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samedi 14 avril 2012

Le pardon (1)


Le pardon (1)

« Alors Pierre s’approcha et lui dit : « Seigneur, si mon frère pèche contre moi, combien de fois devrai-je lui pardonner ? » (Matthieu 18, 21). Il a pris le temps de méditer sur la prière que le Seigneur leur a enseignée un jour, à la demande de ses apôtres : « Seigneur, apprend-nous à prier, comme Jean a appris à ses disciples » (Luc 11, 1). Le « Notre Père » qu’il leur a remis alors contient cette demande : « Remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs » (Matthieu 6, 12), ou bien « remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit » (Luc 11, 4). Quel contraste vigoureux avec la loi du talion alors en vigueur ? Cela avait fortement frappé ses auditeurs. Jésus les avait d’ailleurs préparés en leur annonçant : « N’allez pas croire que je sois venu abroger la Loi ou les Prophètes. Je ne suis pas venu les abroger, mais les parfaire » (Matthieu 5, 17). Et il avait alors précisé : (lire la suite) « Vous avez entendu qu’il a été dit : « Œil pour œil, dent pour dent. » Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Quelqu’un te frappe-t-il sur la joue droite, présente-lui encore l’autre » (Matthieu 6, 38-39).
Nous imaginons facilement Pierre et les autres apôtres réfléchissant à cet horizon exigeant de pardon et de charité que Jésus met sous leurs yeux. Mais Simon-Pierre n’a pas encore pleinement saisi que « Dieu est Amour » (1 Jean 4, 16), et qu’il va les aimer jusqu’au bout (cf. Jean 13, 1), indiquant par là comment ils doivent s’aimer les uns les autres (cf. Jean 13, 34). Il pense qu’il doit quand même y avoir une limite à ce pardon du prochain, et que si celui-ci récidive dans le mal, le moment arrive où l’on n’est plus tenu de pardonner, car la situation est devenue réellement intolérable. Il se dit qu’il va interroger le Seigneur sur ce point. Il tourne et retourne sa question afin de ne pas paraître ridicule. Il pense calculer large et il formule sa demande avec une portée qui lui semble très exagérée, avec le secret espoir que Jésus rabaissera la barre et sera plus coulant : « Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et que j’aie à lui pardonner ? Est-ce jusqu’à sept fois ? » (Matthieu 18, 21). Jusqu’à sept fois. Cela lui paraît considérable. Il n’envisage pas l’hypothèse qu’il puisse s’agir de sept fois le même jour ! Ca non ! Mais sept fois dans la vie, c’est déjà héroïque de son point de vue. Il faut bien reconnaître que dans le milieu ambiant cela passera effectivement pour de la folie.

(à suivre…)

dimanche 18 juillet 2010

Aller à la maison de Dieu (4)

Aller à la maison de Dieu (4)

« A cause de mes frères et de mes amis je dirai : Paix sur toi ! » (Psaume 122, 8). Parce que je veux le bien de tous, que tous découvrent le vrai Dieu, non seulement Jésus-Christ, mais aussi avec lui le Père et le Saint-Esprit. Comme je voudrais que tous soient mes amis, parce qu’ils seraient d’abord devenus les amis de Dieu ! Nous voulons la paix pour tous. La paix entre les nations, la paix entre les groupes humains, si difficile à obtenir, à ce qu’il semble. Mais ce n’est guère étonnant. Car, pour y parvenir, le préalable est la paix avec Dieu. Et comme peu s’en soucient, les conséquences sont là. Pourtant Jésus nous a donné sa paix, il nous l’a confiée. Il a précisé : (lire la suite) « Que vos cœurs ne soient pris ni par l’émoi ni par la frayeur » (Jean 14, 27). Il ne s’agit pas d’une paix factice, fragile, que les hommes peuvent facilement remettre en cause. C’est la Paix de Celui qui est installé à demeure dans le Bien, et qui veut notre bien, notre bonheur.
« A cause de la maison de Yahvé, notre Dieu, je demanderai le bonheur pour toi » (Psaume 122, 9). En raison de l’Eglise, de la sainteté de l’Epouse immaculée du Christ, je demande le bonheur pour tous les hommes, ce bonheur qui ne peut exister qu’à partir de l’union avec Dieu. Seigneur, change notre cœur. Convertis-nous. Car sans toi, hors de toi, nous courons à notre ruine et à l’effondrement. Fais de nous des artisans de paix, de ces gens qui, du coup, sont appelés à plein titre fils de Dieu (Matthieu 5, 9). Tu as indiqué, Seigneur, le lien entre la paix et la filiation divine. Les hommes de Dieu sont des hommes de paix. Voilà qui est dit. Nous apprenons à vivre en bonne entente avec tous, plutôt que de nous quereller avec celui qui nous frappe sur la joue droite (Matthieu 5, 39). La paix est à ce prix. Il faut savoir encaisser des coups avec humilité, ne pas rétorquer en obéissant à la loi du talion. Le Christ a mené la Loi à sa perfection, il l’a sublimée en l’ouvrant au pardon des offenses, sur la patience, sur l’amour de bienveillance pour autrui.
Donne-leur la paix, Seigneur, afin qu’ils puissent aussi être comptés au nombre de tes enfants et éprouver la saine fierté d’être enfants de Dieu ! Nul ne peut ressentir d’aspiration plus noble que celle-là. Enfant de Dieu ! Ce n’est pas rien ! Et si nous en prenons davantage conscience, les conflits, qui ont leur origine dans l’orgueil, disparaissent comme par enchantement. Nous n’en voulons à personne et nous voulons le bien de chaque personne.

(fin)