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lundi 21 décembre 2009

La magnanimité de Dieu (2)

La magnanimité de Dieu (2)

Si ce que nous offrons était purement humain, ce ne serait qu'un fétu de paille, vite emporté par le vent. Mais nous offrons le Christ lui-même, la Vie du Christ en nous, les vertus et le bien qu'il y suscite et fait grandir, auxquels nous joignons notre existence purement humaine. Cela change tout. C'est pour cela que le père fait remarquer à son aîné qu'il lui donne plus, infiniment plus, parce qu'en définitive - et c'est ce qui compte – celui-ci lui donne tout ce qu'il possède. Si nous ne nous réservons rien pour nous, nous recevons Dieu avec de bonnes dispositions, et nous pouvons alors le lui retourner pour qu'il sanctifie les autres, le monde.
C'est ce que nous constatons chez Sainte Marie. (lire la suite) Elle s'est offerte à servir entièrement Dieu dès qu'elle a eu l'usage de raison. Quelques années plus tard, elle s'entend dire que le Saint-Esprit la couvrira de son ombre et qu'elle enfantera et mettra au monde le Fils du Très-Haut (cf. Luc 1, 35), la Très Sainte Trinité lui étant ainsi révélée dans sa Majesté ineffable. Et Marie accepte. Elle dit « oui ». Le Fils de Dieu fait alors son entrée dans le monde, qu'il arrache au péché en remportant une victoire définitive et éternelle sur satan.
Marie a donné tout ce qu'elle avait. Elle a reçu encore plus de Dieu. Elle l'offre à son tour en demeurant au pied de la Croix bien unie au Sacrifice rédempteur de son divin Fils. Et c'est une pluie de grâces qui s'abat désormais sur le monde et qui ne cessera qu'avec la grâce finale, celle du retour glorieux du Fils ressuscité et de la résurrection des corps.

(fin)

lundi 16 mars 2009

Saint Paul et la vraie liberté

Saint Paul et la vraie liberté

Saint Paul écrit aux Galates (5, 1-4) : « C'est pour vous que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Tenez donc ferme et n'allez pas vous remettre sous le joug de l'esclavage. Voici que moi, Paul, je vous le dis : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien. Je l'atteste une fois de plus pour quiconque se fait circoncire : il est tenu d'accomplir la Loi en entier. Vous avez rompu avec le Christ, vous qui demandez la justification à la Loi : vous avez été déchus de la grâce. »
Voici une explication de ces paroles : (lire la suite) « Ce langage est étonnant pour l'ancien Pharisien. Comment peut-il mettre sur le même plan les usages de la piété juive et les gestes de la religiosité païenne ? Ils ont en fait une chose en commun : c'est de soumettre l'homme à ces pratiques. Or pour Paul, depuis sa rencontre avec le Christ, il ne s'agit plus de soumission. Le croyant n'est plus un homme contraint, obligé de l'extérieur à une obéissance. Il est dorénavant porté à la rencontre du Sauveur. Dire en effet que la Loi ne sauve pas, pas plus que tous les usages qu'elle avait fini par recommander aux croyants pour épauler leur fidélité, ne signifie pas pour Paul une simple et facile passivité devant Dieu, voire une complicité avec le péché : « Finalement peu importe, la foi sauve... » Cette liberté-là serait en fait du libertinage. En envoyant son propre Fils ramener notre nature humaine du vagabondage à une existence filiale et obéissante au Père, Dieu inaugure un nouveau régime : celui de l'Esprit. La justice continue d'être exigée de la part de l'homme : c'est-à-dire une existence obéissante, conforme à la sainteté pour laquelle nous avons été créés. Mais ce qui était impossible à l'homme, voilà que l'Esprit du Christ va le rendre possible en Lui. Après avoir tellement dit que le régime de la Loi était périmé, que l'homme était dorénavant sous la grâce, Paul ne craint pas de reprendre ce terme de Loi en l'associant à celui d'Esprit ; il risque cette formule contradictoire ; la Loi de l'Esprit ! Là où l'homme ne voyait qu'obligation impossible à remplir, que commande-ments irritant la liberté et l'orgueil de l'homme, voilà que se profilent la vie et la liberté. (...) Paul est tellement saisi par cette expérience d'amour et de liberté dans le Christ qu'il prend d'autres risques avec le vocabulaire. Il ose non seulement évoquer l'esclavage du péché mais surtout dépeindre l'existence chrétienne comme celle de quelqu'un qui, autrefois esclave du péché, est devenu esclave de la justice, esclave de Dieu (Rm 6, 18.22) ! »

Jean-Michel Poffet, Paul de Tarse, Paris, Nouvelle Cité - Prier Témoigner, coll. Regard, 1998, p. 50-52.