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mardi 13 novembre 2007

Les obseques chretiennes (2)

Les obsèques chrétiennes (2)

La piété populaire (...) a retenu l’inhumation comme modèle de sépulture pour le fidèle. En effet, celle-ci évoque, d’une part, la terre d’où l’homme est tiré (cf. Genèse 2, 6), et à laquelle il doit retourner (cf. Genèse 3, 19 ; Siracide 17, 1) et, d’autre part, elle se réfère à la sépulture de Jésus, grain de blé tombé en terre, qui a porté beaucoup de fruits (cf. Jean 12, 24).
Toutefois, à notre époque, la pratique de l’incinération se répand pour des raisons liées aux transformations des conditions de vie et d’environnement. (lire la suite) À ce propos la législation ecclésiastique dispose que « à ceux qui ont choisi l’incinération de leur corps, on accordera les funérailles chrétiennes, sauf s’il est évident qu’ils ont fait ce choix pour des motifs contraires à la foi chrétienne ». Les fidèles qui ont fait ce choix sont expressément invités à ne pas conserver les urnes des défunts de leurs familles dans leur maisons, mais à leur donner une sépulture décente, jusqu’à ce que Dieu fasse resurgir ceux qui reposent dans la terre et que la mer rende les morts qu’elle contient (cf. Apocalypse 20, 13).

Les autres suffrages
L’Église offre le sacrifice eucharistique pour les défunts, non seulement au moment des funérailles, mais aussi le jour anniversaire de leur mort, spécialement le troisième, ou le septième ou encore le trentième jour après leur décès. La célébration de la Messe pour le repos de l’âme d’un défunt, que l’on a connu sur cette terre, est la manière chrétienne de se souvenir et de prolonger, dans le Seigneur, la communion avec ceux qui ont franchi le seuil de la mort. De plus, le 2 novembre, l’Église réitère l’offrande du saint sacrifice pour tous les fidèles défunts, pour lesquels elle célèbre aussi la Liturgie des Heures.
Au cours de la célébration de l’Eucharistie et de celle des Vêpres, l’Église ne manque jamais d’élever une prière de supplication quotidienne vers le Seigneur, pour qu’il accorde « aux fidèles qui nous ont précédés, marqués du signe de la foi, et [...] à tous ceux qui reposent dans le Christ, la joie, la lumière et la paix ».
Il est donc important d’éduquer les sentiments des fidèles sur le sens qu’il convient d’attribuer à la mort de leurs propres défunts, à partir de la célébration eucharistique, et, ainsi, leur expliquer le véritable sens de la prière de l’Église, qui vise à obtenir que les défunts de tous les temps et en tous lieux, soient associés à la gloire du Christ ressuscité […].

Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 17 décembre 2001, n° 252-255.

lundi 12 novembre 2007

Les obseques chretiennes (1)


Les obsèques chrétiennes (1)

Les obsèques chrétiennes comprennent, selon les différentes traditions, trois moments essentiels, même si les conditions de vie dans les villes imposent souvent de réduire leur nombre à deux, voire à un seul :
- La veillée de prière dans la maison du défunt, ou, selon les circonstances, dans un autre lieu adapté, durant laquelle les parents, les amis et les fidèles élèvent vers Dieu des prières en faveur du défunt, écoutent « les paroles de la vie éternelle » et, à la lumière de ces dernières, dépassent les seules prospectives offertes par le monde (lire la suite) d’ici-bas, pour se tourner vers les promesses authentiques fondées sur la foi dans le Christ ressuscité. La veillée de prières a aussi pour but d’apporter du réconfort aux proches du défunt, et d’exprimer la proximité des chrétiens à leur égard, selon les paroles de l’Apôtre : « Pleurez avec ceux qui pleurent » (Romains 12, 15).
- la célébration de l’Eucharistie, qui est très souhaitable quand elle est possible. Durant cette sainte messe, la communauté ecclésiale écoute « la parole de Dieu qui proclame le mystère pascal, donne l’espérance de se revoir dans le Royaume de Dieu, ravive la piété envers les défunts et exhorte au témoignage d’une vie vraiment chrétienne ». Celui qui préside commente la Parole durant une homélie « qui doit éviter la forme et le style d’un éloge funèbre ». Dans l’Eucharistie, « l’Église, telle une Mère, exprime sa communion effective avec le défunt : en offrant au Père et dans l’Esprit Saint, le sacrifice de la Mort et de la Résurrection du Christ, elle demande que son enfant soit purifié de ses péchés et de leurs conséquences, et qu’il soit admis à la plénitude pascale des noces éternelles dans le Royaume ». Une lecture attentive de la Messe des obsèques permet de comprendre à quel point la Liturgie exprime que l’Eucharistie est le banquet eschatologique, le vrai refrigerium chrétien du défunt.
- le rite de l’adieu, le cortège funèbre et la sépulture : le rite de l’adieu (ad Deum) au défunt est la « recommandation » de son âme à Dieu de la part de l’Église, « l’ultime salutation adressée par la communauté chrétienne à l’un de ses membres avant la sépulture de son corps ». Le cortège funèbre manifeste que la Mère Église, qui, sacramentellement, a porté le chrétien dans son sein tout au long de son pèlerinage sur la terre, désire accompagner son corps durant son repos dans l’attente du jour de la résurrection (cf. 1 Corinthiens 15, 42-44). […]

(à suivre...)