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mercredi 15 mai 2013

Saint André de Crète et Marie

Saint André de Crète (v. 660-740) est moine à Jérusalem, diacre à Constantinople, évêque de Gortyne (Crète). Il compose de nombreuses hymnes marials, protestant ainsi contre les iconoclastes. Il souligne le rôle d'Avocate de la Vierge et évoque sa Nativité : « Aujourd'hui comme pour des noces, l'Église se pare de la perle inviolée, de la vraie pureté. Aujourd'hui, dans tout l'éclat de sa noblesse immaculée, l'humanité retrouve, grâce aux mains divines, son premier état et son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine ; mais, lorsque naît la Mère de celui qui est la Beauté par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges, elle est façonnée suivant un modèle parfait et entièrement digne de Dieu. Et cette formation est une parfaite restauration et cette restauration est une divinisation et cette divinisation, une assimilation à l'état primitif. Aujourd'hui, contre toute espérance, la femme stérile devient mère et cette mère, donnant naissance à une descendance qui n'a pas de mère, née elle-même de l'infécondité, a consacré tous les enfantements de la nature. Aujourd'hui est apparu l'éclat de la pourpre divine, aujourd'hui la misérable nature humaine a revêtu la dignité royale. Aujourd'hui, selon la prophétie, le sceptre de David a fleuri en même temps que le rameau toujours vert d'Aaron, qui, pour nous, a produit le Christ rameau de la force. Aujourd'hui, une jeune vierge est sortie de Juda et de David, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui a reçu, suivant l'ordre de Melchisédech, le sacerdoce d'Aaron. Pour tout dire en un mot, aujourd'hui commence la régénération de notre nature, et le monde vieilli, soumis à une transformation divine, reçoit les prémices de la seconde création. »

samedi 8 septembre 2012

Nativité de la Vierge Marie

Nativité de la Vierge Marie

La fête de la Nativité de la Sainte Vierge apparaît en Orient, où le synaxaire de Constantinople l'indique au 8 septembre selon le décret de l’empereur Maurice (582-602). L’Église de Jérusalem est probablement la première Église à honorer le souvenir de la Nativité de Notre Dame qu’elle célébrait dans une basilique proche de la piscine probatique, sur l’emplacement de la maison où, suivant la tradition, Marie serait née. Saint *André de Crète (660-740) mentionne la Nativité dans ses homélies : « Aujourd'hui comme pour des noces, l'Église se pare de la perle inviolée, de la vraie pureté. Aujourd'hui, dans tout l'éclat de sa noblesse immaculée, l'humanité retrouve, grâce aux mains divines, son premier état et son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine ; mais, lorsque naît la Mère de celui qui est la Beauté par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges, elle est façonnée suivant un modèle parfait et entièrement digne de Dieu. Et cette formation est une parfaite restauration et cette restauration est une divinisation et cette divinisation, une assimilation à l'état primitif. Aujourd'hui,
(lire la suite) contre toute espérance, la femme stérile devient mère et cette mère, donnant naissance à une descendance qui n'a pas de mère, née elle-même de l'infécondité, a consacré tous les enfantements de la nature. Aujourd'hui est apparu l'éclat de la pourpre divine, aujourd'hui la misérable nature humaine a revêtu la dignité royale. Aujourd'hui, selon la prophétie, le sceptre de David a fleuri en même temps que le rameau toujours vert d'Aaron, qui, pour nous, a produit le Christ rameau de la force. Aujourd'hui, une jeune vierge est sortie de Juda et de David, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui a reçu, suivant l'ordre de Melchisédech, le sacerdoce d'Aaron. Pour tout dire en un mot, aujourd'hui commence la régénération de notre nature, et le monde vieilli, soumis à une transformation divine, reçoit les prémices de la seconde création. »

jeudi 25 mars 2010

L'Annonciation

L'Annonciation


En posant la question : « Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? » (Luc 1, 34), Marie ne place pas sa virginité au premier rang, au-dessus de la Volonté de Dieu. Ç'eût été une imperfection, même un péché d'orgueil, qui ne saurait exister en elle. Elle se borne à faire état de sa virginité et demande comment la concilier avec ce qui lui est annoncé.
L'ange lui a déjà dit : « Ne crains pas, Marie » (Luc 1, 30). Ce n'est pas que la Vierge de Nazareth ait peur ou craigne Dieu. Là encore, ce serait une imperfection. Sa « crainte » vient de sa conscience très forte d'être un instrument totalement inappropriée à la mission qui lui est confiée et dont elle comprend la portée, à quel point elle l'implique dans le salut de l'humanité. Marie, qui va s'autoproclamer « esclave du Seigneur » (Luc 1, 38), est troublée de constater que Dieu a jeté son regard sur la « bassesse de sa servante » (Luc 1, 48) et l'a malgré tout élue pour être la Mère de son Fils, elle qui n'a que quinze ou seize ans. Ce n'est pas d'être complimentée par un archange qui la perturbe, mais la disproportion entre ce qu'elle est et ce qu'elle doit devenir. C'est précisément parce qu'elle voit si nettement l'abîme infini qui la sépare de la divinité, qu'elle peut s'empresser d'acquiescer de tout son être : c'est Dieu qui fera en sorte que les choses se passent comme il l'entend. À la petitesse de Marie il ajoutera sa grandeur infinie.
La réponse de l'archange, « rien n'est impossible à Dieu » (Luc 1, 37) est une reprise littérale des paroles de l'ange à Sara, concernant sa conception elle aussi miraculeuse (Genèse 16, 14). « Lorsque Marie répond aux paroles du messager céleste par son « fiat », la « comblée de grâce » sent le besoin d'exprimer son rapport personnel avec le don qui lui a été révélé, et elle dit : « Je suis la servante du Seigneur » (Luc 1, 38) », expression qui « traduit toute la conscience qu'a Marie d'être une créature par rapport à Dieu. Toutefois, le mot « servante », vers la fin du dialogue de l'Annonciation, s'inscrit dans toute la perspective de l'histoire de la Mère et de son Fils. En effet, ce Fils, qui est vraiment et consubstantiellement « Fils du Très-Haut », dira souvent de lui-même, surtout au point culminant de sa mission : « Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir » (Marc 10, 45) » (Jean-Paul II, Mulieris dignitatem 5).
Le fiat de Marie n'a pas le sens de résignation qu'on lui donne parfois. « En hébreu, c'est le jussif du verbe « faire », c'est un impératif à la troisième personne, c'est un ordre donné pour obtenir une réalisation. La Sainte Vierge ne s'est pas résignée à l'Incarnation, elle l'a voulue, positivement voulue, parce que Dieu la voulait et parce que Dieu voulait qu'elle la voulût » (J. Carmignac).
C'est le premier jour de l'ère chrétienne, car c'est ce jour-là que le Seigneur prend chair dans les entrailles de la bienheureuse Vierge Marie. « Aujourd'hui comme pour des noces, l'Église se pare de la perle inviolée, de la vraie pureté. Aujourd'hui, dans tout l'éclat de sa noblesse immaculée, l'humanité retrouve, grâce aux mains divines, son premier état et son ancienne beauté. (...) Et cette formation est une parfaite restauration et cette restauration est une divinisation, et cette divinisation est une assimilation à l'état primitif » (saint André de Crète).

lundi 8 septembre 2008

8 septembre : la Nativite de Marie

8 septembre : la Nativité de Marie

En ce jour où l'Église fête la naissance de la Bienheureuse Vierge Marie (sa « Nativité »), la liturgie propose à notre réflexion des considérations de saint André de Crète, prédicateur et poète byzantin, né à Damas vers 660. Vers 692, il devint archevêque de Gortyne, en Crète. Il mourut vers 740, laissant, notamment, vingt-trois célèbres sermons.

Voici donc un extrait de celui qu'il a prononcé en l'honneur de la Nativité de la Sainte Mère de Dieu :

« C'est maintenant que la Vierge vient de naître, (lire la suite) qu'elle est allaitée, qu'elle se forme, qu'elle se prépare à être la Mère du Roi universel de tous les siècles. (...) C'est alors que nous recevons du Verbe un double bienfait : il nous conduit à la Vérité, et il nous détache de la vie d'esclavage sous la lettre de la loi. De quelle manière, par quelle voie ? Sans aucun doute, parce que l'ombre s'éloigne à l'avènement de la lumière, parce que la grâce subsitue la liberté à la lettre. La fête que nous célébrons se trouve à cette frontière, car elle fait se rejoindre la vérité avec les images qui la préfigurent, puisqu'elle substitue le nouveau à l'ancien. (...)
Que toute la création chante et danse, qu'elle contribue de son mieux à la joie de ce jour. Que le ciel et la terre forment aujourd'hui une seule assemblée. Que tout ce qui est dans le monde s'unisse dans le même concert de fête. Aujourd'hui, en effet, s'élève le sanctuaire créé où résidera le Créateur de l'univers ; et une créature, par cette disposition toute nouvelle, est préparée pour offrir au Créateur une demeure cachée. »