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samedi 19 février 2011

Prier pour les catholiques (1)

Prier pour les catholiques (1)

En marge des attentats récents
« Priez pour tous les saints » (Ephésiens 8, 16), c’est-à-dire pour tous les baptisés, pour tous nos frères dans la foi. Cette exhortation de saint Paul a valeur universelle. C’est une exigence de la charité bien comprise et bien vécue. Le commandement de l’amour du prochain (cf. Matthieu 22, 39) s’étend à tous les hommes, d’autant que Jésus nous a appris à pousser cette charité jusqu’à aimer nos ennemis : « Et moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent » (Matthieu 4, 44).
Mais il est logique que nous aimions plus particulièrement ceux avec qui nous avons des affinités profondes, comme (lire la suite) c’est le cas de ceux avec qui nous partageons la même foi, les mêmes sacrements et le même gouvernement du pape. Il est d’ailleurs émouvant de voir combien saint Paul ne manque pas, dans ses lettres, de donner des nouvelles de chrétiens ou de familles chrétiennes précis, tout en demandant que ces nouvelles soient largement répercutées. Nous voyons comme cela que les baptisés constituent une famille, dans laquelle tout ce qui a trait à l’un intéresse les autres. « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres s'en réjouissent avec lui » (1 Corinthiens 12, 26).
Le fait qu’il existe un milliard deux cents millions de catholiques dans le monde, et non plus quelques centaines, ne permet plus ce genre de communication intime. Il n’en reste pas moins que nous devrions nous intéresser spécialement et en premier lieu aux événements qui concernent nos frères et nous sœurs catholiques. Il serait anormal de vivre la charité envers des non catholiques et de négliger ceux-ci, d’être très mobilisé face aux problèmes sociaux de notre monde et ignorer les besoins de nos frères dans la foi. Or, il faut bien le reconnaître, nous sommes souvent dans l’ignorance de ce qui se passe réellement, il existe une espèce d’indifférence envers la situation exacte de catholiques qui doivent souvent se débattre tout seuls et qui, en plus d’une situation matérielle précaire, souffre d’un isolement moral.
A moins que des événements tragiques ne braquent les projecteurs sur eux, comme actuellement avec la persécution islamiste de chrétiens un peu partout dans le monde, ou de musulmans tolérants envers les chrétiens, comme le premier ministre du Pendjab, récemment assassiné. Mais une fois l’émotion passée, les catholiques sont de nouveau ensevelis dans l’oubli.

(à suivre…)

mardi 13 avril 2010

Les juifs et les musulmans

Les juifs et les musulmans

Saint Paul, dans l'épître aux Galates, a repris ce passage et il explique qu'ici Agar est la figure du peuple juif - il déplace un peu les perspectives - qui, lui aussi, a été fils et qui, lui aussi, est écarté à un moment donné pour faire place à ceux qui sont les fils d'Abraham selon la promesse, les fils de Sara, les fils de la femme libre et non pas de l'esclave, et qui sont précisément les chrétiens. Nous voyons donc qu'il y a là un mystère (...) qui s'est accompli deux fois. Le mystère de l'élection d'Isaac, père de la race d'Ismaël, et du rejet d'Ismaël, père de la race des Musulmans, de la race des Arabes, est un premier mystère d'élection et de rejet. Il peut sembler qu'il y a là quelque chose de dur, de tragique. Pourquoi l'un a-t-il été choisi et pas l'autre ? (lire la suite)
Ce miracle se retrouve au moment de la venue du Christ ? Là aussi il y a un peuple qui est écarté par Dieu : le peuple juif, et un autre qui est élu : le peuple chrétien tiré des nations. Mais nous savons que pour cette seconde économiecet éloignement du peuple juif est un éloignement provisoire, nous dit saint Paul, c'est-à-dire qu'il est écarté pour que la plénitude des Gentils rentre, mais que quand la plénitude des Gentils sera rentrée, lui aussi rentrera à son tour et son retour sera une plus grande joie que l'entrée des Gentils.
Nous ne pouvons pas ne pas penser qu'il y a un mystère du même ordre qui plane sur les Musulmans. L'Islam, lui aussi, a été écarté, mais nous savons que ce n'est pas un rejet définitif, qu'il y a une élection de Dieu qui pèse sur lui puisqu'il est de la race d'Abraham selon la chair et que Dieu lui a donné des promesses. Ces promesses sont peut-être d'ordre temporel, mais au-delà il y a une bénédiction qui subsiste et qui fait que nous nous demandons quand le mystère s'accomplira et quand, à son tour, Ismaël rentrera avant ou après les fils d'Abraham et rejoindra les fils de la promesse.
Saint Abraham est le grand intercesseur pour les trois grandes catégories d'âmes : pour les Juifs puisque c'est le père d'Isaac ; pour l'Islam puisque c'est le père d'Ismaël ; pour les pécheurs enfin, puisque c'est lui qui a supplié Dieu pour Sodome et pour Gomorrhe, pour ces grands pécheurs dont parfois nous portons la charge spirituelle, pour ceux qui, profondément enfoncés dans le mal et profondément éloignés de Dieu, semblent a-delà de toute espérance. Pour tous ceux-là nous pouvons dire qu'Abraham prie obstinément, et il nous apprend à prier obstinément pour eux, car rien n'est impossible à la parole de Dieu qui change les cœurs.

Jean Daniélou, Le mystère de l'Avent, Paris, Éditions du Seuil, 1948, p. 57-59.

mardi 30 mars 2010

Le pape et la pédophilie


Le pape et la pédophilie

« Priez pour que je ne prenne pas la fuite par peur des loups ! » Tel a été l’appel pathétique que Benoît XVI a lancé aux fidèles le jour-même de son installation sur le siège de saint Pierre. Il s’attendait à entendre les loups hurler et s’en prendre vivement à lui. Il ne pouvait sans doute pas prévoir le déferlement médiatique auquel nous assistons. Il n’y en a que pour – ou plutôt contre – le pape et l’Eglise catholique, accablés de tous les maux, et du plus infamant d’entre eux, la pédophilie. Qui ne voit que tant d’acharnement est suspect et cache une haine profonde et le désir de salir à tout prix ? « Mentez, mentez, il en restera quelque chose », disait Voltaire, qui savait de quoi il parlait. (lire la suite)
Ces attaques unilatérales discréditent malgré tout leurs auteurs, mais elles laissent des traces, elles causent des blessures qu’il sera difficile de refermer. Tel est bien le but recherché. La presse se fait le complice complaisant des calomnies. Elle se croit comme toujours autorisée à critiquer l’Eglise, alors qu’elle n’oserait pas dire un seul mot contre un juif ou un musulman. Mais qui peut nous faire accroire que chez eux il n’existe aucun cas de pédophilie ? Pour qui nous prend-on ?
Il est vrai qu’un prêtre pédophile, c’est un de trop. Que des gens qui s’occupent de jeunes – prêtres ou instituteurs – aient des agissements répréhensibles, est des plus malheureux. Les autorités compétentes doivent prendre les mesures qui s’imposent et sanctionner les cas avérés. L’Eglise possède son propre droit, et elle l’applique. Cela n’interdit pas, loin de là, le rôle de la justice pénale de l’Etat. Mieux encore, l’Eglise demande que les cas portés à sa connaissance soient communiqués à la justice civile.
Un des arguments avancés à l’encontre de l’Eglise est qu’elle a honteusement couvert des faits criminels, qu’elle les a cachés, maintenus secrets. Mais qu’a fait l’Etat, que fait l’Etat, si ce n’est éviter au maximum que ce genre d’affaires vienne sur la place publique ? Il y a chaque année, dans notre pays, un millier de dénonciations d’actes de pédophilie à l’encontre d’instituteurs. Cela en fait près de trois par jour, et bien davantage si l’on rapporte ce chiffre au nombre de jours scolaires. Qui en entend parler ? Il est vrai qu’un certain nombre de ces dénonciations sont calomnieuses. Mais enfin nous devrions apprendre de nouveaux cas chaque jour. Il n’en est rien. C’est pour le moins étrange. N’y a–t-il pas deux poids et deux mesures ?
Et des situations délictuelles du milieu sportif, celle du milieu diplomatique, qui en est informé ? Quels sont les journaux, télévisés ou non, qui les rapportent ? Il n’y en a que pour – que contre – l’Eglise catholique, comme si elle catalysait tous les délits en la matière. N’est-ce pas suspect pour une personne de bon sens ?
Or, il faudrait tout de même dire que, dans notre pays, 96%des actes de pédophilie se produisent dans le cadre de la famille. Vous avez bien lu, 96%.Cela ne laisse que 4% pour le milieu éducatif, qui vient en tête, le milieu sportif, le milieu diplomatique et, en queue de peloton le milieu ecclésial. Encore une fois, les journaux ne parlent presque exclusivement que de ce dernier. Est-ce bien raisonnable ? Est-ce cela être objectif ? Est-ce remplir la mission d’information d’un moyen de communication sociale ?
Quant aux autres pays, les cas de pédophilie imputables à des prêtres ou à des religieux ressortissent à 90% aux Etats-Unis d’Amérique du Nord. Les donneurs de leçons de morale – qui ne font pas nécessairement preuve d’autant de rigueur dans d’autres domaines moraux y cherchent à prouver par tous les moyens, y compris les plus abjects, que le futur Benoît XVI, alors cardinal Ratzinger, a accueilli un prêtre pédophile (un) allemand, n’a pas condamné un prêtre pédophile (un) américain ? Le P. Murphy, puisqu’il s’agit de lui, quand son cas a été déféré à la congrégation pour la Doctrine de la foi, était âgé et gravement malade. Il avait été condamné par la justice de son pays. Il s’était repenti et faisait pénitence. Aucune plainte contre lui n’avait été enregistrée depuis vingt ans…
De grâce, messieurs les loups, laissez Benoît XVI tranquille. Je sais que je n’ai guère de chance d’être entendu. Ce serait comme demander au diable d’arrêter de faire le diable. Ils vont donc continuer de hurler à mort. Alors prions pour Benoît XVI, qu’il ne se laisse pas impressionner par les tombereaux d’immondices que l’on déverse sur lui.
Quant à la proposition d’un « esprit dort », ou qui se croit tel, un autre « donneur de leçons » qu’est Hans Küng, d’abolir le célibat ecclésiastique pour remédier la pédophilie et donc d’autoriser que les prêtres se marient, qui ne voit, après ce que nous avons dit, à savoir que 96% des cas de pédophilie se produisent dans la famille, que cela ne ferait qu’aggraver la situation en augmentant dangereusement et très sensiblement les possibilités de cas de pédophilie… !
Il faudrait raison garder et voir la réalité avec un regard objectif, non de haine envers l’Eglise. Mais sans doute est-ce trop demander.


dimanche 14 mars 2010

À l'ombre de la Sainte Famille (7)

À l'ombre de la Sainte Famille (7)

Certes il y a des martyrs. Il ne se passe pas de semaine, voire de jour, que l'on n'apprenne de nouveaux cas : les Coptes tués par les islamistes en Égypte. Les musulmans qui tuent des chrétiens en Inde. Les descendants de Mahomet qui brûlent les églises en Malaisie parce que les chrétiens continuent, comme ils l'on toujours fait, d'appeler Dieu « Allah ». « Allah nous appartient », disent-ils. S'il est « le Dieu d'Abraham, le dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob » (Exode 3, 4), et si nous avons Abraham pour Père, n'y a-t-il pas là contradiction et prétention outrancière ?
À Nazareth, tout est grâce. Jésus est l'Auteur de la grâce. Il est la Grâce, la grâce sanctifiante par excellence. Il rend saint celui chez qui il vient habiter. Il le divinise. Mais il ne veut pas le faire sans l'accord de sa Mère. Infiniment reconnaissant de sa bonté et de son humilité, il veut qu'elle soit l'Aumônière de toutes les grâces, et elle les débourse comme elle le voit utile aux âmes. Elle est la « pleine de grâces » (Luc 1, 28), mais aussi la dispensatrice de toutes les grâces. Elle a un titre spécial sur la grâce, puisque la grâce est son propre Fils. La grâce lui est conaturelle. Ce n'est pas comme pour nous. « « Non, ô Marie, vous n'avez point ravi la grâce, comme l'a tenté Lucifer ; vous ne l'avez point perdue comme Adam ; vous ne l'avez point achetée comme voulait le faire Simon le magicien, mais vous l'avez trouvée, parce que vous l'avez désirée et cherchée. Vous avez trouvé la grâce incréée qui est Dieu lui-même devenu votre Fils, et avec elle vous avez trouvé et obtenu toute grâce incréée » (saint Albert le Grand, Mariale, quaestiones super Missus, q. 204) ». Voilà la grande réalité en vertu de laquelle Marie exerce le gouvernement des grâces, en est l'administratrice première et universelle.
Et comme Dieu bénit avec la Croix - les hommes aussi, au nom de Dieu - Marie nous bénit et nous sanctifie aussi avec des croix. « Je crois qu'une personne qui veut être dévote et vivre pieusement en Jésus-Christ, et par conséquent souffrir persécution et porter tous les jours sa croix, ne portera jamais de grandes croix, ou ne les portera pas joyeusement ni jusqu'à la fin, sans une tendre dévotion à la sainte Vierge, qui est la confiture des croix : tout de même qu'une personne ne pourra pas manger sans une grande violence, qui ne sera pas durable, des noix vertes sans être confites dans le sucre » (saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 154). Il n'est pas de plus grande grâce que la Croix du Christ, plantée au mont Calvaire, d'où a jailli comme d'une explosion nucléaire l'énergie salvifique, depuis lors en expansion, en train de se propager dans le monde. Et comme le Cœur de Marie était singulièrement uni à celui de son Fils, au point de ne faire plus qu'un, ce feu d'Amour, intense et purificateur, vient tout autant du Cœur de Marie que du Cœur de Jésus, quoique de façon subordonnée. Ceci explique qu'il ne nous arrive de grâce que par Marie et en Marie.

(à suivre...)

lundi 25 janvier 2010

Chrétiens, Juifs et Musulmans

Chrétiens, Juifs et Musulmans

Saint Paul, dans l'épître aux Galates, a repris ce passage et il explique qu'ici Agar est la figure du peuple juif - il déplace un peu les perspectives - qui, lui aussi, a été fils et qui, lui aussi, est écarté à un moment donné pour faire place à ceux qui sont les fils d'Abraham selon la promesse, les fils de Sara, les fils de la femme libre et non pas de l'esclave, et qui sont précisément les chrétiens. Nous voyons donc qu'il y a là un mystère (...) qui s'est accompli deux fois. Le mystère de l'élection d'Isaac, père de la race d'Ismaël, et du rejet d'Ismaël, père de la race des Musulmans, de la race des Arabes, est un premier mystère d'élection et de rejet. (lire la suite) Il peut sembler qu'il y a là quelque chose de dur, de tragique. Pourquoi l'un a-t-il été choisi et pas l'autre ?
Ce miracle se retrouve au moment de la venue du Christ ? Là aussi il y a un peuple qui est écarté par Dieu : le peuple juif, et un autre qui est élu : le peuple chrétien tiré des nations. Mais nous savons pour cette seconde économie que cet éloignement du peuple juif est un éloignement provisoire, nous dit saint Paul, c'est-à-dire qu'il est écarté pour que la plénitude des Gentils rentre, mais que quand la plénitude des Gentils sera rentrée, lui aussi rentrera à son tour et son retour sera une plus grande joie que l'entrée des Gentils.
Nous ne pouvons pas ne pas penser qu'il y a un mystère du même ordre qui plane sur les Musulmans. L'Islam, lui aussi, a été écarté, mais nous savons que ce n'est pas un rejet définitif, qu'il y a une élection de Dieu qui pèse sur lui puisqu'il est de la race d'Abraham selon la chair et que Dieu lui a donné des promesses. Ces promesses sont peut-être d'ordre temporel, mais au-delà il y a une bénédiction qui subsiste et qui fait que nous nous demandons quand le mystère s'accomplira et quand, à son tour, Ismaël rentrera avant ou après les fils d'Abraham et rejoindra les fils de la promesse.
Saint Abraham est le grand intercesseur pour les trois grandes catégories d'âmes : pour les Juifs puisque c'est le père d'Isaac ; pour l'Islam puisque c'est le père d'Ismaël ; pour les pécheurs enfin, puisque c'est lui qui a supplié Dieu pour Sodome et pour Gomorrhe, pour ces grands pécheurs dont parfois nous portons la charge spirituelle, pour ceux qui, profondément enfoncés dans le mal et profondément éloignés de Dieu, semblent a-delà de toute espérance. Pour tous ceux-là nous pouvons dire qu'Abraham prie obstinément, et il nous apprend à prier obstinément pour eux, car rien n'est impossible à la parole de Dieu qui change les cœurs.

Jean Daniélou, Le mystère de l'Avent, Paris, Éditions du Seuil, 1948, p. 57-59.

samedi 5 décembre 2009

Minarets, Suisse et pays musulmans

Minarets, Suisse et pays musulmans

Ci-dessous la traduction d'un article :
La Suisse est moins restrictive envers l'islam que la plupart des pays musulmans envers ceux qui ne le sont pas.
La Suisse n'a interdit que les minarets, non les temples, ni les actes du culte, ni toute autre manifestation de la croyance musulmane. En revanche, toute liturgie ou prière est expressément interdite en Algérie aux non musulmans en dehors des lieux autorisés, de même que de chercher à obtenir la conversion d'un musulman ou de répandre toute littérature d'une autre religion. Au Pakistan, l'intolérance à l'encontre des chrétiens s'abrite derrière la loi sur le blasphème, punie jusqu'à la peine capitale.
En Arabie Séoudite, il ne peut y avoir ni églises, (lire la suite) ni culte public non musulman. Il est illégal d'introduire une Bible, et les exemplaires que découvre la police sont confisqués et détruits, tandis que le contrevenant peut être condamné à mort, comme cela s'est produit au moins dans un cas. La Malaisie ne reconnaît le changement de religion d'un musulman, et considère que tout converti est passible des tribunaux de la sharía en matière familiale, de sorte qu'il ne peut pas se marier avec un infidèle. Le Maroc n'admet pas non plus qu'un sujet du roi, Commandeur des croyants, ne soit pas musulman.
Aux lois contraires à la liberté religieuse et aux restrictions administratives clairement discriminatoires, comme à propos de la construction ou de l'entretien de temples, il faut ajouter les agressions de fait. Les chrétiens sont persécutés de façon systématique en Irak et en Somalie, et de façon sporadique au Pakistan, en Turquie et en Égypte.
C'est pourquoi il est difficile d'admettre les reproches faits à la loi suisse sans se poser en même temps la question de la réciprocité. (...)
Le référendum récent est un cas de réciprocité équivoque. Bien que le veto aux minarets n'empêche pas aux musulmans de Suisse le droit et la possibilité réelle de professer et de pratiquer leur foi, il les marginalise de fait avec une restriction qui n'est pas imposée aux autres. La conférence des évêques suisse considère que la mesure est « un obstacle à l'intégration dans le dialogue et le respect mutuel », et souligne que cela « n'aider pas les chrétiens opprimés et persécutés dans les pays islamiques ».
La liberté religieuse et les autres droits de l'homme ne sont pas des concessions de qui que ce soit : il faut les reconnaître et les respecter dans tous les cas, non en échange de quelque chose. Cela vaut tout autant en Suisse que dans tous les pays islamiques.

samedi 2 août 2008

L'islam en Europe

L'islam en Europe

« Selon nos projections les plus fiables, si les tendances actuelles persistent, dans les cinquante prochaines années, peut-être moins la plupart des citoyens d'un certain nombre de pays européens, dont la France, seront musulmans, ou du moins originaires d'un pays de culture musulmane. »

Cité par Élie Barnavi, Les religions meurtrières, Paris, 2006 p. 169. Élie Barnavi est historien, ancien ambassadeur d'Israël en France.