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jeudi 5 février 2015

La louange de Dieu (2)

« Louez-le au firmament, œuvre de sa puissance » (Psaume 150, 1), car « les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament fait connaître l’œuvre de ses mains » (Psaume 19, 2). Et « depuis la création du monde ses attributs invisibles deviennent, par ses œuvres, visibles à l’intelligence, sa puissance éternelle comme sa divinité, aussi sont-ils inexcusables, puisque, connaissant Dieu, ils ne l’ont ni glorifié ni remercié comme Dieu ; au contraire, ils se sont perdus en de vaines pensées et leur cœur intelligent s’est enténébré » (Romains 1, 20-21) et ils n’ont pas rendu à Dieu le culte qui lui est dû. Pire encore, ils se sont détournés de lui et « se flattant d’être des sages, ils sont devenus fous, à la gloire du Dieu immortel ils ont substitué des images représentant l’homme mortel, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles » (Romains 1, 22-23). Voilà quels sont les dieux de l’homme, (lire la suite) qu’il honore à la place du Dieu Tout-Puissant ! Un veau d’or, à l’occasion, en ayant de plus le toupet de se prosterner devant lui en disant : « Voici ton dieu, qui t’a tiré du pays d’Égypte » (Exode 32, 8). Ô insensés et ingrats que nous sommes ! « Louez-le pour ses hauts faits ! Louez-le pour l’immensité de sa grandeur ! » (Psaume 150, 2). Personne ne peut donner à Dieu quelque chose qui ne lui appartienne pas déjà. A toi la louange, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles. « Amen ! Que la bénédiction, la gloire, la sagesse, l’action de grâces, l’honneur, la puissance et la force soient à notre Dieu pour les siècles des siècles ! Amen ! » (Apocalypse 7, 12). Mais du fait que nous pouvons refuser à Dieu la louange que nous lui devons, c’est que nous pouvons la lui donner. Tout comme nous pouvons lui ouvrir l’accès à notre cœur ou le fermer à son amour. « Chantez au Seigneur, bénissez son nom ; annoncez jour après jour le salut qui vient de lui. Racontez parmi les nations sa gloire, parmi tous les peuples ses miracles. Le Seigneur, en effet, est grand et très digne de louange, il est redoutable par-dessus tous les dieux : car tous les dieux des peuples sont des êtres de néant, tandis que le Seigneur a fait les cieux » (Psaume 96, 2-5). Quelle tristesse que si peu de gens connaissent le vrai Dieu et reconnaissent en notre Dieu le vrai Dieu ! Pourtant l’injonction est claire : « Louez notre Dieu, vous tous, ses serviteurs, et vous qui le craignez, petits et grands ! » (Apocalypse 19, 5). Ce qui se passe, c’est que peu nombreux sont ceux qui le craignent, qui voient en lui leur Père, à la Bonté indescriptible, dont les pensées sont des pensées de paix, non d’affliction (cf. Jérémie 29, 10). Ils ont une pauvre idée de lui, une idée tellement erronée, à mille lieues de la réalité. « De la foule, quelques pharisiens lui dirent : « Maître, réprimande fermement tes disciples ! » Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, ce sont les pierres qui crieront « (Luc 19, 39-40). Vous le voyez ? Les pierres elles-mêmes, la création tout entière est disposée à rendre hommage à son Dieu. Et de fait, lorsque Jésus meurt au Golgotha, « la terre trembla, les rochers se fendirent » (Matthieu 27, 51). Elle s’associe à la complainte des hommes droits, elle hurle sa douleur, car on a tué notre Seigneur, elle gémit dans les douleurs de l’enfantement jusqu’à ce jour (cf. Romains 8, 22), car c’est une nouvelle création qui s’opère ainsi, la restauration dans l’ordre originel d’amitié avec Dieu, bien qu’avec la cédule du péché et ses conséquences lamentables. « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Luc 22, 27).C’est l’humilité qui me porte à rendre gloire à Dieu, une louange incessante, car alors je reconnais aisément la grandeur de Dieu et la petitesse de ma condition humaine. L’attitude contraire conduit l’homme à ériger sa statue à la place de celle de Dieu, et à venir s’ébattre devant elle, acceptant ainsi de faire toutes sortes de concessions au prince de ce monde, de capituler devant lui. Car l’homme est soit avec Dieu soit contre Dieu. Ou bien il rend gloire à Dieu ou bien il glorifie le Mal en se glorifiant bêtement lui-même. « Louez-le pour l’immensité de sa grandeur » (Psaume 150, 2). (fin)

mardi 3 février 2015

La louange de Dieu (1)

La louange de Dieu (1)

« Alléluia ! » (Psaume 150, 1). Alléluia ! Les psaumes de louange de Dieu commencent presque tous par cette acclamation joyeuse. Alléluia ! qui retentit continuellement dans les cieux, où elle fait partie du fond commun de la glorification de notre Dieu Tout-Puissant. C’est le cri de joie qui jaillit dans le matin de Pâques dans les cœurs jusque-là oppressés par la mort et les souffrances du Messie Seigneur. C’est l’heure de la décompression qui se traduit par ce cri, bref et dense d’alléluia. Il rejoint les acclamations du peuple lors de l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem. Alléluia ! Et tout de suite après, après que ce mot a claqué dans le vent, commence l’invitation à louer Dieu : « Louez le Seigneur dans son sanctuaire ! » (Psaume 150, 1), « vous qui êtes de service dans la maison du Seigneur, dans les parvis de la maison de notre Dieu. Louez le Seigneur, car il est bon, le Seigneur ; chantez son nom sur la harpe, car il est suave » (Psaume 135, 2-3). (lire la suite) Il est la bonté même, dit-on de certaines gens. C’est le cas de Dieu. Il est la Bonté en personne. « Célébrez le Seigneur, car il est bon, car sa bienveillance est éternelle » (Psaume 106, 1). Le psalmiste ne cesse de rappeler cette vérité consolante, qui est comme une doigtée de miel fondant dans notre bouche chaque fois que nous la répétons « Louez le Seigneur, car il est bon, car sa miséricorde dure à jamais » (1 Chronique 16, 34). Imprégnons-nous de cette grande réalité. Dieu seul est saint. Dieu seul est bon. Ce qui revient au même. Car le saint est quelqu’un de foncièrement bon, qui aime le bien et fait le bien, à tout le monde, sans discrimination aucune. « Ah ! Seigneur, je suis ton serviteur, oui, ton serviteur, fils de ta servante : tu as détaché mes liens. Je t’offrirai un sacrifice en action de grâces, et j’invoquerai le nom du Seigneur en présence de tout le peuple, dans les parvis de la maison du Seigneur, dans ton enceinte, Jérusalem » (Psaume 116, 16-19). Dans ton sanctuaire, dans cet édifice qui est destiné au culte par sa consécration, qui en a fait un lieu saint, à toi réservé, au culte que nous te devons. Certes, ce culte n’est pas uniquement de louange et d’action de grâce, il est aussi d’expiation, d’adoration et d’impétration. Mais est-ce que, en définitive, tout ne revient pas à cette louange, sous une forme ou sous une autre, tout ne résume pas en la reconnaissance de ta majesté, qui mérite l’adoration, et que nous réparions les offenses qu’elle subit ? Cette toute-puissance qui est à même d’exaucer toutes nos supplications, ce qui entraîne une recrudescence de notre louange, de notre action de grâce. « Maintenant le Fils de l’homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et c’est bientôt qu’il va le glorifier » (Jean 13, 31-32). « Moi, je t’ai glorifié sur la terre, en menant à bonne fin l’œuvre que tu m’avais donné à faire » (Jean 17, 4). « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin » (Jean 4, 34). A aucun moment Jésus n’a autant rendu gloire au Père qu’au Calvaire, que lorsqu’il a été hissé sur la Croix, unissant le ciel et la terre, et faisant descendre la grâce d’en haut sur les hommes en manifestant sa puissance divine. Pour nous, c’est la messe, actualisation du Sacrifice de la Croix, qui permet de rendre la louange la meilleure et la plus complète à Dieu. La messe qui est la racine de la vie spirituelle du chrétien, l’aboutissement de toute la liturgie de l’Église, source et sommet de la vie d’union véritable à Dieu. « Quelle est la grande nation qui ait des dieux aussi près d’elle que le Seigneur, notre Dieu, toutes les fois que nous nous tournons vers lui ? Et quelle est la grande nation qui ait des lois et des ordonnances justes, comme toute cette loi que je vous expose aujourd’hui ? » (Deutéronome 4, 7-8). Et quelle est la nation qui a un Dieu présent au milieu d’elle comme l’est notre Dieu dans l’Eucharistie, dans le sacrement de sa présence réelle précisément ? Et quelle est la nation dont le Dieu se donne en nourriture pour fortifier les âmes, qui est gage de vie éternelle ? « Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts ? Tel est le pain qui descend du ciel que celui qui en mange ne mourra pas. C’est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde » (Jean 6, 49-51). (à suivre…)

jeudi 10 février 2011

Dieu juste juge (2)

Tu es le juste Juge, mais n’est-il pas écrit que « la bonté et la fidélité marchent devant toi » (Psaume 89, 15) ? Pour cela aussi « je veux te célébrer de tout mon cœur » (Psaume 138, 1). Je me retourne vers moi-même et je me dis : « Mon âme, bénis Yahvé, et que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom ! Mon âme, bénis Yahvé, et n’oublie aucun de ses bienfaits » (Psaume 103, 1-2). Et de me dire cela me transporte de joie et me donne comme l’envie de sauter d’allégresse. Oui, je suis porté à redoubler ma louange de Dieu, qui sera toujours bien peu de chose, bien loin de ce que mérite la grandeur infinie de mon Dieu. (lire la suite)
Et toi tu dis : « Quand j’en aurai fixé le moment, moi, je jugerai avec justice » (Psaume 75, 3). Je ne doute pas que ce soit avec justice. La Justice est un de tes attributs. Tu es la Justice. Tu ne peux qu’exercer la justice. Tu ne saurais t’en écarter ni d’un côté ni de l’autre. Et c’est ce qui peut nous arriver de mieux. « Qu’importe que la terre soit ébranlée avec tous ceux qui l’habitent, moi, j’ai affermi ses colonnes » (Psaume 75, 4). On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Tes justes décrets ne sont pas du goût de ceux qui ont le front de s’opposer à toi. La puissance des potentats de la terre est ébranlée par tes sentences justes. Il n’y sont pas habitués. Cela les déstabilise. Ils sont ébranlés. Mais ce qui compte, c’est que justice soit faite ; c’est que la Vérité soit proclamée ; c’est que l’innocent soit gracié et le coupable châtié. « J’ai dû sourire à vous entendre parler des « comptes » que vous demandera notre Seigneur. Non, pour vous tous, il ne sera pas un juge, au sens austère du mot. Il sera simplement Jésus. » — Ces mots, écrits par un saint évêque, qui ont consolé plus d’un cœur en tribulation, peuvent parfaitement consoler le tien » (saint Josémaria, Chemin, n°168).

(fin)

mercredi 9 février 2011

Dieu juste juge (1)

Dieu juste juge (1)

« Nous te louons, ô Dieu, nous te louons ; nous invoquons ton nom ; nous racontons tes merveilles » (Psaume 75, 2). « Ô Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse, et jusqu’à présent je proclame tes merveilles » (Psaume 71, 17). Jusqu’à présent et à jamais. Ne m’as-tu pas créé pour te louer ? Pour que je chante ta gloire par toutes les occasions de ma vie ? C’est en soi un prodige que ta création et, dans celle-ci, celle de l’homme, que tu n’as pas hésité à faire à ton image et à ta ressemblance (Genèse 1, 26). Si la création tout entière renferme des vestiges, des traces de tes perfections (cf. Sagesse 13, 1-9), qui, « depuis la création du monde (…) deviennent (…) visibles à l’intelligence » (Romains 1, 20), dans le cas de l’homme tu y as mis un éclat de ton intelligence et de ton Amour et, (lire la suite) plus encore, chez celui que tu as régénéré dans le baptême, tu es venu habiter réellement, Père, Fils et Saint-Esprit, tu y as établi ta demeure ! « On parle de l’éclat glorieux de ta majesté, et l’on fait connaître tes œuvres prodigieuses » (Psaume 145, 5). Comment pourrait-il en aller autrement ? Quand nous regardons la vérité en face, la réalité de notre existence créée et rachetée, nous ne pouvons que répéter inlassablement « Je te louerai, Yahvé, de tout mon cœur, je raconterai toutes tes merveilles. Je me réjouirai et j’exulterai en toi » (Psaume 9, 2-3).
C’est – ce devrait être – le mouvement premier du cœur de l’homme. Se réjouir avec Dieu, en Dieu. Redire sans cesse les hauts faits de Dieu envers les pécheurs que nous sommes, toujours bien accueillis par lui, car, ce qu’il regarde, ce qui l’attire, c’est cette image et cette ressemblance, c’est de se retrouver en quelque sorte dans l’homme d’une façon très spéciale, d’une façon unique.
C’est bien ce qui t’attire à première vue. Tu ne peux pas cacher cependant que tout n’est pas lumière en nous, que nous sommes bien loin d’être innocents. Tu dois exercer ta justice. Mais je sais, moi, que mon Dieu « juge le monde avec justice, il prononce l’arrêt des peuples avec équité » (Psaume 9, 9). Nous nous étonnons avec Job : « Qu’est-ce que l’homme pour que tu en fasses tant d’estime, que tu fasses attention à lui, que tu le visites chaque matin, et qu’à chaque instant tu l’examines ? » (Job 7, 17-18). La réponse est simple : tu es notre Père et nous sommes tes enfants. Tu veux notre bien et tu viens nous aider à redresser la barre, à rectifier et à repartir d’un bon pied.
« Tu t’es assis sur ton trône en juste juge » (Psaume 9, 5). Encore une fois, c’est logique. Il est même bon qu’il en soit ainsi, parce que tu nous offres l’occasion, sans cesse renouvelée, de nous reprendre tant qu’il est encore temps de le faire.

(à suivre…)

samedi 29 janvier 2011

La communion des saints (1)

La communion des saints (1)

« Pourquoi notre louange à l’égard des saints, pourquoi notre chant à leur gloire, pourquoi cette fête même que nous célébrons ? Que leur font ces honneurs terrestres, alors que le Père du ciel, en réalisant les promesses du Fils, les honore lui-même ? De nos honneurs les saints n’ont pas besoin, et rien dans notre culte ne peut leur être utile. De fait, si nous vénérons leur mémoire, c’est pour nous que cela importe.(…) Pour ma part, je l’avoue, je sens que leur souvenir allume en moi un violent désir » (saint Bernard, Homélie pour la Toussaint). Les élus qui sont entrées au paradis ont reçu la couronne impérissable de gloire (cf. 1 Corinthiens 9, 25). Ils n’ont plus rien à attendre. Ils sont installés définitivement dans la contemplation et la louange de Dieu. Quand nous faisons mémoire d’eux, (lire la suite) collectivement comme au jour de la Toussaint, ou individuellement, nous ne leur apportons rien. Ils n’ont aucun besoin, si ce n’est de l’Amour de Dieu dont ils sont rassasiés et dans lequel ils se trouvent comme plongés. Evoquer le souvenir de leur victoire, de la sainteté qu’ils ont chèrement acquise, ne profite qu’à nous. C’est bien ce qui nous intéresse. Nous sollicitions de la sorte leur intercession, qu’ils s’occupent de nous, qu’il parlent de notre cas à Dieu pour qu’il nous prenne en pitié et nous aide à voir la vie avec plus d’optimisme et de vision surnaturelle.
« Il est dit dans Osée 1 : « J’exaucerai les cieux, et ils exauceront la terre », c’est-à-dire que les prières des saints qui sont dans le ciel sauvent ceux qui demeurent sur la terre ; voici en quoi les prières des saints sont propres à nous donner l’espérance des biens du ciel. Il est écrit dans l’Apocalypse 8 : « La fumée des parfums composés des prières des saints, s’élevant de la main de l’ange, monta devant Dieu » ; ceci arrive, parce que les saints offrent à Jésus-Christ pour nous leurs prières, et qu’il les offre Lui à son Père, pour nous faire obtenir la rémission de nos péchés, et pour nous associer à eux » (saint Thomas d’Aquin, De venerabili sacramento Altaris 57, 3).
C’est une grande vérité que la communion des saints, et des plus consolantes. Cela ne cherche pas à nous endormir dans un sommeil trompeur, mais au contraire à nous réveiller, à nous stimuler à suivre l’exemple de ceux qui, quand ils étaient sur terre, ont combattu contre la tendance innée au mal et ont su remporter bataille sur bataille, non sans essuyer des échecs, transformés en autant de victoires par le repentir et la confession. Les saints font maintenant le lien entre le ciel et notre monde. Ils sont déjà comme une partie de nous-mêmes dans l’au-delà, le gage de notre propre résurrection. La très Sainte Humanité de Jésus-Christ avant tout nous fortifie dans l’assurance qu’il est possible d’aller au ciel, que la résurrection de la chair est une vérité de foi qui connaît déjà un début d’accomplissement.

(à suivre…)

dimanche 19 septembre 2010

La louange de Dieu (4)

La louange de Dieu (4)

« Louez-le pour l’immensité de sa grandeur » (Psaume 150, 2). Cette grandeur qui se manifeste aussi dans le pardon que Dieu accorde à ses créatures repentantes. Grandeur et magnanimité. Il lui dit : « Seigneur, tu sais tout : tu sais que je t’aime » (Jean 21, 17). Et parce que je t’aime, je te rends grâce, dans une louange éternelle. Eternelle, car toute imparfaite qu’elle soit à présent, elle ne doit désormais jamais cesser. Ne permets pas, Seigneur, que je me laisse séduire par l’Adversaire, qui voudrait que je te dérobe ce que je te dois. Je ne veux pas devenir un voleur de gloire, mais t’apporter sans trêve l’offrande de ma louange.
Quand je me vois si peu avancé sur le chemin de la sainteté je me dis que tout ce qu’il y a de bon en moi vient de toi, mon Dieu. Dire cela, ce n’est pas limiter ta puissance. Ce qui la limite, ou ce qui en réduit l’efficace, (lire la suite) ce sont mes péchés et mes imperfections, qui empêchent les rayons de ta grâce de passer. Je veux te louer en dépit de ma faiblesse, et dans ma faiblesse, car « c’est dans la faiblesse que ma force a sa pleine efficacité », dis-tu. « Très volontiers donc je me glorifierai surtout de mes faiblesses, afin que la force du Christ repose sur moi » (2 Corinthiens 12, 9).C’est comme cela que brille ton action bienfaisante. Qu’au-delà de ma petitesse éclate la grandeur de tes œuvres. « Que tes œuvres sont grandes, Yahvé » (Psaume 92, 6).
« Louez-le au son de la trompette ! Louez-le sur la cithare et sur la harpe ! Louez-le par le tambourin et par la danse ! Louez-le avec les instruments à cordes et le chalumeau ! » (Psaume 150, 3-4). Au son de tous les instruments, le tambour et le fifrelin, la flûte traversière et le trombone. Tous les instruments sont bons pour louer Dieu. C’est-à-dire que toutes les vertus peuvent manifester la gloire de Dieu et la manifestent de fait, car toutes sont un reflet de la perfection divine, de la magnificence de notre grand Dieu. C’est pourquoi le psalmiste ajoute : « Louez-le avec des cymbales sonores ! Louez-le avec des cymbales retentissantes ! Que tout ce qui respire loue Yahvé ! Alléluia ! » (Psaume 150, 5-6). Ce n’est pas que plus cela fera de bruit, mieux ce sera. L’harmonie est préférable. Mais le concert se construit avec le concours de tous les instruments. Il est des vertus plus importantes que d’autres, plus sollicitées que d’autres, mais chacune, même la plus modeste, apporte sa touche, sa nuance, qui rehausse le tout.

(à suivre…)

samedi 18 septembre 2010

La louange de Dieu (3)

La louange de Dieu (3)

« Louez-le pour ses hauts faits ! Louez-le pour l’immensité de sa grandeur ! » (Psaume 150, 2). Personne ne peur donner à Dieu quelque chose qui ne lui appartienne pas déjà. A toi la louange, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles. « Amen ! Que la bénédiction, la gloire, la sagesse, l’action de grâces, l’honneur, la puissance et la force soient à notre Dieu pour les siècles des siècles ! Amen ! » (Apocalypse 7, 12). Mais du fait que nous pouvons refuser à Dieu la louange que nous lui devons, c’est que nous pouvons la lui donner. Tout comme nous pouvons lui ouvrir l’accès à notre cœur ou le fermer à son amour. « Chantez à Yahvé, bénissez son nom ; annoncez jour après jour le salut qui vient de lui. Racontez parmi les nations sa gloire, parmi tous les peuples ses miracles. Yahvé, en effet, est grand et très digne de louange, (lire la suite) il est redoutable par-dessus tous les dieux : car tous les dieux des peuples sont des êtres de néant, tandis que Yahvé a fait les cieux » (Psaume 96, 2-5). Quelle tristesse que si peu de gens connaissent le vrai Dieu et reconnaissent en notre Dieu le vrai Dieu ! Pourtant l’injonction est claire : « Louez notre Dieu, vous tous, ses serviteurs, et vous qui le craignez, petits et grands ! » (Apocalypse 19, 5). Ce qui se passe, c’est que peu nombreux sont ceux qui le craignent, qui voient en lui leur Père, à la Bonté indescriptible, dont les pensées sont des pensées de paix, non d’affliction (Jérémie 29, 11). Ils ont une pauvre idée de lui, une idée tellement erronée, à mille lieues de la réalité. « De la foule, quelques pharisiens lui dirent : « Maître, réprimande fermement tes disciples ! » Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, ce sont les pierres qui crieront « (Luc 19, 39-40). Vous le voyez ? Les pierres elles-mêmes, la création tout entière est disposée à rendre hommage à son Dieu. Et de fait, lorsque Jésus meurt au Golgotha, « la terre trembla, les rochers se fendirent » (Matthieu 27, 51). Elle s’associe à la complainte des hommes droits, elle hurle sa douleur, car on a tué notre Seigneur, elle « gémit et connaît les douleurs de l’enfantement » (Romains 8, 22), car c’est une nouvelle création qui s’opère ainsi, la restauration dans l’ordre originel d’amitié avec Dieu, bien qu’avec la cédule du péché et ses conséquences lamentables.
« Je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Luc 22, 27). C’est l’humilité qui me porte à rendre gloire à Dieu, une louange incessante, car alors je reconnais aisément la grandeur de Dieu et la petitesse de ma condition humaine. L’attitude contraire conduit l’homme à ériger sa statue à la place de celle de Dieu, et à venir s’ébattre devant elle, acceptant ainsi de faire toutes sortes de concessions au prince de ce monde, de capituler devant lui. Car l’homme est soit avec Dieu soit contre Dieu. Ou bien il rend gloire à Dieu ou bien il glorifie le Mal en se glorifiant bêtement lui-même.

(à suivre…)

lundi 13 septembre 2010

La louange de Dieu (2)

La louange de Dieu (2)

« Maintenant le Fils de l’homme a été glorifiée, et Dieu a été glorifié en lui. Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et c’est bientôt qu’il va le glorifier » (Jean 13, 31-32). « Moi, je t’ai glorifié sur la terre, en menant à bonne fin l’œuvre que tu m’avais donné à faire » (Jean 17, 4). « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin » (Jean4, 34). A aucun moment Jésus n’a autant rendu gloire au Père qu’au Calvaire, que lorsqu’il a été hissé sur la Croix, unissant le ciel et la terre, et faisant descendre la grâce d’en-haut sur les hommes en manifestant sa puissance divine. Pour nous, c’est la messe, actualisation du Sacrifice de la Croix, qui permet de rendre la louange la meilleure et la plus complète à Dieu. (lire la suite) La messe qui est la racine de la vie spirituelle du chrétien, l’aboutissement de toute la liturgie de l’Eglise, source et sommet de la vie d’union véritable à Dieu. « Quelle est la grande nation qui ait des dieux aussi près d’elle que Yahvé, notre Dieu, toutes les fois que nous nous tournons vers lui ? Et quelle est la grande nation qui ait des lois et des ordonnances justes, comme toute cette loi que je vous expose aujourd’hui ? » (Deutéronome 4, 7-8). Et quelle est la nation qui a un Dieu présent au milieu d’elle comme l’est notre Dieu dans l’Eucharistie, dans le sacrement de sa présence réelle précisément ? Et quelle est la nation dont le Dieu se donne en nourriture pour fortifier les âmes, qui est gage de vie éternelle ? « Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. Tel est le pain qui descend du ciel que celui qui en mange ne mourra pas. C’est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel : si quelqu’une mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde » (Jean 6, 49-51).
« Louez-le au firmament, œuvre de sa puissance » (Psaume 150, 1), car « les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament fait connaître l’œuvre de ses mains » (Psaume 19, 2). Et « depuis la création du monde ses attributs invisibles deviennent, par ses œuvres, visibles à l’intelligence, sa puissance éternelle comme sa divinité, aussi sont-ils inexcusables, puisque, connaissant Dieu, ils ne l’ont ni glorifié ni remercié comme Dieu ; au contraire, ils se sont perdus en de vaines pensées et leur cœur intelligent s’est enténébré » (Romains 1, 20-21) et ils n’ont pas rendu à Dieu le culte qui lui est dû. Pire encore, ils se sont détournés de lui et « se flattant d’être des sages, ils sont devenus fous, à la gloire du Dieu immortel ils ont substitué des images représentant l’homme mortel, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles » (Romains 1, 22-23). Voilà quels sont les dieux de l’homme, qu’il honore à la place du Dieu Tout-Puissant ! Un veau d’or, à l’occasion, en ayant de plus le toupet de se prosterner devant lui en disant : « Voici ton dieu, qui t’a tiré du pays d’Egypte » (Exode 32, 8). Ô insensés et ingrats que nous sommes !

(à suivre…)