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mardi 30 avril 2013

Voir Dieu (7)

Voir Dieu (7)

« Moïse n’a donc pas donné le prix du ciel [cf. Exode 16, 14-15]. C’est Dieu qui donne le pain – mais quel pain ? La manne ? Non : le pain que signifie la manne, à savoir le Seigneur Jésus qui donne la vie au monde. Ils lui dirent donc : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain ! » Comme une femme de Samarie avait dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau », ceux-ci disent : « Seigneur, donne-nous de ce pain qui restaure et ne manque jamais. » Jésus leur dit : « Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura pas faim, qui boit en moi n’aura jamais soif… Vous désirez le pain du ciel ? Vous l’avez devant vous, et vous ne le mangez pas. Je vous l’ai dit, vous m’avez vu, et vous n’avez pas cru. Malgré cela, je n’ai pas détruit mon peuple : votre infidélité pouvait-elle annuler la fidélité divine ? Le texte poursuit, en effet : « Tout ce que le Père donne viendra à moi, et celui qui viendra à moi, (lire la suite) je ne le rejetterai pas dehors. » Quel est cet « intérieur » d’où l’on n’est pas jeté dehors ? Ô douce intimité, doux secret sans lassitude, sans l’amertume des mauvaises pensées, dans la rançon des tentations et de la douleur ! N’est-ce pas dans cette intimité qu’entrera le bon serviteur quand on lui dira : « Entre dans la joie de ton Dieu » ? « (saint Augustin, Sur Luc 6, 31 In Ioannis Evangelium tractatus 24, 25, 13). Qui me voit a vu le Père… En même temps, en voyant Jésus, nous recevons la nourriture qui procure la vie éternelle, car il est lui-même la Vie (cf. Jean 14, 6). Ce pain que les Juifs réclament dans la synagogue de Capharnaüm, ils n’avaient pas besoin d’aller le chercher bien loin : ils l’avaient sous leurs yeux. Mais ils n’ont pas cru en la véracité de ses paroles, en la Parole. Pourtant, « à ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom » (Jean 1, 12). Contemplons donc attentivement le Christ dans l’Eucharistie. Le Pain de Vie nous y est donné à profusion, alors même que l’hostie est petite, parce que même si elle était d’une dimension gigantesque, elle ne contiendrait pas davantage le Rédempteur : il réside tout entier dans la moindre parcelle. « En vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme […] vous n’aurez pas la vie en vous » (Jean 6, 53). Le Seigneur précise qu’il ne parle pas d’une nourriture quelconque, vulgaire, mais de la chair du Fils de l’homme, qui est venu sur terre donner sa vie en rançon pour la multitude. C’est pourquoi il affirme rondement : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jean 6, 54). Cette vision de Dieu, commencée ici-bas, comme dans un miroir (1 Corinthiens 13, 12), comme par énigme, imparfaite, connaîtra son achèvement, sera parachevée dans la vision céleste, qui ne sera pas seulement cela, une vision face à face (1 Corinthiens 13, 12), mais une vision de l’intérieur même de Dieu où il nous aura introduit, et où nous jouirons à tout jamais du sourire si aimable de notre Mère, Sainte Marie. (fin)

vendredi 16 novembre 2012

Les rencontres avec le Christ

Les rencontres avec le Christ

Notre vie ici sur terre est, en réalité, une succession continuelle de rencontres avec le Christ : avec le Christ présent dans la Sainte Écriture, comme parole de Dieu ; avec le Christ présent dans ses ministres, comme maître, prêtre et pasteur ; avec le Christ présent dans le prochain, spécialement dans les pauvres, les malades, les marginaux qui constituent ses membres souffrants ; avec le Christ présent dans les sacrements ; qui sont le canal de son action de salut ; avec le Christ hôte silencieux de notre cœur, où Il habite en nous communiquant la vie. Toute rencontre avec le Christ laisse des traces profondes. Que ce soit une rencontre pendant la nuit, comme celle de Nicodème ; une rencontre fortuite, comme celle de la Samaritaine ; une rencontre recherchée, comme celle de la pécheresse repentie ; une rencontre de supplication, comme celle de l’aveugle aux portes de Jéricho ; une rencontre par curiosité, comme celle de Zachée ; ou encore une rencontre d’intimité, comme celle des apôtres, appelés à Le suivre ; une rencontre fulgurante, comme celle de Paul sur le chemin de Damas. Mais, la rencontre la plus intime et transformante à laquelle sont ordonnées toutes les autres rencontres, c’est la rencontre de la « table du mystère eucharistique, c’est-à-dire la table du pain du Seigneur ». Ici c’est le Christ en personne qui accueille l’homme, malmené par le aspérités du chemin et qui le réconforte par la chaleur de sa compréhension et de son amour. C’est dans l’Eucharistie que se trouve la pleine réalisation de ces très douces paroles : « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et écrasés et Je vous soulagerai » (Matthieu 11, 28). Ce soulagement personnel et profond qui constitue la raison ultime de toute notre fatigue sur les routes du monde, nous pouvons le trouver – au moins comme une anticipation et comme un avant-goût – dans ce pain de Dieu que le Christ nous offre à la table eucharistique. Bienheureux Jean-Paul II, Homélie à Fortaleza, Brésil, 8 juillet 1980.

mercredi 25 janvier 2012

Vie de foi (1)


Vie de foi (1)

« Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet des morts, pour que vous ne vous abandonniez pas au chagrin, comme le font les autres, ceux qui n’ont aucune espérance » (1 Thessaloniciens 4, 13). Nous devons avoir une grande confiance dans les âmes du purgatoire. La considération des fins dernières ravive notre foi dans les biens à venir : « Si, en effet, c’est notre espérance, Jésus est mort et est ressuscité, pareillement aussi Dieu ramènera par Jésus ceux qui seront morts en lui. Ceci, nous le disons en nous appuyant sur une parole du Seigneur : Nous, les vivants, les survivants lors de la venue du Seigneur, nous n’aurons pas priorité sur ceux qui seront morts. Le Seigneur lui-même, au commandement, à la voix de l’archange et au son de la trompette divine, descendra du ciel et les morts qui sont dans le Christ ressusciteront tout d’abord. Ensuite, nous les vivants, (lire la suite) les survivants, nous serons emportés avec eux dans les nuées, à la rencontre du Seigneur, dans les airs. Et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Réconfortez-vous donc mutuellement avec ce que je viens de vous dire » (1 Thessaloniciens 4, 14-18). Nous sommes en marche vers la patrie céleste, nous croyons en la vie dans l’au-delà. Nous vivons de foi : « Le juste vivra par la foi » (Romains 1, 14), parce que nous ne voyons pas encore Dieu face à face : « Maintenant nous voyons dans un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme je suis connu » (1 Corinthiens 13, 12).
« Nous ne pouvons accepter que le sel devienne insipide et que la lumière soit tenue cachée (cf. Matthieu 5, 13-16). Comme la Samaritaine, l’homme d’aujourd’hui peut aussi sentir de nouveau le besoin de se rendre au puits pour écouter Jésus qui invite à croire en lui et à puiser à sa source, jaillissante d’eau vive (cf. Jean 4, 14). Nous devons retrouver le goût de nous nourrir de la Parole de Dieu, transmise par l’Église de façon fidèle, et du Pain de la vie, offerts en soutien de tous ceux qui sont ses disciples (cf. Jean 6, 51). L’enseignement de Jésus, en effet, résonne encore de nos jours avec la même force : « Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle » (Jean 6, 27). L’interrogation posée par tous ceux qui l’écoutaient est la même aussi pour nous aujourd’hui : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » (Jean 6, 28). Nous connaissons la réponse de Jésus : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qui l’a envoyé » (Jean 6, 29). Croire en Jésus Christ est donc le chemin pour pouvoir atteindre de façon définitive le salut » (Benoît XVI, lettre apostolique La Porte de la foi, n° 3).

(à suivre…)

jeudi 30 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (7)


La guérison de l’aveugle de naissance (7)

Ils le jettent dehors. Du local où ils se trouvent assemblés, ou carrément de la synagogue, définitivement. Nous ne le savons pas. En tout cas, que certains nous excluent de leur assemblée parce qu’ils ne veulent pas reconnaître le Christ nous importe peu. Il faut être prêt à souffrir un peu pour le Christ et avec le Christ qui, lui, souffre beaucoup pour nous et à cause de nous.
« On vous exclura des synagogues. Bien plus, voici le moment où ceux qui vous feront mourir s’imagineront rendre un hommage à Dieu » (Jean 16, 2). En tout état de cause, « bienheureux serez-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on vous calomniera de toute manière à cause de mon nom. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux » (Matthieu (, 11-12). (lire la suite) Si nous travaillons avec droiture d’intention et pour la gloire de Dieu, nous n’avons pas à craindre ce genre de réactions humaines, suscitées par le diable, qui n’est que haine déchaînée.
« Jésus apprit qu'ils l'avaient ainsi chassé, et l'ayant rencontré, il lui dit : « Crois-tu au Fils de l'homme ? » Il répondit : « Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? » (Jean 9, 35-36). Jésus ne lui dit pas : « Va, et ne pèche plus », comme à Marie-Madeleine, encore une fois parce que son infirmité n’est pas la conséquence d’un péché quelconque. Il ne lui a pas demandé la foi comme préalable à sa guérison miraculeuse. Il veut la susciter maintenant, comme son aboutissement.
L’homme dont les yeux viennent de s’ouvrir à un monde qu’il ignorait voit son âme s’ouvrir parallèlement à l’amour de Dieu. « Crois-tu au Fils de l'homme ? » Il répondit : « Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu l'as vu ; et celui qui te parle, c'est lui-même » (Jean 9, 36-37). De Jésus, il n’avait apparemment pas entendu parler. Il ne savait pas qui il était. En revanche, le titre de « Fils de l’homme » trouve une résonance en lui. Comme tout bon israélite, il attend la venue du Messie.
« Je sais que va venir un Messie – celui qu’on appelle Christ. quand il sera venu, il nous annoncera tout », déclare la Samaritaine. « Jésus lui dit : « C’est moi, moi qui te parle » (Jean 4, 25-26). Aux gens simples et bien disposés, Jésus se fait connaître pour ce qu’il est : « Tu l'as vu ; et celui qui te parle, c'est lui-même. » « Je crois, Seigneur » dit-il, et se jetant à ses pieds, il l'adora » (Jean 9, 37-38). Il comprend maintenant ce qui lui est arrivé. Il saisit que le passage d’Isaïe vient de s’accomplir pour lui : « L’Esprit du Seigneur est sur moi (…). Il m’a envoyé (…) pour annoncer (...) aux aveugles l’usage de leurs yeux » (Luc 4, 18).

(à suivre…)

mardi 17 mars 2009

Jésus, la Samaritaine et l'eau vive

Jésus, la Samaritaine et l'eau vive

À Jésus qui lui dit : « Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; bien plus, l'eau que je lui donnerai, deviendra en lui une source jaillissant pour la vie éternelle », la Samaritaine demande : « Seigneur, donne-moi de cette eau-là ! » (Jean 4, 14-15).
Voici un commentaire que saint Colomban fait de cette scène évangélique : « Ô Seigneur, tu es, toi, cette source qui est toujours et toujours à désirer, et à laquelle il nous est toujours permis et toujours nécessaire de puiser. Donne-nous (lire la suite) toujours, Seigneur Jésus, cette eau, pour qu’en nous aussi elle devienne source « d’eau qui jaillit pour la vie éternelle » (Jn 4, 14). C’est vrai : je te demande beaucoup, qui le nierait ? Mais toi, Roi de gloire, tu sais donner de grandes choses, et tu les as promises. Rien de plus grand que toi, et c’est toi-même que tu nous donnes, c’est toi qui t’es donné pour nous. […]
Tu es notre tout : notre vie, notre lumière et notre salut, notre nourriture et notre boisson, notre Dieu. Inspire nos cœurs, je t’en prie, ô notre Jésus, par le souffle de ton Esprit, blesse nos âmes de ton amour, afin que chacun de nous puisse dire en vérité : « Montre-moi celui que mon cœur aime », car j’ai été blessé de ton amour.
Je souhaite que ces blessures soient en moi, Seigneur. Heureuse l’âme que l’amour blesse de la sorte : celle qui recherche la source, celle qui boit et qui pourtant ne cesse d’avoir toujours soif tout en buvant, ni de toujours puiser par son désir, ni de toujours boire dans sa soif. C’est ainsi que toujours elle cherche en aimant, car elle trouve la guérison dans sa blessure. De cette blessure salutaire, que Jésus-Christ, notre Dieu et notre Seigneur, bon médecin de notre salut, veuille nous blesser jusqu’au fond de l’âme. À lui, au Père et à l’Esprit Saint, appartient l’unité pour les siècles des siècles. Amen. »

Saint Colomban, Instructio 13, De Christo fonte vitæ 3.