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vendredi 15 février 2019

Toponymes et vocables du Saint-Sépulcre

Nous avons publié avec Jean-Pierre de Gennes (+) un ouvrage intitulé :
Toponymes et vocables du Saint-Sépulcre. Notes pour servir à l'histoire des lieux et édifices dédiés en France au Saint-Sépulcre.
Cet ouvrage décrit par ordre alphabétique les toponymes et vocables présents dans 63 département. Tous ne sont pas également représentés. En effet, sur 156 notices, 31 d'entre elles sont situées dans la région Provence-Côte-d'Azur, 20 dans la région Midi-Pyrénées, 10 dans le Languedoc-Roussillon et 4 en Aquitaine, soit 64 notices, environ les deux cinquièmes du total. Ceci s'explique aisément par les relations privilégiées du pourtour méditerranée avec la Terre Sainte.
Ces 156 notices correspondent à 236 toponymes et vocables distincts. (lire la suite)Notre recension a porté sur :

1) les lieux ayant le nom de Saint-Sépulcre comme toponyme. Il s’agit non seulement de communes actuelles ou d’anciennes paroisses, mais aussi de terres, anciennes seigneuries ou lieux-dits. Nous avons également retenu, quoique ne portant pas le nom de Saint-Sépulcre, les biens ayant appartenu à l’église ou chapitre et à l’ordre canonial du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

2) les églises, chapelles et monuments placés sous le vocable du Saint-Sépulcre, mais aussi : a) ceux qui, sous un autre patronage, ont fait partie des biens de l’église ou du chapitre et de l’ordre canonial du Saint-Sépulcre. b) ceux qui, sous un autre vocable, ont cependant été édifiés en souvenir d’un pèlerinage au Saint-Sépulcre. c) ceux dont l’aspect architectural a été conçu à l’imitation de l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem et du Tombeau du Christ.

3) les institutions, telles que prieurés, couvents de chanoinesses, hôpitaux et confréries placés sous le vocable du Saint-Sépulcre.

Vous vous rendez compte aussitôt que les mises au tombeau sont exclues de notre champ de recherche. Elles ont beau être qualifiées fréquemment de « sépulcre », voir de « saint-sépulcre », elles s’éloignent de la spiritualité propre au Saint-Sépulcre.

Madame Bresc-Bautier a soutenu à l’Ecole des Chartes une thèse sur Le Saint-Sépulcre de Jérusalem et l’Occident au Moyen Âge, à laquelle le comte de Gennes a eu accès et dont il s’est largement inspiré. Dans un article sur « Les imitations du Saint-Sépulcre de Jérusalem (IXe-XVe siècles). Archéologie d’une dévotion », Mme Bresc-Bautier explique qu’« une imitation de l’église de l’Anastasis à Jérusalem est d’abord et avant tout l’expression de la dévotion au Saint-Sépulcre de Jérusalem, c’est-à-dire à la relique terrestre du rocher de la Résurrection, situé au cœur d’une ville, Jérusalem. Précisons bien : il ne s’agit ni d’un culte à la Mort du Christ ou à sa Résurrection, ni d’une dévotion à la Jérusalem céleste, abstractions qui transcendent probablement la dévotion au Saint-Sépulcre, mais qui n’en sont pas à la base. Au contraire, c’est un culte bien concret à une relique, le Tombeau, ancré dans une ville, Jérusalem terrestre, qui se manifeste par des représentations matérielles, les copies ».

Il en va tout différemment des mises au tombeau. Elles reflètent une pensée nouvelle qui apparaît à la fin du XVe siècle et fleurit au XVIe siècle, comme une conséquence de la guerre de Cent Ans. Ce n’est plus dans la joie de la Résurrection, mais dans les souffrances de la Passion et de la mort du Christ que homme trouvent le reflet de leurs propres sentiments, notamment de leurs propre affliction.

Comme Mme Bresc-Bautier le relève encore, « l’image du Christ mort et de la déposition du corps torturé s’imposa. Le Sépulcre glorieux et le reposoir eucharistique s’effacent devant le roc douloureux. Le Saint-Sépulcre vénéré en Occident n’est plus celui de Jérusalem, mais un élément intemporel. Ce n’est plus la relique qui est honorée, mais le point culminant de la vie du Christ qu’une dévotion tragique et théâtrale représente sous forme de sculptures monumentales [… faisant] place à une dévotion plus abstraite et plus universelle qui privilégie la Passion et la fait revivre par une pratique nouvelle, le chemin de Croix ».

lundi 2 juillet 2018

Saint-Sépulcre en France

Toponymes et vocables du  Saint-Sépulcre.
Notes pour une histoire des lieux dédiés au Saint-Sépulcre en France
ouvrage rédigé par le comte Jean-Pierre de Gennes (+) et Mgr Dominique Le Tourneau
Mémoire et Documents, Aix-en-Provence, 2018
29 euros
paru en mai 2018


Cet ouvrage recense 236 toponymes et vocables en rapport avec le Saint-Sépulcre de Jérusalem présents en France dans 63 départements.
Il apporte une contribution importante à une meilleure connaissance des liens qui ont unis et unissent encore la France au tombeau du Seigneur Jésus, liens également pérennisés par la Lieutenance de France de l'Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

lundi 23 juillet 2012

Marie-Madeleine (2)

Marie-Madeleine (2)

« Comme les autres disciples, Marie de Magdala a dû voir Jésus rejeté par les chefs du peuple, arrêté, flagellé, condamné à mort et crucifié. Voir la Bonté en personne soumise à la méchanceté humaine, la Vérité raillée par le mensonge, la Miséricorde insultée par la vengeance, a dû être insupportable. Avec la mort de Jésus, l’espérance de ceux qui avaient mis leur confiance en Lui semblait perdue. Mais cette foi ne s’est jamais évanouie totalement : surtout dans le cœur de la Vierge Marie, la Mère de Jésus, la petite flamme est restée allumée d’une manière vive, même dans l’obscurité de la nuit. Dans ce monde, l’espérance ne peut pas ne pas tenir compte de la dureté du mal. Ce n’est pas seulement le mur de la mort qui lui fait obstacle, mais plus encore, ce sont les pointes acérées de la jalousie et de l’orgueil, du mensonge et de la violence. (lire la suite) Jésus est passé par cet enlacement mortel, pour nous ouvrir le passage vers le Royaume de la vie. Il y eut un moment où Jésus apparaissait vaincu : les ténèbres avaient couvert la terre, le silence de Dieu était total et l’espérance, une parole qui semblait désormais vaine » (Benoît XVI, Message pour le jour de Pâques, 8 avril 2012). Et maintenant, de surcroît, toute trace de Jésus a été effacée. Son corps n’est plus dans la tombe.
Marie-Madeleine est une des nombreuses femmes qui « avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir » (Matthieu 27, 55) et qui ont assisté le Seigneur « de leurs biens » dans ses déplacements apostoliques (Luc 8, 1-3). Avec la Sainte Vierge, elle l’a suivi courageusement jusqu’à la Croix (Jean 19, 25) et elle a vu l’endroit où son corps a été déposé (Luc 23, 55). Maintenant, une fois écoulé le temps du sabbat et du repos prescrit, elle est venue au sépulcre, mue par son amour de Jésus. « Tout en pleurant, elle se pencha dans le tombeau » (Jean 20, 11). Assise, ne sachant que faire, elle pleure à chaudes larmes. Elle ne peut pas se rendre à l’évidence du tombeau vide. Les apôtres sont repartis. Mais elle reste. Elle attend. Elle-même ne sait pas quoi. Elle se penche dans le tombeau et alors « elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus, l’un à la tête et l’autre aux pieds » (Jean 20, 12). Parce que « son corps dans le sépulcre y est encadré par deux Anges, qui doivent être les mêmes que les Chérubins du Temple qui étendaient leurs ailes de part et d’autre du propitiatoire » (Louis Bouyer, Eucharistie. Théologie et spiritualité de la prière eucharistique, Paris, Desclée, 1966, p. 221). (à suivre…)

jeudi 31 mai 2012

Jérusalem et le Pacte d’Omar

Jérusalem et le Pacte d’Omar

L’an 636 de notre ère, le patriarche Sophone de Jérusalem fait allégeance au calife Omar Ibn Al-Khattab en lui remettant les clefs de la ville et obtenant ainsi que la basilique du Saint-Sépuclre ne soit pas détruite. Ce « Pacte d’unité » a depuis lors déterminé les relations entre le monde musulman et les Églises chrétiennes et n’a jamais été remis en question. Nous y lisons que les chrétiens « aient pleine et entière assurance en ce qui concerne leur vie, leurs églises, leurs croyances et pour tous les lieux de pèlerinage qu’ils possèdent à ce jour à l’intérieur ou hors de la ville, à sa voir la KAMANE [église de la Résurrection], l’église de Bethléem où Jésus – que la Paix soit sur Lui – est né [soient protégées selon les paroles du Prophète]. De même le reste des Chrétiens qui habitent ici… » Adapté de La Terre Sainte, n° 618, mars-avril 2012, p. 20-21.

jeudi 26 juin 2008

Saint Cyrille de Jerusalem (2)

Saint Cyrille de Jérusalem (2)

La base de l'instruction sur la foi chrétienne se déroulait également dans un but polémique contre les païens, les judéo-chrétiens et les manichéens. L'argumentation était fondée sur la réalisation des promesses de l'Ancien Testament, dans un langage riche d'images. La catéchèse était un moment important, inséré dans le vaste contexte de toute la vie, en particulier liturgique, de la communauté chrétienne, dans le sein maternel de laquelle avait lieu la gestation du futur fidèle, accompagnée par la prière et le témoignage des frères. Dans leur ensemble, les homélies de Cyrille constituent une catéchèse systématique sur la renaissance du chrétien à travers le Baptême. Il dit au catéchumène : « Tu es tombé dans les filets de l'Église (cf. Mt 13, 47). Laisse-toi donc prendre vivant ; ne t'enfuis pas, car c'est Jésus qui te prend à son hameçon, (lire la suite) non pour te donner la mort mais la résurrection après la mort. Tu dois en effet mourir et ressusciter (cf. Rm 6, 11.14). Meurs au péché, et vis pour la justice dès aujourd'hui » (Procatéchèse 5).
Du point de vue doctrinal, Cyrille commente le Symbole de Jérusalem en ayant recours à la typologie des Écritures, dans un rapport « symphonique » entre les deux « Testaments », pour arriver au Christ, centre de l'univers. La typologie sera décrite de manière incisive par Augustin d'Hippone : « L'Ancien Testament est le voile du Nouveau Testament, et dans le Nouveau Testament se manifeste l'Ancien » (De catechizandis rudibus, 4, 8). Quant à la catéchèse morale, elle est ancrée de manière profondément unie à la catéchèse doctrinale : l'on fait progressivement descendre le dogme dans les âmes, qui sont ainsi sollicitées à transformer les comportements païens sur la base de la nouvelle vie en Christ, don du Baptême. Enfin, la catéchèse « mystagogique » marquait le sommet de l'instruction que Cyrille dispensait non plus aux catéchumènes, mais aux nouveaux baptisés ou néophytes au cours de la semaine pascale Celle-ci les introduisait à découvrir, sous les rites baptismaux de la Veillée pascale, les mystères qui y étaient contenus et qui n'étaient pas encore révélés. Illuminés par la lumière d'une foi plus profonde en vertu du Baptême, les néophytes étaient finalement en mesure de mieux les comprendre, ayant désormais célébré leurs rites.

(à suivre...)