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vendredi 11 octobre 2013

Jésus et les petits enfants (6)

Jésus et les petits enfants (6)

Jésus complète sa pensée, à l'adresse des hommes de toutes les générations : - « En vérité, je vous le dis : Quiconque ne reçoit pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n'y entrera pas ! » (Marc 10, 15 ; Luc 18, 17). Voilà qui est sérieux et donne à réfléchir, se disent les apôtres. Nous ne pouvons pas prendre à la légère cette affirmation du Maître. Nous voyons à quel point il est essentiel de se faire enfant de Dieu, ou plutôt, puisque nous le sommes, de vivre notre filiation divine, de bien comprendre que Dieu est notre Père et qu'il agit continuellement envers nous comme le Père très aimant et très attentionné qu'il est. D'ailleurs, Jésus ne nous a-t-il pas appris à prier en disant : (lire la suite) - « Notre Père, qui est aux cieux... » (Matthieu 6, 9). La petite voie de l'enfance spirituelle est donc la clé qui ouvre l'accès au ciel. Si nous ne vivons pas en enfants de Dieu, nous dit notre Seigneur, nous n'aurons pas droit d'entrée au paradis. Autrement dit, nous nous en fermerons volontairement la voie. Car c'est à nous de décider, en somme. De décider d'agir en conformité avec ce que le Seigneur nous fait devenir en nous prenant avec lui. « Ni la chair ni le sang ne peuvent entrer en possession du royaume » (1 Corinthiens 15, 50). En revanche, « si quelqu'un est dans le Christ, c'est une créature nouvelle : l'ancienne a disparu, un être nouveau est là » (2 Corinthiens 5, 17). Pour cela, il faut être « créé par Dieu » (2 Corinthiens 5, 24). Oui, c'est bien de cela dont il s'agit : « Soyez des imitateurs de Dieu comme des enfants bien-aimés » (Éphésiens 5, 1). Ils ont battu en retraite et se sont réfugiés dans les jupes de leur mère. - Maman, maman ! - Qu'y a-t-il, mon chéri ? - Le monsieur m'a embrassé. - Pas le monsieur, le rabbi. - Le monsieur... - Non, le rabbi. C'est un grand monsieur. - Le rabbi m'a embrassé sur le front ! - Formidable; C'est tout ? - Non. Euh !... il m'a donné aussi une bénédiction. - Une bénédiction ? Tu en as de la chance, mon chéri. C'est merveilleux. Maman est très contente et très fière de toi ! - Je voudrais retourner avec lui. - Cela n'est pas possible. Tu vois qu'il est en train de partir. - Dis, maman, il va revenir ? - Certainement. Mais viens maintenant, nous rentrons à la maison. - Oui, maman. Parle-moi de ce rabbi. D'où vient-il ? Et sa maman lui raconte en chemin tout ce qu'elle sait, lui expliquant tout en l'adaptant à son âge, ce qu'elle a compris en parcourant tous les prophètes, à commencer par Moïse (Luc 24, 27). (fin)

samedi 14 avril 2012

Le pardon (1)


Le pardon (1)

« Alors Pierre s’approcha et lui dit : « Seigneur, si mon frère pèche contre moi, combien de fois devrai-je lui pardonner ? » (Matthieu 18, 21). Il a pris le temps de méditer sur la prière que le Seigneur leur a enseignée un jour, à la demande de ses apôtres : « Seigneur, apprend-nous à prier, comme Jean a appris à ses disciples » (Luc 11, 1). Le « Notre Père » qu’il leur a remis alors contient cette demande : « Remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs » (Matthieu 6, 12), ou bien « remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit » (Luc 11, 4). Quel contraste vigoureux avec la loi du talion alors en vigueur ? Cela avait fortement frappé ses auditeurs. Jésus les avait d’ailleurs préparés en leur annonçant : « N’allez pas croire que je sois venu abroger la Loi ou les Prophètes. Je ne suis pas venu les abroger, mais les parfaire » (Matthieu 5, 17). Et il avait alors précisé : (lire la suite) « Vous avez entendu qu’il a été dit : « Œil pour œil, dent pour dent. » Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Quelqu’un te frappe-t-il sur la joue droite, présente-lui encore l’autre » (Matthieu 6, 38-39).
Nous imaginons facilement Pierre et les autres apôtres réfléchissant à cet horizon exigeant de pardon et de charité que Jésus met sous leurs yeux. Mais Simon-Pierre n’a pas encore pleinement saisi que « Dieu est Amour » (1 Jean 4, 16), et qu’il va les aimer jusqu’au bout (cf. Jean 13, 1), indiquant par là comment ils doivent s’aimer les uns les autres (cf. Jean 13, 34). Il pense qu’il doit quand même y avoir une limite à ce pardon du prochain, et que si celui-ci récidive dans le mal, le moment arrive où l’on n’est plus tenu de pardonner, car la situation est devenue réellement intolérable. Il se dit qu’il va interroger le Seigneur sur ce point. Il tourne et retourne sa question afin de ne pas paraître ridicule. Il pense calculer large et il formule sa demande avec une portée qui lui semble très exagérée, avec le secret espoir que Jésus rabaissera la barre et sera plus coulant : « Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et que j’aie à lui pardonner ? Est-ce jusqu’à sept fois ? » (Matthieu 18, 21). Jusqu’à sept fois. Cela lui paraît considérable. Il n’envisage pas l’hypothèse qu’il puisse s’agir de sept fois le même jour ! Ca non ! Mais sept fois dans la vie, c’est déjà héroïque de son point de vue. Il faut bien reconnaître que dans le milieu ambiant cela passera effectivement pour de la folie.

(à suivre…)

dimanche 5 février 2012

Optimisme (2)


Optimisme (2)

Ou, comme le disait le bienheureux Jean-Paul II, « en Jésus la joie prend toute sa force dans l’élan vers le Père. Il en est ainsi pour les joies provoquées et soutenues par l’Esprit Saint dans le vie des hommes : leur force vitale secrète les oriente dans le sens d’un amour rempli de gratitude envers le Père. Chaque vraie joie a le Père comme fin ultime » (Audience générale, 19 juin 1991). Et, si nous partons de l’exhortation du livre de Néhémie (8, 10), « ne vous affligez pas, car la joie de Dieu est votre forteresse », nous constatons que la joie est un puissant allié pour remporter la victoire dans la lutte (cf. 1 Macchabées 3, 2ss), un remède souverain pour noyer le mal dans le bien. De fait, le même Pontife déclarait un autre jour que « le service authentique du chrétien s’apprécie selon la présence agissante de la grâce en lui et par lui. (lire la suite) La paix dans le cœur du chrétien, par conséquent, est inséparablement unie à la paix (…). Quand la joie d’un cœur chrétien se déverse dans les autres hommes, elle y engendre l’espérance, l’optimisme, des élans de générosité dans la fatigue quotidienne, et se communique à toute la société. Mes enfants, ce n’est que si vous avez en vous cette grâce divine qui est joie et paix que vous pourrez construire quelque chose qui en vaille la peine pour les hommes » (Jean-Paul II, Discours, 10 avril 1979). Il s’agit donc d’une joie communicative, d’une joie qui transmet un message, celui de l’amour de Dieu pour nous et celui de la possibilité d’être unis à Dieu dans la vie courante, et d’aborder celle-ci avec une mentalité positive, enthousiaste même, car c’est cette vie qui nous est donnée par Dieu pour que nous parvenions à ne faire qu’un avec lui, pour que nous nous sanctifions pour de bon.
« C’est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde » (Jean 6, 51). C’est l’annonce d’une grande nouveauté, l’annonce de l’existence d’un pain supersubstantialis, qui n’est pas seulement une nourriture quotidienne, mais un aliment pour la vie éternelle, qui nous donne dès à présent une participation anticipée à cette vie éternelle. Le mot grec correspondant a été inventé par les évangélistes : il ne s’agit pas du pain de tous les jours, pour lequel inventer un mot n’aurait pas de sens. C’est le pain qui permet de vivre éternellement, à tout jamais dans l’union avec Dieu. C’est la nourriture eucharistique, que, dans le « Notre Père », nous demandons pour nous et pour les autres : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. » À nous tous, et pas uniquement à moi.

(à suivre…)

jeudi 29 décembre 2011

Noël (5)


Noël (5)

La Parole de Dieu a un visage, celui de notre Seigneur Jésus-Christ. Dieu nous parle par son Fils, « qui est le rayonnement de sa gloire » (Hébreux 1, 3). Dieu nous parle par son Fils. Et cette Parole est le Fils lui-même. Il est la Parole vivante du Père. Il exprime ce que Dieu pense. Il nous fait connaître ce que Dieu veut nous dire : « Je vous ai appelés amis parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père » (Jean 15, 15). Jésus mène la Révélation à son terme. Il nous dit tout ce qu’il a reçu la charge du Père de nous transmettre. Il n’a plus rien d’autre à nous dire. Nous connaissons tout ce qui nous est utile et nécessaire pour avancer à la rencontre de Dieu. (lire la suite)
« En nous donnant son Fils ainsi qu’il l’a fait, lui qui est sa Parole dernière et définitive, Dieu nous a tout dit ensemble et en une fois, et il n’a plus rien à nous dire. Concluez-en que désirer sous la nouvelle Loi visions ou révélations, ce n’est pas seulement faire une sottise, c’est offenser Dieu, puisque par là nos yeux ne sont pas uniquement fixés sur le Christ, sans chercher chose nouvelle. Dieu en effet pourrait répondre : « Je vous ai dit tout ce que j’avais à dire, par la parole qui est mon Fils. Fixez les yeux sur lui seul, car en lui j’ai tout établi, en lui j’ai tout dit, tout révélé, et vous trouverez là bien plus que tout ce que vous désirez et demandez. Depuis le jour où je descendis sur lui, avec mon Esprit, au mont Thabor, en disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis ma complaisance : écoutez-le, j’ai cessé toutes mes anciennes pratiques d’enseignements, de réponses, et je lui ai confié cette mission. C’est pourquoi, si quelqu’un reprend l’ancienne méthode, demandant que je lui parle, que je lui révèle quelque chose, c’est comme s’il demandait de nouveau le Christ, et plus de doctrine de foi que je n’en ai donné. Et c’est manquer de foi dans le Christ, puisque cette foi a été donnée en lui ; c’est même faire injure à mon Fils bien-aimé, puisque ce manque de foi en lui équivaut en quelque sorte à lui demander une seconde incarnation, afin qu’il recommence sa vie et sa mort. Non, il ne faut plus vous adresser à moi par désirs de visions et de révélations : retenez-le bien, tout se trouve déjà réalisé en lui et infiniment plus » (Saint Jean de la Croix, La Montée du Carmel 2, 20).

(à suivre…)

samedi 22 octobre 2011

La prière (3)


La prière (3)

« Vous autres, priez donc ainsi : « Notre Père… » (Matthieu 6, 8-9). Mais Jésus précise qu’en priant il ne faut pas « multiplier les paroles comme font les païens, qui s’imaginent qu’ils seront exaucés à force de paroles » (Matthieu 6, 7). Ce n’est pas qu’il ne faille pas parler à Dieu, puisque la prière, toute prière, est une conversation, en même temps que l’adoration du Dieu Tout-Puissant. Mais la prière n’est pas que parole : elle est aussi écoute. Le verbiage, « le moulin à paroles », l’égrenage d’une sorte de chapelet, empêche d’entendre. Car celui qui est verbeux s’écoute au fond lui-même. (lire la suite)
Déverser un flot de paroles ou parler de façon mécanique, machinale, ne sert à rien. « Quand vous multipliez les prières, je n’écoute pas », dit Dieu (Isaïe 1, 15). Il faut aller droit à l’essentiel. Et l’essentiel, c’est d’abord adopter une attitude filiale, reconnaître que nous sommes des enfants de Dieu, et accepter avec reconnaissance notre dépendance de ce Père que nous avons dans les cieux. Quand vous priez, dites donc : « Notre Père qui es dans les cieux, que ton nom soit sanctifié » (Matthieu 6, 9). Et comment pouvons-nous sanctifier le nom de Dieu, le seul qui nous ait été révélé pour notre salut (cf. Actes 4, 12) ? En suivant l’exemple du Fils de Dieu : « Je t’ai glorifié sur la terre, en menant à bonne fin l’œuvre que tu m’a donnée à faire » (Jean 17, 4). Nous glorifions donc Dieu en accomplissant sa très sainte Volonté, qui se résume à ceci : « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification » (1 Thessaloniciens 4, 3). Comment ne pas faire notre ce désir foncier de Dieu ? Comment ne pas dire, nous aussi : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 4, 34) ?
Nous sanctifions le nom de Dieu en lui rendant le culte qui lui est dû, un culte aussi bien extérieur qu’intérieur, personnel et communautaire : « L’heure vient, et nous y voilà, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; et ce sont bien là les adorateurs que réclame le Père » (Jean 4, 23).
Notre Père est aux cieux. Mais il n’est pas enfermé en un lieu. Il emplit tout l’univers, toute sa création, qui est un reflet de sa perfection (cf. Romains 1, 19-21) et la preuve de sa Toute-Puissance. Il a établi sa demeure plus encore dans l’âme de ses enfants, chez ceux qu’il a marqués libéralement du sceau du baptême. Rendons-nous compte de cette présence intime de Dieu, de ce Dieu qui nous accompagne donc partout où nous allons, qui assiste à tous nos ébats et se réjouit de toutes nos bonnes œuvres.

(à suivre…)

vendredi 21 octobre 2011

La prière (2)


La prière (2)

La question des apôtres, « Seigneur, apprends-nous à prier », se comprend donc très bien. Ils sont témoins jour après jour de la prière du Seigneur. Jésus est un homme de prière. Comment pourrait-il en aller autrement ? Tout baptisé est appelé à devenir un homme ou une femme de prière. Notre Seigneur l’est tout naturellement, pourrions-nous dire. D’un certain point de vue, il est même prière. Toute sa vie est une prière ardente adressée à son Père, pour qu’il accorde bénévolement le salut à l’humanité, une prière qui culmine avec le Sacrifice de la Croix. Jésus ne peut rien faire qui ne soit en même temps prière. (lire la suite)
Cela aussi m’apparaît évident, ayant appris de saint Josémaria ce qu’il appelait l’« unité de vie », c’est-à-dire le fait de tout orienter vers Dieu, de tout vivre conformément à la Volonté de Dieu, qui est notre sanctification et celle d’autrui (cf. 1 Thessaloniciens 4, 16) : sainteté et apostolat, comme le concile Vatican II l’a bien signalé.
Il n’y a pas, il ne doit pas y avoir, de « compartiments étanches » dans notre vie, disait-il. Tout est pour la gloire de Dieu. Tout est adhésion à Dieu, désir de faire ce qui lui plaît (cf. Tobie 14, 10). Tout est lieu de contemplation et d’adoration du Dieu Un et Trine. Tout est preuve de l’amour que nous portons à notre Dieu, dans une réponse modeste, mais aussi complète que possible à son Amour infini. De sorte qu’il devient impossible d’isoler la prière du travail et de l’apostolat. Tout se ramène en définitive à une activité unique : aimer Dieu.
La vie du Christ est donc toute d’Amour, une prière débordante. Elle donne irrésistiblement envie de prier à notre tour. D’où cette question pressante d’un ou de plusieurs apôtres, se fondant sur la tradition du Précurseur : « Apprends-nous à prier, tout comme Jean l’a appris à ses disciples » (Luc 11, 1).
L’on dirait que Jésus attendait que ses apôtres lui adressent cette demande ; car il répond sur le champ et leur indique, leur lègue une prière, la prière essentielle à ses yeux, que nous connaissons sous le nom de « Notre Père », des deux premiers mots qui la composent et qui en déterminent l’orientation générale.
Le Seigneur oriente en effet d’emblée vers l’essentiel. Il n’existe pas de vérité plus importante, ni plus consolante d’ailleurs, que celle-là : Dieu est notre Père. Il est fondamentalement Père. Il se caractérise par le fait d’être Père d’une multitude de croyants (cf. Genèse 17, 5), de tous les êtres humains, en qui il a voulu graver, en les créant un, par un, son image et sa ressemblance (cf. Genèse 1, 26). Nous ne sommes donc pas des inconnus pour Dieu, ni des êtres dont il pourrait se désintéresser. Mais nous sommes vraiment ses enfants (cf. 1 Jean 3, 1). C’est pourquoi la prière de base, la prière élémentaire, la prière alimentaire, la prière vitale pour nous est celle qui débute par ces mots : « Notre Père. »

(à suivre…)

lundi 30 mai 2011

Jésus travaille toujours (4)

Jésus travaille toujours (4)

« Je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 6, 38). Cela nous surprend, habitués que nous sommes à suivre nos caprices et à refuser plus ou moins ouvertement toute espèce d’autorité. Par là, Jésus montre qu’il ne cherche aucun avantage à son profit, ni à plaire aux gens. D’ailleurs, il avertit clairement son auditoire : « Malheur à vous, quand tous les gens diront du bien, de vous. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères agissaient avec les faux prophètes » (Luc 6, 26). « Si je n’avais pas fait chez eux ces œuvres que nul n’a faites, ils seraient sans péché ; mais maintenant, non seulement ils les ont vues, mais ils me haïssent ainsi que mon Père » (Jean 15, 24). (lire la suite) « Je vous l’ai dit, et vous n’y croyez pas. Les ouvres que je fais au nom de mon Père, ce sont elles qui témoignent pour moi » (Jean 10, 25). « Si vous étiez des aveugles, vous seriez sans péché ; mais précisément parce que vous dites : Nous voyons ! votre péché dure » (Jean 9, 41). Ils présument d’être justes et dans le vrai alors qu’ils sont dans l’erreur. « Si nous recevons les témoignage des hommes ; le témoignage de Dieu lui est supérieur, car voici le témoignage de Dieu : Il a témoigné au sujet de son Fils » (1 Jean 5, 9), mais « les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1, 11).
A chacun de nous le Seigneur peut demander : « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de mon propre chef ; mais c’est le Père, qui est en moi à demeure, qui lui-même accomplit ses œuvres » (Jean 14, 10). Autrement dit, les œuvres du Fils sont en même temps celles du Père. Elles sont de l’un comme de l’autre, parce que le Père et lui ne font qu’un (cf. Jean 17, 21).
« C’est ce que j’ai vu auprès de mon Père que je dis » (Jean 8, 38).car, « je ne puis rien faire de moi-même » (Jean 5, 30). Je n’ai pas de volonté distincte de celle du Père et du Saint-Esprit. Nous agissons ensemble, d’un commun accord, parce que nous formons un seul et même Dieu. « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 4, 14). « C’est ce que nous savons que nous disons, et ce que nous avons vu que nous attestons » (Jean 3, 11).
« C’est parce que je t’ai dit : Je t’ai vu sous le figuier, que tu crois ! Tu verras bien plus fort que cela » (Jean 1, 50), dit le Seigneur à Nathanaël. Et Nicodème de confesser : « C’est de la part de Dieu, nous le savons, que tu es venu en docteur. Personne, en effet, ne peut faire les miracles que tu fais, si Dieu n’est pas avec lui » (Jean 3, 2).

(à suivre...)

vendredi 27 mai 2011

Jésus travaille toujours (1)

Jésus travaille toujours (1)

Aux Juifs qui l’attaquent parce qu’il effectue des guérisons le jour du sabbat, Jésus rétorque : « Mon Père ne s’arrête pas d’œuvrer et j’œuvre moi aussi » (Jean 5, 17). Il ne cherche pas à se justifier. Il en appelle au témoignage de son Père qui ne cesse de travailler, d’agir, car il est Acte Pur, et, puisqu’il est son Fils, indissociablement uni à lui, il travaille également en continu. Le sabbat ne peut l’arrêter. « Le sabbat a été fait pour l’homme, leur disait-il, et non l’homme pour le sabbat, si bien que le Fils de l’homme est maître même su sabbat » (Marc 2, 27-28).
Le Père travaille, le Fils travaille aussi. « En vérité, en vérité, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même qu’il ne le voie faire au Père, car ce que fait celui-là, le Fils le fait pareillement » (Jean 5, 19). Et si Jésus réalise des prodiges, le Père « montrera des œuvres encore plus grandes que celles-ci, au point que vous serez dans l’étonnement » (Jean 5, 20). (lire la suite)
C’est pourquoi, après la multiplication des pains et des poissons, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète qui doit venir dans le monde », et ils voulaient s’emparer de lui « pour le faire roi » (Jean 6, 14-15).
« Le Père aime le Fils, et il a tout remis entre ses mains » (Jean 3, 35). Il lui a confié un message à révéler aux nations : « C’est ce que j’ai appris de lui que je dis au monde » (Jean 8, 26). « Ce n’est pas, en effet, de mon propre chef que j’ai parlé ; mais le Père qui m’a envoyé, c’est lui qui m’a prescrit ce que j’avais à dire et à faire entendre. Et je sais que le commandement donné par lui est la vie éternelle. Ainsi donc, ce que je dis, je le dis tel que le Père me l’a dit » (Jean 12, 49-50), dans une fidélité extrême, car le Christ profère la Parole même du Père.
Jésus a « fait et enseigné » (Actes 1, 1). Il a accompli des miracles « afin que les œuvres de Dieu apparaissent au grand jour » (Jean 9, 3). Il ajoute qu’il doit, tant qu’il fait jour, accomplir les œuvres de celui qui l’a envoyé. « La nuit va venir, alors personne ne pourra plus les accomplir » (Jean 9, 4). Mais même en agissant en plein jour, nombreux sont ceux qui ne le reconnaissent pas : « C’est pour exercer un jugement que je suis venu en ce monde : pour que ceux qui ne voient pas voient et que ceux qui voient deviennent aveugles » (Jean 9, 39). « Tu crois parce que tu m’as vu ! Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » (Jean 20, 29).

(à suivre…)

samedi 1 mai 2010

L’origine du chapelet (1)

L’origine du chapelet (1)

La dévotion du saint Rosaire ou chapelet est initiée par le Dominicain Henri de Suse (1295-1366) et diffusée par l'ordre des frères prêcheurs, de sorte qu’une tradition en attribue l’origine à leur fondateur saint Dominique, (1170-1221), qui l’aurait reçue directement de la Vierge Marie : elle lui apparut, alors que l'hérésie cathare battait le plein, dans la chapelle de Notre-Dame de Pouille, en 1208, lui prédisant les merveilleux effets que cette dévotion produirait. Indiqué par Marie aux voyants de Fatima, le Rosaire peut justement se définir « la prière de Marie » (Jean-Paul II, Homélie à Fatima, 13 mai 1983). À l'origine du Rosaire nous trouvons les convers des communautés monastiques, qui ne savent pas lire et à qui on suggère, au IXe siècle, (lire la suite) de remplacer la récitation des cent cinquante psaumes par autant de « Notre Père », en comptant avec des cailloux contenus dans un sac ou sur les nœuds d'une corde. Au XIe siècle, les « Notre Père » sont remplacés par des Ave, dans sa forme encore brève, et l'on fait une salutation ou une génuflexion à chaque Ave. Au XIIe siècle, la récitation des Ave intervient dans des formes variées de prière : quinze Ave pour les quinze joies de Marie, sept Ave pour ses sept allégresses et ses sept douleurs, trente-trois Ave pour les années de la vie du Christ, soixante-trois ou soixante-douze pour le nombre d'années supposé de la vie de Marie, etc. À l'imitation des « psautiers de notre Seigneur Jésus-Christ » sous forme de cent cinquante louanges du Christ fondées sur une interprétation chrétienne des psaumes, des « psautiers de la Vierge » se constituent au XIIIe siècle. Au siècle suivant, le moine rhénan Henri de Kalkar divise les cent cinquante Ave en dizaines séparées par un « Notre Père ». Au XVe siècle, un chartreux allemand, Dominique Hélion, compose vers 1410 une série de « clausules » qu'il insère dans chaque Ave et qui sont destinées à faciliter la méditation des mystères. Parallèlement, les offices religieux relatant les mystères sont mis en musique à Marienfeld, en Suède, et gagnent l'Italie. En Bretagne, à la demande du duc François II et de la duchesse Marguerite de Foix, le pape Sixte IV approuve la dévotion du Rosaire, le 12 mai 1479, et accorde des indulgences. En 1470, le Dominicain breton Alain de la Roche (1428-1478) subdivise les épisodes de l'histoire du salut en mystères joyeux, douloureux et glorieux, et fonde, à Douai, la première Confrérie du Rosaire, mouvement qui, se propageant dans toute l'Europe, va contribuer puissamment à répandre la dévotion du saint Rosaire. Il compose cent cinquante petits versets destinés à être lus avant chaque Ave et qui constituent le Nouveau psautier de la Vierge, qu'il a commencé à prêcher à Douai en 1464.

(à suivre…)

vendredi 15 janvier 2010

Action de grâces (23)

Action de grâces (23)

Merci, Seigneur, merci ! Quand je regarde ma vie, je n’ai pourtant pas lieu d’être fier. Mais ce qui était brisé, tu l’as recollé, ce qui était avili, tu l’as restauré. C’est pourquoi quand je te regarde, toi, mon Dieu, et comment tu t’y prends avec moi, je n’ai que des motifs d’action de grâces.
D’abord pour le don la vie, de la vie naturelle, physique. C’est entièrement gratuit de ta part. Rien ne t’y poussait, si ce n’est ton Amour débordant comme un torrent en crue. L’enfant s’éveille à la vie, (lire la suite) et l’adulte s’émerveille devant la vie, et tout ce qui le fait être.
Il y a eu ensuite, très tôt après elle, quelques heures seulement, cet autre Don, celui de la vie surnaturelle, une seconde naissance, à la grâce cette fois-ci, à ton amitié, à la communion avec toi. Si la vie première n’était pas méritée, à plus forte raison celle-ci. Et pourtant tu n’as pas reculé devant le prix à payer : l’envoi de ton Fils pour qu’Il nous rachète en mourant sur une Croix.
Ce fut le tour de la vocation, de l’appel à la sainteté, du choix singulier que tu as fait de moi et que nul ne s’explique. Tout comme on ne s’explique pas que tu aies choisi des hommes aussi rustres et limités que tes apôtres pour faire l’Église. Sans doute pour qu’il soit bien clair que c’est toi qui agis en te servant de nous.
Et puis tout le reste. « Remercie-le de tout, parce que tout est bon. […] Parce qu’on t’a humilié. Parce que tu ne possèdes pas ce dont tu as besoin ou parce que tu le possèdes » (saint Josémaria, Chemin, n° 268). Parce que tout est don et bénédiction de Dieu, tout est signe de sa prédilection, tout est, pour qui le veut, source de progrès spirituel véritable.
L’Apôtre nous dit : « Avec des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels, chantez de tout cœur votre reconnaissance à Dieu » (Colossiens 3, 16). Oui, Verbe de Vie, habite en moi. Et moi, je m’engage à t’aimer et à te louer par tout mon labeur. « Que les gens, voyant vos bonnes œuvres, glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matthieu 5, 16). Fais que j’y arrive. Je veux édifier non détruire, entraîner non scandaliser, stimuler non décourager. Qu’ils te voient, toi, Seigneur, qu’ils te découvrent parce que nous ne faisons plus qu’un et que je vis, je m’efforce de vivre, en fils du Père éternel.

jeudi 18 septembre 2008

Saint Cyprien (3)

Saint Cyprien (3)

Nous avons parlé de sa pensée concernant l'Église, mais il ne faut pas oublier, enfin, l'enseignement de Cyprien sur la prière. J'aime particulièrement son livre sur le « Notre Père » qui m'a beaucoup aidé à mieux comprendre et à mieux réciter la « prière du Seigneur » : Cyprien enseigne comment, précisément dans le « Notre Père », la juste façon de prier est donnée aux chrétiens ; et il souligne que cette prière est au pluriel, « afin que celui qui prie, ne prie pas uniquement pour lui. Notre prière - écrit-il - est publique et communautaire et, quand nous prions, nous ne prions pas pour un seul, (lire la suite) mais pour tout le peuple, car nous ne formons qu'un avec tout le peuple » (L'oraison du Seigneur, 8). Ainsi, la prière personnelle et la prière liturgique apparaissent solidement liées entre elles. Leur unité provient du fait qu'elles répondent à la même Parole de Dieu. Le chrétien ne dit pas "Mon Père", mais « Notre Père », même dans l'intimité d'une pièce close, car il sait bien qu'en chaque lieu, en chaque circonstance, il est le membre d'un même Corps.
« Prions donc, mes frères très aimés », écrit l'évêque de Carthage, « comme Dieu, le Maître, nous l'a l'enseigné ». C'est une prière confidentielle et intime que celle de prier Dieu avec ce qui est à lui, d'élever vers ses oreilles la prière du Christ. Que le Père reconnaisse les paroles de son Fils, lorsque nous récitons une prière : que celui qui habite intérieurement dans l'âme soit présent également dans la voix... En outre, lorsque l'on prie, il faut avoir une façon de s'exprimer et de prier qui, avec discipline, maintienne le calme et la discrétion. Pensons que nous nous trouvons devant le regard de Dieu. Il faut être agréables aux yeux de Dieu, aussi bien à travers l'attitude du corps que le ton de la voix... Et lorsque nous nous réunissons avec nos frères, et que nous célébrons les sacrifices divins avec le prêtre de Dieu, nous devons nous rappeler de la crainte révérentielle et de la discipline, ne pas disperser aux quatre vents nos prières avec des voix altérées, ni lancer avec un verbiage impétueux une requête qui doit être demandée à Dieu avec modération, car « Dieu est l'auditeur non de la voix, mais du cœur (non vocis sed cordis auditor est) » (3-4). Il s'agit de paroles qui restent valables aujourd'hui aussi et qui nous aident à bien célébrer la Sainte Liturgie.
En définitive, Cyprien se situe aux origines de cette tradition théologique et spirituelle féconde, qui voit dans le « cœur » le lieu privilégié de la prière. En effet, selon la Bible et les Pères, le cœur est au plus profond de l'homme, le lieu où Dieu habite. C'est en lui que s'accomplit la rencontre au cours de laquelle Dieu parle à l'homme, et l'homme écoute Dieu ; l'homme parle à Dieu, et Dieu écoute l'homme : le tout à travers l'unique Parole divine. C'est précisément dans ce sens - faisant écho à Cyprien - que Smaragdus, abbé de Saint-Michel sur la Meuse au cours des premières années du IXème siècle, atteste que la prière « est l'œuvre du cœur, non des lèvres, car Dieu ne regarde pas les paroles, mais le cœur de l'orant » (Le diadème des moines, 1).
Très chers amis, faisons nôtre ce « cœur à l'écoute », dont nous parlent la Bible (cf. 1 Rois 3, 9) et les Pères : nous en avons tant besoin ! Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons pleinement faire l'expérience que Dieu est notre Père, et que l'Église, la sainte Épouse du Christ, est véritablement notre Mère.

Benoît XVI, Audience générale, 6 juin 2007.

mercredi 25 juin 2008

Saint Cyrille de Jerusalem (1)

Saint Cyrille de Jérusalem (1)

Notre attention se concentre aujourd'hui avec Benoît XVI sur saint Cyrille de Jérusalem : « Sa vie représente le mélange de deux dimensions : d'une part, le soin pastoral et, de l'autre, la participation - malgré lui - aux controverses enflammées qui troublaient alors l'Église d'Orient. Né autour de 315 à Jérusalem, ou dans ses environs, Cyrille reçut une excellente formation littéraire ; ce fut la base de sa culture ecclésiastique, centrée sur l'étude de la Bible. Ordonné prêtre par l'évêque Maxime, lorsque celui-ci mourut ou fut déposé, en 348, il fut ordonné évêque par Acace, archevêque métropolitain influent de Césarée de Palestine, philo-arien, qui était convaincu d'avoir trouvé en lui un allié. Il fut donc soupçonné d'avoir obtenu la nomination épiscopale grâce à des concessions à l'arianisme. (lire la suite)
En réalité, Cyrille se heurta très vite à Acace non seulement sur le terrain doctrinal, mais également sur le terrain juridictionnel, car Cyrille revendiquait l'autonomie de son siège par rapport à l'Église métropolitaine de Césarée. En vingt ans, Cyrille connut trois exils : le premier en 357, à la suite d'une déposition de la part d'un Synode de Jérusalem, suivi en 360 par un deuxième exil voulu par Acace et, enfin, par un troisième, le plus long - il dura onze ans - en 367, à l'initiative de l'empereur philo-arien Valente. Ce n'est qu'en 378, après la mort de l'empereur, que Cyrille put reprendre définitivement possession de son siège, en rétablissant l'unité et la paix entre les fidèles.
D'autres sources, également anciennes, appuient la thèse de son orthodoxie, mise en doute par plusieurs sources de l'époque. Parmi celles-ci, la lettre synodale de 382, après le deuxième Concile œcuménique de Constantinople (381), auquel Cyrille avait participé en jouant un rôle important, est celle qui fait le plus autorité. Dans cette lettre, envoyée au Pontife romain, les évêques orientaux reconnaissent officiellement l'orthodoxie la plus absolue de Cyrille, la légitimité de son ordination épiscopale et les mérites de son service pastoral, que la mort conclura en 387.
Nous conservons de lui vingt-quatre catéchèses célèbres, qu'il présenta en tant qu'évêque vers 350. Introduites par une Procatéchèse d'accueil, les dix-huit premières sont adressées aux catéchumènes ou illuminands (photizomenoi) ; elles furent tenues dans la Basilique du Saint-Sépulcre. Les premières (1-5) traitent chacune, respectivement, des dispositions préalables au Baptême, de la conversion des coutumes païennes, du sacrement du Baptême, des dix vérités dogmatiques contenues dans le Credo ou Symbole de la foi. Les suivantes (6-18) constituent une « catéchèse continue » sur le Symbole de Jérusalem, dans une optique anti-arienne. Dans les cinq dernières (19-23), appelées « mystagogiques », les deux premières développent un commentaire aux rites du Baptême, les trois dernières portent sur le chrême, sur le Corps et le Sang du Christ et sur la liturgie eucharistique. On y trouve une explication du Notre Père (Oratio dominica) : celle-ci établit un chemin d'initiation à la prière, qui se développe parallèlement à l'initiation aux trois sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l'Eucharistie.

(à suivre...)

samedi 22 mars 2008

Dieu est Eternel (3)

Dieu est Éternel (3)

La foi elle-même est « déjà le commencement de la vie éternelle : « Tandis que dès maintenant nous contemplons les bénédictions de la foi, comme un reflet dans un miroir, c’est comme si nous possédions déjà les choses merveilleuses dont notre foi nous assure qu’un jour nous en jouirons » (saint Basile, Liber de Spiritu Sancto 15, 36) » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 163). Les élus, ceux qui ont fait le bien et qui ont été jugés dignes d'entrer dans l'Amour de Dieu, seront éternellement semblables à Lui, puisqu'ils ont été créés à son image et à sa ressemblance (cf. Genèse 1, 27). « Nous célébrons l’Eucharistie (lire la suite) expectantes beatam spem et adventum Salvatoris nostri Jesu Christi (en attendant la bienheureuse espérance et l’avènement de notre Sauveur Jésus-Christ – Embolisme après le Notre Père ; cf. Tite 2, 13), en demandant « d’être comblés de ta gloire, dans ton Royaume, tous ensemble et pour l’éternité, quand Tu essuieras toute larme de nos yeux ; en Te voyant, Toi notre Dieu, tel que Tu es, nous Te serons semblables éternellement, et sans fin nous chanterons ta louange, par le Christ, notre Seigneur » (Missel Romain, prière eucharistique III, 116 : prière pour les défunts) » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1404).
Enfin « le mandat missionnaire du Seigneur a sa source ultime dans l’amour éternel de la Très Sainte Trinité : « De par sa nature, l’Église, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu’elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père » (concile Vatican II, décret Ad Gentes, n° 2). Et but dernier de la mission n’est autre que de faire participer les hommes à la communion qui existe entre le Père et le Fils dans leur Esprit d’amour (cf. Jean-Paul II, encyclique Redemptoris Mater, n° 23) » (ibid., n° 850).

mardi 11 mars 2008

Le « Notre Pere » (2)

Le « Notre Père » (2)

L’Apôtre écrit : « Vous avez vaincu le Mauvais » ! C’est vrai. Il faut toujours remonter aux racines du mal et du péché dans l’histoire de l’humanité et de l’univers, comme le Christ est remonté à ces mêmes racines par le mystère pascal de sa Croix et de sa Résurrection. Il ne faut pas avoir peur d’appeler par son nom le premier artisan du mal : le Mauvais. La tactique qu’il a appliquée et qu’il applique consiste à ne pas se révéler, (lire la suite) afin que le mal, répandu par lui depuis les origines, se développe par l’action de l’homme lui-même, par les systèmes et par les relations entre les hommes, entre les classes et entre les nations... pour qu’il devienne toujours plus le péché « structurel » et pour qu’on puisse d’autant moins l’identifier comme le « péché personnel ». Donc pour que l’homme se sente en un sens « libéré » du péché, et qu’il soit en même temps toujours plus plongé dans ce péché.
L’Apôtre dit : « Jeunes gens, vous êtes forts » : il faut seulement que « la Parole de Dieu demeure en vous ». Vous êtes donc forts, et vous pouvez ainsi rejoindre les mécanismes cachés du mal et ses racines, et ainsi vous réussirez progressivement à changer le monde, à le transformer, à le rendre plus humain, plus fraternel – et en même temps, à en faire davantage le monde de Dieu. En effet, on ne peut couper le monde de Dieu ni l’opposer à Dieu dans le cœur de l’homme. Et on ne peut pas couper l’homme de Dieu ni l’opposer à Dieu. Cela serait contre la nature du monde et contre la nature de l’homme – contre la vérité elle-même qui constitue toute la réalité! En vérité le cœur de l’homme est inquiet, jusqu’à ce qu’il se repose en Dieu. Cette parole du grand Augustin ne perdra jamais son actualité » (
Jean-Paul II, Lettre aux jeunes Dilecti amici, n° 15).

(fin)

lundi 10 mars 2008

Le « Notre Pere » (1)

Le « Notre Père » (1)

Le « Notre Père » est la principale prière des chrétiens. Nous l'avons reçue directement de Dieu, quand Jésus-Christ, en réponse à ses apôtres qui lui demandaient de leur apprendre à prier, le leur a enseigné (cf. Luc 11, 1-4). Voici quelques réflexions du Serviteur de Dieu Jean-Paul II sur cette prière, dans sa Lettre aux jeunes Dilecti amici (n° 15) : « Si donc vous portez en vous le désir de la fraternité, cela veut dire que « la Parole de Dieu demeure en vous ». (lire la suite) La doctrine que le Christ nous a donnée et qu’il a justement nommée la « Bonne Nouvelle », demeure en vous. Et elle est sans cesse sur vos lèvres, ou du moins elle est enracinée dans vos cœurs, la prière du Seigneur qui commence par les mots « Notre Père ». Cette prière, tandis qu’elle révèle le Père, confirme en même temps que les hommes sont frères – et elle s’oppose par tout ce qu’elle contient à tous les projets conçus selon un principe de lutte de l’homme contre l’homme sous quelque forme que ce soit. La prière du « Notre Père » éloigne les cœurs humains de l’inimitié, de la haine, de la violence, du terrorisme, des discriminations, des situations où la dignité humaine et les droits humains sont bafoués.
L’Apôtre écrit que vous, les jeunes, vous êtes forts du message divin : du message qu’exprime l’Évangile du Christ et qui se résume dans la prière du « Notre Père ». Oui, vous êtes forts de cet enseignement divin, vous êtes forts de cette prière. Vous êtes forts, parce que cette prière met en vous l’amour, la bienveillance, le respect de l’homme, de sa vie, de sa dignité, de sa conscience, de ses convictions et de ses droits. Si « vous connaissez le Père », vous êtes forts de la puissance même de la fraternité humaine.
Vous êtes forts aussi pour le combat, non pour le combat contre l’homme, au nom de quelque idéologie ou pratique coupée des racines mêmes de l’Évangile, – mais forts pour le combat contre le mal, contre le vrai mal, contre tout ce qui offense Dieu, contre toute injustice et toute exploitation, contre toute fausseté et tout mensonge, contre tout ce qui blesse et humilie, contre tout ce qui profane la vie en commun et les rapports humains, contre tout crime qui porte atteinte à la vie, contre tout péché.

(à suivre...)

samedi 2 février 2008

L'amour des parents (2)

L'amour des parents (2)

Par le nombre des sacrifices que nos parents ont fait pour nous, et surtout en raison de l'amour qu'ils supposent, ils représentent une dette dont nous devons nous acquitter tout au long de notre vie. Que nos parents aient des défauts, ce n'est pas une découverte. Nous en avons tellement, chacun d'entre nous, qu'ils doivent bien en avoir quelques-uns. Mais si nous sommes intransigeants et ne savons pas passer outre, nous manquons à la charité et, en outre, au quatrième commandement de Dieu qui nous enjoint d'honorer notre père et notre mère. « C'est avec la mesure que vous employez (lire la suite) qu'en retour on mesurera pour vous » Luc 6, 38). Nous respectons autrui, nos parents en tout premier lieu, non pas tant pour éviter que l'on nous applique une mesure pauvre, chiche, mais par amour. Le quatrième commandement est un « très doux précepte ». « Le commandement qui oblige à aimer ses parents relève du droit naturel et du droit divin positif. Et je l'ai toujours appelé « un très doux précepte ». — Ne néglige pas cette obligation d'aimer les tiens toujours davantage ; de te mortifier pour eux ; de prier pour eux, et de les remercier pour tout le bien que tu leur dois » (saint Josémaria, Forge, n° 21). Quoi de plus doux et agréable que d'aimer ceux dont on se sait tellement aimé, d'un amour qui n'a pas de prix ?
Justement parce qu'il n'a pas de prix, il demande de ne pas nous arrêter à des différences de caractère, des divergences de points de vue, de ne pas en faire une affaire d'état, d'accepter avec reconnaissance leurs conseils, donnés d'ordinaire dans une bonne intention, quitte à agir différemment si on l'estime nécessaire. Évidemment, il faut préserver l'intimité familiale de parents trop envahissants, et c'est aux époux à décider ce qui convient pour leur foyer et l'éducation de leurs enfants. Mais il y a manière et manière d'accueillir les suggestions des parents ; il y a mille manières chrétiennes de vivre la charité et la piété filiale ; il y a aussi des manières humaines qui laissent libre cours aux réactions épidermiques, à l'énervement. Et là, le diable s'en mêle, s'en frotte les mains de satisfaction.
Si, en tout état de cause, malgré nos bonnes résolutions et nos efforts, nous avons laissé échapper un mot de trop, il convient de demander pardon. C'est là, toujours, une exigence de la charité authentique. N'oublions jamais à quoi nous engage la récitation du « Notre Père » : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé. »

(fin)