ce blog est bloqué à l'entrée en Chine depuis le mois de mai 2007
Affichage des articles dont le libellé est médiation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est médiation. Afficher tous les articles

vendredi 4 juin 2010

Saint Joseph, l’homme juste (1)

Saint Joseph, l’homme juste (1)

Saint Joseph est un homme discret, effacé. Il reste presque toujours dans l’ombre, sauf aux moments décisifs, où il faut prendre des décisions importantes et payer de sa personne. Les Evangiles en parlent à peine, ce qui, au fond, est normal, malgré notre désir légitime d’en savoir davantage, car ce n’est pas lui le personnage principal. Même si, à l’époque, son rôle de paterfamilias en fait un patriarche, doté d’une grande autorité. Mais les textes sacrés se centrent sur Jésus-Christ Sauveur. Ils sont à peine plus diserts au sujet de Marie qui n’est, pour ainsi dire, qu’associée à notre Salut. Elle n’est pas notre rédemptrice, mais la co-Rédemptrice. Elle n’est notre Médiatrice que de façon subordonnée à l’unique Médiateur, le Christ Seigneur. (lire la suite)
Saint Joseph est qualifié d’« homme juste » (Matthieu 1, 19). A lui s’appliquent ces mots de l’Ecriture : « Heureux celui qui craint le Seigneur » (Psaume 111, 1), c’est-à-dire celui qui aime Dieu et fait tout son possible pour ne pas déplaire à Dieu, pour ne pas le faire souffrir. Car c’est la seule crainte qu’un catholique peut éprouver. Il ne craint pas Dieu, en qui il a un Père infiniment et parfaitement aimant. Il ne craint pas Dieu qui est le « juste juge » (2 Timothée 4, 8) aux entrailles de miséricorde. Il ne craint pas Dieu, venu, non pour condamner mais pour sauver (Jean 3, 17).
« Heureux celui qui craint le Seigneur » (Psaume 111, 1). Cette sainte crainte l’amène à vouloir de toutes ses forces accomplir la Volonté de Dieu, à ne pas l’entraver le moins du monde. Et quand Joseph se rend compte que Marie, sa tendre épouse, attend un enfant qui n’est pas de lui, sa sainteté lui fait comprendre que Dieu y est pour quelque chose, qu’il s’agit d’une intervention divine dans la vie de la Vierge de Nazareth. Il la connaît bien. La sainteté de l’un comme de l’autre fait qu’il existe entre eux une harmonie extraordinaire, qu’ils communient aux mêmes sentiments d’amour de Dieu et croissent en sainteté, qu’ils ont pleinement confiance l’un envers l’autre, qu’ils se comprennent à demi-mots. Alors, si Marie ne lui a rien dit, c’est qu’elle a de bonnes raisons d’agir ainsi. Joseph entend respecter sa décision et le mystère qui l’enveloppe et s’opère en elle. Il réfléchit dans sa prière à l’attitude qu’il doit adopter. Sa religion est vite faite. Il opte pour se retirer discrètement afin qu’aucun opprobre ne vienne frapper malencontreusement et injustement sa femme. Ne voulant « pas la diffamer, il eut la pensée de la répudier secrètement » (Matthieu 1, 19).

(à suivre…)

vendredi 23 mai 2008

Marie et l'Eglise (3)

Marie et l'Église (3)

« Après son Assomption au ciel, son rôle (de Marie) dans le salut ne s'interrompt pas : par son intercession répétée, elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel » (concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, n° 62). « Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n'est pas achevé, ou qui se trouvent engagés dans les périls et les épreuves, jusqu'à ce qu'ils parviennent à la patrie bienheureuse » (Ibid.). Ainsi la maternité de Marie demeure sans cesse dans l'Église comme médiation d'intercession, et l'Église exprime sa foi en cette vérité en invoquant Marie « sous les titres d'Avocate, d'Auxiliatrice, de Secourable, de Médiatrice » (Ibid.) » (Jean-Paul II, encyclique sur la Mère du Rédempteur, Redemptoris Mater, n° 40). « Les forces t’abandonnent par moments ? — Pourquoi ne le dis-tu pas à ta Mère, (lire la suite) Consolatrix afflictorum, Auxilium christianorum…, Spes nostra, Regina apostolorum ? » (saint Josémaria, Chemin, n° 515).
Le Christ, certes, est l'unique Médiateur auprès de son Père : « Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même plan que le Verbe incarné et rédempteur. Mais tout comme le sacerdoce du Christ est participé sous formes diverses, tant par les ministres que par le peuple fidèle, et tout comme l’unique bonté de Dieu se répand réellement sous des formes diverses dans les créatures, ainsi l’unique médiation du Rédempteur n’exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée de la part des créatures, en dépendance de l’unique source » (concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, n° 60).
Mais si l'Église envisage ce que nous pourrions qualifier de co-rédemption de la part de tous les fidèles, combien à plus juste titre est-ce le cas de la Sainte Vierge, dont, selon les théologiens, la sainteté dépasse celle de tous les hommes réunis.
Autant de titres que nous pouvons raisonnablement faire valoir auprès de Dieu. Tous sont englobés en dernière instance dans celui de « toute-puissance suppliante », suffisamment expressif par lui-même... « Notre Dame, couronnée Reine des cieux et de la terre, est la toute-puissance suppliante devant Dieu. Jésus ne peut rien refuser à Marie, ni à nous, enfants de la même Mère » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 288). Et si Dieu ne peut rien refuser à Marie, c'est qu'elle-même ne lui a jamais dit « non », mais n'a cessé de répéter son « oui » de Nazareth, devenant pour nous un modèle d'amour de la volonté sainte de Dieu.

(fin)

mardi 25 mars 2008

25 mars : l'Annonciation

25 mars : l'Annonciation

La petitesse a été assumée par la majesté, la faiblesse par la force, l'asservissement à la mort par l'immortalité ; et pour payer la dette de notre condition humaine, la nature inaltérable s'est unie à la nature exposée à la souffrance. C'est ainsi que, pour mieux nous guérir, le seul médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Jésus Christ devait, d'un côté, pouvoir mourir et, de l'autre, ne pas pouvoir mourir.
C'est donc dans la nature intégrale et complète d'un vrai homme que le vrai Dieu est né, (lire la suite) tout entier dans ce qui lui appartient, tout entier dans ce qui nous appartient. Par là nous entendons ce que le Créateur nous a donné au commencement et qu'il a assumé pour le rénover.
Car les défauts que le démon trompeur a introduits dans l'homme, et que l'homme trompé a contractés n'ont aucunement marqué le Sauveur. Aussi, bien qu'il ait accepté de partager les faiblesses humaines, n'a-t-il pas participé à nos fautes.
Il a pris la condition de l'esclave sans la souillure du péché ; il a rehaussé l'humanité sans abaisser la divinité. Par son anéantissement, lui qui était invisible s'est rendu visible, le Créateur et Seigneur de toutes choses a voulu être un mortel parmi les autres. Mais ce fut là une condescendance de sa miséricorde, non une défaite de sa puissance. Par conséquent, lui qui a fait l'homme en demeurant dans la condition de Dieu, c'est encore lui qui s'est fait homme en adoptant la condition d'esclave.
Le Fils de Dieu entre donc dans la basse région du monde qui est la nôtre, en descendant du séjour céleste sans quitter la gloire de son Père ; il est engendré selon un ordre nouveau et par une naissance nouvelle.
Selon un ordre nouveau : étant invisible par lui-même, il est devenu visible en se faisant l'un de nous ; dépassant toute limite, il a voulu être limité ; existant avant la création du temps, il a commencé à exister temporellement ; le Seigneur de l'univers a adopté la condition d'esclave en plongeant dans l'ombre la grandeur infinie de sa majesté ; le Dieu inaccessible à la souffrance n'a pas dédaigné d'être
un homme capable de souffrir, et lui qui est immortel, de se soumettre aux lois de la mort.
En effet, le même qui est vrai Dieu est aussi vrai homme, et il n'y a aucun mensonge dans cette unité, puisque la bassesse de l'homme et la hauteur de la divinité se sont unies dans cet échange.
De même que Dieu n'est pas altéré par sa miséricorde, de même l'homme n'est pas anéanti par sa dignité. Chacune des deux natures agit en communion avec l'autre, mais selon ce qui lui est propre : le Verbe opère ce qui appartient au Verbe, et la chair exécute ce qui appartient à la chair.
L'un brille par ses miracles, l'autre succombe aux outrages. Et de même que le Verbe ne perd pas son égalité avec la gloire du Père, de même la chair ne déserte pas la nature de notre race humaine.
C'est un seul et même être, il faut le dire souvent, vraiment Fils de Dieu et vraiment fils d'homme. Dieu par le fait que au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. Homme par le fait que le Verbe s'est fait chair et a établi sa demeure parmi nous.

Lettre de saint Léon le Grand à Flavien, Éd. P. Roguet.