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mercredi 10 juin 2009

La Cananéenne et Jésus (6)

La Cananéenne et Jésus (6)

Il semble que le Seigneur ne nous écoute pas... Pire, il répond aux apôtres en donnant l'impression que cette affaire ne l'intéresse pas : Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël (Matthieu 15, 24). La femme a entendu et ne s'avoue pas vaincue. Elle revient à la charge en cherchant à réfuter les arguments de Jésus, d'abord par son attitude empreinte de prière : Mais elle vint se prosterner devant lui, disant : « Seigneur, viens à mon secours » (v. 25). Jésus se montre toujours aussi sévère : Il répondit : « Ce n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens » (v. 26). C'est fort, et humiliant. C'est le terme méprisant par lequel les Juifs désignaient les païens.
Mais la femme ne se laisse toujours pas désarçonner. (lire la suite) La Cananéenne a reconnu, contrairement à la majorité des Juifs, que Jésus est le Messie : Seigneur, fils de David (v. 22). C'est en ces termes qu'elle l'a apostrophé. Les prophètes avaient annoncé que le Messie serait de la maison de David. Elle a donc confiance en Jésus, qui, selon elle, peut sauver sa fille, peut la délivrer du démon. Aussi apporte-elle une réponse pleine de foi et d'humilité : D'accord, Seigneur, dit-elle ! Les chiens, en effet, se nourrissent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres (v. 27).
La foi et l'humilité, deux conditions que la prière doit réunir si nous voulons que Dieu nous exauce. Foi en Jésus-Christ qui est Dieu, et qui peut donc tout. Il est Créateur avec le Père et l'Esprit Saint, il est Tout-Puissant... Le seules limites à son pouvoir sont celles que Dieu s'est librement imposé en créant l'univers dont il respecte les lois. Mais guérir un malade est jeu d'enfant pour le Seigneur, expulser un démon doit même être un plaisir pour lui... La foi est indispensable. Plus la foi est grande, plus l'action de Dieu se fera sentir. Si elle est déficiente, Jésus aide à l'accroître : Je crois ! Viens en aide à mon manque de foi ! (Marc 9, 24).
La Cananéenne, qualifiée de « chienne » par Jésus, épithète qu'elle reprend à son compte, est prête à se contenter des restes, des miettes. Chasser un démon, ce n'est pourtant pas rien, ni marginal. Elle sait bien qu'elle n'appartient pas au peuple élu. Mais le rabbi de Nazareth fait tellement de miracles, a déjà chassé tant de démons... L'épisode des démons qui ont pris possession des porcs chez les Gadaréniens n'a pas fini de faire parler (cf. Matthieu 8, 28-34). Alors elle entre dans le jeu de Jésus : D'accord, Seigneur, dit-elle ! Les chiens, en effet, se nourrissent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres (Matthieu 15, 27). Elle ne demande rien pour elle, c'est pour sa fille. Alors Jésus lui dit : « Ô femme, grande est ta foi ! Qu'il te soit fait comme tu le désires (v. 28).

(à suivre...)

dimanche 7 juin 2009

La Cananéenne et Jésus (3)

La Cananéenne et Jésus (3)

- Oui, mais ce Jésus est différent.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- La même chose que toi. Et tu as entendu dire, comme moi, qu'il chasse les démons. La petite Jézabel est possédée d'un démon ignoble, d'un démon impur, d'accord. Mais lui, il a fait très fort. Chez les Gadaréniens, il s'est heurté aussi à un homme possédé d'un esprit impur à qui il a commandé de sortir de cet homme (Luc 8, 29). Et lui de résister en poussant des cris, et tombant à ses pieds il dit d'une voix forte : « Laisse-moi tranquille, Jésus, Fils du Très-Haut. Je t'en prie, ne me tourmente pas ! » (Luc 8, 28). J'avoue que depuis que j'ai écouté ce récit, je suis très impressionnée. Le diable, car c'est lui à n'en pas douter, (lire la suite) qui reconnaît que ce Jésus est le Fils du Très-Haut ! Il est mieux placé que toi et moi pour savoir à qui il a à faire. C'est une profession de foi étonnante. Je sais bien qu'il est menteur et père du mensonge (Jean 8, 44). Mais là je crois que nous pouvons lui faire confiance...
- Hum ! Moi, je me méfierai. Qui sait s'il ne veut pas nous emberlificoter dans les mailles de ses filets.
- Aurais-tu oublié la suite ? Et d'abord, ce qui est sidérant, c'est qu'il adressé une prière à ce Jésus.
- Tu vois bien que cela ne tient pas debout. Tu vois, toi, le diable en train de prier. C'est une contradiction in terminis, une impossibilité métaphysique.
- Dis donc, on voit que tu as fait des études ! Écoute, je n'étais pas sur place. C'est ce que l'on raconte. Les gens l'ont entendu prononcer ces mots. Il y avait foule autour de ce Jésus, qui ne se déplace jamais seul. Nous en sommes témoins. Alors Jésus lui demanda : « Quel est ton nom ? » « Légion », dit-il, car de nombreux démons étaient entrés en cet homme (Luc 8, 30). Et comment donc qu'ils étaient nombreux ! Des milliers. Ils ont supplié le rabbi de leur permettre d'entrer dans des porcs qui paissait dans la montagne, à quelques dizaine de mètres d'eux. Et il le leur permit. Alors, sortant de l'homme, les démons entrèrent dans les porcs, et le troupeau dévala par les pentes dans le lac, où il se noya (Luc 8, 32-33). Ils étaient deux mille environ, qui se noyèrent dans la mer (Marc 5, 13).
- Les esprits impurs avec les animaux impurs, ça va bien ensemble.
- Deux mille, tu te rends compte ? Et tu ne penses pas qu'il pourrait libérer Jézabel ?
- Pourquoi pas au fond. Qui ne tente rien, n'a rien.
- Eh ! bien, nous allons voir ce que nous allons voir.
Soyez forts et courageux, n'ayez ni crainte ni frayeur (...), car c'est Yahvé, ton Dieu, qui marche avec toi, il ne te négligera pas et ne t'abandonnera pas (Deutéronome 31, 6). Espère en Yahvé ! Aie courage et que ton cœur soit ferme ! Espère en Yahvé ! (Psaume 27 (26), 14), il est notre secours et notre bouclier (Psaume 33 (32), 20).

(à suivre...)