haine, parce qu'ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les préserves du Malin. Ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde. Consacres-les dans la vérité (Jean 17, 16-18).
Comprenez-vous cela ?
- Oui, Seigneur. C'est son cousin Jacques qui a prit la parole. Enfin, plus ou moins.
- Dans le monde vous avez des tribulations, n'est-ce pas ? (Jean 16, 33).
- Ça oui !
- Eh bien ! mon Père essuiera les larmes sur tous les visages ; et la honte de son peuple, il l'enlèvera de la terre entière (Isaïe 25, 8). Il demeurera parmi eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux ; la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil ni cri de souffrance ni douleur, car ce qui était auparavant a pris fin (Apocalypse 21, 3-4). Ceux qu'a libérés Yahvé reviendront ; ils entreront en Sion avec des cris de joie ; une allégresse éternelle couronnera leur tête ; la joie et l'allégresse les envahiront ; chagrin et gémissement s'enfuiront (Isaïe 35, 10).
- Quand cela interviendra-t-il, Jésus, quand seront-nous libérés de la pesanteur quotidienne, du poids du jour et de la grande chaleur ? (Matthieu 20, 12).
- Cela n'est pas à vous de connaître le jour et l'heure que le Père a fixés de sa propre autorité (Actes 1, 7). Mais, je vous le dis, cette génération ne passera pas avant que tout ne soit arrivé (Luc 21, 32).
Ne vous effrayez pas à la pensée de la mort. Je donne ma vie, non comme le monde la donne, mais pour sublimer le passage à l'autre monde, pour lui conférer un sens nouveau et en faire une recontre aimable avec notre Père. Pour l'heure, prenez la justice comme une cuirasse, et sur la tête le casque de la victoire (Isaïe 59, 17), empoignez votre zèle comme armure, (...) un casque pour jugement sincère, (...) la sainteté comme un bouclier invincible (Sagesse 5, 17-19), et le glaive de l'Esprit, qui est la parole de Dieu (Éphésiens 6, 17). Et vous vous en trouverez bien. Dieu, en effet, ne nous a pas destinés à être l'objet de sa colère, mais à acquérir le salut (1 Thessaloniciens 5, 9).
- Demande à ton Père d'exaucer notre prière, « pour que vous nous ameniez à une véritable pénitence » (Litanie des saints) et que nous obtenions ce salut que tu nous a promis et que tu es toi-même ! « Tu offres à tes enfants un temps de grâce pour qu'ils retrouvent la pureté du cœur ; tu veux qu'ils se libèrent de leurs égoïsmes, afin qu'en travaillant à ce monde qui passe, ils s'attachent surtout aux choses qui ne passent pas » (Préface du carême 2).

(fin)

samedi 11 avril 2009

Les conséquences du péché

Les conséquences du péché

Le règne de Satan sur nous, aveuglant qui en est la conséquence, n’est qu’une suite du péché. Et cette suite est un jugement : c’est le jugement de Dieu. La volonté même par laquelle Dieu mettait la vie et la liberté dans son amour met dans le rejet de cet amour la sujétion et la mort.
Cette exigence de l’amour divin vue du dehors, c’est la loi comme la comprend saint Paul. Révélée à ceux qui n’ont pas en eux les moyens d’y adhérer comme au mouvement même de leur être, la loi devient, par dessus le démon, le premier ennemi de l’homme pécheur. On s’explique, dans cette perspective, que saint Paul n’hésite pas à la traiter comme telle tout en persistant à la déclarer bonne et parfaite, puisque divine (cf. en particulier Romains 7 en entier. De même Romains 10, 4 ; 1 Corinthiens 15, 56 ; Ga 3, 10-13 ; Colossiens 2, 14).
Plus profondément encore, notre grand ennemi, si osé que soit le paradoxe, il ne faut pas hésiter à l’énoncer, c’est l’amour même de Dieu. Car c’est en définitive la colère divine qui condamne le péché en nous comme Satan ; et cette colère, redisons-le, n’est que l’amour contristé.

Louis Bouyer, Le mystère pascal, Paris, Les Éd. du Cerf, 1950, p. 287-288.