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mercredi 11 mars 2015

Unité de vie (3)

Unité de vie (3)

Nous trouvons bien là une invitation à l’unité de vie. À nous centrer en Dieu à tout moment, en toute circonstance. À découvrir la main de Dieu en tout, comme Dieu lui-même s’est, là encore, chargé de le faire comprendre à saint Josémaria, par une motion divine dans les années 70 : « Recevez tout comme venant des mains de notre Seigneur Jésus-Christ. » Une invitation à voir dans les autres des âmes pour lesquelles le Christ a versé son Sang, comme pour nous, des âmes que nous devons donc aimer, pour qui nous désirons le vrai bien – c’est-à-dire leur salut éternel – et que nous cherchons donc à approcher de lui. (lire la suite) « vous devez maintenant comprendre — avec une clarté nouvelle — que Dieu vous appelle à le servir dans et à partir des tâches civiles, matérielles, séculières de la vie humaine : c’est dans un laboratoire, dans la salle d’opération d’un hôpital, à la caserne, dans une chaire d’université, à l’usine, à l’atelier, aux champs, dans le foyer familial et au sein de l’immense panorama du travail, c’est là que Dieu nous attend chaque jour. Sachez-le bien : il y a quelque chose de saint, de divin, qui se cache dans les situations les plus ordinaires et c’est à chacun d’entre vous qu’il appartient de le découvrir » (Entretiens, n° 114). Ce « quelque chose de divin », il nous appartient de le développer, de le faire fructifier pour la gloire de Dieu, ad majorem Dei gloriam, en travaillant, non pour des motifs humains, mais premièrement et fondamentalement par amour. Car, pensons-y bien l’unité de vie, c’est la mise en pratique du grand commandement de l’amour, par lequel Dieu nous demande légitimement de l’aimer, non pas à la petite semaine ou partiellement, mais de l’aimer de tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces et de tout notre esprit (cf. Luc 10, 27). Tout, absolument tout dans notre vie doit ainsi être marqué par l’amour, motivé par l’amour, imprégné d’amour, suinter l’amour et, par suite, être source d’amour. C’est effectivement en aimant Dieu pour de bon, sans restriction, que nous pouvons aimer notre prochain comme nous-mêmes, ce qui est la suite du commandement suprême : tu aimeras « ton prochain comme toi-même » (Luc 10, 27). Car celui qui prétend aimer Dieu, qu’il ne voit pas, alors qu’il n’aime pas son prochain, qu’il côtoie, celui-là est un menteur (cf. 1 Jean 4, 20). Seigneur, je veux être trouvé véridique devant toi. Je veux te servir et t’aimer par touts les pores de ma peau spirituelle, de mon organisme surnaturel. Enseigne-moi à ne pas penser à moi, car chaque fois que je pense à moi je brise, ou du moins je fragilise, cette belle harmonie de la prière, du travail et de l’apostolat. Donne-moi, Seigneur, l’amour avec lequel tu veux que je t’aime, lui demandait saint Josémaria dans sa prière. Donne-moi cet amour, sans restriction, pour que j’arrive une bonne fois pour toutes à t’aimer de tout mon cœur, de toute mon âme, de tout mon esprit et de toutes mes forces. Que je ne cherche pas à me faire remarquer des autres et que je m’efface devant toi une fois que j’ai fait ce que j’avais à faire. Il faut que tu grandisses, toi, et que moi, je disparaisse, comme saint Jean-Baptiste l’a fait (cf. Jean 3, 30). Ce que le fondateur de l’Opus Dei traduira par cette maxime : « Agir et disparaître, afin que Jésus seul brille. » Cela aussi est de la belle et bonne unité de vie : tout pour Dieu, Deo omnis gloria ! (fin)

samedi 7 mars 2015

Unité de vie (1)

Unité de vie (1)

« Alors Jésus parla aux foules et à ses disciples, disant : Les scribes et les Pharisiens se sont assis sur la chaire de Moïse. Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent; mais n'imitez pas leurs actions, car ils disent et ne font pas. […] Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes, car ils élargissent leurs phylactères et allongent leurs houppes » (Matthieu 23, 1-3.5). Combien de gens agissent ainsi ! Être remarqué par les autres, admiré des autres devient le critère de « moralité » des actes. Ce n’est plus la bonté objective qui compte, mais la notoriété, l’approbation de la foule. Ce qui implique que l’on ne se comporte pas de la même façon en privé, en l’absence de public. Comment qualifier quelqu’un de cet acabit ? C’est un pantin désarticulé. Il se situe aux antipodes de ce que doit être une vie chrétienne. Celle-ci, en effet, doit être marquée par l’unité de vie, pour reprendre une expression forgée par saint Josémaria. (lire la suite) Il entend par là que toutes les facettes de notre existence, à commencer par sa dimension spirituelle, bien sûr, mais aussi la vie familiale, le travail, la vie de relations sociales et donc l’apostolat, les loisirs, les différents engagements sans la société, tout cela doit être vécu avec Dieu, en Dieu, et orienté vers lui. Tout doit s’alimenter de la grâce afin de devenir une source de sanctification personnelle et d’autrui, et d’être lui-même sanctifié, c’est-à-dire ramené à Dieu, conformément au précepte de l’Apôtre de instaurare omnia in Christo, tout rassembler dans le Christ, restaurer toutes choses dans le Christ, rechristianiser toutes les réalités de la terre (Éphésiens 1, 10). À l’inverse des pharisiens contre lesquels le Christ vitupère et auxquels il reproche leur hypocrisie, les autres doivent pouvoir nous imiter, reproduire ce qu’ils nous voient faire et, voyant nos bonnes œuvres, rendre gloire à Dieu (cf. Matthieu 5, 16). Saint Augustin pose la question suivante : « Qui donc pourra rendre gloire à Dieu tout le jour durant ? Si tu veux, je vais t’indiquer la solution. Fais bien tout ce que tu fais, et tu auras rendu gloire à Dieu. Lorsque tu chantes une hymne, tu rends gloire à Dieu. En effet, que font ta langue et ta conscience si ce n’est rendre gloire à Dieu ? Cesses-tu de chanter des hymnes pour te reposer ? Ne t’enivres pas et tu auras rendu gloire à Dieu. Fais-tu des affaires avec quelqu’un ? Ne commets pas d’escroquerie, et tu auras rendu gloire à Dieu. Travailles-tu aux champs ? Évite les querelles, et tu auras rendu gloire à Dieu. Prépare-toi à rendre gloire à Dieu pendant toute la journée par la bonté de tes œuvres (st Augustin, Enarrationes in Psalmos 34, 2, 16). Qu’en est-il ? Nous connaissons cette autre interrogation, que nous lisons dans un point de Chemin : « As-tu pris la peine de penser à quel point il est absurde de dépouiller sa qualité de catholique, en entrant à l’université ou dans un groupement professionnel, à l’académie ou au parlement, comme on laisse un pardessus au vestiaire ? » (n° 353). N’est-ce pas ce qu’il nous arrive parfois de faire ? Nous n’osons pas affirmer franchement notre foi, nos convictions, dans notre milieu professionnel ou lors d’une invitation chez des amis, de peur de choquer, d’être mal compris, disons-nous, alors qu’en réalité c’est surtout pour nous éviter des complications. Or, saint Josémaria nous dit également ceci : « ‘Ma vie se heurtant à un milieu paganisé ou païen, mon naturel ne va-t-il pas sembler factice ?’ me demandes-tu. — Je te réponds : il y aura choc, sans doute, entre ta vie et ce milieu ; et ce contraste, où ta foi se confirmera par les œuvres, est précisément le naturel que je te demande (Chemin, n° 380). (à suivre…)

samedi 2 août 2014

Le secret du Père (9)

Le secret du Père (9)

Ne pas rendre gloire à Dieu pour tout ce qu’il nous a donné – et il nous a donné magnanimement tout ce que nous possédons : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu de Dieu » (1 Corinthiens 4, 7) –, c’est nous approprier indûment ce qui lui appartient en propre, c’est commettre un vol, et un vol sacrilège puisque nous faisons nôtres des biens divins. (lire la suite) Veillons et prions donc ici-bas. Devenons de plus en plus des âmes de prière, conscientes qu’il faut « toujours prier et ne pas se lasser » (Luc 18, 1), sans discontinuer. S’il nous trouve ainsi, en train de prier, quand il viendra nous chercher, le Seigneur ne pourra que prolonger définitivement cette prière, en s’offrant à nous comme l’objet unique de notre contemplation amoureuse où tout est joie et bonheur absolu, que nul ni rien ne peut plus affecter. Seul un surcroît de gloire est envisageable. Une prière qui sera guidée par celle de la très Sainte Vierge, notre Mère si bonne et si sainte, qui a déjà animé et soutenu la prière de la chrétienté primitive, de l’Église naissante, au Cénacle d’abord (cf. Actes 1, 14) et par la suite, de façon si intime, la prière de Jean qui, dès le Samedi Saint, « la prit chez lui » (Jean 19, 27). (fin)

mercredi 25 juin 2014

Remercier Dieu (4)

Remercier Dieu (4)

L’attitude eucharistique en question est la suivante : « L’attitude de remerciement doit distinguer la vie de tout homme, de tout chrétien en particulier. Les paroles du psalmiste doivent devenir les nôtres, même dans les moments d’angoisse et de douleur : « Venez, poussons des cris de joie vers le Seigneur, acclamons le rocher de notre salut, présentons-nous devant lui avec des actions de grâces, acclamons-le par des chants de joie » (Psaume 65, 1-2). Dans ses épîtres, saint Paul insistait sur ce continuel esprit de reconnaissance : « En toute circonstance, soyons dans l’action de grâces. C’est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus » (1 Thessaloniciens 5, 8). « Recherchez dans l’Esprit votre plénitude… En tout temps et à tout propos, rendez grâces à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ » (Éphésiens 5, 19-20). C’est une attitude « eucharistique » qui vous apporte la paix (lire la suite) et la sérénité dans le labeur, vous libère de tout attachement égoïste et individualiste, vous rend docile à la volonté du Très-Haut, même pour les exigences morales les plus difficiles, vous ouvre à la solidarité et à la charité universelle : elle vous fait aussi comprendre l’absolue nécessité de la prière et surtout de la vie eucharistique dans la fréquentation de la sainte messe, l’acte de remerciement par excellence, pour vivre et témoigner avec cohérence la propre foi chrétienne. Remercier veut dire croire, aimer, donner ! Et avec joie, généreusement » (Jean-Paul II, Homélie à la « Journée de remerciement » des agriculteurs, Rome, 9 novembre 1980). Le cas des dix lépreux n’est pas unique, parce que dès que la situation est rétablie, dès que la difficulté a disparu, dès que l’obstacle a été levé, l’homme oublie son bienfaiteur et se replonge dans son égoïsme et son autosuffisance : « Le résultat a été atteint. Ensuite, comme dit le proverbe italien : passato il pericolo, gabatto il santo (une fois le péril passé, tout le monde se moque du saint) (Charles de Gaulle, « Allocution au Congrès des étudiants R.P.F. », 7 mars 1949, Lettres, notes et carnets. 8 Mai 1945-18 Juin 1951, Paris, Plon, 1984, p. 343). Pourtant le cadre général de notre vie n’a subi aucune modification. Qu’il pleuve ou que le soleil brille, qu’il souffle un vent de tempête ou que le calme plat règne, nous sommes et nous restons essentiellement entre les mains de Dieu, dont la Providence admirable continue de nous gouverner avec une sagesse infinie. Par conséquent, les motifs subsistent intégralement pour manifester à notre grand Dieu notre reconnaissance pour tout ce que la vie nous réserve et nous dévoile progressivement grâce à lui et à la mesure de nos forces. Car tout est grâce. Tout est don divin. Les épreuves, y compris, comme les saints en sont bien conscients. Et si nous nous habituons à remercier filialement notre Dieu pour toute chose, pour tout événement agréable ou non aux yeux des hommes, pour toute rencontre, plaisante ou non, pour tout travail couronné de succès ou apportant une déconvenue, et ainsi de suite, en nous habituant donc à remercier Dieu en tout, notre vie est joyeuse, profondément heureuse, et rien ne peut venir altérer ce bonheur qui s’enracine dans notre condition d’enfant de Dieu. N’est-il pas vrai que les remerciements que l’on nous adresse pour un service que nous avons rendu nous font plaisir ? Et que nous restons sur notre faim s’ils ne viennent pas, même si peu importe, en définitive, que l’on nous remercie ou pas, car ce qui compte avant tout, c’est d’agir de façon désintéressée, pour la gloire de Dieu. Mais c’est affaire de politesse élémentaire, de bonne éducation. (à suivre…)

mercredi 4 décembre 2013

Connaître en écoutant (8)

Connaître en écoutant (8)

Par ces mots, il se condamne lui-même. Il trahit sa paresse et son refus de rendre à son maître ce qui lui revient, c’est-à-dire sa gloire. En outre, il ne connaît pas le moins du monde son maître, sur lequel il se permet de porter un jugement injuste et erroné. Car ce maître, qui n’est autre que notre Seigneur, est le contraire d’un homme dur de cœur. « Je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29), affirme-t-il de lui-même. « Le Seigneur est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et plein de bonté. Le Seigneur est bon envers tous, et sa compassion s’étend à toutes ses œuvres » (Psaume 144, 8-9). Or, l’homme est bien l’œuvre de ses mains (cf. Genèse 1, 26). C’est donc bien mal connaître Dieu que (lire la suite) de voir en lui quelqu’un de dur. Il se présente comme le « Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, débordant de bonté et de fidélité, qui se montre bon pour des milliers, qui pardonne la faute, la transgression et le péché ; mais il ne les laisse pas impunis, visitant l’iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération » (Exode 34, 6-7). Or, le serviteur de la parabole a fauté. Il s’entend reprocher son comportement inqualifiable : « C’est d’après tes paroles que je te juge, mauvais serviteur. Tu savais que moi, je suis un homme dur – ce sont tes propres mots -, prenant ce que je n’ai pas mis et moissonnant ce que je n’ai pas semé. Alors, pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon retour, je l’aurais recouvré avec un intérêt » (Luc 19, 22-23). Tu pouvais facilement imaginer que c’était ce que j’attendais de toi. Cela n’avait vraiment rien de sorcier. D’ailleurs tes compagnons l’ont parfaitement compris et ont agi en conséquence. « Et il dit à ceux qui étaient là : « Enlevez-lui la mine et donnez-la à celui qui a les dix mines » (Luc 19, 24). Lui, au moins, il saura la faire produire comme il faut. Les dons que nous avons reçus sont les moyens fournis gratuitement par Dieu, mis gracieusement à notre disposition par lui, pour que nous puissions parvenir à être saints, et que notre travail bénéficie également aux autres, soit source de corédemption. « À ne pas oublier : il faut qu’il y ait dans toutes les activités humaines, des hommes et des femmes qui, dans leur vie et dans leurs œuvres, portent la Croix du Christ, dressée haute, visible, réparatrice ; symbole de la paix, de la joie ; symbole de la Rédemption, de l’unité du genre humain, et de l’amour dont Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit, la Trinité Bienheureuse a aimé et aime toujours l’humanité ! » (saint Josémaria, Sillon, n° 985). (fin)

lundi 2 décembre 2013

Connaître en écoutant (6)

Connaître en écoutant (6)

Certes, notre sainteté ne saurait causer celle d’autrui, car toute sainteté provient de Dieu, est un don gratuit de sa part. mais il s’en sert comme d’un canal, d’un vecteur pour toucher les âmes de ceux qui nous entourent ou que nous approchons d’une façon ou d’une autre. « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous soyez, vous aussi, en communion avec nous ; nous sommes, nous, en communion avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ » (1 Jean 1, 3). En définitive, aimer Dieu et notre prochain, m’est avis que c’est tout un. Tout se résume à cela, car le deuxième commandement est égal au premier (lire la suite) (cf. Matthieu 22, 39). Ils sont inséparables. « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et on amour atteint en nous sa perfection. […] Celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu, qu’il ne voit pas » (1 Jean 4, 12.20). Il existe deux aspects ou dimensions de la gloire divine, une intérieure à la Très Sainte Trinité, l’autre extérieure. « Ce que la Bible appelle « gloire de Dieu » (kabod Yahvé, doxa tou Theou) est avant tout Dieu lui-même : la « gloire intérieure » […], la perfection infinie de la Divinité dans la Trinité de Personnes [..], la plénitude de Vérité et d’Amour dans la contemplation et la donation réciproques (et par conséquent dans la communion) du Père, du Fils et du Saint-Esprit […]. Avec la création du monde commence une nouvelle dimension de la gloire de Dieu, appelée « extérieure » pour la distinguer de la précédente » (bx Jean-Paul II, Discours, 12 mars 1986). C’est bien à ce deuxième niveau que nous pouvons et devons intervenir. Mais pas uniquement en louant Dieu et en le servant par toute notre vie, mais aussi en participant à cette gloire, par la divinisation que la grâce sanctifiante opère progressivement dans notre âme et qui découle de notre condition d’enfant de Dieu, comme une exigence même de celle-ci, pourrions-nous dire, même si aucune obligation de justice n’existe à strictement parler en ce sens de la part de Dieu. La gloire de Dieu est Dieu lui-même en tant qu’il se manifeste aux hommes. « Il se forma une nuée – au moment où Jean baptise le Seigneur – qui les enveloppa de son ombre, et une voix vint de la nuée : Celui-ci est mon Fils bien-aimé : Écoutez-le ! » (Marc 9, 7). (à suivre…)

samedi 28 septembre 2013

Les plans de Dieu (22)

Les plans de Dieu (22)

« Rappelez-vous d’où vous avez été appelés : à la croisée des chemins. Et qu’étiez-vous alors ? Des boiteux, des blessés de l’âme, ce qui est bien pire que d’être blessé dans votre corps. N’abusez pas de la bonté de celui qui vous a invités et que personne ne vienne avec un vêtement sale. Il faut prendre un très grand soin du vêtement de l’âme » (saint Jean Chrysostome, In Matthæum homiliæ 69, 2). Donc, je ne peux agir que par Amour et pour ma gloire. L’un d’entre vous qui a le mieux su parler de moi – bien que je l’aie laisser errer sur certains points, ce qui est toujours bon pour l’humilité – a écrit : « Dieu veut la totalité des créatures pour elles-mêmes (lire la suite) bien que ce soit pour lui-même qu’il veuille qu’elles soient » (saint Thomas d’Aquin, De Potentia, q. 5 a. 4). Il a bien compris le cœur du mystère. C’est bien vu. Mon Épouse, la sainte Église, me prie de son côté en disant : « Tu as fait le monde pour que toute créature soit comblée de tes bénédictions et que beaucoup se réjouissent de ta lumière » (Préface, 4e prière eucharistique). Encore devez-vous comprendre que ma gloire vous concerne directement puisque, comme je te l’ai rappelé, je vous ai créés pour que vous jouissiez de ma propre liesse. « Très bien ! bon et fidèle serviteur ! Tu as été fidèle pour de petites choses, je te mettrai à la tête d’une quantité. Entre à la fête de ton maître » (Matthieu 25, 23), partage la joie de ton seigneur. Et puis, vois-tu, « la gloire de Dieu, c’est l’homme, et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu » (saint Irénée, Adversus hæreses 4, 20, 7). Oui, je ne souhaite qu’une chose, c’est que vous possédiez la vie et que vous l’ayez surabondante (cf. Jean 10, 10). Et toi, si tu es sensé, ton cœur ne doit abriter aussi qu’une unique aspiration, comme le manifeste le psalmiste : « Je demande au Seigneur une chose, je la désire ardemment : je voudrais habiter dans la maison du Seigneur, tous les jours de ma vie, pour jouir des amabilités du Seigneur, pour contempler son sanctuaire » (Psaume 26, 4). Il est une prière qui me va droit au cœur, parce qu’elle traduit bien les sentiments d’un enfant envers son père. Il s’agit de envie de demeurer en ma présence, qui se traduit par ces mots : Vultum tuum, Domine, requiram, « je cherche ta face, Seigneur. Ne me cache pas ta face » (Psaume 26, 8-9). Ils peuvent se comprendre aussi au sens de : « Je voudrais voir ton visage, ô mon Dieu, te contempler face à face. » (à suivre…)

vendredi 27 septembre 2013

Les plans de Dieu (21)

Les plans de Dieu (21)

D’Adam et d’Ève, j’attendais qu’ils portâssent du fruit précisément. Celui que je leur destinai, un nouveau don gratuit de ma part, « et le meilleur – qui viendrait à son Heure et qu’il fallait attendre l’homme étant libre toutefois, l’arbre et son fruit à portée de la main. Son attitude à cet égard serait décisive pour sa propre destinée. Et la façon dont il y goûterait - l’acte privilégié de « connaissance » à travers lequel il y parviendrait – serait aussi révélateur de l’orientation « bonne ou mauvaise » de sa liberté. Ou bien, en vrai fils de Dieu, il attendrait du Père « de qui procède toute paternité au ciel et sur la terre » (Éphésiens 3, 15) de recevoir le Fruit, c’est-à-dire de devenir père lui-même dans l’écoute et le prolongement de la Parole créatrice : (lire la suite) et ce serait alors un fruit de vie, un race d’enfants du Dieu vivant… Ou bien il ne saurait pas attendre le don : il le devancerait, il ferait ses propres œuvres indépendamment du Père, et pour ainsi dire il le volerait, non sans avoir trafiqué pour l’obtenir par des moyens pseudo-scientifique : hélas ! le fruit ainsi extorqué se révélerait un fruit de mort, un fruit pourri, une race d’enfants du diable : car cette impatience orgueilleuse et possessive de créer la vie, d’être « comme Dieu », venait du « père du mensonge », elle venait en droite ligne de l’« envie du diable » (D. Debuisson, Mangeuse d’hommes). J’avoue que j’étais fier de ma création, et il y avait de quoi, à vrai dire. Elle est comme « le premier livre de ma Révélation » (G. de Menthière, Dix raisons de croire, p. 102). « Les cieux racontent la gloire de Dieu » (Proverbes 18, 1), et tous les autres êtres aussi d’ailleurs. Sauf les malheureux anges qui se sont rebellés contre moi, qui sont entrés dans une dissidence affichée à tout jamais. Sauf l’homme aussi, quand la folie le prend de me tourner le dos et de m’expulser de son horizon. Mais celui-là, sa faiblesse me fait pitié et je sors à sa rencontre pour lui pardonner et le serrer bien fort dans mes bras, afin qu’il comprenne bien qu’il est mon enfant et que je suis son Père (cf. Luc). je vous ai créés parce que je vous ai créés. C’est comme cela. C’est une conséquence de mon Amour fou et infini. Je vous ai créés pour ma gloire. Il ne pouvait pas en aller autrement, car, moi, je suis la Perfection infinie, dit Dieu. Je ne manque de rien. Or, si, par pure hypothèse, j’avais agi pour un autre motif que ma gloire, vous auriez cru que j’étais déficient, qu’il me fallait satisfaire un besoin quelconque. Mais tel n’est pas le cas. Je me suffis à moi-même, et largement. Car je ne suis pas seul : nous sommes Trois de la Trinité. Il ne m’était donc pas possible, métaphysiquement parlant, d’agir pour une cause qui me serait externe. Penser cela, ce serait m’enfermer dans des limites et des imperfections. Or moi, dit Dieu, je suis la Perfection absolue. (à suivre…)

mercredi 24 avril 2013

Voir Dieu (4

Voir Dieu (4

« Si tu veux vraiment que ton cœur réagisse bien, je te conseille de t'introduire en pensée dans une des Plaies de Notre-Seigneur : c'est ainsi, en effet, que tu Le fréquenteras de plus près, que tu te placeras tout contre Lui, que tu sentiras palpiter son Cœur..., et que tu Le suivras dans tout ce qu'Il te demandera » (saint Josémaria, Forge, n° 755). Parce que l’union au Christ joyeusement souffrant pour nous libérer du péché doit faire naître en nous ces résolutions fermement arrêtées de ne pas nous laisser séduire par l’attrait des biens matériels et de ne pas rechercher l’affection humaine pour notre propre consolation, mais de nous appuyer sur la poitrine du Seigneur, comme l’apôtre Jean (cf. Jean 13, 23), afin que notre cœur batte au rythme de celui du Christ. Nous pouvons alors l’entendre renouveler son appel : « Viens et suis-moi ! » (Jean 1, 44) et, comme les Douze, larguer les amarres, relictis omnibus, laissant tout, absolument tout (cf. Luc 5, 11). Non que nous désertions le monde et ses activités, (lire la suite))mais en ce sens que nous les vivons en les replaçant exclusivement dans le cadre de la mission salvatrice du Seigneur, et que nous lui offrons tout, dans un esprit de corédemption, pour qu’il s’en serve au profit des âmes, et qu’il leur communique « grâce sur grâce » (Jean 1, 16). Je me souviens de quelqu’un qui, après avoir traversé les Pyrénées pendant la deuxième Guerre mondiale, et après avoir pu, dans des circonstances assez miraculeuses, sortir du camp de concentration de Miranda, en Espagne, est passé au Maroc. Là, aligné avec d’autres sur la jetée d’un port, il a vu un général passer devant eux et les dévisager un à un. Voyant la densité, la profondeur et la conviction de son regard, il s’est dit : « Celui-là, je le suivrai partout. » C’est ce qu’il a fait. Cet homme, c’était le général Leclerc de Hautecloque. Si nous pouvons avoir ce genre de réaction en présence d’un chef, d’un homme d’exception, n’est-il pas logique qu’une réaction semblable se produise en nous lorsque nous nous mettons en présence de Dieu ? En nous introduisant par la pensée dans les Plaies du Seigneur, nous pourrons effectivement le suivre dans tout ce qu’il nous demandera, le suivre partout, nous attacher à lui à tout jamais. C’est ce qui en vaut vraiment la peine, l’unique chose nécessaire, comme Jésus a tâché de le faire comprendre à Marthe, la sœur de Marie et de Lazare, à Béthanie (cf. Luc 10, 38-42), engluée qu’elle était dans le matériel, avec toute la meilleure bonne volonté du monde. Mais la bonne volonté ne suffit pas. Encore faut-il raisonner droitement, c’est-à-dire avec une vision surnaturelle des événements, en tenant compte de tous les facteurs. (à suivre…)

lundi 22 avril 2013

Voir Dieu (3)

Voir Dieu (3)

Tu verras le dos, l’envers de ma gloire, c’est-à-dire la Passion et l’humiliation dans le mystère pascal qui est l’envers de la glorification du Christ. « Ne pensez pas qu’elle soit quelconque ou négligeable, cette contemplation de l’envers de la sa gloire. Qu’Hérode la méprise ! Moi je la révère d’autant plus qu’elle s’est montrée plus méprisable à Hérode. L’envers de la Gloire a déjà de quoi nous béatifier : qui sait si Dieu va se retourner vers nous, et nous pardonner, et laisser derrière lui sa bénédiction. Parfois il montrera sa face, et nous serons sauvés ! Mais en attendant, il suffit qu’il nous prévienne des bénédictions de sa douceur, celles qu’il a coutume de laisser derrière lui. Qu’il nous montre, pour le moment, la trace de ses pas ; et une autre fois il se montrera de face, en pleine gloire. Dans son royaume il est sublime, sur la Croix il est doux et humble. Qu’il vienne à moi dans la vision de la croix, qu’il me comble de celle du Royaume ! Les deux visions me sont salutaires, les deux me sont savoureuses, mais l’une dans sa sublimité, l’autre dans l’humilité. Dans l’une il resplendit, dans l’autre il pâtit. (lire la suite) Si l’Église habite dans les Plaies de notre Seigneur – toute son histoire est une longue passion qui prolonge la Passion de son Fondateur, et qui trouve son expression sublime et son sommet dans la célébration ininterrompue du Saint Sacrifice de la messe sur les cinq continents , si donc l’Église habite les saintes Plaies du Christ, elle nous y introduit, elle nous y fait entrer avec elle. C’est très bon pour nous. C’est tout à l’avantage de celui qui entend approfondir sa relation affective avec Dieu et se laisser imbiber de son Amour. Car l’Amour de Dieu peut difficilement être poussé plus loin que dans le don de sa propre Vie, c’est-à-dire dans l’offrande du Fils fait homme. Et ce même si la puissance de Dieu est infinie. Don gratuit qui a pour objet de nous identifier au Christ souffrant pour ressusciter avec lui, pour nous installer dès à présent dans la proximité de Dieu, pour nous placer sur l’orbite de Dieu et, tout en étant dans le monde, ne pas être mondains, mais détachés des intérêts terrestres, mis à part notre désir ardent de transmettre notre foi à d’autres. Pour cela, comme saint Paul, « je me fais tout à tous, afin de les sauver tous » (1 Corinthiens 9, 22). (à suivre…)

samedi 20 avril 2013

Voir Dieu (2)

Voir Dieu (2)

omme saint Paul l’écrira : « Vous avez appris de nous comment vous devez vous conduire pour plaire à Dieu, et c’est ainsi que vous vous conduisez, mais faites encore plus ! » (1 Thessaloniciens 4, 1). Autrement dit, ayez de l’ambition surnaturelle. Ne vous contentez pas d’une vie spirituelle rachitique ou étriquée. Vous plaisez à Dieu comme Moïse, mais, comme Moïse, demandez plus encore, l’impossible même. Et Moïse obtient ce qui n’a été accordé à nul autre, avant que Jésus ne nous transfigure… « Que dirons-nous de cette parole adressée à Moïse : ‘L’homme ne peut me voir et vivre’ ? La vision de « l’Être » tue ceux qui le regardent : non pas par la colère de cet Être, mais par la véhémence de sa splendeur » (saint Éphrem, Sermo de Deo nostro), splendeur telle « qu’aucun foulon sur la terre ne pourrait blanchir ainsi » (Marc 9, 3). C’est pourquoi donc l’Être, « par pur amour, donne à Moïse de voir sa Gloire, (lire la suite) mais, par le même grand amour, l’empêche de le voir. […] Dieu, dans son grand amour, voulut que le regard de Moïse se dirigeât vers le rayon béatifique de sa Gloire, mais ne voulut pas que les yeux de Moïse fussent aveuglés par le choc de ces mêmes rayons. C’est ainsi que Moïse vit et ne vit pas. Dans la mesure où il vit, son humilité fut comblée ; dans la mesure où il ne vit pas, ses yeux infirmes ne furent pas éteints » (saint Éphrem, Sermo de Deo nostro). « Je vois que dans son âme brûlante grandissait un amour obsédant de la Beauté première, et son espérance l’attirait toujours vers le beau entrevu avec celui qui se présentait à un degré le plus haut. Ce qu’il voyait toujours, enflammait en lui le désir de ce qui restait caché » (saint Grégoire de Nysse, Vie de Moïse). Ce désir que l’auteur de sa vie exprime à plusieurs reprises, notamment lorsqu’il manifeste son aspiration la plus profonde : vultum Domine requiram, « je cherche ta face, Seigneur. Ne me cache pas ton visage » (Psaume 26, 8-9). « Moïse demande à jouir de la souveraine Beauté, non plus dans un miroir ni des reflets, mais ‘que je voie ton visage !’ Et Dieu, par cela même qu’il refuse, donne ce qui est demandé : car, en quelques mots, il découvre la connaissance sur l’abîme » (saint Grégoire de Nysse, Vie de Moïse).Il montre qu’il habite « des régions inaccessibles » à l’homme et que celui-ci n’est pas encore digne, dans sa condition de viator, de pèlerin en marche vers la patrie céleste, de comparaître en sa présence. La vision de Dieu en face à face interviendra quand il nous appellera à lui, au moment qu’il a choisi de toute éternité, et qui accomplira notre eschatologie personnelle. Le moment de notre trépas à ce monde pour passer à l’autre, aboutir à un état qui sera fidèlement celui que nous aurons décidé, élaboré tout au long des années qu’il nous est donné de vivre ici-bas, en travaillant (cf. Genèse 2, 15) en faisant fructifier les talents reçus (cf. Matthieu 25, 14-30). (à suivre…)

jeudi 18 avril 2013

Voir Dieu (1)

Voir Dieu (1)

« Le Seigneur dit à Moïse : ‘Je ferai encore ce que tu demandes, car tu as trouvé grâce à mes yeux et je te connais par ton nom’ » (Exode 33, 17). En effet, « tu es mon Fils, moi-même, aujourd’hui, je t’ai engendrée (Psaume 2, 7). Tu es mon familier, mon ami, avec qui je partage mon bien. Alors Moïse formula cette requête : « Fais-moi voir ta gloire, je te prie » (Exode 33, 18). « Comment cela se fait-il ? L’homme qui, au dire de la voix divine, a eu la claire vision de Dieu en tant de merveilleuses théophanies – où l’on dit qu’il parlait avec Dieu face à face, comme un ami avec un ami – en arrive à demander que Dieu lui apparaisse comme s’il n’avait pas encore vu celui qui lui apparaît toujours : comme s’il n’avait pas atteint ce que nous voyons qu’il a atteint, car l’Écriture l’affirme. (lire la suite) Et la voix qu’il vient d’entendre accède dans un premier temps au désir de Moïse, ne lui refuse pas cette grâce de plus ; mais elle le rejette après cela dans le désespoir, en déclarant que ce qu’il cherche est hors des prises de la vie humaine » (saint Grégoire de Nysse, Vie de Moïse). Dieu, tout en accédant à la demande, avait précisé, en effet : ’Tu ne pourras pas voir mon visage, car l’homme ne peut me voir et vivre. […] Tu me verras par derrière ; mais ma face ne peut être vue » (Exode 20, 23). Il s’agit ici de l’homme charnel, encore enfermé dans les limites corporelles et temporelles. « Mais il y a un lieu près de lui, dit Dieu, et dans ce lieu une Pierre et dans la Pierre un creux, où il ordonne à Moïse de se placer : Dieu mettra sa main sur l’entrée de la Pierre, et à l’extérieur Dieu passera, tandis que Moïse par derrière verra celui qui l’appelle. C’est ainsi que Moïse voit Celui qu’il cherchait : et c’est ainsi que fut accomplie la promesse de la voix divine. […] Rayonnant de gloire, Moïse brûle encore de désir : insatiable, il veut davantage, encore assoiffé de Celui qu’il n’a pas vu en son essence même ; il a besoin de l’atteindre comme il ne l’a jamais atteint, et il vient supplier Dieu de se montrer à lui, non pas dans la mesure où l’homme est capable de le recevoir, mais tel qu’il est en lui-même » (saint Grégoire de Nysse, Vie de Moïse). Quel exemple pour nous dans ce désir fou de Moïse, qui trahit un amour authentique de Dieu, porté à sa plénitude. Non une simple amitié, mais un désir d’identification à l’être aimé, de don de soi, pour ne faire plus qu’un avec Lui. Moïse est un « homme de désir » (cf. Daniel 9, 13), qui aspire à de plus en plus d’amour, à plus de bonheur, à plus d’union à Dieu. (à suivre…)

samedi 22 décembre 2012

Jésus et la Sainte Famille (3)

Jésus et la Sainte Famille (3)

Je dis que Jésus ne posait d’ordinaire pas de problèmes à ses parents, car, nous le savons bien, il leur en a posé involontairement de sérieux, quand il leur a fallu s’expatrier nuitamment en toute hâte pour le soustraire à la furie infanticide d’Hérode : l’ange dit à Joseph dans son sommeil : « Lève toi, prends l'enfant et sa mère, fuis en Égypte et restes-y jusqu'à ce que je t'avertisse; car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr » (Matthieu 2, 13). Et, plus directement, le jour où il est resté dans le Temple de Jérusalem à leur insu, parce qu’il se devait en priorité d’être aux affaires de son Père : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu'il me faut être dans les choses de mon Père ? » (Luc 2, 49), c’est-à-dire, plus précisément, « chez mon Père ».(lire la suite) Mais de telles circonstances particulièrement douloureuses et angoissantes n’ont fait que renforcer Marie et Joseph dans la prière, une prière d’adaptation à la Volonté de dieu et de pleine acceptation de cette Volonté parfaite, quoi qu’il eût pu leur en coûter et combien même n’arrivaient-ils pas à la comprendre pleinement : « Mon enfant, pourquoi nous avez-vous fait cela? Voyez, votre père et moi, nous vous cherchions tout affligés » (Luc 2, 48). Mais dans la vie de tous les jours, Marie et Joseph sont continuellement édifiés par la sagesse, la sainteté, la piété de leur Jésus. Au Temple, « tous ceux qui l'entendaient étaient ravis de son intelligence et de ses réponses » (Luc 2, 47). Et eux donc ! Il s’émerveillaient aussi, disons-le, de la normalité avec laquelle ils voyaient le Fils de Dieu partager pleinement l’existence humaine, montrant par là qu’il était bien « vrai Dieu et vrai Homme » (symbole d’Athanase).
Ce qui émane de la personne de Jésus – de façon intensément communicative – c’est la présence de Dieu, son Père. C’est une façon d’agir et de parler qui met directement en contact avec Dieu, sans rien faire de bizarre, sans s’abstraire des tâches de chaque instant ni s’évader de l’accomplissement de ses devoirs quotidiens. Bien au contraire, la présence de Jésus aide à tout réaliser par amour de Dieu, à garder le sourire dans les difficultés et les contrariétés, à se fixer sur un objectif surnaturel en tout qui, outre la gloire de Dieu, encore une fois, est la rédemption de l’humanité. Ce qui est une façon concrète et pratique de vivre le double commandement de l’amour : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton proche comme toi-même » (Luc 10, 27). Notre sainteté est appelée à croître. C’est aussi le cas de la très Sainte Vierge, bien qu’elle partît d’une plénitude de grâces (cf. Luc 1, 28) qui était adaptée, proportionnée à la Maternité divine à laquelle la Très Sainte Trinité la destinait de toute éternité. (à suivre…)

vendredi 21 décembre 2012

Jésus et la Sainte Famille (2)

Jésus et la Sainte Famille (2)

Nous apprendrons à faire de notre existence tout entière une prière qui dure vingt-quatre heures. Car la prière ne consiste pas seulement à répéter des formules toutes faites. C’est aussi cela, et même en tout premier lieu, puisqu’en réponse à la question de ses apôtres notre Seigneur leur enseigne le « Notre Père » : « Lorsque vous priez, dites : Père, que votre nom soit sanctifié ; que votre règne arrive. Donnez-nous chaque jour le pain nécessaire à notre subsistance ; et remettez-nous nos péchés, car nous remettons nous-mêmes à tous ceux qui nous doivent ; et ne nous induisez pas en tentation » (Luc 11, 2-4).
Notre prière est aussi une prière liturgique, que Dieu avait réglé méticuleusement et dans ses moindres détails sous le régime de l’Ancienne Alliance, prière liturgique renouvelée par Jésus-Christ et (lire la suite) centrée désormais sur les sacrements, notamment sur l’auguste sacrement de l’Eucharistie, source et sommet de toute la liturgie. Mais ce que Jésus nous apprend par sa vie ordinaire au foyer familial et à l’atelier de charpentier, c’est à faire de notre propre vie une liturgie à la gloire de son Père : «Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quelque autre chose que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10, 31). Car il n’existe rien chez lui, bien évidemment, qui soit vécu en marge du plan de la Rédemption. Et si, selon la légende, le roi Midas changeait en or tout ce qu’il touchait – ce qui était catastrophique pour lui, malgré les apparences, puisqu’il ne trouvait plus rien à boire ou à manger –chez notre seigneur, tout ce qu’il réalisait se transformait en prière et en sainteté. Non pour lui, puisqu’il est la source de toute sainteté, étant la Sainteté même, absolue, totale, infinie. Mais pour nous, tout à notre avantage. Toutes ses œuvres, les plus banales fussent-elles, étaient donc infiniment saintes. Et si les œuvres des saints sont leurs prières qui montent vers Dieu – « la fumée des parfums, formés des prières des saints, monta de la main de l'ange devant Dieu » (Apocalypse 8, 4) -, à combien plus forte raison, l’activité incessante du Fils de Dieu était-elle une prière pour la glorification de son Père, et le nôtre, par lui, avec lui et en lui. C’est cela que Joseph et Marie percevaient chez l’Enfant Jésus. Un enfant normal, certes, qui, comme les autres, avait besoin de leurs soins attentifs et de toute leur affection, mais un enfant qui, d’ordinaire, ne leur posait pas de problème. (à suivre…)

samedi 20 octobre 2012

Écouter la Parole de Dieu (3)

Écouter la Parole de Dieu (3)

Et pourtant cette Parole est vivante et source de vie pour nous. Jésus-Christ redit : « Ceci est mon corps, livré pour vous ; faites ceci en souvenir de moi. […] Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites cela, chaque fois que vous la boirez, en mémoire de moi » (1 Corinthiens 11, 24-25). Et au prononcé de ces paroles, tout au long des siècles et partout dans le monde, le pain et le vin deviennent vraiment le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus-Christ. En effet, dans le très saint-sacrement de l’Eucharistie sont « contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l’âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et, par conséquent, le Christ tout entier » (concile de Trente). Autrement dit, « c’est par la conversion du pain et du vin au Corps et au Sang du Christ que le Christ devient présent dans ce sacrement » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1375).
(lire la suite) Qu’elle est bien différente la condition de celui qui écoute la Parole de Dieu et qui la met en pratique par rapport à celui qui la rejette ! « Dites au juste qu’il est heureux, car il mangera le fruit de ses œuvres » (Isaïe 3, 10), car, assurément, « ses œuvres [le] suivent » (Apocalypse 14, 13). « Ainsi donc, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, vous adonnant toujours de plus en plus à l’œuvre du Seigneur, avec la conviction que votre labeur dans le Seigneur n’est pas vain » (1 Corinthiens 15, 58), « à une condition toutefois : c’est que vous demeuriez sur la base solide et ferme de la foi, sans vous laisser départir de l’espérance née de l’Évangile reçu par vous » (Colossiens 1, 23). « Alors la gloire du Seigneur se révélera, et toute chair, pareillement, le verra » (Isaïe 40, 5). Nous verrons Dieu tel qu’il est, « face à face ; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme je suis connu » (1 Corinthiens 13, 12). Mais nous le voyons déjà ici-bas. « Qui m’a vu a vu le Père » (Jean14, 9). Nous le voyons. Nous l’écoutons. Nous nous nourrissons de lui, dans le Pain et la Parole. « La chair du Seigneur est une vraie nourriture et son sang est une vraie boisson ; ce vrai bien qui nous est réservé dans la vie présente, consiste à manger sa chair et à boire son sang, non seulement dans l’Eucharistie, mais aussi dans la lecture de la Sainte Écriture. En effet, la Parole de Dieu, puisée dans la connaissance des Écritures, est une vraie nourriture et une vraie boisson » (saint Jérôme, Commentarius in Ecclesiasten 313 ; CCL 72, 278) » (cité par Benoît XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, 30 septembre 2010, n° 54). (à suivre…)

mardi 9 octobre 2012

Connaître en écoutant (7)

Connaître en écoutant (7)

Nous revenons ainsi au point de départ des considérations présentes, à l’attitude de Marie de Béthanie, assise aux pieds du Seigneur, en train de l’écouter pour apprendre à mieux le connaître (cf. Luc 10, 39). L’écouter pour l’aimer et pour se sentir aimé comme il nous aime. D’où « trois repères très importants pour entraîner les âmes vers le Seigneur : t’oublier toi-même et ne penser qu’à la gloire de Dieu ton Père ; soumettre filialement ta volonté à la Volonté du ciel, comme Jésus-Christ te l’a appris ; seconder avec docilité les lumières de l’Esprit Saint » (saint Josémaria, Sillon, n° 793). Cela revient à développer toutes les qualités dont Dieu nous a doté et à faire (lire la suite) fructifier tous les talents qu’il nous a remis. Dans la parabole dite des talents, après avoir réparti ses dons entre ses serviteurs, « selon les capacités de chacun » (Matthieu
15, 15), il leur dit : « Faites-les valoir jusqu’à mon retour » (Luc 19, 13). Ce n’est pas un souhait ou une simple proposition, mais une instruction précise, un ordre clair et net, dépourvu d’ambiguïté. Le maître peut l’intimer précisément parce qu’il a tenu compte des capacités de chacun de ses serviteurs dans la répartition qu’il a faite de ses biens. Et il leur fait confiance, puisqu’il part séance tenante pour un déplacement prolongé. « Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’appliqua à les faire valoir » (Matthieu 25, 15-16). Il est beau de constater cet empressement, nous pourrions même dire l’enthousiasme avec lequel ce serviteur se met au travail et assume ses responsabilités, ayant bien compris ce que son maître attend de lui. Nous pourrions penser que ce comportement est bien normal. La suite du récit montre que cela n’est pas nécessairement inscrit dans la logique des choses et que cela n’a rien d’un automatisme. En effet, celui qui n’avait reçu qu’un talent, ou une mine, l’avait soigneusement, jalousement peut-être, enveloppé et conservé dans un linge. Quand son maître lui demande de rendre compte de sa gestion, il s’approche avec arrogance et répond : « Seigneur, voici ta mine, que j’ai tenue serrée dans un linge, car j’avais peur de toi, parce que tu es un homme dur : tu prends ce que tu n’as pas mis, et tu moissonnes ce que tu n’as pas semé » (Luc 19, 20-21). (à suivre…)

lundi 8 octobre 2012

Connaître en écoutant (6)

Connaître en écoutant (6)

Certes, notre sainteté ne saurait causer celle d’autrui, car toute sainteté provient de Dieu, est un don gratuit de sa part. Mais il s’en sert comme d’un canal, d’un vecteur pour toucher les âmes de ceux qui nous entourent ou que nous approchons d’une façon ou d’une autre. « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous soyez, vous aussi, en communion avec nous ; nous sommes, nous, en communion avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ » (1 Jean 1, 3).
En définitive, aimer Dieu et notre prochain, m’est avis que c’est tout un. Tout se résume à cela, car le deuxième commandement est égal au premier (cf. Matthieu 22, 39). Ils sont inséparables. « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et son amour atteint en nous sa perfection. […] Celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu, qu’il ne voit pas » (1 Jean 4, 12.20). Il existe deux aspects ou dimensions de la gloire divine, une intérieure à la Très Sainte Trinité, l’autre extérieure. « Ce que la Bible appelle « gloire de Dieu » (kabod Yahvé, doxa tou Theou) est avant tout Dieu lui-même : la « gloire intérieure » […], la perfection infinie de la Divinité dans la Trinité de Personnes [..], la plénitude de Vérité (lire la suite) et d’Amour dans la contemplation et la donation réciproques (et par conséquent dans la communion) du Père, du Fils et du Saint-Esprit […]. Avec la création du monde commence une nouvelle dimension de la gloire de Dieu, appelée « extérieure » pour la distinguer de la précédente » (bx Jean-Paul II, Discours, 12 mars 1986). C’est bien à ce deuxième niveau que nous pouvons et devons intervenir. Mais pas uniquement en louant Dieu et en le servant par toute notre vie, mais aussi en participant à cette gloire, par la divinisation que la grâce sanctifiante opère progressivement dans notre âme et qui découle de notre condition d’enfant de Dieu, comme une exigence même de celle-ci, pourrions-nous dire, même si aucune obligation de justice n’existe à strictement parler en ce sens de la part de Dieu. La gloire de Dieu est Dieu lui-même en tant qu’il se manifeste aux hommes. « Il se forma une nuée – au moment où Jean baptise le Seigneur – qui les enveloppa de son ombre, et une voix vint de la nuée : Celui-ci est mon Fils bien-aimé : Écoutez-le ! » (Marc 9, 7). (à suivre…)

dimanche 7 octobre 2012

Connaître en écoutant (5)

Connaître en écoutant (5)

Écoutons le Seigneur, buvons ses paroles comme du petit lait, avec avidité, cherchons à les mettre en pratique dans notre vie courante. De la sorte, nous sommes connus et aimés de Dieu et entraînés vers lui par notre Seigneur qui est « le premier-né de beaucoup de frères » (Romains 8, 29) et la tête de toutes choses. Dieu, en effet, « a tout mis sous ses pieds, et il l’a donné pour chef suprême à l’Église, qui est son corps, l’absolue plénitude de celui qui remplit tout en tout » (Éphésiens 1, 22-23).
Il y a donc connaissance réciproque. Nous sommes bien évidemment plus connus de Dieu que nous ne pouvons parvenir à le connaître. Mais il s’agit toutefois d’une connaissance bien réelle, authentiquement vécue, et qui est foncièrement une connaissance d’amour. « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4, 8). Ceci est absolument définitif. De sorte que lui rendre gloire, comme notre nature nous y porte, n’est rien d’autre que reconnaître son Amour pour nous en l’aimant en retour, de tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces et de tout notre esprit (cf. Luc 10, 27). (lire la suite) Et comment pouvons-nous aimer Dieu ainsi, à un tel degré, et lui rendre toute la gloire ? Tout simplement en nous efforçant de nous sanctifier dans les réalités temporelles auxquelles nous sommes naturellement mêlés à longueur s’existence. La gloire de Dieu doit se manifester à partir de nos œuvres (cf. Matthieu 5, 16), et donc au travers de notre travail d’enfant de Dieu et de toute notre vie d’enfant de Dieu. C’est aussi élémentaire, et fondamental à la fois, que cela. Il ne s’agit pas de se concentrer sur certaines tâches d’apostolat ou d’assistance sociale à autrui, mais de transformer toutes nos activités, aussi modestes et terre-à-terre soient-elles, en « occasion de t’aimer et de servir avec joie et simplicité l’Église, le Souverain Pontife et toutes les âmes, éclairant les chemins de la terre avec la lumière de la foi et de l’amour » (prière de la dévotion à saint Josémaria). Il s’agit donc d’assumer nos responsabilités, d’accomplir nos devoirs d’état au mieux, en les offrant à Dieu. Nous avons dit que notre objectif sur terre se ramène à nous sanctifier pour rendre gloire à Dieu ici-bas, puis pour l’éternité dans la patrie céleste. Mais aussi, parallèlement et inséparablement, nous voulons être saints pour communiquer la sainteté de Dieu à d’autres, pour la faire rayonner dans le monde et accroître ainsi encore plus la gloire de notre Dieu et Père. « Pour eux je me consacre moi-même – c’est-à-dire je me sanctifie – afin qu’ils soient eux aussi consacrés en vérité » (Jean 17, 19). Nous percevons ainsi clairement notre unique finalité : la sanctification, autrement dit « le devoir que nous avons d’être saint pour sanctifier » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 9). (à suivre…)

samedi 6 octobre 2012

Connaître en écoutant (4)

Connaître en écoutant (4)

Mais nous ne rendons pas gloire à Dieu en vue de devenir saints, pour que notre sainteté rejaillisse sur nous. C’est l’inverse qui doit se produire, c’est-à-dire que nous devons nous efforcer d’être saints pour rendre ainsi à Dieu toute la gloire qui lui revient. « À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen ! » (Romains 16, 27). C’est bien à la gloire de Dieu que s’oriente « la sanctification personnelle et celle des autres » (saint Josémaria, Lettre, 9 janvier 1951, n° 11).
Telle doit être notre aspiration la plus radicale : « Fais tiennes les pensées de cet ami, qui écrivait : "J'ai considéré les bontés que Dieu a eues envers moi et, rempli de joie intérieure, je me serais bien mis à crier dans la rue, pour que tout le monde se rende bien compte de ma reconnaissance filiale : ô Père! Père ! Et, si je n'ai pas crié, j'ai marché bien souvent en murmurant ainsi — Père ! sûr que j'étais de lui plaire. — Je ne recherche pas autre chose: je ne veux que son contentement et sa Gloire : tout pour lui. Et si je veux mon salut, ma sanctification, c'est parce que je sais que lui, il la veut. Si, dans ma vie de chrétien, j'ai un profond souci des âmes, c'est parce que lui, il a ce souci. Et je lui dis sincèrement: jamais je ne dois porter mon regard sur le prix. Je ne désire aucune récompense : tout faire par Amour" » (saint Josémaria, Forge, n° 1033). « Si la vie n’avait pas pour fin de rendre gloire à Dieu, elle serait méprisable, plus encore : odieuse » (saint Josémaria, Chemin, n° 783). (lire la suite) Nous, nous sommes connus individuellement de Dieu, à condition toutefois que nous l’aimions. Certes, il connaît tout le monde et tout ce qui s’y passe, d’un seul regard, parce qu’il est éternel et qu’il existe en dehors du temps, qui est une limitation. Car si « le shéol et l’abîme sont à nu devant le Seigneur, combien plus les cœurs des humains ! » (Proverbe 15, 11). Mais enfin, « si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de lui » (1 Corinthiens 8, 3), au sens où il est aimé de lui. Cette connaissance mutuelle nous permet d’orienter correctement notre conduite et d’effectuer les bons choix à chaque instant. En effet, « maintenant que vous avez connu Dieu, ou, plutôt, que vous avez été connus de Dieu, comment pouvez-vous retourner à ces éléments faibles et misérables dont vous voulez de nouveau vous faire les esclaves ? » (Galates 4, 9). Ce serait évidemment incompréhensible pour celui qui vit en présence de Dieu, même si c’est aussi la conséquence presque inévitable de l’humaine faiblesse… « Quiconque entend les paroles que je dis et les met en pratique est semblable à un homme sensé qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie s’est abattue, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison qui ne s’est pas écroulée, parce qu’elle avait été bâtie sur le roc. » Inversement, « quiconque entend ces paroles et ne les met pas en pratique est semblable à un fou – ou un insensé – qui a bâti sa maison sur le sable. Les pluies se sont abattues, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués contre cette maison qui s’est écroulée : c’était un grand effondrement ! » (Matthieu 7, 24-26). On veut bien le croire. (à suivre…)

jeudi 13 septembre 2012

Sainteté (5)

Sainteté (5)

Or, puisque l’Esprit a pris possession de notre âme et s’y est installé à demeure, avec le Père et le Fils (cf. Jean 14, 23), il connaît bien notre intérieur, de quelle pâte nous sommes faits. « Le Seigneur connaît les pensés des hommes » (Psaume 94, 11). Et il sait « qu’elles sont vaines » (Ibid.), bien souvent du moins, dans la mesure où nous ne nous laissons pas guider par l’Esprit. L’Apôtre, qui reprend cette affirmation du psalmiste, nous lance par voie de conséquence cette invitation : « Que personne donc ne mette sa gloire dans les hommes, […] mais vous, vous êtres au Christ, et le Christ est à Dieu » (1 Corinthiens 3, 21.23). C’est donc mettre le cap résolument sur Dieu que de lui appartenir pour de bon. De la sorte, sa sainteté foncière, constitutive, existentielle peut irradier notre âme et communiquer à tout notre être une force vitale entièrement positive qui, (lire la suite) en quelque sorte, nous aspire vers l’infini de Dieu, nous arrache à la pesanteur et à l’attraction de la terre pour nous placer définitivement sur l’orbite de Dieu. « Je n'ai pas jugé que je dusse savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens 2, 2). C’est une sage résolution, la plus raisonnable de toutes, bien que la Croix soit et reste « scandale pour les Juifs et folie pour les Gentils » (1 Corinthiens 1, 23). Nous n’y pouvons rien. Mais nous n’allons pas rabaisser le niveau des douces exigences de notre foi pour leur faire plaisir ou pour modeler notre comportement sur le leur. Dieu nous en garde ! C’est tout le contraire qui doit se produire : « Dieu veuille que ton comportement et tes conversations fussent tels que l’on pût dire en te voyant ou en t’écoutant parler : voilà quelqu’un qui lit la vie du Christ ! » (saint Josémaria, Chemin, n° 2). « Quiconque est inscrit dans le livre » de vie sera sauvé (Daniel 12, 1), ce livre qui est ouvert à l’heure du jugement général récapitulatif de toute l’histoire humaine et de celle de chaque être vivant (cf. Apocalypse 20, 12). Dieu sait de toute éternité quels sont ceux qui y figurent et ceux qui en sont exclus. Cela n’a pourtant rien d’un fatalisme, car cette inscription est le résultat de notre comportement sur terre, de notre recherche de la sainteté. « Ceux des habitants de la terre dont le nom ne figure pas depuis la fondation du monde sur le Livre de vie, ils seront dans l’étonnement en voyant la Bête » (Apocalypse 17, 8) à « dix cornes et sept têtes. Il y avait sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms blasphématoires » (Apocalypse 13, 1). « Elle sera adorée par tous les habitants de la terre, ceux dont le nom ne figure pas, depuis la fondation du monde, sur le livre de vie de l’Agneau égorgé » (Apocalypse 13, 8). (à suivre…)