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lundi 16 septembre 2013

Les plans de Dieu (10)

Les plans de Dieu (10)

« Je redoute de scruter ce mystère : si tout pécheur doit faire un an de pénitence pour un jour de péché, nous qui péchons tous les jours, combien de siècles – ou de « siècles des siècles » nous faudra-t-il pour effacer nos péchés ? Ici, dira-t-on peut-être, Dieu se montre juste, mais non pas clément. Écoute un exemple matériel : quand le corps reçoit une blessure, si le coup n’a pris qu’un instant, combien faudra-t-il de temps et de douleur avant d’obtenir la guérison ? Et si tu passes des blessures du corps à celles de l’âme – qui est blessée chaque fois qu’elle pèche – combien de temps vois-tu nécessaire pour la guérir ? Si nous pouvions voir combien notre homme intérieur est blessé par le péché, nous résisterions, comme dit l’Écriture, « jusqu’à la mort ». […] (lire la suite) Mais du moment où tu te retournes vers Dieu, tu es sauvé : car tu trouves un avocat, qui pour toi intercède auprès du Père ; et il a beaucoup plus de poids que Moïse, qui cependant pria pour le peuple d’Israël et fut exaucé. Et peut-être cet épisode de Moïse se trouve-t-il dans les Écritures pour nous donner confiance, comme le dit saint Jean dans son épître : «‘Ne péchez pas ! Mais si l’un de vous pèche, nous avons un avocat auprès du Père : Jésus, le Juste…’ À lui la gloire dans les siècles des siècles » (Origène, Homélie 8 sur les Nombres). Tout cela est exact. En réalité, vous n’avez pas seulement un Avocat, le meilleur de tous les barreaux du monde, dont la plaidoirie fait mouche à tous les coups. Je vous ai donné aussi une Avocate hors catégorie, la Mère de mon Fils et votre propre Mère. Vous avez bien raison de l’invoquer en disant : « Ô vous, notre Avocate, tournez vers nous vos regard compatissants » (Salve Regina). Vous ne pouvez pas avoir de meilleure défense auprès de moi, tout pécheurs que vous soyez. J’en suis bien persuadé. Marie est la nouvelle Arche de l’Alliance grâce à laquelle tu te rends continuellement présent au milieu de ton peuple. Elle est le nouvel arc-en-ciel en union avec son Fils. Les sept couleurs de l'arc-en-ciel (Genèse 9, 12-17) renvoient aux sept dons du Saint-Esprit qui embellissent l'âme de Marie. Dieu a fait alliance avec notre nature en Marie, réunissant dans une même Personne la nature divine et la nature humaine. « L’arc, ou le prisme, signifie l’humanité du Christ et sa Passion. Cette humanité fut, dans sa Passion, tendue comme un arc (cf. Psaume 18, 35), et teintée de la couleur rouge du sang et de la couleur de l’eau lorsque l’eau jaillit du côté percé du Christ. dieu tend cet arc dans les nuées : il est signe de paix et d’alliance entre Dieu et les hommes, car le Christ, par le sang de sa crucifixion, a pacifié les chemins tant sur la terre qu’au ciel. Dieu le Père l’a regardé : le Fils montre en effet au Père son côté percé et ses plaies, et c’est pourquoi le Père fait miséricorde aux hommes » (Denys le Chartreux, In Genesis 9, 13). (à suivre…)

dimanche 14 novembre 2010

La Liturgie céleste (14)

La Liturgie céleste (14)

b) Le purgatoire. La deuxième voie présente un embranchement à son origine. En effet, « ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1030). Cette purification finale des élus, que l'Église appelle purgatoire, est une doctrine de foi, formulée surtout aux conciles de Florence et de Trente. Comme toute doctrine professée par l'Église et devant être crue par tous, elle s'appuie sur la Sainte Écriture. Par exemple ce texte de la première Corinthienne ou il est question du « Jour du Seigneur » et donc du jugement : « Si l'œuvre bâtie dessus tient bon, l'ouvrier recevra son salaire ; si l'œuvre vient à être brûlée, l'ouvrier en portera le dommage ; lui personnellement, sera sauvé, mais comme en passant au travers du feu » (1 Corinthiens 3, 14-15). (lire la suite) Ou encore ce texte de Pierre où il est dit que « votre foi aura été éprouvée - elle est beaucoup plus précieuse que l'or périssable qu'on éprouve pourtant par le feu - vous vaudra louange, gloire et honneur lors de la manifestation de Jésus-Christ » (1 Pierre 1, 7).
À partir de ces textes, la tradition de l'Église « parle d'un feu purificateur », nous dit le Catéchisme, qui cite ici saint Grégoire le Grand : « Pour ce qui est de certaines fautes légères, il faut croire qu’il existe avant le jugement un feu purificateur, selon ce qu’affirme Celui qui est la Vérité, en disant que si quelqu’un a prononcé un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pardonné ni dans ce siècle-ci, ni dans le siècle futur (Matthieu 12, 31). Dans cette sentence nous pouvons comprendre que certaines fautes peuvent être remises dans ce siècle-ci, mais certaines autres dans le siècle futur » (saint Grégoire le Grand, Dialogues 4, 39).
Évidemment, le diable est intéressé à ce que nous ne croyions pas en l'existence du purgatoire, qui est pourtant une preuve manifeste de la miséricorde et de la justice de Dieu. Voyons ce qu'en dit saint Thomas More dans un de ses écrits intitulé La Supplication des âmes, dans laquelle les âmes du purgatoire s'adressent à ceux qui sont sur terre. « Si, à chaque confession accompagnée de contrition et de ferme propos, Dieu se faisait une règle de pardonner sans qu'il reste rien à payer, ni aucune compensation à offrir - la Passion du Christ suffisant à régler la dette du péché - cette largesse serait presque un encouragement à pécher sans se gêner (...). Ce lieu, où nous expions pour un temps, ne satisfait pas seulement aux exigences de la justice de Dieu : il proclame aussi sa miséricordieuse bonté. D'abord parce que la peine, tout atroce qu'elle est, ne correspond pas, tant s'en faut, à la gravité du péché ; et surtout parce que la bonté divine, en faisant craindre aux hommes cette peine, les rend moins hardis à pécher et moins négligents à faire pénitence, et par là elle les préserve de la peine éternelle ».

(à suivre…)

mardi 1 juin 2010

L’âme pénitente (11)

L’âme pénitente (11)

« Dans ta bonté, ô Dieu, procure le bien de Sion » (Psaume 51, 20). Donne-nous Jésus-Christ. Donne-nous Celui qui est « le Pain de Vie » (Jean 6, 48), tel que « celui qui viendra à lui n’aura plus faim et que celui qui croira en lui n’aura plus jamais soif » (Jean 6, 35). Donne ce bien suprême. Qu’il ne me manque jamais. Et, pour cela, que tes prêtres ne fassent pas défaut à ton Eglise. Tu nous as fait le don de l’Eucharistie et du sacerdoce au cours de la Cène du Jeudi Saint. Ce sont des sacrements qui bâtissent ton Corps mystique. Ne permets pas que nous en soyons privés, mais accroît sans cesse les biens spirituels de ton Eglise, procure-lui le bien, un bonheur sans pareil, même s’il est inévitable qu’elle continue d’être persécutée. Mais la persécution n’est-elle pas elle-même un bien inestimable, (lire la suite) qui engendre des saints et des martyrs, eux-mêmes semence de nouveaux chrétiens ?
Dans l’Ancien Testament, certains sacrifices préfigurant celui du Christ, comportaient la manducation d’une partie de la chair offerte à Dieu, ce qui impliquait une participation au rite sacré. « Que ce mois-ci soit pour vous le commencement des mois ; il sera le premier des mois de votre année. Parlez à toute l’assemblée d’Israël, et dites : Le dixième jour de ce mois, que chacun prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maison est trop peu nombreuse pour un agneau, on le prendra en commun avec le voisin le plus proche, selon le nombre de personnes » (Exode 12, 2-4). De sorte qu’en communiant, nous participons au Sacrifice du Christ, Sacrifice libérateur et nourricier. O sacrum convivium… « Ô banquet sacré ! On y reçoit le Christ, on y fait mémoire de sa Passion ; l’âme est comblée de grâce, et le gage de la gloire éternelle nous est donné. » « Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! » (Apocalypse 22, 20).Viens, ne tarde pas (Hébreux 10, 37). Viens sustenter ton peuple qui doit assurer de durs labeurs. « Dans ta bonté, ô Dieu, procure le bien de Sion, rebâtis les murs de Jérusalem » (Psaume 51, 20). Reconstruis les murs que certains abattent. Avec toi, je veux remettre à leur place les pierres de fondation de ton Eglise, qui sont menacées par l’affouillement des eaux ruisselantes du péché non combattu, au contraire entretenu et répandu.
« Alors tu agréeras de justes sacrifices, les oblations et les holocaustes ; alors on offrira des taureaux sur ton autel » (Psaume 51, 21). Tu proclames : « Voici la loi du sacrifice pour le péché : c’est dans le lieu où l’on immole l’holocauste que sera immolée la victime pour le péché devant Yahvé : c’est une chose sainte » (Lévitique 6, 18). C’est à la messe que nous t’offrons la Sacrifice salutaire et surérogatoire. Nous t’offrons l’Agneau immaculé, « tout entier en holocauste à Yahvé » (1 Samuel 7, 9). Tu l’exauceras. N’exauces-tu pas notre offrande ? Oui, je le crois, tu nous écoutes et tu bénis largement ces offrandes saintes, parce qu’elles sont les noces de l’Agneau, de l’agneau de Dieu. « Réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse, et rendons-lui la gloire, car les noces de l’Agneau sont venues, son Epouse s’est parée, et il lui a été donné de se vêtir d’un lin fin d’une blancheur éclatante – le lin fin, ce sont les œuvres pies des saints » (Apocalypse 19, 7-8).

(fin)

lundi 31 mai 2010

L’âme pénitente (10)

L’âme pénitente (10)

Ce que tu attends de moi, comme de nous tous, c’est que nous te priions, et que nous te priions précisément comme notre Père. « Tu ne prends pas plaisir aux sacrifices, et, si je l’offrais, tu n’agréerais pas un holocauste » (Psaume 51, 18), « car le sang des taureaux et des boucs est impuissant à effacer les péchés. Voilà pourquoi le Christ a dit, en entrant dans le monde : Tu n’as voulu ni sacrifice ni oblation, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as agréé ni holocauste ni sacrifices pour le péché. Alors j’ai dit : Voici que je viens – c’est écrit de moi dans le rouleau du Livre – pour faire, ô Dieu, ta volonté » (Hébreux 10, 4-7). Faire ta volonté ! C’est simple à dire, (lire la suite) moins aisé à réaliser. Mais ta grâce nous assiste toujours. Et que peut-il y avoir de plus doux et de plus aimable que la Volonté d’un père, surtout d’un tel Père que toi ? « Ta loi est dans mon cœur » (Psaume 40, 9), pour que je comprenne, pour que je te comprenne, et que je me rende compte que ce que tu veux, c’est que je t’aime sans partage, mais aussi non de façon officielle, mois encore simulée. C’est le sacrifice de toute ma vie que tu réclames. Et tu as le droit, tous les droits, à le faire. « Ecoute, mon peuple, je parlerai (…). Ce n’est pas pour tes sacrifices que je te blâme ; tes holocaustes sont constamment devant moi. Je ne prendrai point un taureau dans ta maison, ni des boucs dans tes bergeries, car à moi sont tous les animaux des forêts, toutes les bêtes des montagnes par milliers ; je connais tous les oiseaux des cieux, et ce qui se meut dans les champs est connu de moi. Si j’avais faim, je ne le dirais pas, car le monde est à moi, et ce qui le remplit. Est-ce que je mange la chair des taureaux ? Est-ce que je bois le sang des boucs ? Offre en sacrifice à Dieu l’action de grâces, et acquitte tes vœux envers le Très-Haut » (Psaume 50, 7.8-14). Fort de ton encouragement », je célébrerai le nom de Dieu par des cantiques, et je l’exalterai par des actions de grâces : hommage plus agréable à Yahvé qu’un bœuf, qu’un jeune taureau avec cornes et sabot » (Psaume 69, 31-32).
Oui, « mon sacrifice, ô Dieu, c’est un cœur contrit » (Psaume 51, 19), c’est-à-dire un cœur exact, véridique, qui reconnaît son manque d’amour et va s’appliquer à réparer, à combler ce manque. A partir d’aujourd’hui, je veux t’aimer pleinement, j’ai hâte de t’aimer, de rattraper le temps perdu, s’il peut être rattrapé. Ou au moins de mettre les bouchées doubles, de profiter à fonds du temps qui passe, si rapidement. « L’amour du Christ nous presse » (2 Corinthiens 5, 14).

(à suivre…)

dimanche 30 mai 2010

L’âme pénitente (9)

L’âme pénitente (9)

Vérité sublime entre toutes. Vérité si ignorée, si méconnue, quand ce n’est pas bafouée. C’est pourquoi « j’enseignerai tes voies à ceux qui les transgressent » (Psaume 51, 15), avec l’espoir que « les pécheurs reviendront à toi » (Psaume 51, 15). Certes, je ne suis pas meilleur que mes pères, et « j’ai fait ce qui est mal à tes yeux » (Psaume 51, 6). Je ne suis pas meilleur qu’eux. Mais pour réparer mes fautes, et éviter aussi à d’autres de les commettre, je me sens la responsabilité d’annoncer la Bonne Nouvelle, d’essayer de ramener les égarés sur le droit chemin, d’inviter ceux qui sont éloignés à venir jusqu’à toi, car c’est pour tous et pour chacun pris individuellement que tu as donné ta Vie, Seigneur, et tu ne te désintéresses d’aucun de nous. (lire la suite)
Me comportant ainsi, de façon responsable et dans un esprit d’expiation, je compte bien que « tu me délivres de la peine de sang, ô Dieu mon Sauveur » (Psaume 51, 16), comme tu l’as promis à David ton serviteur. Que tu voudras bien tempérer la rigueur de ta justice par l’huile de ta miséricorde, que je sais inépuisable. Alors « ma langue célébrera ta justice » (Psaume 51, 16). Et même si tu ne m’épargnais pas le juste châtiment de mes fautes, je publierai ta justice, car toute décision venant de toi est éminemment juste et bonne. Il n’y a rien à y redire. Elle n’est pas à reprendre. L’on ne saurait se pourvoir en cassation ! Elle se tient.
Je veux donc proclamer combien tu es juste et bon envers moi, comme envers tous les hommes. Pour cela, comme pour le reste, il faut que tu m’aides, que tu me donnes ta grâce. « Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche publiera tes louanges » (Psaume 51, 17). C’est-à-dire, mets sur mes lèvres la prière que tu veux m’entendre formuler et que tu veux exaucer. Apprends-moi à prier (Luc 11, 1), à te dire et à te répéter : « Père, que ton nom soit sanctifié » (Luc 11, 2). Y a-t-il un mot plus savoureux que celui-là « Père » ? Existe-t-il un titre plus doux à mon palais ? Quel nom te donner qui puisse passer celui-là ? C’est toi-même qui nous l’as enseigné. C’est celui que tu as employé toi-même dans ta prière, à tout moment : « Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, pour avoir caché cela à ceux qui ont la science et l’entendement et pour l’avoir révélé aux tout petits. Oui, ô Père, c’est que tel a été ton bon plaisir » (Luc 10, 21). « Père, si tu le veux bien, écarte de moi cette coupe » (Luc 22, 42). « Père juste, alors que le monde ne t’a pas connu, moi je t’ai connu, et ceux-ci ont connu que c’est toi qui m’as envoyé. Je t’ai fait connaître à eux, et je te ferai connaître encore, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et moi aussi en eux » (Jean 17, 25-26).

(à suivre…)

samedi 29 mai 2010

L’âme pénitente (8)

L’âme pénitente (8)

C’est par ton Esprit que je suis régénéré. Puisque son action est si bénéfique et efficace, je t’en conjure, ô Dieu Tout-Puissant, Dieu de Bonté et de Miséricorde, « ne me rejette pas loin de ta face, et ne me retire pas ton Esprit saint » (Psaume 51, 13). Je le sais, « l’Esprit Saint, éducateur des hommes, fuit l’astuce ; il se retire devant des pensées dépourvues d’intelligence, et les succès de l’iniquité lui sont une condamnation » (Sagesse 1, 5). C’est pourquoi je veux m’attacher à suivre tes voies (Psaume 18, 22). C’est la raison pour laquelle je t’ai demandé un cœur nouveau, de ne plus être un homme charnel mais un homme spirituel. « Quant à vous, vous relevez non de la chair, mais de l’Esprit, (lire la suite) si vraiment l’Esprit de Dieu réside en vous ; mais si quelqu’un n’a pas l’Esprit du Christ, celui-là ne lui appartient pas » (Romains 8, 9). « Apprends-moi à faire ton bon plaisir, car tu es mon Dieu. Que ton bon esprit me conduise sur un terrain aplani » (Psaume 143, 10). « Pour moi, je marcherai dans l’intégrité, délivre-moi et sois-moi propice » (Psaume 26, 11). Sans ton Esprit Saint, il me serait impossible de me comporter avec un minimum de correction. Je ne serais pas à même d’articuler un « Abba ! Pater » (Galates 4, 6), ce qui serait un comble pour un enfant à toi ! Il me serait impossible de faire ta Volonté divine, car elle resterait ignorée de moi. « Qui a connu ta volonté, si tu ne lui a pas donné la Sagesse, et si tu n’as pas envoyé d’en-haut ton Esprit Saint » ? (Sagesse 9, 17). Ne détourne pas ton visage de moi, ô mon Dieu. Mais laisse-moi le contempler. « Je cherche ton visage en Yahvé » (Psaume 27, 8). Quand te verrai face à face ?
« Le salut n’est en aucun autre, car il n’est sous le ciel, d’entre les noms qui se donnent chez les hommes, aucun autre qui doive nous sauver » (Actes 4, 12). Aussi, « rends-moi la joie du salut que tu donnes et soutiens-toi par un esprit de bonne volonté » (Psaume 51, 14). La joie d’être sauvé, c’est-à-dire de savoir que tu m’as obtenu le salut au prix de ton Sang. La joie de savoir que tu m’as mis, et remis, sur la bonne voie. La joie de cheminer avec toi. Et un minimum de bonne volonté ? Ce n’est pas tout. Mais si elle fait défaut, il n’y a plus rien de bon à attendre. Pour moi, approcher Dieu, « est mon bien » (Psaume 73, 28), mon vrai bonheur. Je ne désire rien d’autre que d’être et de rester avec toi, Seigneur. Car tu es bien à moi. « Mais tout près de toi est la parole, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que l’accomplisses » (Deutéronome 30, 14). Que dit « la justice qui vient de la foi ? » (Romains 10, 6). Elle dit : « La parole est proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, ce qui veut dire : la parole de foi que nous prêchons » (Romains 10, 8). La Parole de Dieu est toute proche de toi, elle est dans ton cœur, elle est présente dans la doctrine que tu as accueillie, elle est dans la foi que tu professes, elle est en toi, car « le royaume de Dieu est en vous » (Luc 17, 21). Heureux sommes-nous d’avoir un Dieu si proche de nous ! (Deutéronome 4, 7). Il ne peut pas être plus proche qu’il ne l’est par l’Eucharistie, sacrement de la présence réelle au milieu de nous, en nous par la sainte communion.

(à suivre…)

vendredi 28 mai 2010

L’âme pénitente (7)

L’âme pénitente (7)

Ton Eglise ne chante-elle pas, au cours de la Veillée pascale, dans la nuit sainte entre toutes : O felix culpa, « ô heureuse faute, qui nous a valu un tel Rédempteur » ? N’aurais-tu pas entrepris ta folie d’Amour de venir me sauver si j’avais été le seul pécheur au monde ? Aurais-tu pu souffrir qu’un de tes fils soit rejeté de toi sans possibilité de s’amender, alors que pour lui, à la différence des anges, « l’esprit est ardent et la chair est faible » (Matthieu 26, 41) ? Efface toutes mes fautes du livre de Vie. Détourne ton regard de mes voies mauvaises et considère le bien que je veux faire, le bien que je lais à l’ombre de ta Croix, sous la bannière de ton Fils ressuscité. Purifie, par l’aspersion de son Sang, mon âme enténébrée, mais qui veut resplendir de la Lumière que (lire la suite) tu as allumée au Golgotha et qui brille d’un éclat sans pareil au vu et au su de toutes les nations. Même si beaucoup ne veulent pas la regarder, car elle éblouit leurs yeux impurs, impropres à l’accueillir, à se l’approprier.
« Voici que je crée de nouveaux cieux et une terre nouvelle ; on ne se rappellera plus le passé, et il ne reviendra plus à l’esprit » (Isaïe 65, 17). Eh bien ! « ô Dieu, crée pour moi un cœur pur et donne-moi un esprit nouveau et ferme » (Psaume 51, 12). Ramène-moi de la « vallée de l’ombre » (Isaïe 9, 1) au pays de la lumière, où coulent « en abondance le lait et le miel » (Exode 13, 5), où nous est donné la manne nouvelle qui rassasie sans rassasier et ne s’épuise jamais. Rassemble-moi du pays de la dispersion, où je gaspille mes énergies en vain, et ramène-moi à ma terre, celle où tu habites toi, le seul vrai Dieu, la terre du bonheur, où il fait bon pour nous d’habiter (Luc 9, 33). N’est-ce pas toi qui as promis : « Je vous aspergerai d’eaux pures et vous serez purs ; de toutes vos souillures et de toutes vos idoles je vous purifierai. Et je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre chair le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon Esprit, et je ferai que vous suiviez mes ordonnances, que vous gardiez mes lois et les pratiquiez. Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères, vous serez mon peuple, et moi, je serai votre Dieu » (Ezéquiel, 36, 25-28). Je crois fermement que tu es fidèle à tes promesses (Hébreux 10, 20) et que ce que tu as annoncé, tu le feras. Que tu l’as déjà fait. A moi de le mériter. A moi de m’en rendre digne. C’est pourquoi je me reconnais pécheur et je te demande humblement pardon. « Envoie ton Esprit, et il se fera une création nouvelle » (Psaume 104, 30). Donne-moi donc ton Esprit Saint, Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de Dieu » (Isaïe 11, 2). Que désormais je sois tout entier tourné vers toi, bien orienté, c’est-à-dire face au Soleil levant, à « la lumière qui se révélera aux païens » (Luc 2, 32).

(à suivre…)

jeudi 27 mai 2010

L’âme pénitente (6)

L’âme pénitente (6)

« Asperge-moi avec l’hysope, et je serai pur » (Psaume 51, 9). C’est le rite de l’aspersion purificatrice prescrit par le Seigneur (cf. Nombres 19, 11-22). Mais cette aspersion se fait avec le sang des animaux offerts en sacrifice. « Quand Moïse, en effet, eut lu devant tous le peuple tous les préceptes tels qu’ils étaient dans la Loi, il prit du sang des veaux et des boucs avec de l’eau, de la laine écarlate et de l’hysope, et il en aspergea le livre lui-même ainsi que tout le peuple en disant : Ceci est le sang de l’alliance que Dieu vous a enjointe. Puis il aspergea pareillement de sang le tabernacle et tous les ustensiles du culte. C’est d’ailleurs avec du sang que, d’après la Loi, se font presque toutes les purifications, et il n’y a pas de pardon sans effusion de sang » (Hébreux 9, 19-22), « car l’âme de la chair est dans le sang, (lire la suite) et je vous l’ai donné en vue de l’autel afin de servir d’expiation pour vous-mêmes ; car c’est par l’âme que le sang fait expiation » (Lévitique 17, 11). Et c’est par le Sang versé en libation généreuse sur la Croix que nous sommes purifiés de nos souillures. Loué soit notre Seigneur Jésus-Christ ! Grâce lui soit à jamais rendue pour cet Amour et pour la largesse avec laquelle il nous l’a fait partager. « Lave-moi, et je serai plus blanc que la neige » (Psaume 51, 9). Si mes péchés étaient « comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine » (Isaïe 1, 18). Telle est la vertu du Sang de l’Agneau. « Fais-moi entendre des paroles de joie et d’allégresse » (Psaume 51, 10). « Moi, je te pardonne tout le temps. » Voilà ce que nous entendons. « Yahvé a déjà ôté ton péché, tu ne mourras pas » (2 Samuel 12, 13).Tu ne mourras pas parce que tu as demandé pardon, parce que tu as confessé ta faute. Cela me suffit, dit le Seigneur. Je n’en demande pas plus. Je sais bien que vous êtes faibles, depuis que vous avez écouté la voix du tentateur. Aussi ai-je pitié de vous. Rien qu’en me disant : « J’ai péché contre toi », je m’empresse de vous consoler et de vous rassurer. Je suis comme cela, moi votre Dieu. Je ne m’enflamme pas rapidement.
« Mes os tremblent de peur » (Psaume 6, 3), mais, en t’écoutant, je suis rassuré. En entendant ces paroles de joie et d’allégresse « les os que tu as broyés tressailliront d’aise » (Psaume 51, 10). Ô mon Dieu, permets-moi d’insister. Non que je doute de toi. Mais parce que mon amour m’en fait l’obligation : « Détourne ta face de mes péchés, et efface toutes mes fautes » (Psaume 51, 11). Je sais bien que le mal que j’ai fait existe. Il s’est inscrit dans le déroulement de l’histoire. Il y a sa place.

(à suivre…)

mardi 25 mai 2010

L’âme pénitente (4)

L’âme pénitente (4)

« C’est contre toi, et toi seul, que j’ai péché, et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux » (Psaume 51, 6). Contre Dieu seul puisque c’est lui, et lui seul, qui prend sur ses épaules le poids de tous nos péchés, lui seul qui peut fournir cet effort titanesque pour nous arracher à l’éternelle damnation. Il porte dans son corps les stigmates de nos fautes. Il les garde pour l’éternité, puisqu’il n’a pas voulu s’en défaire après sa Résurrection : « Jésus arriva et se trouva devant eux, et il leur dit : « Paix à vous ! » et, en disant cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent tout joyeux de revoir le Seigneur. (…) Puis il dit à Thomas : « Amène ici ton doigt et regarde mes mains ; puis, amène ta main et mets-la dans mon côté. Et ne sois plus incrédule, mais croyant » (Jean 20, 19-20.27). Jésus porte dans son esprit toutes nos iniquités : (lire la suite) « Tous ensemble sont devenus infidèles, ils se sont tous corrompus » (Psaume 53, 4). Et par là il nous guérit de nos maladies spirituelles et de nos infirmités corporelles : « Il guérit aussi toutes les maladies afin que s’accomplisse ce qui avait été dit par le prophète Isaïe : Il a pris nos infirmités et il a emporté nos maladies » (Matthieu 8, 16-17). Merveille de la toute-puissance divine. Merveille de son Amour, qui reste inentamé, car le temps n’a pas de prise sur lui, fort heureusement. Par sa mort, il a détruit la mort et par sa Résurrection il nous a donné la vie.
C’est l’événement central de l’histoire de l’humanité. Son zénith. Un événement qui n’a pas été résorbé, absorbé par le défilé du temps comme les autres événements historiques, mais qui reste actuel. Un événement qui a eu lieu une fois pour toutes, qui est rendu présent dans chaque Eucharistie. Un événement que rappellent les Calvaires et les crucifix à la croisée de nos chemins, dans nos églises et nos chapelles, dans les foyers chrétiens, etc. Stat Crux dum volvitur orbis. Le temps s’écoule inexorablement, les événements se succèdent les uns aux autres, mais la Croix demeure, ferme, inébranlable, indéboulonnable, étendard dressé devant les nations.
Ces croix nous rappellent constamment nos péchés, non pour nous traumatiser, mais pour nous conduire au repentir et à l’action de grâce. Car le remède que Dieu a inventé pour tous nos maux est vraiment une trouvaille formidable, « de sorte que tu montres ta justice dans ta sentence, ton équité dans ton jugement » (Psaume 51, 6). Justice et équité, certes, mais plus encore Amour et miséricorde, compréhension et pardon.

(à suivre…)

lundi 24 mai 2010

L’âme pénitente (3)

L’âme pénitente (3)

Question salutaire, qui doit provoquer une saine réaction et une prise de conscience de la réalité de ma vie, ne m’en déplaise, comme David est confronté à son péché par l’intervention de Nathan. « Mes ennemis parlent méchamment de moi » (Psaume 41, 6). Même si mon péché atteint des hommes, il est foncièrement aversio a Deo et conversio ad creaturas, me détourner de Dieu pour me tourner vers les créatures, refus d’obéissance à mon Dieu, refus de l’aimer envers et contre tout. Le péché est avant tout rébellion contre Dieu. Désir d’émancipation sotte. Car seule la sujétion à Dieu libère des entraves du péché. Les gens qui habitaient Ars du temps du saint Curé étaient frappés de l’atmosphère humainement très positive qui y régnait quand ils se trouvaient confrontés ensuite à un milieu ambiant moins chrétien, moins surnaturel. Car la vertu appelle la vertu, le bien appelle le bien, (lire la suite) il est diffusivum sui (saint Thomas d’Aquin), il se répand de lui-même. Humainement parlant, c’est très lourd de conséquences positives. C’est pourquoi un possédé du démon pouvait se répandre sur la place du village en criant qu’il sentait mauvais, que tout le monde puait dans Ars, car le démon ne supportait pas l’odeur de la vertu, la « bonne odeur du Christ » (2 Corinthiens 2, 15) propre aux enfants de Dieu qui s’efforcent de plaire à leur Père et de mener une vie vertueuse.
« C’est contre toi, et toi seul, que j’ai péché » (Psaume 51, 6). Pas toujours avec une volonté foncièrement mauvaise, délibérément ancrée dans le mal. Par malice, certes, mais aussi par faiblesse. Parce que « le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire en ma chair : vouloir le bien est à ma portée ; le faire non ; car je ne fais pas le bien que je veux, tandis que je fais le mal que je ne veux pas. Or, si c’est ce que je ne veux pas que je fais, ce n’est plus moi qui le fais, mais le péché qui habite en moi. Je découvre donc cette loi : pour moi qui veux faire le bien, c’est le mal qui est à ma portée. En effet, l’homme intérieur en moi se complaît en la loi de Dieu, mais je vois en mes membres une loi qui lutte contre la loi de ma raison et qui me tient prisonnier de la loi du péché qui est dans mes membres » (Romains 7, 18-23). C’est l’expérience universelle – hormis notre Seigneur et la Sainte Vierge -, l’expérience même, nous le voyons, d’un homme d’une sainteté hors concours comme saint Paul. Il y a là de quoi nous rassurer sur notre condition et nous conforter dans notre capacité à redémarrer, à aimer Dieu malgré tout, en revenant vers le Seigneur d’un cœur contrit et humilié, que le Seigneur accueille toujours le sourire aux lèvres.

(à suivre…)

dimanche 23 mai 2010

L’âme pénitente (2)

L’âme pénitente (2)

« Aie pitié de moi, ô Dieu, dans ta bonté ; dans ta grande miséricorde efface mes transgressions » (Psaume 51, 3). Urie pourra-t-il revivre ? L’enfant qui va mourir effacera-t-il la transgression ? « Les transgressions », dit David au pluriel, et il a raison. Nous pouvons demander au Seigneur d’effacer nos péchés. Son pardon inépuisable est là pour cela. Effacer le péché ne veut pas dire le laisser impuni, ne pas réparer les dégâts causés.
Il y a deux aspects dans tout péché : la faute elle-même et les conséquences. La faute est remise par le pardon, pour nous dans le sacrement qui nous réconcilie avec Dieu et avec la communauté ecclésiale. Les conséquences doivent être payées par la « satisfaction », la pénitence qui nous est imposée, par l’offrande des difficultés de la vie et par nos mortifications volontaires, mais en réparant aussi les torts (lire la suite) que nous avons pu causer à d’autres : la ferme volonté de le faire est une condition préalable à la remise du péché. « Mais toi, Yahvé, aie pitié de moi et rétablis-moi, et je leur donnerai ce qui est dû » (Psaume 41, 11).
Ô, mon Dieu, « lave-moi entièrement de mon iniquité, et purifie-moi de mon péché » (Psaume 51, 4), « par le sang de Jésus » (1 Jean 1, 7). « C’est lui que Dieu a par avance destiné à être, en son propre sang, victime expiatoire moyennant la foi, montrant par là sa justice, pour ce qu’il n’avait pas tenu compte des péchés du passé au temps de la patience divine, montrant par là sa justice dans le temps présent, à l’effet d’être reconnu juste lui-même et de justifier qui a foi en Jésus » (Romains 3 ; 25-26). Parce que j’ai foi en toi, mon Dieu, je me reconnais tel que je suis, dans ma double condition de fils de Dieu et de pécheur. Drôle de titre d’introduction ! Ce devrait être ma signature. Car c’est ce qui définit le mieux ce que je suis. « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1, 9). Mon espérance n’est pas vaine, car elle s’appuie sur une vérité de foi consolante, sur la médiation de mon Seigneur, qui intercède en des gémissements ineffables (Romains 8, 26). « Combien à plus forte raison le sang du Christ qui, dans un esprit d’éternité, s’est offert lui-même à Dieu en victime sans défaut, purifiera-t-il vos consciences des œuvres qui causent la mort, afin que soit pratiqué le culte dû au Dieu vivant » (Hébreux 9, 14).
« Purifie-moi de mon péché. Car je reconnais mes transgressions, et mon péché est constamment devant moi » (Psaume 51, 4-5), devant mon visage. Non pour me culpabiliser bêtement, mais pour rester sur mes gardes, pour me méfier de moi-même et pour m’engager sur la voie de l’expiation et de la réparation, pour profiter du « temps de la vraie pénitence » qu’est notre passage sur terre, pour la remise des péchés. Mon péché est devant moi pour que je ne sombre pas dans l’orgueil de l’autosatisfaction. Il n’y a vraiment pas de quoi. « Toi… orgueilleux ? — De quoi ? » (saint Josémaria, Chemin, n° 600).

(à suivre…)

samedi 22 mai 2010

L’âme pénitente (1)

L’âme pénitente (1)

« De David. Lorsque Nathan le prophète vint le trouver, après qu’il fut allé vers Bethsabée » (Psaume 51, 1-2). David a commis un double crime, lui qui a été pourtant tellement favorisé par Dieu. Il a fait tuer Urie le Hittite après avoir pris sa femme pour commettre l’adultère avec elle, un adultère qu’il avait déjà commis dans son cœur quand il l’avait convoitée (2 S11, 1-27). Sans tarder, Dieu dépêche son prophète Nathan auprès du roi. Il lui raconte une parabole. David est trop aveuglé par sa faute monstrueuse pour se rendre compte qu’il est indirectement question de lui. Aussi s’enflamme-t-il de colère contre l’homme qui, pour honorer un visiteur, a osé prendre la brebis unique de son pauvre voisin et l’a fait tuer et apprêter, se gardant bien de prendre de ses brebis et de ses bœufs (2 Samuel 12, 1-4). (lire la suite)
(Ps 51) « La colère de David s’enflamma vivement contre cet homme » (v. 5), qu’il juge digne de mort (v. 6), prononçant sans s’en rendre compte sa propre sentence de condamnation. Car, lui assène Nathan, « cet homme, c’est toi » (v. 7), et il lui montre toute l’iniquité de son comportement ignoble, il lui en démonte le mécanisme, lui annonçant le châtiment divin (v. 7.12).
« David dit alors à Nathan : « J’ai péché contre Yahvé. » Et Nathan dit à David : « Yahvé a déjà ôté ton péché, tu ne mourras pas » (v. 13). Mais il lui annonce la mort de son fils qu’il a conçu de la femme d’Urie. « Aie pitié de moi, ô Dieu, dans ta bonté » (Psaume 51, 3). Je sais que tu ne détournes pas ton regard de tes enfants pécheurs. Je sais comment tu t’es comporté envers nos pères, quand ils ont prévariqué : « Néanmoins il regarda à leur détresse, quand il entendit leurs supplications. Il se souvint en leur faveur de son alliance, il eut pitié d’eux dans sa grande bonté » (Psaume 106, 44-45). « Moi je dis : « Yahvé, aie pitié de moi ! Guéris-moi, car j’ai péché contre toi ! » (Psaume 41, 5), et toi seul. Non, à vrai dire, contre Urie et contre sa femme, contre Joab aussi, à qui il donna l’ordre d’abandonner Urie au plus fort du combat : « Placez Urie au plus fort du combat, et retirez-vous de derrière lui, afin qu’il soit frappé et qu’il meure » (2 Samuel 11, 15).

(à suivre…)

mercredi 5 mai 2010

Le Rosaire et les anges.

Le Rosaire et les anges.

« Toutes les fois que, par la récitation du Rosaire de Marie, nous méditons les mystères de notre salut, nous imitons en quelque manière la fonction très sainte confiée jadis à la milice céleste des anges » (Léon XIII, encyclique Augustissimæ Virginis, 12 septembre 1897). (lire la suite)

Le Rosaire et la pénitence

Parmi la pratique des vertus que la foi réclame « se trouve la pénitence, qui comprend elle-même l'abstinence, vertu nécessaire, à plus d'un titre et très efficace. Si l'Église, sur ce point, se montre de jour en jour plus clémente envers ses enfants, que ceux-ci, en retour, comprennent qu'ils doivent s'ingénier à compenser par d'autres œuvres cette indulgence maternelle. Dans ce but, il est bon de proposer en premier lieu la dévotion du Rosaire, qui peut également produire de bons fruits de pénitence, surtout par la méditation des souffrances du Christ et de sa Mère » (Léon XIII, encyclique Fidentem piumque, 20 septembre 1896).

Le Rosaire et les prêtres.
« Cette dévotion au Rosaire semble être propre aux prêtres. Nous leur proposons l'exemple de saint Jean-Baptiste Vianney, le curé d'Ars, (...) égrenant avec une profonde piété son chapelet entre ses doigts. Puissent les prêtres trouver là un encouragement pour parvenir à une sainteté digne de leur charge : de cette charge que Dieu nous a confiée de travailler au salut des âmes » (Jean XXIII, Lettre apostolique Œcumenicum Concilium, 28 avril 1962).

jeudi 25 février 2010

La générosité de Dieu (8)

La générosité de Dieu (8)

Et Jésus a fait savoir à la bienheureuse Véronique de Binasco qu'il nous est davantage reconnaissant de compatir aux souffrances de sa Mère qu'aux siennes : « Ma fille, lui dit-il, elles me sont bien chères les larmes que l'on verse sur mes souffrances, mais à cause de l'immense amour que je porte à ma Mère, la méditation du martyre qu'elle endura au pied de ma Croix m'est plus chère encore » (saint Alphonse de Liguori, Les gloires de Marie, 9e discours). Quant à la bienheureuse Vierge Marie, elle se plaint de ce que nous ne prenions pas part à sa douleur, (lire la suite) que nous vivions comme si nous étions indifférents à ce qu'elle a vécu, pour nous : Marie dit un jour à sainte Brigitte : « Quand je considère la multitude des hommes qui vivent sur la terre et que j'examine s'il en est qui pensent à mon martyre et qui y compatissent, hélas ! J'en trouve bien peu ! Souvenez-vous de moi, pensez à mes souffrances et à mes larmes, imitez-moi autant que vous le pouvez et pleurez sur le petit nombre des amis de Dieu » (De gestis Salvatoris 2, 24, saint Alphonse de Liguori, cité dans Les gloires de Marie, 9e discours).
En revanche, pour ceux qui s'associent à elle, la Vierge des douleurs, elle a obtenu de son divin Fils non pas une faveur, mais quatre. C'est ce qu'elle a pris la peine d'expliquer : « D'après une révélation à sainte Élisabeth, l'apôtre saint Jean désira revoir Marie après son Assomption. Cette grâce lui fut accordée. Elle lui apparut avec Jésus. « Marie demandait à son Fils de récompenser, par quelque grâce particulière, ceux qui pratiqueraient la dévotion à ses douleurs et notre Seigneur lui promit pour eux quatre grâces principales : La première : Ceux qui prient la sainte Vierge au nom de ses douleurs, mériteront de faire, avant leur mort, une vraie pénitence de leurs péchés. La seconde : notre Seigneur les protègera dans leurs tribulations, spécialement à l'heure de la mort. La troisième : il imprimera dans leur cœur le souvenir de sa Passion, pour leur en donner la récompense dans le ciel. La quatrième : il les remettra lui-même entre les mains de Marie, afin qu'elle en dispose à son gré et leur obtienne toutes les grâces quelle voudra » (saint Alphonse de Liguori, Les gloires de Marie, 9e discours). Cela montre une fois de plus la générosité de Dieu, qui comble au-delà de toute attente, et surprend même sa propre Mère, dont la puissance d'intercession est ainsi soulignée.

(fin)

vendredi 23 octobre 2009

Le Rosaire et les anges

Le Rosaire et les anges

« Toutes les fois que, par la récitation du Rosaire de Marie, nous méditons les mystères de notre salut, nous imitons en quelque manière la fonction très sainte confiée jadis à la milice céleste des anges » (Léon XIII, encyclique Augustissimæ Virginis, 12 septembre 1897).

Rosaire et pénitence. Parmi la pratique des vertus que la foi réclame « se trouve la pénitence, qui comprend elle-même l'abstinence, vertu nécessaire, à plus d'un titre et (lire la suite) très efficace. Si l'Église, sur ce point, se montre de jour en jour plus clémente envers ses enfants, que ceux-ci, en retour, comprennent qu'ils doivent s'ingénier à compenser par d'autres œuvres cette indulgence maternelle. Dans ce but, il est bon de proposer en premier lieu la dévotion du Rosaire, qui peut également produire de bons fruits de pénitence, surtout par la méditation des souffrances du Christ et de sa Mère » (Léon XIII, enc. Fidentem piumque, 20 septembre 1896).

lundi 14 septembre 2009

14 septembre : la Sainte Croix

14 septembre : la Sainte Croix

Le chrétien ordinaire — qui n’est pas un religieux et qui ne se retire pas du monde, parce que le monde est le lieu de sa rencontre avec le Christ — n’a pas besoin pour se sanctifier d’un vêtement particulier ou de signes distinctifs. Ses signes sont intérieurs : présence constante de Dieu et esprit de mortification. En réalité ils ne font qu’un, car la mortification n’est rien d’autre que la prière des sens.
La vocation chrétienne est faite de sacrifice, de pénitence et d’expiation. Nous devons réparer pour nos fautes (lire la suite) — combien de fois n’avons nous pas détourné notre visage pour ne pas voir Dieu ? — et pour tous les péchés des hommes. Nous devons suivre de près les traces du Christ : nous portons toujours en nous la mortification, l’abnégation du Christ, son humiliation sur la Croix, pour que, dans nos cœurs aussi, se manifeste la vie de Jésus (2 Corinthiens 4, 10).
Notre chemin est celui de l’immolation et c’est dans ce renoncement que nous trouverons le gaudium cum pace, la joie et la paix. (...)
Maintenant, avec l’aide de Dieu, nous avons appris à découvrir, tout au long de journées apparemment toujours semblables, un spatium verae poenitentiae, un temps de véritable pénitence, au cours duquel nous prenons des résolutions d’améliorer notre vie: emendatio vitae. C’est là le chemin qui nous disposera à recevoir dans notre âme la grâce et les inspirations du Saint-Esprit. Or cette grâce, je le répète, s’accompagne du gaudium cum pace, de la joie, de la paix et de la persévérance dans le chemin.
La mortification est le sel de notre vie. Et la meilleure des mortifications est celle qui, s’appuyant sur des petits détails tout au long de la journée, s’attaque à la concupiscence de la chair, à la concupiscence des yeux et à l’orgueil. Mortifications qui ne mortifient pas les autres, mais qui nous rendent plus délicats, plus compréhensifs, plus ouverts à tous. Tu ne seras pas mortifié si tu es susceptible, si tu n’écoutes que ton égoïsme, si tu t’imposes aux autres, si tu ne sais pas te priver du superflu et parfois même du nécessaire, si tu t’attristes quand les choses ne vont pas comme tu l’avais prévu ; en revanche, tu es mortifié si tu sais te faire tout à tous, pour les gagner tous (1 Corinthiens 9, 22).

Saint Josémaria, Homélie « La vocation chrétienne », Quand le Christ passe, n° 9.

mardi 9 juin 2009

La Cananéenne et Jésus (5)

La Cananéenne et Jésus (5)

Les cris insistants d'Autonoé finissent par importuner tout le monde, à commencer par les disciples dont la tâche s'en trouve compliquée. Le bruit de ses paroles était comme le bruit d'une multitude (Daniel 10, 6). S'approchant de Jésus, ils lui firent cette prière : « Renvoie-là, car elle nous poursuit de ses cris ! » (v. 23). Ils auraient pu demander au Seigneur d'accéder à la demande de la femme. Non. Ils veulent simplement avoir la paix. Ils ne pensent pas à la meilleure solution, mais à celle qui leur convient à eux. Pauvres que nous sommes... Ce sont les disciples qui craquent, pas la Cananéenne ! Nous avons, là aussi, un parallèle avec l'épisode de Bar-Timée, à qui beaucoup demandaient de s'arrêter de crier, sans doute parce que ses supplications les empêchaient d'entendre ce que le Maître disait (cf. Marc 10, 48). Là aussi ils ne pensent pas au bien de l'aveugle, (lire la suite) alors qu'ils savent que Jésus peut le guérir. Qu'est-ce qui est le plus important : la guérison de Bar-Timée ou entendre l'enseignement de Jésus ? Une autre leçon pour nous.
La Cananéenne et Bar-Timée crient leurs besoins. Nous sommes un peu dans leur situation. C'est-à-dire que nous avons incontestablement besoin d'aide pour progresser sur la voie de la sainteté, sur le chemin de l'amour de Dieu. Mais notre prière n'est probablement pas aussi insistante que celle de ces deux personnages... Et le fait que le Seigneur ne réponde pas sur le champ peut nous déconcerter, nous décourager. Nous avons l'impression parfois qu'il ne nous entend pas. « Nous imaginons que le Seigneur ne nous écoute pas, que nous nous sommes égarés, que seul le monologue de notre voix se fait entendre. Nous nous trouvons comme privés de soutien sur la terre et abandonnés du ciel. Cependant notre horreur du péché, même véniel, est bien réelle et pratique. Alors, avec l’entêtement de la Cananéenne, nous nous prosternons comme elle avec soumission pour l’adorer et supplier : Seigneur, viens à mon secours (Matthieu 15, 25). Et l’obscurité disparaîtra, chassée par la lumière de l’Amour » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 304).
La femme a prié de loin, puis de près. Nous nous approchons nous aussi du Seigneur avec nos requêtes dans la prière et dans le sacrement de la pénitence, pour qu'il nous exauce et nous refasse un cœur neuf : Ô Dieu, crée en moi un cœur pur ; et renouvelle au dedans de moi un esprit ferme (Psaume 51 (50), 12).

(à suivre...)

mercredi 15 avril 2009

La sincérité (1)

La sincérité (1)

Jésus nous demande de réfléchir, à l'aide d'une parabole : « Que vous en semble ? Un homme avait deux fils. Abordant le premier, il lui dit : « Mon fils, va travailler aujourd'hui dans la vigne. Il répondit : « Je ne veux pas » ; mais par la suite, s'étant repenti, il y alla » (Matthieu 21, 28.30). La demande de son père n'est pas du goût de son fils. Celui-ci avait envie de se reposer, il était occupé à une autre tâche ou, tout simplement, il n'avait pas envie de se fatiguer et de travailler à ce moment-là. Il n'éprouve pas de goût pour ce qui constitue souvent son occupation. Mais la vigne ne peut pas attendre, (lire la suite) il faut s'en occuper, aujourd'hui aussi. Et il le sait. Il a dit « non », mais il se ravise, « s'étant repenti ». Le texte latin dit paenitentia motus, poussé par un esprit de pénitence, c'est-à-dire regrettant profondément sa réponse précipitée. Il se rend compte qu'il a agi par égoïsme. Et il s'en veut d'avoir été aussi irréfléchi, aussi primaire. « La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelées animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur) (cf. Concile de Trente ; Catéchisme du concile de Trente).

mercredi 16 juillet 2008

La sincerite (1)

La sincérité (1)

Jésus nous demande de réfléchir, à l'aide d'une parabole : « Que vous en semble ? Un homme avait deux fils. Abordant le premier, il lui dit : « Mon fils, va travailler aujourd'hui dans la vigne. Il répondit : « Je ne veux pas » ; mais par la suite, s'étant repenti, il y alla » (Matthieu 21, 28.30). La demande de son père n'est pas du goût de son fils. Celui-ci avait envie de se reposer, il était occupé à une autre tâche ou, tout simplement, il n'avait pas envie de se fatiguer et de travailler à ce moment-là. Il n'éprouve pas de goût pour (lire la suite) ce qui constitue souvent son occupation. Mais la vigne ne peut pas attendre, il faut s'en occuper, aujourd'hui aussi. Et il le sait. Il a dit « non », mais il se ravise, « s'étant repenti ». Le texte latin dit paenitentia motus, poussé par un esprit de pénitence, c'est-à-dire regrettant profondément sa réponse précipitée. Il se rend compte qu'il a agi par égoïsme. Et il s'en veut d'avoir été aussi irréfléchi, aussi primaire. « La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelées animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur) (cf. Concile de Trente ; Catéchisme du concile de Trente).

vendredi 15 février 2008

Le careme (7)

Le carême (7)

Poursuivons nos réflexions sur ce que le carême nous demande comme effort de conversion. Il faut ajouter encore quelques considérations sur les bienfaits de la confession sacramentelle, toujours en suivant les orientations du Serviteur de Dieu Jean-Paul II dans son exhortation apostolique post-synodale Reconciliatio et Paenitentia (n° 31).
Il écrit que « tout confessionnal est un lieu privilégié et béni (lire la suite) d'où, une fois les divisions effacées, naît un homme réconcilié, nouveau et sans tache, un monde réconcilié ! » Je souligne, en passant, que les normes en vigueur dans l'Église catholique stipulent que « les confessions ne seront pas entendues en dehors du confessionnal, à moins d'une juste cause » (Code de droit canonique, canon 964 § 3) et que « le ministre du sacrement peut légitimement décider, pour une juste cause et sans que l'on se trouve dans un cas de nécessité, et cela même dans le cas où le pénitent demande que l'on procède autrement, que la confession sacramentelle sera reçue dans un confessionnal muni d'une grille fixe » (Conseil pontifical pour les Textes législatifs, Réponse, 1er septembre 1998).
« Le fruit le plus précieux du pardon obtenu dans le sacrement de pénitence, écrit Jean-Paul II, consiste dans la réconciliation avec Dieu : celle-ci se produit dans le secret du cœur du fils prodigue et retrouvé qu'est chaque pénitent. Il faut évidemment ajouter que cette réconciliation a pour ainsi dire comme conséquences d'autres réconciliations, qui portent remède à d'autres ruptures causées par le péché : le pénitent pardonné se réconcilie avec lui-même dans les profondeurs de son être, où il retrouve sa vérité intérieure ; il se réconcilie avec ses frères, agressés et lésés par lui en quelque sorte ; il se réconcilie avec l'Église ; il se réconcilie avec toute la création. La prise de conscience de toute cela fait naître chez le pénitent, au terme de la célébration, un sentiment de gratitude envers Dieu pour le don de la miséricorde qu'il a reçu. C'est à cette action de grâce que l'Église l'invite. »

(à suivre...)