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dimanche 10 mai 2015

Le Psaume 2 (9)

Le Psaume 2 (9)

Le Fils est consubstantiel au Père, c’est-à-dire de même nature que lui. Il est engendré éternellement par lui. « Le Père est incréé, le Fils est incréé, l’Esprit Saint est incréé. […] Le Fils ne provient que du Père : il n’est ni fait, ni créé, mais engendré » (Symbole d’Athanase dit Quicumque). Engendré « aujourd’hui ». « Celui qui sans altération a engendré son Fils la première fois selon la nature, sans altération engendre le même Fils à nouveau selon l’économie. Témoin la parole de David, l’ancêtre de Dieu : ‘Le Seigneur m’a dit : Tu es mon fils ; aujourd’hui je t’ai engendré.’ Or, l’‘aujourd’hui’ n’a point de place dans la génération d’avant les siècles, qui est hors du temps » (st Jean Damascène, Homélie sur la Nativité 3). (lire la suite) « Le Seigneur m’a dit : ‘Tu es mon Fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré’. » « Par ces paroles du psaume 2, soulignait le pape émérite, l’Église commence aujourd’hui la Messe de la veillée de Noël, dans laquelle nous célébrons la naissance de notre Rédempteur Jésus-Christ, dans l’étable de Bethléem. Autrefois, ce psaume appartenait au rituel du couronnement du roi de Juda. Le peuple d’Israël, en raison de son élection, se sentait de façon particulière fils de Dieu, adopté par Dieu. Comme le roi était la personnification de ce peuple, son intronisation était vécue comme un acte solennel d’adoption de la part de Dieu, dans lequel le roi était, en quelque sorte, introduit dans le mystère même de Dieu. Dans la nuit de Bethléem, ces paroles, qui étaient en fait plutôt l’expression d’une espérance qu’une réalité présente, ont pris un sens nouveau et inattendu. L’Enfant dans la crèche est vraiment le Fils de Dieu. Dieu n’est pas solitude éternelle, mais cercle d’amour où il se donne et se redonne dans la réciprocité. Il est Père, Fils et Esprit Saint. Plus encore : en Jésus Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même s’est fait homme. C’est à Lui que le Père dit : « Tu es mon fils. » L’aujourd’hui éternel de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd’hui passager dans l’aujourd’hui éternel de Dieu. Dieu est si grand qu’il peut se faire petit. Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l’aimer. Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l’étable, afin que nous puissions le trouver et pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu’elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire. C’est cela Noël : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui, devenir semblables à Lui. Il a choisi comme signe l’Enfant dans la crèche : Il est ainsi. De cette façon nous apprenons à le connaître. Et sur chaque enfant resplendit quelque chose du rayon de cet aujourd’hui, de la proximité de Dieu que nous devons aimer et à laquelle nous devons nous soumettre – sur chaque enfant, même sur celui qui n’est pas encore né » (Benoît XVI, Homélie, 24 décembre 2005). (à suivre…)

samedi 27 décembre 2014

La Sainte Famille (4)

La Sainte Famille (4)

Puisque je suis membre de la Sainte Famille, ce n’est pas par pour rien. Cela doit imprimer sa marque à mon existence, avoir des conséquences visibles et opératives. Et celle-là est principale et essentielle. Celle qui conditionne tout le reste et imprime une orientation décisive à toute notre vie, pour toute la vie : se donner à Dieu. Ou bien nous nous donnons à Dieu, et nous menons une vie naturelle et surnaturelle, ou bien nous refusons de le faire et nous nous gardons égoïstement pour nous-mêmes, et nous végétons en attendant de devoir être rejetés in fine par le Seigneur : « Vous vous prendrez à dire : ‘Nous avons mangé et bu sous tes yeux, et tu as enseigné dans nos rues.’ Mais il dira : ‘Je vous dis que je ne sais d’où vous êtes. Écartez-vous de moi, vous tous, fauteurs d’iniquité » (Luc 13, 26-27). « Serviteur mauvais et paresseux ! […] Il te fallait mettre mon argent chez les banquiers et, à mon retour, j’aurais récupéré mon bien avec un intérêt » (Matthieu 25, 26-27). J’étais en droit de l’attendre. Tout homme un tantinet responsable, qui sort de lui-même et s’arrête à réfléchir deux secondes, aurait eu ce réflexe sensé. (lire la suite) Le foyer de Nazareth est la forge dans laquelle on apprend à ne pas vivre chacun pour soi, mais pour les autres par amour de Dieu. Marie et, avec elle, la Sainte Famille, « font entrer de plein pied la vie courante de travail, de prière, de service dans la grande épopée de la Rédemption. Toute l’activité de chaque jour, y compris ce qui semble petit, voire insignifiant, est assumé par Dieu, qui lui attribue une place de choix dans le plan divin du Salut et de la sanctification (bx Alvaro del Portillo, Lettre du 2 février 1979, n° 8, citée par D. Le Tourneau, « La piété mariale chez Álvaro del Portillo », Vir fidelis multum laudabitur. Nel centenario della nascita di Mons. Álvaro del Portillo, a cura di P. Gefaell, Rome, Pontificia Università della Santa Croce, vol. 2, 2014, p. ). Et, dans ce « paquet » du don de soi, se trouve incluse ma volonté propre, mon moi. Contemplant Jésus qui « était soumis » à Marie et à Joseph (Luc 2, 51), c’est-à-dire qui leur obéissait, j’apprends à obéir à mon tour à la Volonté de Dieu, qui est plus sainte que toute autre. Qui s’impose naturellement et surnaturellement à moi. Comment Jésus se comporte-t-il ? Il se soumet aux lois naturelles, en venant au monde comme n’importe quelle autre créature humaine, alors qu’il est Dieu immense et infini ; et il vit dans une famille identique à bien des familles de l’Israël de son temps. Il observe les lois positives : c’est à la suite de la promulgation d’un édit de César Auguste ordonnant un « recensement de tout l’univers » (Luc 2, 1) qu’il naît à Bethléem, accomplissant ainsi la prophétie selon laquelle « et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement la moindre parmi les villes principales de Juda. C’est de toi, en effet, que sortira le chef qui mènera paître Israël, son peuple » (Matthieu 2, 6) ; au huitième jour de sa naissance, il est présenté au Temple et ses parents offrent pour le rachat de leur premier-né – lui qui est venu nous racheter de nos péchés ! ce qui est un comble quand on y pense ; mais ils ne veulent se singulariser en rien – selon ce que la Loi prévoit pour des gens de condition modeste, deux colombes ou une paire de tourterelles (Luc 2, 24) (à suivre…)

jeudi 31 mai 2012

Jérusalem et le Pacte d’Omar

Jérusalem et le Pacte d’Omar

L’an 636 de notre ère, le patriarche Sophone de Jérusalem fait allégeance au calife Omar Ibn Al-Khattab en lui remettant les clefs de la ville et obtenant ainsi que la basilique du Saint-Sépuclre ne soit pas détruite. Ce « Pacte d’unité » a depuis lors déterminé les relations entre le monde musulman et les Églises chrétiennes et n’a jamais été remis en question. Nous y lisons que les chrétiens « aient pleine et entière assurance en ce qui concerne leur vie, leurs églises, leurs croyances et pour tous les lieux de pèlerinage qu’ils possèdent à ce jour à l’intérieur ou hors de la ville, à sa voir la KAMANE [église de la Résurrection], l’église de Bethléem où Jésus – que la Paix soit sur Lui – est né [soient protégées selon les paroles du Prophète]. De même le reste des Chrétiens qui habitent ici… » Adapté de La Terre Sainte, n° 618, mars-avril 2012, p. 20-21.

samedi 18 février 2012

Le rayonnement du Christ (6)


Le rayonnement du Christ (6)

Jésus nous a rendu Dieu accessible. Il s’est fait proche de nous, un de nous. moyennant quoi, nous sommes impardonnables si nous refusons de le reconnaître et de l’accueillir. D’autant que « tu nous a faits pour toi, seigneur, et comme notre cœur est inquiet tant qu’il ne repose pas en toi » (saint Augustin, Confessions 1, 1, 1). Ce cœur inquiet est celui qui « ne se contente de rien de moins que de Dieu et, précisément ainsi, devient un cœur qui aime. Notre cœur est inquiet à l’égard de Dieu et il le reste, même si aujourd’hui on s’efforce, avec des « narcotiques » très efficaces, de libérer l’homme de cette inquiétude » (Benoît XVI, Homélie pour l’Épiphanie, 6 janvier 2012). (lire la suite)
Le pape ajoute une considération très profonde et très encourageante à la fois. À cette inquiétude humaine correspond une inquiétude divine. Ou, pour être plus exact, l’inquiétude divine précède celle qu’il a lui-même fait naître dans le cœur de l’homme. « Ce ne sont pas seulement nous, les êtres humains, qui sommes inquiets par rapport à Dieu. Le cœur de Dieu est inquiet pour l’homme. Dieu nous attend. Il nous cherche. Il n’est pas tranquille lui non plus tant qu’il ne nous a pas trouvés. Le cœur de Dieu est inquiet, et c’est pour cela qu’il s’est mis en chemin vers nous – vers Bethléem, vers le Calvaire, de Jérusalem à la Galilée et jusqu’aux confins du monde » (Ibid.). C’est, certes, une façon humaine de parler. Mais nous sommes bien obligés de faire appel à nos catégories humaines pour essayer de nous expliquer l’Amour que Dieu nous porte. Nous ne pouvons le comprendre, faiblement, qu’en raisonnant de la sorte.
Cet empressement de Dieu à venir nous rejoindre dans notre existence humaine est vraiment impressionnante. « Dieu est inquiet à notre égard, il est à la recherche de personnes qui se laissent gagner par son inquiétude, par sa passion pour nous. De personnes qui portent en elles la recherche qui est dans leur cœur et, en même temps, qui se laissent toucher dans leur cœur par la recherche de Dieu à notre égard » (Ibid.). Il attend donc de nous que nous écoutions sa voix, que nous nous laissions toucher par sa tendresse, que nous répondions à son appel. Et ce, afin de faire comprendre à nos semblables à quel point Dieu les aime, de les amener à découvrir cette inquiétude divine à leur endroit.
« Chers amis, c’est la tâche des Apôtres d’accueillir l’inquiétude de Dieu à l’égard de l’homme et de porter Dieu lui-même aux hommes. Et c’est votre tâche sur les pas des Apôtres de vous laisser toucher par l’inquiétude de Dieu afin que le désir de Dieu à l’égard de l’homme puisse être satisfait » (Ibid.). Nous devrions nous sentir impliqués très directement dans cette tâche, qualifiée de nos jours de « nouvelle évangélisation ».
Mais revenons à l’environnement dans lequel Jésus évolue.
 
(à suivre…)

dimanche 12 février 2012

Le rayonnement du Christ (1)


Le rayonnement du Christ (1)

Les grands prêtres et les Pharisiens avaient envoyé des gardes avec l’ordre exprès d’arrêter Jésus. « Le dernier jour de la fête, le plus solennel », il venait de s’écrier : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive ! » (Jean 7, 37). En l’écoutant parler certains disaient : « C’est vraiment lui le Prophète. » D’autres disaient ; « C’est lui le Messie » (Jean 7, 45). Mais il n’emportait pas l’unanimité, car d’autres encore restaient sceptiques, abusés par le titre de « Jésus de Nazareth » sous lequel ils le connaissaient. Aussi se demandaient-ils : « Est-ce de Galilée que doit venir le Messie ? L’Écriture n’a-t-elle pas dit que le Messie doit venir de la descendance de David et de Bethléem, le bourg d’où était David ? » (Jean 7, 41-42). Ils ont raison et tort à la fois. Raison, parce que leur affirmation scripturaire est véridique. Tort, parce que leur raisonnement est faussé, du fait qu’ils ignorent que Jésus est né précisément à Bethléem (Matthieu 2, 1), et que ses parents, Joseph et Marie, sont tous deux de la lignée davidique (Matthieu 1, 20 ; Luc 2, 5). (lire la suite)
Dans le Temple, ce jour-là, « certains d’entre eux voulaient l’appréhender ; mais personne ne mit la main sur lui » (Jean 7, 44), y compris, ce qui est plus extraordinaire, les gardes diligentés expressément pour se saisir de lui. Le rayonnement personnel de Jésus est exceptionnel. Il s’est manifesté tout au long de sa vie. Les cœurs droits, les âmes simples se sont laissés toucher par la grâce qui émane de lui. « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » (Jean 7, 45) demandent les grands prêtres et les Pharisiens, passablement irrités et déçus d’échouer une fois de plus dans leur intention perfide d’en finir avec le rabbi. La réponse des gardes est désarmante de simplicité : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme » (Jean7, 46). Ce qui sous-entend que l’enseignement prodigué chaque sabbat à la synagogue fait bien pâle figure face à la puissance de conviction de Jésus, à la profondeur de sa pensée, à la richesse du contenu de sa prédication, à l’accessibilité de son propos au tout venant grâce au recours aux paraboles qui parlent de la vie courante de tout un chacun.
« Sur quoi, les Pharisiens leur répliquèrent : « Est-ce que vous aussi, vous vous seriez laissés tromper ? » (Jean 7,47) ou abuser par son discours qu’ils considèrent pernicieux et dangereux pour la préservation de la Loi… et de leur pouvoir. Ils ajoutent : « Est-ce que, parmi les notables, il en est un qui ait cru en lui ? » (Jean 7, 48).

(à suivre…)

jeudi 2 février 2012

Présentation de Jésus au Temple (1)


Présentation de Jésus au Temple (1)

Le Fils de Dieu vient en l’univers pour l’univers. Le ciel, la terre et toutes les créatures ont part à l’effet de ce voyage. Ce voyage est signalé, car c’est le Père éternel qui envoie, et c’est son Fils qui est envoyé ; les deux premières personnes de la Divinité… Le premier pas du Fils de Dieu est à Nazareth ; le deuxième est à Bethléem ; le troisième en Jérusalem et au Temple, par la présentation de Jésus au Temple, entre les bras de sa Mère (…).
Nazareth, ce n’est que silence, mais ce n’est que grandeur. Un ange parle, et un des plus grands anges ; et parle à la Vierge avec tant de respect, et ne lui parle que de choses célestes et grandes ; de la plénitude de la grâce, de la présence du Seigneur avec elle ; de la descente du Saint-Esprit en elle ; de la vertu du Très-Haut qui doit être son Fils, et doit régner une éternité. Il ne se parle que de Dieu, que du royaume, que de grandeur (…). (lire la suite)
En Bethléem, je vois à la vérité quelque bassesse ; une étable, une crèche, un bœuf et un âne. Mais je vois choses si grandes, que ces bassesses presque n’apparaissent pas, tant elles sont absorbées de grandeur et de gloire. J’y vois un Dieu naissant, et une Vierge Mère de Dieu. Je vois les anges, le ciel, la terre fondant en cette crèche. Je vois les rois adorant la majesté de ce divin enfant, et les grandeurs du ciel et de la terre inclinées devant lui. Tant de lumière et de splendeur m’éblouissent et m’empêchent ; le ciel par ses lumières, et la terre par ce qui est de plus grand, de plus sage, de plus saint, de plus relevé en elle, conspirant unanimement à reconnaître, à publier et à adorer l’abaissement et la grandeur, la divinité et l’humanité de cet enfant (…).
Mais ce mystère est plus de douleur que de joie, plus d’humiliation que de grandeur (…). C’est le premier voyage de Jésus sur la terre en sa propre personne, porté entre les bras de sa très sainte Mère, ses jambes ne lui pouvant pas encore rendre cet office (…). Il va au Temple pour s’offrir à Dieu son Père ; il va en Jérusalem comme pour prend repossession, dès l’heure même de son entrée au monde, de ce lieu où il doit souffrir pour le monde (…). Il connaît Dieu soi-même et les souffrances auxquelles il est destiné ; et le mouvement de son esprit le porte en cette ville, comme pour reconnaître à l’heure même le champ de bataille où il doit vaincre l’ennemi, le diable et le péché, et où il doit mourir pour donner vie au monde. De tout les lieux, le plus important à Jésus vivant, et à nous en Jésus, c’est Jérusalem où il doit consommer sa vie pour son peuple, et d’où il doit partir pour descendre aux enfers et monter au ciel, consommer les choses prédites de lui dedans les prophètes. Or c’est ce lieu que Jésus visite le premier sur la terre (…) il regarde (…) ce Temple où il va s’offrir ; ce Calvaire destiné à sa mort, ce mont d’Olivet d’où il partira dans peu d’années pour achever son voyage de la terre au ciel (…).

(à suivre…)

vendredi 6 janvier 2012

Épiphanie (1)


Épiphanie (1)

Ayant obtenu d’Hérode les renseignements dont ils avaient besoin, les Rois mages se remirent en route, « et l’étoile qu’ils avaient vue en Orient allait devant eux jusqu’à ce qu’elle vint s’arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l’enfant » Jésus, à Bethléem (Matthieu 2, 9). Cette étoile les avait guidés depuis la Mésopotamie dans leur longue, très longue quête de Dieu. « À la vue de l’étoile, ils ressentirent une grande joie » (Matthieu 2, 10). L’étoile s’arrête au-dessus du logement où la sainte Famille est réunie. C’est pourquoi une étoile brille au-dessus de nos crèches. « Et, entrant dans la maison, ils virent l’Enfant, avec Marie sa Mère » (Matthieu 2, 11) et avec celui qui lui faisait office de père, saint Joseph. « Aux âges précédents, ce mystère n’avait pas été découvert aux hommes » (Éphésiens 3, 15). (lire la suite)
Venons adorer le Seigneur avec les Rois mages, avec la foule des enfants de Dieu, de tous les baptisés, de tous les hommes de bonne volonté, pour la paix desquels les anges ont formé des vœux pendant la nuit de Noël (cf. Luc 2, 14).
Qu’il y ait de la place pour nous ou pas, peu importe. Ce qui compte, c’est d’être sur place, c’est de prier ensemble, c’est de nous émerveiller devant notre Rédempteur, c’est de lui apporter nos pauvres petits cadeaux, c’est de travailler pour le Seigneur : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10, 31).
Accompagnons les Rois mages. Ce sont eux qui, aujourd’hui, occupent le devant de la scène. Il est normal que nous leur cédions la première place, après un aussi long voyage. Et ils sont autrement importants que nous ! Ils déballent leurhttp://www.blogger.com/img/blank.gifs cadeaux : « Se prosternant, ils l’adorèrent » d’abord. C’est ce qui compte avant tout, puis, « ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe » (Matthieu 2, 11). Chacun apporte ce qu’il possède de plus précieux. Et nous, qui ne disposons pas de grand-chose, nous donnons tout ce que nous avons. Cela revient à réaffirmer que nous n’avons rien en propre : « Qu’as-tu que tu ne l’aies reçu ? » (1 Corinthiens 4, 7). Nous sommes aussi pauvres que l’Enfant Jésus… Nous pouvons cependant offrir à ce Dieu enfant « l’or fin de notre détachement de la fortune et des biens matériels. N’oublions pas que ce sont des choses bonnes, puisqu’elles viennent de Dieu. Mais le Seigneur a voulu que nous les utilisions sans y attacher notre cœur, en les faisant fructifier pour le bien de l’humanité » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 35).

(à suivre…)

samedi 31 décembre 2011

La lumière de Bethléem


La lumière de Bethléem

Une grande lumière est venue dans le monde (Isaïe 9, 1), venant de l’Orient. Elle s’est allumée pour nous et brille à nos yeux. Elle est couchée dans la mangeoire à Bethléem : « Tant que je suis dans le monde, je suis la Lumière du monde » (Jean 9, 5).
Et Jésus d’insister : « Je suis la Lumière du monde. Celui qui me suivra ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8, 12), car la vie de la grâce est une lumière puissante qui éclaire toute la vie et oriente vers le Père. (lire la suite)
Il faut saisir la loi, la Loi nouvelle que Jésus est venu instaurer, qui est la Loi de l’Amour, et marcher « à la clarté de sa lumière » (Baruch 4, 2).
Seigneur, maintenant que tu es parmi nous, « les nations marchent à ta lumière, et les rois à l’éclat de ta splendeur » (Isaïe 60, 3). Du moins, est-ce ce que tu nous as promis. Et il y a encore du chemin à parcourir pour que ce soit la réalité. Mais cela viendra.
Ce n’est pas parce que tu es remonté auprès de ton Père, qui est aussi notre Père, que tu as cessé pour autant d’être une Lumière pour nous. « Tant que je suis dans le monde » (Jean 9, 5), as-tu précisé. Mais n’as-tu pas affirmé par ailleurs : « Voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20) ? Tu y restes. Tu es bien présent au milieu de ton peuple. L’eucharistie est la Lumière qui irradie la société des hommes. Elle est une clarté qui inonde notre cœur. Elle prend sa source dans la grotte de Bethléem. Et cette source ne se tarira jamais.
Cette lumière que nous avons accueillie nous transforme à notretour en lumière pour le monde : « Soyez comme des sources de lumière dans le monde, une force vitale pour les autres hommes. Comme des lumières parfaites secondant la grande Lumière, soyez initiés à la vie de lumière qui est au ciel ; soyez illuminés avec plus de clarté et d'éclat par la sainte Trinité, dont vous avez reçu maintenant, d'une façon restreinte, un seul rayon, venant de l'unique divinité, en Jésus Christ notre Seigneur, à qui appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen » (saint Grégoire de Nazianze, Sermon pour la fête des lumières).

vendredi 30 décembre 2011

Noël (6)


Noël (6)

Ici, à Bethléem, il s’agit de contempler cette Parole, le Verbe fait chair, Enfant, qui nous tend les bras, parce qu’il nous aime. Nous faisons notre prière avec Marie et Joseph, avec la Théotokos, la « Mère de Dieu », et avec celui qui lui sert de père sur terre, qui, aux yeux des hommes, fait office de père nourricier. Ainsi, nous sommes bien unis à la Sainte Famille, en compagnie de la « trinité de la terre » : « Jésus, Marie, Joseph, je veux être toujours avec vous trois », disait saint Josémaria. Et nous apprenons de Marie et Joseph à fréquenter notre Seigneur, à parler à Jésus, à nous entretenir avec lui, à lui dire ce qui, selon nous, nous convient et convient aux autres. (lire la suite)
Personne n’a fréquenté de plus près et avec plus d’intimité le Fils de Dieu que Marie et Joseph. Personne ne l’a aimé plus parfaitement, ni mieux connu et compris qu’eux. Unissons notre cœur à celui de Jésus, à ceux de Marie et de Joseph. Nous ne faisons plus qu’un seul cœur, et nous tressons cette fameuse couronne de cœurs qui s’aiment profondément.
Nous contemplons le Verbe de Dieu. Il nous parle dans notre âme, dans notre prière, à partir de notre contemplation du Seigneur Enfant, adolescent, homme, du Seigneur dans les différentes phases de sa vie terrestre et dans les diverses tâches propres à chaque étape de sa vie : au foyer familial, à l’école, dans l’atelier de charpentier, dans les jeux, pendant sa prière communautaire à la synagogue ou lors de ses pèlerinages au Temple… La Parole a une voix et un visage. La Parole n’est pas seulement proclamée, comme pendant cette nuit, et à chaque messe, mais elle s’offre à notre contemplation, à notre méditation. Et Marie est la première à la contempler, avec Joseph aussi. Ils écoutent et ils regardent. Et cette écoute et cette contemplation de la Parole de Dieu fait naître dans leur cœur des désirs accrus de sainteté, de fidélité, des désirs sans cesse renouvelés. Il nous semble entendre saint Paul dire : « Vous avez appris comment vous devez vous conduire pour plaire à Dieu, et c’est ainsi que vous vous conduisez, mais faites encore plus » (1 Thessaloniciens 4, 1).
Qu’il en aille ainsi pour nous. Demandons à l’Enfant Jésus, par l’intermédiaire de Sainte Marie et de saint Joseph, que la fidélité de chacun d’entre nous se traduise par des fruits de sainteté personnelle, par une vie pure et droite, par un apostolat quotidien, l’annonce du Christ Sauveur à ceux que nous côtoyons ou que nous rencontrons, comme les bergers le firent dans cette nuit sainte : ils « s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été dit » (Luc 2, 20) ; et par un zèle constant à servir l’Eglise et à être uni au saint-père, le père commun de tous les catholiques.

(fin)

mercredi 28 décembre 2011

Noël (4)


Noël (4)

« Le Seigneur m’a dit : “Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré”. » Par ces paroles du psaume 2, l’Église commence la Messe de la veillée de Noël, dans laquelle nous célébrons la naissance de notre Rédempteur Jésus-Christ, dans l’étable de Bethléem. Autrefois, ce psaume appartenait au rituel du couronnement du roi de Juda. Le peuple d’Israël, en raison de son élection, se sentait de façon particulière fils de Dieu, adopté par Dieu. Comme le roi était la personnification de ce peuple, son intronisation était vécue comme un acte solennel d’adoption de la part de Dieu, dans lequel le roi était, en quelque sorte, introduit dans le mystère même de Dieu. Dans la nuit de Bethléem, ces paroles, qui étaient en fait plutôt l’expression d’une espérance qu’une réalité présente, ont pris un sens nouveau et inattendu. (lire la suite)
L’Enfant dans la crèche est vraiment le Fils de Dieu. Dieu n’est pas solitude éternelle, mais cercle d’amour où il se donne et se redonne dans la réciprocité. Il est Père, Fils et Esprit Saint.
Plus encore : en Jésus Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même s’est fait homme. C’est à Lui que le Père dit : « Tu es mon fils ». L’aujourd’hui éternel de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd’hui passager dans l’aujourd’hui éternel de Dieu. Dieu est si grand qu’il peut se faire petit. Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l’aimer. Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l’étable, afin que nous puissions le trouver et pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu’elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire. C’est cela Noël : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ». Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui, devenir semblables à Lui. Il a choisi comme signe l’Enfant dans la crèche: Il est ainsi. De cette façon nous apprenons à le connaître » (Benoît XVI, Homélie, 24 décembre 2005).
Cet Enfant que nous contemplons dans la crèche, c’est le Verbe de Dieu fait homme. C’est la Parole de Dieu faite chair. Alors que « bien des fois et de bien des manières, Dieu avait parlé jadis à nos pères par les prophètes. En ces temps qui sont les derniers, il nous a parlé par le Fils » (Hébreux 1, 1-2). Si bien qu’elle n’a pas seulement une voix, mais aussi un visage. Désormais « la Parole n’est pas seulement audible, elle ne possède pas seulement une voix, maintenant la Parole a un visage, qu’en conséquence nous pouvons voir : Jésus de Nazareth » (Benoît XVI, exhort. ap. Verbum Domini, n° 12).

(à suivre…)

lundi 26 décembre 2011

Noël (2)


Noël (2)

C’est un jour de joie immense, que Noël. « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, et sur les habitants du pays de l’ombre une lumière a resplendi. Tu as accru le peuple, accordé une grande joie ; on se réjouit devant toi comme on se réjouit à la moisson » (Isaïe 9, 1-2). Les anges chantent cette joie dans la nuit de Noël : « Je vous apporte une bonne nouvelle qui réjouira grandement tout le peuple » (Luc 2, 11). L’espérance du salut en sort renforcée : « Vous tous pour qui ce Noël est le signe de l’espérance, je vous invite à cette union spirituelle ! Entourons d’une large, très large couronne de cœurs le lieu où Dieu s’est fait homme. Formons une couronne autour de la Vierge qui a donné la vie humaine dans la nuit de la naissance de Dieu ! Entourons la Sainte Famille ! » (Jean-Paul II, Message de Noël, 25 décembre 1980). (lire la suite) Pour cela, faisons toutes choses avec le Seigneur : prions avec lui, travaillons avec lui, soyons en famille avec lui, chantons avec lui, reposons-nous avec lui et en lui. C’est comme cela que nous tressons cette couronne de cœurs à l’unisson et en harmonie avec notre Dieu et avec la Sainte Famille.
Les anges glorifient Dieu qui a fait des merveilles au sein de cette Sainte Famille en faveur des hommes. C’est un jour de joie, certes, car « il vous est né un Sauveur » (Luc 2, 11), le Sauveur attendu par toutes les générations, par tous les ancêtres du Seigneur. Jour de joie, car notre salut est en marche. Il commence aujourd’hui à se réaliser.
Mais aussi jour aigre-doux précisément pour cela. Car ce Salut passe par la Croix. Jésus vient pour cela, pour s’offrir en Sacrifice réparateur sur le Calvaire. Il le sait, en tant que Fils de Dieu. La Croix se dresse donc à l’horizon de Bethléem. Elle est présente, non seulement parce que les membres du clan de David ont fermé leurs portes à Joseph et à Jésus, les ont repoussés, ne les ont pas accueillis et qu’il a fallu échoir dans une grotte… La Croix est présente surtout parce qu’elle est le motif de l’Incarnation : Jésus naît pour souffrir et « donner sa vie en rançon pour la multitude » (Matthieu 20, 28). « Il s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité et de s’acquérir en le purifiant un peuple tout appliqué aux bonnes œuvres » (Tite 2, 14).

(à suivre…)

dimanche 25 décembre 2011

Noël (1)


Noël (1)

Tels les bergers, mais avant eux, car nous avons été prévenus plus tôt, nous nous présentons dans l’étable. Nous venons, nous aussi, adorer le Sauveur qui nous est donné, et nous le trouvons « emmailloté et couché dans une crèche » (Luc 2, 12). Nous entrons. Il n’y a pas de porte. Saint Joseph nous accueille. Il n’est pas nécessaire de dire pourquoi nous sommes venus. Il a aussitôt compris. Cela ne semble pas l’étonner. Il est vrai qu’il a d’autres sources d’étonnement… Il nous conduit auprès de Marie et de l’Enfant.
Et nous tombons à genoux. A vrai dire, nous n’avons rien à lui donner qui puisse être utile, ni or, ni encens, ni myrrhe… (lire la suite) Nous avons notre vie tout entière à lui donner. Nous la lui offrons de nouveau, comme nous sommes habitués à le faire fréquemment. Mais là, aux pieds de l’Enfant, couché dans la crèche, nous le faisons avec plus de force, plus intensément, avec peut-être plus de sincérité…
Il s’agit de répondre au don de Dieu par notre propre don. Car Noël est le plus grand don que Dieu ai fait jusque-là aux hommes. Un don supérieur au don de la vie, car c’est l’ouverture sur la Vie surnaturelle, vie de grâce. Allons vers l’Enfant, comme les bergers, avec ce que nous sommes. Nous n’avons pas de brebis, de lait ou de fromage, car nous n’avons rien, comme le Seigneur dans la grotte. Mais ce que Dieu attend, c’est le don de nous-mêmes, c’est que nous lui fassions l’offrande de notre cœur, d’un cœur débordant d’amour et de reconnaissance.
« Voici que les hommes simples vivant du travail de leurs mains ne se présentent pas les mains vides devant le nouveau-né, ils ne se présentent pas le cœur vide. Ils apportent des dons. Ils répondent par leur don au Don de Dieu. (…) Cette nuit l’humanité entière a reçu le Don le plus grand ! Cette nuit, chaque homme reçoit le Don le plus grand ! Dieu lui-même devient Don pour l’homme. Il fait le Don de lui-même pour la nature humaine. Il entre dans l’histoire de l’homme, non plus seulement par la parole qu’il fait parvenir à l’homme, mais par le Verbe qui s’est fait chair ! Je vous demande à tous : avez-vous conscience de ce Don ? Êtes-vous prêtes à répondre par votre don à ce Don de Dieu, comme ces bergers de Bethléem qui, eux, ont su répondre… ? Et je vous souhaite, du fond de cette nouvelle nuit de Bethléem (…) d’accepter le Don de Dieu qui s’est fait homme. Je vous souhaite de répondre à ce Don de Dieu par votre propre don ! » (Jean-Paul II, Homélie de la messe de Minuit, 24 décembre 1980).

(à suivre…)

vendredi 23 décembre 2011

Dans la grotte de Bethléem (2)


Dans la grotte de Bethléem (2)

Il est parmi eux des anges musiciens, spécialisés dans toutes sortes d’instruments à cordes et de cuivre. Mais la majorité sont des choristes. Ils ne chantent pas à quatre voix. Ce serait vraiment trop vulgaire, trop quelconque. Bien malin celui qui arriverait à identifier le nombre de voix par lesquelles ils s’expriment. Quoi qu’il en soit, le résultat dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Marie et Joseph sont ravis au septième ciel, comme l’on dit, et ce, d’autant plus aisément que le ciel est venu à eux en la personne de Jésus.
Il y a fort à parier que l’ambiance festive exceptionnelle de cette nuit de Noël, (lire la suite) que l’harmonie de ces cantiques accompagne habilement, a toujours retenti aux oreilles du saint patriarche et de la Mère de Dieu, et ont plus encore réchauffé continuellement leur cœur, spécialement dans les moments d’affliction.
Les circonstances de l’accouchement pouvaient en constituer un, du point de vue strictement humain. Mais il a vite dérivé vers un moment faste, le plus solennel de toute l’histoire de l’humanité, en dépit de l’absence de toutes les solennités extérieures dont les hommes ont coutume d’entourer les événements les plus insignes de leur existence.
Marie et Joseph n’échangeraient pour rien au monde ces moments privilégiés qu’ils vivent. Ils rendent grâce à Dieu qu’ils se déroulent comme cela, dans l’intimité la plus stricte, sans être donnés en spectacle devant les hommes. Ils sont entre eux et avec Dieu. Dieu qui est dans les cieux et dans l’étable. Dieu qu’ils abritent dans leur cœur et Dieu que Marie serre contre son sein. Dieu que les hommes méconnaissent et que les anges reconnaissent avec tant de grâce et d’éclat.

(à suivre…)

jeudi 22 décembre 2011

Dans la grotte de Bethléem (1


Dans la grotte de Bethléem (1

La tradition fait naître Jésus en pleine nuit, une nuit d’hiver, froide, qu’éclaire la lune. Au moment où l’enfant fait son entrée dans le monde, un ange apparaît à des bergers qui gardaient leurs troupeaux non loin de là. Il est enveloppé d’une lumière éblouissante, propre aux théophanies.
Cette même lumière, plus éclatante encore, a envahi la grotte de Bethléem, dont la pauvreté s’est trouvée transformée en un véritable palace. C’était plus beau que tous les ors et les lambris du monde. La grotte était toute éclairée, ruisselante de lumière céleste. Du coup, Marie et Joseph ne regrettent plus d’avoir dû se replier sur cette solution de fortune (lire la suite)) pour s’abriter pendant cette nuit. Ils oublient leur peine, le rejet par les membres de leur clan. L’étable s’est transformée en palais.
Les hommes de la lignée de David, à laquelle Joseph appartient et, selon certains, Marie aussi, ont refusé d’accueillir le jeune coupe, qui s’est retrouvé seul pour fêter la venue du Sauveur. En réalité, ils ne sont pas seuls. La grotte de la Nativité est envahie d’anges, d’archanges, de principautés célestes. Des myriades d’anges assistent à la naissance du Fils de Dieu et se pressent autour de la mangeoire dans laquelle sa Mère l’a déposé. Ils sont là, mandatés par Dieu, pour être présents à ce spectacle grandiose d’un Dieu fait homme.
Ils ont chanté « gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre à ceux qu’il aime » (Luc 2, 14) pour les bergers. Que n’ont-ils pas chanté pour Jésus, et pour Marie et Joseph ? Ces instants unique sont dû être particulièrement sublimes. Et ils se sont gravés à tout jamais dans le cœur de Marie et de Joseph.
Les anges s’en donnent à cœur joie, s’il est permis de s’exprimer ainsi à propos de créatures célestes. Ils n’ont pas besoin de répéter leur concert. Car ils sont habitués à jouer en permanence pour manifester leur jubilation et la gloire de Dieu. Si cette gloire a disparu sous l’humanité du Christ, elle lui reste sous-jacente dans sa divinité. Et eux, ils ne sont pas abusés par des sens qu’ils ne possèdent pas. Cet Enfant, auquel Joseph est appelé à donner le nom d’Emmanuel, ce qui signifie « Dieu avec nous » (Matthieu 1, 23), ils avaient bien vu qu’il est effectivement Dieu. Ils ne l’ont jamais perdu de vue.

(à suivre…)

lundi 20 juin 2011

La femme adultère (2)


La femme adultère (2)

« Cherche bien », disent-ils donc à Nicodème, et tu verras qu'il ne sort point de prophète de la Galilée » (Jean 7, 52). Argument spécieux. Ne peut-il être le premier prophète issu de Galilée ? Qu’y aurait-il d’infamant à cela ? Et puis, s’ils appliquaient leur recommandation à eux-mêmes, ils constateraient que Jésus est né, non en Galilée, mais à Bethléem, en Judée (cf. Luc 2, 4). Et s’ils se donnaient la peine de pousser leur recherche un peu plus avant, ils aboutiraient à la même conclusion que les grands prêtres et les scribes réunis par le roi Hérode au moment de la venue des Rois Mages : c’est à Bethléem de Judée que doit naître le Messie, « car c’est ce qui a été écrit par le prophète ; « Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement la moindre parmi les villes principales de Juda. C’est de toi, en effet, que sortira le chef qui mènera paître Israël, mon peuple » (Matthieu 2, 4-6), le prophète cité étant Michée (5, 1). (lire la suite)
Mais il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Et là, Jésus est servi !
« Jésus s'en alla sur la montagne des Oliviers » (Jean 8, 1). Il est coutumier du lieu, où il aime se retirer avec ses apôtres le soir venu. Le jardin appartenait, semble-t-il, à la famille de Marc, et Jésus pouvait s’y tenir en toute tranquillité avec les siens, à l’écart de l’agitation de la foule.
Mais après avoir pris un sommeil réparateur, « dès le point du jour, il retourna dans le temple » (Jean 8, 2). C’est comme un besoin physique pour lui. Il est tout naturellement attiré par la maison de son Père. De plus, les grands espaces se prêtent bien à sa prédication, en ces jours de fête où une grande foule se presse sur les parvis. « Et tout le peuple venait à lui de grand matin, dans le Temple, pour l’entendre » (Luc 21, 38). Alors, « Jésus s’assit et se mit à leur donner l’enseignement » (Jean 8, 2) qu’ils attendaient.
Les scribes et les pharisiens, qui ont raté leur coup la veille, n’osent pas le faire arrêter, de peur de la foule qui le tenait pour un prophète (Matthieu 21, 46). Ils se contentent de lui tendre un piège. Ils « lui amenèrent une femme surprise en adultère, et l'ayant fait avancer, ils dirent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. » Or Moïse, dans la Loi, nous a ordonné de lapider de telles personnes. Vous, donc, que dites-vous » (Jean 8, 3-5).
Ils sont particulièrement fiers de leur trouvaille. Ils jubilent intérieurement de la réponse du rabbi qu’ils imaginent embarrassée. Les prescriptions de la Loi étaient claires, en effet : »Si un homme commet l’adultère avec une femme mariée, parce qu’il commet l’adultère avec la femme de son prochain, ils seront mis à mort, l’homme et la femme adultères » (Lévitique 20, 10).

(à suivre…)

vendredi 20 mai 2011

Marie, la « femme eucharistique » (9)

Marie, la « femme eucharistique » (9)

C’est tout au long de sa vie que Marie fait sienne la dimension eucharistique de l’existence de Jésus. Car elle s’est par avance, et continuellement, unie au Sacrifice par un sacrifice de sa propre vie qui, non seulement lui a été prédit par le vieillard Siméon (Luc 2, 34-35), mais a été vécu avant même de par les circonstances dramatiques de la naissance du Sauveur, dans cette misérable grotte de Bethléem, qui est devenue un lieu sacré entre tous. Étymologiquement, Bethléem est « la maison du pain », devenue un jour mémorable la maison du vrai Pain de Vie, grâce à Marie. C’est la maison qui abrite la Sainte Famille, une famille dont nous faisons partie depuis que nous avons été baptisés. Nous sommes ainsi placés sous la protection de Joseph et de Marie, comme l’Enfant Jésus. « Sous l'abri de votre miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu. Ne méprisez pas nos prières quand nous sommes dans l'épreuve, mais de tous les dangers délivrez-nous toujours, Vierge glorieuse, Vierge bienheureuse » (prière Sub tuum praesidium). Et c’est vers ce foyer béni que nous revenons continuellement. Parce que nous savons d’expérience que « c’est toujours par Marie que l’on va et que l’on « revient » à Jésus » (saint Josémaria, Chemin, n° 495). (lire la suite)
« Se préparant jour après jour au Calvaire, Marie vit une sorte « d'Eucharistie anticipée », à savoir une « communion spirituelle » de désir et d'offrande, dont l'accomplissement se réalisera par l'union avec son Fils au moment de la passion et qui s'exprimera ensuite, dans le temps après Pâques, par sa participation à la Célébration eucharistique, présidée par les Apôtres, en tant que « mémorial » de la passion » (EE, n° 56). S’unissant ainsi au Sacrifice de son Fils, « Marie apporte à l’œuvre du salut sa contribution maternelle, qui prend la forme d’un enfantement douloureux, l’enfantement de l’humanité nouvelle » (Jean-Paul II, Audience générale, 17 septembre 1997).
Nous voyons ainsi comment Marie est inséparable de l’Eucharistie. Le Christ nous donne sa Mère. « Vivre dans l'Eucharistie le mémorial de la mort du Christ suppose aussi de recevoir continuellement ce don. Cela signifie prendre chez nous – à l'exemple de Jean – celle qui chaque fois nous est donnée comme Mère. Cela signifie en même temps nous engager à nous conformer au Christ, en nous mettant à l'école de sa Mère et en nous laissant accompagner par elle. Marie est présente, avec l'Église et comme Mère de l'Église, en chacune de nos Célébrations eucharistiques. Si Église et Eucharistie constituent un binôme inséparable, il faut en dire autant du binôme Marie et Eucharistie. C'est pourquoi aussi la mémoire de Marie dans la Célébration eucharistique se fait de manière unanime, depuis l'antiquité, dans les Églises d'Orient et d'Occident » (EE, n° 57).

(à suivre…)

jeudi 12 mai 2011

Marie, la « femme eucharistique » (1)

Marie, la « femme eucharistique » (1)

La Maternité spirituelle de la Vierge Marie, dont nous avons hérité au pied de la Croix, « est particulièrement vécue par le peuple chrétien dans la célébration eucharistique – célébration liturgique du mystère de la Rédemption – où se rend présent le Christ, en son vrai corps né de la Vierge Marie » (Jean-Paul II, encyclique Redemptoris Mater, n° 44).
C’est bien le corps du Christ qui nous est donné en nourriture pour la vie éternelle, comme le Christ l’avait annoncé par avance dans son discours sur le Pain de vie, prononcé dans la synagogue de Capharnaüm (cf. Jean 6, 54). Mais il s’agit du corps que Jésus a reçu de Marie à l’Incarnation. Il n’en a pas d’autre. C’est son corps humain, qui fait de lui véritablement un homme. Ce corps, nous le devons au « oui » de Marie. (lire la suite) C’est donc elle qui nous le donne. Et ce, non seulement à Bethléem, mais dans toute célébration eucharistique.
Jésus est vraiment fils de Marie, et non de Joseph, ce que l’évangéliste saint Matthieu prend bien soin de consigner, au terme d’une généalogie qui aurait dû, en bonne logique, s’achever par une dernière mention d’une ascendance masculine : « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qu’on appelle Christ » (Matthieu 1, 16). L’arbre de Jessé illustre bien cette filiation particulière, qui finit par placer Marie à son sommet. « La branche qui sort de la racine, c'est Marie qui descend de David ; la fleur qui naît de la tige, c'est le fils de Marie » (Tertullien, De carne Christi 21).
« Ainsi partout où est Jésus, au ciel ou en terre, dans nos tabernacles ou dans nos cœurs, il est vrai de dire qu'il y est le fruit et le rapport de Marie, que Marie seule est l'arbre de vie, et que Jésus seul en est le fruit. Quiconque donc veut avoir ce fruit admirable dans son cœur doit avoir l'arbre qui le produit : qui veut avoir Jésus doit avoir Marie » (Ch. Besnard, L’Amour de la Sagesse éternelle, n° 204, à tort attribué à Grignion de Montfort). Mais pour que l’arbre de vie se développe et bénéficie au plus grand nombre, « il faut arroser continuellement cet arbre divin de ses communions, ses messes et autres prières publiques et particulières ; sans quoi cet arbre cesserait de porter du fruit » (saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Le Secret de Marie, n° 76).

(à suivre…)

lundi 2 mai 2011

L’Ascension (1)

L’Ascension (1)

« La liturgie nous propose, une fois de plus, le dernier mystère de la vie de Jésus-Christ parmi les hommes : son Ascension au ciel. Depuis sa naissance à Bethléem que de choses se sont passées : nous l’avons trouvé dans la crèche, adoré par des bergers et par des rois ; nous l’avons contemplé pendant ces longues années de travail silencieux, à Nazareth ; nous l’avons accompagné à travers les terres de Palestine, prêchant le Royaume de Dieu aux hommes et faisant du bien à tous. Et, plus tard, lors de sa Passion, nous avons souffert en voyant comment on l’accusait, avec quelle cruauté on le maltraitait, avec quelle haine on le crucifiait » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 117). Et maintenant, il s’apprête à remonter auprès de son Père. Il nous a fait clairement savoir qu’il était indispensable, que c’était notre intérêt, qu’il s’en aille, car (lire la suite) c’est à cette condition que le Père enverra leur Esprit commun : « C’est la vérité que je vous dis, mieux vaut pour vous que je parte, car, si je ne partais pas, l’Intercesseur ne viendrait pas vers vous. Par contre si je m’en vais, je vous l’enverrai » (Jean 16, 7). « Pourquoi vais-je à mon Père ? Parce que mon Père est plus grand que moi. Tant que vous m’avez encore sur cette terre, ce qui vous frappe c’est la supériorité de mon Père sur moi. Il faut que je me dérobe à vos regards ; il faut que cette chair mortelle que j’ai prise par amour pour vous, mortels, cesse d’être visible aux yeux des hommes ; il faut vous habituer à ne plus voir ce vêtement dont je me suis couvert par humilité ; je l’emporte cependant jusqu’au ciel, pour vous apprendre ce que vous avez-vous-mêmes à espérer » (saint Augustin, Sermon 264, 4).
Malgré tout, nous ne voudrions pas qu’il parte. Et, au fond, lui non plus n’a pas vraiment envie de partir, tellement il nous aime. La preuve en est qu’il s’est arrangé pour rester. Pas simplement comme un pieux souvenir ou en nous laissant des reliques, pour précieuses qu’elle soient, comme celles qui sont offertes à la vénération des fidèles dans la cathédrale Notre-Dame-de-Paris.
Il est resté personnellement, en chair et en os, dans le sacrement de l’Eucharistie qu’il a institué quarante-trois jours plus tôt, en prévision précisément de ce départ annoncé quelques minutes plus tôt. Il part et il reste. Il détient ce pouvoir. Car il est Dieu et, comme tel, Tout-Puissant. C’est-à-dire qu’il peut réellement tout faire. N’a-t-il pas créé le monde entier du néant ? Ce qui semble un tour de force autrement plus spectaculaire.

(à suivre…)

mercredi 23 février 2011

Être lumière (2)

Être lumière (2)

Ce n’est plus seulement une étoile, qui a guidé les rois Mages vers Bethléem. C’est une Lumière, la Lumière, qui éclaire désormais le cœur et l’intelligence des hommes qui ne se cachent pas les yeux pour ne pas la voir… Or, « Dieu est la lumière la plus haute, inaccessible, ineffable, que l’esprit ne peut comprendre, que la parole ne peut exprimer, qui éclaire toute nature raisonnable. Il est dans les réalités spirituelles ce que le soleil est parmi les choses sensibles : plus nous nous purifions, plus il se montre à nous ; plus il se montre à nous, plus nous l’aimons ; plus nous l’aimons, plus nous le saisissons par l’esprit. Il se contemple et se comprend lui-même, et il se répand quelque peu au dehors. (lire la suite)
Cette lumière dont je parle, c’est celle qui se laisse contempler dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit (…) dans l’unique rayonnement de la même splendeur (saint Grégoire de Nazianze, Oratio 40, sur le baptême 5).
C’est de cette lumière que nous participons et, « au milieu d’une génération mauvaise et dévoyée, vous brillez comme des astres dans le monde » (Philippiens 5, 15). Nous ne sommes pas le modèle. Le modèle unique, c’est Jésus-Christ. Mais, puisque chacun de nous est un astre, il doit jouer le rôle de l’étoile de l’Orient et conduire aussi ceux que nous côtoyons vers Jésus, pour qu’ils l’adorent et lui fassent le don de leur vie. A nous de jouer. A nous d’être vraiment une lumière allumée ! Afin qu’en faisant le bien, tout le bien que nous pouvons, les autres découvrent et reconnaissent le vrai Bien, Dieu parmi nous, et qu’ils l’accueillent avec joie et reconnaissance dans leur vie.

(fin)

dimanche 26 décembre 2010

Voix et visage de la Parole

Voix et visage de la Parole

« À présent, la Parole n’est pas seulement audible, elle ne possède pas seulement une voix, maintenant la Parole a un visage, qu’en conséquence nous pouvons voir : Jésus de Nazareth », nous dit Benoît XVI, dans son exhortation apostolique sur la Parole de Dieu dans la vie de l’Eglise et du monde.
Il ajoute qu’« en suivant le récit des Évangiles, nous relevons que l’humanité même de Jésus apparaît dans toute son originalité dans sa référence à la Parole de Dieu. En effet, il réalise heure par heure, dans son humanité parfaite, la volonté du Père. »
Sa naissance à Bethléem, dans une humble grotte, dont nul d’entre nous ne voudrait, marque déjà cette obéissance au Père, qui, dans une délibération commune de la Sainte Trinité, l’envoie parmi nous pour nous apporter la Bonne Nouvelle du salut. (lire la suite) Cette Bonne Nouvelle, c’est-à-dire l’Evangile, il va la proclamer tout au long des trois années de vie publique consacrées à enseigner et à faire du bien autour de lui en guérissant les gens de toutes leurs infirmités et, surtout, en leur pardonnant leurs péchés.
Mais il la proclame aussi par sa vie de tous les jours à Bethléem, en Egypte et à Nazareth, puisque sa Parole, la Parole qu’il est lui-même en tant que Verbe de Dieu, a pris un visage et qu’il nous parle par tous ses gestes et toutes ses actions, qui sont toutes particulièrement expressives, car elles sont saintes, la sainteté même, un reflet de la perfection de Dieu, et plus qu’un reflet, cette perfection même en acte.
En même temps, ajoute le pape, « Jésus écoute sa voix (de son Père) et il lui obéit de tout son cœur. Il connaît le Père et il observe sa Parole (cf. Jean 8, 55). Il nous raconte les choses du Père (cf. Jean 12, 50). « Je leur ai donné les paroles que tu m’as données » (Jean 17, 8). Jésus montre donc qu’il est le Logos divin qui se donne à nous, mais aussi le
Nouvel Adam, l’homme vrai, celui qui accomplit à chaque instant non sa propre volonté mais celle du Père. Il « grandissait en sagesse, en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes » (Luc 2, 52). De manière parfaite, il écoute, il réalise en lui-même et il nous communique la Parole divine (cf. Luc 5, 1) » (exhort. ap. Verbum Domini, n°12).
Il la réalise et la communique. Il le peut parce qu’il est lui-même cette Parole du Père, Parole incarnée désormais, qui ne cesse de retentir dans notre monde, et que Marie recueillait avec émerveillement et reconnaissance.
Allons auprès d’elle, et de saint Joseph, pour contempler l’Enfant et pour apprendre de lui, pour l’écouter et pour le regarder : tout est éloquent chez lui, tout est instructif pour notre vie quotidienne, qui consiste, en définitive, à imiter la vie ordinaire qu’il a voulu mener parmi nous.