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jeudi 9 juin 2011

Zachée (2)

Zachée (2)

« Zachée, qui était un publicain-chef et qui était riche » (Luc 19, 2). Luc apporte cette précision, qui n’est pas faite pour surprendre. Le publicain, comme les fermiers généraux de l’Ancien Régime, se servaient copieusement au passage. Plus ses employés collectaient d’impôt, plus il s’enrichissait. L’annotation n’est toutefois pas anodine, car le même saint Luc vient tout juste de rapporter l’épisode du jeune homme riche, qui est tellement attaché à sa fortune que, malgré son désir d’avoir « la vie éternelle en partage », fut incapable de suivre le conseil du Seigneur : « Il te manque encore une chose : vends tout ce que tu as, distribues-en le produit aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, et suis-moi » (Luc 18, 18.22). Le voyant partir tout triste, mais s’éloigner quand même, Jésus avait tiré cette conclusion : « combien difficilement ceux qui ont des richesses entreront dans le royaume de Dieu ! » (Luc 18, 24). (lire la suite)
Or donc, Zachée était riche. Et il « cherchait à voir lequel était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille » (Luc 19, 3). C’est un détail piquant que l’évangéliste relève et qui a son importance. Ce qui compte pour l’instant, c’est de constater que la foule a envahi les rues de Jéricho à l’annonce de l’arrivée de celui que Bar-Timée a interpelé avec force et insistance en tant que « Fils de David » (Luc 18, 38). Jésus est précédé par la nouvelle de la guérison de l’aveugle, que l’on s’est transmise de bouche à oreille d’une maison à l’autre et de ruelle en ruelle.
Ce n’est donc pas seulement Zachée qui désire voir Jésus, mais la population tout entière de la ville. D’où l’embarras dans lequel se trouve notre publicain. « Il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était petit de taille » (Luc 19, 3).
« Courant en avant, il monta sur un sycomore pour le voir » (Luc 19, 4). Zachée est une des personnalités les plus en vue de la ville, une ville de taille moyenne somme toute. Tout le monde le connaît. Imaginons un inspecteur général des impôts juché sur un platane pour voir Benoît XVI passer dans les rues de Lourdes ! Mais Zachée fait fi du respect humain. Il a envie de voir Jésus. Sans doute est-ce pure curiosité de sa part. Il est intrigué par ce que l’on rapporte de ce rabbi et il veut voir à quoi il ressemble. Cette envie est plus forte que le qu’en dira-t-on.

(à suivre…)

jeudi 28 avril 2011

Les richesses vaines (2)


Les richesses vaines (2)

« L’homme ! Ses jours sont comme l’herbe ; il fleurit comme la fleur des champs ; quand le vent passe sur lui, il n’est plus » (Psaume 103, 15-16).
Il faut préférer la sagesse – c’est-à-dire Dieu – « aux sceptres et aux trônes, et à son prix j’ai tenu pour rien les richesses » (Sagesse 7, 6). Car autrement, « il n’est « pas de supériorité de l’homme sur la bête (…). Les deux vont au même lieu ; les deux viennent de la poussière et les deux retournent à la poussière » (Qohélet 3, 19-20). Nous sommes entièrement entre les mains de Dieu et nous dépendons pleinement de son bon vouloir : « Que la poussière retourne à la terre, selon ce qu’elle était, et que le souffle de vie retourne à Dieu qui l’a donné » (Qohélet 12, 7). « L’individu tombe en poussière comme une pourriture, comme un vêtement dévoré par les vers » (Job 13, 28). En définitive, la mort est le « rendez-vous des vivants » (Job 30, 23). (lire la suite)
Certes, il vaut la peine de travailler sur terre à améliorer la condition humaine, à parfaire l’œuvre de la création, qui « tout entière gémit et connaît les douleurs de l’enfantement jusqu’à ce jour » (Romains 8, 22), d’agir pour le bien commun. Mais rien de cela n’est durable, hormis le bien spirituel, les fruits surnaturels de notre labeur. Car autrement, « je me suis tourné vers toutes mes œuvres que mes mains avaient faites, et la peine que j’avais peinée à les faire ; et voici, tout est vanité et poursuite de vent, et il n’y a aucun profit sous le soleil » (Qohélet 2, 11). « De plus, tout homme à qui Dieu donne richesses et biens, et qu’il autorise à en manger, à en pendre sa part et à se réjouir de son travail, voilà qui est un don de Dieu » (Qohélet 5, 18). Mais que cela ne lui monte pas à la tête, car c’est éphémère. « Car, à sa mort, il n’emportera absolument rien : son opulence ne descendra pas à sa suite » (Proverbe 49, 18).
Nous pouvons cependant moduler quelque peu les affirmations faites jusqu’ici, parce qu’elles ne s’appliquent pas aux biens de nature spirituelle : nos œuvres, bonnes ou mauvaises, nous suivent dans l’au-delà. Car Dieu rend « à chacun selon ses œuvres » (Matthieu 16, 27).
Sous cet angle, nous ne sommes pas arrivés sans rien dans le monde, car nous sommes nés, en effet, arrimés à la tare du péché originel. Et nous n’en repartons pas les mains vides non plus, car les années passées ici-bas ont préparé l’avenir de notre éternité, au ciel ou en enfer.
C’est pourquoi tout ce que nous faisons a un sens profond et vaut la peine d’être vécu intensément, par amour de Dieu et pour sa gloire. Tout est à replacer constamment dans cette perspective d’éternité qui, en dernier ressort, est la seule qui compte vraiment, la seule qui soit durable à tout jamais, la seule à laquelle nous puissions imprimer intelligemment notre marque.
Le reste n’est que vanité. Face à la mort, nous sommes tous égaux. Face à l’éternité, nous sommes inégaux, car nous nous présentons devant Dieu avec le bagage de nos œuvres. Et certains ont déjà reçu leur récompense ici-bas (cf. Luc 16, 25), précisément parce que seules les richesses matérielles et leur éclat trompeur les ont occupés. Quant aux autres, les élus, « ils ne se fatigueront pas en vain » (Isaïe 65, 23). Affirmation qui nous remplit d’espérance, et donne un sens à notre vie.

(fin)

mercredi 27 avril 2011

Les richesses vaines (1)

Les richesses vaines (1)

« Nous n’avons rien apporté en ce monde, comme nous n’en pouvons rien emporter » (1 Timothée 6, 7). Apprenant coup sur coup, dans la même journée, que satan l’a frappé dans ses troupeaux, ses récoltes, ses fils et ses filles, le bienheureux Job « se leva, déchira son manteau, et il se rasa la tête ; puis, se jetant par terre, il se prosterna et dit : « Nu je suis sorti du sein de ma mère, et nu j’y retournerai » (Job 1, 20-21). C’est une sage reconnaissance de la réalité. « Nous n’avons pas ici une cité permanente » (Hébreux 13, 14). Nous sommes nés de la terre : « Tu es poussière et tu retourneras à la poussière » (Genèse 3, 19).
Ce que Yahvé a dit à Adam et à Eve, après leur désobéissance qualifiée de « péché originel », est répété de génération en génération. Dieu a couvert la terre « de vivants de toute sorte », (lire la suite) et « en elle ils retourneront » (Siracide 16, 28). Car « tout ce qui est de la terre retourne à la terre » (Siracide 40, 11).
Plutôt que de s’attacher aux biens de ce monde et de se dire : « Mon âme, tu as là quantité de biens en réserve pour de nombreuses années : repose-toi, mange, bois, festoie ! » (Luc 12, 19), il vaut mieux raisonner sainement et s’adresser à Dieu : « Que ne prends-tu en charge mon offense ? Que n’effaces-tu pas mon iniquité ? Car bientôt dans la poussière je me coucherai » (Job 7, 21). Oui, « le Seigneur a formé de terre l’homme, et il l’y fait retourner » (Siracide 17, 1).
« Comment peut s’enorgueillir ce qui est terre et cendre, lui dont, tant qu’il vit, se décomposent les intestins » (Siracide 10, 9). Expression imagée s’il en est, mais qui devrait amener l’homme à réfléchir sur le temps qui passe et la nature des vrais biens, les seuls à même de remplir son cœur, d’assouvir sa soif de possession, avant qu’il ne s’en aille, « pour ne pas revenir, au pays des ténèbres et de l’obscurité, sombre pays de noirceur, d’obscurité et de désordre, où la clarté est noirceur » (Job 10, 21-22). La vision de Job est par trop pessimiste, dans l’épreuve singulièrement lourde qu’il traverse. Nous aspirons à un autre monde qu’à ce qu’il décrit, un monde de paix et d’amour en Dieu. Mais auquel les biens de ce monde ne donnent pas accès.
« Yahvé Dieu forma l’homme der la poussière du sol et lui insuffla dans les narines un souffle de vie » (Genèse 2, 7). Donc, « il sait de quoi nous sommes faits, et il se souvient que nous sommes poussière » (Psaume 103, 14). Nous ne pouvons pas l’abuser par nos réussites prétendues et nos succès humains.

(à suivre…)

jeudi 14 octobre 2010

L’idiotie humaine (1)

L’idiotie humaine (1)

Nous voyons les hommes fournir des efforts démesurés pour acquérir des situations matérielles jugées florissantes, des places honorifiques, ou qui passent pour telles à leurs yeux. Ils déploient une imagination débordante, font preuve d’ingéniosité et n’hésitent pas, bien souvent, à recourir à des moyens plus que douteux, pour ne pas dire illicites. La réussite humaine semble le nec plus ultra, la seule valeur consensuelle. A quels sacrifices n’est-on pas prêt à consentir pour assurer une réussite humaine, décrocher une « place au soleil » ! Tous les procédés semblent bons, du moment qu’ils permettent de « réussir ». (lire la suite)
Réussir est le maître-mot. Mais un mot pipé. Ce dont bien peu se rendent compte. Car il y a réussite et réussite. Ce qui réussit aux yeux des hommes peut se retourner contre vous du jour au lendemain, ou partir en fumée sous un quelconque effet Madoff ou, par exemple, par suite d’un incendie…, ou parce quelqu’un de moins scrupuleux que vous a réussi à vous déloger de votre place dorée. « Lorsqu’on réfléchit, à tête reposée, aux misères de la terre, et que l’on compare ce panorama aux richesses de la vie vécue avec le Christ, à mon avis, on ne trouve qu’un mot pour qualifier, et d’une formule bien frappée, le chemin que choisissent les gens : sottise, sottise, sottise ! Ce n’est pas seulement que la plupart des hommes se trompent. Ce qui nous arrive est bien pire : nous sommes de parfaits idiots » (saint Josémaria, Sillon, n° 532). Nous courons tous plus ou moins, certains presque exclusivement, après les choses de ce monde, qui ne sont que vanité, comme le souligne le livre de l’Ecclésiaste (1, 2) : « Vanité des vanités ! dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité. » Il s’agit de satisfaire en effet notre vanité, notre ego, notre désir de grandeur. Mais cette réussite est toujours fragile, précaire.
Et elle n’est pas en soi le chemin qui conduit au ciel. Elle peut l’être si elle est droitement orientée, c’est-à-dire si elle est vécue comme occasion d’accomplir la volonté de Dieu. Mais nous ne pouvons pas oublier qu’« il est plus aisé pour un chameau de passer par le trou d’une aiguille que pour un riche d’entrer dans le royaume de Dieu » (Luc 18, 25). Par riche, il ne faut pas entendre uniquement celui qui est pécuniairement comblé, mais aussi celui qui a accumulé d’autres richesses : réussites sociales, honneurs, estime sans condition de ses concitoyens, etc. Sottise, sottise et sottise !

(à suivre…)

lundi 7 juin 2010

Saint Joseph, l’homme juste (4)

Saint Joseph, l’homme juste (4)

« Bien-être et richesse sont dans sa maison » (Psaume 111, 3). La gloire de Dieu, Dieu lui-même, accompagne Joseph et Marie dans leurs pérégrinations. Ils possèdent toutes les richesses « où le voleur n’approche pas et les vers ne dévorent pas » (Luc 12, 33). Et cette richesse, c’est Dieu en la Personne du Fils éternel. « Avec elle me sont venus tous les biens, et des richesses innombrables sont dans mes mains » (Sagesse 7, 11). « Bien-être et richesse sont dans sa maison, et sa justice subsiste à jamais » (Psaume 111, 3). La justice de Dieu, la logique de Dieu, la force de Dieu demeurent avec eux, le Christ, la sainteté même. Et c’est merveille de voir cette Sainte Famille, à quel point elle est unie, elle n’a « qu’un seul cœur » (Actes 1, 14) et une seule âme. Comment tout ce qui est dit et fait se présente à nous comme la Parole de Dieu, l’action de Dieu, l’œuvre de Dieu. Or, « l’œuvre de Dieu, c’est de croire en celui qui l’a envoyé » (lire la suite) (Jean 6, 29). Et qui, plus que Joseph et Marie, ont cru que Jésus-Christ est « le Fils de Dieu vivant » (Matthieu 16, 16) et a « les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 68).
Joseph se tait. « Il est silencieux comme la terre à l’heure de la rosée » (P. Claudel, Feuilles de Saints, Œuvres poétiques, Paris, Gallimard, La Pléiade, p. 612). Comme Marie, il « gardait tout cela en sa mémoire, et y réfléchissait » (Luc 2, 19), méditant les événements, la Parole de Dieu que celui dont il a la garde profère quand il parle. C’est une Parole inspirée par l’Esprit Saint. C’est une Parole divine, efficace. C’est une Parole qui prépare et façonne l’avenir. L’histoire s’écrit sous ses yeux. Il en est le témoin de plus en plus émerveillé, car il voit Jésus « progresser en sagesse, en taille et en faveur auprès de Dieu et des hommes » (Luc 2, 52), à commencer de lui et de Marie.
Les plans de Dieu vont largement au-delà de la prospective humaine. Ils sont beaucoup plus élevés et surnaturels. Ils nous prennent de court. Car ils vont droit à l’essentiel, ils apportent des solutions radicales, qui résolvent les problèmes en profondeur, définitivement. « Car moi, je connais les projets que j’ai projetés pour vous, - oracle de Yahvé – projets de bonheur, et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance » (Jérémie 29, 11). « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, car la conception chez elle, est le fait de l’Esprit Saint » (Matthieu 1, 20). « L’Enfant à naître, qui est saint, sera tenu pour Fils de Dieu » (Luc 1, 35). Joseph avait pensé prendre le large discrètement. C’est la meilleure solution qu’il avait trouvée. Et voilà que l’ange lui ouvre des perspectives nouvelles, inouïes, auxquelles sa simple réflexion, même formulée dans la prière, ne pouvait le conduire.

(à suivre…)

vendredi 29 janvier 2010

Le paralytique de la piscine probatique (9)

Le paralytique de la piscine probatique (9)

Jésus ne s'impose jamais. Il va à la rencontre de celui qui a besoin de lui, c'est-à-dire de tout homme. Il commence à agir en faveur de celui qui manifeste ses bonnes dispositions. Mais il lui laisse la liberté de vouloir progresser ou d'en rester là, d'établir une relation durable ou de se contenter égoïstement d'un acquis, comme s'il s'agissait d'un dû.
C'est pourquoi, alors que notre homme est parti à la recherche de celui qui l'a guéri, afin de lui demander qui il est et de pouvoir communiquer cette réponse aux chefs de Juifs envers lesquels il éprouve un grand respect, malgré la dureté et le mépris avec laquelle ils lui ont parlé, Jésus le recontra dans le Temple (Jean 5, 14).
L'homme s'était rendu au Temple pour prier. Il est allé remercier Dieu pour le miracle dont il est le bénéficiaire immédiat. C'est une belle attitude, le comportement d'une âme reconnaissante, tout à la joie d'un tel changement.
Et c'est à ce moment-là, dans la joie et la reconnaissance, que Jésus se porte à sa rencontre. Il trouve en lui les sentiments qu'il attendait, pour pousser son intervention plus loin. Il veut aussi prendre son âme, guérir son âme.
Jésus lui dit :
- Te voilà guéri : ne pèche plus, de peur qu'il ne t'arrive pis (Jean 5, 14). Car le futur n'est que du passé à venir, et il ne te convient pas qu'il reproduise le passé vraiment passé.
Puis, se tournant vers ses apôtres, il donne la raison de son intervention :
- C'est afin que les œuvres de Dieu apparaissent au grand jour en sa personne (Jean 9, 5) qu'il a été guéri.
L'homme est maintenant renseigné. C'est Jésus de Nazareth, le Jésus auquel il pensait de temps à autre, en enviant ceux pour qui il avait réalisé des miracles. C'est donc Jésus, quelle bonne nouvelle. Les Juifs vont être satisfaits quand je vais le leur annoncer.

*
* *

Comblé de la réponse obtenue, le héro du jour s'empresse de retourner au Temple. Il se met à prier ardemment, le cœur en feu :
- Pour moi, par ta grande bonté, j'entrerai dans ta maison ; je me prosternerai devant ton saint temple avec un sentiment de crainte. Yahvé, conduis-moi dans ta justice (Psaume 5, 8-9) et ta sainteté tous les jours de ma vie. Je parviendrai à l'autel de Dieu, au Dieu qui est ma joie et mon allégresse (Psaume 43 (42), 4). Notre père David avait assuré que le juste, Yahvé, comme d'un bouclier, tu l'entoureras de bienveillance (Psaume 5, 13), d'un créneau et un bouclier (Psaume 84 (83), 12), contre lesquels les dards de l'ennemi se fracasseront irrésistiblement. Je vois que rien n'est impossible de la part de Dieu (Luc 1, 37).
Je me rends au Temple pour le remercier de tous ses bienfaits. Je pensais bien mourir sans avoir pu remettre les pieds dans ce sanctuaire, sans le revoir. Et voilà que l'impossible est devenu réalité. Béni soit le Seigneur à jamais ! (Psaume 89 (88), 53). Des mots de David, notre père, me reviennent à la mémoire. Cela fait bien longtemps que je ne les ai pas répétés, car ma misère m'écrasait. Mais aujourd'hui, ils remontent impétueusement dans mon cœur : Béni sois-tu, déternité en éternité, Yahvé Dieu de notre père Israël ! À toi, Yahvé, la gloire, la puissance, la magnificence, la splendeur et la gloire, car tout, au ciel et sur la terre, est à toi ; à toi, Yahvé, la royauté ; à toi de t'élever souverainement au-dessus de tout. De toi viennent la richesse et la gloire ; tu domines sur tout, dans ta main sont la force et la puissance, et ta main donne à toute chose gloire et puissance (1 Chroniques 29, 10-12), comme je viens d'en faire l'expérience. Je ne sais pas 'il y a beaucoup de gens dans mon cas - trente-huit ans ! cela doit quand même être un record ! Quoi qu'il en soit, il ne me reste plus qu'une chose à faire, une seule, jusqu'à ce que le Tout-Puissant me rappelle en sa présence : le bénir et le remercier. Manifester ma reconnaissance et me faire le chantre des merveilles qu'il a accomplies par son Serviteur, le rabbi Jésus de Nazareth. Retourne chez toi et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi (Luc 8, 39).

(à suivre...)

dimanche 11 octobre 2009

Le Rosaire de la mère de famille

Le Rosaire de la mère de famille

Rosaire de la mère de famille. Chapelet de l'ouvrière ou de la paysanne, simple et solide, usé par les ans, qu'elle ne pourra sans doute prendre en main que le soir, alors que, bien fatiguée de sa journée, elle trouvera encore dans sa foi et son amour la force de le réciter en luttant contre le sommeil, pour les siens, pour ceux surtout qui sont le plus exposés (lire la suite) aux dangers de l'âme ou du corps, pour ceux qui sont tentés ou affligés, ou qu'avec tristesse elle voit s'éloigner de Dieu. Rosaire de la grande dame, plus riche peut-être, mais souvent accablée de préoccupations et d'angoisses plus lourdes encore.

Pie XII, Allocution aux nouveaux époux, 8 octobre 1941.

jeudi 25 juin 2009

Le jeune homme riche (8)

Le jeune homme riche (8)

"Alors Jésus, regardant tout autour de lui, dit à ses disciples :
- Combien difficilement ceux qui ont des richesses entreront dans le royaume de Dieu" (Marc 10, 23), ceux chez qui les soucis de ce monde et la séduction des richesses et les convoitises pour tout le reste pénètrent et étouffent la parole, qui devient stérile (Marc 4, 19).
Oui, je le répète, "malheur à vous, les riches, car vous tenez votre consolation ; malheur à vous, qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim" (Luc 6, 24-25). Pleurez à grands cris sur les malheurs qui vous attendent. "Vos richesses sont pourries et vos vêtements sont dévorés par les vers. Votre or et votre argent sont mangés par la rouille ; leur rouille portera témoignage contre vous et dévorera vos chairs comme un feu. Vous avez thésaurisé pour les derniers jours !" (Jacques 5, 1-3). (lire la suite) "Mon Père a renvoyé les riches les mains vides" (Luc 1, 53).
Cependant, "c'est maintenant l'heure de vous tirer du sommeil" (Romains 13, 17), de vous réveiller, de vous convertir, "de revenir à moi de tout votre cœur, avec des larmes et des lamentations" (Joël 2, 12). "Je suis, moi, le père des pauvres" (Job 29, 16). Ils ont toute ma sympathie. Ils sont mes préférés. En vérité, en vérité, je vous le dis, "Yahvé écoute les pauvres" (Psaume 69 (68), 34), "il se tourne vers la prière du misérable, et ne (repousse) pas sa supplication" (Psaume 102 (101), 18).
- Alors, Maître, je te prie « pour que tu élèves notre esprit au goût des choses célestes » (Litanie des saints).
- Mon Père técoutera, à coup sûr, Jude. Quand je donne des instructions à mon serviteur pour aller quérir les invités au banquet que j'ai préparé, je lui dit : "Va-t'en vite sur les places et par les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux" (Luc 14, 21). Ce sont ceux-là qui ont ma faveur.
Alors, non sans une certaine inquiétude, Pierre lui dit :
- « C'est que nous, nous avons tout quitté pour te suivre. Qu'en sera-t-il pour nous ? »
Il leur dit :
- « En vérité, je vous le dis : Nul n'aura laissé maison, ou femme, ou frères, ou parents, ou enfants à cause du royaume de Dieu, qui ne reçoive bien des fois plus en ce temps-ci et, dans le siècle à venir, la vie éternelle » (Luc 18, 28-30), même qui ne reçoive "au centuple dès maintenant, en ce temps-ci, maisons, frères, sœurs, mères, enfants et champs, avec des persécutions, et dans le siècle à venir la vie éternelle" (Marc 10, 30). Des persécutions... C'est dit en passant, mélangé aux récompenses promises. Ont-ils compris l'enjeu ?

(fin)

mercredi 24 juin 2009

Le jeune homme riche (7)

Le jeune homme riche (7)

"Va, vends tout ce que tu as, donnes-en le produit aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens et suis-moi" (Marc 10, 21). Ce que tu possèdes, ce sont des richesses trompeuses, qui rendent le cœur prisonnier. Allez ! libère-toi de ce poids que tu traînes. Pour me suivre, il faut être impécunieux. Vendez ce que vous possédez, et donnez-le en aumônes. "Faites-vous des bourses inusables, un trésor inépuisable dans les cieux, où le voleur n'approche pas et où les vers ne dévorent pas" (Luc 12, 33). Aux riches du siècle présent enjoins de n'avoir pas l'esprit d'orgueil et de ne pas mettre leur espoir en des richesses instables, mais en Dieu qui nous procure tout en abondance pour que nous en jouissions (lire la suite) (vous dispensant du ciel pluies et saisons fécondes, vous donnant à satiété nourriture et joie : Actes 14, 17), de faire le bien, de s'enrichir de bonnes œuvres, de donner libéralement, d'être partageurs, s'amassant ainsi un trésor qui aura un beau fonds pour l'avenir et leur assurera la vraie vie (1 Timothée 6, 18-19).
Voilà ce qui en vaut la peine. Car, "quel profit, en effet, a l'homme qui a gagné l'univers, mais qui a été pour lui-même cause de sa perte ou de son détriment ?" (Luc 9, 25). "Ses jours sont comme l'herbe ; il fleurit comme la fleur des champs ; que le vent passe sur lui, il n'est plus, et le lieu qu'il occupait ne le connaît plus" (Psaume 103 (102), 15-16). "L'herbe se dessèche, la fleur se flétrit ; mais la Parole de Dieu subsiste à jamais" (Isaïe 40, 8). N'est-ce pas là l'essentiel, la vraie richesse ? "C'est la bénédiction du Seigneur qui procure la richesse" (Proverbes 10, 22).
Écoutez-les donc qui proclament avec satisfaction : « Je suis riche et, m'étant enrichi, je n'ai besoin de rien » (Apocalypse 3, 17). Même si ce jeune, lui, désirait autre chose que ses richesses ne pouvaient lui procurer. Ils sont des biens en abondance, ils habitent des maisons cossues, ils portent des vêtements splendides, ils ne manquent de rien. Et moi je leur dis, et je le dis à l'adresse de cet homme, qui me fait de la peine : « Et tu ne sais pas que tu es misérable, pauvre, aveugle et nu ! » (Apocalypse 3, 17).

(à suivre...)

mardi 23 juin 2009

Le jeune homme riche (6)

Le jeune homme riche (6)

Nous devons quant à nous chercher vraiment la sainteté, la désirer ardemment, mais pas de façon purement théorique, en mettant des limites à ce que Dieu demande. Autrement nous passons à côté de la compagnie de Jésus. Nous avons sans doute celle du confort matériel, du travail qui nous occupe tant, de collègues de travail dont la conversation n'est pas toujours très enrichissante, de la famille qui n'est parfois qu'entrevue... Or, nous devons être prêts à tout, pour nous adapter à la Volonté de Dieu quelle qu'elle soit (sans prétendre l'inverse, c'est-à-dire adapter la Volonté de Dieu à nos projets), que ce soit dans les orientations données à notre travail, notre santé, les injustices dont nous pouvons faire l'objet, la situation, etc. (lire la suite) Ayons présent à l'esprit l'exemple de notre Seigneur, que le jeune homme riche n'a pas saisi, même par allusion : J'ai toujours changé d'endroit, j'ai été de tente en tente et de demeure en demeure (1 Chronique 17, 5). En vérité, voyez-vous, les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des abris, mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête (Luc 9, 58).
Tâchons de suivre le chemin que Dieu nous trace et sur lequel nous trouvons le Christ avec sa Croix salvatrice. Et la très Sainte Vierge qui nous regarde aussi avec une énorme affection et prie pour que nous sachions comprendre ce que son Fils nous propose et le mettre en pratique avec joie.
"En Dieu vous avez été comblés de toutes les richesses, toutes celles de la Parole et toutes celles de la connaissance de Dieu" (1 Corinthiens 1, 5). Des richesses qui sont éternelles, qui ne périssent point. L'esprit de l'homme n'a pas à échaffauder des plans minutieux pour les protéger et les multiplier. Le cœur de l'homme n'a pas à s'inquiéter de leur conservation et de leur sauvegarde. Leur détenteur n'a ni voleur ni dépréciation à craindre. Ce sont des valeurs immuables, comme leur auteur, et incommensurables à la fois.

(à suivre...)

mercredi 13 mai 2009

La tiédeur (3)

La tiédeur (3)

Le troisième exemple est tiré, cette fois-ci, de la vie. Un jour, un jeune homme, dont les évangélistes nous disent qu'il est un riche notable du lieu, aborde Jésus en lui demandant : « Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » (Matthieu 19, 16). Cela commence bien. Par rapport aux deux exemples précédents, nous avons là au moins quelqu'un qui est désireux de progresser sur la voie de la perfection. La suite du récit le confirme. Jésus lui rappelle les commandements. (lire la suite) Ce à quoi l'homme répond : « Tout cela, je l'ai observé depuis ma jeunesse » (Luc 18, 21). « Que me manque-t-il encore ? » (Matthieu 19, 20). Il ressent vraiment une soif d'absolu, de dépassement, qui l'honore.
C'est encourageant. Enfin, serions-nous enclins à dire, voici un exemple positif. Oui, mais... Jésus répond à cette attente qui est, soulignons-le, un fort désir de faire plus, d'aller au-delà de ce que les commandements de Dieu exigent. Il lui dit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donnes-en le produit aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis, viens et suis-moi » (Matthieu 18, 21).
Voilà qui est clair et qui répond parfaitement à la question. Une exigence avec, à la clé, une promesse : celle d'entrer dans le royaume des cieux, qui était précisément l'aspiration du jeune homme. Mais voilà, ce dernier ne s'attendait pas à cela. Il n'avait pas envisagé un seul instant que la sainteté dont il rêvait pouvait passer par le dépouillement de ses richesses : « Ayant entendu ces paroles, le jeune homme s'en alla tout affligé, car il avait beaucoup de biens » (Matthieu 18, 22).
Le christianisme n'est évidemment pas cela. Ce n'est pas un service à la carte, selon nos penchants et qui flatte nos goûts. Le christianisme c'est, comme Jésus l'indique à ce pauvre jeune déjà vieilli, suivre le Christ en renonçant à soi-même et aux biens de ce monde, pour s'attacher à lui et recevoir les biens impérissables.
Quand on refuse de franchir le pas, d'accomplir en tout la Volonté sainte de Dieu, alors l'âme s'emplit de tristesse et d'amertume. Elle laisse passer ici le trésor incalculable des cieux pour accorder plus de valeur aux pacotilles de la terre. Ce danger de nous attacher aux choses matérielles existe bel et bien. La société de consommation fait entièrement pression sur nous en ce sens.
Il ne suffit donc pas d'être un homme droit et sincère. Car le risque de blocage est réel : si l'on nous demande au nom de Dieu ce à quoi nous ne nous attendons pas, ce que nous n'avons ni prévu ni programmé, alors c'est « tout, mais pax cela » ! Eh bien si ! C'est justement cela que Dieu demande. Et si nous refusons de le suivre dans sa logique, l'âme broie du noir et perd espoir. Quel gâchis !

(à suivre...)

mercredi 4 mars 2009

La pauvreté

La pauvreté

Le rabbi Ieschoua ne demande pas de renoncer librement à la richesse et à la propriété pour aboutir finalement au vice, et au néant. Il recommande de renoncer aux richesses afin d’atteindre à une richesse multipliée infiniment. Ce qu’il vise, ce n’est pas le néant, mais l’être. Ce qu’il enseigne, ce n’est pas le sacrifice pour le plaisir du sacrifice, mais les conditions existentielles et ontologiques pour accéder à une richesse infiniment plus grande.
Et celle multiplication de la richesse et de l’être, de la vie, dont il enseigne les conditions, n’est pas renvoyée purement et simplement à « l’au-delà », comme feignent de le penser les caricatures du christianisme qui traînent dans les rues. C’est dès ce monde-ci, dès la création présente, que celui qui a tout quitté pour suivre les appels de la Parole créatrice, trouve un enrichissement sans commune mesure avec ce qu’il a quitté. C’est dire que l’enseignement du rabbi, sur ce point, est vérifiable, dans l’expérience, et dès maintenant.

Claude Tresmontant, L’Enseignement de Ieschoua de Nazareth, Paris, Seuil, 1970, p. 53.

mardi 15 janvier 2008

Intentions de priere

Intentions de prière

La conversion de la France : Mes enfants et petits-enfants, dont certains sont
éloignés de Dieu ! Notre bien-aimé pape. Tous nos pasteurs, les religieux et religieuses. Ceux qui nous gouvernent.

Pour que l'âme de mon frère soit sauvée. Pour que Dieu nous aide à nous réconcilier. Merci d'avance.

Pour les vocations. Pour la paix dans le monde. Pour que les richesses de cette terre soient mieux réparties. Pour que le Bon Dieu m'envoie les grâces physiques et morales dont j'ai besoin ainsi qu'à toute ma famille ainsi que les lumières du St-Esprit. Ainsi soit-il.

Pour ma future femme. Ma famille. Mon exploitation agricole et ceux qui y travaillent.

Pour Ph. à l'hôpital vivant ses derniers jours. Pour X. accident d'auto, ne pouvant plus ni matcher ni se servir de ses mains 40 ans mère de 4 enfants.

dimanche 26 août 2007

La jeunesse s'engage (1)

 title=Eglise de Saint-Lyphard, Loire-Atlantique

La jeunesse s'engage (1)

La jeunesse est « le moment d'une découverte particulièrement intense du « moi » humain, des qualités et des capacités » dont le jeune est doué, écrivait Jean-Paul II. Faisant allusion à la parabole des talents, de ces qualités et capacités que nous avons reçus de Dieu en même temps que notre nature humaine, il précisait que « la jeunesse en elle-même (indépendamment de tout bien matériel) est une richesse unique de l'homme » (lire la suite) (Lettre aux jeunes Dilecti amici, n° 3). C'est la période où le jeune homme ou la jeune fille engage le projet de son existence, de sa vie. C'est une époque d'autoéducation.
Si la jeunesse est une richesse, « cette richesse consiste à découvrir et en même temps à planifier, à choisir, à prévoir et à assumer les premières décisions personnelles », qui vont orienter toute la vie de façon décisive, et préparer aussi la voie à la vie éternelle (Jean-Paul II, Ibid.). Dans cette Lettre que le pape Jean-Paul II avait adressée « à tous les jeunes du monde », le 31 mars 1985, à l'occasion de l'année internationale de la jeunesse, il développait la scène du jeune homme riche qui s'approche de Jésus en quête d'un idéal, précisément de cette vie éternelle, qu'il désire ardemment posséder : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en partage ? » (Luc 18, 18). Nous savons que Jésus lui rappelle d'abord l'observance des commandements de Dieu et que le jeune homme répond qu'il les vit depuis sa jeunesse. Sur quoi Jésus ajoute : « Il te manque encore une chose : vends tout ce que tu as, distribues-en le produit aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens, et suis-moi » (Luc 18, 22). Or, « en entendant cela, il en fut affligé, car il était fort riche » (Luc 18, 23), et très attaché à ces biens matériels, qui ne devaient pas lui ouvrir la porte du ciel. Il n'était pas disposé à prendre le risque de s'en défaire, à troquer les biens terrestres contre le trésor spirituel que Jésus lui proposait. Aussi « il s'en alla tout affligé » (Matthieu 19, 22).
« Seules les richesses extérieures ont pesé sur sa décision de s'éloigner du Christ, c'est-à-dire « les biens », ce que le jeune homme possédait. Non pas ce qu'il était ! Ce qu'il était, précisément en tant que jeune homme - c'est-à-dire la richesse intérieure qui se cache dans la jeunesse humaine -, cela l'avait conduit à Jésus » (Jean-Paul II, Ibid.). Ce que nous détenons n'est pas la même chose que ce que nous sommes. Nous sommes enfants de Dieu par le baptême et ce sont toutes les grâces que Dieu nous envoie qui constituent notre vrai trésor. « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Matthieu 6, 21).

(à suivre...)