ce blog est bloqué à l'entrée en Chine depuis le mois de mai 2007
Affichage des articles dont le libellé est oraison. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est oraison. Afficher tous les articles

vendredi 10 juin 2011

Zachée (3)

Zachée (3)

Nous avons là un exemple excellent pour nous. L’envie de voir Dieu, de fréquenter Dieu dans le Pain et dans la Parole, dans nos pratiques de piété, dussent les autres se rendre compte que nous allons à la messe chaque jour, que nous récitons le chapelet ou que nous faisons un temps d’oraison pour voir le Seigneur, en nous écartant un peu de la foule, qui reste cependant présente à nos yeux, et qui alimente notre prière. Parce qu’elle est souvent comme le paralytique de la piscine de la porte des Brebis : Hominem non habeo, « je n’ai personne pour me plonger dans la piscine » (Jean 5, 7). (lire la suite)
Zachée n’a pas grimpé dans le premier arbre venu. Il sait que Jésus « devait passer par là » (Luc 19, 4). Nous pouvons penser que c’était le chemin qui conduisait à la synagogue. Jésus devait avoir un objectif précis en arrivant à Jéricho. Mais il est prêt à changer de plan si les circonstances le requièrent. Ce qui va être effectivement le cas.
Au départ, c’est probablement la simple curiosité qui a motivé le comportement audacieux du publicain. Il n’a pas de projet bien arrêté en tête. Il n’attend rien de particulier, si ce n’est juste voir le Seigneur. Il n’ambitionne rien d’autre.
Jésus va se servir de ce minimum de bonne disposition, qu’il compte réorienter. Il se contente de peu ! « J'ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas, je me suis manifesté à ceux qui ne me demandaient pas » (Romains 11, 20). « Quand il arriva à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, hâte-toi de descendre, car aujourd'hui il faut que je demeure dans ta maison » (Luc 9, 5).
Jésus s’invite. Nous voyons une fois de plus son vif souci de venir en aide à ceux qui ont le plus besoin de lui. « Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin de
médecin, mais les malades. Allez donc apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde et non le sacrifice. Car je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Matthieu 9, 12-13). Et, incontestablement, aux yeux de tous Zachée est un pécheur de première catégorie. Il est condamné par avance. Il est infréquentable par un Juif observant. Mais Jésus connaît le cœur de l’homme. Non seulement il ne condamne pas, mais il veut sauver. Pour cela, il lui faut gagner la confiance, l’amitié des hommes.
C’est ce qu’il cherche à faire avec Zachée. Il fait mine de s’arrêter par hasard au pied du sycomore où Zachée a élu domicile. Certes, la densité de la foule l’oblige à progresser lentement et tout le monde sollicite de lui qui une faveur, qui une guérison, qui une prière.

(à suivre…)

samedi 23 octobre 2010

La prière vocale (2)

La prière vocale (2)

Nous pouvons nous appliquer également cet autre conseil, évoqué à propos de l’office divin, du bréviaire, mais que nous pouvons élargir à toute forme de prière vocale : « Voici comment un prêtre désirait s'appliquer à l'oraison, tandis qu'il récitait l'Office divin : « Je suivrai la coutume qui consiste à dire en commençant : « Je veux prier comme prient les saints », et ensuite j'inviterai mon ange gardien à chanter, avec moi, les louanges du Seigneur. »
Essaye ce chemin dans ta prière vocale, et pour que la présence de Dieu grandisse en toi pendant ton travail » (saint Josémaria, Forge, n° 747). (lire la suite)
Ce conseil vise donc à nous aider à travailler en présence de Dieu et, par suite, à transformer notre travail en prière. C’est là un des grands enseignements de saint Josémaria. La prière bien faite, l’esprit de prière – qui n’exige pas de se retirer à l’écart ni d’aller nécessairement à l’église, mais qui peut simplement se traduire par une élévation de l’âme, par une brève oraison jaculatoire – amènent à se tenir devant Dieu et, par conséquent, à lui offrir le fruit de notre activité, à tout réaliser pour lui, pour sa gloire. La prière non seulement accompagne notre travail mais se fond en lui. Et notre journée devient de la sorte une louange de plus en plus continuelle de Dieu, sachant qu’il faut « prier toujours sans jamais se lasser » (Luc 18, 1).
L’exemple des saints et l’intercession de notre ange gardien peuvent y être pour beaucoup. Répétons nous aussi : « Je veux prier comme les saints prient. » Et disons à notre bon ange : « Ange, chante avec moi les louanges de mon Seigneur. »

(fin)

mardi 7 avril 2009

Le silence nécessaire

Le silence nécessaire

Notre monde ne connaît guère le silence, même si, ici ou là, l'homme en redécouvre la nécessité. Il peut, certes, y avoir un silence lourd et pesant, tel celui que Ramuz décrit : « On avait senti grandir autour de soi une chose tout à fait inhumaine et à la longue insupportable : le silence. Le silence de la haute montagne, le silence de ces déserts d'hommes, où l'homme n'apparaît que temporairement : alors, pour que par hasard il soit silencieux lui-même, on a beau prêter l'oreille, on entend seulement qu'on n'entend rien. (lire la suite) C'était comme si aucune chose n'existait nulle part, de nous à l'autre bout du monde, de nous jusqu'au fond du ciel. Rien, le néant, le vide, la perfection du vide ; une cessation totale de l'être, comme si le monde n'était pas créé encore, ou ne l'était plus, comme si on était avant le commencement du monde ou bien après la fin du monde. Et l'angoisse se loge dans votre poitrine où il y a comme une main qui se referme autour du cœur » (C. F. Ramuz, Derborence, Paris, 1968, p. 12-13).
Mais il existe un silence bénéfique, de celui qui fait taire les sollicitations du monde pour se recueillir et écouter Dieu. « Le silence est comme le portier de la vie intérieure » (saint Josémaria, Chemin, n° 281). Autrement dit, sans le retrait des soucis du monde, il est difficile de prier. Cela ne signifie pas qu'il soit impossible de prier en pleine rue ou dans le brouhaha des activités, mais que l'oraison, le dialogue intime avec Dieu, implique de s'occuper de lui. En effet, « nous autres, enfants de Dieu, nous devons être des contemplatifs : des personnes qui, au milieu du grondement de la foule, savent trouver le silence d'une âme qui s'entretient sans cesse avec le Seigneur ; et le regarder comme on regarde un Père, comme on regarde un Ami que l'on aime à la folie » (saint Josémaria, Forge, n° 738).
Chacun d'entre nous devrait pouvoir dire : « Ma prière intime, qui est comme un grand silence qui crie » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 35), qui crie, car elle réclame la grâce de Dieu pour être plus saint et pour être vraiment apôtre dans les milieux de notre existence.
Pour ne pas avoir la tête troublée aux moments les plus inopportuns par les préoccupations terre à terre, il convient d'« essayer d’obtenir des moments de silence intérieur » tout en tâchant de maîtriser aussi les « sens externes et internes » (saint Josémaria, Sillon, n° 670).

vendredi 13 mars 2009

La vie est une messe (2)

La vie est une messe (2)

Ce culte est, nous dit saint Josémaria, le « prolongement de la messe que tu as entendue ». C'est-à-dire que la participation à la messe n'est pas une activité ponctuelle, qui n'aurait aucune incidence sur notre vie, nos engagements, les relations avec autrui, les prises de décision, etc. Elle nous engage à agir pleinement en enfant de Dieu et nous donne la nourriture sacramentelle largement suffisante, des provisions de route qui permettent de parcourir en forme vingt-quatre heures du chemin de notre vie. (lire la suite)
Ce culte est aussi « préparation de la (messe) suivante », vers laquelle l'être est tendu comme vers le sommet auquel il se dirige. Nous nous préparons à la messe à venir en recueillant tout ce qui arrive, joies et peines, renoncements, petites mortifications, rencontres, nécessités de la famille, personnes dans le besoin, intentions qui nous sont confiées par des amis, soucis de santé, démarches apostoliques, etc., pour le déposer sur la patène lors de la prochaine messe à laquelle nous participerons.
Rien ne reste alors en dehors de la messe. Tout y trouve sa place, sa juste place. Nous ne nous étonnons pas alors de rencontrer la Croix dans nos journées : c'est notre union au Christ qui s'offre pour nous en victime dans l'unique Sacrifice du Calvaire rendu présent à la messe. Mieux encore, pour tirer plus de profit pour nous et pour les autres de notre participation à ce Sacrifice, nous recherchons de petits sacrifices, de petites privations volontaires, que nous déposons aussi sur la patène, à côté de l'hostie.
Centre et sommet. La dimension eucharistique envahit toute notre vie. D'où les visites au Saint-Sacrement, la prière devant le tabernacle chaque fois que nous le pouvons (faire une demi-heure d'oraison mentale devant le tabernacle permet, par exemple, d'obtenir une indulgence plénière aux conditions requises). D'où « l'offrande de ton travail professionnel et de ta vie de famille » et « des oraisons jaculatoires », dont certaines auront cette dimension eucharistique : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et mon âme sera guérie... »

(fin)

lundi 22 décembre 2008

Le silence de Jésus (2)

Le silence de Jésus (2)

Rappelons-nous ce qui s'est passé aussi un jour où Jésus sortait de Jéricho. Un mendiant se trouvait au bord du chemin, probablement au même endroit que les autres jours. Lui aussi il a entendu parler du rabbi de Nazareth. Il entend une rumeur grandissante, le bruit d'une foule et « s'enquit de ce que ce pouvait être » (Luc 18, 36). Apprenant que c'est Jésus en personne qui passe, accompagné de ses disciples et d'une bonne partie des habitants de la ville, qui le suivent avec enthousiasme, « il s'écria : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi » (Luc 18, 38). « Toi que voilà arrêté au bord du chemin de la vie, qui est si courte, n’as-tu pas envie de crier, (lire la suite) toi aussi ? toi qui manques de lumières, qui as besoin de nouvelles grâces pour te décider à rechercher la sainteté. Ne ressens-tu pas un besoin irrésistible de crier : Jésus, fils de David, aie pitié de moi. Une belle oraison jaculatoire, à répéter souvent ! » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 195). Et ce, même si nous avons l'impression que Jésus ne fait aucun cas de notre prière. Ce n'est qu'une impression, qui ne correspond nullement à la réalité, car le Seigneur nous a invité très clairement à le prier : « Demandez et l'on vous donnera; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et l'on ouvrira à qui frappe » (Matthieu 7, 7-8).
Le mendiant reconnaît lui aussi en Jésus le fils de David, le Messie annoncé et attendu. Il est quand même frappant de voir que les esprits simples ne s'y trompent pas, ils le reconnaissent aux signes qu'il réalise, alors que les savants, les princes des prêtres et les scribes refusent de se rendre à l'évidence (« vous ne me croyez pas : les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi », Jean 10, 25).
Bar Timée crie, hurle. Mais Jésus fait comme s'il n'entendait pas et poursuit son chemin. « Beaucoup rabrouaient Bartimée pour lui imposer silence (Luc 18, 39). Toi aussi, quand tu as senti que Jésus passait près de toi, ton cœur a battu plus fort et tu t’es mis à crier, en proie à une agitation profonde. Alors tes amis, tes habitudes, ton confort, ton milieu t’ont conseillé de te taire, de ne pas crier. « Pourquoi appeler Jésus ? Ne l’importune pas ! » Le malheureux Bartimée, lui, ne les écoutait pas. Il criait au contraire encore plus fort : Fils de David, aie pitié de moi. Le Seigneur, qui l’avait entendu dès le début, le laissa persévérer dans sa prière. Il en va de même pour toi. Jésus perçoit instantanément l’appel de notre âme, mais il attend. Il veut que nous soyons bien convaincus que nous avons besoin de lui. Il veut que nous le suppliions, avec obstination, comme cet aveugle au bord du chemin à la sortie de Jéricho. Imitons-le. Même si Dieu ne nous accorde pas à l’instant ce que nous lui demandons, même si la multitude essaie de nous détourner de notre prière, ne cessons pas de l’implorer (Saint Jean Chrysostome, In Matthæum homiliæ 66, 1) » (saint Josémaria,
Amis de Dieu, n° 195). « Quand on se trouve dans les ténèbres, quand on a l’âme aveugle et inquiète, il faut aller, comme Bartimée, vers la Lumière. Répète, crie, insiste avec plus de force, « Domine, ut videam ! » — Seigneur, que je voie !… Et sur tes yeux se lèvera le jour, et tu pourras te réjouir des lumières qu’il t’accordera » (saint Josémaria, Sillon, n° 862).

(à suivre...)

dimanche 28 septembre 2008

Ne pas se presser (2)

Ne pas se presser (2)

C'est un des enseignements de la vie humaine du Christ. Tout comme le bon vin s'améliore avec le temps, notre sainteté se forge au fil des mois et des années. De même que le Seigneur consacre trois années à former ses apôtres afin qu'ils soient à même de poursuivre sa mission. Car, encore une fois, nous vivons dans le temps et c'est au fur et à mesure que ce temps s'écoule que chacun d'entre nous peut accueillir ou refuser le Salut gagné par le Christ sur la Croix. Nous avons besoin d'apprendre de la vie, de ses succès et de ses échecs, de nous laisser façonner par la grâce, de mûrir. Nous ne devenons pas saints d'un seul coup : (lire la suite) c'est l'aboutissement de toute une vie, son résultat, son perfectionnement.
Nous sommes ainsi conviés à être patients et ne pas vouloir brûler les étapes. Dieu sait ce qui nous convient, les épreuves par lesquelles nous devons passer. Ce qui n'exlue pas cependant une certaine impatience, une sainte impatience, c'est-à-dire le vif désir de parvenir à la sainteté, qui nous en fait prendre les moyens. C'est en cela que consiste la vie intérieure avant tout : oraison mentale, messe quotidienne, lecture spirituelle et d'un passage du Nouveau Testament pour bien nous pénétrer de la vie du Christ et de nos premiers frères dans la foi, récitation et méditation du saint rosaire pour contempler la vie du Seigneur et celle de la Vierge Marie, confession régulière, examen de conscience le soir... L'âme éprouve un besoin de Dieu, une soif de Dieu : « Alors naît une soif de Dieu, un désir de comprendre ses larmes, de voir son sourire, son visage... J’estime que la meilleure façon de l’exprimer consiste à répéter de nouveau, avec l’Écriture : Comme languit un cerf après l’eau vive, ainsi languit mon âme vers toi, mon Dieu (Psaumes 41, 2). Et l’âme avance, plongée en Dieu, divinisée : le chrétien est devenu un voyageur assoiffé, qui ouvre la bouche pour s’abreuver (cf. Qohélet 26, 15) » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 310).

jeudi 27 mars 2008

Grandir en intimit avec Dieu (2)

Grandir en intimité avec Dieu (2)

Ponctualité, intensité, amour. Nous avons ici une triple orientation pratique. D'abord la ponctualité à chaque rendez-vous d'amour que nous avons pris avec Dieu. Car nos normes de piété ne peuvent pas être laissées au goût du moment - qui risque de nous faire souvent défaut - ni au temps disponible - qui nous manque également d'ordinaire - ni à l'inspiration - car nous pouvons avoir le cœur sec et sans imagination - ni à notre caprice et à notre commodité - car alors ce ne serait plus une marque d'amour mais de l'égoïsme. Autrement dit, (lire la suite) pour développer notre piété le point de départ consiste à fixer un moment précis et une durée, notamment pour l'oraison mentale, la lecture spirituelle, l'examen général de conscience, et à nous y tenir rigoureusement, par amour, sauf cas de force majeure. Dieu étant un Dieu personnel, nous pouvons nous dire qu'il est présent, lui, au rendez-vous, qu'il nous attend. Et nous pouvons imaginer la joie de Dieu d'être avec son enfant, et ce qu'il a prévu de lui dire, les cadeaux qu'il veut lui faire, qu'il veut nous faire. Et sa déception si nous arrivons en retard ou, pire encore, si nous ne venons pas...
En second lieu, l'intensité. Nous éprouvons beaucoup de difficulté à bien nous concentrer, et de façon durable. Il existe deux sortes de distractions. Les distractions volontaires, d'abord, qu'il est donc en notre pouvoir d'éviter. C'est un bon combat que de nous y essayer. Pour cela, il convient de choisir un lieu approprié, qui sera, chaque fois que ce sera possible, la chapelle du saint-sacrement. Mais on peut prier, et bien prier, en pleine rue. Le moment doit convenir aussi. Si nous laissons pour la fin de la journée nos rencontres avec Dieu, les soucis, la fatigue risquent de prendre facilement le dessus, et nous profiterons peu de ces moments passés ensemble qui sont pourtant des occasions formidables d'apprendre et de nous laisser façonner à l'image de Dieu.
Les distractions peuvent également être involontaires. Dans ces cas-là, elles ne dépendent pas de nous. Ce qu'il nous revient de faire, c'est de tâcher de les écarter... et d'en profiter pour prier. En effet nous pouvons en faire des « distractions à l'envers », comme nous le suggère saint Josémaria : « Jésus, que mes distractions soient des distractions à l'envers : au lieu de me souvenir du monde, lorsque je te parle, que je me souvienne de toi en m'occupant des affaires du monde » (Forge, n° 1014).

(à suivre...)