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jeudi 9 août 2012

LAVAL

LAVAL

« Il semble lorsque l’on arrive à Laval par la route de Sablé qu’on entre dans une ville du Moyen-Âge. Une rue immense la traverses dans sa plus grande longueur, bordé de maisons, la plupart bâties en encorbellement. On dirait des pyramides posées sur leur pointe »
(P. Mérimée, Notes d’un voyage dans l’Ouest de la France, 1836)

Le monastère de Patience
Où l’on apprenait la vraie science
Auprès des Clarisses Urbanistes
À la vie tendue vers le Christ.

Puis l’église Saint-Vénérand,
Patron évangélisateur
Insigne moralisateur
Envers qui l’on est déférent.

Et Notre-Dame-d’Avenières
Avec son Saint-Sauveur immense,
Dos au mur, tel une bannière.
Quand on l’a vu, on y pense. (lire la suite)

Elle renferme un tintinnabule,
Distinctif d’une basilique,
Pris dans son beffroi angélique
Qui pour la liturgie bascule.

Le corps même de saint Tugal,
Jadis évêque de Tréguier,
Repose in pace à Laval 
Sans le souci des marguillers.

Que dire d’Ambroise Paré
Bienfaiteur de l’humanité ?
Le ciseau de David d’Angers
L’a pour nous immortalisé.

La ville a vécu de la toile
Commercialisée dans les halles
Que le comte de la Trémoille
Fit bâtir en nœud central.

Le retable dit Corbineau
A fait dans tout l’Ouest de la France
La renommée et l’éminence
Des architectes machinaux.

L’affaire du bourreau assassin
Et la noble porte Beucheresse
Sont à inscrire au palmarès
De ce lieu vraiment sacro-saint.

Et un nouveau Douanier Rousseau
Entre au musée du Vieux-Château
Accroissant chez les Lavallais
L’idée qu’ils sont inégalés.

mardi 15 mai 2012

LA VIERGE MARIE (4)


LA VIERGE MARIE (4)

L’archange a recueilli ces mots comme un nectar
Et va les rapporter au Très-Haut sans retard.
Mais l’Esprit Saint déjà a accompli son œuvre
En Marie, devenue un céleste chef-d’œuvre.

La création est en jubilation.
Bien que restant cachée aux yeux des nations
Jusqu’au jour fixé pour sa révélation,
C'est une espèce de transfiguration.

Satan qui alentour rôdait n’a rien compris.
Il n’a pas remarqué deux oliviers fleuris
Ni que deux chandeliers se trouvaient allumés.
Sans qu'il en soit conscient, il a été plumé ! (lire la suite)

Sa cause par ce « oui » est à jamais perdue.
Il n’a pas vu venir le Sauveur attendu.
Il est beaucoup trop fier pour capter le mystère
Qui va bouleverser en profondeur la terre.

« Mon Fils, aurai-je soin de toi comme une mère ?
Ou dois-je t’adorer plutôt comme Seigneur ?
Tu connaîtras, je le sais, des heures amères ;
Me voici prête à en endurer les frayeurs.

Dois-je t’allaiter ou plutôt chanter ta gloire ?
T’apporterai-je du lait ou des aromates ?
Dois-je choisir la Croix plutôt que la mangeoire ?
Par Amour, je viens à toi, non en automate. »

Marie dépose son Jésus dans le berceau
Qu’est l’Église muée dans le vaste vaisseau
De la Rédemption du genre humain entier
Par le Nazaréen, le Fils du charpentier.

Vous vous montrez à nous dans la chapelle axiale
Habile préposée à la vie ecclésiale.
Vous jetez alentours un regard protecteur
Qui, vers le ciel, est pour nous le fil conducteur.

Vous êtes, de Jésus, le vivant reliquaire,
Donnant son sens à mon existence précaire.
Ne permettez pas que de Dieu je me sépare,
De son intimité je veux prendre ma part.

Extrait de D. Le Tourneau, Poèmes mystiques, Éditions TerraMare, 2011.
(à suivre…)

lundi 14 mai 2012

LA VIERGE MARIE (3)


LA VIERGE MARIE (3)

L’armée des justes de la primitive Alliance,
Regroupés auprès du Sein d’Abraham, leur père,
Voient pointer enfin le jour de leur délivrance,
Et retiennent tous leur souffle, car ils espèrent.

« Hâtez-vous ! Voyez que notre attente est trop dure
À porter, disent-ils à la Vierge Marie.
À vos décisions, chaque âme se confie.
Vous ratifierez le choix, nous en sommes sûrs. »

« Tu es la gloire de Jérusalem » la sainte,
« La joie d’Israël et l’honneur de notre peuple ».
« Et grâce à l’Esprit, tu vas devenir enceinte
Pour que le ciel par nous déserté se repeuple. » (lire la suite)

Toutes les hiérarchies célestes au grand complet
Sont concentrées sur le lieu de Promission,
Où la vierge a reçu l'unique mission.
Donc qu’elle dise : « En ta Volonté, je me plais. »

Mais Gabriel reprend la parole : « L’Esprit
Viendra sur toi et son ombre te couvrira
Et du Fils de Dieu tu deviendras le pourpris.
Dieu est Saint, en tant qu’homme aussi il le sera.

Sache qu’Élisabeth, ta pieuse cousine,
Vient de concevoir, quand on l’on appelait « stérile ».
C’est son sixième mois et déjà se dessine
Son enfant, car, vois-tu, pour Dieu tout est facile. »

Le message est bref, mais il suffit pour comprendre.
Pourquoi faudrait-il faire une seconde attendre
La réponse que veut l’univers en suspend,
Car n’oublions pas que d’elle son sort dépend !

Le jour est venu de l’entendre s’exprimer :
La tête inclinée, les bras croisés sur son sein,
« Voici du Seigneur la servante, sublimée,
Qu’il soit fait selon ta parole et ton dessein. »

Extrait de D. Le Tourneau, Poèmes mystiques, Éditions TerraMare, 2011.
(à suivre…)

dimanche 13 mai 2012

LA VIERGE MARIE (2)

LA VIERGE MARIE (2)

L’Esprit Saint a vu sa très haute pureté
Et a préparé des épousailles mystiques.
Il savait que son Fils aurait pour sûreté
Un tabernacle alors déjà eucharistique.

Or, la voici tout de go qualifiée de Mère
De ce Messie dont la venue serait prochaine.
C’est l’Amour de Dieu pour ses fils qui se déchaîne
Apportant un terme à un état éphémère.

L’humanité était privée d’éternité.
La jeune fille va en son sein abriter
Notre Sauveur grâce à l’ombre du Paraclet
Corroborée dans les vertus qu’elle exhalait. (lire la suite)

Les pommettes de ses joues rosissent à peine,
Surprise de savoir qu’on la proclame reine.
Tout lui apparaît sous un jour si naturel
Qu’elle entend le message, et voit ce qu’il recèle.

Immaculée dans sa conception, ornée
D’une sainteté hors pair, elle est qualifiée
Pour aimer le vouloir divin, se prosterner
Et accepter de mettre au monde un crucifié.

La Vierge se surprend, mais ne s’emballe pas :
Elle se tasse en se faisant toute petite,
Dans la dilection de Dieu elle s’abrite
Pour s’assurer que c’est bien un divin appât.

L’univers, même le temps, suspendent leur vol.
Partout, chacun retient sa respiration
En voyant s’accomplir cette aspiration
Des pécheurs, désireux de prendre leur envol.

L’espoir du monde se concentre à Nazareth,
Il dépend d’un mot, d’un seul, que doit prononcer
Myriam, et aussi de ce qu’elle veuille admettre
La vérité qui lui est ainsi annoncée.

Extrait de D. Le Tourneau, Poèmes mystiques, Éditions TerraMare, 2011.

(à suivre…)

samedi 12 mai 2012

LA VIERGE MARIE (1)


LA VIERGE MARIE (1)

De toute éternité Dieu vous choisit pour être
Vrai paradis terrestre au tout nouvel Adam,
De celui par qui nous, les humains, recevons l’être,
Et qui du contingent gagnons le transcendant.

L’archange Gabriel, dans un flot de lumière,
Vient rencontrer la vierge, abîmée en prière,
Au lieudit Nazareth. Elle est dans sa chaumière.
Il lui annonce que sa lignée est princière.

Gabriel dit : « Voici que tu enfanteras. »
Aussitôt Marie a en mémoire l’oracle :
Du prophète Isaïe : « La vierge concevra
Un fils », dit l’Emmanuel. Elle croit au miracle. (lire la suite)

Puis l’archange dit : « Il sera Fils du Très-Haut.
Il succédera au grand roi David, son Père,
Son règne s’étendra à la lignée entière
De Jacob, mais il ne fera pas de vieux os. »

Cette vierge, c’est elle, ô suprême évidence !
Elle l’est restée, et ce n’est pas qu’apparence.
Mais sa surprise va cependant s’exprimer
À haute voix, dans un dialogue avec l’Aimé :

« Comment cela peut-il être ? Je ne connais
Point d’homme ! J’épouse, il est vrai, Joseph sous peu
Mais que nous nous soyons engagés tous les deux
À rester chastes à tout jamais, tu le sais.

C’est mystère pour moi qui ai toujours voulu
Accomplir en tout ta très sainte Volonté,
Mais je vois bien que tu me choisis par Bonté
Et que tu as jeté sur moi ton dévolu. »

L'annonce la surprend, car de devenir mère,
Nul n’avait évoqué jusqu’ici ce sujet.
Marie voulait vivre en restant dans les brisées
De son Dieu, disparaître, effacée, et se taire.

Extrait de D. Le Tourneau, Poèmes mystiques, Éditions TerraMare, 2011.

(à suivre…)

lundi 2 janvier 2012

Harry


Harry

C’est tout un chant d’oiseau que ce prénom d’Harry.
À quoi ressemble-t-il ? Est-ce à un canari
Ou à quelque hâbleur, joyeux, riche en couleurs
Qui, du lointain pays, nous apporte les couleurs ?

Je pencherais plutôt, si vous le permettez,
Pour un air de fraîcheur venu en plein été,
Un air, mieux un bouquet, ou encore une aubade
Qui, dans l’onirique, a produit une escapade.

Je murmure à mi-voix ce prénom d’Harry.
Une cascade de sens sitôt m’envahit.
Ils jaillissent d’ici delà, oui, de Paris
Et je vois la colombe encore de l’Esprit. (lire la suite)

C’est un chant, c’est le verbe ouvert à tous les champs,
C’est une mélodie aussi belle que tendre
Qui sur notre chemin le jour vient nous attendre
Pour nous rendre heureux et flatter nos bons penchants.

Ah ! qu’il est doux ce nom à la saveur de miel
Qui déjà projette en direction du ciel.
J’entend tout un concert aux mille musiciens,
Je vois tout un parterre aux mille magiciens.

Magnifique et féérique à nos chastes oreilles,
C’est l’Orient qui de nos sens provoque l’éveil.
C’est le charme éclectique aux saveurs nuancées
Qui nous invite à rire, à chanter et danser.

Je laisse les sons dans le lointain s’évanouir,
Effleurer mon esprit, poser au souvenir
Et embrasser mon cœur, y camper la senteur
Du bien et de l’honneur, la senteur du bonheur.

Il s’élève ce chant, monte comme l’encens,
Porteur de vrai bonheur garanti cent pour cent.
Voyez-le : il éclate et puis il s’enhardit
Et fait échec et mat à la mélancolie.

Je l’aime ce prénom à la fleur d’oranger
Qui vient se couler dans mon modeste verger.
Pour son vol si léger et sa belle éclaircie
Je rends grâce à mon Dieu et je vous dis merci.

dimanche 18 décembre 2011

Poèmes mystiques

Poèmes mystiques

Un "beau livre" et un beau cadeau pour Noël

Ce recueil de poèmes de Dominique Le Tourneau s’ouvre sur un « Dialogue d’amour », qui nous plonge d’emblée dans l’union intime et personnelle avec Dieu. Y font suite un poème sur la Vierge Marie, qui s’adresse avec confiance à notre Mère du ciel, et un texte intitulé « Amende honorable », par lequel l’âme se repent de ses fautes. Il s’achève sur des « Paradoxes » de la vie spirituelle.
Le souffle qui traverse ces vers est bien fait pour susciter chez le lecteur des élans du cœur et l’amener à nouer son propre « dialogue d’Amour » avec Dieu.

Edité par TerraMare,
et vendu au prix de 15 euros.

mercredi 31 août 2011

Barcelone

Barcelone

On dit que près de trois mille avant notre ère
Les hommes d'Hamilcar Barca unis donnèrent
Pour nom Barcino à l'actuelle Barcelone
Capitale et fleuron de cette Catalogne.

Les deltas du Besós comme du Llobregat
À sa noblesse n'ont pas causé de dégâts
Mais ont contribué au contraire à façonner
Le cachet que Dame nature lui avait donné. (lire la suite)

Sur le Tibidabo plusieurs engins volants
Ajoutent à la ville un aspect affriolant
Mais à Montjuich s'exposent les nombreux arts locaux
Qui sollicitent plus encore le cerveau.

Auprès du port s'étend un vrai quartier gothique.
Ses joyaux autorisent de nuit des jeux scéniques.
Les Ramblas convient à la distraction typique
— le paseo — un passe-temps des Ibériques.

Mais Barcelone étale aussi d'autres atouts.
La Catalogne avec l'empire fit un tout,
Charlemagne délia aux accents du tocsin
La ville et sa région des mains des Sarrasins.

La Catalogne ensuite s'unit à la Provence
Et devint pour quelque temps comme un bout de France.
Après avoir fait à Louis XIII leur hommage
Loyal, les Catalans reçurent sans dommage

Un prince de famille royale, un Bourbon
Ayant, c’est bien banal, Louis pour premier prénom.
Il laissa dans tous les cœurs un autre renom
Que bien plus tard les troupes du grand Napoléon.

Mais Barcelone ne serait pas Barcelone
Sans la rupture d’un visage monotone
Qu’un Gaudí, rempli de génie, a initié :
Des arcs paraboliques, des piliers inclinés

Au palais Güell, et des colonnes à hélice
Qui s'offrent à nos yeux comme autant de délices
Chez Vicens et Battló, à la Sainte Famille
Avant tout, qui de nos jours encore s'habille.

Et ce sanctuaire ne saurait faire oublier
Un autre qui, lui, n'a plus besoin d'ouvriers.
Je veux parler de Notre-Dame de la Merci
Patronne et protectrice des habitants d'ici.

lundi 29 août 2011

Persépolis

Persépolis

Il est une ville en Orient, légendaire
Dont l’évocation frappe tout imaginaire.
Elle est vieille de deux mille six cents ans
Et fut détruite par Alexandre le Grand.

Quant au motif de ce geste dévastateur,
Nul ne le sut jamais, un instinct prédateur
Devant néanmoins être exclu. Mais revenons
À notre ville : Persépolis est son nom. (lire la suite)

Ville mythique fondée par Darius Ier
Qui n'hésita pas à puiser dans le grenier
Des arts de son siècle parmi les plus toniques :
Colonnes cannelées prises à l'ordre ionique,

De la riche Égypte les salles hypostyles
Et de Mésopotamie des frises au style
Grandiose et guerrier bien présent à notre esprit
Pour l'avoir souvent vu reproduit ou décrit.

Ledit Darius fit percer un canal du Nil
À la Mer Rouge, pour recevoir du fournil
Le pain doré, des fruits divers et les barriques
Qu'il réglait avec sa monnaie, les dariques.

N'oublions pas qu'il fut battu à Marathon
Défaite que voulut venger son rejeton
Las, Xerxès après Platées puis Salamine,
Mycale enfin, dut faire bien grise mine.

À Persépolis, il rehausse la splendeur
Des temples et remet plus encore à l'honneur
Les cohortes interminables de soldats
Dont les faits d'arme sont pourtant sans grand éclat.

Quant à son fils Artaxerxès, qui lui succède,
C'est par un bain de sang qu'au trône il accède.
Il sait se montrer à l'occasion magnanime
Et même accueille le vainqueur de Salamine,

Thémistocle, sur le tard frappé d'ostracisme
À Athènes. Et, méconnaissant tout racisme,
Il permet que le petit reste d'Israël
Rentre à Jérusalem, s’y trouvant comme au ciel.

Persépolis connaît, sous son gouvernement,
Une floraison de parures et d'ornements.
Dans l'empire achéménide, elle est vraiment
La cité qui produit le meilleur agrément.

mardi 23 août 2011

Lisbonne

Lisbonne

Une conque ouverte en grand, tournée vers le large
Montre une perle au grand jour, vraie, étincelante,
La splendide parure de l'estuaire du Tage
Qu'Hélios à son zénith fait reluire éclatante.

L'antique Olisipo, municipe romain,
Servait d'escale vers les îles mythiques,
Oui les Cassérides, productrices d'étain,
Même pour les Ibères venus de la Bétique. (lire la suite)

La civilisation arabe y imprima
Son caractère, gloire des califats jadis,
Encore visible dans le quartier d'Alama
Et Lisbonne devint un coin de paradis.

Aujourd’hui elle l’est encore,, assurément.
Ce n'est pas l'apport de l'époque médiévale,
Si présent dans les hauteurs, qui le dément.
Et sa splendeur par vagues vers l’océan dévale.

À cet endroit, le fleuve s'appelle mer de Paille
Il prit part aux combats des maures et des croisés
Et en accueillit une abondante tripaille
Qu'on pouvait oui-da la mesurer au toisé.

L'histoire à chaque époque remodèle les arts.
Voici le monastère dit des Jeronimos
Et la tour de Belém, manuéline, à l'écart
Puis l’infinie richesse de ses azulejos.

Au siècle des Lumières ici on aménage
La place du Commerce dedans la ville basse.
Elle sert de socle à ses différents étages
Dont la beauté bauté d’un lieu à l’autre se surpasse.

Ses habitants, aimables autant que travailleurs,
Ont su accommoder l’ancien et le moderne.
Fiers marins, ayant le regard tourné ailleurs,
Ils ont édifié une audacieuse poterne.

C'est le pont Vasco de Gama qui d'une rive
À l'autre enjambe, altier, le cours des eaux sereines.
L'imagination trop sollicitée dérive
Et couronne Lisbonne, faisant d’elle sa reine.

dimanche 21 août 2011

Las Vegas


Las Vegas

Devant quel dieu faudra-t-il s’immoler un jour ?
Celui de Las Vegas qui habille de fièvre
Ces hommes qui, en automates, nuit et jour
Vivent en attendant un idéal aussi mièvre ?

L’attente d’un gain, dans l’espérance fiévreuse
Prolongée au-delà du simple supportable.
Attente qui de jour en jour un peu plus creuse
Des visages qui sont loin d’être charitables. (lire la suite)

Il faut avoir vu ces regards pleins de détresse,
De cadavres vivants déjà dans leur linceul,
Pour saisir qu’en dépit de l’inconstante presse
Devant sa table de jeu chacun est bien seul.

Il faut avoir croisé tel ou tel de ces gars
Aiguillonné tantôt par un modique gain
Devant sa machine à sou, avide et hagard,
Haletant, à l’affût d’un éventuel regain.

Il faut avoir senti toute l’inanité
D’un comportement que seulement la passion
Commande et qu’accompagne un brin de vanité
Forçant, corps et biens, à la dilapidation.

Ils sont tristes à voir tous ces pauvres minets,
Qui rôdent incertains, et dont la pauvre allure
S’est flétrie au contact de vils estaminets
Et a perdu du même coup toute sa parure.

Tout à l’heure, il faudra bien imposer un terme
À l’envie tenace et pourtant insatisfaite
Qui oblige de jour en jour à parier ferme,
Enjeu funeste qui annonce la défaite.

Las Vegas, où le vice du gain facile est roi,
Las Vegas éclairée par des millions d’ampoules,
Tu ne livres pas la paix mais le désarroi,
Tu te découvres ogresse, et non pas mère poule.

Malheur, ô engendreuse de rude perdition
Qui colle sur l’âme une effroyable noirceur.
L’homme a vite oublié qu’il devra reddition
D’une vie de ripailles, lui le pauvre noceur.

Malheur, ô enjôleuse de rude perdition
Qui plonge l’âme dans une étrange laideur.
L’homme a vite oublié de faire sécession,
Sa vie de rimailleur, d’avoir été plaideur.

Malheur, ô envoûteuse de rude perdition
Qui endort l’âme d’une impayable torpeur.
L’homme a vite oublié de poser condition :
Sa vie de ricaneur, il n’en a point la peur.

Tu trimballes partout ta une richesse insolente.
On te sent satisfaite de cet indécent luxe.
L’homme que tu séduis garde l’âme dolente.
Ton emprise l’empêche d'amorcer un reflux.

Tu t’enorgueillis de ta richesse insolente.
On te sent minaudant de lumière et d’ors.
L’homme que tu séduis garde l’âme violente
Ton emprise l’empêche d’éprouver du remords.

Tu fais la fière de ta richesse insolente.
On te sent prétentieuse dans tes petits décors.
L’homme que tu séduis garde l’âme latente.
Ton emprise l’empêche de vivre dans son corps.

Que se déchaînent sur toi les foudres du ciel.
Qu’elles triturent tes biens à jamais en cendres.
Alors naîtra un grand signe, un arc-en-ciel.
De semblable spectacle, on ne peut que s’éprendre

Que s’abattent sur toi les foudres de mon ciel.
Qu’elles malaxent tes biens à jamais en cendres.
Alors naîtra un grand signe, un gratte-ciel.
Sur semblable spectacle, on ne peut que s’étendre

Que se déversent sur toi les foudres du ciel.
Qu’elles réduisent tes biens à jamais en cendres.
Alors naîtra un grand signe, si essentiel.
Et semblable spectacle, seul peut le comprendre

L’âme qui par le vice ne se laisse corrompre.
Lassée du tintamarre de toutes les nations,
De paix, de pureté, elle bat à tout rompre,
Et elle entreprend une céleste élévation

Fuyant à tout jamais les fastes inutiles
Qui contre elle ont ourdi tant de conspirations.
Dégagée de tous les lest et fardeaux futiles,
Elle suit du mérite final l’aspiration.

À quel Dieu s’immoler, cela elle le sait.
Ce n’est pas au veau que tout Las Vegas adore.
Son Amour, on peut dire qu’elle en a fait l’essai
Et il ne trompe pas, il vaut plus que tout l’or.

vendredi 19 août 2011

Kinshasa

Kinshasa

Le mal d'Afrique est un mal dont on ne meurt pas
Mais il est rare que ceux qui portent leurs pas
Sur ce grand continent piriforme y échappent :
C'est fièvre d'amour qui fermement vous attrape.

C’est irrationnel, et un peu incontrôlé,
L'étranger ne se laisse certes pas enjôler,
Non, il est plutôt embobeliné, séduit
Par des sortes d'effluves dont il est comme enduit. (lire la suite)

Au Congo, Kinshasa, la grande métropole,
Elle aussi de colline en colline cajole
Le nouveau venu, quel qu'il soit, et le mignote,
Fait pression sur son cœur, puis après le grignote.

L'explorateur Stanley John fonda cette ville
Pensant au roi, il la nomma Léopoldville,
Hommage à qui créa pour une coloniale
L'Association africaine internationale.

Le majestueux Congo s'étale et prend ses aises
Puis chute d’un seul coup, rappelant le Zambèze.
Il forme à Kinshasa le seul Malebo Pool
Large de bien trente kilomètres et s'écoule

Vers Matadi, où il est agité soudain.
Par ses rapides il file non sans dédain,
Tandis que dans les rues des foules de kinois
Déambulent toujours avec leur gai minois.

Ils vont, ils viennent sur des artères de sable
Entre des palissades d'où n'émerge aucun gable.
Ils gravissent les pentes, et puis en redescendent
En colonnes sans fin qui de partout serpentent.

Qu'importe s'il n'y a plus aucun lampadaire,
Si les lampes à huile donnent un drôle d'air
À la ville, où la nuit est tombée de bonne heure,
Sa latitude étant à peu près l'équateur ?

Qu'importe tout ce qui manque à l'occidental ?
Il est pris, quoi qu'il veuille, c'est tout sentimental,
Par l'atmosphère ambiante et puis par l'air du temps,
Par l'humus africain et par ses habitants.

mercredi 17 août 2011

CHICHÉN ITZA

CHICHÉN ITZA

Depuis la terrible ziggourat de Babel
Immortalisée par le pinceau de Bruegel
L'homme éprouve une fascination pour le ciel
En traduit l'attrait en des projets démentiels

En Haute Égypte jadis la Vallée des Rois
Fut pour l'imaginaire artistique une proie
Facile à saisir qui devint la pyramide
Se développant elle vêtit de chlamydes (lire la suite)

Les rives du Nil et le plateau de Gizeh
Comment cette forme a-t-elle pu aiguiser
L'art religieux des descendants de Kukulcán
À Chichén Itza, comme à Teotihuacán

Certes la symbolique n'y est pas la même
Bien qu'à une divinité elle ramène
La pyramide maya n'est pas une tombe
Ni ne se dresse solitaire mais retombe

Écrasant de sa majesté un monde éteint
Au Yucatán c'est pour un tout autre destin
Il ne s’agit pas d’un solennel obituaire
Mais elle conduit pas à pas jusqu’au sanctuaire

Qui, cherchant à atteindre l'azur, le couronne
À ses pieds s'étend la place aux mille colonnes
Plus loin le Temple des Tigres et un puits sacré
Témoignent qu'ici tout est aux dieux consacré

L'homme de cet empire a formé à son gré
Un monument qui est cultuel et à degrés
Comme aussi pour la primitive Saqqara
Qui reflétait Râ comme sur du baccarat

Des foules ferventes montaient les escaliers
Portant leurs oblats et par un jeu de paliers
Gagnaient peu à peu le site du sacrifice
Dont elles escomptaient un divin bénéfice

Ainsi s'accomplit un immuable rituel
Dans un objectif de nature spirituelle
Car l'homme est ainsi fait ou plutôt créé
Qu'il est seul s'il ne s'est en Dieu récréé

jeudi 11 août 2011

Santiago du Chili

Santiago du Chili

Pedro de Valdivia venu d’Estrémadure,
Conquérant hardi et comme tous héroïque,
A planté son fanion ici, fondé en dur
Une ville qui du Chili est symbolique.

Santiago del Nuevo Extremo fut son nom
En filial hommage à ses racines lointaines
Dans le Vieux Monde dont il était capitaine
Et dont il portait dans l’équipage le renom. (lire la suite)

La plaza de Armas est le lieu d’origine
De la fondation. Elle vit O’Higgins
Et l’expédition couronnée de victoire
La satisfaction d’accomplir son devoir.

Les indiens Mapuches ont nommé la région
« Chile », autrement dit « la neige ». Or, voici
De génération en génération
Ce nom a traversé le temps et reste ici.

Pedro de Gamboa dessina le tracé
De cette métropole aux nombreuses facettes
Qu’égaye par moments un verre de Cabernet
Pris à Quinta Normal ou à la buvette.

Sur les flancs du Cerro nommé Santa Lucia
D’où s’élève le chant d’un Ave Maria,
Ô Vierge del Cobre, patronne du pays,
Protège tes enfants en veille ou endormis.

Casa Colorado, de style colonial,
En français « Maison Rouge », et joyau de la ville
Signe que rien ne bouge de ce qui est vital
Témoin éblouissant du courage civil.

Qu’évoque le palais dit de La Moneda
Sinon un haut lieu de l’histoire du Chili,
Centre animateur des rouages de l’Etat
De tous les citoyens, qui les réconcilie.

Le fort de Forest Park est là tel un veilleur
Disposé à toute heure pour parer aux malheurs.
Et des Bénédictins l’antique monastère
A sonné le tocsin aux époques austères.

La faculté de droit de l’Université
Qu’un bras du Mapucho borde non sans amour
Est de l’architecture un des plus beaux reflets
Qui à l’étudiant procure un prestigieux parcours.

Dans le sanctuaire marial Cerro San Cristobal
Marie tend son manteau d’un amour virginal
Elle est la protectrice et la sûre garante
La Mère bienfaitrice et toujours consolante.

vendredi 5 août 2011

Paris

Paris

Paris, toi que certains disent la Babylone
Nouvelle et lieu de la perdition,
Je te vois le terrain de la tradition,
Le rempart de la foi que rien ne déboulonne.

Le maître Saint-Denis, un vrai céphalophore,
Apportant à Paris la grâce en des amphores
Et ses saints compagnons, Rustique et Eleuthère
Qui font émerger le christianisme de terre. (lire la suite)

L’ermite Séverin reçut le jeune Cloud
L’un et l’autre appelés à monter aux autels
Après s’être mis à servir un Dieu jaloux
Et sacrifié pour lui toutes les bagatelles.

Et sainte Geneviève en ce lieu dit Nanterre
Humble pastourelle et cependant forte femme
Auprès d’Attila elle est vrai parlementaire
Et le détourne l’invasion infâme.

Saint Marcel, le vainqueur du dragon de la Bièvre,
Ayant expulsé le monstre, image du mal,
Fort du pouvoir qu’a en elle l’eau baptismale,
En fait de sainteté est devenu orfèvre.

Au cœur de la Cité, la cathédrale-mère
Par son immensité démonte l’éphémère,
Cœur de la France d’où tous les chemins partent
Repère essentiel qui s’impose à toute carte.

Et saint Vincent-de-Paul, l’apôtre des gens pauvres
Dont la dépouille gît chez auprès des Lazaristes,
En personne engagé chez les esclavagistes,
Depuis lors nous assiste aussi bien qu’il nous sauve.

Là-bas, c’est Notre-Dame au titre des Victoires,
Qui ne célèbre plus les succès des armées,
Mais d’autres faits d’armes au don surérogatoire,
Refuge des pécheurs par la grâce charmés.

La Sainte-Madeleine, édifice bâti
Pour ceux qui, ne pouvant se rendre en pèlerins
Jusqu’à Jérusalem, vont à la convertie,
Celle qui a touché le Seigneur de ses mains.

Et voici deux hauts lieux de spiritualité
D’amour profond de Dieu et de fidélité,
La rue du Bac et sa médaille aux miracles
La basilique de Montmartre et ses oracles.

Elle est miraculeuse en cette rue du Bac
Où Catherine, la petite Labouré,
A reçu, bienheureuse, et comme tout à trac,
Cette apparition qui l’a énamourée.

La basilique du vœu de la nation
Reconnaissante de voir Paris épargnée
Une nouvelle fois, est l’affirmation
Qu’en louant notre Dieu, l’on peut encore gagner.

Peuple qui tournoie au gré des événements
Peuple qui louvoie au fil des événements
Peuple qui conçoit au long des événements
Peuple qui charroie au tour des événements.

Ton infinie cohorte aux aspects bariolés
Qui ahane cahin caha portant sa croix,
La croix de tous les jours, en ville et ses faubourgs,
Au cœur, à ses portes, en l’île et au Châtelet.

Les obscurs besogneux qui ne réclament rien,
Travaillent vergogneux, sont jugés bons à rien
Ils gardent au cœur l’amour de la cité rebelle,
Amour incoporel et tout intemporel.

Saints anonymes qui n’ont ni places ni rues
Saints éponymes, au souvenir disparu,
Saints toutefois qui ont leur place en paradis
Et dont la sainteté en silence irradie.

Et Jésus et Marie qui veillent sur la ville
L’amour qui se marie au cœur de l’un et l’autre
En qui rien ne varie, car c’est un amour tranquille
Qui communique aux saints la force de l’apôtre.

Notre Mère et son Fils qui ont tant à donner
A ceux qui à leur Dieu de cœur sont adonnés
L’amour de tous deux sur la grande Babylone
A la fois nous rassure et s’en va qui rayonne.

dimanche 10 juillet 2011

Carambouille

Carambouille



Dans notre monde il y a des gens sans scrupule.
Voici qu’ils déambulent avec pour tout pécule
Ce qu’ils ont su soustraire à la naïveté
De ceux qui croient encore à leur honnêteté.

Ils achètent sans les payer des marchandises
Qui les ont tentés comme autant de friandises
Puis ils les revendent au culot sans barguigner
A quelque charbonnier, cafetier ou banquier.

Quelle est cette convoitise à laquelle il se rend
Suivant de sa nature un horrible penchant ?
Expert en dépouille et roi de la débrouille
Dans le mal il barbouille en sinistre fripouille.

Sous un air patelin il spolie l’orphelin
Et ne paye qui se plaint que vers la saint-glinglin.
Maintenez vos distances avec ce personnage
Qui commet son forfait en tout libertinage.

Certes, il remet une inconsistante bafouille
A l’individu qu’il gruge et n’est que gribouille.
Il a l’extérieur de l’honorabilité,
De l’amabilité et sociabilité.

Ce sont des gens dangereux qui rendent malheureux
Ceux qui ont la candeur de dire au quémandeur
Un oui stimulé par l’appât du gain facile
Et embobine par des paroles graciles.

Ces gens sont experts à ne pas laisser de trace,
Virtuoses comme innés des tours de passe-passe.
Ils ont vite fait de s’enfuir dans la nature
Laissant leur fournisseur dans la déconfiture.

Ah ! l’attrait de Mammon ! Il semble irrésistible
Créé par le démon qui rend l’homme impassible
Le saisit au poumon et le pousse au forfait
Et prépare en amont de fructueux méfaits.

mercredi 23 mars 2011

La bise


La bise

Sa provenance à nos yeux reste une inconnue
Nul ne sait non plus vers où elle se dirige
Elle s’élève du sol ou bien fond des nues
Tantôt par un piqué, tantôt par la voltige.

Nous la considérons bienfaisante parfois
Pourtant elle se joue de nous, d’un air narquois,
Elle se moque pas mal de notre bien-être
Et elle s’amuse à paraître et disparaître. (lire la suite)

Elle ne prévient pas. Nous sommes pris de court.
La voilà qui accourt et revient sur ses pas.
Nous sommes son repas. C’est vraiment sans recours.
Nous crions au secours, qui sommes son appât.

Elle est capable de nous transpercer les os
De nous atteindre au plus profond de notre moi.
Glissant subtilement et irisant les eaux
Elle se rie de nous et provoque à l’émoi.

Nous n’avons pas le temps de signaler la bise
Que l’information n’est déjà plus de mise
Elle est primesautière et toute imprévisible
Aujourd’hui comme hier et c’est irrémissible

On la croit ici, mais elle est déjà ailleurs
Elle ne reste pas deux secondes sur place
Sa caresse hésitante est un flux qui nous glace
Son sourire fugace est quelque peu gouailleur.

La bise donne froid à qui a déjà froid
Et elle donne chaud à qui a déjà chaud
Au cœur en artichaut sis au pied du beffroi
Au corps vêtu d’orfroi blotti près du réchaud.

On l’entend aussi qui siffle sur les toitures
Alors qu’elle pénètre en nous par les jointures
Et se dépose sur la joue de l’être aimé.
Qui en est ranimé ou tombe inanimé.

Or voici qu’elle apporte une Bonne nouvelle
La bise de Noël. Un Enfant est donné
C’est le Fils du Très-Haut, le Fils de l’Eternel
Qui fait couler de l’eau aux non abandonnés.

jeudi 25 décembre 2008

Le premier roi du monde

Le premier roi du monde

Sous le regard du bœuf et de l'âne
Cet enfant respirait dans son premier sommeil
Les bêtes calculant dedans leur double crâne
Attendaient le signal de son premier réveil.

Et ces deux gros barbus et ces deux gros bisons
Regardaient s'éclairer la lèvre humide et ronde.
Et ces deux gros poilus et ces deux gros barbons
Regardaient sommeiller le premier roi du monde. (lire la suite)

Et ces deux mal tondus et ces sortes d'oursons
Regardaient s'éclairer la face rose et blonde.
Et ces museaux pointus et ces deux gros garçons
Regardaient respirer le premier roi du monde.

Et ces deux tard-venus et ces deux vieux garçons
Regardaient s'éclairer la face humide et fraîche.
Et tous deux s'avançant au-dessus de la crèche
Regardaient reposer le roi des nations.

Et ces deux vieux bourrus et ces parfaits notaires
Regardaient cette face internelle et profonde.
Et ces deux jouffus et ces protonotaires
Regardaient sommeiller le plus beau roi du monde.

Et ces pattes pelus et ces ambassadeurs
Considéraient la bouche ouverte et toute ronde.
Et ces deux gros zébus et ces deux commandeurs
Considéraient cet être où tout être se fonde.

Charles Péguy, Les Tapisseries – Ève.

vendredi 26 septembre 2008

Le lever du soleil (9)

Le lever du soleil (9)

La lumière qui pointait
Devenait une mélodie caressante
Délivrance de la nuit et de ses frayeurs
Réconciliation de l'homme avec lui-même
Délivré de ses phantasmes
Et des élucubrations oniriques

La nature aux tons toujours renouvelés
Étrennait son costume de fête
Son habit de lumière

La nature est le meilleur des artistes
Miniaturiste peintre et sculpteur
Modeleur et modelé aussi
Disposant d'une gamme toujours inépuisable
De combinaisons de tons et de formes

Jour nouveau
Nouvelle joie
La vie reprend
Nous sommes faits pour la vie
Nous sommes faits pour donner la vie
Nous sommes sources de vie
La vie est joie
La joie est vie

mercredi 24 septembre 2008

Le lever de soleil (8)

Le lever de soleil (8)

Dans leur fonction d'éveilleurs
Des rais cherchaient à surprendre
Les épines d'un résineux
Voire une branche
Mais dès qu'elles étaient ramenées à l'activité
Ils s'éclipsaient sur la pointe des pieds
Pour en aller taquiner d'autres

C'était chaque matin un jeu identique
Enfantin et innocent
À vrai dire mesdemoiselles les épines
N'en étaient guère fâchées
Elles aimaient bien ces caresses matinales
Qui leur signifiaient l'heure du lever
Et elles étaient affligées
Quand les rayons étaient blafards
Et les effleuraient à peine
Comme s'ils répugnaient ce jour-là
À remplir leur office
Se contentant d'un rôle de comparse
Pire comme s'ils les snobaient