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lundi 9 février 2015

La résurrection de Lazare (2)

La résurrection de Lazare (2)

La mort met terme à notre vie terrestre et nous ouvre sur la vie éternelle. Que se passe-t-il à ce moment-là ? Intervient ce que l’on appelle le jugement particulier. Il s’agit d’un véritable jugement de tout ce que nous avons fait et omis pendant les années qu’il nous a été donné de vivre. Rien n’est caché aux yeux de Dieu. Même nos pensées les plus intimes, nous devrons en rendre compte. « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour. » Sur l’amour avec lequel nous aurons vécu notre existence terrestre. Puissions-nous comprendre la signification profonde de cette affirmation de saint Jean de la Croix, reprise par le Catéchisme de l’Église Catholique. (lire la suite) Autrement dit, quand nous comparaîtrons devant Dieu à l’instant même de notre mort, il ne nous demandera pas si nous avons créé une entreprise florissante, si nous avons fait gagner des milliards à notre pays, si nous avons découvert le vaccin efficace contre le virus Ebola ou si nous avons réalisé un exploit sportif qui restera dans les annales. Il nous demandera si nous avons créé une entreprise florissante par amour ; si nous avons fait gagner des milliards à notre pays par amour ; si nous avons découvert le vaccin efficace contre le virus Ebola par amour ou si nous avons réalisé un exploit sportif par amour. Le reste ne l’intéresse nullement. D’ailleurs, il ne peut pas en tenir compte pour nous introduire en sa compagnie. Car, pour en jouir, il ne faut pas s’aimer soi-même, mais avoir aimé son prochain et, au travers de lui, avoir aimé Dieu. Toute autre chose n’est que balivernes, est comme la paille que le vent emporte (cf. Osée 13, 3). N’est que fatigue inutile, que gesticulation futile, du don Quichotte se battant contre des moulins à vent. Mais il ne sera plus possible de revenir en arrière ; il n’existe pas de session de repêchage. Nous devrons tout assumer de notre vie. C’est nous qui, au fond, décidons de la sentence, puisqu’elle est le résultat, le solde pour tout compte de notre existence. Convertissons-nous, sans attendre le moment de notre mort. Seigneur, aide-moi à prendre la vie au sérieux, c’est-à-dire à penser à ma mort, qui peut intervenir à tout bout de champ, selon ta très sainte Volonté. Aide-moi à rectifier, afin d’être prêt à comparaître devant toi, en fils dont tu puisses être fier. « Jésus vint donc et trouva Lazare depuis quatre jours dans le sépulcre. […] Beaucoup de Juifs étaient venus près de Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère. Dès que Marthe eut appris que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison. Marthe dit donc à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort » (Jean 11, 17-21). « Ce qui est admirable, c’est de voir les sœurs de Lazare, après avoir entendu dire que cette maladie ne causerait pas la mort de leur frère, assister à sa mort sans être scandalisées de cet événement contraire à la prédiction du Sauveur, et s’approcher de Jésus sans concevoir de lui une opinion défavorable » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Jean 62, 1). Cette mort à laquelle je n’attache pas toujours beaucoup d’importance, mais qui peut survenir à n’importe quel moment. (à suivre…)

samedi 7 février 2015

La résurrection de Lazare (1)

La résurrection de Lazare (1)

« Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie, village de Marie et de Marthe, sa sœur » (Jean 11, 1). « Pendant qu'ils étaient en chemin, il entra dans un certain bourg, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison » (Luc 10, 38). Jésus s’y arrête relativement fréquemment, Béthanie étant, « à quinze stades environ » (Jean 11, 18) de Jérusalem. Il y est accueilli avec joie par ces trois frères et sœurs, qui sont pour lui de très bons amis. Nous éprouvons une grande joie, nous aussi, à voir ces sentiments humains chez le Seigneur, à constater qu’il a un Cœur qui abrite des sentiments d’affection comme les nôtres. « Marie est celle qui oignit de parfum le Seigneur, et lui essuya les pieds avec ses cheveux » (Jean 11, 2). C’est une précision que Jean apporte quand il rédige son Evangile, même si l’événement de l’onction n’interviendra que plus tard. « Et c'était son frère Lazare qui était malade » (Jean 11, 2). (lire la suite) Jésus ne se trouve pas à Béthanie quand Lazare tombe malade. Apparemment cette maladie est suffisamment grave pour qu’elle suscite l’inquiétude de Marthe et de Marie. Aussi « les sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que vous aimez est malade » (Jean 11, 3). Elles lui envoient un messager chargé de l’avertir. Elles ont à la fois la simplicité de faire part au Maître de leur souci et la délicatesse de le laisser libre de sa décision. Cette même délicatesse qui doit marquer notre relation personnelle avec Jésus, cette même simplicité : il suffit de lui faire état de ce que nous ressentons, de nos préoccupations et soucis, de nos besoins ; et de nous présenter devant lui avec nos faiblesses et nos misères, les nôtres et aussi celles d’autrui : « Seigneur, celui que vous aimez est malade. » Et nous sommes tous quelqu’un qu’il aime. Nous sommes tous ses amis : « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous prescris. Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; vous, je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père » (Jean 15, 14-15). Cependant Jésus ne réagit pas comme Marthe et Marie l’escomptaient secrètement. « Ce qu'ayant entendu, Jésus dit : « Cette maladie ne va pas à la mort, mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle » (Jean 11, 4). Nous retrouvons le souci de la gloire de Dieu. L’infirmité et la maladie sont permises par Dieu pour que par la guérison apportée par Jésus, Dieu soit glorifié. En même temps, puisqu’elles sont permises par Dieu, nous devons quant à nous les accepter et les aimer. Cette acceptation et cet amour des difficultés et des infirmités de la vie sont certainement une façon bien réelle de rendre gloire à Dieu en aimant sa très sainte et très aimable Volonté. Tout comme le Fils rend gloire à son Père en disant : « Ma nourriture, c’est de faire la Volonté de Celui qui m’a envoyé » (Jean 4, 34), Volonté qui, il le sait bien, comporte la Croix… « Or, Jésus aimait Marthe, et sa sœur Marie, et Lazare » (Jean 11, 5), précise saint Jean. Et parce qu’il les aime, il ne se désintéresse pas d’eux. Seulement voilà, ses plans, sa logique, son temps sont distincts des nôtres. Et nous, qui connaissons la suite de l’histoire, nous savons qu’ils sont meilleurs que les nôtres et supérieurs à eux, qu’ils nous portent au-delà des espérances purement humaines. « Il parla ainsi, et ajouta : « Notre ami Lazare dort, mais je me mets en route pour le réveiller. » Ses disciples lui dirent : « S'il dort, il guérira. » Mais Jésus avait parlé de sa mort, et ils pensaient que c'était du repos du sommeil. Alors Jésus leur dit clairement : « Lazare est mort ; et je me réjouis à cause de vous de n'avoir pas été là, afin que vous croyiez ; mais allons vers lui » (Jean 11, 11-15). Remarquons que Jésus sait ce qui est advenu à Lazare sans que personne l’en ait prévenu. « Tout est à nu et sans masque » à ses yeux (Hébreux 4, 15). (à suivre…)

mercredi 28 janvier 2015

Le jeune homme riche (4)

Le jeune homme riche (4)

Ce que notre Seigneur demande au jeune homme n’est rien d’autre que ce qu’il réclame de tous ceux qui entendent s’attacher définitivement à lui et être heureux définitivement. « Celui qui veut me suivre, qu’il se renie lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive » (Luc 9, 23). Jésus ne lui demande donc rien de si extraordinaire ni d’exceptionnel. Mais ce notable aspire au bonheur éternel sans devoir pour autant se mettre à la suite du Christ. Au fond de lui, il souhaite faire mieux, certes, mais en ne changeant pas de condition, en ne se transformant pas radicalement. (lire la suite) L’Évangile des Nazaréens apporte une suite au récit, lui imprimant un sens plus profond. « Mais le riche commença à se gratter la tête et la chose ne lui allait pas. Et le Seigneur dit : ‘Comment peux-tu dire : j’ai accompli la loi et les prophètes ? Alors qu’il est écrit dans la loi : tu aimeras ton prochain comme toi-même ! Et voici qu’un grand nombre de tes frères, enfants d’Abraham, se couvrent de haillons sordides et meurent de faim alors que ta maison regorge de biens, et qu’il n’en sort absolument rien pour eux !’ » (J. Jeremias, Les paroles inconnues de Jésus). Ce texte nous permet d’aller au fond de la personnalité du jeune homme, de découvrir la réalité de ses sentiments, différents de ce qu’ils semblaient être à première vue. C’est toute l’importance de la rectitude d’intention, qui est déterminante pour la qualification morale d’un acte. La rectitude d’intention conduit à faire les choses comme le Seigneur les ferait, ou encore comme nous voudrions les faire, si nous nous trouvions à l’heure de notre mort. Le notable en question veut sans vouloir vraiment. Il est apparemment disposé à un progrès réel, mais il pose toutefois implicitement comme condition de ne pas avoir à chambouler sa vie bien réglée, qui baigne dans la facilité, une vie, nous le voyons, repliée sur lui-même, et qui le rend indifférent aux besoins pressants des habitants nécessiteux de son village. La foi lui a manqué. En lui disant : « Va, vends tout ce que tu as, donnes-en le produit aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens et suis-moi » (Marc 10, 21) Jésus lui propose ce qu’il y a de mieux pour lui, puisque cela répond à ce mieux qu’il recherche. Un grand amour exige un don total de soi, avec les risques que cela comporte. Mais il faut se laisser guider par Dieu. La foi est nécessaire pour répondre aux appels de Dieu. La foi permet d’aller dans le sens de la générosité et de surmonter les difficultés ou d’être capable de fournir les efforts requis, ici le détachement des richesses. « Celui qui possède Dieu ne manque de rien. Dieu seul suffit ! » dit la sainte d’Avila. En suis-je bien convaincu ? Avec Dieu, je possède tous les biens qui en valent la peine, parce qu’il est le Bien suprême, celui que je suis censé rechercher de toutes mes forces, comme la fin ultime de toute ma vie. (à suivre…)

lundi 26 janvier 2015

Le jeune homme riche (3)

Le jeune homme riche (3)

Le jeune homme est animé d'une soif – suscitée en lui par Dieu – d'un idéal de perfection : il désire la vie éternelle. Il est comme conscient qu'accomplir les commandements est insuffisant, qu'il doit être possible de faire mieux. Qu’attend-il au juste ? Que Jésus lui dise de monter au Temple tous les mois au lieu de ne s’y rendre que pour les trois principales fêtes de l’année ? Il n’en a pas la moindre idée. En tout cas c'est lui qui met la barre très haut, puisqu'il veut dépasser les commandements. Il devrait donc logiquement être prêt à tout. Jésus met d'entrée de jeu le doigt sur la plaie, lui parle de ce dont il doit le plus se purifier s'il veut vraiment avoir la vie éternelle, comme il le prétend, c'est-à-dire le détachement des biens de ce monde. « Une chose te fait défaut : va, vends tout ce que tu as, donnes-en le produit aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens et suis-moi » (Marc 10, 21). Jésus ne l'invite pas seulement (lire la suite) au détachement, mais surtout à le suivre. Quant à nous, nous ne pouvons le suivre que si nous sommes également d'abord détachés des biens matériels. Ce jeune homme devait être célibataire, autrement Jésus ne lui aurait pas dit « vends tout ce que tu as ». Arrivé à ce point, c'est l'échec de son espoir. C'est un notable, il a de grands biens, il est jeune et a la vie devant lui, une vie facile qui fait de lui le centre de la vie locale, quelqu'un qui est admiré, adulé. Il ne se rend pas compte que sa situation, telle qu'il l'admet et s'y complaît, est un obstacle à la plénitude de la sainteté. Sans même se donner un délai de réflexion, il est tellement pris par sa vie facile, qu’il « s'en alla tout affligé, car il avait beaucoup de biens » (v. 22). Or, c’est maintenant qu’il doit suivre le Maître. Pas plus tard, après. Parce qu’un moment vient où il ne peut plus y avoir d’après, où il est trop tard pour se ressaisir. Les chances de rectifier diminuent comme une peau de chagrin au fil des années. Le Seigneur propose un chemin : le choisir a des conséquences incalculables, puisqu’il débouche sur la vie éternelle. « Veux-tu te demander — avec moi qui fais aussi mon examen — si tu maintiens immuable et ferme ton choix de Vie ? Si, en entendant la voix très aimable de Dieu, qui t’incite à la sainteté, tu réponds librement « oui » ? Tournons de nouveau notre regard vers notre Jésus, alors qu’il parlait aux foules dans les villes et les campagnes de Palestine. Il ne cherche pas à s’imposer. Si tu veux être parfait… (Matthieu 19, 21), dit-il au jeune homme riche. Ce dernier repousse la proposition et l’Évangile nous dit qu’il se retira tout triste — abiit tristis (Matthieu 19, 22). C’est pourquoi, j’ai parfois qualifié de « pauvre attristé » ce jeune homme riche qui a perdu la joie pour avoir refusé de donner sa liberté » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 24). Quel échec ! (à suivre…)

samedi 24 janvier 2015

Le jeune homme riche (2)

Le jeune homme riche (2)

Il convient donc de formuler souvent cette question, « Seigneur, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle en partage ? » dans notre prière, en toute sincérité, parce que ce n'est qu'en demandant et en insistant que le Seigneur se fait connaître et nous fait connaître ce qu'il attend de nous. Celui qui ne demande pas reçoit peu. Nous avons été créés par Dieu, à son image et à sa ressemblance, pour cela : pour aller au ciel vivre en sa présence éternellement. En nous créant, Dieu a fait de nous ses enfants : il a comme imprimé dans notre nature la filiation divine. C’est une grande réalité, qui commande ou devrait commander toute notre vie. Je ne peux pas agir seulement en tant qu’homme, mais en tant que fils de Dieu. Es-tu fier d’être enfant de Dieu ? Reconnaissant d’être enfant de Dieu ? Désireux de vivre en enfant de Dieu ? (lire la suite) Cette filiation divine est un roc sur lequel appuyer toute notre vie, l’ensemble de nos actions, aussi bien notre travail que notre apostolat, notre vie de famille que nos loisirs, et même pour rectifier nos erreurs et revenir promptement à Dieu notre Père. Le jeune homme qui se présente devant notre Seigneur est instruit, cultivé. Il croit en l’éternité. Il connaît les Écritures. Il veut connaître la voie pour gagner la vie éternelle. La foi en est la porte d’accès. Il n’en est pas d’autre, mais elle est la sortie vers l’infini de Dieu. Comme en d’autres circonstances, Jésus va solliciter la foi de son interlocuteur. Jésus lui dit : « Pourquoi m'interroger sur ce qui est bon ? Il n'y en a qu'un à être bon. Mais si tu veux entrer dans la Vie, observe les commandements » (v. 17-18). Serva mandata, tous les commandements de Dieu et pas seulement les Dix commandements. Tous, c’est-à-dire tout ce que Dieu demande à chacun de nous en fonction de ses conditions personnelles, de l’évolution de sa vie. « Lesquels ? » dit-il (v. 18). Jésus lui dit : « Tu ne tueras pas, tu ne commettras pas d'adultère, tu ne voleras pas ; tu ne porteras pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère, et tu aimeras ton prochain comme toi-même » (v. 18-19). Cette énumération des commandements ne satisfait pas le jeune homme, car, peut-il répondre en toute sincérité, « tout cela je l'ai observé. Que me manque-t-il encore » (v. 20) ? Il se rend compte qu'il lui manque quelque chose d'autre que les commandements. C'est pourtant déjà pas mal. Ce serait formidable si nous pouvions en dire autant, si nous étions en mesure de faire cette même réponse. Et si ce n'est pas depuis notre enfance, du moins depuis un certain temps. (à suivre…)

jeudi 22 janvier 2015

Le jeune homme riche (1)

Le jeune homme riche (1)

Un jour, comme il se mettait en route, quelqu'un accourut (Marc 10, 17). Il n’est pas nommé. C’est en quelque sorte tout homme qui s’adresse à notre Seigneur pour savoir ce qu’il doit faire. Il s’interroge sur son identité, sur ce que Dieu attend de lui pour conformer son existence à cette attente de son Créateur et Père. Ce que nous savons par les trois évangiles synoptiques, c'est que Jésus venait tout juste de bénir de petits enfants. « Après les avoir serrés dans ses bras, il les bénissait en leur imposant les mains » (Marc 10, 16). Voici que quelqu'un accourt, quelqu'un qui n'a pas réussi à s'approcher du Seigneur jusque-là ou qui avait été retenu par ses affaires. Il s'agit d'« un notable », selon saint Luc (18, 18), encore jeune et sémillant (cf. Matthieu 19, 22). Le fait est qu'il se dépêche, se frayant un passage au milieu de la foule. (lire la suite) Il se hâte parce qu'il ne voudrait surtout pas le manquer. Il a une question importante à lui poser, une question essentielle pour lui. « Fléchissant le genou devant lui, il lui demanda » (Marc 10, 17). Voilà une attitude essentielle pour un baptisé : s’agenouiller devant Dieu, se mettre en présence de Dieu, adorer notre Dieu Tout-Puissant, de qui nous viennent toutes sortes de biens. La vie chrétienne, dès ici-bas, est conçue comme une liturgie, une adoration ininterrompue : « Ils sont devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son temple » (Apocalypse 7, 15). Il convient de se prosterner devant Dieu et de faire le silence intérieur pour écouter ce qu’il a à nous dire, pour entendre, c’est-à-dire comprendre et mettre à exécution, les réponses qu’il apporte à nos questionnements. « Maître » ou « Bon Maître », selon les récits qui nous sont parvenus, « que dois-je faire de bien pour acquérir la vie éternelle » (v. 16) ? C'est une question excellente, qui traduit un désir de vivre avec Dieu, une soif d'absolu. Il s'agit effectivement d'une question essentielle. Notons que cet homme ne dit pas « que dois-je faire ? » mais : « Que dois-je faire de bien pour acquérir la vie éternelle » (v. 16) ? Car il veut viser la vie éternelle à coup sûr, il veut progresser dans sa vie spirituelle et la participation au culte rendu au Béni le jour du sabbat à la synagogue ne lui suffit manifestement pas. C'est déjà un exemple pour nous, qui avons peut-être du mal à participer à la messe dominicale. Elle ne nous suffit pas pour répondre à notre désir de sainteté. C'est pourquoi nous nous plaçons devant le Seigneur et lui posons la même question que le jeune homme riche : « Seigneur, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle en partage ? » Autrement dit, qu'attends-tu de moi, que veux-tu que je fasse, comment dois-je me comporter pour te plaire et pour être agréable à notre Père ? Montre-le-moi, fais-le-moi voir par votre Esprit commun. Et rends-moi docile à ses inspirations. Cette dernière demande est, en effet, essentielle, car, sans la docilité, l'intervention de l'Esprit Saint ne pourrait déboucher sur rien de concret. (à suivre…)

jeudi 20 novembre 2014

Histoire et Evangile

Histoire et Evangile

La pratique de l’histoire m’a aidée à mieux comprendre l’Église, et donc à mieux comprendre comment la foi est à l’œuvre dans le monde ; inversement, les exigences de vérité qu’il y a dans l’Évangile m’ont guidée et encouragée dans ma pratique d’historienne. Un de nos professeurs aux Chartes, Léon Levillain, nous donnait l’Évangile comme exemplaire du point de vue de l’historien. Quatre témoins dont deux sont des témoins oculaires, rapportent les mêmes faits et gestes, avec des petites divergences de l’un à l’autre. Ces divergences, qui témoignent de la personnalité différente de chacun d’eux – Matthieu, un Juif très pénétré des traditions bibliques, Luc, cultivé, qui présente les faits avec un certain raffinement, Marc plus simple, un peu abrupt dans ses exposés, tandis que Jean déclare dès le début son intention de compléter les récits des autres – prouvent qu’il ne peut s’agir d’un texte simplement répété ou recopié de l’un à l’autre, et que nous nous trouvons bien en présence de quatre sources authentiques L’Évangile, loin de s’opposer à la recherche de la vérité, en fait une condition de la foi. Pour l’historien chrétien, faire intervenir abusivement ses convictions religieuses, en dissimulant ou en déformant les faits lorsqu’ils gênent, ce serait non seulement un manquement à l’objectivité, mais aussi un manque de foi. […] // Si j’étais disposée dès l’enfance à accepter les vérités de la foi, je crois en revanche que j’aurais résolument rejeté l’Église, une fois arrivée à l’âge adulte, si je n’avais pas fait l’École des chartes. C’est au contact avec l’Église des temps médiévaux – celle qui a interdit de tuer les petites filles à la naissance, fait disparaître l’esclavage, créé les hôpitaux et le droit d’asile – qui m’a conduite à l’accepter malgré ses graves fautes ultérieures et l’indignité de beaucoup de ses membres. L’Église loui-quatorzième avec sa hiérarchie et les ors de la chapelle de Versailles ne doit pas faire oublier la vraie société des baptisés, vivante et chaleureuse, qu’elle était au temps des églises romanes. On si très bien dans les documents comment l’évolution s’est faite, de Charles VII au fatal concordat de 1516, qui a livré l’Église au pouvoir temporel. R. Pernoud, Villa Paradis, Paris, Stock, 1992, p. 275-276.

jeudi 28 novembre 2013

Connaître en écoutant (2)

Connaître en écoutant (2)

Mais pour ceux qui sont appelés à la contemplation au beau milieu de ces activités et à l’occasion de celles-ci, en s’occupant au fourneau comme Marthe, l’unique nécessaire consiste à écouter le Christ, qui ne cesse de s’adresser à nous à tout moment par son haut-parleur qu’est en quelque sorte l’Esprit Saint. « C’est l’Intercesseur, l’Esprit Saint que mon Père enverra en mon nom, qui vous enseignera tout et vous remettra en mémoire tout ce que moi je vous ai dit » (Jean 14, 23). Cette façon d’écouter ne consiste donc pas uniquement à entendre la Parole de Dieu, qui est proclamée à notre intention tous les jours dans la sainte messe ou que nous lisons régulièrement par dévotion pour bien nous en pénétrer et pour (lire la suite) qu’elle soit le guide de notre vie. C’est précisément nous nourrir d’elle, pour la mettre en pratique en suivant les pas du Seigneur. « Ces minutes que tu consacres chaque jour à la lecture du Nouveau Testament, selon le conseil que je t’ai donné (essayer de bien entrer dans chaque scène, et d’y participer, comme un personnage de plus) elles sont là pour que tu incarnes, pour que “ tu accomplisses ” l’Évangile dans ta vie…, et pour “le faire accomplir” » (saint Josémaria, Sillon, n° 672). Il s’agit en définitive de savourer cette Parole, plus douce que le miel au palais (cf. Psaume 19, 11), afin de vivre avec le Christ, de désirer ardemment demeurer avec lui, comme les disciples d’Emmaüs qui le priaient instamment de rester avec ceux, justement parce que le Verbe de Dieu venait de leur expliquer en personne longuement, patiemment et en détail tout « ce qui, dans les Écritures, le concernait », en commençant par Moïse et en continuant par les prophètes (Luc 24, 27). « Reste avec nous – lui disent-ils -, car on arrive au soir et déjà le jour décline » (Luc 24, 29). « “Reste avec nous, puisque la nuit tombe…” Elle a été efficace la prière de Cléophas et de son compagnon. — Quel dommage, si toi et moi nous ne savions “retenir” Jésus, à son passage ! Quelle douleur, si nous ne Lui demandons pas de rester ! » (saint Josémaria, Sillon, n° 671). La possibilité d’écouter Dieu nous est également facilitée par notre condition d’enfants de Dieu. C’est la grande réalité de l’existence chrétienne, la bonne nouvelle que le Seigneur nous apporte et qui ne cesse de nous émerveiller, à l’image de saint Jean : « Voilà quel grand amour nous a témoigné le Père, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu, ce que nous sommes ! » (1 Jean 3, 1). La nouveauté vient de ce qu’il s’agit d’une réappropriation de la condition originelle de l’homme et de la femme, que nous avions perdue à la suite de leur rébellion contre Dieu connue sous le nom de péché originel. (à suivre…)

mercredi 20 novembre 2013

Aimer plus que saint Jean (5)

Aimer plus que saint Jean (5)

Le point de départ consiste à fermer les yeux de la chair, pour contempler la vie du Christ. c’est de ne pas regarder les événements de l’extérieur, de ne pas assister à un simple spectacle, mais de les contempler de l’intérieur, d’en devenir un acteur. Bien des gens, lorsqu’ils assistent à la projection d’un film, s’identifient à l’un ou l’autre personnage, ou se prennent tellement au jeu qu’ils en deviennent très réactifs. Je me souviens d’une pièce de théâtre, Le Procès à Jésus, dont le metteur en en scène avait prévu de placer des acteurs parmi le public, suscitant de la sorte des réactions de spectateurs. C’est bien de cela dont il s’agit. Le point de départ consiste donc à vivre ce que nous voyons. (lire la suite) « En ouvrant le Saint Evangile, songe que ce qui y est rapporté — les œuvres et les paroles du Christ —, tu ne dois pas seulement le savoir, mais le vivre. Tout, chacun des points relatés a été recueilli dans le moindre détail, pour que tu l'incarnes dans les circonstances concrètes de ton existence. — Le Seigneur nous a appelés, nous autres catholiques, pour que nous Le suivions de près et, dans ce Texte Saint, tu découvriras la Vie de Jésus. Mais en outre tu dois y découvrir ta propre vie. Toi aussi, tu apprendras à demander, plein d'Amour comme l'Apôtre : "Seigneur, que veux-tu que je fasse :..." — La volonté de Dieu ! c'est ce que tu entends de façon très nette au fond de ton âme. Eh bien ! prends l'Évangile tous les jours, et lis-le, vis-le comme une norme à suivre. — C'est ainsi qu'ont procédé les saints » (Forge, n° 754). Une volonté qu’il n’est pas si ardu d’accomplir, car, comme saint Augustin le fait remarquer, « rien ne coûte quand on aime, rien n’est difficile au cœur épris » (Lettre IX, à Eustochium, sur la virginité). Demandons à saint Josémaria – et à don Álvaro qui a su, grâce à Dieu, être tellement identifié à notre Père et à l’esprit qu’il avait reçu de Dieu – demandons-leur de nous apprendre à rechercher l’amour de Dieu, à désirer intensément nous éprendre à fond de lui, sans solution de continuité, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, où que nous soyons, quoi que nous fassions, et à manifester aussi cet amour dans les petites choses de la journée, dans notre travail, sur nos trajets quotidiens, à la maison, que nous nous trouvions en forme ou que nous soyons fatigués, en tout et à tout bout de champ. Aimer, aimer encore et seulement aimer. (fin)

dimanche 4 août 2013

Chez Simon le lépreux (4)

Chez Simon le lépreux (4)

En effet, le Maître conclut en ajoutant : « En vérité, je vous le dis : Partout où sera proclamé le Bon Message – mon Évangile – dans le monde entier, on racontera aussi, en mémoire d’elle, ce qu’elle vient de faire » (Matthieu 26, 13 ; Marc 14, 9). La péroraison est inattendue. Elle montre le prix que Jésus attache à l’amour, à l’amour accompagné d’une véritable contrition des péchés. Un amour qui se manifeste aussi pour nous par le soin que nous apportons à entourer de respect le corps du Christ dans la liturgie. En agissant de la sorte, cette femme nous donne une leçon quant à notre comportement envers le Seigneur dans le culte divin, qui ne peut pas être « misérabiliste » : « Cette femme, qui répandit, chez Simon le lépreux, (lire la suite) à Béthanie, un parfum coûteux sur la tête du Maître, nous rappelle au devoir d’être magnifiques dans le culte de Dieu. — Tout le luxe, la majesté et la beauté du monde me semblent peu. — Et contre ceux qui s’en prennent à la richesse des vases sacrés, des ornements, des retables…, s’élève la louange de Jésus : Opus enim bonum operata est in me, c’est une bonne œuvre que cette femme a faite envers moi » (saint Josémaria, Chemin, n° 527). Les apôtres n’en reviennent pas. Leurs récriminations ont permis au Maître de préciser un point important de son message : nous ne devons pas condamner, mais accueillir toujours les bras grand ouverts le pécheur repentant. N’était-ce pas le cœur de la parabole du fils prodigue (cf. Luc 15, 11-32) ? Il faut du temps pour assimiler les enseignements du Christ. En tout cas, les évangélistes, écrivant sous l’action du Saint-Esprit, ne manqueront pas de rapporter l’événement. Quant à Judas, « le traître ne fut pas touché ; il ne fut pas saisi de crainte lorsqu’il entendit que l’Évangile serait prêché dans toutes les contrées du monde. C’était là, néanmoins, la preuve d’une puissance ineffable : mais, pendant que des femmes, et des femmes perdues, rendaient de telles louanges au Sauveur, Judas accomplissait l’œuvre du diable » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Matthieu 80, 2). « Alors un des Douze, celui qui s’appelait Judas Iscariote, alla trouver les grands prêtres. ‘Que voulez-vous me donner, leur dit-il, et je vous le livrerai ?’ Ils lui garantirent trente pièces d’argent » (Matthieu 26, 14-15). (à suivre…)

samedi 22 juin 2013

Évangile, porte du salut (4)

Évangile, porte du salut (4)

Nous apprenons par là la « sagesse de la Croix » (cf. 1 Corinthiens 2, 2-5). L’Apôtre rabâche que nous, « nous prêchons un Christ mis en Croix, scandale pour les Juifs et folie pour les païens » (1 Corinthiens 1, 23), mais hors duquel il n’existe pas de salut. Partant de cet événement fondateur de la mort et de la Résurrection du Christ, il nous découvre la vraie dimension – la verticalité – de la souffrance humaine : « Maintenant je me réjouis de souffrir pour vous et ce qui manque aux tribulations du Christ, je le complète dans ma chair au profit de son corps qui est l’Église » (Colossiens 1, 24) ; et ces tribulations qu’il endure avec tant de joie, « sont votre gloire », tient-il à préciser (Éphésiens 3, 13). Comment nous en inquiéter ou les craindre, alors que nous savons par expérience vitale que »le Dieu de toute consolation […] nous console dans toutes nos afflictions » (2 Corinthiens 1, 3-4) et ce, pas uniquement en vue de nous procurer la paix intérieure que les événements ne sauraient troubler, mais aussi « afin que nous puissions, grâce à la consolation que nous recevons de Dieu, consoler ceux qui sont affligés en quoi que ce soit » (2 Corinthiens 1, 4). (lire la suite) Nous pouvons ainsi porter aux autres le salut dont nous bénéficions nous-mêmes. Et leur faire comprendre que le vrai repos se trouve en Dieu et que c’est en portant notre croix de tous les jours que nous pouvons nous reposer effectivement en Dieu. « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau : c’est moi qui vous soulagerai – je suis le seul en mesure de le faire, car j’ai porté cette Croix pour vous. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école : je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le soulagement pour votre être, car mon joug est agréable et mon fardeau léger » (Matthieu 11, 28-30). Le Seigneur recadre la question en la ramenant à l’essentiel : l’union à sa Croix, ce qui revient à dire notre union avec lui, étant donné que nous le trouvons sur la Croix. Ainsi, « celui qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera » (Matthieu 10, 39). Autrement dit, il cessera de mener une existence purement mondaine, il décollera de l’horizontalité pour s’élever aux hauteurs de l’Amour de Dieu, dont il fera l’expérience, et, en Jésus-Christ, il trouvera la vraie vie, il sera absorbé par elle. Il comprendra toute la profondeur de l’affirmation de Simon-Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous – c’est-à-dire à qui d’autre que toi ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 68). Pour bien des hommes, « le dieu, c’est le ventre ; et ils mettent leur gloire dans ce qui est leur honte, n’ayant de sentiments que pour les choses de la terre. Mais pour nous, notre conversation est dans les cieux » (Philippiens 3, 19-20). Ce qui ouvre de toutes autres perspectives, permettant, encore une fois, d’élever le regard au-dessus des contingences terrestres et d’être introduit dans l’orbite de Dieu. Tel est donc le fruit d’une vie de renoncement joyeusement assumée pour imiter le Christ, que « si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui » (2 Timothée 2, 11), « car si nous sommes devenus un avec lui par une croix semblable à la sienne nous le serons aussi par une résurrection semblable à la sienne » (Romains 6, 5). « Pour lui, le Christ, je me suis désavantagé de tout […] pour le connaître, lui et les effets de sa résurrection et pour participer à ses souffrances, lui devenant semblable dans la mort, avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts » (Philippiens 3, 9-11). (fin)

jeudi 20 juin 2013

Évangile, porte du salut (3)

Évangile, porte du salut (3)

Il est vrai que, dans le domaine moral, un mal ne peut jamais devenir un bien, et doit donc être toujours rejeté résolument. Il faut être prévenu contre un faux attendrissement qui amène à faire le mal sous prétexte d’obtenir un bien, pour des motifs de charité prétendue. Or, la charité consiste à aimer Dieu en premier : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C'est là le plus grand et le premier commandement » (Matthieu 22, 37-38). Jamais, dans aucun contexte et à aucun titre, nous ne pouvons agir mal délibérément. « Il te fera pousser épines et chardons, et tu mangeras l’herbe des champs. À la sueur de ton front tu mangeras du main, jusqu’à ton retour au sol, car de lui tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras en poussière » (Genèse 3, 16-19). (lire la suite) C’est une situation inéluctable. Les choses étant ce qu’elles sont, la douleur fait partie intégrante de notre existence. Elle est un châtiment. Mais nous pouvons la sublimer, à partir du moment où le Christ l’a volontairement assumée et transformée, la retournant contre l’auteur même du mal, satan, lucifer, le prince des démons infernaux. Quand nous comprenons cela, il apparaît évident que la présence de la souffrance dans notre vie ne signifie pas que Dieu ne nous aime pas. C’est tout le contraire. La transformation de la Croix en instrument de Rédemption montre qu’en l’aimant, en nous y associant, nous sommes vraiment les enfants de Dieu dans le Fils et que notre vie a de la valeur à ses yeux. « Jésus prie dans le jardin : Pater mi (Matthieu 26, 39), Abba, Pater ! (Marc 14, 36). Dieu est mon Père, même s’Il m’envoie des souffrances. Il m’aime tendrement, alors même qu’Il me blesse. Jésus souffre, pour accomplir la Volonté du Père... Et moi qui veux aussi accomplir la très sainte Volonté de Dieu en marchant dans les traces du Maître, pourrais-je me plaindre si je rencontre la souffrance comme compagne de route ? Elle sera le meilleur signe de ma filiation, puisqu’Il me traite comme son Divin Fils. Et alors, comme Lui, je pourrai gémir et pleurer, tout seul, dans mon Gethsémani ; mais, prostré la face contre terre et reconnaissant mon néant, je ferai monter vers le Seigneur un cri sorti du fond de mon âme : Pater mi, Abba, Pater, ... fiat ! » (saint Josémaria, Chemin de Croix, 1e station, point de méditation n° 1). C’est effectivement une grande révolution. La seule qui mérite ce nom et qui débouche sur quelque chose de vraiment constructif et de durable. (à suivre…)

mardi 18 juin 2013

Évangile, porte du salut (2)

Évangile, porte du salut (2)

Or, les commandements de Dieu, ce ne sont pas uniquement ceux que le Seigneur Tout-Puissant a remis à Moïse sur le Sinaï et qui composent les deux Tables de la loi. C’est tout son enseignement qui nous trace un style de vie propre à ses disciples, aux vrais enfants de Dieu. Il forme un bloc, une unité, dont nous ne pouvons pas retrancher le moindre aspect. Et si nous ne retenons pas l’enseignement des Évangiles et la prédication apostolique pour les mettre en pratique, alors « vous auriez cru en vain » (1 Corinthiens 15, 2), précise encore saint Paul. Et alors, « votre foi est sans effet, vous êtres encore dans vos péchés » (1 Corinthiens 15, 17), ce qui serait désastreux. « Si c’est seulement pour cette vie que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous sommes les plus malheureux des hommes » (1 Corinthiens 15, 19). (lire la suite) Mais l’Évangile n’a rien d’une doctrine en pâte de guimauve. Il est fait pour des hommes pleinement hommes, virils, et pour les femmes fortes, qui s’attaquent aux vrais problèmes, les prennent à bras le corps. Nous sommes entièrement heureux quand nous avons mis notre foi dans le Christ. Il n’est pas un homme quelconque, mais le Fils de Dieu, vrai Dieu et vrai homme, qui a donné sa Vie pour que nous puissions accéder à la vie éternelle. Nous, « nous prêchons un Christ mis en Croix, scandale pour les Juifs, folie pour les païens ; mais pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs, c’est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu » (1 Corinthiens 1, 23-24). Et nous prêchons également « que le Christ est ressuscité d’entre les morts » (1 Corinthiens 15, 12). Pour cela, il a fallu qu’il passe d’abord par la mort sur la Croix, qu’il fasse de cette Croix la clef d’accès au paradis. Qu’il nous la laisse avec cette finalité, qui transforme totalement notre existence et lui donne une coloration et une dimension nouvelles. La coloration de l’Amour de Dieu et la dimension verticale, qui nous extirpe du monde purement matériel. « Voici la grande révolution chrétienne : convertir la douleur en une souffrance féconde ; faire d’un mal, un bien. Nous avons dépouillé le diable de cette arme… : et, avec elle, nous conquérons l’éternité » (saint Josémaria, Sillon, n° 887). Le mal qu’est la Croix est devenu l’arme suprême du Salut. (à suivre…)

dimanche 16 juin 2013

Évangile, porte du salut (1)

Évangile, porte du salut (1)

Nous lisons chez saint Paul la forte affirmation suivante : « Comme le monde, en effet, sous le régime de la sagesse de Dieu, n’avait pas reconnu Dieu par la sagesse, Dieu s’est plu à sauver les croyants par la folie de la prédication » (1 Corinthiens 1, 21). Les hommes se sont obstinés à endurcir leur cœur, à s’enliser dans des pensées charnelles. Moyennant quoi, « ils détiennent la vérité captive dans l’injustice, car ce qu’on peut connaître de Dieu est parmi eux manifeste : Dieu le leur a manifesté » (Romains 1, 18-19). Ils sont donc « insensés par nature tous les hommes qui n’avaient pas la science de Dieu, qui n’ont pas pu, par la vue de ses bienfaits, connaître Celui qui est » (Sagesse 13, 1). C’est pourquoi « lorsqu’est venue la plénitude du temps, Dieu a envoyé son Fils, formé d’une femme, né sous la Loi » (Galates 4, 4). Il est venu nous parler de la part de son Père, et il a prêché parmi nous, commençant par nous dire : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Matthieu 4, 17). (lire la suite) Sa prédication est source de Salut, car notre Seigneur est le Rédempteur de l’homme ! Il est impérieux de passer par lui ; qui se présente comme la voie d’accès unique au Père : « C’est moi qui suis la porte des brebis. […] Celui qui entrera par moi sera sauvé ; il ira et il viendra, et il trouvera pâture » (Jean 10, 7.9). Or, Jésus se présente aussi comme « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Il est la Parole vivante du Père. Nous devons être fiers de posséder une telle Parole, qui illumine notre chemin et donne la clarté à notre esprit, oriente nos raisonnements vers le bien, nous met sur la voie du bonheur véritable. « En effet, je n’ai pas honte de l’Évangile : car c’est une force divine pour le salut de quiconque croit, du Juif d’abord, du Grec ensuite » (Romains 1, 16), c’est-à-dire de tous les non-Juifs, de nous tous qui étions appelés à rejoindre le Christ au long des siècles, captivés par son enseignement irrésistible sur la Vérité. L’Évangile est donc une force vitale, un corps de doctrine qui se présente comme le guide rêvé pour notre existence, une force aimantée qui nous unit corps et âme à notre Dieu. « Je vous rappelle, frères, l’Évangile qui vous a été annoncé et que vous avez reçu, auquel aussi vous restez fidèles, par lequel aussi vous serez sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé » (1 Corinthiens 15, 1-2), c’est-à-dire sans altération, sans en frelater le contenu, mais en l’acceptant dans son intégralité et en le mettant en pratique. « Celui qui retient mes commandements et les met en pratique, voilà celui qui m’aime » (Jean14, 21). (à suivre…)

samedi 30 juin 2012

Confiance en Dieu (2)

Confiance en Dieu (2)

« Béni soit l’homme qui se confie dans le Seigneur. Le Seigneur répondra à sa confiance ! » (Jérémie 17, 7), quand il l’estimera opportun et de la façon qu’il jugera la plus appropriée. Ce qui est certain, c’est qu’il interviendra positivement. Et voici à quoi ressemble cet homme qui se confie en Dieu : « Il est comme un arbre planté au bord des eaux, qui étend ses racines vers le courant ; il ne sent pas quand vient la canicule, mais son feuillage reste vert ; il ne s’inquiète point en une année de sécheresse, n’arrêtant pas de porter du fruit » (Jérémie 17, 8), et donc de se sanctifier de plus en plus et de réaliser un apostolat fécond, faisant bénéficier les autres de l’abondance qu’il reçoit de l’eau vive de la grâce sanctifiante, laquelle jaillit pour la vie éternelle (cf. Jean 4, 14). Voilà pour l’homme qui met sa confiance en Dieu. Mais les autres ne doivent pas se décourager ni désespérer. (lire la suite) Car « le Christ qui est mort pour tous les hommes, veut que, dans son Église, les portes du pardon soient toujours ouvertes à quiconque revient du péché » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 982). Et, de fait, « il n’est personne, si coupable qu’il soit, qui ne doive espérer avec assurance son pardon, pourvu que son repentir soit sincère » (Catéchisme du concile de Trente 1, 11, 5). Quelle assurance nous devons tirer de semblables affirmations ! Elles ne sont pas peu de chose. En plus elles touchent à l’essentiel des intérêts de l’homme, à ce qui concerne sa vie future, c’est-à-dire son sort éternel. Il se peut, malgré tout, que des doutes surgissent au vu des obstacles auxquels nous nous heurtons et de la permanence de nos défauts en dépit du fait que nous les combattons depuis longtemps. « La confiance filiale est mise à l’épreuve quand nous avons le sentiment de n’être pas toujours exaucés. L’Évangile nous invite à nous interroger sur la conformité de notre prière au désir de l’Esprit » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 2756). C’est ce doute qui assaille le Seigneur sur la Croix et qu’il manifeste en entamant la récitation du psaume 22. Mais il se rappelle tout de suite l’histoire de la bonté de son Père envers son peuple, toutes les magnalia Dei (Exode 14, 13). « En toi se sont confiés nos pères ; ils se sont confiés et tu les as délivrés. Ils ont crié vers toi et ils ont été sauvés ; ils se sont confiés en toi, et ils n’ont pas été déçus » (Psaume 22, 5-6). Leur prière n’a donc pas été vaine, bien loin de là. Jésus ajoute, et la prière du juste souffrant correspond mot à mot à ce qu’il expérimente dans sa chair, « pour moi, je ne suis qu’un ver, et non un homme, l’opprobre des hommes et le rebut du peuple. Tous ceux qui me voient se moquent de moi ; ils agitent les lèvres, ils branlent la tête : « Il s’en remet au Seigneur : qu’il le sauve, qu’il le délivre, puisqu’il l’aime ! » (Psaume 22, 7-8). Bien triste blasphème… (à suivre…)

vendredi 22 juin 2012

Dieu ne fait pas acception des personnes (2)

Dieu ne fait pas acception des personnes (2)

Saint Paul nous raconte qu’il est monté à Jérusalem « à la suite d’une révélation » (Galates 2, 2) et qu’il y est allé pour exposer aux notables, c’est-à-dire les « colonnes de l’Église » que sont Pierre, Jacques et Jean, l’Évangile qu’il prêchait aux païens. Il leur expose le contenu de sa prédication « de peur de courir ou d’avoir couru pour rien » (Galates 2, 2) pendant les quatorze premières années écoulées (cf. Galates 2, 1). Il s’adresse à eux parce que ce sont eux qui peuvent assurer l’authenticité de son message. Mais, souligne-t-il, « peu m’importe ce qu’ils pouvaient être : Dieu ne fait pas acception des personnes » (Galates 2, 6). Certes, les apôtres sont constitués en autorité, mais tous et chacun ont leur place et leur rôle à tenir dans l’Église et dans la proclamation de l’Évangile. C’est une idée qui vient de loin et qui a une longue tradition derrière elle. Même si elle est loin d’avoir été comprise par les hommes. Et les Juifs pieux du temps de Jésus ont jeté l’anathème sur tous ceux qui n’appartenaient pas au peuple élu, ainsi que sur certaines catégories de la population considérées comme impures, tels que les lépreux ou les publicains. (lire la suite) Or, le Seigneur Dieu les avait invités à circoncire leur cœur (Deutéronome 10, 16), car, révélait-il, « le Seigneur votre Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, vaillant et redoutable, qui ne fait pas acception de personnes » (Deutéronome 10, 17). Il aime son peuple, tout son peuple. Et s’il est obligé de châtier ses infidélités, il ne lui retire pas pour autant son Amour. Mais il envoie ses messagers et ses prophètes pour essayer de le remettre à chaque fois sur le droit chemin et d’assurer ainsi son bonheur. De tous, il attend le repentir, car, proclame-t-il, « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs au repentir » (Luc 5, 32). Quand Simon-Pierre a été invité, au cours d’une vision, à se rendre chez le centurion Corneille, un « homme pieux et craignant Dieu » (Actes 10, 2), mais un païen tout de même, résidant à Césarée Maritime, pour l’instruire, lui et toute sa maisonnée, il prend la parole à l’invitation de son hôte : « Maintenant nous sommes tous réunis en présence de Dieu pour entendre tout ce que le Seigneur t’a prescrit de dire » (Actes 10, 33). Ses premiers mots sont l’expression de son émerveillement devant la nouvelle mission qui l’attend, face aux perspectives d’évangélisation élargie au monde païen : « En vérité, je me rends compte que Dieu ne fait pas acception de personnes, mais que, dans toute nation, celui qui le craint et qui pratique la justice dans ses œuvres lui est agréable » (Actes 10, 34). C’est comme une découverte inattendue qui le remplit d’aise et de joie. Car « nous savons que Dieu n’exauce pas les pécheurs ; mais si quelqu’un est pieux et fait sa volonté, celui-là, il l’exauce » (Jean 9, 31). Corneille n’appartient-il pas justement à cette catégorie de personnes pieuses, lui qui « faisait beaucoup d’aumônes au peuple et priait Dieu continuellement » (Actes 10, 2) ? (à suivre…)

samedi 2 juin 2012

Dureté de cœur (2)

Dureté de cœur (2)

À nombre de ceux qui l’écoutent, le Seigneur peut dire : « Qui est aveugle, sinon mon serviteur ; et sourd comme mon messager que j'envoie ? Qui est aveugle comme celui dont j'avais fait mon ami, aveugle comme le serviteur du Seigneur ? Tu as vu beaucoup de choses, et tu n'as rien retenu ; il a eu ses oreilles ouvertes, et il n'a rien entendu » (Isaïe 42, 19-20). Ceux-là ne saisissent ni le sens ni la portée de la prédication. Elle leur passe par-dessus la tête. L’Évangile est voilé « pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’esprit, afin qu’ils ne voient pas l’éclat du glorieux Évangile du Christ, qui est l’image de Dieu » (2 Corinthiens 4, 4). Tous ceux qui n’ont pas « accueilli l’amour de la vérité qui les eût sauvés », mais qui ont préféré « les séductions qu’offre le mal », « Dieu leur envoie une puissance active d’égarement qui les porte à croire au mensonge,
(lire la suite) afin que soient condamnés tous ceux qui n’auront pas cru à la vérité, mais se sont complus dans le mal » (2 Thessaloniciens 2, 10-12), donc de façon consciente et coupable, et dont ils doivent assumer la responsabilité. Alors que toi, Seigneur, « en vérité, je reconnais que [tu…] ne fais pas acception de personne, mais qu’en toute nation celui qui te craint et qui pratique la justice, [t’est] agréable » (Actes 10, 34-35). La dureté du cœur de certains, de beaucoup, ne se manifeste pas seulement quand ils se ferment à l’enseignement du Seigneur et que leur cœur se dessèche (cf. Nombres 11, 6). Elle intervient aussi dans la conduite quotidienne. Un jour, « des Pharisiens et des scribes venus de Jérusalem s'approchent de Jésus, disant : « Pourquoi vos disciples transgressent-ils la tradition des anciens ? Car ils ne se lavent pas les mains lorsqu'ils mangent » (Matthieu 15, 1-2). La belle affaire ! Ils aimeraient bien les condamner, si c’était en leur pouvoir, et ils attendent que le rabbi le fasse. Mais il leur répond en les remettant à leur place et en essayant de leur faire comprendre leurs propres transgressions, autrement graves que manger les mains non purifiées : « Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu par votre tradition ? Car Dieu a dit : Honore ton père et ta mère; et : Quiconque maudira son père ou sa mère, qu'il soit puni de mort. Mais vous, vous dites : « Quiconque dit à son père ou à sa mère : Ce dont j'aurais pu vous assister est offrande, — n'a pas à honorer (autrement) son père ou sa mère. » Et vous avez mis à néant la parole de Dieu par votre tradition » (Matthieu 15, 3-6). (à suivre…)

vendredi 18 novembre 2011

Pourquoi moi ? (2)


Pourquoi moi ? (2)

Cette question, nous pouvons la poser nous aussi au Seigneur : « Pourquoi moi ? Pourquoi m’as-tu accordé le don de la foi au baptême ? » Question qui se double parfois de celle-ci : « Pourquoi m’as-tu appelé, moi, à te suivre de plus près, par un engagement spécifique de rechercher activement la sainteté et de faire de l’apostolat ? » Dans notre monde actuel, il se trouve aussi tellement de gens plus savants ou placés à des postes de commande de la société, disposant des moyens de communication sociale et donc capables de répandre le message de l’Évangile à haute dose en touchant les masses. Mais c’est à moi, comme « à l’avorton » (1 Corinthiens 15, 8) que tu as fait appel. « Considérez en effet, frères, ce que représente votre appel : (lire la suite) pas de sages selon la chair, pas de gens puissants, peu de nobles de naissance. Mais ce qui est fou pour le monde, c’est ce que Dieu a choisi pour la confusion des sages ; et ce qui est faible pour le monde, c’est ce que Dieu a choisi pour la confusion de la force ; et ce qui pour le monde est sans naissance et méprisable, c’est ce que Dieu a choisi ; il a choisi ce qui n’est pas ; pour réduire à néant ce qui est » (1 Corinthiens 1, 26-28). Ce à quoi Paul ajoute une précision, qui donne raison de cette façon surprenante d’agir de Dieu : « Afin que nul ne se glorifie devant Dieu » (1 Corinthiens 1, 29). Car le trésor de la foi et de la grâce, « nous le tenons dans des vases de terre pour qu’il apparaisse que cette puissance débordante appartient à Dieu et ne vient pas de nous » (2 Corinthiens 4, 7).
La mission qui nous incombe d’accomplir un commandement divin, nous sommes bien incapables de la mener à bien par nous-mêmes, car nous sommes nécessairement des instruments inadaptés. « C’est que sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15, 5), dit le Seigneur. « Très volontiers je me glorifierai surtout dans ma faiblesse, afin que la force du Christ repose sur moi » (2 Corinthiens 12, 9).
Pourquoi moi ? La question n’a plus de sens si nous nous plaçons dans ce contexte objectif et surnaturel du choix de Dieu – qui ne peut ni se tromper, ni nous tromper -, choix qui s’accompagne toujours des grâces appropriées nous permettant de porter notre charge et de remplir la mission évangélisatrice dans la portion du troupeau de Dieu qui nous est confiée. N’oublions jamais cette affirmation particulièrement profonde de saint Thomas d’Aquin.

(à suivre…)

mardi 8 février 2011

La reconnaissance (2)


La reconnaissance (2)

Ayons l'humilité de reconnaître cette intervention de Dieu dans notre vie, comme pour les lépreux de l'Évangile, et laissons notre cœur chanter, déborder de joie et d'action de grâces, comme le Samaritain qui prend conscience de ce que Jésus a réalisé en lui. « Merci, mon Dieu, merci ! » Nous ne te remercierons jamais suffisamment et comme il le faut. Mais je voudrais que ma vie soit un chant d'action de grâces ininterrompu. C'est sans doute intéressé, puisque je sais qu'en agissant ainsi tu vas m'envoyer encore plus de grâces, surtout celles de la conversion intérieure, qui m'intéressent au plus haut point. (lire la suite)
« As-tu bien observé comment les enfants remercient ? — Imite-les en disant comme eux à Jésus, pour ce qui t’est favorable comme pour ce qui t’est adverse : « Que tu es bon, que tu es bon !… »
Cette phrase prononcée avec conviction est le chemin d’enfance. Par là tu gagneras la paix, certes avec des limites et une mesure de rires comme de larmes, mais aussi avec un Amour sans limites ni mesure » (saint Josémaria, Chemin, n° 894).
Il est vrai que nous ne méritons pas que le Seigneur s'intéresse à nous. Mais en même temps nous sommes sa raison d'être sur terre. Il « essuiera toute larme », nous assure l'Écriture (Apocalypse 7, 17). Et tel est bien le cas, pour qui sait reconnaître les interventions de Dieu dans son existence. Demeurons dans l'action de grâces. « Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t'offrir notre action de grâces toujours et en tout lieu » (préface). Ces paroles que le prêtre prononce à la messe ne doivent pas rester lettre morte. Savourons-les et faisons-les pleinement nôtres. « Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire... »

(fin)

mardi 25 janvier 2011

La nécessité de lire l’Ecriture Sainte (2)

La nécessité de lire l’Ecriture Sainte (2)

A quoi bon emmagasiner de grandes connaissances intellectuelles si nous passons à côté de tels écrits, les plus enrichissants, les plus nourrissants, les plus euphorisants aussi, qui soient ? « Même si un illettré ne peut pas lire l’Ecriture Sainte, rien ne l’empêche d’écouter avec bonne volonté celui qui lit. Quant à celui qui sait lire, ne peut-il se procurer des livres où il puisse lire à loisir la Sainte Ecriture ? » (saint Césaire d’Arles, Sermons au peuple 6, 1).
Voulant expliquer l’obligation qui incombe à tous de lire la Sainte Ecriture, le saint évêque d’Arles ajoute : (lire la suite) « Arrachons-nous aux bavardages vains et aux plaisanteries mordantes ; rejetons autant qu’il est possible les propos oiseux et inconvenants, et voyons s’il ne nous reste pas de temps à consacrer à la lecture de l’Ecriture Sainte » (Ibid.). Il montre par là que ce n’est pas le temps qui nous manque, mais l’intérêt, et l’intérêt bien compris de notre âme qui, privée de la familiarité avec la Sainte Ecriture, s’étiole, n’arrive pas à s’élever au-dessus des contingences terrestres et est dépourvue d’élan vital pour entreprendre les choses de Dieu.
« Quand les nuits sont plus longues, y aura-t-il quelqu’un capable de tant dormir qu’il ne puisse lire personnellement ou écouter les autres lire l’Ecriture Sainte au moins pendant trois heures ? » (Ibid. 6, 2). Sans aller jusque-là, nous pourrions nous fixer pour objectif quotidien de quelques minutes consacrées à lire un passage du Nouveau Testament, sans préjudice de moments plus longs passés à lire d’autres passages à des époques plus favorables. La fréquentation de Dieu dans la Sainte Ecriture nous fait beaucoup de bien, nous sanctifie, nous permet de nous identifier progressivement au modèle qu’est Jésus-Christ, dont nous voyons la vie se dérouler sous nos yeux. « Dans ta prière, je te conseille d’intervenir dans les scènes de l’Évangile, comme un personnage de plus. Représente-toi d’abord la scène ou le mystère, qui te servira à te recueillir et à méditer. Ensuite mets à contribution ton intelligence pour contempler un trait de la vie du Maître : son Cœur attendri, son humilité, sa pureté, son accomplissement de la Volonté du Père. Puis raconte-lui ce qui t’arrive d’ordinaire dans ce domaine, ce qui se passe chez toi, en ce moment. Demeure attentif. Il voudra peut-être t’indiquer quelque chose : c’est alors que viendront les motions intérieures, les découvertes, les reproches » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 253). Et du coup les rectifications et de vrais progrès sur la voie de la sainteté. C’est bien ce dont une âme éprise de Dieu doit se soucier en priorité.

(à suivre…)