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mercredi 4 décembre 2013

Connaître en écoutant (8)

Connaître en écoutant (8)

Par ces mots, il se condamne lui-même. Il trahit sa paresse et son refus de rendre à son maître ce qui lui revient, c’est-à-dire sa gloire. En outre, il ne connaît pas le moins du monde son maître, sur lequel il se permet de porter un jugement injuste et erroné. Car ce maître, qui n’est autre que notre Seigneur, est le contraire d’un homme dur de cœur. « Je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29), affirme-t-il de lui-même. « Le Seigneur est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et plein de bonté. Le Seigneur est bon envers tous, et sa compassion s’étend à toutes ses œuvres » (Psaume 144, 8-9). Or, l’homme est bien l’œuvre de ses mains (cf. Genèse 1, 26). C’est donc bien mal connaître Dieu que (lire la suite) de voir en lui quelqu’un de dur. Il se présente comme le « Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, débordant de bonté et de fidélité, qui se montre bon pour des milliers, qui pardonne la faute, la transgression et le péché ; mais il ne les laisse pas impunis, visitant l’iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération » (Exode 34, 6-7). Or, le serviteur de la parabole a fauté. Il s’entend reprocher son comportement inqualifiable : « C’est d’après tes paroles que je te juge, mauvais serviteur. Tu savais que moi, je suis un homme dur – ce sont tes propres mots -, prenant ce que je n’ai pas mis et moissonnant ce que je n’ai pas semé. Alors, pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon retour, je l’aurais recouvré avec un intérêt » (Luc 19, 22-23). Tu pouvais facilement imaginer que c’était ce que j’attendais de toi. Cela n’avait vraiment rien de sorcier. D’ailleurs tes compagnons l’ont parfaitement compris et ont agi en conséquence. « Et il dit à ceux qui étaient là : « Enlevez-lui la mine et donnez-la à celui qui a les dix mines » (Luc 19, 24). Lui, au moins, il saura la faire produire comme il faut. Les dons que nous avons reçus sont les moyens fournis gratuitement par Dieu, mis gracieusement à notre disposition par lui, pour que nous puissions parvenir à être saints, et que notre travail bénéficie également aux autres, soit source de corédemption. « À ne pas oublier : il faut qu’il y ait dans toutes les activités humaines, des hommes et des femmes qui, dans leur vie et dans leurs œuvres, portent la Croix du Christ, dressée haute, visible, réparatrice ; symbole de la paix, de la joie ; symbole de la Rédemption, de l’unité du genre humain, et de l’amour dont Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit, la Trinité Bienheureuse a aimé et aime toujours l’humanité ! » (saint Josémaria, Sillon, n° 985). (fin)

mercredi 18 septembre 2013

Les plans de Dieu (12)

Les plans de Dieu (12)

Celui qui est véritablement mon enfant écoute et met en pratique ce que mon Fils a dit : « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour et me suive » (Luc 9, 23). Si la croix n’est pas inscrite au cœur de votre vie, vous passez à côté de l’essentiel. Vous ratez le principal. Car mon Fils vous a sauvés principalement et essentiellement par la Croix glorieuse. Par par sa prédication ou ses miracles, mais en mourant sur la Croix. Absolument. Toute sa vie, certes, avait une profonde valeur rédemptrice, dans ses moindres détails, dans tous ses aspects, même les plus minimes et les plus matériels. Mais là où vous a vraiment sauvés, c’est au Calvaire, quand il s’est écrié : Consummatum est ! « C’est accompli ! » (Jean 19, 30). J’ai mené ma mission à son terme. C’est maintenant l’affaire des hommes. À eux de jouer. (lire la suite) Si vous ne prenez pas la croix à la suite de mon Fils, votre prière aura beau multiplier les mots, je ne pourrai guère y répondre. « Si tu me demandes avec attention, mais sans persévérance… je te répondrai, mais si bas que tu n’entendras pas clairement ma réponse : car ton amour est trop faible pour obtenir ce que tu demandes » (Malebranche, Méditations chrétiennes, 3e méditation). Si vous voulez que je vous exauce,ne soyez donc pas timorés, irrésolus. Si vous me demandez, allez-y carrément ! Demandez-moi la lune. Demandez l’impossible, sachant que « rien n’est impossible à Dieu » (Luc 1, 37). Je l’ai amplement démontré ? « Je vous le dis, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment » (2 Corinthiens 9, 7). Pareillement, qui demande peu reçoit peu. Si vous voyez que je ne vous exauce pas, c’est bien de votre faute. Je n’aime pas les mous, les mollassons, les mouligasses. « Ne dis pas : « C’est mon tempérament…, ce sont des manifestations de mon caractère. » Ce sont des manifestations de ton manque de caractère : sois homme, esto vir » (saint Josémaria, Chemin, n° 4). Et vir desideriorum, « un homme de désirs » saints, comme mon serviteur Daniel (cf. Daniel 10, 11.19). qui fait état de ses souhaits sans complexe. J’aime que l’on soit exigeant avec moi. Cela me fait plaisir, parce que cela traduit un zèle dévorant pour la maison de Dieu (cf. Jean 2, 17) et pour l’évangélisation. Et ce n’est pas parce que vous péchez malgré vos protestations de fidélité que je ne vais pas satisfaire vos requêtes. Il me suffit que vous me demandiez pardon pour que mon Cœur se ramollise et qu’il se laisse fléchir. (à suivre…)

mercredi 4 septembre 2013

Mission impossible (5)

Mission impossible (5)

Dieu qui « est riche en miséricorde » (Éphésiens 2, 4). « Celui qui trône dans les cieux se rit, le Seigneur se moque d’eux » (Psaume 2, 4). Écouteront-ils le prophète les presser de rendre hommage à Dieu en tremblant, « de peur qu’il ne s’irrite contre vous et que vous ne périssiez hors de la voie, car sa colère s’enflamme vite » (Psaume 2, 12). Or donc, « qu’une armée vienne camper contre moi, mon cœur ne craindra point ; que contre moi s’engage le combat, alors même j’aurai confiance » (Psaume 27, 3), car « le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrais-je ? » (Psaume 27, 1). C’est un langage que les mondains ne comprennent pas,car ils vivent dans la peur permanente d’être déboulonnés par quelqu’un de plus fort qu’eux, par un concurrent, comme Hérode tremble à la simple annonce qu’un nouveau-né puisse lui disputer un jour le trône… (lire la suite) La fidélité de Moïse et les humiliations subies de la part du pharaon finissent par être récompensées, comme Dieu le lui a annoncé : « Tu verras bientôt ce que je ferai à Pharaon [moi, et non toi, qui n’es que mon haut-parleur] : forcé par une main puissante, il les laissera aller [les fils d’Israël] ; forcé par une main puissante, il les chassera de son pays » (Exode 6, 1). Et s’il se repens par la suite : « Qu’avons-nous fait de laisser aller Israël qui ne nous servir a plus ? » (Exode 14, 5), c’est trop tard. Il a beau prendre la tête de ses chars et de ses cavaliers, c’est inutile. Ils seront engloutis dans les eaux de la mer Rouge, « et il n’en resta pas un seul » (Exode 14, 29). L’heure n’est pas éloignée où Moïse et tout le peuple pourront chanter à pleins poumons à la louange du Tout-Puissant : « Il a jeté à l’eau cheval et cavalier » (Exode 15, 1). Ce jour-là, « Israël vit sur le rivage de la mer les Égyptiens morts » (Exode 14, 30). Avec le prophète Jérémie, nous avons un autre exemple de mission impossible. Le Seigneur attire son attention sur la situation de son peuple : « As-tu vu ce qu’a fait Israël la schismatique ? Elle est allée sur toute montagne élevée et sous tout arbre vert – sous-entendu, elle a sacrifié à des divinités étrangères, ce que je lui avais formellement interdit parce que « c'est moi, moi qui suis Dieu, et qu'il n'y a point de Dieu à côté de moi » (Deutéronome 32, 39) –, et elle s’y est prostituée » (Jérémie 3, 6). Dieu chargea lors Jérémie d’un message de conversion, une conversion que la bonté de Dieu devrait faciliter grandement : « Reviens, schismatique Israël. Je ne vous fera pas un mauvais visage, car je suis bienveillant – oracle du Seigneur – et je ne conserve pas [ma colère] à jamais » (Jérémie 3, 12). (à suivre…)

mercredi 10 octobre 2012

Connaître en écoutant (8)

Connaître en écoutant (8)

Par ces mots, cet homme se condamne lui-même. Il trahit sa paresse et son refus de rendre à son maître ce qui lui revient, c’est-à-dire sa gloire. En outre, il ne connaît pas le moins du monde son maître, sur lequel il se permet de porter un jugement injuste et erroné. Car ce maître, qui n’est autre que notre Seigneur, est le contraire d’une homme dur de cœur. « Je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29), affirme-t-il de lui-même. « Le Seigneur est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et plein de bonté. Le Seigneur est bon envers tous, et sa compassion s’étend à toutes ses œuvres » (Psaume 144, 8-9). Or, l’homme est bien l’œuvre de ses mains (cf. Genèse 1, 26). C’est donc bien mal connaître Dieu que de voir en
lui quelqu’un de dur. Il se présente comme le « Dieu miséricordieux et compatissant, (lire la suite) lent à la colère, débordant de bonté et de fidélité, qui se montre bon pour des milliers, qui pardonne la faute, la transgression et le péché ; mais il ne les laisse pas impunis, visitant l’iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération » (Exode 34, 6-7). Or, le serviteur de la parabole a fauté. Il s’entend reprocher son comportement inqualifiable : « C’est d’après tes paroles que je te juge, mauvais serviteur. Tu savais que moi, je suis un homme dur – ce sont tes propres mots -, prenant ce que je n’ai pas mis et moissonnant ce que je n’ai pas semé. Alors, pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon retour, je l’aurais recouvré avec un intérêt » (Luc 19, 22-23). Tu pouvais facilement imaginer que c’était ce que j’attendais de toi. Cela n’avait vraiment rien de sorcier. D’ailleurs tes compagnons l’ont parfaitement compris et ont agi en conséquence. « Et il dit à ceux qui étaient là : « Enlevez-lui la mine et donnez-la à celui qui a les dix mines » (Luc 19, 24). Lui, au moins, il saura la faire produire comme il faut. Les dons que nous avons reçus sont les moyens fournis gratuitement par Dieu, mis gracieusement à notre disposition par lui, pour que nous puissions parvenir à être saints, et que notre travail bénéficie également aux autres, soit source de corédemption. « À ne pas oublier : il faut qu’il y ait dans toutes les activités humaines, des hommes et des femmes qui, dans leur vie et dans leurs œuvres, portent la Croix du Christ, dressée haute, visible, réparatrice ; symbole de la paix, de la joie ; symbole de la Rédemption, de l’unité du genre humain, et de l’amour dont Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit, la Trinité Bienheureuse a aimé et aime toujours l’humanité ! » (saint Josémaria, Sillon, n° 985). (fin)

vendredi 5 octobre 2012

Connaître en écoutant (3)

Connaître en écoutant (3)

Mais le Seigneur ne s’était pas privé de la rappeler de temps à autre, question de nous faire comprendre qu’à ses yeux nous restions vraiment ses enfants. Des enfants terribles, certes, mais ses enfants tout de même. Dieu reste notre Père, quoi qu’il arrive, quels que soient nos égarements. Et chaque fois que nous revenons à lui, le cœur contrit et rempli d’humilité (cf. Psaume 50, 19), il nous le prouve. C’est l’enseignement que nous tirons de la parabole du fils prodigue (cf. Luc 15, 11-32). « Le père de l'enfant prodigue est fidèle à sa paternité, fidèle à l'amour dont il comblait son fils depuis toujours. Cette fidélité ne s'exprime pas seulement dans la parabole par la promptitude de l'accueil, lorsque le fils revient à la maison après avoir dilapidé son héritage; elle s'exprime surtout bien davantage par cette joie, par cette fête si généreuse à l'égard du prodigue après son retour » (Jean-Paul II, lette encyclique Dives in misericordia, 30 novembre 1980, n° 8). (lire la suite)
Dieu s’est toujours présenté comme étant fidèle à ses promesses. Mais ici, nous avons davantage, parce que c’est la miséricorde et la mansuétude de notre Dieu qui s’étalent au grand jour, et parce que quelque chose de très profond est mis en évidence : « Les causes de cette émotion doivent être recherchées plus profondément: le père est conscient qu'un bien fondamental a été sauvé, l'humanité de son fils. Bien que celui-ci ait dilapidé son héritage, son humanité est cependant sauve. Plus encore, elle a été comme retrouvée » (Ibid.). Voilà ce qu’il y a de plus étonnant et de plus émouvant dans l’attitude de Dieu à notre égard, et de plus inattendu aussi, dans une perspective humaine. Par là, le Seigneur nous répète ce qu’il affirmait déjà par la bouche du prophète : « Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon Fils ; moi-même, aujourd’hui, je t’ai engendré » (Psaume 2, 7). Et, en t’envoyant mon propre Fils, je t’ai réengendré, je t’ai réintroduit, réadmis dans ma propre vie. Et en te pardonnant tes péchés, je t’engendre de nouveau à la vie de la grâce, qui n’est autre que la lymphe vivifiante qui circule inlassablement de moi à mon Fils et vice-versa sous l’action de notre Esprit commun. Je t’ai tiré des extrémités de la terre et je t’ai appelé des lointaines régions pour te dire : « Tu es mon serviteur, je t’ai élu et je ne t’ai pas dédaigné » (Isaïe 41, 9). Nous avons donc toutes les raisons du monde pour vouloir connaître ce Dieu qui nous donne tout et qui nous aime tellement. Or, Dieu est saint, par excellence, en lui-même. Il est la Sainteté. Le connaître réellement, c’est donc nous efforcer d’être saints à notre tour pour lui rendre gloire et pour que les autres le glorifient à travers nous. « Que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matthieu 6, 16). (à suivre…)

vendredi 27 juillet 2012

Marie-Madeleine (6)

Marie-Madeleine (6)

« Jésus lui dit : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore remonté vers le Père ; mais va-t-en vers mes frères et dis-leur que je vais remonter vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20, 17). C’est vraiment surprenant, quand l’on sait le peu de prix que les Juifs attachaient au témoignage d’une femme. C’est un peu l’envoyer au casse-pipe. Une sorte de mission impossible. Comme dans le cas de Jérémie, quand Dieu s’adresse à lui et l’envoie auprès du peuple : « Tu leur diras tout cela, ils ne t’écouteront pas ; tu les appelleras, ils ne te répondront pas » (Jérémie 7, 27). Une femme envoyée porter la bonne nouvelle à des hommes ! « Marie-Madeleine s’en fut annoncer à ses disciples : « J’ai vu le Seigneur. Et voici ce qu’il m’a dit » (Jean 20, 18). Jean se borne à cet énoncé lapidaire, mais nous savons par saint Luc que ce qui devait arriver arriva : « Ses paroles leur parurent pure divagation, et ils ne la crurent pas » (Luc 24, 11). (lire la suite)
Le Seigneur se montrera aussi plus tard à ses disciples, conformément à la promesse formulée le Jeudi Saint : « Vous, vous me verrez, parce que moi, je suis vivant et que vous vivrez, vous aussi » (Jean 14, 19). La foi renaît plus vive et plus forte que jamais, désormais invincible, car fondée sur une expérience décisive : « La mort et la vie s’affrontèrent / en un duel prodigieux. / Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne ». Les signes de la résurrection attestent la victoire de la vie sur la mort, de l’amour sur la haine, de la miséricorde sur la vengeance : « Le sépulcre du Christ vivant, / la gloire du Christ ressuscité, / et les anges ses témoins, / le suaire et ses vêtements » ((Benoît XVI, Message pour le jour de Pâques, 8 avril 2012). Rendons grâce au Seigneur pour la fidélité des saintes femmes qui l’ont accompagné. Il est probable que Jésus les a appelées une par une, comme ses apôtres. Autrement, l’on ne s’expliquerait pas que des femmes le suivent : ce n’était pas dans les mœurs du temps. Remercions-leur de leur amour de Jésus-Christ et demandons-leur de nous aider à l’aimer dans l’épreuve, quand l’horizon semble bouché, à aller toujours vers le Seigneur, à revenir au tabernacle où il nous attend, et qui est le sépulcre permanent de sa présence parmi nous. (fin)

jeudi 26 juillet 2012

Marie-Madeleine (5)

Marie-Madeleine (5)

Quel bel exemple de prière nous donne Marie-Madeleine, et quelle assurance d’être exaucés au-delà de nos attentes nous apporte le Seigneur ! « Il faut mesurer avec quelle force l’amour avait embrasé l’âme de cette femme qui ne s’éloignait pas du tombeau du Seigneur, même lorsque les disciples l’avait quitté. Elle recherchait celui qu’elle ne trouvait pas, elle pleurait en le cherchant, et, embrasée par le feu de son amour, elle brûlait du désir de celui qu’elle croyait enlevé. C’est pour cela qu’elle a été la seule à le voir, elle qui était restée pour le chercher, car l’efficacité d’une œuvre bonne tient à la persévérance, et la Vérité dit cette parole : Celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé » (saint Grégoire le Grand, Homiliæ in Evangelia 25, 2). (lire la suite)
Le comportement tout entier de Marie-Madeleine était une prière. Pierre et Jean se sont contentés d’observer, bien que Jean « vit et il crut » (Jean 20, 8). Prient-ils ? Marie-Madeleine est restée à côté du tombeau, voulant accompagner celui qui n’était plus là et qui était cependant beaucoup plus présent qu’elle ne pouvait l’imaginer. Elle l’apprendra peu à peu : Dieu est présent dans l’âme en état de grâce. Car voici quelle « est la première parmi toutes les choses belles et honnêtes : toujours posséder Dieu » (saint Grégoire de Nazianze, Epistulæ 212). Notre Seigneur est en nous à demeure. Notre âme deviendra le temple du Saint-Esprit (cf. 1 Corinthiens 6, 19), quand elle recevra l’effusion de la Pentecôte. Elle sentira que ce Jésus qu’elle aime tant ne la quittera plus et qu’il l’aime, lui, infiniment plus qu’elle ne peut l’aimer. L’exemple de Marie-Madeleine qui persévère dans sa fidélité au Seigneur en des moments particulièrement difficiles nous apprend que celui qui cherche Jésus-Christ avec sincérité et constance finit par le trouver, car notre Dieu n’est pas un Dieu lointain. Et, malgré nos infidélités, Jésus nous appelle « frères » et « amis ». (à suivre…)

vendredi 30 décembre 2011

Noël (6)


Noël (6)

Ici, à Bethléem, il s’agit de contempler cette Parole, le Verbe fait chair, Enfant, qui nous tend les bras, parce qu’il nous aime. Nous faisons notre prière avec Marie et Joseph, avec la Théotokos, la « Mère de Dieu », et avec celui qui lui sert de père sur terre, qui, aux yeux des hommes, fait office de père nourricier. Ainsi, nous sommes bien unis à la Sainte Famille, en compagnie de la « trinité de la terre » : « Jésus, Marie, Joseph, je veux être toujours avec vous trois », disait saint Josémaria. Et nous apprenons de Marie et Joseph à fréquenter notre Seigneur, à parler à Jésus, à nous entretenir avec lui, à lui dire ce qui, selon nous, nous convient et convient aux autres. (lire la suite)
Personne n’a fréquenté de plus près et avec plus d’intimité le Fils de Dieu que Marie et Joseph. Personne ne l’a aimé plus parfaitement, ni mieux connu et compris qu’eux. Unissons notre cœur à celui de Jésus, à ceux de Marie et de Joseph. Nous ne faisons plus qu’un seul cœur, et nous tressons cette fameuse couronne de cœurs qui s’aiment profondément.
Nous contemplons le Verbe de Dieu. Il nous parle dans notre âme, dans notre prière, à partir de notre contemplation du Seigneur Enfant, adolescent, homme, du Seigneur dans les différentes phases de sa vie terrestre et dans les diverses tâches propres à chaque étape de sa vie : au foyer familial, à l’école, dans l’atelier de charpentier, dans les jeux, pendant sa prière communautaire à la synagogue ou lors de ses pèlerinages au Temple… La Parole a une voix et un visage. La Parole n’est pas seulement proclamée, comme pendant cette nuit, et à chaque messe, mais elle s’offre à notre contemplation, à notre méditation. Et Marie est la première à la contempler, avec Joseph aussi. Ils écoutent et ils regardent. Et cette écoute et cette contemplation de la Parole de Dieu fait naître dans leur cœur des désirs accrus de sainteté, de fidélité, des désirs sans cesse renouvelés. Il nous semble entendre saint Paul dire : « Vous avez appris comment vous devez vous conduire pour plaire à Dieu, et c’est ainsi que vous vous conduisez, mais faites encore plus » (1 Thessaloniciens 4, 1).
Qu’il en aille ainsi pour nous. Demandons à l’Enfant Jésus, par l’intermédiaire de Sainte Marie et de saint Joseph, que la fidélité de chacun d’entre nous se traduise par des fruits de sainteté personnelle, par une vie pure et droite, par un apostolat quotidien, l’annonce du Christ Sauveur à ceux que nous côtoyons ou que nous rencontrons, comme les bergers le firent dans cette nuit sainte : ils « s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été dit » (Luc 2, 20) ; et par un zèle constant à servir l’Eglise et à être uni au saint-père, le père commun de tous les catholiques.

(fin)

jeudi 24 novembre 2011

Le fardeau léger (5)


Le fardeau léger (5)

« Je suis avec toi pour te sauver » (Jérémie 30, 11), nous dit le Seigneur. C’est bien pour cela que tu es venu sur notre terre, Seigneur, non pour condamner, comme dans les temps anciens, mais pour sauver, « non pour juger le monde, mais pour sauver le monde » (Jean 12, 47), et pour que nous ayons la vie en abondance : « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance » (Jean 10, 10). Tels sont tes sentiments de bonté et de miséricorde. « Je suis Dieu, moi, et non pas un homme » (Osée11, 9). « Si nous sommes infidèles, lui est fidèle » (2 Timothée 2, 13). (lire la suite)
Dieu pousse sa bonté et sa libéralité jusqu’à nous dire, parce qu’il agit en pure gratuité : « Ô vous tous qui avez soif, venez aux eaux, vous-mêmes qui n’avez pas d’argent, venez, achetez du blé et mangez ; venez, achetez sans argent, et sans payer, vin et lait. (…) Prêtez l’oreille et venez à moi, écoutez et que votre âme vive ; et je conclurai avec vous ne alliance éternelle » (Isaïe 55, 1.3). Il ne se lasse pas de nouer de nouvelles alliances chaque fois que les hommes la brisent : « Que de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! » (Matthieu 23, 37). Et pourtant, nous devons bien constater, avec une énorme reconnaissance, que « Le Seigneur, Le Seigneur, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, débordant de bonté et de fidélité » (Ézéchiel 34, 6), ce que l’Écriture ne cesse de répéter (cf. Nombres 9, 17 ; Psaume 86, 15 ;103, 8 ; 145, 83 ; Joël 2, 13 ; Jonas 4, 2 ; etc.). Voilà la réalité. Tel est notre Dieu. « Ce que j’ai dit, je l’ai dit. Et je sais ce que je dis », dit Dieu. Je suis doux et humble de cœur, et mon Cœur est rempli à votre égard de sentiments de paix et non d’affliction (cf. ), mais elles sont « bienveillantes pour celui qui marche avec droiture » (Michée 2, 7). Comme j’aimerais vous rassembler et que vous ne fassiez qu’un avec moi, comme mon Père ne fait qu’un avec moi et moi je ne fais qu’un avec mon Père ! (cf. Jean 17, 21). Car, je veux que là où je suis, vous y soyez vous aussi (cf. Jean 14, 2). C’est pour cela que je suis remonté auprès de mon Père, afin de vous préparer une place dans notre compagnie (cf. Jean 14, 1). « Déchirez vos cœurs, et non vos vêtements, et revenez à Le Seigneur, votre Dieu, car il est aimable et compatissant, lent à la colère et riche de bonté, se repentant du mal qu’il inflige » (Joël 2, 13).

(à suivre…)

mardi 22 novembre 2011

Le fardeau léger (3)


Le fardeau léger (3)

Réciproquement, Seigneur, si je te connais réellement tel que tu es, je t’aime nécessairement, et je sais qu’en toi se trouvent le pardon et le repos de l’âme. Je sais que tu es patient et miséricordieux. Tu es le « Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité » (Exode 34, 7). Je sais que, fondamentalement, tu es bon, la Bonté même : « Goûtez et voyez combien Le Seigneur est bon ! Heureux l'homme qui met en lui son refuge ! » (Psaume 34, 9).
C’est cette Bonté qui t’amène à lancer ton invitation : « Venez à moi, vous tous qui peinez », car tu entends prendre sur toi le fardeau de nos péchés, que nous avons déposé sur tes épaules dans la confession, et nous en soulager ainsi (cf. Matthieu 11, 28). (lire la suite)
Mais tu ne t’arrêtes pas là, car tu ajoutes : « Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école : je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29). « Confiez-vous en Le Seigneur, à jamais ; car Le Seigneur est un rocher éternel » (Isaïe 26, 4). Quelle grande vérité ! Quelle assurance elle nous communique ! « Venez à moi » et « prenez sur vous mon joug ». La première partie est séduisante. La seconde nous fait hésiter quelque peu… Nous n’avons pas envie de nous assujettir à quoi que ce soit ni à qui que ce soit. Nous voulons être libres de nos mouvements, plus encore de nos décisions.
Heureusement, j’entends le même Jésus nous assurer : « La vérité vous rendra libres » (Jean 8, 33), et aussi : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Nous n’avons donc rien à craindre en optant pour Dieu. Prendre le parti de Dieu, c’est obtenir la vraie liberté des enfants de Dieu. Mais il faut quand même prendre le joug du Seigneur… Il nous a précisé ce qu’il entend par là : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même ; qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive » (Luc 9, 23). Tel est le joug auquel il faut nous soumettre. Il n’est autre que participer à la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, qui est l’instrument de la véritable libération de l’homme, la libération des chaînes du péché. le Christ est la Voie, parce qu’il est la Vérité et que la Vérité assure la liberté.
Prendre le joug du Christ signifie donc renoncer à nous-mêmes. Ce poids sous lequel nous ployons est celui de nos misères personnelles, qui se manifestent précisément par le fait de nous mettre en valeur, de nous accorder de l’importance, d’agir pour des motifs humains, de laisser le « vieil homme » (Romains 6, 5) nous imposer sa loi. C’est cela qui nous fatigue ; non de suivre le Christ. Parce qu’il est le « Prince de la Paix » (Isaïe 9, 5). Quand nous le suivons, nous sommes dans la paix : « Je vous laisse ma paix ; c’et ma paix à moi que je vous donne » (Jean 14, 27). « Paix à vous ! » (Jean 20, 19). Telle est la salutation du Seigneur, la salutation essentielle, la salutation chrétienne.

(à suivre…)

mercredi 4 mai 2011

L’Ascension (3)

L’Ascension (3)

La solennité de l’Ascension nous rappelle que « nous n’avons pas ici-bas de cité permanente » (Hébreux 13, 14) et qu’en remontant auprès du Père, Jésus est allé nous préparer une place comme il l’avait annoncé à ses apôtres le Jeudi Saint (cf. Jean 14, 3). C’est cette place que nous convoitons, d’où nous verrons Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit en face à face, et non plus comme en énigme (cf. 1 Corinthiens 13, 12). « Vultum tuum, domine, requiram… »
« L’Ascension du Christ est notre propre élévation et, là où a précédé la gloire de la tête, là aussi est appelée l’espérance du corps : laissons donc éclater notre joie ; et réjouissons-nous dans une pieuse action de grâces. Aujourd’hui, en effet, (lire la suite) non seulement sous sommes confirmés dans la possession du paradis, mais nous avons pénétré avec le Christ dans les hauteurs des cieux ; nous avons reçu davantage par la grâce du Christ que nous n’avions perdu par la haine du diable. Car ceux que cet ennemi venimeux avait chassés du premier séjour du bonheur, le Fils de Dieu se les a incorporés pour les placer ensuite à la droite du Père » (saint Léon le Grand, Sermon I sur l’Ascension 4).
Nous voudrions que le Christ reste parmi nous : mane nobiscum (Luc 24, 28) Une façon de maintenir cette présence, c’est d’être fidèle au commandement du Seigneur : « Si vous mettez mes commandements en pratique, vous demeurerez dans mon amour, tout comme moi j’ai mis en pratique les commandements de mon Père et je demeure en son amour » (Jean 15, 10). Demeurer dans son amour et, pour cela, observer ses commandements, qui sont des commandements d’amour, la Loi de l’Amour, et qui de ce fait « ne sont pas écrasants » (1 Jean 5, 3). La fidélité à nos engagements d’amour est donc le meilleur moyen de fortifier, de renforcer et d’intensifier cette présence de Dieu, non seulement en chacun de nous, mais aussi dans notre famille et autour de nous. « Si vous m’aimez, vous mettrez mes commandements en pratique. Et moi je demanderai au Père de vous donner un autre Intercesseur qui soit à demeure avec vous pour toujours » (Jean 14, 15-16).
Le Seigneur dit encore : « Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous nous établirons chez lui à demeure » (Jean 14, 23). Le même Jean dira, comme en écho, ces mots merveilleux qu’il met dans la bouche du Seigneur : « Voici que je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je dînerai avec lui et lui avec moi » (Apocalypse 3, 20).

(à suivre…)

vendredi 8 avril 2011

L’amitié

L’amitié

Sont amis – je mets à part cette amitié qu’on ne devrait pas appeler ainsi, celle qui est le fait d’une mauvaise conscience : en effet, il y a des hommes qui s’unissent pour faire le mal de concert et ils semblent liés entre eux parce qu’ils sont unis par leur mauvaise conscience – mise à part, donc, cette amitié criminelle, il est une amitié encore charnelle, née de l’habitude et de la cohabitation, des conversations, de la vie commune, qui fait qu’un homme est attristé quand le délaisse l’ami avec lequel il a coutume de parler et d’être en relation. Deux hommes se rencontrent, marchent ensemble pendant trois jours, et ils ne veulent palus se séparer. Une telle douceur d’amitié est honnête en vérité ; mais analysons-là encore, puisque nous cherchons le degré de cet amour, et voyons jusqu’où nous sommes parvenus, avec une amitié telle que celle dont je viens de parler. (lire la suite)
C’est donc là une amitié d’habitude, non de raison ; les bêtes l’ont aussi. Que deux chevaux mangent ensemble, ils se recherchent ; si un jour l’un vient à précéder l’autre, ce dernier se hâte comme à la recherche des on ami ; à peine son cavalier peut-il le diriger, et jusqu’à ce que le cheval y parvienne, il l’y pousse par ses bonds. Lorsqu’il est arrivé auprès de celui qui l’a précédé, il se calme. Un poids l’entraînait, il était pressé par le poids de l’amour ; parvenu pour ainsi dire en son lieu, il s’est apaisé. Cette amitié d’habitude aussi, nous la trouvons également chez les bêtes. Elevons-nous encore au-dessus d’elle.
Il est une autre forme d’amitié supérieure à celle-ci, non d’habitude mais de raison, dans laquelle nous aimons pour sa fidélité et parce que nous sommes dévoués l’un à l’autre dans cette vie mortelle. Tout ce que nous trouverons de supérieur à elle est d’ordre divin. Que l’homme commence à aimer Dieu et il n’aimera en l’homme que Dieu.
Que votre charité voie d’abord comment l’amour d’amitié doit être gratuit. En effet, tu ne dois pas avoir un ami ou l’aimer pour qu’il te rende un service ; si tu l’aimes pour qu’il te procure de l’argent ou quelque avantage matériel, ce n’est pas lui que tu aimes, mais ce qu’il te procure. Un ami doit être aimé gratuitement pour lui-même et non pour autre chose. Si la règle de l’amitié t’exhorte à aimer un homme avec désintéressement, avec quel désintéressement doit-on aimer Dieu, qui t’ordonne d’aimer l’homme ! Rien n’est plus délectable que Dieu. Il y a en effet dans l’homme des choses qui offensent. Cependant, par l’amitié, tu t’efforces de tolérer au nom de l’amitié même ce qui t’offenses dans un homme. Si donc tu ne dois pas dénouer une amitié humaine à cause de ce qu’il te faut tolérer, par quoi pourrais-tu être amené à dénouer ton amitié avec Dieu ? Tu ne rencontres rien de plus délectable que Dieu ; il n’est rien en Dieu par quoi il puisse t’offenser, si toi tu ne l’offenses pas ; rien n’est plus beau que lui, rien n’est plus doux que lui.

Saint Césaire d’Arles, Sermons au peuple 21, 3-4.

mercredi 2 février 2011

La confiance en Dieu (2)

La confiance en Dieu (2)

« Souviens-toi, Seigneur ; fais-toi connaître au temps de notre affliction et donne-moi courage, Roi des cieux et Souverain de toutes les dominations ! » (Esther 14, 12). Telle doit être notre prière quand des difficultés se présentent et quand le sol semble se dérober sous nos pieds. Prier et agir. Parce qu’Esther, après avoir puisé la force dans la prière, affronte le roi. Contrairement à ce à quoi elle pouvait s’attendre, il l’accueille avec bienveillance et donne des ordres pour qu’il soit fait selon ses désirs, à savoir d’organiser un banquet auquel elle demande d’inviter Aman. C’est au cours du festin que le conspirateur sera dévoilé et qu’il courra à sa propre perte par son comportement ultérieur envers la reine. (lire la suite)
Si Esther a trouvé grâce auprès de Dieu, c’est qu’elle a pu faire état d’une attitude exemplaire, d’une fidélité à la Loi donnée par Dieu à Moïse, et que toute reine qu’elle était, elle n’avait en rien consenti aux rites et aux us païens. Elle les avait même en horreur, faisant tout pour rester sur le droit chemin. « Tu connais toutes choses. Et tu sais que je hais la splendeur des méchants, que j’ai horreur de la couche des incirconcis et de tout étranger. Tu sais la contrainte que je subis, et que j’ai en horreur l’insigne de mon élévation, qui est posé sur ma tête aux jours où je dois paraître ; je l’ai en horreur comme un linge menstrué, et je ne le porte pas en mes jours de repos. Ta servante n’a jamais mangé à la table d’Aman, ni estimé les festins du roi, ni bu le vin des libations. Jamais, depuis le jour où j’ai été amenée ici jusqu’à maintenant, ta servante n’a goûté de joie, si ce n’est en toi, Seigneur Dieu d’Abraham » (Esther 14, 14-18). « Maintenant donc, Seigneur, Dieu et Roi, Dieu d’Abraham, épargne ton peuple, parce que nos ennemis jettent les yeux sur nous pour nous perdre et veulent détruire l’héritage, le tien dès l’origine » (Esther 13, 15).
Pour faire appel à Dieu et se présenter devant lui avec un minimum de crédibilité, il faut nous efforcer de mener une vie droite, en accord avec notre condition de baptisé, en refusant de sacrifier aux idoles de notre temps, de vivre comme des païens, comme des gens qui n’ont pas de Dieu.

(fin)

mercredi 12 janvier 2011

La sainteté pour tous (1)

La sainteté pour tous (1)

« Sois fort et montre-toi un homme ! Tu suivras les observances de Yahvé ton Dieu, en marchant selon ses voies, en gardant ses lois, ses commandements, ses ordonnances et ses instructions » (1 Rois 2, 2-3). Cette invitation de l'Écriture à la fidélité et à la virilité, à lutter avec entrain pour marcher sur les voies du Seigneur a un objectif : « Afin de réussir dans toutes tes œuvres et tous tes projets, pour que Yahvé accomplisse la promesse qu'il t'a faite » (2 Rois 2, 3-4). L'objectif est de réussir notre vie et que Dieu puisse ainsi accomplir sa promesse de nous rendre saints. Car tel est son projet final pour chacun de nous : nous mener à la sainteté. Le Malin s'y oppose. Ce n'est pas très malin de sa part, mais c'est tout ce qu'il sait faire : détruire, être anti, porteur de mort. (lire la suite)
Il nous faut donc lutter. Mais l'effort de vie spirituelle n'a rien de masochiste. Ce n'est pas se battre contre des moulins à vent. C'est un travail sans cesse repris pour parvenir à la sainteté. Rien n'est plus exaltant donc. « La lutte ascétique n'est pas quelque chose de négatif, et partant d'odieux, mais c'est une affirmation joyeuse. Un sport !
Le vrai sportif ne lutte pas pour une seule victoire, et qu'il remporterait du premier coup. Il se prépare, il s'entraîne pendant longtemps, avec confiance et sérénité : il essaie une fois après l'autre et, même s'il ne triomphe pas tout de suite, il insiste avec opiniâtreté, jusqu'à ce qu'il ait surmonté l'obstacle » (saint Josémaria, Forge, n° 169).
Nous ne devenons pas saints d'un seul coup, en donnant juste un coup de jarret. Nous ne sommes pas non plus assurés de vaincre à chaque effort. Le contraire est même garanti. Mais ce que nous voulons, c'est décrocher la victoire, c'est parvenir au but. Alors, comme tout bon sportif, nous recommençons, avec un moral de vainqueur. Il faut faire notre ce mot d'ordre dynamisant : « La victoire est en nous ! »
Saint Josémaria, le fondateur de l'Opus Dei, disait que la sainteté ne consiste pas à faire des choses de plus en plus difficiles et compliquées, qui de ce fait deviendraient rapidement hors de notre portée, mais à les faire avec de plus en plus d'amour. Au soir de notre vie, c'est sur l'amour que nous serons jugés, disait saint Jean de la Croix. C'est bien ce qui est essentiel. Aimer et manifester que nous aimons au soin que nous apportons à faire les choses de notre mieux, aussi bien les choses de l'âme que les choses naturelles de la vie. Tout par amour, et avec amour. La sainteté est à ce prix. C'est-à-dire qu'elle n'admet pas de médiocrité, de grisaille d'une vie monotone parce que sans amour.

(à suivre...)

mercredi 22 décembre 2010

Le salut est dans le Christ (3)


Le salut est dans le Christ (3)

Aimons le Christ. Aimons-le à la folie. Il le mérite bien. Le Seigneur se laisse trouver par qui le cherche. Il se laisse aimer par qui a le cœur pur, libre de tout attachement désordonné. Il faut tendre constamment vers lui. Et revenir à lui en faisant un acte de contrition. « Réparer ! Ce désir dont Dieu ton Père imprègne ton âme ne sera satisfait que si tu unis ta pauvre expiation personnelle aux mérites infinis de Jésus.
— Rectifie ton intention ; aime la douleur, en lui, avec lui et pour lui » (saint Josémaria, Forge, n° 604). En agissant comme cela, (lire la suite) nous progressons réellement. Nous réaffirmons à chaque recommencement notre désir de suivre le Christ, de poursuivre notre route avec lui. Et nous lui redisons à notre tour, du fond du cœur : « A qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 68).
Que la Vierge Marie nous confirme dans cette résolution, pour que notre réponse soit toujours aussi entière et déterminée, pour que nous soyons d’une fidélité à toute épreuve, notamment quand le chemin se fait plus abrupt et qu’une certaine obscurité l’envahit. Retournons sans tarder à notre Seigneur, qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Il nous aime, il nous aime infiniment et comme il veut que nous soyons saints ! C’est, pourrions-nous dire, son désir le plus ardent.

(fin)

samedi 27 novembre 2010

Le Saint-Esprit existe (2)

Le Saint-Esprit existe (2)

Autant dire que tout le bien que nous faisons prouve l’existence du Saint-Esprit. De même que la continuité, la fidélité et la fermeté de l’enseignement que l’Eglise transmet de génération en génération, enseignement qui, pour ce qui est essentiel, est marqué au coin de l’infaillibilité. Seule l’assistance du Saint-Esprit permet un tel résultat, une telle continuité imperturbable en dépit des avatars de l’histoire. « Oui, elle est vivante, la parole de Dieu, efficace, plus affilée qu’un glaive à deux tranchants » (Hébreux 4, 12).
(lire la suite)
Et l’immense cohorte des saints et des martyrs de tous les temps est aussi un témoignage incontestable de l’action du Saint-Esprit, qui les a portés et soutenus dans leurs épreuves et leur a permis de remporter la « couronne de justice » (2 Timothée 4, 8).
L’Esprit Saint est peut-être moins méconnu de nous jours qu’à d’autres époques, ne serait-ce que grâce à la mouvance charismatique. Mais il y a sans doute encore beaucoup à faire pour que chaque baptisé se rende compte de ce qu’il doit à l’Esprit Saint, de sa dépendance à son égard pour la moindre bonne œuvre, et donc de la nécessité dans laquelle il se trouve d’avoir fréquemment recours à lui s’il veut progresser un tant soit peu, a fortiori sérieusement, sur le chemin de la sainteté. « De même que les corps transparents et brillants resplendissent et irradient la lumière quand les frappent les rayons de lumière, ainsi les âmes guidées et éclairées par le Saint-Esprit deviennent elles aussi spirituelles et portent aux autres la lumière de la grâce. Du Saint-Esprit proviennent la connaissance des choses futures, l’intelligence des mystères, la compréhension des vérités cachées, la distribution des dons, la citoyenneté céleste, la conversation avec les anges. De lui proviennent la joie qui ne connaît pas de fin, la persévérance en Dieu, la ressemblance avec Dieu et ce que l’on peut s’imaginer de plus merveilleux : devenir Dieu » (saint Basile, De Spiritu Sancto 9, 23), c’est-à-dire se « diviniser », ce à quoi se ramène la sainteté.
Nous devons être très reconnaissants au Saint-Esprit pour son action de tous les instants dans notre âme, en lui demandant pardon pour toutes les fois, si nombreuses, où nous ne savons pas, où nous ne voulons pas, l’écouter et où nous n’en faisons qu’à notre tête. Mal nous en prend. Nous nous en mordons les doigts a posteriori. Et nous tirons à grand peine une expérience de nos fautes. Si nous aimons davantage l’Esprit Saint, qui est précisément l’Esprit d’Amour, il nous sera plus facile de bien agir, ou réagir. Et nous serons plus heureux, car plus proches de Dieu. « Aimez la Troisième Personne de la Sainte Trinité, écoutez dans l’intimité de votre ère les motions divines, qui sont autant d’encouragements et de reproches. Que la lumière qui se répand en votre âme éclaire aussi votre chemin sur la terre; et le Dieu de l’espérance vous comblera de paix, pour que cette espérance augmente sans cesse en vous par la vertu du Saint-Esprit » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 133).

(fin)

jeudi 28 octobre 2010

La porte étroite (2)

La porte étroite (2)

« Je peux tout dans celui qui me rend fort » (Philippiens 4, 13). C’est la profonde conviction du chrétien qui s’efforce, avec la grâce de Dieu, de mener une vie de prière, une vie sacramentelle, et qui se nourrit aussi de la lecture méditée de l’Evangile, des faits et gestes de notre Seigneur, au point d’être familiarisé avec la Sainte Ecriture et que les scènes de la vie de Jésus défilent sous ses yeux comme un film. Nous possédons toutes les richesses de la parole et de la science. Toute la clarté de la révélation divine résumée dans le Catéchisme de l’Eglise catholique.
Le chrétien dispose ainsi toujours des moyens surnaturels nécessaires pour avancer, pour progresser sur la voie de la sainteté. S’il n’y arrive pas, c’est qu’il ne lutte pas sérieusement, qu’il ne considère pas sa vie de foi comme l’aspect principal de son existence, qu’il est complexé d’être chrétien, au lieu d’en éprouver une saine fierté. (lire la suite)
La porte est étroite, mais on peut risquer d’avancer que celui qui inscrit habituellement la prière dans son emploi du temps, qui participe à la messe tous les dimanches et jours de précepte, voire aussi en semaine, qui se confesse régulièrement, celui-ci découvre immanquablement cette porte, et le ciel qui s’ouvre à lui. Être un « bon chrétien » n’est pas si difficile que cela. Il suffit de le vouloir, de prendre quelques bonnes résolutions et de nous appuyer sur la grâce de Dieu.
Et de recommencer autant de fois que nécessaire, ce qui, il faut bien le reconnaître, veut dire souvent. « “ Nunc cœpi ! ” En cet instant, je commence ! tel est le cri de l’âme éprise qui, à chaque instant, qu’elle se soit montrée fidèle ou qu’elle ait manqué de générosité, renouvelle son désir de servir, son désir d’aimer notre Dieu dans une entière loyauté » (saint Josémaria, Sillon, n° 161).

(fin)

lundi 25 octobre 2010

L’ange gardien (1)

L’ange gardien (1)

« Ayez soin de ne mépriser aucun de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient constamment la face de mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 18, 10). Cette mise en garde du Seigneur nous indique que chacun de nous a un ange qui se trouve en son nom, pour lui, continuellement devant Dieu. C’est notre ange gardien. Chacun a le sien. Il a pour mission de s’occuper de nous, de nous transmettre ce que Dieu veut nous faire savoir, de nous dévoiler sa Volonté dans les différentes circonstances de la vie. Et aussi de faire remonter vers Dieu nos aspirations, nos désirs saints, nos demandes de grâce, c’est-à-dire d’aide surnaturelle pour vivre notre foi avec de plus en plus de fidélité. L’ange gardien est notre grand ami, ou devrait l’être, et, pour matérialiser cette amitié, (lire la suite) pour la rendre plus efficace, nous pourrions parfaitement lui donner un prénom. Cela pourrait nous aider à le fréquenter et avoir une grande confiance en lui.
« Il a ordonné à ses anges de te garder en tout ce que tu fais » (Psaume 91, 11). Saint Bernard apporte le commentaire suivant à ce texte de l’Ecriture : « Quelle révérence doivent susciter en toi ces paroles, quelle dévotion elles doivent t’inspirer, quelle confiance elles doivent te procurer ! Révérence du fait de leur présence à tes côtés, dévotion pour leur bienveillance, confiance pour leur vigilance. Montre-toi toujours attentif comme celui qui sait que les anges sont toujours présents sur sa route. En tout endroit, en tout lieu, si caché soit-il, sois plein de révérence à l’égard de ton ange gardien. Comment aurais-tu l’audace de faire en sa présence ce que tu ne ferais pas devant moi ? Douterais-tu de sa présence parce que tu ne le vois pas ? Que serait-ce si tu le voyais ? (…) Si tu consultes la foi, elle te prouve que la présence de l’ange ne te fait pas défaut (…). Ils sont là pour ton bien ; non seulement ils sont avec toi, mais il te protègent. Ils sont là pour te protéger, ils sont là pour ton profit » (saint Bernard, Sermo in Psalmo 90, 12).
Oui, l’ange gardien est à nos côtés pour nous protéger, pour notre profit. C’est un magnifique cadeau que Dieu nous a fait. L’ange est invisible ? Mais si nous lui donnons un prénom, comme je le suggérais, si nous prenons l’habitude de lui parler, de nous adresser à lui, nous ne tarderons pas à faire l’expérience de sa présence et de son action. Car il ne se fait pas prier deux fois quand nous lui demandons d’intervenir. Il connaît pleinement sa mission. Il sait qu’il l’a reçue de Dieu. Il est un exécuteur empressé et fidélissime. Sitôt l’avons-nous invoqué qu’il s’applique à faire connaître notre besoin à Dieu. Qui sait s’il n’a pas l’habileté d’aller voir d’abord la Sainte Vierge pour qu’elle l’appuie dans sa démarche !

(à suivre…)

mercredi 20 octobre 2010

La violence spirituelle (1)

La violence spirituelle (1)

« Depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu’à maintenant, le royaume des cieux est objet de violence, et ce sont les violents qui s’en emparent » (Matthieu 11, 12). Ces paroles du Seigneur peuvent sembler énigmatiques. Surtout à celui qui mène une vie embourgeoisée, en ne se souciant que de son bien-être matériel. Cette affaire de violence ne le convainc pas. Certes, il ne s’agit pas de la violence exercée à l’encontre d’autrui, qui ne résout jamais les problèmes. Mais l’on comprend que le Seigneur vise une autre forme de violence, celle qu’il faut faire porter contre soi-même pour le suivre. N’a-t-il pas affirmé : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renonce lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive » ? (Luc 9, 23). (lire la suite))
Or, « Tout au long de leur vie quelques-uns se comportent comme si le Seigneur n’avait parlé de don de soi et de conduite droite qu’aux gens à qui il n’en coûte pas (or ils n’existent pas !) ou aux gens qui n’auraient pas besoin de lutter. Ils oublient une chose : c’est pour tous que Jésus a dit que l’on conquiert le Royaume des Cieux par la violence, par une sainte bataille de chaque instant » (saint Josémaria, Sillon, n° 130). Donc une bataille à livrer contre les forces du mal que nous découvrons en nous-mêmes. Nous sommes en réalité notre premier ennemi. Notre premier ami, mais aussi notre premier ennemi. Et il est difficile de bien nous méfier de nous-mêmes.
La violence dont le Seigneur parle ici est une violence positive, dont les conséquences sont heureuses pour les hommes, à la différence de la violence aveugle entre eux. Car elle contribue à améliorer le caractère de celui qui lutte contre ses défauts, à le rendre meilleur, plus humain et partant plus surnaturel aussi, à l’extraire de lui-même et de ses problématiques bornées, de ses considérations égoïstes, pour le rendre sensible et attentif aux besoins de ses frères les hommes.
C’est vraiment un combat de tous les instants, qui correspond à un désir de progrès spirituel, et donc d’amélioration humaine, et de fidélité. « Être fidèle à Dieu suppose qu’on lutte, d’une lutte corps à corps, d’homme à homme — le vieil homme contre l’homme de Dieu — au coup par coup, sans plier » (saint Josémaria, Sillon, n° 126).

(à suivre…)

mercredi 6 octobre 2010

Un chant d’action de grâce (1)

Un chant d’action de grâce (1)

La vie de l’homme sur terre devrait être un chant continuel d’action de grâces à Dieu. Il est vrai que les souffrances ne manquent pas et que la misère humaine est par moments capable d’inventer des atrocités. Mais pour qui observe les interventions de Dieu dans l’histoire, il n’est que trop évident que Dieu guide son peuple, et l’humanité entière, vers sa destinée, tout en respectant la liberté des hommes, leur détermination à suivre un chemin qui s’écarte souvent de celui qui seul peut les conduire au bonheur, le chemin de l’union à Dieu. (lire la suite)
Déjà dans l’Ancien Testament , nous trouvons de nombreux témoignages de cette reconnaissance des auteurs sacrés au vu de la proximité de Dieu de son peuple et de ses interventions en sa faveur. A titre d’exemple, le psalmiste s’écrie : « Yahvé est très grand et très digne de louange, et sa grandeur est insondable. Chaque âge dit au suivant la louange de tes œuvres, et on publie ta puissance. On parle de l’éclat glorieux de ta majesté, et on fait connaître tes œuvres prodigieuses » (Psaume 145, 3-5). Parmi ces prodiges de Dieu, il faut compter sa fidélité inébranlable à son dessein de salut qu’aucune action humaine ne pourra entraver ni même freiner. L’« heure » du Fils est inscrite dans l’éternité de Dieu. Elle sonne au temps fixé. Elle est arrivée avec la Passion et la mort du Christ sur la Croix. Nous vivons maintenant des mérites de notre Seigneur Jésus-Christ et de l’envoi du Saint-Esprit, qui féconde continuellement la sainte Eglise – corps mystique du Christ – et nous remplit de l’amour par lequel nous devenons capables d’aimer Dieu, et notre prochain.
« Les mots deviennent inutiles, parce que la langue n’arrive pas à s’exprimer. Alors le raisonnement se tait. On ne discourt plus : on se regarde ! Et l’âme se met encore une fois à chanter un chant nouveau, parce qu’elle se sent et se sait aussi sous le regard aimant de Dieu, à tout instant » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 307). Dès l’aurore du christianisme, nos frères dans la foi ont composé et entonné des cantiques d’action de grâces envers la majesté divine et la toute-puissance admirable de Dieu. « Dans la nouveauté de l’Esprit, elles (les premières communautés) composent aussi des hymnes et des cantiques à partir de l’Evénement inouï que Dieu a accompli en son Fils : son Incarnation, sa Mort victorieuse de la mort, sa Résurrection et son Ascension à sa droite » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 2641).

(à suivre…)