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lundi 18 juin 2012

Amour de Dieu et du prochain (3)

Amour de Dieu et du prochain (3)

Le Christ n’avait-il pas lancé cette invitation pressante et exigeante : « Bienheureux serez-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on vous calomniera de toute manière à cause de moi ! Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux » ? (Matthieu 5, 11-12). Comment dans ces conditions en vouloir à ceux qui s’en prennent ainsi à Jésus à travers notre modeste personne, s’ils nous aident à accéder à la patrie céleste ? N’est-il pas logique que le Seigneur nous demande de les aimer et de prier pour eux ? Ne deviennent-ils pas en quelque sorte nos bienfaiteurs, peut-être même plus que ceux qui nous veulent du bien ?
Nous constatons souvent que notre foi catholique (lire la suite) nous fait entrer dans une logique qui n’est pas celle du monde et qui, surtout, échappe à la « prudence de la chair » (Romains 8, 6) que dénonce saint Paul. Si notre Seigneur a précisé ainsi le rayon d’action de notre amour du prochain, il en a aussi indiqué la mesure : « Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres, et que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés », ajoutant, pour que l’idée pénètre bien à fond dans le cœur et dans l’esprit de ses apôtres : « C’est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13, 34-35). Tous le reconnaîtront, même ceux qui sont mus par la haine de Dieu et qui, de ce fait, se déchaîneront peut-être contre nous, comme ils s’en sont pris au Seigneur pour le clouer sur la Croix. « Comme je vous ai aimés », pas seulement vous, mes apôtres, mais tous les hommes de toutes les générations. « C’est à cela que nous avons reconnu l’amour : Celui-là a donné sa vie pour nous » (1 Jean 3, 16). Et « c’est quand nous étions encore pécheurs que le Christ est mort pour nous » (Romains 5, 8). C’est pourquoi l’Apôtre nous exhorte : « Vivez dans la charité, à l’exemple du Christ qui vous a aimés et s’est livré lui-même pour vous en offrande et en Sacrifice d’agréable odeur fait à Dieu » (Éphésiens 5, 2). Par suite, « nous aussi nous devons donner notre vie pour nos frères » (1 Jean 3, 16). Or, nos frères, ce ne sont pas seulement ceux avec qui nous partageons la même foi et qui le sont à un titre tout spécial et privilégié, mais aussi tous les hommes, que le Seigneur a aimés, jusqu’au bout » (Jean 13, 1). Il a prié pour ses bourreaux et pour tous ceux qui, à un degré ou un autre, ont été responsables de sa mise à mort : « Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 12, 34). Aimer comme le Christ nous a aimés implique donc d’avoir cette même magnanimité et de savoir pardonner, car, loin de penser à nous-mêmes, nous voulons ardemment et sincèrement le salut des autres. (fin)

vendredi 7 janvier 2011

Dieu nous console (2)


Dieu nous console (2)

Saint Paul peut préciser que sa vie de renoncement à toute ambition personnelle, qui le voit accablé de toute manière mais non écrasé, plongé dans l’inquiétude mais non dans le désespoir, pourchassé mais non délaissé, terrassé mais non anéanti (cf. 2 Corinthiens 3, 8-9), il vit « tout cela à cause de vous : pour que la grâce répandue à profusion fasse surabonder chez un plus grand nombre l’action de grâces à la gloire de Dieu » (2 Corinthiens 3, 15). Pour que les fidèles témoignent leur reconnaissance envers Dieu pour la générosité héroïque de Paul, source de leur consolation dans les propres épreuves et du salut que celles-ci contribuent à obtenir. (lire la suite)
Paul donne un exemple de don de soi poussé à l’extrême et de sollicitude constante pour les Eglises. « Soyez compatissants, comme votre Père est compatissant » (Luc 6, 36). Le Seigneur nous invite à faire preuve de miséricorde envers les hommes, envers tous les hommes, à transposer aux autres la miséricorde et la compassion qu’il ressent pour nous, pauvres pécheurs. Et il ajoute : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas mis en jugement ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés » (Luc 6, 37), « car c’est d’après le jugement que vous portez que vous serez jugés, et c’est avec la mesure que nous employez qu’on mesurera pour vous » (Matthieu 7, 2). D’où cette règle d’or : « Pardonnez, et vous obtiendrez le salut » (Luc 6, 37), règle qui s’applique à toutes les circonstances et envers tous nos semblables. Elle ne souffre aucune exception.
Nous pouvons avoir l’impression que c’est trop difficile pour nous, que cela dépasse nos forces. Portant, nous trouverons Dieu pourvu que nous le cherchions « de tout notre cœur et de toute notre âme » (Deutéronome 4, 29). Et que nous allions le chercher là où il se trouve, c’est-à-dire dans l’Eucharistie, dans la sainte messe et la sainte communion, pourvu que nous soyons disposés à le recevoir dignement.
Que le monde nous complique l’existence ou la facilite, qu’il nous permette d’exprimer notre foi ou qu’il y fasse obstacle, qu’il nous loue – ce qui arrive rarement – ou qu’il nous calomnie, qu’importe. Dieu est et reste notre consolation et notre force. Si nous le cherchons sincèrement, nous le trouvons. Il nous dit : « Prenez confiance, j’ai vaincu le monde » (Jean 16, 33). Nous avons là l’optimisme chrétien, qui déplace les montagnes (cf. Marc 11, 23).

(fin)

mercredi 10 décembre 2008

Vocation à la sainteté (2)

Vocation à la sainteté (2)

Il faut que le Seigneur s'adresse enfin à eux, d'une voix qui domine le bruit des flots en furie et du vent qui hurle, pour qu'ils le reconnaissent, ou du moins aient un début d'espoir. « Confiance ! dit-il, c'est moi ! N'ayez pas peur ! » (Matthieu 14, 27).
Pierre, toujours spontané et rapide, prend la parole pour s'assurer qu'il ne rêve pas. Il demande, peut-être sans trop y réfléchir comme à l'accoutumée - l'heure n'est pas propice aux grandes délibérations - « Seigneur, si c'est toi, (lire la suite) commande que j'aille à toi sur les eaux » (ibid., 28). Les autres restent dans l'expectative, avec une lueur d'espoir au cœur. D'un seul coup l'agitation de la barque, les vagues qui continuent de déferler, ne les inquiètent plus. « Et si c'était le Seigneur ! » Ils ont confiance en Lui. Ils ont déjà été témoins de tant de miracles...
Stupéfiés, ils voient Pierre enjamber le rebord de la barque et se mettre à marcher sur la mer démontée ! La tempête n'a pas diminué d'intensité. La situation reste dramatique. Mais Pierre avance vers ce personnage qu'ils distinguent mal. Et puis, tout à coup, ses compagnons voient qu'il chancelle, qu'il commence à s'enfoncer. « Mon Dieu, Pierre va se noyer ! » Et nous allons tous périr, pensent-ils.
C'est que, « voyant la violence du vent », Pierre avait pris peur. « Comme il commençait à enfoncer, il s'écria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt Jésus tendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (ibid., 30-31). En un clin d'œil ils sont dans la barque. Et alors, mais alors seulement, Jésus commande au vent et à la mer et « le vent tomba » (ibid., 32).
Quelle belle leçon pour les tempêtes de notre vie. dans notre âme par toutes sortes de tentations ; celles aussi qui surgissent dans le monde, où il a beaucoup d'amis. « S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront, vous aussi » (Jean 15, 20). Mais « bienheureux serez-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera et qu'on vous calomniera de toute manière à cause de moi ! Soyez dans la joie et l'allégresse, car Celles que le démon suscitevotre récompense sera grande dans les cieux » (Matthieu 5, 11-12). Les tempêtes se calment tôt ou tard, et celui qui reste fidèle à Dieu, celui qui garde la foi en lui, en l'efficacité de sa grâce, est assuré de la victoire. Et ainsi, de petite victoire en petite victoire, son existence le rapproche de plus en plus du modèle qu'est Jésus-Christ. Il est en passe de devenir saint. Car, en définitive, comme le Seigneur l'a déclaré, « tout est possible à celui qui croit » (Marc 9, 22). La vie chrétienne, la recherche de la sainteté, est et sera toujours une affaire de foi, de foi vivante.