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mardi 17 février 2015

La résurrection de Lazare (6)

La résurrection de Lazare (6)

« Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là » (Jean 11, 39). Il n’y a pas à barguigner. Il faut se plier à la volonté de Dieu. C’est une condition sine qua non du progrès spirituel véritable. Devant la majesté et la grandeur de Dieu, nous devons nous faire tout-petit, reconnaître notre totale dépendance de la toute-puissance de Dieu. Il n’y a pas d’autre attitude possible. « Quiconque s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé » (Luc 14, 11). Nous pouvons sentir encore mauvais, parce que nous n’avons pas réparé complètement pour nos péchés… Pour cette situation, Dieu a préparé le purgatoire, dont le nom exprime clairement la finalité : «Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel. L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés. L’Église a formulé la doctrine de la foi relative au Purgatoire surtout aux Conciles de Florence et de Trente. La tradition de l’Église, faisant référence à certains textes de l’Écriture (par exemple 1 Corinthiens 3, 15 ; 1 Pierre 1, 7), parle d’un feu purificateur » (Catéchisme de l’Église Catholique, nos 1030-1031). (lire la suite) « Jésus lui dit : « Ne vous ai-je pas dit que si vous croyez, vous verrez la gloire de Dieu ? » Ils ôtèrent donc la pierre ; et Jésus leva les yeux en haut et dit : « Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé » (Jean 11, 40-41). Marthe lui avait déclaré : « Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera » (Jean 11, 22). Ce à quoi Jésus avait répondu : « Ton frère ressuscitera » (Jean 11, 23). Voici le moment venu de cette résurrection annoncée. Le Père la lui a déjà accordée. C’est pourquoi il le remercie par avance. L’action de grâce est une autre manifestation d’humilité, car c’est la reconnaissance des bienfaits que Dieu nous octroie libéralement et avec une abondance calculée, c’est-à-dire telle que nous n’en manquions jamais. Si nous jetons un coup d’œil sur notre vie, nous n’avons que des motifs de remercier Dieu. Tout est grâce. Et parce que notre vie est une succession de « merveilles de Dieu » (Psaume 71, 19), nous nous en trouvons encouragés à lui ouvrir notre âme avec simplicité et confiance pour lui manifester nos besoins et lui demander de nous aider davantage encore. Je te remercie, Seigneur, de toutes les grâces que tu nous envoies à profusion. Je te demande pardon pour mes infidélités, pour avoir gaspillé une partie de ces grâces, et de ne pas m’en tenir rigueur… et je sollicite encore ton aide, car j’en ai besoin aujourd’hui et toujours. « Pour moi je savais que tu m'exauces toujours ; mais j'ai dit cela à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé » (Jean 11, 42). Il réalise ce miracle – comme tous les autres, et comme tous les miracles spirituels, qu’il réalise dans notre âme – pour que nous croyions en lui, pour que nous soyons bien convaincus qu’il est le Fils de Dieu, Dieu lui-même et donc, à ce titre, Tout-Puissant. Et que, par conséquent, il nous accordera tout ce que nous lui demanderons : « Ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom : demandez et vous recevrez, si bien que votre joie sera complète » (Jean 16, 23-24). « Ayant parlé ainsi, il cria d'une voix forte : « Lazare, sors ! » (Jean 11, 43-44). « Lazare a ressuscité parce qu'il a entendu la voix de Dieu : il n'eut de cesse de sortir aussitôt de l'état où il se trouvait. S'il n'avait pas « voulu » bouger, il serait mort de nouveau. Prendre cette résolution sincère: avoir toujours foi en Dieu ; mettre toujours son espérance, toujours son amour en Dieu..., Lui qui ne nous abandonne jamais, même si nous sommes aussi décomposés que Lazare » (saint Josémaria, Forge, n° 211). Les gens présents ont dû faire un pas en arrière. Un mort qui est vivant ! Et qui apparaît en plus revêtu de son linceul, enveloppé de bandelettes, momifié ! Quel spectacle ! Si bien que tous sont cloués sur place et que Jésus sait ordonner : « Déliez-le, et laissez-le aller » (Jean 11, 44). Quel exemple réconfortant pour nous, en voyant ce que Jésus a fait pour son ami ! Car « Jésus est ton ami. — l’Ami. — Avec un cœur de chair comme le tien. — Avec des yeux pleins de bonté, qui ont versé des larmes pour Lazare… — Et il t’aime, toi, autant que Lazare » (saint Josémaria, Chemin, n° 422). Que n’est-il pas disposé à faire aussi pour nous… Un exemple réconfortant, parce qu’il est le gage de nos résurrections spirituelles, l’assurance que rien n’est définitivement perdu ici-bas. Lazare mourra une deuxième fois, définitive celle-là. (fin)

mercredi 17 novembre 2010

La Liturgie céleste (17)


La Liturgie céleste (17)

c) Le ciel. Venons-en au ciel. Nous abordons ici de plein pied la liturgie céleste. Mais rappelons-nous ce que nous avons dit au sujet des indulgences plénières, du scapulaire, des suffrages, notamment le trentain grégorien. Il n'est pas exclu, malgré l'indignité de notre vie, que nous puissions sauter à pieds joints par-dessus le purgatoire pour entrer directement au ciel. Que le Seigneur Tout-Puissant veuille bien nous accorder cette grâce. Mais nous nous en remettons à sa Sagesse et à sa Justice.
Parlant de la Providence à sainte Catherine de Sienne, Dieu lui disait : « Je t’ai exposé son œuvre [de la Providence] depuis le commencement de la création jusqu’à la fin du monde, et je t’ai dit comment j’ai tout fait et fais tout, avec une divine et souveraine prévoyance, vous envoyant ou permettant (lire la suite) tout ce qui vous arrive, les tribulations aussi bien que les consolations spirituelles ou temporelles. Tout est pour votre bien, pour que vous soyez sanctifiés en moi et que ma vérité s’accomplisse en vous ; car ma vérité est, et a toujours été, que je vous ai créés pour que vous ayez la vie éternelle, et je vous ai manifesté cette vérité dans le Sang du Verbe, mon Fils unique » (Bienheureux Raymond de Capoue, Vie de sainte Catherine de Sienne). Tel est le dessein éternel de Dieu à l'égard de tout homme.
Avec le ciel, nous changeons de registre. « Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, et qui sont parfaitement purifiées, vivent pour toujours avec le Christ. Ils sont pour toujours semblables à Dieu, parce qu’ils le voient « tel qu’il est » (1 Jean 3, 2), face à face » (cf. 1 Co 13, 12 ; Ap 22, 4) » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1023). « Cette vie parfaite avec la Très Sainte Trinité, cette communion de vie et d’amour avec Elle, avec la Vierge Marie, les anges et tous les bienheureux est appelée « le ciel » (Ibid., n° 1024). « La jouissance ici-bas est si modique qu'elle est tout entière dans l'âme, tandis que là-haut elle ne pourra entrer tout entière, mais ce sera l'âme qui entrera dans elle, selon cette expression de saint Augustin : Toute la joie n'entrera pas dans ceux qui se réjouiront, mais ce seront eux qui entreront tout entiers dans cette joie » (Saint Thomas d'Aquin, Opusc. 62 De Beatitudine, c. 3, 2).
« Nous sommes appelés à voir toutes les perfections divines unies, identifiées dans leur source commune, la Déité ; à saisir comment la Miséricorde la plus tendre et la Justice la plus inflexible procèdent d'un seul et même Amour infiniment généreux et infiniment saint (...). Nous sommes appelés à voir comment cet Amour, même en son bon plaisir le plus libre, s'identifie avec la pure Sagesse ; comment rien en lui qui ne soit sage, et rien dans la Sagesse qui ne se convertisse en amour ; à voir comment cet Amour s'identifie avec le souverain Bien aimé de toute éternité, comment la divine Sagesse s'identifie avec la Vérité première toujours connue, comment toutes ces perfections s'harmonisent et ne font qu'un dans l'essence même de Celui qui est » (R. Garrigou-Lagrange, La pleine perfection de la vie chrétienne).

(à suivre…)

mardi 16 novembre 2010

La Liturgie céleste (16)

La Liturgie céleste (16)

Mais quelle différence entre le purgatoire et l'enfer, puisque le salut de ces âmes est assuré ! Dante décrit l'arrivée au purgatoire, en venant de l'enfer : « Comme nous tournions à cet endroit, des voix chantèrent : Beati pauperes spiritu, avec tant de suavité que le parole ne saurait l'exprimer. Ah ! combien ces passages diffèrent de ceux de l'enfer ! car ici on entre parmi des chants, et là-bas parmi de farouches lamentations » (Dante, La Divine comédie. Le Purgatoire, chant 12, 109-114).
De plus, s'agissant d'élus, ces âmes sont remplies de charité, d'un amour qui ne fait que croître en fonction de leur purification. (lire la suite) Un amour qu'elles sont toutes disposées à nous faire partager pourvu que nous pensions à prier pour elles, comme nous l'avons dit précédemment. Mais répétons cette invitation avec Thomas More. Ce sont les âmes du purgatoire qui nous parlent : « Nous vous souhaitons la grâce d'assister une fois - pourvu que ce fût sans souffrir - à l'arrivée d'une âme au purgatoire. Quelle confusion, quel supplice, pour le nouveau-venu, quand son regard rencontre ceux des gens qu'il chérissait, et qu'il a néanmoins laissé complètement tomber ! Non pas qu'il décèle la moindre colère chez ses compagnons, mais le spectacle bouleversant de leur agonie lui remet en esprit son odieuse négligence, et ce souvenir, croyez-nous, n'est pas la moins pénible des souffrances qu'il endure ici. Que Dieu vous fasse la grâce d'échapper à ce tourment, ainsi qu'aux autres. Que notre folie, chers amis, vous donne une leçon de sagesse. Envoyez ici vos prières, envoyez-nous vos aumônes. Celui qui allume la chandelle d'un autre n'est pas moins éclairé, et celui qui souffle sur le feu pour réchauffer un autre s'y réchauffe en même temps. De même, chers amis, le bien que vous envoyez ici devant vous, tout en nous procurant un grand soulagement, est mis tout entier de côté pour vous, et enrichi par surcroît des prières que nous offrons pour vous » (La Supplication des âmes).

(à suivre…)


lundi 15 novembre 2010

La Liturgie céleste (15)

La Liturgie céleste (15)

Il vaut la peine d'insister sur la composante de miséricorde divine dans l'existence du purgatoire. Voici une âme qui est restée fidèle à Dieu jusqu'au terme de sa vie, mais qui n'a pas encore revêtu le vêtement de noce (cf. Matthieu 22, 12) et n'est donc pas digne d'être admise en la présence de Dieu. Le purgatoire lui permet de parfaire sa purification. Le cardinal Daniélou y voyait un des mystères les plus évidents de notre foi. Je le cite : « L'objet de la foi est le dessein de l'amour de Dieu pour nous. Elle nous montre en Jésus-Christ le visage authentique de l'homme, c'est-à-dire ce que Dieu cherche à réaliser en l'homme, (...) en sorte qu'on puisse dire que l'existence chrétienne, et simplement l'existence humaine, n'est finalement qu'un processus de transformation en Jésus-Christ. Et tous nous devons y passer.. (lire la suite) Il y a ceux qui auront commencé un peu en cette vie, plus ou moins. Et pour ceux qui ne l'auront pas fait, il faudra bien le faire après la mort. C'est en ce sens que le mystère du Purgatoire est pour moi un des mystères les plus évidents de la foi, car quand on voit la manière dont la plupart des pauvres hommes et des pauvres femmes arrivent au seuil de la mort, et qu'on pense qu'ils sont destinés à contempler éternellement la bienheureuse Trinité, on comprend qu'ils auront besoin d'un sérieux moment d'éducation, de purification et d'adaptation. Finalement, être chrétien, c'est avoir commencé, bien timidement, bien maladroitement, d'exercer ce qui sera notre occupation éternelle, c'est-à-dire contempler les choses divines » (La foi de toujours et l'homme d'aujourd'hui).
L'abbé Charles Arminjon, qui exerça une influence certaine sur la petite Thérèse, nous rappelle que « l'Église, au Canon de la messe, offre à Dieu ses suffrages afin d'obtenir pour ces âmes locum lucis, un lieu de lumière : d'où il suit qu'elles sont dans la nuit et enveloppées de ténèbres épaisses et impénétrables. - Elle demande pour elles locum refrigerii, un lieu de rafraîchissement : d'où il suit qu'elles sont dans d'intolérables ardeurs. - Elle demande pour elles locum pacis, un lieu de paix : d'où il suit qu'elles sont livrées à des inquiétudes et à d'inexprimables anxiétés » (Fin du monde présent et mystères de la vie future).
Si les âmes du purgatoire ont la certitude d'être sauvées, leur état n'est pas une partie de plaisir. On y retrouve la peine du dam, mais provisoire, et le « feu purificateur », mentionné il y a un instant par le Catéchisme. L'ange gardien de sœur Faustine, l'apôtre de la divine miséricorde, la conduisit un jour « dans un endroit ténébreux et rempli de flammes. Dans ces flammes - des âmes souffrantes. Elle prient ardemment, mais sans effet pour elles-mêmes. Nous seuls pouvons les secourir. Les flammes qui les brûlent ne me touchaient pas. Mon ange gardien ne me quittait pas d'une semelle. Je demandai à des âmes : « Quelle est votre plus grande souffrance ? » Elles me répondirent d'une seule voix : « Notre plus grande souffrance, c'est la faim de Dieu. » J'ai vu la Sainte Vierge visitant les âmes du purgatoire. Elle leur apporte du réconfort » (M. Winowska, L'icône du Christ miséricordieux).

(à suivre…)

dimanche 14 novembre 2010

La Liturgie céleste (14)

La Liturgie céleste (14)

b) Le purgatoire. La deuxième voie présente un embranchement à son origine. En effet, « ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1030). Cette purification finale des élus, que l'Église appelle purgatoire, est une doctrine de foi, formulée surtout aux conciles de Florence et de Trente. Comme toute doctrine professée par l'Église et devant être crue par tous, elle s'appuie sur la Sainte Écriture. Par exemple ce texte de la première Corinthienne ou il est question du « Jour du Seigneur » et donc du jugement : « Si l'œuvre bâtie dessus tient bon, l'ouvrier recevra son salaire ; si l'œuvre vient à être brûlée, l'ouvrier en portera le dommage ; lui personnellement, sera sauvé, mais comme en passant au travers du feu » (1 Corinthiens 3, 14-15). (lire la suite) Ou encore ce texte de Pierre où il est dit que « votre foi aura été éprouvée - elle est beaucoup plus précieuse que l'or périssable qu'on éprouve pourtant par le feu - vous vaudra louange, gloire et honneur lors de la manifestation de Jésus-Christ » (1 Pierre 1, 7).
À partir de ces textes, la tradition de l'Église « parle d'un feu purificateur », nous dit le Catéchisme, qui cite ici saint Grégoire le Grand : « Pour ce qui est de certaines fautes légères, il faut croire qu’il existe avant le jugement un feu purificateur, selon ce qu’affirme Celui qui est la Vérité, en disant que si quelqu’un a prononcé un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pardonné ni dans ce siècle-ci, ni dans le siècle futur (Matthieu 12, 31). Dans cette sentence nous pouvons comprendre que certaines fautes peuvent être remises dans ce siècle-ci, mais certaines autres dans le siècle futur » (saint Grégoire le Grand, Dialogues 4, 39).
Évidemment, le diable est intéressé à ce que nous ne croyions pas en l'existence du purgatoire, qui est pourtant une preuve manifeste de la miséricorde et de la justice de Dieu. Voyons ce qu'en dit saint Thomas More dans un de ses écrits intitulé La Supplication des âmes, dans laquelle les âmes du purgatoire s'adressent à ceux qui sont sur terre. « Si, à chaque confession accompagnée de contrition et de ferme propos, Dieu se faisait une règle de pardonner sans qu'il reste rien à payer, ni aucune compensation à offrir - la Passion du Christ suffisant à régler la dette du péché - cette largesse serait presque un encouragement à pécher sans se gêner (...). Ce lieu, où nous expions pour un temps, ne satisfait pas seulement aux exigences de la justice de Dieu : il proclame aussi sa miséricordieuse bonté. D'abord parce que la peine, tout atroce qu'elle est, ne correspond pas, tant s'en faut, à la gravité du péché ; et surtout parce que la bonté divine, en faisant craindre aux hommes cette peine, les rend moins hardis à pécher et moins négligents à faire pénitence, et par là elle les préserve de la peine éternelle ».

(à suivre…)

samedi 13 novembre 2010

La Liturgie céleste (13)

La Liturgie céleste (13)

II. L'eschatologie collective

Bien des choses échappent à notre compréhension, car elles sont le fait de Dieu Tout-Puissant. Dans chaque cas, comme l'indique saint Thomas, « toute l'explication du fait se trouve dans la puissance de celui qui l'accomplit » (saint Thomas d'Aquin, Somme théologique III, q. 3 a. 6) et qui est notre Dieu. Nous regroupons sous ce titre deux aspects : la réalité de l'enfer, du purgatoire et du ciel d'abord (A), puis la deuxième venue du Seigneur, qui « reviendra juger les vivants et les morts », comme nous le confessons dans le Credo (B). (lire la suite)

A. Les états des défunts

Deux routes s'ouvrent devant nous, disais-je. Celle de l'enfer, « pavée de bonnes intentions », comme le dit la sagesse populaire, celle de la gloire du paradis.
a) L'enfer. « L’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité. Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent immédiatement après la mort dans les enfers, où elles souffrent les peines de l’enfer, « le feu éternel » (). La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été crée et auxquels il aspire » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1035).
« Il y a un enfer. — C’est une affirmation qui a l’air à tes yeux d’une lapalissade. — Je vais te la répéter : il y a un enfer ! Sois mon écho, opportunément, à l’oreille de tel ou tel de tes camarades… » (saint Josémaria, Chemin, n° 749). « Jésus parle souvent de la « géhenne » du « feu qui ne s’éteint pas » (cf. Matthieu 5, 22. 29 ; 13, 42.50 ; Marc 9, 43-4), réservé à ceux qui refusent jusqu’à la fin de leur vie de croire et de se convertir, et où peuvent être perdus à la fois l’âme et le corps (cf. Matthieu 10, 28). Jésus annonce en termes graves qu’il « enverra ses anges, qui ramasseront tous les fauteurs d’iniquité (...), et les jetteront dans la fournaise ardente » (Matthieu 13, 41-4), et qu’il prononcera la condamnation : « Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel ! » (Matthieu 25, 41) » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1034).
« Dieu ne prédestine personne à aller en enfer ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin » (Ibid., n° 1037). Si le Seigneur parle d'un feu qui ne s'éteint pas, et qui, bien sûr, n'a pas la nature de celui que nous connaissons, d'autant qu'il brûle l'âme, avant la résurrection des corps, la principale peine de l'enfer est la peine du dam, du latin damnum, « perte », qui consiste en la privation éternelle de la vision de Dieu, pour laquelle l'homme a été créé. C'est un « état d'auto-exclusion de Dieu » (Ibid., n° 1033). Sachant qu'il en est responsable, l'homme n'en sera que plus aigri, plus haineux.

(à suivre…)

vendredi 12 novembre 2010

La Liturgie céleste (12)

Notre foi catholique nous dit clairement que l'âme qui passe en jugement se trouve face à une double voie : celle qui conduit au ciel et celle qui mène en enfer, la première comportant un accès détourné, le purgatoire. La parabole, déjà évoquée, du riche qui banquetait à qui mieux mieux tout en restant indifférent au pauvre Lazare qui se trouvait à la porte de son palais, montre bien le caractère définitif de la sentence. « Abraham dit : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens durant ta vie, et Lazare pareillement ses maux. Maintenant il est consolé ici, et toi, tu souffres. De plus il a été établi un grand vide entre nous et vous, de sorte que ceux qui voudraient passer d'ici chez vous ne le pourraient pas, et ceux de là-bas ne traversent pas non plus pour venir à nous » (Luc 16, 25-26). (lire la suite)
Avec la mort, non seulement nous quittons ce monde, mais nous sortons du temps, dans lequel s'inscrit la liturgie, pour entrer dans ce que les théologiens appellent l'aevum ou éviternité, c'est-à-dire une « durée sans fin ». Mais il est temps d'expliquer ces différents états de l'âme dans l'au-delà et les événements de la fin des temps. Nous en venons donc à l'eschatologie collective.

(à suivre…)


lundi 8 novembre 2010

La Liturgie céleste (8)

La Liturgie céleste (8)

Les suffrages. Les suffrages, puisque le mot a été prononcé, sont les messes que l'ont fait célébrer pour les défunts. Il faut savoir à ce propos que le pape Grégoire le Grand aurait obtenu d'une révélation de Dieu la promesse que grâce au trentain l'âme serait délivrée du purgatoire et admise au paradis. L'on rapporte, en effet, que se lamentant de ne plus pouvoir rien faire après sa mort pour les âmes du purgatoire envers lesquelles il brûlait d'un zèle ardent, il eut la révélation de l'efficacité du trentain. Notre Seigneur lui dit ceci : « Mon ami, je veux bien accorder en ta faveur un privilège unique, c'est que toute âme du purgatoire pour laquelle trente messes seront offertes en ton honneur sans interruption sera immédiatement délivrée, quelle que fût sa dette envers moi, et plus que cela, je n'attendrai pas que les messes soient célébrées, mais je délivrerai l'âme aussitôt l'offrande versée pour elle ». (lire la suite) D'où le nom de « messes grégoriennes » ou de « trentain grégorien » donné à ces suffrages.
Les derniers sacrements. Quand je dis que la liturgie entoure notre mort, je pense également aux derniers sacrements qui peuvent nous être administrés et que nous devons réclamer : en tout premier lieu, la confession de nos péchés, puis la communion sous forme de Viatique, le mot venant du latin viaticum, qui signifie « provision de voyage ». C'est donc la nourriture pour le saint passage. Recevoir le viatique est une obligation grave, afin d'obtenir une grande aide spirituelle au moment où le fidèle va entreprendre son dernier voyage et quitter ce monde. C'est pourquoi le malade peut le recevoir même s'il a déjà communié ce jour-là. Enfin l'onction des malades. Et, cerise sur le gâteau, la bénédiction apostolique in articulo mortis, « à l'article de la mort », donnée au malade qui se trouve en danger de mort, même non imminente, et comporte l'indulgence plénière (...) applicable à l'instant de la mort.
Au-delà du spectacle ou de l'expérience de l'agonie, pensons à Dieu, redisons à notre Seigneur que nous L'aimons, et tenons bien fort la main de la très Sainte Vierge. Il convient d'accompagner le malade par la présence, mais aussi en l'aidant à prier, même s'il est dans le coma. Comme les parents préparent le berceau pour la naissance de leur enfant, préparons le berceau de notre naissance à la vie éternelle, notre dies natalis.
Tout cela nous aide d'abord à repousser les derniers assauts du diable, puis à faire face à la confrontation avec Dieu, pour sortir blanchis du jugement particulier qui interviendra au moment où nous quitterons ce monde. Nous sommes jugés par le Christ qui nous a gagné la vie par sa mort sur la Croix. « La Croix est également le signe du jugement, faisait remarquer Jean-Paul II. Que signifient ces mots : « Qui ne croit pas est déjà condamné » ? À ce qu'il paraît, ceci n'advient pas « après... ensuite... » L'Évangile dit « déjà ». L'homme peut-il être condamné pendant qu'il est encore en vie ?

(à suivre...)

vendredi 6 novembre 2009

Le purgatoire (2)

Le purgatoire (2)

N'ayant pas la sainteté de Thérèse de Ahumada ni celle de saint Josémaria, je préférerai quand même abréger au maximum le passage par le purgatoire, n'osant pas envisager ne pas m'y retrouver, bien que la Bonté de Dieu et l'aide de l'Église puissent le me concéder. Du ciel aussi il est possible de venir en aide aux pécheurs. La petite Thérèse, celle de Lisieux, écrivait à un prêtre dont les parent s'étaient décédés : « Je trouve, ma Tante, que dans ces moments de grandes tristesses, on a besoin de regarder au Ciel, au lieu de pleurer, (lire la suite) tous sont sont dans la joie car possède un élu de plus, un nouveau soleil éclaire de ses clartés les Notre Seigneuranges du Ciel, tous sont dans le ravissement de l'extase divine ils s'étonnent que nous puissions appeler mort le commencement de la vie » (« Lettre 60 à Mme Guérin », 23 août 1988, Une course de géant. Lettres (édition intégrale), Paris, 1977, p. 156). C'est une idée très exacte et très intéressante que je fais entièrement mienne. Chacun apporte une touche selon sa sensibilité, sans qu'elles s'excluent : elles se complètent plutôt.
En tout cas, le purgatoire nous situe face à la communion des saints, qui est une réalité consolante et très belle, propre à la grande famille que constituent les baptisés, lesquels intercèdent auprès de Dieu pour leurs semblables. Dire que nous nous « montons le bourrichon » avec de telles idées est faire preuve d'une ignorance crasse de la vie surnaturelle et d'une méconnaissance dramatique de la nature humaine.

(fin)

vendredi 14 novembre 2008

Le purgatoire (2)

Le purgatoire (2)

N'ayant pas la sainteté de Thérèse de Ahumada ni celle de saint Josémaria, je préférerai quand même abréger au maximum le passage par le purgatoire, n'osant pas envisager ne pas m'y retrouver, bien que la Bonté de Dieu et l'aide de l'Église puissent le me concéder. Du ciel aussi il est possible de venir en aide aux pécheurs. La petite Thérèse, celle de Lisieux, écrivait à un prêtre dont les parent s'étaient décédés : « Je trouve, ma Tante, que dans ces moments de grandes tristesses, on a besoin de regarder au Ciel, au lieu de pleurer, tous sont sont dans la joie car Notre Seigneur possède un élu de plus, (lire la suite) un nouveau soleil éclaire de ses clartés les anges du Ciel, tous sont dans le ravissement de l'extase divine ils s'étonnent que nous puissions appeler mort le commencement de la vie » (« Lettre 60 à Mme Guérin », 23 août 1988, Une course de géant. Lettres (édition intégrale), Paris, 1977, p. 156). C'est une idée très exacte et très intéressante que je fais entièrement mienne. Chacun apporte une touche selon sa sensibilité, sans qu'elles s'excluent : elles se complètent plutôt.
En tout cas, le purgatoire nous situe face à la communion des saints, qui est une réalité consolante et très belle, propre à la grande famille que constituent les baptisés, lesquels intercèdent auprès de Dieu pour leurs semblables. Dire que nous nous « montons le bourrichon » avec de telles idées est faire preuve d'une ignorance crasse de la vie surnaturelle et d'une méconnaissance dramatique de la nature humaine.

(fin)

jeudi 13 novembre 2008

Le purgatoire (1)

Le purgatoire (1)

Le purgatoire est une réalité magnifique, une merveille manifeste de l'Amour et de la Miséricorde de Dieu envers ceux de ses enfants dont l'âme n'est pas totalement purifiée quand il les appelle à comparaître devant lui. Évidemment, ceux qui présument d'être saints et qui font de Dieu un « Dieu poire » en majorant sa miséricorde au détriment de la justice nient l'existence du purgatoire. Ils ont contre eux rien moins que le Catéchisme de l'Église catholique (nos 1030-1032) qui en fonde l'existence sur l'Écriture Sainte, donc sur la Parole de Dieu. Il est redoutable de s'y opposer et de la contredire...
Le purgatoire permet donc à l'âme d'achever sa purification. (lire la suite) Ce n'est certes pas une partie de plaisir. Les théologiens disent que la plus petite des souffrances y est supérieur à toutes les souffrances que nous pouvons endurer ici-bas. Ces souffrances sont tempérées par la certitude d'être admis au terme de cette purification à vivre éternellement dans la compagnie et la contemplation de Dieu.
L'Église, qui est une mère attentionnée, nous a recommandé des pratiques de piété permettant d'éviter d'aller au purgatoire ou de ne faire qu'y passer rapidement : celébration de trente messes, dites « trentain grégorien », port du scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel, indulgence plénière, bénédiction in articulo mortis (à l'heure de la mort) avec indulgence plénière. Je comprends bien le souhait de saint Josémaria, le fondateur de l'Opus Dei, de sauter par-dessus le purgatoire, « à la torera », à la façon du torero qui saute par-dessus la barrière entourant l'arène.
C'est pourquoi je suis resté rêveur quand j'ai lu la réflexion de la « Madre Teresa », sainte Thérèse d'Avila, à ce sujet : « Que m'importe à moi de rester jusqu'à la fin du monde en purgatoire si par ma prière je sauve une seule âme » (sainte Thérèse d'Avila, Chemin de la Perfection, chapitre 3). C'est effectivement très généreux de sa part. Elle s'stimait bien payée de sa peine avec une seule conversion. Je me souviens de saint Josémaria disant lors de grandes réunions de catéchèse qu'il animait un peu partout, qu'il s'estimerait bien payé là aussi si une seule âme avait été poussée à aller se confesser.

(à suivre...)