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mercredi 29 février 2012

Arrêts sur christianisme (71)


Arrêts sur christianisme (71)

Est un admirateur du christianisme celui qui sait que le christianisme a changé le monde, qu’il nous a apporté une révolution morale d’amour, d’égalité et de dignité sans précédents, et que cette révolution déploie ses effets aujourd’hui encore ; que sans cette révolution le monde serait pire, la vie parmi les hommes plus sauvage, les droits moins garantis, l’espérance moins fondée. (…) Tous deux [les chrétiens religieux et les « chrétiens culturels »] ont un don. Pour les croyants au premier sens, le « don de Dieu » est la grâce, la gratuité et l’espérance mystérieuse d’une rencontre, d’une présence : la Sienne. Pour les croyants au second sens, le « don de dieu » est un patrimoine de vertus, de coutumes, de culture, de civilisation : la nôtre.

M. Pera, Perché dobbiamo dirci cristiani : Il liberalismo, l’Europa, l’etica, Milan, Mondadori, 2008, p.56-57.

jeudi 1 avril 2010

Le 1er avril

Le 1er avril

Le premier jour d'avril, que les Flamands appellent « verzendekens-dag, » est consacré en Belgique, comme dans le reste de l'Europe romane et teutonique, à des mystifications que l'on nomme poissons d'avril ou « aprilvisschen. »

On fait accroire à quelqu'un une fausse nouvelle, on l'engage à faire quelque démarche inutile, pour avoir lieu de se moquer de lui. Les enfants et les domestiques surtout sont exposés à ces plaisanteries. On leur donne des commissions impossibles, on les envoie n'importe où pour acheter de l'huile de cailloux, (lire la suite) du sable filé, du baume de fer, etc. ; on leur attache furtivement sur le dos des écriteaux, des queues ou des figures de papier, ou bien on les rend ridicules en leur barbouillant le visage à leur insu de taches blanches ou noires.

Un proverbe flamand dit : « Op den eersten april zendt men de Zotten waer men wil, » le premier avril on envoie les sots où l'on veut.

Quelle est l'origine de cette coutume? Il existe à ce sujet une grande diversité d'opinions. Les uns pensent que cet usage bizarre remonte à un prince de Lorraine que Louis XIII faisait garder à vue dans le château de Nancy. Ce prince trouva moyen d'échapper à la vigilance de ses gardes, et se sauva, le premier jour d'avril, en traversant la Meurthe à la nage; ce qui fit dire aux Lorrains : « C'était un poisson qu'on avait donné à garder aux Français.»

Gilbert Cousin fait observer que de son temps on appelait eu France poisson d'avril celui qui faisait le métier infâme de débaucher les jeunes filles, parce que le poisson dont il porte le nom chez le bas peuple (le maquereau), est excellent à manger dans ce mois-là.

D'autres prétendent que le poisson d'avril est une commémoration des courses dérisoires que les Juifs firent faire à Jésus-Christ, de Pilate à Hérode, et d'Hérode à Pilate.

Fleury de Bellingen, dans l'explication qu'il donne de cette locution, a émis la même opinion en y ajoutant qu'au lieu de poisson on disait primitivement « passion, » parce que la passion du Sauveur a commencé vers cette époque.

D'autres enfin présument, que la fraie des poissons commençant vers les derniers jours du mois de mars, la pêche était autrefois interdite à cette époque, et que par suite tous ceux qu'on envoyait le premier avril au marché aux poissons devaient revenir sans avoir fait leur commission.

Dans le pays wallon on mettait autrefois, le premier jour d'avril, du sel aux quatre coins des herbages ou pâturages, afin de préserver / les bestiaux des maléfices.

mardi 17 novembre 2009

Sainte Élisabeth de Hongrie

Sainte Élisabeth de Hongrie

"C'est avec une vive satisfaction que j'ai appris que sont en préparation des célébrations spéciales pour le VIII centenaire de sainte Élisabeth de Thuringe ou de Hongrie, qui a lieu cette année. En cette heureuse circonstance, je vous demande de vous faire l'interprète auprès des fidèles de la Hongrie et de toute l'Europe de ma participation spirituelle aux célébrations prévues : elles seront une occasion propice de proposer à tout le Peuple de Dieu, et en particulier à l'Europe, le splendide témoignage de cette sainte, dont la réputation a franchi les frontières de sa patrie, touchant de très nombreuses personnes également non chrétiennes sur tout le continent. (lire la suite)
Sainte « européenne », Élisabeth naquit dans un contexte social de récente évangélisation. André et Gertrude, les parents de cet authentique joyau de la nouvelle Hongrie chrétienne, se soucièrent de la former à la conscience de sa dignité de fille adoptive de Dieu. Élisabeth fit sien le programme de Jésus Christ, Fils de Dieu, qui, en se faisant homme, « s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave » (Philippiens 2, 7). Grâce à l'aide de maîtres excellents, elle se plaça sur les traces de saint François d'Assise, en se proposant comme finalité personnelle et ultime de conformer son existence à celle du Christ, unique Rédempteur de l'homme.
Appelée à être l'épouse du Landgrave de Thuringe, elle ne cessa de se consacrer au soin des pauvres, dans lesquels elle reconnaissait les traits du Maître divin. Elle sut unir les dons d'épouse et de mère exemplaire à l'exercice des vertus évangéliques, apprises à l'école du saint d'Assise. Elle se révéla une véritable fille de l'Église, en offrant un témoignage concret, visible et significatif de la charité du Christ. D'innombrables personnes, au cours des siècles, ont suivi son exemple, en la considérant comme un modèle du reflet des vertus chrétiennes, vécues de manière radicale dans le mariage, dans la famille et même dans le veuvage. C'est à elle que se sont inspirées également des personnalités politiques, en y puisant une incitation à œuvrer à la réconciliation entre les peuples.
L'année internationale d'Élisabeth, qui a commencé à Rome le 17 novembre dernier, suscite de nouveaux élans pour mieux comprendre la spiritualité de cette fille de la Pannonie, qui rappelle aujourd'hui encore à ses concitoyens et aux habitants du Continent européen l'importance des valeurs impérissables de l'Evangile."
Benoît XVI, Lettre pour le VIIIe centenaire de la naissance de sainte Élisabeth de Hongrie et de Thuringe, le 27 mai 2007

mercredi 24 décembre 2008

Ton Dieu n'existe pas

Ton Dieu n'existe pas

Le pape Benoît XVI s'en était à peine retourné chez lui qu'un de nos intellectuels prenait sa plume pour attaquer bec et ongle dans un quotidien national son discours aux Bernardins. Un discours sur l'existence de Dieu. Une invitation pressante à chercher Dieu pour ne pas travailler en vain, dans le vide...
Si j'étais Benoît XVI, je répondrais (mais il le ferait avec tellement plus de force que moi !) :
- Cela me fait drôle que vous me fassiez la leçon ! (lire la suite)
- Je ne vous fais pas la leçon. Je rectifie votre orientation unilatérale.
- Vous me rectifiez dans l'essentiel. Vous oubliez peut-être que je suis professeur d'Université. Je sais qui m'a appelé. Je sais qui m'a envoyé. Je suis ici parce que j'ai été appelé et envoyé.
Et je connais Celui pour qui je travaille. Certes, c'est pour une multinationale... Mais j'en suis le n° 2. C'est dire que je connais bien le patron. Nous nous fréquentons depuis fort longtemps. Nous nous voyons tous les jours e ntête-à-tête, lui avec moi et moi avec lui. Les décisions, nous les prenons ensemble. Ce que je dis, c'est en son Nom que je le dis. C'est comme si c'était lui qui parlait.
Mon patron, c'est Dieu, qui m'a appelé et qui m'a envoyé. À lui, on ne fait pas la leçon. Ce n'est pas sérieux.
- Je vois que vous vous prenez pour Dieu le Père.
- Tiens, vous croyez en lui ? À votre place, je me proposerai un seul objectif, intéressant et utile de surcroît : chercher Dieu. C'est ce que je vous ai dit aux Bernardins. C'est le cœur de mon message.
- Pour l'avoir entendu, je l'ai entendu. Et c'est bien ce sur quoi je ne puis être d'accord.
- Vous ne pouvez être d'accord que si vous décidez unilatéralement, pour reprendre votre terme, de ne pas être d'accord ! Renvoyer la question sur Dieu dans « le domaine subjectif, comme non scientifique », ce « serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc l'échec de l'humanisme, dont les conséquences ne pourraient être que graves. Ce qui a fondé la culture de l'Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à l'écouter, demeure aujourd'hui le fondement de toute culture véritable » (Benoît XVI, Discours aux Bernardins, 12 septembre 2008).

mercredi 8 octobre 2008

Arret sur christianisme (32)

Arrêt sur christianisme (32)

Le christianisme : une religion européenne ?
(à propos d'idées » reçues)

Dans les discussions autour de l'histoire de la mission chrétienne, il est devenu courant aujourd'hui de dire que, par la mission, l'Europe (l'Occident) aurait tenté d'imposer sa religion au monde : un colonialisme religieux, partie du système colonial tout court. Le renoncement à l'eurocentrisme devrait donc passer aussi par le renoncement à l'activité missionnaire. Cette thèse mérite d'abord quelques critiques d'ordre historique. Le christianisme, comme on le sait, n'est pas né en Europe, mais au Proche-Orient, en Asie, (lire la suite) au point géographique de contact entre les trois continents que sont l'Asie, l'Afrique et l'Europe. Ce contact ne fut jamais exclusivement géographique ; ce fut la rencontre des courants de pensée des trois continents. En ce sens, l« interculturalité » fait partie de la forme originelle du christianisme. Durant les premiers siècles, l'activité missionnaire s'est étendue aussi bien vers l'Est que vers l'Ouest. Le christianisme avait son foyer en Asie mineure, au Proche-Orient, mais très tôt il a pénétré en Inde ; la mission nestorienne s'est étendue jusqu'en Chine, et du point de vue du nombre des chrétiens, le christianisme asiatique égalait plus ou moins le christianisme européen. C'est l'expansion de l'islam qui, dans une large mesure, a privé le christianisme au Proche-Orient de sa force vitale et coupé les communautés chrétiennes en Inde et en Asie des centres de Syrie, de Palestine, d'Asie mineure et les a ainsi largement conduites à disparaître.

Joseph Ratzinger (Benoît XVI), Foi, vérité, tolérance, Parole et Silence, 2005, p. 88-89.

samedi 2 août 2008

L'islam en Europe

L'islam en Europe

« Selon nos projections les plus fiables, si les tendances actuelles persistent, dans les cinquante prochaines années, peut-être moins la plupart des citoyens d'un certain nombre de pays européens, dont la France, seront musulmans, ou du moins originaires d'un pays de culture musulmane. »

Cité par Élie Barnavi, Les religions meurtrières, Paris, 2006 p. 169. Élie Barnavi est historien, ancien ambassadeur d'Israël en France.

vendredi 23 novembre 2007

Arrets sur christianisme (5)

Arrêts sur christianisme (5)

Le christianisme (...) n'est pas né en Europe, mais au Proche-Orient, en Asie, au point géographique de contact entre les trois continents que sont l'Asie, l'Afrique et l'Europe. Ce contact ne fut jamais exclusivement géographique ; ce fut la rencontre des courants de pensée des trois continents. En ce sens, l'« interculturalité » fait partie de la forme originelle du christianisme. Durant ses premiers siècles, l'activité missionnaire s'est étendue aussi bien vers l'Est que vers l'Ouest. Le christianisme avait son foyer en Asie mineure, au Proche-Orient, mais très tôt il a pénétré en Inde ; la mission nestorienne s'est étendue jusqu'en Chine, et du point du nombre des chrétiens, le christianisme asiatique égalait plus ou moins le christianisme européen. C'est l'expansion de l'islam qui, dans une large mesure, a privé le christianisme au Proche-Orient de sa force vitale et a coupé les communautés chrétiennes en Inde et en Asie des centres de Syrie, de Palestine, d'Asie mineure et les a ainsi largement conduites à disparaître.
J. RATZINGER, Foi, vérité, tolérance, Paris, Parole et Silence, 2005, p. 88-89.