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mardi 1 avril 2008

La presence de Dieu (1)

La présence de Dieu (1)

« Si la seule présence d’une personne d’un rang élevé et digne d’estime suffit pour que ceux qui sont avec elle améliorent leur conduite, comment se fait-il que la présence de Dieu, qui est constante, répandue partout, connue de nos facultés et aimée avec reconnaissance, ne nous rende pas toujours meilleurs dans toutes nos paroles, dans toutes nos actions et dans tous nos sentiments ? » (Saint Clément d’Alexandrie, Stromata, 7, 7). Cette réflexion d'un Père de l'Église peut nous amener à réfléchir. Car, en effet, nous prêtons plus facilement attention à nos semblables (lire la suite) qu'à Dieu, à la façon de bien paraître à leurs yeux, d'être appréciés d'eux que de notre comportement envers Dieu qui nous, apparaît trop souvent comme un Dieu lointain, parce que nous le fréquentons insuffisamment dans la prière.
« Ne nous leurrons pas… — Dieu n’est pas une ombre, un être lointain, qui nous crée puis nous abandonne ; ce n’est pas un maître qui s’en va et ne revient plus. Bien que nous ne le percevions pas avec nos sens, son existence est beaucoup plus vraie que celle de toutes les réalités que nous touchons et voyons. Dieu est ici, avec nous, présent, vivant : il nous voit, il nous entend, il nous dirige, et il contemple nos moindres actions, nos intentions les plus cachées. Nous croyons bien sûr…, mais nous vivons comme si Dieu n’existait pas ! Parce que nous n’avons pour lui ni une pensée, ni un mot ; parce que nous ne lui obéissons pas, et que nous n’essayons pas de dominer nos passions ; parce que nous ne lui exprimons pas notre amour, et que nous ne lui offrons pas réparation pour nos fautes… — Allons-nous toujours vivre d’une foi morte ? » (saint Josémaria, Sillon, n° 648).
Si Dieu est un Dieu qui veut nous sauver du péché, et c'est bien le cas ; si Dieu est un Dieu qui s'est incarné pour se faire plus proche de nous, « semblable à nous en tout, hormis le péché » (préface de la quatrième prière eucharistique), et c'est bien le cas, alors nous ne pouvons pas vivre comme si Dieu « ne faisait pas partie de notre paysage », ne nous était pas familier, mois encore comme si nous lui étions étrangers. « Que faire d'autre à ma vigne que je n'aie pas fait pour elle ? » (Isaïe 5, 4). En effet, Jésus, « après avoir aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la fin » (Jean 13, 1). Et il les aima, « se faisant obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix » (Philippiens 2, 8).

(à suivre...)

dimanche 23 mars 2008

Dieu tient à nous (1)

Dieu tient à nous (1)

Dieu nous a créés par Amour, pour notre bien. Il ne peut accepter sans broncher que nous demeurions dans le péché, d'autant que nous ne sommes pas responsables du fait d'être pécheurs. Nous le sommes parce que nous recevons une nature humaine marquée par le péché originel de nos premiers parents, Adam et Ève. Aussi, dans son dessein éternel d'Amour, Dieu a-t-il prévu d'envoyer son Fils nous sauver, nous tirer de nos péchés pour nous élever à la condition d'enfants de Dieu et nous donner les moyens de (lire la suite) lutter victorieusement contre la tendance au mal qui est en nous. « Dans son grand amour pour l'humanité, dit saint Clément d'Alexandrie, Dieu vole au secours de l'homme comme la mère veille sur son oisillon lorsqu'il vient à tomber du nid ; et si le serpent la dévore, « la mère déploie ses ailes et le prend » (cf. Deutéronome, 32, 11) » (Protrepticus 10).
C'est bien ce que Dieu a fait et fait continuellement. Sous l'ancienne Alliance, il n'a cessé de choisir des serviteurs qu'il a comblés de grâces pour conduire son peuple : Abraham, Noé, Jacob, Isaac, Moïse, David, Salomon... Il n'a cessé d'envoyer des Juges, puis des Prophètes pour rappeler à son peuple les termes de l'Alliance qu'il s'était engagé par promesse à respecter et qu'il enfreignait si souvent.
Et, dans ces temps qui sont les derniers (Actes des apôtres 2, 17), il nous a parlé par son Fils (cf. Hébreux 1, 1), le Verbe de Dieu fait chair, c'est-à-dire devenu homme véritable sans cesse d'être Dieu, Jésus-Christ notre Seigneur. « C'est ainsi que Dieu recherche sa créature comme un père, il la soigne après la chute, il poursuit la bête sauvage - en qui nous devons voir le diable, appelé la « Bête » dans l'Apocalypse (cf. 11, 7) - en l'encourageant à revenir au nid » (saint Clément d'Alexandrie, Ibid.).
Ce nid, c'est le ciel, souvent décrit par l'image du banquet de noce. C'est l'exemple que Jésus prend dans ses paraboles. « Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités » (Matthieu 22, 1-3). Dieu nous veut avec lui. Il veut que nous soyons ses commensaux. Sa joie, je l'ai déjà rappelé sur ce blog, est de nous avoir avec lui, ce qui est propre à un père, et à un Père d'une excellence infinie comme c'est son cas. Il nous invite tous paternellement à fêter son Fils avec lui.

(à suivre...)