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dimanche 25 août 2013

Nos Béthanies (2)

Nos Béthanies (2)

Et la tendresse dont il a fait preuve envers nous, quel langage pourra l’exprimer ? Saint Jean en était frappé, et c’est pour cela qu’il disait : « Car Dieu a tellement aimé le monde ; qu’il a donné son Fils unique » (Jean 3, 16). Et si vous voulez entendre les paroles mêmes de Dieu, et apprendre toute l’affection qu’il a pour les hommes, écoutez ce qu’il dit par son prophète : « Une femme oublierait-elle son nourrisson, n’aurait-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand bien même les mères oublieraient, moi, je ne t’oublierai point ! » (Isaïe 49, 15). […] Et d’autre part : « Comme un père a pitié de ses fils, ainsi le Seigneur a eu pitié de ceux qui le craignent » (Psaume 102, 13) » (saint Jean Chrysostome, Commentaire au psaume 41, 3-4). (lire la suite) « Qu’on n’aille pas me dire ; Et comment puis-je aimer Dieu, que je ne vois pas ? Il y a bien des gens que nous aimons sans les voir, comme par exemple nos amis, nos enfants ou nos parents, nos proches et nos familiers, lorsqu’ils sont en pays étranger. […] Même lorsqu’il s’agit de nos semblables, nous aimons ordinairement non seulement nos amis, mais encore les personnes qu’ils aiment. Et si une personne que nous aimons vient à nous dire : J’aime bien un tel ; quand il lui arrive quelque bonheur, il me semble que c’est à moi que l’on fait du bien ; alors nous faisons tout, nous employons toutes nos ressources pour procurer à cette dernière personne tout notre zèle, comme si nous voyions en elle celle même que nous aimons. Eh bien ! il nous est donné dès maintenant de donner cette preuve de notre amour pour Jésus. Il a dit qu’il aimait les pauvres et que si nous leur faisions du bien, il nous récompenserait comme s’il en avait été lui-même l’objet (cf. Matthieu 19, 21). Faisons alors tout pour leur venir en aide ; que dis-je ? Épuisons pour eux tous nos biens, persuadés qu’une leur personne, c’est Jésus même que nous nourrissons. Si vous voulez vous en convaincre, écoutez cette parole de Jésus-Christ : « J’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli, nu, et vous m’avez vêtu ; j’ai été malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus à moi » (Matthieu 25, 35-36) » (saint Jean Chrysostome, Commentaire au psaume 41, 3). (à suivre…)

vendredi 28 juin 2013

Aimer

Aimer

Que voulons-nous donc, en dernier ressort, quand nous aimons véritablement quelqu’un ? À cela, la grande théologie européenne a répondu : ut in Deo sit (st Thomas d’Aquin, Somme Théologique II-II, q. 25, a. 1) ; nous lui souhaitons qu’il soit en Dieu. J. Pieper, De l’amour, Genève, Ad solem, 2010, p. 89. Visio est quædam causa amoris. Autrement dit, « la vision est en quelque sorte cause de l’amour » (st Thomas d’Aquin, Somme Théologique II-II, q. 67, a. 6 ad 3). Pieper, p. 94. Un cœur qui aime un autre ne peut en haïr aucun (Goethe, « Le caprice de l’aimant », Théâtre de Goethe, Paris, Hachette, 1860, vol. I, p. 19). Pieper, p. 97. Quand Béatrice apparaissait, « il n’y avait plus pour moi d’ennemi » (Dante, Vie nouvelle, Paris, Gallimard, 1999, p. 82-83). Pieper, p. 97. Aimer signifie se réjouir du bonheur de l’autre (amare autem sive diligere est felicitate alterius delectari) (Leibniz, Opera omnia, Genève, Apud Fratres de Tournes, 1768, p. 295). Pieper, p. 132. Envers soi on n’éprouve certes pas de l’amitié, mais quelque chose de plus grand que l’amitié. […] Chacun est un avec soi-même ; et être-un est plus que devenir-un avec un autre [unitas es potior unione]. Tout comme donc être-un est plus originel que devenir-un, ainsi l’amour avec lequel on s’aime soi-même est-il aussi l’archétype et la racine de l’amitié. En ceci consiste en effet l’amitié que nous éprouvons pour les autres, que nous nous comportions vis-à-vis d’eux comme vis-à-vis de nous-mêmes (saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique II-II, q. 25, a. 4). Pieper, p. 139. Tout amour vrai est sans calcul et reçoit cependant en même temps son salaire ; il ne peut même recevoir son salaire que quand il est sans calcul… Qui dans l’amour ne cherche comme salaire que la joie de l’amour reçoit la joie de l’amour. Mais qui dans l’amour cherche autre chose que l’amour perd en même temps l’amour, et la joie de l’amour (St Bernard, De diligendo Deo). Pieper, p. 147.

samedi 26 mai 2012

La Pentecôte (5)

La Pentecôte (5)

« Je dirais que l'adoration signifie reconnaître que Jésus est mon Seigneur, que Jésus me montre le chemin à prendre, me fait comprendre que je ne vis bien que si je connais la route qu'Il m'indique. Adorer, c'est donc dire: "Jésus, je suis tout à toi et je te suis dans ma vie, je ne voudrais jamais perdre cette amitié, cette communion avec toi". Je pourrais également dire que l'adoration, dans son essence, est un baiser à Jésus, dans lequel je dis: "Je suis à toi et je prie afin que toi aussi, tu demeures toujours avec moi" » (Benoît XVI, Rencontre de catéchèse avec les jeunes de la première Communion, 15 octobre 2005).
« La forme traditionnelle de la demande de l’Esprit est d’invoquer le Père par le Christ notre Seigneur pour qu’Il nous donne l’Esprit Consolateur. Jésus insiste sur cette demande (lire la suite) en son nom au moment même où Il promet le don de l’Esprit de Vérité. Mais la prière la plus simple et la plus directe est aussi traditionnelle : Viens, Esprit Saint », et chaque tradition liturgique l’a développée dans des antiennes et des hymnes : « Viens, Esprit Saint, emplis les cœurs de tes fidèles, et allume en eux le feu de ton amour. » « Roi céleste, Esprit Consolateur, Esprit de Vérité, partout présent et emplissant tout, trésor de tout bien et source de la Vie, viens, habite en nous, purifie-nous et sauves-nous, ô Toi qui es Bon » (liturgie byzantine, Tropaire des vêpres de Pentecôte) » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 2671). « Viens Esprit Saint, allume en nous le feu de ton amour. » Apprends-nous à aimer à fond notre Dieu d’Amour : « Dieu est Amour », proclame saint Jean (1 Jean 4, 16). Et où cet Amour se manifeste-t-il le plus intensément si ce n’est dans l’effusion du Saint-Esprit, dans cette présence vivifiante de la troisième Personne divine dans notre âme, et dans la présence eucharistique du Fils parmi nous ? Nous ne pouvons pas séparer l’action du Saint-Esprit de celle du Fils. Si l’Intercesseur doit être demeuré avec nous pour toujours (cf. Jean 14, 16) et rendre témoignage de notre Seigneur (cf. Jean 15, 26), il doit bien nous amener à adorer Jésus-Christ, à éprouver une soif intense de nous prosterner devant lui en action de grâce et en adoration. « Sion, célèbre ton Sauveur, chante ton Chef et ton Pasteur, par des hymnes et des chants. Tant que tu peux, tu dois oser, car il dépasse tes louanges, tu ne peux trop le louer » (Lauda Sion Salvatorem). (à suivre…)

lundi 16 janvier 2012

L’Amour de Dieu (2)


L’Amour de Dieu (2)

Un Amour gratuit qui demande une réponse de notre part. C’est bien la moindre des choses. Toute notre vie se ramène à cela en réalité. Nous n’avons rien d’autre à faire qu’aimer Dieu. À la mesure de Dieu : « Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres, et que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. C’est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13, 34-35). Mais « si quelqu’un dit : « j’aime Dieu », et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur. Celui, en effet, qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut aimer Dieu, qu’il ne voit pas ! » (1 Jean 4, 20-21). N’oublions pas que le plus grand commandement et le premier est : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit » (Matthieu 22, 37). (lire la suite)
Il s’agit d’aimer Dieu dans tout ce que nous entreprenons. C’est la raison d’être de toute notre existence. Aimer Dieu dès ici-bas, en attendant de l’aimer sans restriction dans les cieux nouveaux et la terre nouvelle. « On acquerrait de grands mérites auprès de Dieu, si on faisait pour gagner son amitié la moitié de ce que l’on fait pour obtenir celle du monde. L’amitié du monde est très funeste à ceux qui la recherchent, parce qu’elle leur fait perdre celle de Dieu, qui est bien plus précieuse. L’amitié de Dieu a pour prix le royaume du ciel, d’après Romains 5 : « La grâce de Dieu est la vie éternelle », et au 52e psaume : « Ceux qui plaisent aux hommes ont été confondus, parce que Dieu les a méprisés ». Et dans Galates 5 : « Si je plaisais aux hommes, je ne serais pas le serviteur de Dieu. » Saint Jacques 4 : « Adultères, vous ne savez pas que l’amitié de ce monde est ennemie de Dieu ? Or quiconque veut être l’ami de ce siècle, devient l’ennemi de Dieu » (saint Thomas d’Aquin, In libro eruditionis principum, l. 1, cap. 11, Paris, Viviès, 1857, p. 214-215).
Que faisons-nous pour aimer Dieu ? Rectifions-nous l’intention chaque fois que nous nous rendons compte que nous cherchons notre propre gloire ? Nous assignons-nous pour objectif de faire la Volonté de Dieu en toute chose ? « Seigneur, que ferais-tu à ma place ? Donne-moi l’amour avec lequel tu veux que je t’aime et apprends-moi à aimer les autres. » Il est dit que tu trouves tes « délices parmi les enfants des hommes » (Proverbes 8, 31). C’est vraiment étonnant. Que peux-tu trouver de si bon, de si intéressant auprès de nous ? Je le sais : tu cherches simplement notre bien.

(à suivre…)

vendredi 8 avril 2011

L’amitié

L’amitié

Sont amis – je mets à part cette amitié qu’on ne devrait pas appeler ainsi, celle qui est le fait d’une mauvaise conscience : en effet, il y a des hommes qui s’unissent pour faire le mal de concert et ils semblent liés entre eux parce qu’ils sont unis par leur mauvaise conscience – mise à part, donc, cette amitié criminelle, il est une amitié encore charnelle, née de l’habitude et de la cohabitation, des conversations, de la vie commune, qui fait qu’un homme est attristé quand le délaisse l’ami avec lequel il a coutume de parler et d’être en relation. Deux hommes se rencontrent, marchent ensemble pendant trois jours, et ils ne veulent palus se séparer. Une telle douceur d’amitié est honnête en vérité ; mais analysons-là encore, puisque nous cherchons le degré de cet amour, et voyons jusqu’où nous sommes parvenus, avec une amitié telle que celle dont je viens de parler. (lire la suite)
C’est donc là une amitié d’habitude, non de raison ; les bêtes l’ont aussi. Que deux chevaux mangent ensemble, ils se recherchent ; si un jour l’un vient à précéder l’autre, ce dernier se hâte comme à la recherche des on ami ; à peine son cavalier peut-il le diriger, et jusqu’à ce que le cheval y parvienne, il l’y pousse par ses bonds. Lorsqu’il est arrivé auprès de celui qui l’a précédé, il se calme. Un poids l’entraînait, il était pressé par le poids de l’amour ; parvenu pour ainsi dire en son lieu, il s’est apaisé. Cette amitié d’habitude aussi, nous la trouvons également chez les bêtes. Elevons-nous encore au-dessus d’elle.
Il est une autre forme d’amitié supérieure à celle-ci, non d’habitude mais de raison, dans laquelle nous aimons pour sa fidélité et parce que nous sommes dévoués l’un à l’autre dans cette vie mortelle. Tout ce que nous trouverons de supérieur à elle est d’ordre divin. Que l’homme commence à aimer Dieu et il n’aimera en l’homme que Dieu.
Que votre charité voie d’abord comment l’amour d’amitié doit être gratuit. En effet, tu ne dois pas avoir un ami ou l’aimer pour qu’il te rende un service ; si tu l’aimes pour qu’il te procure de l’argent ou quelque avantage matériel, ce n’est pas lui que tu aimes, mais ce qu’il te procure. Un ami doit être aimé gratuitement pour lui-même et non pour autre chose. Si la règle de l’amitié t’exhorte à aimer un homme avec désintéressement, avec quel désintéressement doit-on aimer Dieu, qui t’ordonne d’aimer l’homme ! Rien n’est plus délectable que Dieu. Il y a en effet dans l’homme des choses qui offensent. Cependant, par l’amitié, tu t’efforces de tolérer au nom de l’amitié même ce qui t’offenses dans un homme. Si donc tu ne dois pas dénouer une amitié humaine à cause de ce qu’il te faut tolérer, par quoi pourrais-tu être amené à dénouer ton amitié avec Dieu ? Tu ne rencontres rien de plus délectable que Dieu ; il n’est rien en Dieu par quoi il puisse t’offenser, si toi tu ne l’offenses pas ; rien n’est plus beau que lui, rien n’est plus doux que lui.

Saint Césaire d’Arles, Sermons au peuple 21, 3-4.

dimanche 3 avril 2011

Aimer nos frères dans la foi (2)


Aimer nos frères dans la foi (2)

Écoutons encore saint Paul formuler des réflexions du même genre, qui en disent long sur les sentiments qu’abrite son cœur en permanence : « J’ai le vif désir de te revoir » (2 Timothée 1, 4) ; « hâte-toi de venir me rejoindre au plus tôt » (2 Timothée 4, 9).
N’est-elle pas belle et émouvante cette insistance de l’Apôtre ? Et cette sainte impatience de retrouver les siens. Comme ses paroles sont débordantes d’affection humaine et surnaturelle ! Nous sentons battre un cœur qui sait ce que c’est qu’aimer pour de bon. C’est un modèle pour nous, qui sommes ainsi encouragés à tisser des liens d’amitié profonde, (lire la suite) surnaturelle, avec ceux qui sont devenus nos frères et nos sœurs par le baptême. « Saluez dans le Christ chacun des saints. Les frères qui sont avec moi vous saluent » (Philippiens 4, 21). « « Saluez tous les saints. Tous les saints vous saluent. À tous les saints qui vivent à Éphèse. À tous les saints dans le Christ Jésus, qui sont à Philippes. » N’est-il pas émouvant, ce titre de « saints » que les premiers chrétiens utilisaient entre eux ? — Apprends à vivre avec tes frères » (saint Josémaria, Chemin, n°469).
A vivre avec eux en bonne entente, sans les critiquer ou les dénigrer, mais en cherchant à les édifier par notre conduite, à leur donner un exemple qui les stimule à vivre toujours plus de l’Amour de notre Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, un seul Dieu, à l’Amour débordant. L’on devrait pourvoir dire autour de nous ce que les païens d’alors disaient des premiers chrétiens : « Voyez comme ils s’aiment ! » Ce serait formidable. Cet exemple constituerait certainement une force d’entraînement vers le Seigneur.
Telle devrait être notre ambition la plus saine.

(fin)

lundi 14 février 2011

Le nom de Dieu (2)

Le nom de Dieu (2)

Le prophète Jérémie a très bien exprimé cette réalité : « Ainsi parle Yahvé : Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme, qui prend la chair pour son secours, et dont le cœur s’écarte de Yahvé ! Il est comme un chardon dans la steppe, ne sentant pas quand le bonheur arrive ; il habite dans des lieux brûlés au désert, une terre salée où personne ne demeure. Béni soit l’homme qui se confie en Yahvé : Yahvé répondra à sa confiance ! Il est comme un arbre planté au bord des eaux, qui étend ses racines vers le courant : il ne sent pas quand vient la canicule, mais son feuillage reste vert ; il ne s’inquiète point en une année de sécheresse, n’arrêtant pas de porter du fruit » (Jérémie 17, 5-8). (lire la suite)
Réfugions-nous en Dieu. Que de désillusions quand nous mettons notre confiance dans les hommes ! Ils ont vite fait de nous délaisser si leurs intérêts changent de signe. Tant que nous leur sommes utiles, ils apparentent être nos amis. Mais beaucoup filent à l’anglaise. L’ami véritable se vérifie dans l’épreuve. Il reste fidèle alors que les autres s’écartent du malheureux. « L’aime aime en tout temps » (Proverbes 17, 17). Le faux ami « a la douceur sur les lèvres, et, dans son cœur, il projette de te précipiter dans la fosse. L’ennemi a des larmes dans les yeux et, s’il en trouve l’occasion, il sera insatiable de ton sang . Le malheur t’atteint-il ? Tu le trouveras là avant toi, et, feignant le sauveur, il te donnera un croc-en-jambe. Alors il branlera la tête, il battra des mains, et avec force chuchotements il prendra un autre visage » (Ecclésiastique 12, 16-18).
Allons nous réfugier dans cette tour qu’est l’Amour du Christ pour nous. Non pour nous isoler, pour nous couper des autres, mais pour être en mesure de les aimer vraiment, indépendamment de toute considération humaine, de toute acception de personne. Tout simplement parce qu’ils sont nos frères en humanité et que nous voulons les aimer comme le Christ les aime.
« Il est Ami ; l’Ami : vos autem dixi amicos (Jean 15, 15), dit-Il. Il nous appelle amis et c’est lui qui a fait le premier pas ; il nous a aimés le premier. Cependant, il n’impose pas son affection ; il l’offre. Il la montre par le signe le plus clair de l’amitié : personne n’a de plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis (Jean 15, 13). Il était l’ami de Lazare, il a pleuré quand il l’a vu mort, et il l’a ressuscité. S’il nous voit froids, sans désir, peut-être avec la dureté d’une vie intérieure qui s’éteint, son appel nous donnera la vie : je te l’ordonne, mon ami, lève-toi et marche (cf. Luc 5, 24) sors de cette vie étroite qui n’est pas une vie » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 93).
Oui, le Seigneur est l’Ami, le rempart, la tour, notre refuge et notre force.

(fin)

mercredi 24 novembre 2010

Le miel de la sagesse (1)

Le miel de la sagesse (1)

« Mon fils, mange du miel, car il est bon ; un rayon de miel est doux à ton palais. Sache que la sagesse est la même chose pour ton âme ; si tu l’acquiers, il est un avenir, et ton espérance ne paraîtra pas frustrée » (Proverbes 24, 13-14). « Elle est pour les hommes un trésor inépuisable ; ceux qui en usent obtiendront l’amitié de Dieu » (Sagesse 7, 14). L’amitié est toujours quelque chose de précieux. L’homme recherche des amis sur lesquels il puisse compter à la vie à la mort. L’amitié avec Dieu les surpasse toutes. (lire la suite)
Ces liens d’amitié sont tissés par Dieu lui-même : « Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; vous, je vous ai appelés amis » (Jean 15, 15). Mais cette amitié se fonde sur une relation de confiance : « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous prescris » (Jean 15, 14), si vous observez mes commandements.
Ecoutons donc ce que le Seigneur nous dit. Ce sont des paroles de vie. « Ecoutez, car j’ai à dire des choses magnifiques, et mes lèvres s’ouvrent pour enseigner ce qui est droit. Oui ma bouche profère la vérité et mes lèvres ont l’iniquité en horreur. Toutes les paroles de ma bouche sont justes : il n’y a rien en elles de faux ni de tortueux » (Proverbes 8, 6-8). Ce sont des paroles qui tracent un chemin, celui de l’obéissance aux commandements de Dieu. Ce que le Seigneur nous demande n’est pas au-dessus de nos forces. Il prend bien soin de le préciser : « Mon joug est agréable et mon fardeau léger » (Matthieu 11, 30). Celui qui écoute la voix de la Sagesse et qui entreprend de suivre le Christ en fait rapidement l’expérience. Le Seigneur n’écrase pas. Il fait tout pour alléger le poids qui repose sur nos épaules. « Qu'y avait-il à faire de plus à ma vigne, que je n'aie pas fait pour elle ? » (Isaïe 5, 4).
En vérité, il a tout fait. « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés : demeurez dans cet amour que j’ai pour vous » (Jean 15, 9). La Sagesse précise : « J’aime ceux qui m’aiment, et ceux qui me cherchent avec empressement me trouvent » (Proverbes 8, 17). Dieu aime tout homme et a donné sa vie pour tous les hommes. Mais il aime d’un amour spécial ceux qui répondent à cet amour initial. Il est, disons, très « réactif » à notre réponse. Agir par amour de Dieu, chercher à lui faire plaisir, nous fait entrer dans une spirale vertueuse, où le bien suscite davantage de bien, de plus en plus de bien. Il n’y a pas de limite à cette croissance, parce que Dieu est lui-même le Bien absolu.

(à suivre…)

lundi 22 novembre 2010

Fréquenter le Christ (1)


Fréquenter le Christ (1)

« Pour connaître Jésus, un seul moyen : le fréquenter ! En Lui, tu trouveras toujours un Père, un Ami, un Conseiller et un Collaborateur pour toutes les activités nobles de ta vie quotidienne…
— Et de cette fréquentation naîtra l’Amour » (saint Josémaria, Sillon, n°662). C’est un conseil éprouvé. Fréquenter le Christ pour le connaître. Et nous avons besoin de connaître le Christ, car il est la Personne qui devrait nous être la plus chère en tant que notre Sauveur et notre Rédempteur, et qui nous est la plus intime, puisqu’il habite dans notre âme en état de grâce, conjointement au Père et au Saint-Esprit, et qu’il se donne à nous dans le sacrement de l’Eucharistie, dans lequel il est réellement, véritablement et substantiellement vivant.
(lire la suite)
Deux connaissances se fréquentent. Autrement il s’agit d’inconnus ou d’indifférents. Et il est tout à notre avantage de fréquenter le Seigneur, car il est la Vérité. Lui-même l’a affirmé nettement : « C’est moi la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). En dehors de lui il n’existe pas de vérité. Toute vérité humaine participe de la Vérité divine, en est une lueur. En même temps le Christ est la Voie, car il est le chemin à emprunter pour aller au Père : « Personne ne va au Père que par moi » (Jean 14, 6). Et nous voulons vivre de notre filiation divine, fondement de toute notre existence chrétienne. Jésus ajoute qu’il est la Vie. En lui « nous avons la vie, le mouvement et l'être » (Actes 17, 27). « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle » (Jean 6, 54). « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; bien plus, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jean 4, 14).
Être avec le Christ, c’est se trouver en sécurité, à l’abri des dangers du chemin, protégé contre les embûches du démon. C’est partager l’existence de l’Ami véritable, l’unique ami en qui nous pouvons avoir pleinement confiance, qui ne déçoit ni ne trahit jamais. L’Ami auprès de qui nous ne cessons d’apprendre des choses utiles pour le gouvernement de notre vie, pour nous débrouiller dans l’existence et savoir comment nous tirer d’affaire dans les difficultés.
Il est effectivement le Conseiller avisé, qui a toujours une bonne solution à nous proposer et que rien n’arrête.

(à suivre…)

lundi 25 octobre 2010

L’ange gardien (1)

L’ange gardien (1)

« Ayez soin de ne mépriser aucun de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient constamment la face de mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 18, 10). Cette mise en garde du Seigneur nous indique que chacun de nous a un ange qui se trouve en son nom, pour lui, continuellement devant Dieu. C’est notre ange gardien. Chacun a le sien. Il a pour mission de s’occuper de nous, de nous transmettre ce que Dieu veut nous faire savoir, de nous dévoiler sa Volonté dans les différentes circonstances de la vie. Et aussi de faire remonter vers Dieu nos aspirations, nos désirs saints, nos demandes de grâce, c’est-à-dire d’aide surnaturelle pour vivre notre foi avec de plus en plus de fidélité. L’ange gardien est notre grand ami, ou devrait l’être, et, pour matérialiser cette amitié, (lire la suite) pour la rendre plus efficace, nous pourrions parfaitement lui donner un prénom. Cela pourrait nous aider à le fréquenter et avoir une grande confiance en lui.
« Il a ordonné à ses anges de te garder en tout ce que tu fais » (Psaume 91, 11). Saint Bernard apporte le commentaire suivant à ce texte de l’Ecriture : « Quelle révérence doivent susciter en toi ces paroles, quelle dévotion elles doivent t’inspirer, quelle confiance elles doivent te procurer ! Révérence du fait de leur présence à tes côtés, dévotion pour leur bienveillance, confiance pour leur vigilance. Montre-toi toujours attentif comme celui qui sait que les anges sont toujours présents sur sa route. En tout endroit, en tout lieu, si caché soit-il, sois plein de révérence à l’égard de ton ange gardien. Comment aurais-tu l’audace de faire en sa présence ce que tu ne ferais pas devant moi ? Douterais-tu de sa présence parce que tu ne le vois pas ? Que serait-ce si tu le voyais ? (…) Si tu consultes la foi, elle te prouve que la présence de l’ange ne te fait pas défaut (…). Ils sont là pour ton bien ; non seulement ils sont avec toi, mais il te protègent. Ils sont là pour te protéger, ils sont là pour ton profit » (saint Bernard, Sermo in Psalmo 90, 12).
Oui, l’ange gardien est à nos côtés pour nous protéger, pour notre profit. C’est un magnifique cadeau que Dieu nous a fait. L’ange est invisible ? Mais si nous lui donnons un prénom, comme je le suggérais, si nous prenons l’habitude de lui parler, de nous adresser à lui, nous ne tarderons pas à faire l’expérience de sa présence et de son action. Car il ne se fait pas prier deux fois quand nous lui demandons d’intervenir. Il connaît pleinement sa mission. Il sait qu’il l’a reçue de Dieu. Il est un exécuteur empressé et fidélissime. Sitôt l’avons-nous invoqué qu’il s’applique à faire connaître notre besoin à Dieu. Qui sait s’il n’a pas l’habileté d’aller voir d’abord la Sainte Vierge pour qu’elle l’appuie dans sa démarche !

(à suivre…)

jeudi 29 avril 2010

La sensibilité de Jésus (8)

La sensibilité de Jésus (8)

Le Seigneur se réjouit avec ceux qui se réjouissent, et il pleure avec ceux qui pleurent. Il prend part à la joie de Zachée, qui ne tient pas en place depuis que Jésus lui a dit : « Zachée, descends, car c'est chez toi qu'aujourd'hui il me faut m'arrêter » (Luc 19, 5). Si son cœur bat la chamade, son esprit réfléchit et l'amène à prendre des décisions radicales : « Je vais donner aux pauvres la moitié de mes biens, et si j'ai fait du tort à quelqu'un, je lui rendrai le quadruple » (Luc 19, 8).
Jésus aime participer aux fêtes humaines, (lire la suite) que ce soit à Cana, où sa présence sauve une situation qui sans cela eût été désastreuse pour les jeunes époux ; à Béthanie, où l'intimité des amis lui permet de se reposer sans être tenu de remplir le premier rôle et d'être sur la brèche ; ou encore chez des hôtes de fortune, comme Simon le pharisien. Là, Jésus éprouve un pincement de cœur en constatant que son amphitryon le traite avec désinvolture, et il loue la délicatesse, la hardiesse, l'humilité et l'amour de la pécheresse qui vient combler et au-delà l'indélicatesse de Simon : « Ses nombreux péchés lui sont pardonnés, parce qu'elle a montré beaucoup d'amour » (Luc 7, 47).
Jésus est bien loin d'être ce bloc de marbre que l'on représente parfois, au visage impénétrable, qui s'interdirait de montrer ses sentiments par un puritanisme mal compris, qui n'est, au fond, qu'égoïsme et manque de bonne éducation, n'en déplaise à ses concepteurs. Nous ne pouvons pas être des monstres froids. « Aimez-vous les uns les autres, et aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. C'est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jean 13, 34-35).
L'affection doit se remarquer, sans affectation ni rien de bizarre, ni maniérisme. Mais il serait inhumain qu'elle ne se manifeste pas. Ce serait le signe que nous nous sommes enfermés dans notre tour d'ivoire, dans un monde clos, et que nous entendons nous suffire à nous-mêmes : ne rien devoir aux autres, et ne rien leur donner non plus. Je peux afficher de belles manières et nourrir en même temps de la haine pour celui avec qui je me trouve... Cela n'est pas chrétien. Il vaut mieux se fâcher un peu, réagir avec délicatesse, être humain en définitive. C'est bien ce que Jésus nous apprend, tant par son enseignement, comme au Cénacle, que par con comportement, tout au long de sa vie.

(fin)




vendredi 23 avril 2010

La sensibilité de Jésus (2)

La sensibilité de Jésus (2)

« Si vous savez ces choses vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez. Je ne dis pas cela de vous tous; je connais ceux que j'ai élus; mais il faut que l'Écriture s'accomplisse : « Celui qui mange le pain avec moi, a levé le talon contre moi. » Je vous le dis dès maintenant, avant que la chose arrive, afin que, lorsqu'elle sera arrivée, vous reconnaissiez qui je suis » (Jean 13, 17-19). Jésus sait ce qui doit lui arriver, et par qui cela doit lui advenir. Voilà longtemps déjà que le Maître a décelé le double jeu de Judas et a parlé en termes presque identiques. « N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les Douze ? Et l'un de vous est un démon. »
Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote, car c'était lui qui devait le trahir, lui, l'un des Douze » (Jean 6, 70-71). (lire la suite) Cela n'avait pas suffi pour que Judas rectifie et revienne au Seigneur de tout son cœur, lui demande pardon pour son égarement et le début de trahison qui s'installait dans son cœur. Car la trahison, ce n'est pas seulement de livrer son Maître pour quelques misérables piécettes (cf. Luc 22, 4-5), mais c'est tout un processus intérieur de refus de Dieu, d'éloignement de la fidélité, de péché consenti et non rejeté, qui entraîne alors à d'autres reniements. « En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé » (Jean 13, 20). Il ne s'agit pas uniquement de la personne du Christ, mais plus profondément du Père. Celui qui m'a vu a vu le Père. « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même: le Père qui demeure en moi fait lui-même ces œuvres » (Jean 14, 10).
« Mais il faut que l'Écriture s'accomplisse: "Celui qui mange le pain avec moi, a levé le talon contre moi » (Jean 13, 18). « Tu hésites à te lancer à parler de Dieu, de la vie chrétienne, de la vocation… parce que tu ne veux pas faire souffrir ? Tu oublies que ce n’est pas toi qui appelles les gens, mais Lui : “ ego scio quos elegerim ” — je connais bien ceux que j’ai choisis. En outre, j’aurai de la peine si ces faux respects cachaient la facilité ou la tiédeur : au point où nous en sommes, tu préfères une pauvre amitié humaine à l’amitié de Dieu ? » (saint Josémaria, Sillon, n° 204). C'est la triste réalité. Dieu passe souvent au second plan, quand ce n'est pas au dernier.
« Il faut que l'Écriture s'accomplisse » (Jean 13, 18), a dit Jésus. « Ayant ainsi parlé, Jésus fut troublé en son esprit » (Jean 13, 21).

(à suivre...)

lundi 4 janvier 2010

Les jeunes et l'internet

Les jeunes et l'internet


Le pape Benoît XVI propose comme intention de prière pour le mois de janvier : « Pour que les jeunes sachent utiliser les moyens modernes de communication sociale pour leur croissance personnelle et pour mieux se préparer à servir la société ».
Il avait déjà attiré l'attention des jeunes sur l'emploi de l'intenet et l'amitié.

mercredi 23 décembre 2009

Action de grâces (21)

Action de grâces (21)

Maintenant que tu as pris possession de mon âme, en ton nom je demande au Père — à ton Père et à notre Père — d’exaucer toutes les demandes que le pape et mon évêque lui présentent aujourd’hui dans leur prière et, notamment, à l’autel. Donne-nous les grâces nécessaires pour mieux travailler pour ta gloire qu’hier, pour mieux servir ton Église sainte qu’hier, pour être un meilleur instrument entre tes mains qu’hier.
Seigneur, je crois. Mais je veux croire comme celui qui croit le plus. Augmente en nous la foi. Je crois que dans l’Hostie Sainte que je viens de recevoir, tu es présent, réellement, véritablement et substantiellement, toi Jésus, le Fils de Marie toujours Vierge, le Fils éternel du Père. (lire la suite) Je crois que tu es réellement présent en moi avec ton Corps, ton Sang, ton Âme et ta divinité. « Ce sacrement est admirable ! Vénérons-le humblement. […] Au Père, au Fils, notre louange, l’allégresse de nos chants : salut, et puissance, et honneur et toute bénédiction ! À l’Esprit du Père et du Fils, égale acclamation de gloire ! » (hymne Pange lingua).
Et je t’adore avec profonde révérence, prosterné la face contre terre, car je ne suis rien et toi, tu es toute la Majesté, la Puissance, la Beauté. Je t’adore, et j’ose te dire que je veux être ton ami, parce que tu m’as racheté. Mais tu dois m’aider à être un ami fidèle, car autrement, tu sais dans ta chair ce dont je suis capable…
Je veux être l’amour pour toi, car, toi, tu l’es pour moi, et sans réserve. Mon archange ministériel, mon ange gardien, veillez sur le sanctuaire de mon âme, l’épée de feu à la main, pour maintenir à distance l’ennemi infernal et les légions répugnantes de ses sbires. Obtenez-moi du Dieu Un et Trine de saints élans d’amour, de fidélité, de joie et de paix envers et contre tout.
Et j’accepte de grand cœur toutes les épreuves que le Seigneur voudra m’envoyer — il y joindra sa grâce, je le sais — pour purifier mon âme, expier mes péchés, pour faire éclore les vocations, pour l’expansion de l’Église et du royaume de Dieu dans le monde, et pour la plus grande gloire de Dieu qui, seule, m’importe. Qu’il en soit ainsi !

mardi 1 décembre 2009

La communion spirituelle (1)

La communion spirituelle (1)

Pour nous préparer à Noël. « Après la réception des sacrements, lorsque nous sentons l'amour de Dieu se ralentir, vite la communion spirituelle ! » (Mgr René Fourrey, Ce que prêchait le Curé d'Ars, Dijon, L'Échelle de Jacob, 2009, p. 144). Nous y avons recours pas uniquement comme une bouffée d'oxygène ou une bouée de secours. Ne nous limitons pas à faire des communions spirituelles seulement lorsque nous remarquons que l'humain commence à l'emporter sur le divin, que l'impatience ou la critique se font de plus en plus jour, que nous relâchons nos efforts pour travailler avec le maximum de sérieux. Ne cantonnons pas ce recours surnaturel au Seigneur aux moments - comme on les remarque ! - où le cœur semble ne plus se satisfaire de la compagnie de Dieu... (lire la suite)
Faisons également des communions spirituelles comme une preuve de l'amour que nous portons à notre Dieu et Libérateur, au grand Ami qu'il est, jamais à court d'arguments et de moyens pour nous aider à maintenir le regard fixé sur le Père.
Saint Josémaria m'a appris, ainsi qu'à une foule de catholiques, la communion spirituelle qu'il tenait lui-même de son confesseur : « Je voudrais, Seigneur, te recevoir avec la pureté, l'humilité et la dévotion avec lesquelles ta très Sainte Mère te reçut, avec l'esprit et la ferveur des saints. » Que cette formule, ou une autre, nous serve à témoigner de notre désir profond de vivre avec le Seigneur, de le laisser nous travailler « comme l'argile entre les mains du potier » (Jérémie 18, 6). J'ai joué de la flûte sur la place du marché (cf. Matthieu 11, 17). Comme il ne nous est physiquement pas possible de nous rendre continuellement présent sur la place du marché - au Calvaire, à l'autel, là où le Fils échange sa Vie auprès du Père contre notre libération du péché - nous y allons en esprit, par la communion spirituelle. « Lorsque nous ne pouvons venir à l'église, tournons-nous du côté du tabernacle » (curé d'Ars, Ibid.). C'est sur notre lieu concret de vie que nous rejoint la mélodie divine, les notes de la flûte qui nous chante l'Amour du Christ pour nous, cet Amour que traduit si bien sa présence eucharistique. « Là où sont vos frères les hommes, mes enfants, là où sont vos aspirations, votre travail, vos amours, là se trouve le lieu de votre rencontre quotidienne avec le Christ. C’est au milieu des choses les plus matérielles de la terre que nous devons nous sanctifier, en servant Dieu et tous les hommes » (Entretiens avec Monseigneur Escriva, n° 114).

(à suivre...)

lundi 30 novembre 2009

Action de grâces (18)

Action de grâces (18)

Je ne puis séparer le Seigneur mon Dieu de Marie et de Joseph. Là où se trouve Jésus, ses parents sont aussi présents. C’est pourquoi lorsque notre Seigneur établit sa demeure dans mon âme, la très Sainte Vierge et saint Joseph s’y trouvent aussi, d’une présence spirituelle, mystique. Et puisque personne n’a fréquenté Jésus comme vous avez eu la grâce insigne de le faire, aidez-moi, ô Marie et Joseph, à fréquenter Jésus, à gagner en intimité avec lui, à avoir les mêmes sentiments que ceux du Cœur du Christ. De ce Cœur transpercé, « il en sortit du sang et de l’eau, et c’était le prix de notre salut qui s’écoulait ainsi. […] Debout ! toi qui est aimé du Christ (lire la suite) — c’est à moi que Dieu s’adresse ! — sois donc comme la colombe qui fait son nid sur le bord de l’abîme. Et là, comme l’oiseau qui a trouvé son nid, ne te relâche pas de ta vigilance » (st Bonaventure, opuscule 3 sur L’arbre de vie).
« Je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père » (Jn 15, 15). Jésus est mon Ami, mon grand Ami. Et comme tel, il revient me rendre visite chaque jour. C’est l’ami sur lequel je peux compter, toujours prêt à me donner un coup de main et à me dépanner, toujours fidèle aux rendez-vous, toujours attentif à tout et attentionné.
Tu es, Seigneur, cet ami dont le livre des Proverbes dit qu’il « est plus attaché qu’un frère » (Pr 18, 24), fiable entre tous, serviable à toute heure, au visage ouvert, franc, dont le sourire à lui seul est un encouragement.
Marie et Joseph, présentez-moi à votre Fils, parlez-m’en, dites-moi tout ce que vous savez de lui, pour que je m’éprenne vraiment de lui, que je le respecte et l’admire, que je lui fasse meilleur accueil, comme à mon intime parmi les intimes, que je le serve par toute ma vie et que je ne cesse de lui manifester ma reconnaissance. Gratias tibi, Deus, gratias tibi ! « merci à toi, mon Dieu, merci à toi ! »

mercredi 8 juillet 2009

Les amis de Dieu (8)

Les amis de Dieu (8)

- Le Sage déclare : Ce n'est point dans la prospérité qu'on connaît un ami, ni dans l'adversité qu'un ennemi se cache. Quand un homme est heureux, ses ennemis sont dans la tristesse ; quand il est malheureux, (son) ami se sépare (de lui) (Ecclésiastique 12, 8-9).
- Je connais ce texte, Jude. Mais il est un peu pessimiste sur la nature humaine. En tout cas, il ne doit pas en être ainsi de vous. Ceux qui sont malheureux, vous les aiderez toujours. Vous vous rappelez la parabole du Bon Samaritain ?
- Oui, Maître.
- C'est un exemple que je vous ai donné, pour qu'à votre tour vous fassiez de même (Jean 13, 15). (lire la suite) Que vos amis, et même tous ceux que vous rencontrez, sachent qu'ils peuvent compter sur vous, que vous ne réagirez pas négativement ni violemment à leurs comportements indus, mais que vous êtes toujours prêts à les accueillir et à leur pardonner, à les recevoir et à vivre en paix avec eux. « Si tu aimes le Seigneur, il n’y aura pas une seule créature qui ne puisse trouver refuge dans ton cœur » (saint Josémaria, Chemin de Croix, 8e station, point de méditation n° 5).
- Si je comprends bien, amitié et charité sont synonymes.
- Tout à fait. Retenez ce que Judas vient de relever. C'est fondamental. C'est pour cela que je vous ai dit que plus vous serez amis de mon Père, plus vous aimerez les autres, car l'Amour de Dieu se déversera de vous sur votre entourage et sur l'humanité tout entière. Alors se produira avec vous ce que je vous ai dit de moi : Ce n'est pas de mon propre chef que j'ai parlé ; mais le Père qui m'a envoyé, c'est lui qui m'a prescrit ce que j'avais à dire et à faire entendre (Jean 12, 49). Il en ira de même pour vous. Mon Père parlera par votre bouche et vous proclamerez parmi les nations sa gloire, parmi tous les peuples ses merveilles (2 Chroniques 16, 24).

(fin)

mardi 7 juillet 2009

Les amis de Dieu (7)

Les amis de Dieu (7)

Vous avez été comblés (...) de toutes les richesses, celles de la Parole et celles de la connaissance de Dieu (1 Corinthiens 1, 5). Votre instruction étant assurée par mon Père, si vous l'écoutez vous entrez de plus en plus dans son amitié. Je peux vous l'assurer, rien ne l'égale, comme Jacques vient de le rappeler. Aucune verroterie, aucun mirage, nul luxe de ce monde ne peuvent rivaliser avec elle. Ouvrez, ouvrez donc la porte ! Dieu est avec nous, notre Dieu (Judith 13, 11). Oui, ouvrez toutes grandes les portes pour que la Sagesse inonde votre âme, vous ennivre d'Amour, féconde votre cœur en y faisant germer des sentiments de concorde et de paix, une envie irrésistible d'être et de demeurer avec mon Père. (lire la suite)
- Mon Dieu, apprends-moi à aimer ! (saint Josémaria, Forge, n° 66), demande Matthieu. Tu nous as enseigné que nous devons aimer même nos ennemis et nous, nous nous chamaillons, nous éprouvons de la peine à bien nous entendre. Tu en as encore été témoin pas plus tard que ce soir entre nous, tes apôtres : Il surgit même une dispute entre eux : Qui, parmi eux, passait pour être le plus grand ? (Luc 22, 24).
- Oui. J'espérais autre chose de vous...
- Nous t'en demandons pardon, Maître, dit Pierre. Je le regrette beaucoup.
- Allons, détendez-vous. En vérité, je vous le dis, « deux choses sont nécessaires ici-bas : la vie et l'amitié. Ce sont des biens naturels. Avec mes amis, je l'avoue, je me livre tout entier à leur affection...,
- De cela, nous en sommes bien conscients, Jésus, et très reconnaissants, parce qu'avec toi la vie est si douce, si chaleureuse. Les peines ne comptent pas.
C'est Jacques le Majeur qui a laissé son cœur s'exprimer.
- ... las que je suis de ce monde troublé. Avec eux, je sens que Dieu est là et c'est à lui que je me livre, en toute sécurité » (saint Augustin).
- Tiens, dit Jean, c'est justement ce que nous éprouvons auprès de toi, Seigneur, la proximité de Dieu, à quel point il est possible de vivre avec Dieu, de s'appuyer sur lui. Oui, je le sens, c'est l'effet de la Sagesse éternelle. C'est vers elle que je me tourne pour lui demander : « Viens, Sagesse du Très-Haut ! Toi qui régis l'univers avec force et douceur, enseigne-nous le chemin de la vérité » (Alléluia, 17 décembre).
- En un mot de sentir en lui l'Ami. Regarde Dieu « comme on regarde un Père, comme on regarde un Ami que l'on aime à la folie » (saint Josémaria,
Forge, n° 738).

(à suivre...)

lundi 6 juillet 2009

Les amis de Dieu (6)

Les amis de Dieu (6)

En même temps l'amitié que je vous invite à avoir avec votre Père n'est pas, si je puis m'exprimer ainsi, désintéressée. L'amitié véritable est celle qui se donne à l'autre sans rien en attendre en retour. Eh bien ! vous cultivez cette amitié afin d'être en mesure de vous faire de nombreux amis parmi vos semblables pour les amener au Père. Il veut se servir de vous pour faire ce qu'il a déjà fait avec vous.
- Et suivre l'exemple que tu nous a donné, toi aussi, Maître, ajoute Barthélemy. Car quand même tu nous as montré la valeur de l'amitié. Tu as su te gagner des amis, dont certains sont connus de tous, comme Lazare et ses sœurs Marthe et Marie, (lire la suite) chez qui nous étions la semaine dernière, mais aussi plusieurs de tes disciples, comme moi-même, dont tu as conquis le cœur à Bethsaïde, la ville d'André et de Pierre (Jean 1, 44), celle de Philippe aussi et la mienne, ou encore comme Nicodème ; et aussi de ces femmes qui t'accompagnent et dont la plus marquante, celle dont la personnalité est la plus forte, est sans conteste Marie, surnommée la Magdaléenne, de qui étaient sortis sept démons (Luc 8, 2). Sans compter tous ceux qui proclament désormais les merveilles que tu as faites pour eux, et qui nous accompagnent un bout de chemin chaque fois qu'ils le peuvent : Bar-Timée, le paralytique de la piscine de Béthesda, l'aveugle de naissance, le Samaritain lépreux...
- La sagesse, développée au contact de mon Père, approfondie dans votre prière, est une source de renouveau intérieur et d'épanouissement extérieur. Toute seule qu'elle est, elle peut tout ; et sans sortir d'elle-même, elle renouvelle tout ; se répandant à travers les âges, dans les âmes saintes, elle en fait des amies de Dieu. (...) Car elle est pour les hommes un trésor inépuisable ; ceux qui en usent obtiennent l'amitié de Dieu, à qui ils se recommandent par les dons acquis par l'instruction (Sagesse 7, 27.14).
Jacques, fils d'Alphée, intervient pour dire :
- Oui, Maître, nous avons lu dans le Livre qu'un ami fidèle n'a pas de prix, qu'il ne peut être comparé à rien (Ecclésiastique 6, 15). L'amitié est vraiment un trésor d'une grande valeur pour vivre avec toi aussi bien que dans les relations entre nous.
- Tu as vu juste, Jacques. Comme le philosophe l'a dit, « l'amitié semble constituer le lien des cités, et les législateurs paraissent y attacher un plus grand prix qu'à la justice même : en effet la concorde, qui paraît bien être un sentiment voisin de l'amitié, est ce que recherchent avant tout les législateurs, alors que l'esprit de faction, qui est son ennemie, est ce qu'ils pourchassent avec le plus d'énergie. Et quand les hommes sont amis, il n'y a plus besoin de justice, tandis que s'ils se contentent d'être justes, ils ont en outre besoin d'amitié, et la plus haute expression de la justice est dans l'opinion générale de la nature de l'amitié » (Aristote, Éthique à Nicomaque VIII, 1 ; 1155a).

(à suivre...)

dimanche 5 juillet 2009

Les amis de Dieu (5)

Les amis de Dieu (5)

- Pourquoi vous ai-je appelé mes amis ? Parce qu'un ami fidèle est un abri robuste, qui le trouve a trouvé un trésor. Un ami fidèle n'a pas de prix, et pas de poids pour peser sa valeur. Un ami fidèle est un elixir de vie ; ceux qui craignent le Seigneur le trouvent (Ecclésiastique 6, 14-16).
- Et nous t'avons trouvé, s'exclame Jean, et avec toi nous avons trouvé le Père ! Béni soit (notre) Dieu et Père ! (1 Pierre 1, 3).
- L'amitié de Yahvé est pour ceux qui le craignent, et il leur fait connaître son alliance (Psaume 25 (24), 14). Je pense que vous avez compris de quelle crainte il est question.
- Oui, Maître, tu nous as expliqué que ce n'est pas une crainte servile, mais celle de l'enfant qui ne veut pas blesser son père par ses incartades, qui ne souffre pas de le peiner mais qui, au contraire cherhce à lui faire plaisir en tout. (lire la suite) Le Tout-Puissant, Béni soit-il, n'at-il pas commandé : Servez le Seigneur et vérité et veillez à faire ce qui lui plaît (Tobie 14, 9) ?
- C'est cela Simon, dit le zélote. C'est pourquoi j'ai dit que je fais toujours ce qui lui plaît (Jean 8, 29). Et c'est donc dans cet esprit qu'il est écrit : Celui qui craint le Seigneur rectifie son amitié, car à son image est aussi son compagnon (Ecclésiastique 6, 17).
- Et c'est de nous que Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance (Genèse 1, 26).
- Parfait, Matthieu, c'est bien cela. Vous voyez combien ce que je vous disais il y a un instant est important. En rectifiant votre amour de mon Père, vous renforcez votre amitié avec lui. L'image de Dieu en vous est revivifiée, ce qui rejaillit sur toute votre vie. Vous vous remplissez alors de la joie des enfants de Dieu : Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! Je le répète : réjouissez-vous ! (Philippiens 4, 4).
Il s'établit une certaine égalité entre vous et Dieu, relative, bien sûr. L'amitié trouve ses semblables ou les rend tels (saint Jérôme).
En outre, l'ami aime en tout temps, et le frère est fait pour les mauvais jours (Proverbes 17, 17) et l'on trouve même tel ami plus attaché qu'un frère (Proverbes 18, 24).

(à suivre...)