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vendredi 7 février 2014

Arrêt sur christianisme (82)

Arrêt sur christianisme (82)

[le Christ] ‘n’est pas venu pour détruire la Croix, mais pour s’étendre dessus. De tous les privilèges spécifiques de l’humanité, c’est celui-là que Dieu a choisi pour lui-même’ (P. Claudel, Dialogues sur la souffrance). Voilà donc ce que découvrent de Dieu tous ceux qui acceptent la confiance crucifiée. C’est que le Verbe de Dieu qui s’est fait chair s’est mis personnellement au cœur de la douleur. Qu’au moment où dans la personne du Christ s’est réalisée l’union fantastique de Dieu et de la douleur, toute la réalité de la douleur, toute la réalité de la douleur et du mal était épuisée par Dieu. Et que ‘celui qui s’est fait malédiction pour nous’ l’avait fait par amour. Que la puissance de souffrir est en nous la même que la puissance d’aimer : nous le savions, mais que la crucifixion de Jésus et des croyants et de tous ceux qui choisissent la confiance, et qui nous paraît chose tellement inacceptable, était la crucifixion même de Dieu, que c’était son secret, qu’il est lui-même crucifié par le mal : voilà la nouveauté radicale, voilà la bouleversante nouveauté du christianisme. À tous ceux qui acceptent la confiance, Dieu se dévoile comme le premier crucifié et plus crucifié qu’eux encore dans le mal. ‘L’Agneau qui se laisse mener à la boucherie sans se défendre’ : ce n’est pas seulement Jésus, c’est Dieu lui-même que Jésus est en personne. L’obscurité est plus grande que jamais, mais nous savons que la lumière n’est donnée qu’à ceux qui vont jusque-là. B. Bro, Le pouvoir du mal. 3. Le Dieu crucifié, Paris, Éditions Bayard-Presse, 1976, p. 16-17.

samedi 16 avril 2011

Le dénuement de Jésus

Le dénuement de Jésus

Comme pour le silence de Jésus pendant sa Passion, les quatre évangélistes rapportent unanimement un fait qui pourrait paraître banal et qui ne l’est pas - rien n’est anodin dans la vie de notre Seigneur, moins encore dans sa Passion – car il est l’accomplissement d’une prophétie.
C’est saint Jean, cette fois-ci, qui entre davantage dans le détail du fait précis. « Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une pour chaque soldat » (Jean 19, 23). Ils ne se soucient pas de savoir si le condamné a de la famille, à qui ces biens reviendraient de droit, en principe. Mais c’est sans doute la coutume pour des condamnés à mort et, de ce fait, mis au ban de la société. C’est une façon de les compenser de leur peine. Mais de toute façon, cela ne pouvait pas rapporter gros aux bourreaux. (lire la suite)
C’était plus un outrage de plus qu’autre chose. Quoi qu’il en soit, « ils prirent aussi sa tunique. Or, cette tunique était sans couture, d’une seule pièce de tissu de haut en bas » (Jean 19, 23), comme cela convenait à la dignité sacerdotale de Jésus, « grand prêtre suréminent, qui a pénétré au plus haut des cieux » (Hébreux 4, 14). Selon la tradition, c’est Marie qui a tissé cette tunique, peut-être à partir d’un fil unique, comme c’était la coutume pour la confection des tuniques des grands prêtres.
« Ils se dirent donc les uns aux autres : « Ne la déchirons pas ; mais tirons au sort qui l’aura. C’était pour que s’accomplît l’Ecriture qui dit : Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma robe. Voilà ce que firent les soldats » (Jean 19, 24). Jean cite aussi le psalmiste : « Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique » (Psaume 22, 19).
Jésus a connu la pauvreté toute sa vie. Mais il faut bien que lui soit encore enlevé le peu qui lui reste. A lui aussi s’applique ce que Job dit, dans sa détresse extrême : « Nu je suis sorti du sein de ma mère, et nu s’y retournerai » (Job 1, 21). Nul doute qu’il ajoute aussi : « Yahvé a donné et Yahvé a enlevé ; que le nom de Yahvé soit béni ! » (Job 1, 21).

mardi 14 décembre 2010

Le monde a besoin de la croix (1)

Le monde a besoin de la croix (1)

Saint Paul prêche Jésus et Jésus crucifié : « Je n'ai pas jugé que je dusse savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens 2, 2). Il précise : « Nous, nous prêchons un Christ crucifié ». Il est bien conscient que c’est « scandale pour les Juifs et folie pour les Gentils » (1 Corinthiens 23, 1). Mais cela ne l’arrête pas. « Car si quelqu'un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous vous avons prêché, ou si vous recevez un autre esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre évangile que celui que vous avez embrassé » (2 Corinthiens 11, 4), qu’il soit écarté de la communauté.
(lire la suite)
Scandale, folie… Et pourtant, « le bois de la Croix est devenu l’instrument de notre rédemption, tout comme l’arbre dont elle a été tirée a entraîné la Chute de nos premiers parents. La souffrance et la mort, qui ont été la conséquence du péché, sont devenus les moyens mêmes par lesquels le péché a été vaincu ». Voilà ce que Benoît XVI déclarait au cours de son voyage pastoral à Chypre (Homélie dans la paroisse Sainte-Croix, Nicosie, 5 juin 2010), une terre évangélisée par saint Paul. Il ajoutait que « l’agneau innocent a été immolé sur l’autel de la Croix, et une vie nouvelle a jailli alors de l’immolation de la victime : le pouvoir du mal a été détruit par le pouvoir de l’amour qui s’offre en sacrifice ».
Le pape laisse ainsi entrevoir l’aspect éminemment positif de la Croix. Parce que ce n’est pas un malfaiteur quelconque, redevable à la justice humaine, qui y a été cloué, mais le Fils de Dieu en personne, sa signification a changé du tout au tout : « C’est en effet un instrument de torture, de souffrance et d’échec mais, en même temps, elle exprime la complète transformation, le renversement définitif de ces afflictions : c’est ce qui en fait le symbole d’espérance le plus éloquent que le monde ait jamais vu. »

(à suivre…)


mercredi 15 septembre 2010

Sept douleurs et sept joies de Marie (1)

Sept douleurs et sept joies de Marie (1)

Marie ne peut être mieux lotie que Jésus. Conformément au plan arrêté par la Très Sainte Trinité, celui-ci déclare : « Il est un baptême dont je dois être baptisé, et comme je suis dans l'angoisse jusqu'à ce que ce soit chose faite » (Luc 12, 50). Le calice qui ne s'est pas éloigné de ses lèvres, il le présente à sa Mère. Il lui demande de sacrifier son amour sensible, son amour de Mère, pour brûler de la charité spirituelle qui conduit à aimer les siens « jusqu'au bout » (Jean 13, 1). Dieu a toujours traité les saints avec une dureté qui peut étonner. Il en va de même, a fortiori, avec Marie, dont il exige tout : « À qui on aura beaucoup donné, on réclamera davantage » (Luc 12, 48). La capacité de Marie à souffrir n'a pas diminué, mais a augmenté du fait de sa Maternité : (lire la suite) elle n'a négligé aucune souffrance, mais les a toutes offertes au Père unies à celles de son Fils. La dévotion envers les douleurs de la Vierge Marie apparaît dès les origines du christianisme. Certains auteurs (Origène, saint Basile, saint Grégoire de Nysse, saint Cyrille d’Alexandrie, etc.) interprètent l’épée qui transperce le Cœur de Marie comme « l’épée de l’infidélité et du doute » qui aurait assailli Marie pendant la Passion de son Fils, interprétation vite abandonnée. Saint Ephrem et, à sa suite, saint Ambroise, saint Augustin, saint Jean Damascène puis, à compter du VIIIe siècle, pratiquement tous les auteurs, l’interprètent comme la représentation des douleurs qui affligent le Cœur de Marie. La piété s'y arrête à la moitié du XIe s. et, dans un premier temps, considère cinq douleurs en hommage aux cinq Plaies de Jésus-Christ en Croix, certains auteurs (Anselme de Lucques, saint Anselme de Canterbury) se proposant de « con-souffrir » avec Marie les douleurs qu’elle « con-souffrait » avec son Fils. Au XIIIe siècle, le chiffre est fixé à sept : 1) prophétie de Siméon. Marie comprend au-delà de la littéralité des paroles de Siméon et entrevoit ce que sera sa vie. « Ne m'appelez pas Belle, mais Amère, car il m'a rempli de grande amertume, Celui qui est tout-puissant. » 2) fuite en Égypte. Un jour viendra où la parole d'Osée : « C'est d'Égypte que j'ai rappelé mon Fils » (11, 1), recevra un sens nouveau. 3) Jésus perdu et retrouvé au Temple. Marie fait comme la science expérimentale de la douleur qui sépare. 4) La rencontre de Jésus et de sa Mère sur la Via dolorosa. Elle doit respecter et partager la déréliction de son Fils. 5) La Crucifixion. Jésus veut mourir pauvre et sans Mère et la donne à l'humanité pécheresse. 6) La descente de Croix. Jésus est dans les bras de Marie, et ne lui appartient que pour un bref instant. 7) L'ensevelissement du Seigneur. La Vierge doit abandonner maintenant pleinement son Fils.

(à suivre…)

dimanche 2 mai 2010

L’origine du chapelet (2)

L’origine du chapelet (2)

Au XVIe siècle, l'apparition de l'imprimerie permet d'illustrer les mystères. Par économie, on se limite rapidement à n'illustrer que les pensées des quinze « Notre Père », d'où les quinze mystères existant. Dans certaines régions, on disait une invocation à la fin de la première partie de l'Ave, en changeant à chaque Ave ou à chaque dizaine. Le Dominicain Alberto da Castello, par exemple, publie, en 1521, Le Rosaire de la glorieuse Vierge Marie, et propose les invocations suivantes pour la Crucifixion de Jésus : 1. Au prix de grandes souffrances, Jésus est cloué à la Croix. Je vous salue Marie... 2. Jésus est dressé en croix et placé entre deux voleurs. 3. Jésus prie pour ses bourreaux et nous donne ainsi un exemple. 4. Jésus promet le paradis au larron crucifié à sa droite. 5. Jésus confie sa Mère à Jean l'Évangéliste. 6. Jésus reste suspendu pendant trois heures en croix, le soleil s'obscurcit. 7. Jésus crucifié souffrant de la soif, on l'abreuve de fiel et de vinaigre. 8. Jésus déclare accomplir les Écritures qui parlent de lui. 9. Jésus rend le dernier soupir ; son côté est ouvert par la lance. 10. Jésus est descendu de la croix et mis au tombeau. En 1569, Pie V officialise la méditation des mystères et la rend nécessaire pour obtenir des indulgences. Cependant « la méditation distincte des « mystères » (...) doit tendre normalement à se fondre dans une vision à la fois très simple et très une de tout le Mystère du Christ en nous » (Louis Bouyer, Introduction à la vie spirituelle). En 1629, Timoteo Ricci publie le Rosaire perpétuel au couvent des Dominicains de Bologne : 8760 billets, autant que d'heures dans une année, sont tirés au sort pour que chacun assure une heure de récitation du Rosaire. En 1641, Jean Giffre de Richac publie le Rosaire perpétuel de la Vierge Marie pour obtenir par son entremise la paix désirée par toute la chestienté. Au XVIIIe siècle, la récitation en chœur se popularise. En France et en Allemagne l'on utilise les clausules, alors qu'en Italie et dans les pays de langue romane les mystères sont nommés au « Notre Père ». Après 1700 l'usage s'introduit d'ajouter le « Gloire au Père » à la fin de chaque dizaine. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort ne propose pas moins de cinq façons de réciter le Rosaire et publie le Secret admirable du Très Saint Rosaire.

(fin)

dimanche 4 mai 2008

4 mai : Notre-Dame du Laus

4 mai : Notre-Dame du Laus

Aujourd'hui, mgr di Falco-Leandri, évêque de Gap, promulgue un décret par lequel il reconnaît officiellement le caractère surnaturel des apparitions de la Vierge Marie à Benoîte Rencurel au Laus (Alpes de Haute-Provence) pendant 54 ans, de mai 1664 à sa mort, en 1718.
Benoîte Rencurel a fondé le sanctuaire de Notre-Dame du Laus, appelé à faire du bien aux fidèles tout au long des siècles, Marie ayant « destiné ce lieu pour la conversion des pécheurs, et beaucoup viendront ici se convertir ».
Entre 1669 et 1684, Benoîte Rencurel (lire la suite) est aussi gratifiée de la vision du Christ crucifié au pied de la croix d'Avrançon où, tous les vendredis, elle revit une crucifixion mystique, c'est-à-dire spirituelle.
Le diable s'acharne contre la voyante, y compris en faisant en sorte que, vingt ans durant, des prêtres jansénistes la marginalisent. Dans son combat spirituel, un ange de dieu lui annonce que « ce lieu est l'ouvrage de Dieu, que ni l'homme, ni les démons avec toute leur malice et toute leur rage ne sauraient détruire, qui subsistera toujours plus florissant jusqu'à la fin du monde et fera de grands fruits partout. »
En cette année du 150e anniversaire des apparitions de Lourdes, on ne peut que se réjouir de voir Notre Dame honorée également de la sorte au Laus, et remercier Dieu qui dépêche sa très douce Mère auprès de nous pour nous faire sentir à quel point il nous aime et combien il veut nous aider à être saints.

Pour plus de renseignements, voir www.notre-dame-du-laus.com