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samedi 4 mai 2013

Aieparthenos

Aieparthenos

Grec, de aion, « toujours », et parthenos, « jeune fille », « vierge ». La liturgie célèbre Marie avec ce titre de « toujours Vierge ». Le second Symbole de foi, de saint Épiphane, en 374, affirme que le Fils de Dieu « s'est incarné, c'est-à-dire a été engendré parfaitement de Sainte Marie, la toujours Vierge, par le Saint-Esprit ». L'expression se retrouve au concile de Constantinople II (553) : le Verbe de Dieu, « s'étant incarné dans la Sainte et glorieuse Mère de Dieu et toujours Vierge Marie, est né d'elle ». Cette doctrine est réaffirmée au concile de Latran IV (1215) et au concile de Lyon II (1274), ainsi que dans la définition du dogme de l'Assomption de Marie, où la virginité perpétuelle de Marie est présentée comme une des raisons de son élévation à la gloire céleste avec son âme et son corps. À la messe, dans la prière eucharistique I, l’Église fait mémoire « en premier lieu de la bienheureuse Marie, toujours vierge, Mère de notre Dieu et Seigneur, Jésus-Christ ».

jeudi 12 novembre 2009

Les Anglicans, Rome et Marie

Les Anglicans, Rome et Marie

Alors que les Anglicans de la TAC (Traditionnal Anglican Communities) rejoignent l'Église catholique après une rupture qui aura duré plus de 450 ans, il peut être intéressant de souligner des points communs entre l'Église catholique et les Anglicans en général.
Par le culte marial, les catholiques « rejoignent les Anglicans, dont les théologiens classiques ont jadis mis en lumière la solide base scripturaire du culte rendu à la Mère de Notre Seigneur, et dont les théologiens actuels soulignent davantage l'importance de la place que Marie occupe dans la vie chrétienne » (Paul VI, Marialis Cultus, 2 février 1974, n° 32). De fait, en mai 2005, une déclaration commune a été signée entre catholiques et anglicans sur « Marie, grâce et espérance dans le Christ ». (lire la suite) Après un examen attentif « fondé sur les Évangiles, ainsi que sur les anciennes traditions communes », les deux parties s’accordent à reconnaître, pour ce qui est de l’Immaculée Conception, que, « considérant sa vocation d'être la mère du Très-Haut (Luc 1, 35), nous pouvons affirmer ensemble que l’œuvre rédemptrice du Christ rejaillit « par avance » sur Marie dans les profondeurs de son être et à ses tout premiers débuts ». « Ce n’est pas contraire à l’Écriture », affirme le texte. En conclusion, « les catholiques romains peuvent reconnaître en cela ce qui est affirmé par le dogme, à savoir que Marie fut préservée de toute souillure du péché originel » et ce « au premier instant de sa conception ». Il est affirmé à propos de l’Assomption : « Étant donné la compréhension à laquelle nous sommes parvenus pour ce qui concerne la place de Marie dans l’économie de l’espérance et de la grâce, nous pouvons affirmer ensemble que la doctrine selon laquelle Dieu a pris dans Sa gloire la Bienheureuse Vierge Marie, dans la plénitude de sa personne, n'est pas contraire aux Écritures, et qu'elle ne peut en vérité être comprise qu'à la lumière des Écritures. Les Catholiques Romains reconnaissent que cette doctrine concernant Marie est contenue dans le dogme. » En ce qui concerne l'invocation de Marie, les deux parties déclarent : « Nous affirmons ensemble, sans aucune ambiguïté, la médiation unique de Christ, qui porte du fruit dans la vie de l'Église. Nous ne considérons pas que la pratique consistant à demander à Marie et aux saints de prier pour nous soit suffisante pour faire obstacle à notre communion… Nous croyons qu'il n'y a aucune raison théologique de rester divisés dans ces domaines. » Le cantique de Marie, le Magnificat, fait partie de l’office du soir du Book of Common Prayer, moyenannt quoi chaque soir, à vêpres, les fidèles prient avec Marie en chantant ou en lisant son cantique. La liturgie anglicane a conservé les fêtes du Seigneur qui soulignent la vocation et la dignité de Marie en tant que Mère de Dieu ou Theotokos : Annonciation, Noël et Présentation. La plupart des fêtes mariales continuent de figurer au calendrier anglican : Visitation (en mai), Dormition (15 août), Naissance (8 septembre) et la Conception (8 décembre). Les Anglicans ont des lieux de culte dédiés à la Vierge Marie, et ils sont nombreux à réciter le rosaire.

lundi 26 octobre 2009

Le Rosaire et la foi

Le Rosaire et la foi

Le chapelet « offre un moyen pratique facile d'inculquer et de faire pénétrer dans les esprits les dogmes principaux de la foi chrétienne » (Léon XIII, enc. Magnæ Dei Matris, 7 septembre 1892). Nous trouvons dans le Rosaire « un moyen excellent de confesser la foi. En effet, par les prières vocales qui en forment la trame, nous pouvons exprimer notre foi en Dieu, notre Père et notre Providence, en la vie du siècle futur, en la rémission des péchés ; nous confessons également les mystères de l'auguste Trininité, (lire la suite) du Verbe fait homme, de la Maternité divine, etc. ; et personne n'ignore le prix et le mérite de la foi » (Léon XIII, enc. Fidentem piumque, 20 septembre 1896).

Rosaire et piété. « On ne se rappellera jamais assez que le Rosaire doit être récité, non seulement avec les lèvres, mais avec application de l'esprit aux sublimes vérités, avec un cœur tout embrasé de reconnaissance et d'amour » (Jean XXIII, Allocution aux pèlerins, 25 janvier 1962). C'est une « dévotion de l'Église » qui, « par son caractère populaire, par son esprit « christocentrique » et par la filiale dévotion qu'elle inspire envers la Vierge, peut ranimer la foi et la piété dans les milieux les plus différents et les plus ouverts à l'action pastorale : paroisses, écoles, familles, hôpitaux, etc. » (Paul VI, Allocution à des participants au IIIe Congrès international dominicain du Rosaire, 13 juillet 1963).

lundi 7 septembre 2009

Les Lumières et le protestantisme

Les Lumières et le protestantisme

Tout comme le catholicisme, la Réforme protestante du XVIe siècle et ceux qui lui demeurèrent fidèles n'ont jamais affirmé qu'on pouvait être chrétien tout seul et considérer comme accessoire la participation aux assemblées dominicales et aux sacrements. La philosophie française des Lumières française fut la vraie cause de l'individualisme chrétien et de la dérive du libre examen transformant chaque protestant en pape, bible en main. C'est aussi à cette philosophie qu'il faut attribuer la contestation de l'autorité des confessions de foi. C'est dans ces conditions qu'apparut le piétisme protestant. Cependant comprenons bien que ce n'est pas le dogme lui-même qui était rejeté mais sa froideur et l'esprit rationaliste hérité des Lumières.

Michel Viot, Le Vrai et le faux. Comprendre la pensée de Benoît XVI, Paris, L'œuvre spirituelle, 2009, p. 84.

jeudi 26 juin 2008

Saint Cyrille de Jerusalem (2)

Saint Cyrille de Jérusalem (2)

La base de l'instruction sur la foi chrétienne se déroulait également dans un but polémique contre les païens, les judéo-chrétiens et les manichéens. L'argumentation était fondée sur la réalisation des promesses de l'Ancien Testament, dans un langage riche d'images. La catéchèse était un moment important, inséré dans le vaste contexte de toute la vie, en particulier liturgique, de la communauté chrétienne, dans le sein maternel de laquelle avait lieu la gestation du futur fidèle, accompagnée par la prière et le témoignage des frères. Dans leur ensemble, les homélies de Cyrille constituent une catéchèse systématique sur la renaissance du chrétien à travers le Baptême. Il dit au catéchumène : « Tu es tombé dans les filets de l'Église (cf. Mt 13, 47). Laisse-toi donc prendre vivant ; ne t'enfuis pas, car c'est Jésus qui te prend à son hameçon, (lire la suite) non pour te donner la mort mais la résurrection après la mort. Tu dois en effet mourir et ressusciter (cf. Rm 6, 11.14). Meurs au péché, et vis pour la justice dès aujourd'hui » (Procatéchèse 5).
Du point de vue doctrinal, Cyrille commente le Symbole de Jérusalem en ayant recours à la typologie des Écritures, dans un rapport « symphonique » entre les deux « Testaments », pour arriver au Christ, centre de l'univers. La typologie sera décrite de manière incisive par Augustin d'Hippone : « L'Ancien Testament est le voile du Nouveau Testament, et dans le Nouveau Testament se manifeste l'Ancien » (De catechizandis rudibus, 4, 8). Quant à la catéchèse morale, elle est ancrée de manière profondément unie à la catéchèse doctrinale : l'on fait progressivement descendre le dogme dans les âmes, qui sont ainsi sollicitées à transformer les comportements païens sur la base de la nouvelle vie en Christ, don du Baptême. Enfin, la catéchèse « mystagogique » marquait le sommet de l'instruction que Cyrille dispensait non plus aux catéchumènes, mais aux nouveaux baptisés ou néophytes au cours de la semaine pascale Celle-ci les introduisait à découvrir, sous les rites baptismaux de la Veillée pascale, les mystères qui y étaient contenus et qui n'étaient pas encore révélés. Illuminés par la lumière d'une foi plus profonde en vertu du Baptême, les néophytes étaient finalement en mesure de mieux les comprendre, ayant désormais célébré leurs rites.

(à suivre...)

mardi 13 mai 2008

Tertullien (2)

Tertullien (2)

Mais Tertullien, comme tout bon apologiste, ressent dans le même temps l'exigence de communiquer de manière positive l'essence du christianisme. C'est pourquoi il adopte la méthode spéculative pour illustrer les fondements rationnels du dogme chrétien. Il les approfondit de manière systématique, à commencer par la description du « Dieu des chrétiens » : « Celui que nous adorons - atteste l'Apologiste - est un Dieu unique ». Et il poursuit, en utilisant les antithèses et les paradoxes caractéristiques de son langage : « Il est invisible, même si on le voit ; insaisissable, même s'il est présent à travers la grâce ; inconcevable, même si les sens humains peuvent le concevoir ; c'est pourquoi il est vrai et grand ! » (Apologétique, 17, 1-2). (lire la suite)
En outre, Tertullien accomplit un pas immense dans le développement du dogme trinitaire ; il nous a donné en latin le langage adapté pour exprimer ce grand mystère, en introduisant les termes « une substance » et « trois Personnes ». De même, il a également beaucoup développé le langage correct pour exprimer le mystère du Christ, Fils de Dieu et vrai Homme.
L'Africain aborde également l'Esprit Saint, en démontrant son caractère personnel et divin : « Nous croyons que, selon sa promesse, Jésus Christ envoya l'Esprit Saint au moyen du Père, le Paraclet, le sanctificateur de la foi de ceux qui croient dans le Père, dans le Fils et dans l'Esprit » (ibid., 2, 1). Dans l'œuvre de Tertullien, on lit également de nombreux textes sur l'Église, que Tertullien reconnaît toujours comme « mère ». Même après son adhésion au montanisme, il n'a pas oublié que l'Église est la Mère de notre foi et de notre vie chrétienne. Il s'arrête aussi sur la conduite morale des chrétiens, sur la vie future. Ses écrits sont importants également pour saisir des tendances présentes dans les communautés chrétiennes à propos de la très Sainte Vierge Marie, des sacrements de l'Eucharistie, du Mariage et de la Réconciliation, du primat pétrinien, de la prière... En particulier, en cette époque de persécution, où les chrétiens semblaient une minorité perdue, l'Apologiste les exhorte à l'espérance, qui - selon ses écrits - n'est pas simplement une vertu en elle-même, mais une modalité qui touche chaque aspect de l'existence chrétienne. Nous avons l'espérance que l'avenir nous appartient parce que l'avenir appartient à Dieu. Ainsi, la résurrection du Seigneur est présentée comme le fondement de notre résurrection future, et elle représente l'objet principal de la confiance des chrétiens : « La chair ressuscitera - affirme catégoriquement l'Africain -: toute la chair, la chair elle-même, et la chair tout entière. Où qu'elle se trouve, celle-ci est en dépôt auprès de Dieu, en vertu du très fidèle médiateur entre Dieu et les hommes Jésus Christ, qui restituera Dieu à l'homme et l'homme à Dieu » (Sur la résurrection des morts 63, 1).

(à suivre...)

lundi 11 février 2008

11 fevrier : 150e anniversaire des apparitions de Lourdes

11 février : 150e anniversaire des apparitions de Lourdes

C'est le 11 février 1858 que la Vierge Marie est apparue pour la première fois à la petite Bernadettte Soubirous. Ce qui surprend tout d'abord, c'est le choix de cette fillette, fragile de santé, née dans une famille miséreuse, illettrée et sans instruction religieuse. Dieu ne s'arrête pas aux apparences, mais regarde les cœurs. C'est à Bernadette que la Sainte Vierge apparaît donc en lui demandant en toute simplicité « de lui faire la grâce de venir pendant quinze jours » la voir au même endroit. Comme le souligne monseigneur Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, dans un entretien à Paris Notre-Dame, ce choix « projette une lumière sur notre onde où les exclus sont si nombreux ». (lire la suite)
Du 24 au 28 février 1858, Marie, d’habitude si souriante, invite Bernadette à la pénitence, à marcher à genoux et lui demande de prier pour les pécheurs. Elle lui indique un endroit sous la roche où elle trouve un peu d’eau qui devient merveilleusement limpide. « Beau symbole de la conversion : aux larmes de la pénitence succède la joie de la réconciliation. » La traversée de la Grotte, le Chemin de Croix, le Chemin de l’eau, les Piscines sont autant de signes qui expriment notre désir de conversion. Le sacrement de la réconciliation est largement proposé aux pèlerins. Ce sacrement, joint à la prière, l’Eucharistie et le partage, nous obtient l’indulgence particulière du jubilé accordée par le pape Benoît XVI (cf. site officiel de Lourdes).
Enfin Marie se présente comme l'Immaculée Conception, privilège insigne dont elle est ornée et que l'Église venait de proclamer solennellement sous forme de dogme quatre ans plus tôt.

Toute visite à un sanctuaire marial est une histoire d'amour entre Marie, notre Mère du ciel, et nous, une rencontre dont nous sortons toujours enrichis, plus forts, joyeux et pleins d'assurance.