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vendredi 30 août 2013

Obéir aux lois

Obéir aux lois

Comment l’Église peut-elle honorer le soldat Victor comme saint ? Comment peut-elle nous donner comme modèle un homme qui est condamné et exécuté parce qu’il a violé le serment de fidélité au drapeau, parce qu’il a désobéi à l’empereur ?... Le christianisme demande l’obéissance à Dieu, mais aussi aux hommes… Du moment que l’autorité humaine s’oppose aux commandements de Dieu reconnus clairement dans sa propre conscience, qu’elle détruit sa propre dignité, elle perd son droit de commander, elle abuse de son pouvoir… Une obéissance qui asservit les âmes, qui attente à la conscience et au sanctuaire le plus intime de la liberté humaine est l’esclavage le plus rude… c’est une attaque à Dieu lui-même… Saint Victor a confessé par son sang la vérité. Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Ma tête, ma vie appartiennent à l’empereur, mais pas ma conscience. Dieu veut nous donner à nous aussi le discernement et la force héroïque pour que jamais, par égoïsme ou par crainte des hommes, nous ne consentions au péché, salissant notre conscience pour gagner ou conserver la faveur des puissants mortels. C. A. von Galen, Homélie, 9 octobre 1937, citée dans T. Knecht, Mgr von Galen. L’évêque qui a défié Hitler, Paris, Parole et Silence, 2007, p. 50-51.

mercredi 18 juillet 2012

Prière de Jésus à Gethsémani

Nous devons aussi prêter attention au contenu de la prière de Jésus au Mont des Oliviers. Jésus dit : « Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! » (Mc 14, 36). La volonté naturelle de l’Homme-Jésus effrayée face à une chose si énorme recule. Toutefois, en tant que Fils, il dépose cette volonté humaine dans la volonté du Père : non pas moi, mais toi. Par cela, Il a transformé le comportement d’Adam, le péché primordial de l’homme, guérissant ainsi l’homme. L’attitude d’Adam avait été : Non pas ce que tu veux toi, Dieu ; moi-même je veux être dieu. Cet orgueil est la vraie essence du péché. Nous pensons être libres et vraiment nous-mêmes, seulement quand nous suivons exclusivement notre volonté. Dieu apparaît comme le contraire de notre liberté. Nous devons nous libérer de Lui, – c’est notre pensée – alors seulement nous serons libres. C’est cette rébellion fondamentale qui traverse l’histoire et le mensonge profond qui dénature notre vie. Quand l’homme s’érige contre Dieu, il s’érige contre sa propre vérité et par conséquent, il ne devient pas libre, mais aliéné par lui-même. Nous sommes libres seulement quand nous sommes dans notre vérité, quand nous sommes unis à Dieu. Alors, nous devenons vraiment « comme Dieu » - non pas en nous opposant à Dieu, non pas en nous débarrassant de Lui ou en Le reniant. Dans la lutte durant sa prière au Mont des Oliviers, Jésus a dénoué la fausse contradiction entre l’obéissance et la liberté, et il a ouvert le chemin vers la liberté. Demandons au Seigneur de nous introduire dans ce « oui » à la volonté de Dieu et de nous rendre ainsi vraiment libres. Amen Benoît XVI, Homélie de la messe In Cœna Domini
, 5 avril 2012.

mardi 17 janvier 2012

L’Amour de Dieu (3)


L’Amour de Dieu (3)

Nous devons imiter dans notre apostolat la façon de faire de notre Dieu : ne cherchons pas notre satisfaction personnelle mais à faire plaisir à l’autre, à lui apporter quelque chose, à l’enrichir. Nous savons que nous lui apportons les biens essentiels. Nous n’agissons pas pour nous, mais de façon gratuite, comme Dieu envers nous, de façon désintéressée, en étant prêts à tous les sacrifices nécessaires, comme Dieu aussi, qui nous envoie son propre Fils, lequel, « après avoir aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (Jean 13, 1). Il n’existe pas de limite aux efforts à consentir. Nous voyons que les racines de notre apostolat sont profondes, très profondes : l’amour de Dieu pour nous, sans condition, qui n’attend rien en retour, si ce n’est peut-être, très certainement, des déceptions… (lire la suite)
Aimer Dieu implique aussi que nous prenions les moyens de la lutte ascétique et que nous cherchions de façon pratique comment montrer cet amour dans les faits. « Nous avons deux principaux exercices de notre amour envers Dieu, l’un effectif et l’autre affectif. Par celui-là, nous affectionnons Dieu et ce qu’il affectionne ; par celui-ci, nous servons Dieu et faisons ce qu’il nous ordonne » (saint François de Sales, Traité de l’Amour de Dieu, l. 6, chap. 1).
Que ce soit donc un amour pratique. « De tous les mouvements de l’âme, de ses sentiments et de ses affections, l’amour est le seul qui permette à la créature de répondre à son créateur, sinon d’égal à égal, du moins de semblable à semblable. Si par exemple Dieu est irrité contre moi, je ne répliquera pas par la même colère, mais par la crainte, le tremblement, l’imploration du pardon. S’il m’accuse, je ne l’accuserai pas à mon tour, je chercherai à me justifier. Et s’il me juge, je ne le jugerai pas, je l’adorerai. En me sauvant, il ne me demande pas de le sauver en retour, et celui qui nous libère tous n’a besoin d’être libéré par personne. S’il me parle en maître, j’ai à lui obéir, non à exiger de lui qu’il se fasse mon serviteur. Vous voyez bien vous-mêmes qu’il en va tout autrement de l’amour. Lorsque Dieu aime, il ne veut rien d’autre qu’être aimé, car il n’aime que pour qu’on l’aime, sachant que ceux qui l’aimeront accèderont par là-même à la béatitude » (saint Bernard, In Cantica, sermon 83, 4, trad. d’A. Béguin, Paris, Le Seuil, 1953, p. 849-850).

(fin)

lundi 8 février 2010

Marie et l'Incarnation (3)

Marie et l'Incarnation (3)

Marie est ainsi préparée de nouveau pour sa deuxième mission. L'Immaculée Conception l'a mise en état d'accepter d'être la Mère de Dieu. La Maternité divine la prédispose à être la nouvelle Ève, la nouvelle « Mère des vivants ». Mais il faudra pour cela qu'elle fasse une nouvelle offrande à Dieu, qui consiste à se dépouiller de son Fils. Cela se fera aussi en deux étapes. Mais auparavant, il y aura toute la période de l'enfance et de l'adolescence, qui sera heurtée, chaotique du fait de la malice des hommes. Là encore, Marie sera sollicitée par Dieu de lui remettre la tranquillité de son foyer, son honneur et sa réputation, le confort d'une vie aisée. (lire la suite) « Une vie de louange, comme la Vierge en donne l'exemple dans le Magnificat (Lc 1, 46-55). Une vie de piété, comme le montre leur pèlerinage à Jérusalem et leur fidèle accomplissement de la Loi de Moïse (Lc 2-22-24.39 et 2, 41). Une vie d'obéissance et d'humilité, comme l'indique la soumission du Fils de Dieu à ses parents (Lc 2, 51). Dans la Sainte Famille, « le plus grand se fait serviteur » (Mc 10, 43) ; l'obéissance est à rebours de la dignité des êtres : le Fils de Dieu est soumis à l'Immaculée qui est soumise à l'homme juste. Une vie de service aimant, comme le suggère l'empressement de la Vierge à servir sa cousine (Lc 1, 39). Une vie de prière et de méditation car « Marie conservait toutes ces choses et les méditait dans son cœur » (Lc 2, 19.51). Une vie pauvre, comme l'indique l'offrande de deux tourterelles prévues pour les personnes de peu de ressources (Lc 2, 24). Une vie d'épreuves qui les mènera comme une famille émigrée à gagner l'Égypte (Mt 2, 14). Une vie de labeur dans l'atelier du charpentier (Mc 6, 3). Une vie de foi surtout, car malgré les avertissements célestes dont ils avaient été les bénéficiaires, Marie et Joseph ne cheminaient pas dans la claire vision (2 Co 5, 7) mais bien dans l'obscurité de notre condition terrestre » (Guillaume de Menthière, Je vous salue Marie. L'art de la prière, Paris, Mame-Edifa, 2003, p. 109).
Le jour viendra où Marie devra faire le don de son Fils. Elle sait bien que son Jésus devra la quitter un jour. C'est le propre de tout enfant que de voler de ses propres ailes. Et en plus, Jésus a une mission à accomplir, elle le sait, la mission la plus excellente qui soit. Mais ce n'est pas pour autant que la séparation est facile, qu'il ne lui en coûte pas de ne plus avoir toujours Jésus à côté d'elle.
Il y a longtemps qu'elle a compris qu'elle est sur cette terre exclusivement pour que la Rédemption se fasse, pour que notre Seigneur nous rachète de nos péchés, et que sa vie n'a de sens qu'en fonction de ce plan divin, ne s'explique que par lui, ne s'éclaire que par lui.

(à suivre...)
)

jeudi 17 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (7)

L'obéissance dans la foi de Marie (7)

Si nous sommes enfants de Dieu, « et nous le sommes » (1 Jean 3, 1), c'est parce que la mort de Jésus-Christ sur la Croix nous a libérés du poids du péché qui nous écrasait. Mais c'est aussi parce que, par son fiat, Marie a rendu possible notre Rédemption par son Fils. Parce qu'elle a accepté, en disant « oui », de mettre en jeu sa vie, sa réputation, son avenir, pour que la Volonté de Dieu s'accomplisse, telle que Dieu l'a arrêtée éternellement et immuablement.
« Il faut que lui grandisse, et que moi, je diminue » (Jean 3, 30)... Marie est beaucoup mieux placée que Jean-Baptiste pour le dire. Et pour ressentir cette nécessité de s'effacer devant son Fils qui seul est le Sauveur. Elle veut « agir et disparaître, afin que Jésus seul brille » (saint Josémaria). (lire la suite) Elle s'efface effectivement, elle disparaît discrètement de la scène.
Nous ne la retrouverons en direct qu'à Cana, au moment de la première séparation d'avec son Fils, quand celui-ci entame sa vie publique ; puis au Calvaire, lors de la deuxième séparation, nettement plus douloureuse, que ne compense pas - c'est absolument impossible - le fait de recevoir tous les hommes pour enfants...
L'obéissance de la foi de Marie, sans sourciller, sans penser à elle, en a fait la « Cause de notre joie » (Litanies de Lorette), une joie « qui a ses racines en forme de Croix » (saint Josémaria). L'humble servante du Seigneur est devenue la Reine de l'univers. Marie « était unie au Christ de façon singulière lors de sa première venue, par sa continuelle coopération avec lui elle le sera aussi dans l'attente de la seconde venue » (Redemptoris Mater, n° 41), plus encore, elle le sera aussi lors de cette deuxième venue, comme saint Louis-Marie Grignion de Montfort l'annonce, quand « apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l'homme, et alors toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l'homme arriver sur les nuées du ciel avec beaucoup de puissance et de gloire. Et il enverra ses anges au son de la grande trompette, et ils rassembleront ses élus des quatre points de l'horizon, d'une extrémité des cieux à l'autre » (Matthieu 24, 30-31).

(fin)

mercredi 16 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (6)

L'obéissance dans la foi de Marie (6)

Et voilà que Marie s'est entendu dire : « Voici que vous concevrez... » Dans le contexte qui est le sien, à ce moment précis de l'histoire d'Israël, dans ce premier avent, elle comprend sur le champ qu'il ne peut s'agir que du Messie. Marie n'envisageait pas son avenir sous l'angle de la maternité. Elle l'avait exclue formellement, ce qui n'était pas un mince sacrifice, puisque cela supposait précisément de ne pas pouvoir être l'élue du Tout-Puissant, de qui naîtrait le Messie, la vierge décrite par Isaïe. Marie avait fait don à Dieu de cet abandon, pour sa plus grande gloire, par humilité. (lire la suite)
Et voici que Dieu redonnait sa maternité à Marie, et qu'il la lui redonnait au centuple, selon sa façon magnanime de se comporter avec ses créatures, qu'il la lui restituait tout en préservant cette virginité qu'elle voulait garder pour servir pleinement son Seigneur ! Elle le servira, en effet, mais différemment, autrement, d'une façon beaucoup plus profitable à l'humanité, et que seule Dieu pouvait inventer.
Son histoire ne s'écrira pas entre elle et Dieu seulement dans la pénombre du Temple, l'obscurité d'une vie quelconque et l'intimité de son âme. Le Fils qui va naître d'elle y inscrit tous les hommes de toutes les générations, depuis Abel le juste jusqu'à la fin des temps. Elle est portée au seuil de la divinité. Au point d'accueillir Dieu en elle. Marie est pleine de grâce. Elle a reçu le don d'une foi proportionnée à la réponse que Dieu attend d'elle. Une foi qu'elle pourrait couper au couteau, tellement elle est épaisse, pour reprendre l'image que saint Josémaria utilisait souvent, plein de reconnaissance envers Dieu.
Alors Marie dit : « Je suis la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole ! » (Luc 1, 38). « Ce fiat de Marie - « qu'il m'advienne » - a déterminé, du côté humain, l'accomplissement du mystère divin » (Jean-Paul II, enc. Redemptoris Mater, n° 13). Sans ce « oui », que serait-il advenu de l'humanité ? Vraiment, « le mystère de l'Incarnation s'est accompli lorsque Marie a prononcé son fiat : « Qu'il m'advienne selon ta parole ! » rendant possible, pour ce qui la concernait dans le plan divin, la réalisation du dessein de son Fils » (Redemptoris Mater, n° 13). Et en ce qui nous concernait aussi, du même coup.

(à suivre...)

mardi 15 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (5)

L'obéissance dans la foi de Marie (5)

Marie « a donc répondu de tout son « moi » humain, féminin, et cette réponse de la foi comportait une coopération parfaite avec « la grâce prévenante et secourable de Dieu » et une disponibilité parfaite à l'action de l'Esprit Saint qui « ne cesse, par ses dons, de rendre la foi plus parfaite » (Dei Verbum, n° 5). » (Jean-Paul II, enc. Redemptoris Mater, n° 13). Voilà qui est admirable. C'est un cercle vertueux. Plus grande est la coopération à la grâce, plus parfaite est la réponse à la vocation, et plus l'Esprit Saint déverse ses dons dans l'âme, pour la rendre capable d'un don de soi encore plus généreux, capable de repousser encore plus loin, toujours plus loin les limites de l'Amour. (lire la suite)
Tel est l'exemple sublime que nous trouvons en Marie. L'obéissance de la foi jointe à l'humilité la font s'élever très haut dans le firmament de la sainteté, au point que par elle nous faisons un saut dans la divinité. Elle est le pont qui permet de passer de l'humain au divin, certes toujours dans la subordination à son Fils, l'unique Médiateur.
Marie laisse l'ange délivrer son message. Elle a juste posé une question, non pour douter de ce qui lui était dit, mais pour savoir comment concilier sa mission avec la voie sur laquelle elle s'était engagée sous la motion de Dieu lui-même, à n'en pas douter. Le message n'est pas bien long, certes. Mais comme il fait pénétrer dans les desseins éternels et infinis de Dieu, Marie a pu se sentir comme hors du temps, transportée dans un « ailleurs » auquel il ne lui était pourtant pas encore donné d'accéder. « Le Père des miséricordes a voulu que l'Incarnation fût précédée par une acceptation de la part de cette Mère prédestinée » (Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, n° 56).
Marie ne perd pas pour autant conscience de la réalité. C'est bien à elle qu'il a été dit : « Voici que vous concevrez en votre sein et que vous enfanterez un fils » (Luc 1, 38). C'est on ne peut plus clair. Et c'est là où interviennent sa foi et son obéissance. Elle sait que le Messie doit venir. Elle perçoit même, dans sa grande sensibilité, à divers signes que cette venue est prochaine, voire imminente.

(à suivre...)

dimanche 13 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (4)

L'obéissance dans la foi de Marie (4)

Marie est persuadée que Dieu sait ce qu'il fait, à qui il s'adresse, quand il présente sa requête à une âme, qu'il a au préalable convenablement ornée des qualités opportunes. Dans son cas à elle, il s'agit d'une sainteté hors pair, tout à fait exceptionnelle. En effet, en vue de sa Maternité divine, Dieu « la combla, bien plus que tous les esprits angéliques, bien plus que tous les saints, de l'abondance de toutes les grâces célestes, et l'enrichit avec une profusion merveilleuse, afin qu'elle fût toujours sans aucune tache, entièrement exempte de l'esclavage du péché, toute belle, toute parfaite et dans une telle plénitude d'innocence et de sainteté qu'on ne peut, au-dessous de Dieu, en concevoir une plus grande, et que nulle autre pensée que celle de Dieu ne peut en mesurer la grandeur » (Pie IX, const. ap. Ineffabilis Deus, 8 décembre 1854). (lire la suite)
« Pouvait-elle saisir quelle signification primordiale avaient les paroles de l'ange ? » À fond, certainement pas. Mais, en tant que fille d'Israël, à cet instant, elle s'est sentie dans la foi mère du « Messie-Roi ». Elle s'en remet totalement « au sens que donnait aux paroles de l'Annonciation celui dont elles provenaient : Dieu lui-même » (Redemptoris Mater, n° 15), un sens qui ne se dévoilera pleinement à elle qu'au pied de la Croix, conférant à sa foi le caractère héroïque propre à la sainteté. Espérant contre toute espérance, comme les patriarches de l'Ancien Testament, Marie réaffirme dans toute sa plénitude le fiat prononcé à Nazareth quelques trente-trois ans plus tôt, ce fiat à la fois « filial et maternel » (Ibid., n° 14).

(à suivre...)

samedi 12 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (3)

L'obéissance dans la foi de Marie (3)

Pour Marie, « le moment « décisif » fut l'Annonciation, et les paroles mêmes d'Élisabeth : « Bienheureuse celle qui a cru » se rapportent en premier lieu à ce moment précis » (Jean-Paul II, enc. Redemptoris Mater, n° 13). Élisabeth l'a bien perçu, non d'elle-même, mais sous la motion de l'Esprit Saint qui l'inspire au moment où elle accueille Marie, comme saint Luc tient à le souligner (cf. Lc 1, 42). C'est la Parole de Dieu - le Fils que Marie porte en elle - qui parle à Élisabeth en son for intérieur et lui révèle ce que nul n'aurait pu imaginer d'une jeune fille telle que Myriam de Nazareth. Nazareth, un village, une minuscule bourgade, qui plus est n'a apparemment pas bonne réputation : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » (Jn 1, 46). C'est la question de Nathanaël a son ami Philippe qui lui a dit avoir rencontré le Messie en la personne de Jésus de Nazareth. (lire la suite)
« À l'Annonciation en effet, Marie s'est remise à Dieu entièrement en manifestant « l'obéissance de la foi » à celui qui lui parlait par son messager, et en lui rendant « un complet hommage d'intelligence et de volonté » (Dei Verbum, n° 5) » (Redemptoris Mater, n° 13). Ce sont les termes qui sont utilisées pour définir l'assentiment que tout fidèle doit donner aux vérités de foi. La vérité à laquelle Marie est sollicitée d'adhérer la concerne très directement : elle est rien moins que choisie pour être la « fille de Sion » cachée, annoncée par les prophètes, qui devait mettre au monde le Messie Seigneur.
Elle ne se dit pas que l'ambassadeur divin se trompe d'adresse. Elle ne pense pas qu'il veut se moquer d'elle ou qu'il s'agit d'une plaisanterie de mauvais goût. Non. Elle a tout de suite saisi le caractère surnaturel de la situation - éprouvant à un degré suréminent les sentiments de Pierre au jour de la Transfiguration : « Comme il est bon pour nous d'être ici » (Marc 9, 5). Elle s'est lancée à corps perdu et sans résistance dans l'océan de l'Amour de Dieu, estimant que tout ce qu'elle pourrait donner - sa vie entière, son être avec toutes ses facultés et ses puissances - serait bien peu de chose face à l'enjeu. Convaincue aussi de ce que Dieu « en sait plus long que nous »...

(à suivre...)

vendredi 11 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (2)

L'obéissance dans la foi de Marie (2)

Marie a cru et obéi plus que quiconque, d'abord parce qu'elle est toute sainte, pleine de grâce, c'est-à-dire plus précisément « comblée de grâces », parce qu'elle est l'Immaculée Conception et qu'il n'y a en elle aucune corruption du péché, même pas l'espace d'un bref instant. Marie est « bénie entre les femmes » (Luc 1, 28). Les éxégètes reconnaissent à la formule employée par Luc une tournure très sémitique. Le participe passé (bénie) est un passif divin qui désigne clairement Dieu comme l'auteur de cette bénédiction. « Vous êtes bénie » signifie « Dieu vous a bénie ». L'expression « entre les femmes » sert habituellement quant à elle à exprimer le superlatif. En effet, la langue hébraïque ne connaît pas le superlatif et distingue donc une personne en la mettant au-dessus de la masse des autres. (lire la suite) « Vous êtes bénie entre les femmes » signifie donc « Vous êtes la plus bénie des femmes » (abbé de Menthière, Je vous salue Marie. L'art de la prière).
L'obéissance de la foi est parfaite chez Marie également parce que personne n'a été confronté comme elle à une décision aussi importante, dont dépendait la Rédemption de l'humanité, nul ne s'est trouvé avant elle ni ne se trouvera après elle à qui il soit demandé d'accepter une charge aussi écrasante, dont Marie ne voyait que trop bien qu'elle dépassait totalement ses propres forces et dont elle se sentait, de ce fait, pleinement indigne.
Indigne au point de s'exclamer : « Voici la servante du Seigneur » (Lc 1, 38). Mais de l'affirmer tout en faisant entièrement confiance à Dieu, et en ajoutant : « Qu'il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38), en formulant un « oui » à ce qui avait été une demande formulée par le Tout-Puissant avec une extraordinaire délicatesse, sans rien imposer. Mais il est vrai comme si cela était déjà fait : « Vous allez concevoir et vous enfanterez un fils, auquel vous donnerez le nom de Jésus » (Lc 1, 31). Une délicatesse que Marie mettra pour demander à son Fils d'intervenir en faveur des jeunes époux de Cana (cf. Jn 2, 3). Elle a été à bonne école. Elle a appris qu'un « s'il-te plaît » suffit pour obéir, quand la proposition vient de Dieu, quand elle est formulée au nom de Dieu, par son représentant qualifié.


(à suivre...)

jeudi 10 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (1)

L'obéissance dans la foi de Marie (1)

« Salut, pleine de grâce ! Le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes » (Lc 1, 28). Après ce préambule surprenant, qui a dû plonger Marie dans une certaine perplexité, l'archange ajoute : « Ne craignez pas, Marie, car vous avez trouvé faveur auprès de Dieu. Vous allez concevoir et vous enfanterez un fils, auquel vous donnerez le nom de Jésus » (Lc 1, 30-31). Dieu annonce son projet et attend une réponse de foi. Mais il ne se satisfera pas de n'importe quelle adhésion.
Car, « comme l'enseigne le Concile, « à Dieu qui révèle est due « l'obéissance de la foi » (Rm 16, 26 ; cf. Rm 1, 5 ; 2 Co 10, 5-6), par laquelle l'homme s'en remet tout entier et librement à Dieu » (Concile Vatican II, constitution dogmatique Dei Verbum, n° 5) ». c'est ce que Jean-Paul II rappelait dans son encyclique Redemptoris Mater (25 mars 1987, n° 13). (lire la suite)
La foi consiste donc à croire aux vérités que Dieu nous fait connaître et auxquelles notre raison ne peut parvenir par elle-même, des vérités dont elle n'a pas l'évidence. Y adhérer suppose, certes, que Dieu commence pas nous donner sa grâce - « sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15, 5) -, mais qu'ensuite nous nous en remettions entièrement et librement à lui. Entièrement, parce que nous pouvons donner un « oui » qui ne serait qu'un « ouais » mou, l'assentiment de celui qui n'est pas très convaincu de ce qu'il dit, librement aussi parce que nul ne peut nous forcer à dire « oui ». La liberté, c'est l'amour exprimé en acte. L'obéissance de la foi n'est donc pas une obéissance « aveugle », non raisonnée, comme capricieuse, sur laquelle nous pourrions revenir.
L'on se donne à Dieu une fois pour toutes, en ayant rompu les amarres, « brûlé les vaisseaux », comme les conquistadors arrivant dans le Nouveau Monde pour ne pas avoir la tentation de retraverser l'océan. Nous faisons confiance à Dieu pour aujourd'hui, pour demain et pour l'éternité. L'obéissance de la foi est un engagement volontaire de la personne au service des plans de salut. Or, « cette définition de la foi trouve en Marie une réalisation parfaite » (Redemptoris Mater, n° 13). Marie a cru et a obéi plus que n'importe quelle autre créature, au prix d'un renoncement à elle-même dont nous ne pouvons pas mesurer l'intensité.

(à suivre...)

lundi 7 décembre 2009

L'humilité de Marie (5)

L'humilité de Marie (5)

« Une résolution sincère : rendre notre chemin facile, aimable pour les autres, car la vie comporte en elle-même suffisamment d’amertume » (saint Josémaria, Sillon, n° 63). Une vie vertueuse attire. Elle montre qu'il est possible de concilier présence au monde et vie spirituelle, implication des tâches professionnelles et souci apostolique. La bien appelle le bien.
Nous le voyons avec l'obéissance de Marie. L'obéissance est une des principales vertus, avons-nous dit, en nous appuyant sur l'autorité de la Sainte Vierge. Nous voulons bien le croire. (lire la suite) N'est-ce pas cette vertu précisément à laquelle l'évangéliste Luc se réfère quand il résume la vie de Jésus à Nazareth : « Il leur était soumis » (Luc 2, 51) ? Et quand il s'agira d'exprimer en catégories humaines le geste suprême du Fils offrant à son Père une réparation vicaire, à notre place, c'est aussi à l'obéissance qu'il sera fait appel : « Il se fit obéissant jusqu'à' à la mort, et à la mort sur une Croix » (Phlippiens 2, 8). C'est sans doute la vertu qui a le plus coûté à notre Seigneur en tant qu'homme. « Ma nourriture, c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé » (Jean 4, 34), et cela demandait qu'il s'offrît sur la Croix.
Marie aussi, disions-nous, nous donne un exemple d'obéissance, dont les conséquences pour l'humanité n'ont pas fini de se faire sentir, tout comme l'obéissance de Jésus a ouvert une fontaine d'eaux vives qui jaillissent en vie éternelle (cf. Jean 4, 14). L'obéissance de Marie a permis que le Christ vienne à nous, que le Fils de Dieu puisse accomplir sa mission. C'est vrai de l'humilité de Marie, comme nous l'avons vu. Mais c'est aussi vrai de son obéissance, de son obéissance dans la foi.
L'amertume a été bien présente dans la vie de Jésus et dans celle de Marie. Nous pouvons dire qu'ils l'ont ressentie précisément parce qu'ils ont obéi à Dieu le Père. Cette amertume était le prix à payer pour que leur obéissance soit fructueuse pour nous et produise un fruit qui demeure (Jean 15, 16). De même que le Seigneur avait promis à ses apôtres : « Votre tristesse se convertira en joie » (Jean 16, 20), l'amertume de Jésus et de Marie est source de grâce, de salut. À eux plus qu'à nul autre s'appliquent ces mots de l'Apôtre : « (Romains 8, 28).

(fin)

dimanche 8 février 2009

Fidélité à l'Église

Fidélité à l'Église

Quitter l’Organisme qui est porteur de l’information créatrice, c’est se condamner soi-même à la mort, et d’abord à la stérilité. Le réalisme ontologique de la doctrine de l’Église, Corps dont Ieschoua est le principe d’information, la Pensée informatrice, est inscrit dans ces textes [Is 5, 1 ; Jr 2, 21 ; Osée 10, 1 ; Romains 12, 5 ; 1 Corinthiens 10, 17 ; 12, 13.20.27 ; Éphésiens 1, 23 ; 4, 4.12.16 ; 5, 30 ; Colossiens 1 , 18]. On ne peut bien comprendre ce réalisme ontologique que par analogie avec l’ordre biologique. Et c’est pourquoi Ieschoua prend presque toutes ses analogies, pour enseigner l’ontologie et l’ontogenèse du royaume de Dieu, dans l’ordre biologique. L’inintelligence, ou la méconnaissance, du réalisme de l’ontologie du royaume de Dieu en formation, qu’est l’Église, provient, (lire la suite) en partie, d’une ignorance de ce que sont les lois de la vie. On s’imagine parfois que l’Église est une réalité d’ordre juridique, ou conventionnel. On traite par exemple des problèmes d’autorité dans l’Église et d’obéissance comme s’il s’agissait de questions d’ordre juridique. On n’a pas compris qu’il s’agit de bien autre chose. Il s’agit d’une réalité qui a un statut ontologique propre, et la meilleure analogie pour comprendre les problèmes posés par cette réalité nouvelle qu’est l’Église, c’est encore l’ordre biologique qui la fournit, surtout aujourd’hui avec la meilleure connaissance que nous avons de ce qu’est l’information génétique.

Claude Tresmontant, L’Enseignement de Ieschoua de Nazareth, Paris, Seuil, 1970, p. 188.

lundi 27 octobre 2008

L'annonce de la vérité (2)

L'annonce de la vérité (2)

Dans l'Église, les fidèles qui ont été ordonnés évêques et prêtres exercent cette mission avec autorité, in nomine Ecclesiae, au nom de l'Église, qu'ils engagent par leur enseignement. C'est pourquoi tout fidèle doit apporter une adhésion « de foi divine et catholique » à « tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition, c'est-à-dire dans l'unique dépôt de la foi confié à l'Église, et qui est en même temps proposé comme divinement révélé » (Code de droit canonique, canon 750). Mais ils doivent aussi une « soumission religieuse de l'intelligence et de la volonté », extérieure et intérieure, aux autres vérités, (lire la suite) connexes aux vérités de foi (Ibid., canon 752). Cela paraît simple à comprendre, même s'il ne manque pas de gens prêts d'entrée de jeu à contester les déclarations d'évêques ou de conférences d'évêques. C'est simple à comprendre parce que la vérité enseignée, du moment qu'elle est une vérité, partie de la Vérité qui est Dieu (cf. Jean 14, 6), ne peut qu'être admise. Qu'elle soit de foi ou non, c'est toujours une parcelle de la vérité. Elle ne supporte pas la contradiction. Elle peut, certes, être mieux explicitée, rendue plus compréhensible, présentée de façon à être bien comprise par l'esprit contemporain. Mais la vérité est la vérité. On ne voit pas au nom de quel principe un baptisé pourrait la rejeter ou la discuter : cela reviendrait à rejeter Dieu lui-même. Cette remarque prend tout sons sens quand elle est appliquée à l'enseignement de l'Église en matière morale. Une morale qui est universelle, c'est-à-dire la même pour tous les hommes, de toutes les époques et de tous les pays, car venant non des hommes, mais de Dieu.
Nous voyons à quel point l'humilité est indispensable pour s'effacer devant Dieu et le laisser parler en se servant de nous comme d'un relais, d'un haut-parleur. « Ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé » (Jean 7, 16). Si Jésus, qui est le Verbe de Dieu, peut s'exprimer ainsi, à combien plus forte raison nous, qui ne sommes que ses créatures.

(à suivre...)

vendredi 18 juillet 2008

La sincerite (2)

La sincérité (2)

Le fils reconnaît qu'il a mal fait de refuser d'obéir à son père dans quelque chose qui, au fond, est simple à faire. Des pensées égocentriques lui étaient venues à l'esprit, comme autant de justifications, de bonne raisons pour agir à sa guise. Il a compris qu'il a tort. « Obéis sans toutes ces « cogitations » inutiles… Manifester de la tristesse ou un manque d’envie devant ce qui est commandé est une faute de taille. Mais le ressentir, sans plus, non seulement ce n’est pas une faute mais ce peut être l’occasion d’une grande victoire, le couronnement d’un acte de vertu héroïque. Ce n’est pas moi qui l’invente. (lire la suite) Tu te rappelles ? L’Évangile raconte qu’un père de famille donna la même charge à ses deux fils… Et malgré les difficultés qu’il avait lui-même soulevées, celui des deux qui l’accomplit remplit Jésus de joie ! Et il le réjouit parce que la discipline est le fruit de l’Amour » (saint Josémaria, Sillon, n° 378).
« Par la suite, s'étant repenti, il y alla » (Matthieu 21, 30). Il remporte une grande victoire sur lui-même et démontre, dans les faits, qu'en dépit de ses défauts évidents il sait aimer pour de bon, il sait rectifier.
Parfois, cette rébellion contre l'autorité, contre les dispositions concernant notre travail ou notre apostolat, peut intervenir alors que nous nous sommes déjà mis à la tâche. C'est l'envie de tout envoyer promener, de faire tout sauf ce que nous avons à faire, d'arrêter plus tôt que prévu ou de bâcler le travail, d'en faire le moins possible... Beaucoup de gens « envisagent leurs occupations comme une nécessité dont ils ne peuvent s’évader. Face à cette vision des choses étriquée, égoïste, terre à terre, nous devons, toi et moi, nous rappeler et rappeler aux autres que nous sommes des enfants de Dieu auxquels notre Père a adressé une invitation identique à celle que reçurent les personnages de la parabole évangélique : Mon enfant, va-t’en aujourd’hui travailler à ma vigne (Matthieu 21, 28) Je vous assure que si nous nous efforçons, jour après jour, d’envisager nos obligations personnelles comme une requête divine, nous apprendrons à terminer notre travail avec la plus grande perfection humaine et surnaturelle dont nous serons capables. Il se pourrait que nous nous rebellions, un jour, comme l’aîné qui répondit : Je ne veux pas (Matthieu 21, 29). Mais nous saurons réagir, repentis, et nous nous consacrerons alors avec une ardeur renouvelée à l’accomplissement de notre devoir » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 57).

(à suivre...)

jeudi 15 novembre 2007

Arrets sur christianisme (4)


Arrêts sur christianisme (4)

Un petit enfant, un ouvrier accablé de travail, s'ils croient, sont supérieurs aux plus grands ascètes. « Nous ne sommes pas de grandes personnalités religieuses », a dit admirablement Guardini, « nous sommes des serviteurs de la parole ». Le Christ avait déjà dit que saint Jean-Baptiste pouvait être « le plus grand parmi les enfants des hommes, mais que le plus petit des fils du royaume est plus grand que lui ». Il est possible qu'il y ait dans le monde de grandes personnalités religieuses en dehors du christianisme, il est même très possible que les plus grandes personnalités religieuses se trouvent en dehors du christianisme, ceci n'a aucune importance ; ce qui importe, c'est d'obéir à la parole de Jésus-Christ.

Jean DANIÉLOU, Essai sur le mystère de l'histoire, Paris, 1953, p. 111.

dimanche 28 octobre 2007

Du neuf et de l'ancien


Du neuf et de l'ancien

Nous lisons dans le Cantique des cantiques ces mots que la Sagesse éternelle, que Dieu adresse à son bien-aimé : Nova et vetera, dilecte mihi, servavi tibi (7, 13), c'est-à-dire : « J'ai gardé pour toi, mon bien-aimé, le nouveau et l'ancien. » Nous pouvons y voir une allusion à l'Ancien et au Nouveau Testaments que l'Église conserve en dépôt sacré, conservé pieusement et remis à chaque nouveau baptisé.
Ces dons ne sont autres que la Parole éternelle de Dieu, qui se fait connaître (lire la suite) de nous — se révèle à nous — en même temps qu'il nous indique comment doit se comporter un enfant de Dieu. Non seulement en remettant à Moïse les deux tables de la Loi contenant les dix commandements, mais aussi en nous montrant, par ses interventions dans l'histoire, qu'il est un Dieu provident qui prend soin de chacun d'entre nous - le bon pasteur connaît ses brebis et ses brebis le connaissent ; « il appelle par leur nom ses brebis, et il les mène aux pâturages » (Jean 10, 14.3) -, un « Dieu jaloux » (Exode 20, 5) qui ne tolère pas que nous adorions d'autres dieux que lui — car ce sont des idoles fabriquées de mains d'homme, qui « ont une bouche et ne parlent pas ; elles ont des yeux et ne voient pas. Elles ont des oreilles et n'entendent pas ; Il n'y a pas même un souffle dans leur bouche » (Psaume 135, 16-17) —, qui est « lent à la colère et plein de bonté » (Psaume 145, 8), qui exerce la miséricorde, etc.
Dans ses enseignements, Dieu nous montre ce qu'il attend de nous et les attitudes qu'il réprouve : « Que m'importe la multitude de vos sacrifices ? demande le Seigneur par la bouche du prophète Isaïe. Je suis rassasié des holocaustes de béliers, et de la graisse des veaux ; je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs » (Isaïe 1, 11). Le sacrifice que je veux, c'est un cœur pur. En outre, « l'obéissance vaut mieux que les sacrifices » (1 Samuel 15, 22). Cette affirmation du prophète Samuel au roi David nous vaut un commentaire de saint Grégoire le Grand : « Il est tout à fait juste que l'obéissance passe avant les sacrifices, car en ceux-ci on immole une chair qui n'est pas nôtre, tandis que par l'obéissance l'on immole sa propre volonté » (Moralia 35, 14).

(à suivre...)