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mardi 24 mars 2015

Charité fraternelle

Charité fraternelle

L’Apôtre s’adresse aux chrétiens de Philippes en des termes merveilleux autant qu’émouvants : « Je rends grâce à mon Dieu toutes les fois que je me souviens de vous – et c’est en tout temps, dans toutes mes prières que je prie pour vous tous » (Philippiens 1, 3-4). Il avoue donc prier en tout temps pour ceux qu’il a enfantés dans la foi au cours de son deuxième voyage apostolique, tout juste après que le Saint-Esprit lui ait interdit d’aller « annoncer la parole de Dieu dans la province d’Asie » (Actes 16, 6) et que Paul ait eu, pendant la nuit, une vision : « Un Macédonien se tenait là, qui lui adressait cette prière : ‘Passe en Macédoine et viens à notre aide !’ » (Actes 16, 9). (lire la suite) Embarqués à Troas, Paul et Luc allèrent « droit sur Samothrace et, le lendemain, sur Néapolis, d’où [ils gagnèrent] Philippes, qui est une ville du premier district de Macédoine » (Actes 16, 11-12). Là, ils ont la joie de constater que ses habitants apportent leur concours « à la cause de l’Évangile depuis le premier instant » (Philippiens 1, 5). Les Philippiens sont donc une cause de joie profonde pour Paul. C’est pourquoi il prie pour eux « dans la joie ». Mais il souligne qu’il prie pour eux « en tout temps », nous montrant par là que nous ne devons pas cesser de prier, c’est-à-dire de vivre en présence de Dieu, de maintenir un dialogue amoureux avec notre Seigneur, d’invoquer l’Esprit Saint. « Il convient de prier toujours, sans jamais se lasser » (Luc 18, 1), avait dit Jésus-Christ. C’est un climat de prière permanente qui s’instaure quand l’on s’efforce de tout faire pour la gloire de Dieu, de tout lui offrir, de tout accomplir par amour de Dieu, en pensant au bien que nous pouvons ainsi faire à nos frères dans la foi et à l’humanité. En même temps, Paul fait mémoire des fidèles de Philippes dans toutes ses prières, autrement dit dans les moments plus spécialement consacrés à prier, à dialoguer avec Dieu, des moments qui sont comme la chaudière qui maintient une bonne température intérieure. « En tout temps, dans toutes mes prières. » Quel exemple pour nous, pour l’esprit de fraternité que nous sommes invités à vivre. Il est logique, du point de vue de la foi et de l’esprit qui nous unissent, que nous pensions constamment à nos frères, qui sont la chair de notre chair, que nous soyons proches d’eux par la pensée et la prière, pour demander à Dieu de les combler de ses bienfaits, de les assister et de les protéger. Cette charité fraternelle est l’huile qui maintient notre lampe allumée (cf. Matthieu 25, 1-13). Elle est le contre-écrou qui renforce notre vocation et nous aide à être fidèles, nous aussi.

mardi 17 décembre 2013

Sainteté (1)

Sainteté (1)

L’on nous a enseigné dans le Christ à nous « renouveler spirituellement dans [notre] intelligence » (Éphésiens 4, 23), en ne nous modelant « pas sur ce monde-ci », mais en nous transformant « en renouvelant [notre] esprit, afin de discerner quelle est la Volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait » (Romains 12, 2), pour, de la sorte, « revêtir l’homme nouveau, créé d’après Dieu, dans la vraie justice et la sainteté » (Éphésiens 4, 24). Cet homme nouveau, en effet, « se renouvelle à l’image de celui qui l’a créé, pour parvenir à la connaissance » (Colossiens 3, 10), celle du bien véritable, (lire la suite) qui n’est autre que son Créateur, lequel est lui-même la Justice et la Sainteté. C’est Dieu qui est à l’origine de ce changement qui s’est opéré en nous : « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en cette mort – la mort au péché – pour que, tout comme le Christ est ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, pareillement nous marchions, nous autres, dans le renouveau d’une autre vie » (Romains 6, 4), qui nous amène à servir « sous le régime de l’esprit » (Romains 7, 6). Telle est la transformation opérée en notre âme, qui communique l’orientation fondamentale à toute notre existence et commande nos choix de vie. « Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. L’ancien est disparu, du nouveau est apparu » (2 Corinthiens 5, 17). Celui qui est assis sur le trône dit : « Voici que je rénove toutes choses » (Apocalypse 21, 5). C’est fait. Ce renouvellement a eu lieu. Ce retour à la condition des origines de l’homme se produit par la grâce baptismale. « Aussi ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez bien quelle est la Volonté du Seigneur » (Éphésiens 5, 17). C’est-à-dire « discernez ce qui est agréable au Seigneur » (Éphésiens 5, 10). « C’est pourquoi nous autres, depuis le jour où nous l’avons appris – les fidèles de Colosses connus de Paul par Épaphras – nous ne cessons de prier pour vous et de demander que vous soit pleinement donnée la connaissance de la Volonté de Dieu en toute sagesse et intelligence spirituelle » (Colossiens 1, 9), afin que « le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de la gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation pour le bien connaître lui-même » (Éphésiens 1, 17), ce qui est évidemment indispensable pour mener à bien la tâche de notre sanctification qui ne consiste en rien d’autre qu’à nous identifier progressivement à notre Dieu Créateur qui est venu s’établir à demeure dans notre âme (cf. Jean 14, 23). (à suivre…)

jeudi 24 octobre 2013

Arrêt sur christianisme (80)

Saint Paul affirme : « L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : “Abba !” » (Rm 8, 15). Le christianisme n’est pas une religion de la peur, mais de la confiance et de l’amour au Père qui nous aime. Ces deux affirmations denses nous parlent de l’envoi et de l’accueil du Saint Esprit, le don du Ressuscité, qui fait de nous des fils dans le Christ, le Fils unique, et nous place dans une relation filiale avec Dieu, une relation de profonde confiance, comme celle des enfants ; une relation filiale semblable à celle de Jésus, même si son origine et son importance sont différentes : Jésus est le Fils éternel de Dieu qui s’est fait chair, en revanche, nous devenons fils en Lui, dans le temps, à travers la foi et les sacrements du baptême et de la confirmation ; grâce à ces deux sacrements, nous sommes plongés dans le Mystère pascal du Christ. Benoît XVI, Audience générale, 23 mai 2012.

dimanche 16 juin 2013

Évangile, porte du salut (1)

Évangile, porte du salut (1)

Nous lisons chez saint Paul la forte affirmation suivante : « Comme le monde, en effet, sous le régime de la sagesse de Dieu, n’avait pas reconnu Dieu par la sagesse, Dieu s’est plu à sauver les croyants par la folie de la prédication » (1 Corinthiens 1, 21). Les hommes se sont obstinés à endurcir leur cœur, à s’enliser dans des pensées charnelles. Moyennant quoi, « ils détiennent la vérité captive dans l’injustice, car ce qu’on peut connaître de Dieu est parmi eux manifeste : Dieu le leur a manifesté » (Romains 1, 18-19). Ils sont donc « insensés par nature tous les hommes qui n’avaient pas la science de Dieu, qui n’ont pas pu, par la vue de ses bienfaits, connaître Celui qui est » (Sagesse 13, 1). C’est pourquoi « lorsqu’est venue la plénitude du temps, Dieu a envoyé son Fils, formé d’une femme, né sous la Loi » (Galates 4, 4). Il est venu nous parler de la part de son Père, et il a prêché parmi nous, commençant par nous dire : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Matthieu 4, 17). (lire la suite) Sa prédication est source de Salut, car notre Seigneur est le Rédempteur de l’homme ! Il est impérieux de passer par lui ; qui se présente comme la voie d’accès unique au Père : « C’est moi qui suis la porte des brebis. […] Celui qui entrera par moi sera sauvé ; il ira et il viendra, et il trouvera pâture » (Jean 10, 7.9). Or, Jésus se présente aussi comme « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Il est la Parole vivante du Père. Nous devons être fiers de posséder une telle Parole, qui illumine notre chemin et donne la clarté à notre esprit, oriente nos raisonnements vers le bien, nous met sur la voie du bonheur véritable. « En effet, je n’ai pas honte de l’Évangile : car c’est une force divine pour le salut de quiconque croit, du Juif d’abord, du Grec ensuite » (Romains 1, 16), c’est-à-dire de tous les non-Juifs, de nous tous qui étions appelés à rejoindre le Christ au long des siècles, captivés par son enseignement irrésistible sur la Vérité. L’Évangile est donc une force vitale, un corps de doctrine qui se présente comme le guide rêvé pour notre existence, une force aimantée qui nous unit corps et âme à notre Dieu. « Je vous rappelle, frères, l’Évangile qui vous a été annoncé et que vous avez reçu, auquel aussi vous restez fidèles, par lequel aussi vous serez sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé » (1 Corinthiens 15, 1-2), c’est-à-dire sans altération, sans en frelater le contenu, mais en l’acceptant dans son intégralité et en le mettant en pratique. « Celui qui retient mes commandements et les met en pratique, voilà celui qui m’aime » (Jean14, 21). (à suivre…)

samedi 27 avril 2013

Fille aînée de l'Eglise

Fille aînée de l'Eglise

Que vous dirai-je à tous, chers fils de France, qui gémissez sous le poids de la persécution ? Le peuple qui fait alliance avec Dieu sur les fonts baptismaux de Reims se convertira et retournera à sa première vocation. Sans doute les fautes ne resteront pas impunies, mais elle ne périra jamais, la fille de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes. Un jour viendra, et nous espérons qu’il n’est pas très éloigné, où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une lumière céleste et entendra la voix qui répétera : Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ? Et sur sa réponse : Qui es-tu, Seigneur ? La voix lui répliquera : Je suis Jésus que tu persécutes. Il t’est dur de regimber sous l’aiguillon parce que dans ton obstination tu te ruines toi-même. Et elle, tremblante et étonnée dira : Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? Et Lui répondra : Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, fille aînée de l’Église, nation prédestinée, vase d’élection, va porter comme par le passé mon étendard devant tous les peuples et les rois de la terre. Saint Pie X, Allocution aux nouveaux cardinaux, 29 novembre 1911.

vendredi 16 novembre 2012

Les rencontres avec le Christ

Les rencontres avec le Christ

Notre vie ici sur terre est, en réalité, une succession continuelle de rencontres avec le Christ : avec le Christ présent dans la Sainte Écriture, comme parole de Dieu ; avec le Christ présent dans ses ministres, comme maître, prêtre et pasteur ; avec le Christ présent dans le prochain, spécialement dans les pauvres, les malades, les marginaux qui constituent ses membres souffrants ; avec le Christ présent dans les sacrements ; qui sont le canal de son action de salut ; avec le Christ hôte silencieux de notre cœur, où Il habite en nous communiquant la vie. Toute rencontre avec le Christ laisse des traces profondes. Que ce soit une rencontre pendant la nuit, comme celle de Nicodème ; une rencontre fortuite, comme celle de la Samaritaine ; une rencontre recherchée, comme celle de la pécheresse repentie ; une rencontre de supplication, comme celle de l’aveugle aux portes de Jéricho ; une rencontre par curiosité, comme celle de Zachée ; ou encore une rencontre d’intimité, comme celle des apôtres, appelés à Le suivre ; une rencontre fulgurante, comme celle de Paul sur le chemin de Damas. Mais, la rencontre la plus intime et transformante à laquelle sont ordonnées toutes les autres rencontres, c’est la rencontre de la « table du mystère eucharistique, c’est-à-dire la table du pain du Seigneur ». Ici c’est le Christ en personne qui accueille l’homme, malmené par le aspérités du chemin et qui le réconforte par la chaleur de sa compréhension et de son amour. C’est dans l’Eucharistie que se trouve la pleine réalisation de ces très douces paroles : « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et écrasés et Je vous soulagerai » (Matthieu 11, 28). Ce soulagement personnel et profond qui constitue la raison ultime de toute notre fatigue sur les routes du monde, nous pouvons le trouver – au moins comme une anticipation et comme un avant-goût – dans ce pain de Dieu que le Christ nous offre à la table eucharistique. Bienheureux Jean-Paul II, Homélie à Fortaleza, Brésil, 8 juillet 1980.

mercredi 31 octobre 2012

Dons gratuits (3)

Dons gratuits (3)

« Cependant la grâce a été donnée à chacun selon ce qu’il a plu au Christ d’en faire le don » (Éphésiens 4, 7). Nous devons être bien conscients que tout ce que nous possédons est donc de Dieu. « Quas-tu que tu ne l’aies reçu ? » (1 Corinthiens 4, 7). C’est pourquoi l’Apôtre peut nous exhorter en ces termes : « Oui, je le dis en vertu de ce qui m’a été donné pour vous tant que vous êtes : n’ayez pas de vous-mêmes une opinion trop flatteuse ; mais ayez une opinion qui convienne à votre modestie, chacun selon le degré de foi que Dieu lui a départie » (Romains 12, 3). Nous serions bien avisés de cultiver l’humilité, en ne nous attribuant pas les mérites gratuits de notre Seigneur Jésus-Christ, et de témoigner de notre reconnaissance pour ces cadeaux surnaturels qui nous habilitent à poursuivre efficacement la sainteté.
« Tu dois demeurer vigilant, afin que tes succès professionnels, ou tes échecs (lire la suite) — et ces derniers ne manqueront pas d'arriver — ne te fassent pas oublier, ne serait-ce qu'un instant, la gloire de Dieu, qui est la véritable finalité de ton travail! » (saint Josémaria, Forge, n° 704). Saint Paul reconnaît que « nous avons des dons différents selon la grâce qui nous a été donnée : si c’est la prophétie, que ce soit en proportion à la foi ; si c’est le ministère, dans le ministère ; si c’est l’enseignement, dans l’enseignement ; si c’est l’exhortation, dans l’exhortation ; que celui qui donne le fasse sans arrière-pensée ; celui qui préside, avec zèle : celui qui exerce la miséricorde, avec affabilité » (Romains 12, 6-8). Et nous n’avons pas à ambitionner des dons que nous n’avons pas reçus, des qualités dont nous sommes dépourvus. Contentons-nous, et ce n’est pas peu de chose, de faire fructifier les talents reçus. Quand nous y serons parvenus, nous pourrons peut-être nous poser des questions. Mais, en réalité, nous n’aurons à rendre des comptes de notre gestion qu’au moment de paraître devant notre Dieu et Père, Juste Juge en même temps, et Rémunérateur. « Le potier n’est-il pas maître de l'argile pour faire de la même masse tel vase pour un usage noble et tel autre pour un usage profane ? » (Romains 9, 21). En effet, « de même que ce potier, ne puis-je pas ainsi vous traiter ? […] Oui, comme l’argile est dans les mains du potier, ainsi vous êtes dans ma main » (Jean 18, 6).La créature va-t-elle se rebeller contre son auteur ? (à suivre…)

vendredi 13 juillet 2012

Le patriotisme (1)


Le patriotisme (1)

Saint Paul se demande ce qu’est la Loi mosaïque. Et il répond qu’« elle a été ajoutée pour qu’il y eût des transgressions jusqu’à ce que vînt la descendance à qui était destinée la promesse » (Galates 3, 19), « mais là où le péché avait abondé, la grâce a surabondé » (Romains 5, 20). La Loi était bonne en elle-même : « Si donc c’est ce que je ne veux pas que je fais, je reconnais par là que la Loi est bonne » (Romains 7, 15). Le salut est venu par la foi, qui nous a été donnée en Jésus-Christ. « Avant que vînt la foi, nous étions sous la garde de la Loi, enfermés, pour y attendre la révélation de la foi » (Galates 3, 23). Et la foi est venue. Désormais « tous, en effet, vous êtes fils de Dieu par la foi au Christ Jésus, car vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Galates 3, 26-27). Saint Paul tire comme conclusion (lire la suite) de tout ce qu’il vient d’affirmer qu’à partir de cette révélation de la foi en Jésus-Christ, « plus de juif ni de grec ; plus d’esclave ni d’homme libre ; plus d’homme ni de femme : vous tous, en effet, vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Galates 3, 28). « Aussi bien, nous avons tous été baptisés en un http://www.blogger.com/img/blank.gifseul Esprit pour ne faire qu’un seul corps ; Juifs et Grecs, esclaves et hommes libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit » (1 Corinthiens 12, 13), de sorte qu’il y a « tout en tous, le Christ » (Colossiens 3, 11). « Ces paroles ont aujourd’hui la même valeur qu’hier : devant le Seigneur il n’existe pas de différence de nation, de race, de classe, d’état… Chacun d’entre nous est né de nouveau dans le Christ, pour devenir une nouvelle créature, un enfant de Dieu : nous sommes tous frères et c’est en toute fraternité que nous devons nous conduire ! » (saint Josémaria, Sillon, n° 317).
Tel est le point de départ de notre méditation. L’égalité que Dieu a établie entre tous les hommes, au-delà des différences de race, de culture, de formation, d’extraction sociale ou d’intérêts scientifiques, intellectuels ou autres.

(à suivre…)

samedi 23 juin 2012

Dieu ne fait pas acception des personnes (3)

Dieu ne fait pas acception des personnes (3)

Paul, l’apôtre des Gentils, sera amené à dresser un constat identique. Il annonce que ce seront « tribulations et angoisse pour toute âme d’homme qui fait le mal, Juif d’abord, puis Grec ; mais gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien, Juif d’abord, puis Grec, car Dieu ne fait pas acception de personnes » (Romains 2, 11). Pierre reviendra à la charge en écrivant « aux élus qui résident comme étrangers dans la Diaspora du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce, de l’Asie et de la Bithynie » (1 Pierre 1, 1). Il les exhorte en ces termes : « Si vous invoquez comme Père celui qui, sans faire acception de personne [puisqu’il a appelé à son Église des hommes et des femmes de toutes origines], juge chacun selon ses œuvres, (lire la suite) vivez dans la crainte tant que durera votre pèlerinage [sur la terre], sachant que vous avez été tirés du genre de vie insensé que vous teniez de vos pères, non par des choses périssables, argent ou or, mais par le sang précieux de l’agneau sans défaut et sans tache qu’est le Christ » (1 Pierre 1, 17-19), qui « est apparu pour ôter les péchés » (1 Jean 3, 5). Puissions-nous, avec eux, avec les premiers chrétiens, ne pas faire nous non plus acception de personnes, n’exclure personne de notre prière et de notre action évangélisatrice – « toutes les âmes nous intéressent, cent âmes sur cent, sans discrimination d’aucune sorte, convaincu que Jésus-Christ nous a tous rachetés, et qu’il veut se servir d’un petit nombre, malgré notre nullité personnelle, pour faire connaître ce salut » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 9) -, faisant nôtre en définitive de façon très concrète la prière poignante du Christ en Croix rapportée plus haut (cf. Luc 23, 34), une supplication qui, de toute évidence, met en pratique de façon héroïque ce principe fondamental de ne pas faire acception de personnes. (fin)

vendredi 22 juin 2012

Dieu ne fait pas acception des personnes (2)

Dieu ne fait pas acception des personnes (2)

Saint Paul nous raconte qu’il est monté à Jérusalem « à la suite d’une révélation » (Galates 2, 2) et qu’il y est allé pour exposer aux notables, c’est-à-dire les « colonnes de l’Église » que sont Pierre, Jacques et Jean, l’Évangile qu’il prêchait aux païens. Il leur expose le contenu de sa prédication « de peur de courir ou d’avoir couru pour rien » (Galates 2, 2) pendant les quatorze premières années écoulées (cf. Galates 2, 1). Il s’adresse à eux parce que ce sont eux qui peuvent assurer l’authenticité de son message. Mais, souligne-t-il, « peu m’importe ce qu’ils pouvaient être : Dieu ne fait pas acception des personnes » (Galates 2, 6). Certes, les apôtres sont constitués en autorité, mais tous et chacun ont leur place et leur rôle à tenir dans l’Église et dans la proclamation de l’Évangile. C’est une idée qui vient de loin et qui a une longue tradition derrière elle. Même si elle est loin d’avoir été comprise par les hommes. Et les Juifs pieux du temps de Jésus ont jeté l’anathème sur tous ceux qui n’appartenaient pas au peuple élu, ainsi que sur certaines catégories de la population considérées comme impures, tels que les lépreux ou les publicains. (lire la suite) Or, le Seigneur Dieu les avait invités à circoncire leur cœur (Deutéronome 10, 16), car, révélait-il, « le Seigneur votre Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, vaillant et redoutable, qui ne fait pas acception de personnes » (Deutéronome 10, 17). Il aime son peuple, tout son peuple. Et s’il est obligé de châtier ses infidélités, il ne lui retire pas pour autant son Amour. Mais il envoie ses messagers et ses prophètes pour essayer de le remettre à chaque fois sur le droit chemin et d’assurer ainsi son bonheur. De tous, il attend le repentir, car, proclame-t-il, « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs au repentir » (Luc 5, 32). Quand Simon-Pierre a été invité, au cours d’une vision, à se rendre chez le centurion Corneille, un « homme pieux et craignant Dieu » (Actes 10, 2), mais un païen tout de même, résidant à Césarée Maritime, pour l’instruire, lui et toute sa maisonnée, il prend la parole à l’invitation de son hôte : « Maintenant nous sommes tous réunis en présence de Dieu pour entendre tout ce que le Seigneur t’a prescrit de dire » (Actes 10, 33). Ses premiers mots sont l’expression de son émerveillement devant la nouvelle mission qui l’attend, face aux perspectives d’évangélisation élargie au monde païen : « En vérité, je me rends compte que Dieu ne fait pas acception de personnes, mais que, dans toute nation, celui qui le craint et qui pratique la justice dans ses œuvres lui est agréable » (Actes 10, 34). C’est comme une découverte inattendue qui le remplit d’aise et de joie. Car « nous savons que Dieu n’exauce pas les pécheurs ; mais si quelqu’un est pieux et fait sa volonté, celui-là, il l’exauce » (Jean 9, 31). Corneille n’appartient-il pas justement à cette catégorie de personnes pieuses, lui qui « faisait beaucoup d’aumônes au peuple et priait Dieu continuellement » (Actes 10, 2) ? (à suivre…)

dimanche 17 juin 2012

Amour de Dieu et du prochain (2)

Amour de Dieu et du prochain (2)

Comment serait-il possible que nous nous en rendions compte et que nous percevions combien Dieu nous aime, sans devenir à notre tour fous d’amour ? Il faut laisser ces vérités de notre foi imprégner notre âme jusqu’à ce qu’elles transforment toute notre vie. Dieu nous aime ! Lui, le Tout-Puissant, l’Omnipotent, qui a fait le ciel et la terre » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 144). Nous nous rendons compte ainsi que l’amour de Dieu nous ouvre à l’amour du prochain et que si nous critiquons celui-ci, si nous en pensons et en disons du mal, si nous participons à la médisance, si nous avons du mal à l’accepter tel qu’il est, avec ses défauts, c’est le signe que notre amour de Dieu est trop faible. C’est par là qu’il faut commencer : « Augmente en nous la foi » (Luc 17, 5), ainsi que la charité et l’espérance. (lire la suite)
« Un second [commandement] lui est égal : Tu aimeras ton proche comme toi même » (Matthieu 22, 39). Ce commandement invite donc à aimer le prochain quel qu’il soit. Le Seigneur a lui-même illustré son propos pour bien nous en faire comprendre la portée en quelque sorte illimitée. Comparant la Loi nouvelle qu’il vient instaurer et qui est une Loi d’Amour, à la Loi ancienne, qui vient aussi de lui et garde son actualité, il précise en quel sens elle doit être perfectionnée. Pour le point qui nous intéresse directement ici, il proclame : « Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton proche, et tu haïras ton ennemi. Et moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin que vous deveniez enfants de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et descendre la pluie sur les justes et sur les injustes. Si en effet vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? » (Matthieu 5, 43-47). Puis il ajoute, en conclusion de tout l’enseignement prodigué ce jour-là sur la montagne, « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5, 48), c’est-à-dire soyez saints comme votre Père du ciel est saint. Aimer son prochain, tout prochain indistinctement, est donc un gage de sainteté, et indéniablement aussi un signe de sainteté. Parce que ce n’est ni évident ni facile. « Bénissez ceux qui vous persécutent ; bénissez, mais ne maudissez pas » (Romains 12, 14). Comme saint Paul l’écrira, recueillant l’expérience des communautés chrétiennes : « Insultés, nous bénissons ; persécutés, nous supportons ; calomniés, nous encourageons » (1 Corinthiens 4, 12-13). (à suivre…)

mardi 17 avril 2012

Le pardon (4)


Le pardon (4)

Saint Paul invitera ses correspondants, les chrétiens qu’il a « engendrés (1 Corinthiens 15, 4) dans la douleur, à faire preuve les uns envers les autres de « sentiments de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de longanimité, vous supportant les uns les autres, et vous pardonnant mutuellement si vous avez l’un contre l’autre quelque sujet de plainte. » Et pour donner plus de poids à cette exhortation, dont il sait que son application est coûteuse, il précise : « Tout comme le Seigneur a pardonné, pardonnez, vous aussi » (Colossiens 3, 12-13).
Mais le panorama doit s’élargir encore : « En plus de tout cela, revêtez la charité ; c’est le lien de la perfection » (Colossiens 3, 14). De fait, le Seigneur aurait pu pousser l’exigence plus loin. S’il ne l’a pas fait, c’est parce qu’il agit avec une pédagogie toute divine, empreinte de sagesse, qui veut faire avancer progressivement sur la voie de la sainteté, (lire la suite) d’une façon adaptée à la situation de chacun. Il aurait pu dire, en effet, à Pierre et aux autres apôtres que la charité authentique ne consiste pas seulement à se supporter mutuellement, mais qu’elle doit aller beaucoup plus loin, qu’elle suppose bien plus encore.
La charité vécue comme le Christ l’a incarnée dans sa vie consiste fondamentalement à aimer. Non pas à supporter, comme un pis aller. À aimer le prochain tel qu’il est, avec ses défauts dont on peut – et doit même – l’aider à se débarrasser, par exemple en pratiquant la correction fraternelle rappelée par le pape Benoît XVI dans son Message pour le carême de 2012, et avec ses qualités, que nous ne pouvons pas ignorer non plus. De la sorte, nous vivons ce grand conseil de l’Apôtre : « Portez les fardeaux les uns des autres : par là vous accomplirez la loi du Christ » (Galates 6, 2).
Mais peut-être faut-il que nous commencions par pardonner soixante-dix-sept fois sept fois… Ce serait déjà un bon début !

(fin)

dimanche 29 janvier 2012

La sainteté (1)


La sainteté (1)

« Qui nous séparera de l’amour du Christ ? Tribulation, angoisse, persécution, faim, nudité, péril, glaive ? (…) Mais en tout cela nous sommes plus que vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés ; car je suis convaincu que ni mort ni vie, ni anges ni Principautés, ni présent ni futur, ni Puissances, ni hauteur ni profondeur, ni rien d’autre de créé ne pourra nous séparer de l’amour que Dieu a pour nous dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Romains 8, 35.37-39). L’amour de Dieu est plus fort que tout. Partons donc de cette affirmation paulinienne, qui ne nous étonne pas parce que Dieu est la Sainteté même, la source de toute sainteté. « Voici comment est apparu parmi nous l’amour de Dieu : Dieu a envoyé dans le monde son Fils unique afin que nous ayons la vie par Lui. Voici en quoi est l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est Lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils comme agent de propitiation pour nos péchés » (1 Jean 4, 9-10). (lire la suite) Puisque cet amour vient de Dieu – est Dieu en Personne (cf. 1 Jean 4, 16) – alors, en effet, « je suis convaincu que ni mort ni vie, ni anges ni Principautés, ni présent ni futur, ni Puissances, ni hauteur ni profondeur, ni rien d’autre de créé ne pourra nous séparer de l’amour que Dieu a pour nous dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Romains 8, 38-39).
Saint Paul a cité en passant un texte de la Sainte Écriture : « Comme il est écrit : À cause de toi nous sommes mis à mort à longueur de journée. On nous a traités comme des brebis pour l’abattoir » (Romains 8, 36). Et il enchaîne en disant : « « Je suis convaincu que ni mort ni vie, ni anges ni Principautés, ni présent ni futur, ni Puissances… » Autrement dit, rien ne peut sérieusement faire obstacle à la quête de sainteté de celui qui cherche sérieusement à plaire à Dieu en tout.
Jésus faisait remarquer un jour à Marthe, la sœur de Lazare, qu’« une seule chose est nécessaire » (Luc 10, 42), sous-entendu être avec lui comme Marie le faisait, qui « s’était assise aux pieds du Seigneur et l’écoutait parler » (Luc 10, 39), ajoutant que « cela ne lui sera pas enlevé » (Luc 10, 42). Ce qui compte avant tout, c’est de vivre dans la compagnie du Seigneur. Et c’est bien en cela que consiste la sainteté. La sainteté à laquelle nous aspirons n’est autre qu’une participation à la vie divine, un début de participation à cette vie appelée à se prolonger pour l’éternité dans l’au-delà. C’est entrer dans l’intimité des trois Personnes divines, engager avec elles une conversation qui n’a pas de terme.

(à suivre…)

mardi 1 novembre 2011

La Toussaint (1)


La Toussaint (1)

Un homme était parti en voyage et avait confié l’administration de ses biens à ses serviteurs, « selon les capacités de chacun » (Matthieu 25, 15). Puis, rentrant après bien des années passées au loin, il les appela un par un pour leur demander de lui rendre compte de leur gestion. Celui qui avait reçu cinq talents « s’avança et en présenta cinq autres : « Maître, c’est cinq talents que tu m’avais confiés. En voici cinq autres que j’ai gagnés. » Son maître lui dit : « Très bien ! bon et fidèle serviteur ! Tu as été fidèle pour de petites choses ; je te mettrai à la tête d’une quantité. Entre dans la joie de ton maître » (Matthieu 25, 20-21).
C’est la première conclusion de la parabole. La seconde lui sera identique en tous points avec le serviteur qui a reçu deux talents (cf. Matthieu 25, 22-23).
Les talents que nous avons reçus, qu’ils soient peu nombreux ou abondants, cela importe peu, nous devons les faire fructifier. Car le Seigneur nous a livré la raison pour laquelle il nous a créés (lire la suite) et nous adonné la vie, le pourquoi de notre existence sur terre : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis et qui vous ai établis pour que vous alliez et que vous portiez du fruit » (Jean 15, 16). La voilà notre raison d’être : porter du fruit et, de plus, ainsi que Jésus l’ajoute, « et que ce fruit soit durable, et pour que le Père vous donne tout ce que vous lui demanderez en mon nom » (Ibid.).
Telle est la logique divine, tels sont les plans de Dieu. Il n’y a pas d’échappatoire possible : nous devons porter du fruit. Autrement, nous entendrons la réponse donnée par son maître au serviteur qui n’avait reçu qu’un talent et qui, au lieu de le faire fructifier, l’avait enfoui en terre : « Serviteur mauvais et paresseux ! Tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé et que je ramasse où je n’ai rien jeté (Matthieu 25, 26). Il les avait puisque c’est ce qu’il a dit lui-même pour justifier son inertie (Matthieu 26, 24-25). « Il te fallait donc mettre mon argent chez les banquiers et, à mon retour, j’aurais récupéré mon bien avec un intérêt. Enlevez-lui donc le talent et donnez-le à celui qui en a dix » (Matthieu 25, 27-28).
Or, il est possible de porter du fruit, parce que Jésus-Christ a vaincu la mort et le péché, définitivement. C’est possible comme nous le montre l’exemple des saints de tant de générations qui nous ont précédés. Certains ont laissé des traces très durables de leur passage parmi nous, de leur sainteté. Nous pensons à cet athlète de la foi qu’a été saint Paul, qui a porté la lumière de l’Évangile aux païens, au monde non juif et grâce à qui nous sommes chrétiens.

(à suivre…)

jeudi 13 octobre 2011

La guérison du fils de l’officier royal (6)


La guérison du fils de l’officier royal (6)

Paul et Silas agiront de même quand, délivrés miraculeusement des liens qui les tenaient enchaînés en prison à Philippe, ils « annoncèrent la Parole de Dieu » à leur gardien, « ainsi qu’à toux ceux qui étaient dans sa maison » (Actes 16, 33). Lequel geôlier « les fit ensuite monter chez lui, leur servir à manger et se réjouit avec sa famille d’avoir cru en Dieu » (Actes 16, 34).
Ce fut encore le cas à Corinthe. Mais il n’y a pas lieu de penser que les cas qui nous sont rapportés sont isolés. Il dut y en avoir beaucoup d’autres. Donc, à Corinthe aussi le même phénomène se reproduit : « Crispus, chef de synagogue, crut au Seigneur avec tous les siens » (Actes 18, 8). Et à Philippe, « une femme du nom de Lydie, marchande de pourpre de la ville de Thyatire, prosélyte (…), quand elle eût été baptisée, ainsi que ses gens » (Actes 16, 14-15), oblige Paul et Barnabé à demeurer chez elle.
Certes, de nos jours la conversion est un processus individuel et non collectif. Mais dans ces premiers temps où l’Église commençait à exister et devait remplir le monde jusqu’aux extrémités de la terre (cf. Actes 1, 8), l’Esprit Saint intervenait très directement pour que cette expansion se ne se fit pas au compte-goutte, mais fût rapide. C’est pourquoi l’auteur sacré souligne fréquemment que des groupes d’hommes et de femmes sont remplis de l’Esprit qui les prépare à accueillir ensuite la Vérité qu’est le Christ Seigneur (cf. Jean 14, 6). Ce sont à chaque fois de nouvelles Pentecôtes à taille réduite.
Oui, la conversion est personnelle. Mais la foi du centurion, tout comme la prédication et l’exemple des apôtres et des autres chrétiens, sont les vecteurs dont l’Esprit se sert pour retourner les âmes, c’est-à-dire pour les réorienter vers leur Créateur et leur faire retrouver, récupérer, le sens profond de leur existence.

(fin)

mardi 5 avril 2011

Les derniers temps (1)


Les derniers temps (1)

« Sachez ceci : dans les derniers jours surviendront de mauvais moments »(2 Timothée 3, 1). Que se passera-t-il ? L’Apôtre le précise au même Timothée : « Dans les derniers temps, certains abandonneront la foi pour s’attacher à des esprits trompeurs et à des enseignements inspirés par les démons » (1 Timothée 4, 1). Voilà qui est clair quant à l’action du diable dans le monde, qui se sert de certains hommes pour répandre le mal, tout comme Dieu se sert d’autres hommes pour faire le bien. Ils agiront ainsi « sous l’influence d’imposteurs hypocrites » (1 Timothée 4, 2), c’est-à-dire de gens qui ont conscience d’être dans le faux, mais qui en font leur profession, qui sont des professionnels de l’erreur. (lire la suite)
Saint Paul ne fait que relayer l’enseignement du Maître : « Il surgira de faux prophètes, qui induiront beaucoup de gens en erreur, et, l’iniquité allant grandissant, la charité du grand nombre se refroidira » (Matthieu 24, 11), au point que « quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc 8, 8). Une preuve que ces gens-là agissent au nom du démon, c’est qu’ils « opèrent de grands miracles et des prodiges, au point d’induire en erreur, s’il se pouvait, même les élus » (Matthieu 24, 24). Mais Dieu veille au grain… Il ne laissera pas ses enfants tomber dans les pièges du Malin, mais les tirera des mauvaises passes dans lesquelles ils peuvent se trouver, car il les aime foncièrement et parce qu’il veut par-dessus tout leur bien ; leur bien ici-bas, mais plus encore leur bonheur éternel auprès de Lui.

(à suivre…)

samedi 2 avril 2011

Aimer nos frères dans la foi (1)

Aimer nos frères dans la foi (1)

« Je rends grâce à Dieu » (2 Timothée 1, 3). Ce ne sont pas les motifs qui manquent pour le faire. Car, dans la vie, quand on la regarde sous un jour surnaturel, c’est-à-dire chrétien, tout est grâce, tout est don de Dieu. Et la fidélité et la sainteté de nos frères et de nos sœurs dans la foi, dont tant sont martyrs, encore de nos jours, sont en elles-mêmes des motifs de fierté et de reconnaissance. « Je rends grâce pour vous tous à mon Dieu, par Jésus-Christ, de ce qu’on publie votre foi dans le monde entier » (Romains 1, 8). En même temps que nous remercions Dieu, demandons-lui la grâce de la persévérance dans la foi et celle, (lire la suite) la plus importante de toutes, de la persévérance finale. « Ne cesse pas de demander la persévérance pour toi et pour tes compagnons d’apostolat. Notre adversaire, le démon, sait trop bien que vous êtes ses grands ennemis… et une chute dans vos rangs, comme il en est satisfait ! » (saint Josémaria, Chemin, n°924).
C’est ce que fait l’Apôtre. « Je rends grâce à Dieu (…) quand je fais constamment mémoire de toi, nuit et jour, dans mes prières » (2 Timothée 1, 3). Voilà qui est remarquable. Quand Paul parle de sa sollicitude pour toutes les Eglises (2 Corinthiens 11, 29), ce n’est pas une parole en l’air. Il parle de ce qu’il vit intensément.
Il s’agit d’une prière constante et intéressée. Elle est formulée pour le bien de son destinataire. En effet, Paul précise : « Nuit et jour nous prions instamment pour qu’il nous soit donné de vous revoir » (1 Thessaloniciens 3, 10), un désir qui taraude l’Apôtre tant qu’il est éloigné de ses chers fidèles : « Le désir en était grand », écrit-il (2 Timothée 2, 17). Désir qui s’étend à toutes les communautés chrétiennes et qui manifeste bien cette sollicitude pour toutes les Églises : « Je ne cesse de penser à vous à tout moment dans mes prières, demandant que me soit enfin accordée, si telle est la volonté de Dieu, de me rendre auprès de vous. C’est que j’ai le vif désir de vous voir pour vous communiquer quelque don spirituel qui puisse vous affermir » (Romains 1, 10-11). Paul n’agit pas pour lui-même, pour retirer des consolations de la compagnie des saints. Il désire vivement les voir pour poursuivre leur formation et les fortifier dans la foi.

(à suivre…)

vendredi 7 janvier 2011

Dieu nous console (2)


Dieu nous console (2)

Saint Paul peut préciser que sa vie de renoncement à toute ambition personnelle, qui le voit accablé de toute manière mais non écrasé, plongé dans l’inquiétude mais non dans le désespoir, pourchassé mais non délaissé, terrassé mais non anéanti (cf. 2 Corinthiens 3, 8-9), il vit « tout cela à cause de vous : pour que la grâce répandue à profusion fasse surabonder chez un plus grand nombre l’action de grâces à la gloire de Dieu » (2 Corinthiens 3, 15). Pour que les fidèles témoignent leur reconnaissance envers Dieu pour la générosité héroïque de Paul, source de leur consolation dans les propres épreuves et du salut que celles-ci contribuent à obtenir. (lire la suite)
Paul donne un exemple de don de soi poussé à l’extrême et de sollicitude constante pour les Eglises. « Soyez compatissants, comme votre Père est compatissant » (Luc 6, 36). Le Seigneur nous invite à faire preuve de miséricorde envers les hommes, envers tous les hommes, à transposer aux autres la miséricorde et la compassion qu’il ressent pour nous, pauvres pécheurs. Et il ajoute : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas mis en jugement ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés » (Luc 6, 37), « car c’est d’après le jugement que vous portez que vous serez jugés, et c’est avec la mesure que nous employez qu’on mesurera pour vous » (Matthieu 7, 2). D’où cette règle d’or : « Pardonnez, et vous obtiendrez le salut » (Luc 6, 37), règle qui s’applique à toutes les circonstances et envers tous nos semblables. Elle ne souffre aucune exception.
Nous pouvons avoir l’impression que c’est trop difficile pour nous, que cela dépasse nos forces. Portant, nous trouverons Dieu pourvu que nous le cherchions « de tout notre cœur et de toute notre âme » (Deutéronome 4, 29). Et que nous allions le chercher là où il se trouve, c’est-à-dire dans l’Eucharistie, dans la sainte messe et la sainte communion, pourvu que nous soyons disposés à le recevoir dignement.
Que le monde nous complique l’existence ou la facilite, qu’il nous permette d’exprimer notre foi ou qu’il y fasse obstacle, qu’il nous loue – ce qui arrive rarement – ou qu’il nous calomnie, qu’importe. Dieu est et reste notre consolation et notre force. Si nous le cherchons sincèrement, nous le trouvons. Il nous dit : « Prenez confiance, j’ai vaincu le monde » (Jean 16, 33). Nous avons là l’optimisme chrétien, qui déplace les montagnes (cf. Marc 11, 23).

(fin)

lundi 27 décembre 2010

La joie chrétienne (1)


La joie chrétienne (1)

« Tu es mon Dieu : aie pitié de moi, Seigneur, car je crie vers toi tout le jour. Réjouis l’âme de ton serviteur, car vers toi, Seigneur, j’élève mon âme » (Psaume 86, 3-4). Dieu seul peut la combler d’une joie authentique. « Je parviendrai à l’autel de Dieu, au Dieu qui est ma joie et mon allégresse » (Psaume 43, 4). L’union à Dieu rend l’homme heureux. L’adhésion à la foi nous plonge dans la vraie joie.
C’est ce que nous constatons chez la Vierge Marie : « La foi est la grandeur de Marie, comme le proclame joyeusement Elisabeth : Marie est « bénie entre toutes les femmes », « béni est le fruit de son sein », car elle croit et elle vit de manière unique la « première » des béatitudes, la béatitude de la foi. Elisabeth le confesse dans sa joie et dans celle de l’enfant qui tressaille en son sein : (lire la suite) « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Luc 1, 45) » (Benoît XVI, Homélie pour l’Assomption, 15 août 2010).
La foi comporte l’adhésion aux vérités que Dieu a révélées tout au long de l’histoire et, en particulier, « dans ces temps qui sont les derniers », quand il « nous a parlé par son Fils » (Hébreux 1, 2). Qui dit adhésion aux vérités dit adhésion à Dieu lui-même, qui « est la Vérité » (Jean 14, 6), découverte de Dieu, auteur de notre vie, Celui qui est notre Père et qui nourrit pour nous des projets fabuleux de vie éternelle. « Le christianisme n’annonce pas seulement un quelconque salut de l’âme dans un au-delà imprécis, dans lequel tout ce qui, en ce monde, a été précieux et cher pour nous serait effacé, mais il promet la vie éternelle, « la vie du monde à venir » : rien de ce qui est précieux et cher pour nous ne sera perdu, mais trouvera sa plénitude en Dieu » (Benoît XVI, Ibid.).
L’on comprend dans ce contexte les appels récurrents de saint Paul à la joie, alors même que les chrétiens étaient soumis à des persécutions. « Au demeurant, mes frères, réjouissez-vous devant le Seigneur. (…) Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! Je le répète, réjouissez-vous ! » (Philippiens 3, 1 ; 4, 4). Et encore, en conclusion à sa seconde lettre aux Corinthiens, « au reste, frères, soyez dans la joie » (13, 11).

(à suivre…)

mardi 14 décembre 2010

Le monde a besoin de la croix (1)

Le monde a besoin de la croix (1)

Saint Paul prêche Jésus et Jésus crucifié : « Je n'ai pas jugé que je dusse savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens 2, 2). Il précise : « Nous, nous prêchons un Christ crucifié ». Il est bien conscient que c’est « scandale pour les Juifs et folie pour les Gentils » (1 Corinthiens 23, 1). Mais cela ne l’arrête pas. « Car si quelqu'un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous vous avons prêché, ou si vous recevez un autre esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre évangile que celui que vous avez embrassé » (2 Corinthiens 11, 4), qu’il soit écarté de la communauté.
(lire la suite)
Scandale, folie… Et pourtant, « le bois de la Croix est devenu l’instrument de notre rédemption, tout comme l’arbre dont elle a été tirée a entraîné la Chute de nos premiers parents. La souffrance et la mort, qui ont été la conséquence du péché, sont devenus les moyens mêmes par lesquels le péché a été vaincu ». Voilà ce que Benoît XVI déclarait au cours de son voyage pastoral à Chypre (Homélie dans la paroisse Sainte-Croix, Nicosie, 5 juin 2010), une terre évangélisée par saint Paul. Il ajoutait que « l’agneau innocent a été immolé sur l’autel de la Croix, et une vie nouvelle a jailli alors de l’immolation de la victime : le pouvoir du mal a été détruit par le pouvoir de l’amour qui s’offre en sacrifice ».
Le pape laisse ainsi entrevoir l’aspect éminemment positif de la Croix. Parce que ce n’est pas un malfaiteur quelconque, redevable à la justice humaine, qui y a été cloué, mais le Fils de Dieu en personne, sa signification a changé du tout au tout : « C’est en effet un instrument de torture, de souffrance et d’échec mais, en même temps, elle exprime la complète transformation, le renversement définitif de ces afflictions : c’est ce qui en fait le symbole d’espérance le plus éloquent que le monde ait jamais vu. »

(à suivre…)