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mercredi 18 mai 2011

Marie, la « femme eucharistique » (7)


Marie, la « femme eucharistique » (7)

« En communiant sa Mère, Jésus-Christ lui rend, dans une restitution pleine d’amour, le don sacré qu’il en a reçu. Il lui redonne cette chair, ce sang qu’elle lui a offerts à son entrée dans le monde. Toujours plus magnifique en sa grâce, il les multiplie dans l’effusion de ses largesses, et il donne le centuple de ce qu’il a reçu. Marie avait offert à Jésus une chair de victime. Jésus lui rend une chair déifiée ; Elle lui avait fourni un sang humble et passible, il le lui rend immortel et glorieux. A la place de ce lait virginal, avec lequel Marie avait alimenté la vie mortelle de son Enfant, Jésus l’abreuve d’un calice qui porte aux lèvres de Marie des flots de vie divine. Ainsi, l’Eucharistie devient la récompense de la maternité de la Très Sainte Vierge ; et après avoir préparé le froment des élus à Nazareth, la Mère de Jésus s’en nourrit sur le Mont Sion, recevant sous cette forme sacrée le juste prix de son dévouement maternel » (abbé Perdreau, Les dernières années de la Très Sainte Vierge). (lire la suite)
L’Eucharistie étant une action trinitaire, « lorsque Marie communiait, les divines personnes descendaient en Elle, comme au jour de l’Incarnation, et Elles se faisaient un nouveau sanctuaire du Cœur de Marie. Le Père y était par concomitance, le Fils par sa réelle présence, et le Saint-Esprit par infusion. Chose admirable : alors le Verbe Incarné opérait sur le Saint-Esprit dans le Saint-Sacrement, par rapport à Marie, ce que le Saint-Esprit a opéré sur le Verbe Incarné dans le sein de sa Mère. Dans le mystère de l’Incarnation, le Saint-Esprit a formé un Dieu Incarné pour rendre Marie une même chose avec son Fils en unité de chair, selon cette belle parole de saint Augustin : « La chair de Marie est la chair de Jésus-Christ » ; et le Verbe Incarné en l’Eucharistie donne le Saint-Esprit à sa Mère pour se l’unir en l’unité d’amour et d’esprit » (T.R.P. Clovis de Provins, o.m.c., Notre-Dame de la Trinité).
Marie n’était pas présente seulement pendant la célébration eucharistique de la première communauté chrétienne à Jérusalem, puis à Éphèse ; elle l’est tout autant, quoique de façon différente, à toute messe qui est célébrée dans le monde. « Celle qui est présente aux desseins divins, celle qui veille avec son Fils au déploiement de l’économie de salut, et qui, avec lui, en est le couronnement, est certainement présente aussi au sommet des sacrements, le mystère eucharistique ; on y entre avec Elle et par Elle comme au Paradis ; Elle est là, du Gloria au Communicantes, à la consécration, nouvelle venue de son Fils dans l’Église et dans les âmes. La consécration inspire à Daniélou, en tant que prêtre, un nécessaire recours à la Sainte Vierge pour lui demander l’humilité dont elle proclame, lors de la Visitation, qu’elle fut regardée par Dieu, et la foi, aussi. La Sainte Vierge est celle en qui « la Passion existait déjà », avant même que l’heure ne fût venue, présente à l’Eucharistie comme au Golgotha, où dans le Cœur de Jésus c’est le sien qu’un glaive avait déjà percé, par la parole du vieillard Siméon ».

(à suivre…)

jeudi 7 avril 2011

L’unité


L’unité

Saint Ignace d’Antioche, faisant preuve d’une profonde humilité, s’adresse aux chrétiens d’Ephèse en écrivant : « A présent, je commence seulement à être disciple et je vous adresse la parole comme à mes condisciples. » Tout en ajoutant : « C’est moi qui aurais besoin d’être préparé par vous au combat », car il est « enchaîné pour le Nom Sauveur », avant de subir le martyre. Il n’élude donc pas son devoir de continuer à exhorter les fidèles. Il les invite notamment à vivre l’union à celui qui est leur berger, à vivre « en accord avec la pensée de votre évêque ». Et, pour cela, il a recours à une expression à la fois riche et imagée. (lire la suite)
Il écrit, en effet : « Chacun de vous, devenez un chœur de chant, afin que, dans l’harmonie de votre concorde, adoptant la mélodie de Dieu dans l’unité, vous chantiez pour le Père d’une seule voix, par le Christ. » La vie chrétienne doit donc constituer un concert de louange unanime de Dieu, tout en étant rassemblés sous un même pasteur, animés d’une même foi et nourris des mêmes sacrements. Les options humaines légitimes ne doivent pas séparer les chrétiens, ni les détourner de l’essentiel. Car ce qui unit les croyants est beaucoup plus fort et autrement important que ce qui les distingue, chacun selon sa personnalité et les choix qu’il est amené à faire dans la société humaine. Dans l’expression de la foi doivent régner l’harmonie et la concorde.
« Alors le Père vous écoutera et reconnaîtra en vous, grâce à vos bonnes actions, les membres de son Fils », ceux qui, réunis précisément par la foi, constituent son Corps mystique qu’est l’Eglise. Chantant d’une seule voix par le Christ, le Père nous reconnaît comme fils dans son Fils. Il n’entend pas seulement une plainte humaine, mais la complainte filiale, qui lui agrée. Dieu peut dire de chacun : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j’ai mis ma complaisance » (Matthieu 3, 17), bien que pas « toute ma complaisance », parce qu’elle est réservée au Fils éternel.
Saint Ignace conclut : « Il est donc utile pour vous que vous soyez dans une irréprochable unité, pour être toujours participants de Dieu » (Lettre aux Ephésiens). « Le Seigneur rassemblera ses enfants dispersés, et en fera une seule nation, et une seul roi régnera sur eux » (prière, deuxième dimanche du temps ordinaire). C’est bien ce qu’il a fait en nous envoyant Jésus-Christ. a nous de rester bien regroupés sous sa houlette, et sous celle du pasteur qui le représente pour nous et qui poursuit sa mission pour notre bien. Nous ne pouvons recevoir la grâce de Dieu et les secours spirituels indispensables à notre salut qu’en étant étroitement unis à la tête, en vivant intensément le devoir fondamental de communion dans l’Eglise.

dimanche 3 avril 2011

Aimer nos frères dans la foi (2)


Aimer nos frères dans la foi (2)

Écoutons encore saint Paul formuler des réflexions du même genre, qui en disent long sur les sentiments qu’abrite son cœur en permanence : « J’ai le vif désir de te revoir » (2 Timothée 1, 4) ; « hâte-toi de venir me rejoindre au plus tôt » (2 Timothée 4, 9).
N’est-elle pas belle et émouvante cette insistance de l’Apôtre ? Et cette sainte impatience de retrouver les siens. Comme ses paroles sont débordantes d’affection humaine et surnaturelle ! Nous sentons battre un cœur qui sait ce que c’est qu’aimer pour de bon. C’est un modèle pour nous, qui sommes ainsi encouragés à tisser des liens d’amitié profonde, (lire la suite) surnaturelle, avec ceux qui sont devenus nos frères et nos sœurs par le baptême. « Saluez dans le Christ chacun des saints. Les frères qui sont avec moi vous saluent » (Philippiens 4, 21). « « Saluez tous les saints. Tous les saints vous saluent. À tous les saints qui vivent à Éphèse. À tous les saints dans le Christ Jésus, qui sont à Philippes. » N’est-il pas émouvant, ce titre de « saints » que les premiers chrétiens utilisaient entre eux ? — Apprends à vivre avec tes frères » (saint Josémaria, Chemin, n°469).
A vivre avec eux en bonne entente, sans les critiquer ou les dénigrer, mais en cherchant à les édifier par notre conduite, à leur donner un exemple qui les stimule à vivre toujours plus de l’Amour de notre Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, un seul Dieu, à l’Amour débordant. L’on devrait pourvoir dire autour de nous ce que les païens d’alors disaient des premiers chrétiens : « Voyez comme ils s’aiment ! » Ce serait formidable. Cet exemple constituerait certainement une force d’entraînement vers le Seigneur.
Telle devrait être notre ambition la plus saine.

(fin)

vendredi 4 mars 2011

Un modèle de chrétien (1)


Un modèle de chrétien (1)

Saint Paul a reçu des nouvelles de la foi et de la charité des premiers chrétiens d’Ephèse. Il en est rempli de joie et de reconnaissance. Il leur écrit qu’il ne cesse de rendre grâce à Dieu à leur sujet parce qu’ils ont bien compris le message de l’Evangile, qu’ils ont assimilé la prédication et qu’ils peuvent ainsi servir de modèle pour d’autres communautés. En même temps qu’il se réjouit, il ne cesse de « faire mémoire de vous dans mes prières » (Ephésiens 1, 15-16). Il ne ferme pas les yeux ni ne se désintéresse de la situation. Il sait très bien, par exemple, que certains fidèles ont vite fait de revenir à leurs erreurs antérieures. C’est ce qu’il reprochait aux Galates : (lire la suite) « Pauvres fous de Galates, qui vous a ensorcelés, vous qui avez eu sous les yeux l’image de Jésus-Christ crucifié ? (…) Êtes-vous donc si fous ? Débuter par l’Esprit et maintenant finir par la chair ? » (Galates 3, 1.3). Il y a de quoi être douloureusement étonné. « Je m’étonne que si vite vous abandonniez celui qui vous a appelés par la grâce du Christ pour passer à un autre évangile » (Galates 1, 6).
C’est pourquoi Paul prie pour que les Ephésiens restent sur le droit chemin et continuent de donner un exemple de foi et de charité « à l’égard de tous les saints » (Ephésiens 1, 15). Il nous montre par là que nous devons également toujours faire monter vers Dieu notre prière pour nos frères dans la foi, en demandant au Seigneur de les assister de sa grâce, pour qu’ils soient toujours des témoins exemplaires de la foi, des foyers ardents de sainteté et des évangélistes intrépides.
Dans ses prières, l’Apôtre demande les dons spirituels pour les fidèles : « Que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de la gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation pour le bien connaître lui-même » (Ephésiens 1, 17). Certes, une connaissance du Seigneur. Mais cette connaissance est encore imparfaite et très limitée. Mieux nous connaîtrons notre Seigneur et plus nous serons stimulés à vivre notre foi et à vivre la charité envers tous, comme lui l’a fait. Il est bon de demander au Seigneur qu’il se révèle davantage à nous, qu’il se fasse connaître plus à fond. Cela dépend en réalité des conditions dans lesquelles nous abordons nos moments de prière et nous allons recevoir la sainte Eucharistie. Parce que sont là des occasions idéales pour bien se connaître et pour laisser Dieu nous façonner à sa guise.

(à suivre…)