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dimanche 26 février 2012

Humilité (6)


Humilité (6)

« Voici que tu veux que la sincérité soit dans le cœur, au dedans de moi, fais-moi connaître la sagesse. Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que 1a neige » (Psaume 51, 8-9). « Venez à moi et discutons ensemble, dit le Seigneur : si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine » (Isaïe 1, 18). Vous voyez bien qu’il n’y a pas lieu d’avoir honte de les confesser en toute sincérité. C’est une invitation à confronter notre conscience à la loi de Dieu, à ses commandements, à procéder à un examen de conscience sérieux, objectif, profond, exigeant aussi… Puis à venir en parler au Seigneur - « Venez à moi et discutons ensemble » - dans le sacrement de la réconciliation. Il nous dit ici les sentiments qui l’animent alors. Il ne veut pas nous condamner, mais nous pardonner et nous donner une forte accolade. Il ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il vive et qu’il vive éternellement avec lui dans la gloire ! (lire la suite)
« Prends garde de te laisser égarer et de te faire écraser par ta sottise » (Siracide 13, 8). « Humiliez-vous donc sous la main puissante de Dieu pour qu’il vous élève en temps voulu » (1 Pierre 5, 6). Sa main n’est pas pesante, mais nous bénit. C’est une main secourable : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai. Prenez sur vous mon joug, et recevez mes leçons : je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes, car mon joug est doux et mon fardeau léger » (Matthieu 11, 28-30). Et où existe-t-il un plus grand fardeau que celui de nos péchés ?
« Quiconque s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé » (Luc 14, 11). Et Dieu veut nous élever en temps voulu, au moment qu’il a fixé de toute éternité dans son Amour, nous élever jusqu’à Lui, là où notre Seigneur est remonté nous préparer une place ; notre place (cf. Jean 14, 3-4).
« Au contraire, quand on t’invitera, va te mettre à la dernière place, si bien que, lorsqu’arrivera celui qui t’a invité, il te dira : « Mon ami, monte plus haut ! » (Luc 14, 10). Nous imaginons le regard que Jésus porte sur nous, les hommes, et à quel point l’attitude des humbles lui va droit au cœur. Il découvre aussitôt celui qui s’est mis volontairement à la dernière place, persuadé de n’être rien, qu’un pauvre pécheur, de ne rien mériter, et il s’empresse de lui attribuer la meilleure place, de le mettre tout près de lui pour qu’il soit plus heureux encore, pour qu’il puisse bénéficier de cette proximité et de ne rien perdre de ses gestes et de ses paroles. « Ce sera alors un honneur pour toi aux yeux de tous les convives » (Luc 14, 10).

(à suivre…)

lundi 13 juin 2011

Zachée (6)


Zachée (6)

Au fond Zachée n’est pas un mauvais bougre. Il connaît ses lettres. Il se rappelle sans doute le passage du livre de l’Exode : « Si un homme dérobe un bœuf ou un agneau et qu'il l'égorge ou le vende, il restituera cinq bœufs pour le bœuf, et quatre agneaux pour l'agneau » (21, 37). Il fait une déclaration solennelle en présence de notre Seigneur, qui l’engage fortement. Il sait bien que par devers lui la formule « Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens » (Luc 19, 8), est une litote, et qu’il devra effectivement compenser largement nombre de ses administrés qu’il a pressurés indûment. Mais il est décidé à le faire. Et c’est ce qui compte. (lire la suite)
Nul n’est impeccable. Mais de chacun le Seigneur attend qu’il se repente et se convertisse. Et une conversion sincère et réelle comporte nécessairement la ferme résolution de réparer les torts causés, au du moins d’en prendre les moyens.
Jésus a écouté avec une grande satisfaction cette promesse de Zachée, et en rend grâce à son Père. Puis il dit au publicain repenti : « Le salut est arrivé aujourd'hui pour cette maison, parce que lui aussi est fils d'Abraham » (Luc 19, 9). Et, à ce titre, il peut faire l’objet des bénédictions de Dieu : « Vous êtes, vous, les fils des prophètes et de l'alliance que Dieu a conclue avec vos pères, lorsqu'il a dit à Abraham : Et en ta postérité seront bénies toutes les familles de la terre. C'est à vous premièrement que Dieu, ayant suscité son serviteur, l'a envoyé pour vous bénir, en détournant chacun de vous de ses iniquités » (Actes 3, 25-26). C’est bien ce dit le Seigneur quand il affirme qu’il a été envoyé auprès des brebis perdues d’Israël » (Matthieu 15, 24). Et Zachée était du nombre. Plus que d’autres peut-être, quoique l’endurcissement du cœur des pharisiens montre que ceux-ci sont encore plus nécessiteux du pardon de Dieu. Mais c’est une « engeance de vipères » (Matthieu 23, 32) qui ne veut pas se convertir.
« Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix ; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va : ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit » (Jean 3, 8). Le fait de descendre d’Abraham n’est pas un titre qui exempterait de lutter pour mener une vie droite. Ce n’est pas davantage un certificat de garantie d’une vie authentiquement conforme à la Loi et réglée suivant les commandements de Dieu. Le Seigneur réclame des œuvres de sincérité, donc une lutte pour vivre in novitate sensu, « en renouvelant votre esprit » (Romains 12, 2).

(à suivre…)

jeudi 17 février 2011

La connaissance de soi (2)


La connaissance de soi (2)

Le manque d’envie de faire l’examen de conscience, ou la paresse de prendre du temps pour cela, deux ou trois minutes seulement, est clairement une tentation du diable, qui veut nous dissuader de recourir à ce moyen efficace de progrès spirituel qui ne fait pas son affaire. « Il redouble de travail et d’effort pour ne pas nous laisser examiner notre cœur, car il n’ignore aucun des bienfaits que l’âme obtient par cet examen quotidien » (Hésiche, De temperantia et virtute 1, 30). (lire la suite)
Le démon est vraiment le premier ennemi de notre sainteté et il fait tout pour nous décourager de lutter, pour nous détourner de l’effort. Or, le fait de négliger la lutte et de ne pas rectifier ce qui dévie dans notre existence fait que notre âme est peu à peu ravagée par le mal et tombe en friche, au lieu de donner « du fruit en abondance » (Jean 15, 8), et un fruit « qui soit durable » (Jean 15, 16). « Je suis passé près du champ d’un paresseux et près de la vigne d’un insensé. Et voici : les orties y croissaient partout, les chardons en couvraient la surface, et le mur de pierre était écroulé » (Proverbes 24, 30). Tel est l’état de l’âme qui se laisse aller, un état déplorable. La grâce n’y produit plus d’effets. Cette âme est toute prête à être la proie du diable.
Tournons-nous humblement vers le Seigneur, et confrontons notre attitude à celle du Seigneur. Demandons à Dieu d’arriver à être sincères envers nous-mêmes. « Yahvé est près de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent d’un cœur sincère. Il accomplira le désir de ceux qui le craignent, et il entendra leur cri et il les sauvera » (Psaume 145, 18-19). L’âme devient alors un champ luxuriant, qui produit toutes sortes de bonnes œuvres. Se connaissant mieux, elle approfondit aussi la connaissance de Dieu, dont elle rejoint l’image qui se trouve en elle, et tout ce qu’elle fait contribue à fortifier le corps mystique du Christ qu’est l’Eglise.

(fin)

dimanche 14 février 2010

La sincérité (3)

La sincérité (3)

C'est à la même conclusion que nous parvenons sans peine quand nous nous mettons en présence du Seigneur, quand nous nous laissons attirer à lui. Il ne nous déçoit jamais. Il nous fait comprendre que nous sommes aimés de lui, et compris. Qu'il vaut la peine de lui faire confiance et de lui donner tout notre cœur, même si celui-ci parfois se rebelle, si l'attrait de ce que nous avons laissé pour suivre le Maître se fait sentir par moments.
« Jésus reprit et lui dit : « C'est parce que je t'ai dit : Je t'ai vu sous le figuier, que tu crois ! Majus his videbis, tu verras de plus grandes choses » (Jean 1, 50). (lire la suite)
Le Seigneur promet d'autres bienfaits, « grâce après grâce », comme le dit saint Jean dans le prologue de son Évangile (1, 16). Et à et au monde entier il annonce : « En vérité, en vérité, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert et les Nathanaëlanges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme » (Jean 1, 51). Celui qui croit, celui qui met sa confiance en Dieu, celui qui s'attache à lui, le verra dans sa gloire, est promis au bonheur éternel. Car « quiconque aura laissé maisons, ou
frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, à cause de moi, en recevra bien des fois plus et aura en partage la vie éternelle » (Matthieu 10, 29).
Marie nous donne l'exemple de celle qui plus que tout autre s'est laissée gagner par le Seigneur, et a gagné l'Amour de Dieu par la simplicité de son Cœur immaculé. Elle s'est pleinement donnée à Dieu, se mettant d'accord avec Joseph pour garder sa virginité et faisant don à Dieu de sa maternité. Elle abandonnait ainsi la possibilité de devenir la Mère du Messie, ce qui était l'espoir de toute femme en Israël. Et voilà que Dieu, en reconnaisance pour cette générosité, lui rend sa maternité en lui demandant de devenir la Mère de son Fils, mais préserve sa Virginité en lui annonçant qu'elle concevra du Saint-Esprit.
Vraiment, comme saint Josémaria aimait à le souligner, Dieu ne se laisse pas gagner en générosité !

(fin)

samedi 13 février 2010

La sincérité (2)

La sincérité (2)

On comprend que Jésus ait donné la sincérité de Nathanaël en exemple. Car la sincérité est amie de Dieu, alors que le mensonge est l'allié du diable, qui est « menteur et père du mensonge » (Jean 8, 44).
Sans sincérité, tout progrès dans la vie intérieure est impossible. Il en coûte sans doute parfois. Mais c'est pourtant fondamental. Jésus ne loue pas les connaissances de Nathanaël ou d'autres de ses qualités. Il met l'accent sur la sincérité, sur le fait que c'est un homme qui n'est pas fourbe, en qui il n'y a pas de duplicité. Son « oui est oui » et son « non est non », « tout le reste vient du malin » (Matthieu 5, 37).
« Celui qui cache une tentation à son directeur partage un secret avec le diable. - Il est devenu l'ami de l'ennemi » (lire la suite) (saint Josémaria, Sillon, n° 323). Saint Josémaria conseillait aussi de commencer par dire ce que nous ne voudrions pas que l'on sache, c'est-à-dire de commencer par le plus dur, car tout le reste suit aisément. Adaptant l'exemple qu'il donnait, nous pourrions dire : Si quelqu'un doit aller d'un endroit à un autre éloigné en portant une grosse pierre sur le dos et des caillloux dans les poches, la première chose qu'il fait en arrivant, c'est de se délester de la pierre et non de vider ses poches.
C'est de cette façon que nous devons nous comporter dans la vie spirituelle. Et dans la vie tout court. Car il faut savoir dire avec simplicité et délicatesse ce que nous ressentons, comment nous voyons et percevons les événements et les personnes.
« De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » L'on nous dira ce qu'il faut faire. « Viens voir. » Va voir Jésus dans le tabernacle, va lui parler, lui ouvrir ton cœur. Il te connaît bien, très bien, bien mieux que tu ne te connais toi-même.
« Comment me connais-tu ? » demande Nathanaël (Jean 1, 48), qui n'a encore jamais rencontré Jésus ni entendu parler de lui. Ce qui est normal, puisqu'il vient à peine d'entamer sa vie publique et n'a pour l'instant pas accompli de miracle.
« Jésus répartit et lui dit : « Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu » (Jean 1, 48). Que faisait-il sous le figuier, ça, l'évangéliste ne nous le dit pas. Il se reposait peut-être du travail et cherchait un peu d'ombre bienfaisante. Mais Jésus l'avait vu de loin. Il l'avait vu et il le connaît. C'est cela qui étonne le plus Nathanaël. Mais, comme c'est un homme droit, qui peut se reconnaître dans le bref portrait que Jésus a brossé de lui, il n'hésite plus une seconde. Il comprend que Philippe a raison. Et il déclare, émerveillé et plein de reconnaissance : « Rabbi, c'est toi le Fils de Dieu, c'est toi le Roi d'Israël » (Jean 1, 49). Il n'hésite pas à recourir à des titres clairement messianiques.

(à suivre...)

vendredi 12 février 2010

La sincérité (1)

La sincérité (1)

En la fête de l'apôtre saint Barthélemy, l'Évangile nous remet en mémoire le récit de sa vocation. Il la doit à son ami Philippe, lui-même originaire de Bethsaïde, la ville d'André et de Pierre. C'est Jésus qui a appelé Philippe. Et maintenant, certain d'avoir rencontré le Messie, il s'empresse de communiquer cette nouvelle fabuleuse, tant attendue, à son ami Nathanaël, ou Barthélemy, qui lui, est originaire de Cana en Galilée (cf. Jean 21, 2).
Jésus est en route vers la Galilée avec ses premiers disciples. Il se rend précisément à Cana. Le lendemain va avoir lieu le miracle de l'eau changée en vin, lors du banquet auquel Jésus a été convié.
« Celui dont Moïse parle dans la Loi, ainsi que les Prophètes, nous l'avons trouvé : c'est Jésus, fils de Joseph, de Nazareth » (Jean 1, 45). Or, Nathanaël n'est pas le premier venu. (lire la suite) C'est un « vrai Israélite », quelqu'un qui est versé dans les Écritures, qui connaît bien la Loi et les Prophètes. Il sait qu'ils annoncent que le Messie naîtra, non pas à Nazareth en Galilée, mais à Bethléem en Judée (Michée 5, 1). C'est pourquoi il répond à Philippe par une interrogation dubitative : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » (Jean 1, 46).
Non seulement le Messie n'est pas annoncé comme venant de Nazareth, mais en plus la modeste bourgade de Nazareth ne semble pas jouir d'une très bonne réputation. Il n'y a rien de bon à attendre d'une telle ville. Alors, le Messie moins encore.
Il a dit les choses comme il les voit. Il a livré le fond de sa pensée. Il agit avec droiture et simplicité. Nous voyons qu'il est bien disposé au fait qu'il écoute son ami : « Viens voir » (Jean 1, 46). Il accompagne Philippe. Celui-ci n'a pas besoin de faire les présentations, car, en les voyant arriver, Jésus dit à ceux qui l'entourent, suffisamment fort pour que Nathanaël l'entende : « Voici vraiment un Israélite en qui tout est droit » (Jean 1, 47). Quel bel éloge. Jésus donne en exemple la sincérité et la simplicité de Nathanaël.

(à suivre...)

lundi 27 avril 2009

Être chrétien (3)

Être chrétien (3)

Le troisième exemple est tiré, cette fois-ci, de la vie. Un jour, un jeune homme, dont les évangélistes nous disent qu'il est un riche notable du lieu, aborde Jésus en lui demandant : « Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » (Matthieu 19, 16). Cela commence bien. Par rapport aux deux exemples précédents, nous avons là au moins quelqu'un qui est désireux de progresser sur la voie de la perfection. La suite du récit le confirme. Jésus lui rappelle les commandements. Ce à quoi l'homme répond : « Tout cela, je l'ai observé depuis ma jeunesse » (Luc 18, 21). « Que me manque-t-il encore ? » (Matthieu 19, 20). Il ressent vraiment une soif d'absolu, de dépassement, qui l'honore. (lire la suite)
C'est encourageant. Enfin, serions-nous enclins à dire, voici un exemple positif. Oui, mais... Jésus répond à cette attente qui est, soulignons-le, un fort désir de faire plus, d'aller au-delà de ce que les commandements de Dieu exigent. Il lui dit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donnes-en le produit aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis, viens et suis-moi » (Matthieu 18, 21).
Voilà qui est clair et qui répond parfaitement à la question. Une exigence avec, à la clé, une promesse : celle d'entrer dans le royaume des cieux, qui était précisément l'aspiration du jeune homme. Mais voilà, ce dernier ne s'attendait pas à cela. Il n'avait pas envisagé un seul instant que la sainteté dont il rêvait pouvait passer par le dépouillement de ses richesses : « Ayant entendu ces paroles, le jeune homme s'en alla tout affligé, car il avait beaucoup de biens » (Matthieu 18, 22).
Le christianisme n'est évidemment pas cela. Ce n'est pas un service à la carte, selon nos penchants et qui flatte nos goûts. Le christianisme c'est, comme Jésus l'indique à ce pauvre jeune déjà vieilli, suivre le Christ en renonçant à soi-même et aux biens de ce monde, pour s'attacher à lui et recevoir les biens impérissables.
Quand on refuse de franchir le pas, d'accomplir en tout la Volonté sainte de Dieu, alors l'âme s'emplit de tristesse et d'amertume. Elle laisse passer ici le trésor incalculable des cieux pour accorder plus de valeur aux pacotilles de la terre. Ce danger de nous attacher aux choses matérielles existe bel et bien. La société de consommation fait entièrement pression sur nous en ce sens.
Il ne suffit donc pas d'être un homme droit et sincère. Car le risque de blocage est réel : si l'on nous demande au nom de Dieu ce à quoi nous ne nous attendons pas, ce que nous n'avons ni prévu ni programmé, alors c'est « tout, mais pas cela » ! Eh bien si ! C'est justement cela que Dieu demande. Et si nous refusons de le suivre dans sa logique, l'âme broie du noir et perd espoir. Quel gâchis !

(à suivre...)

samedi 18 avril 2009

La sincérité (4)

La sincérité (4)

L'enseignement de la parabole des deux fils à qui leur père demande d'aller travailler à la vigne qui a servi de trame à notre réflexion de ces jours-ci (Matthieu 21, 28-32), vaut aussi pour nous. Nous nous disons catholiques, mais les sondages d'opinion montrent que beaucoup ne croient pas en l'existence de la Sainte Trinité, à la présence réelle de Dieu dans l'Eucharistie, à la virginité perpétuelle de la très Sainte Vierge, à l'existence du diable et de l'enfer, etc.
Nous sommes alors comme le fils qui dit « oui » et qui ne bouge pas, une pure façade, mais une façade qui, sans doute, scandalise (lire la suite) les autres, car ils sont en droit de trouver la vérité auprès de nous. « Voyant un figuier sur le chemin, il s'en approcha, mais il n'y trouva que des feuilles, et il lui dit : « Que jamais plus aucun fruit ne naisse de toi ! » Et sur le champ le figuier se dessécha » (Matthieu 21, 19). En réalité, comme le pape Benoît XVI le souligne dan son encyclique sur l'espérance Spe salvi, « nos existences sont en profonde communion entre elles, elles sont reliées l'une à l'autre au moyen de multiples interactions. Nul ne vit seul. Nul ne pèche seul. Nul n'est sauvé seul » (n° 48). Autrement dit, « notre agir n'est pas indifférent devant Dieu et il n'est donc pas non plus indifférent pour le déroulement de l'histoire » (Ibid., n° 35).
Apprenons donc à nous méfier de nous et de nos réactions. Ayons la sagesse de faire chaque soir un examen de conscience pour identifier nos torts, nos réactions trop humaines, et rectifier en demandant pardon à Dieu, qui nous l'accordera toujours, et en prenant une petite résolution.

(fin)

vendredi 17 avril 2009

La sincérité (3)

La sincérité (3)

Reconnaître ses limites, ses faiblesses, les tentations, est salutaire, parce que, en nous connaissant et en nous acceptant tels que nous sommes, nous pouvons, à l'aide des moyens surnaturels, réagir, rectifier et nous replonger intensément dans la tâche qui nous revient, et qui n'est pas seulement, le cas échéant, une nécessité inéluctable, mais avant tout, pour celui qui sait aimer, une occasion sans cesse renouvelée de se sanctifier, de sanctifier les autres et de sanctifier le monde, comme saint Josémaria n'a cessé de l'enseigner.
Le père de famille de la parabole ayant essuyé un refus de la part d'un de ses fils, adresse la même requête à l'autre, qui lui répond : « Je (vais), seigneur, » et il n'alla pas » (Matthieu 21, 29). (lire la suite)
Voici quelqu'un qui est tout feu tout flamme, mais velléitaire. Il se peut qu'il manque aussi de sincérité, c'est-à-dire qu'il n'ait pas le courage de dire franchement à son père ce qu'il pense, à savoir qu'il n'a nullement l'intention de se rendre à la vigne parce qu'il a, par exemple, rendez-vous avec des amis. S'il le disait, tout serait clair et la confiance régnerait. Son père l'aurait compris et lui aurait dit de ne pas s'en faire. Face au premier qui refuse et au second qui est pris, il se serait peut-être résigné à aller lui-même travailler à la vigne, ou aurait attendu le lendemain pour reposer sa question.
« Coepit facere et docere », Jésus se mit d'abord à agir et, ensuite, à enseigner. Toi et moi, nous devons rendre ce témoignage de l'exemple, parce que nous ne pouvons mener une double vie : nous ne pouvons pas enseigner ce que nous ne pratiquons pas. En d'autres termes, nous devons enseigner ce que, pour le moins, nous nous efforçons de pratiquer » (saint Josémaria, Forge, n° 694). La cohérence de vie va de pair avec la sincérité. « Lequel des deux a fait la volonté du père ? demande Jésus à son auditoire — « Le dernier », disent-ils » (Matthieu 21, 30). La conclusion est abrupte : « Jésus leur dit : « Je vous le dis en vérité, les publicains et les courtisanes vous devancent dans le royaume de Dieu » (v. 31). Il s'explique : « Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui ; mais les publicains et les courtisanes ont cru en lui ; et vous, qui avez vu, vous ne vous êtes pas repentis même par la suite pour croire en lui » (v. 32). Les pharisiens disent qu'ils attendent le Messie. Mais quand celui-ce se présente à eux et réalise des prodiges qui accomplissent manifestement les promesses messianiques, ils refusent de croire en lui.

(à suivre...)

jeudi 16 avril 2009

La sincérité (2)

La sincérité (2)

Le fils reconnaît qu'il a mal fait de refuser d'obéir à son père dans quelque chose qui, au fond, est simple à faire. Des pensées égocentriques lui étaient venues à l'esprit, comme autant de justifications, de bonne raisons pour agir à sa guise. Il a compris qu'il a tort. « Obéis sans toutes ces « cogitations » inutiles… Manifester de la tristesse ou un manque d’envie devant ce qui est commandé est une faute de taille. Mais le ressentir, sans plus, non seulement ce n’est pas une faute mais ce peut être l’occasion d’une grande victoire, le couronnement d’un acte de vertu héroïque. Ce n’est pas moi qui l’invente. Tu te rappelles ? L’Évangile raconte qu’un père de famille donna la même charge à ses deux fils… Et malgré les difficultés (lire la suite) qu’il avait lui-même soulevées, celui des deux qui l’accomplit remplit Jésus de joie ! Et il le réjouit parce que la discipline est le fruit de l’Amour » (saint Josémaria, Sillon, n° 378).
« Par la suite, s'étant repenti, il y alla » (Matthieu 21, 30). Il remporte une grande victoire sur lui-même et démontre, dans les faits, qu'en dépit de ses défauts évidents il sait aimer pour de bon, il sait rectifier.
Parfois, cette rébellion contre l'autorité, contre les dispositions concernant notre travail ou notre apostolat, peut intervenir alors que nous nous sommes déjà mis à la tâche. C'est l'envie de tout envoyer promener, de faire tout sauf ce que nous avons à faire, d'arrêter plus tôt que prévu ou de bâcler le travail, d'en faire le moins possible... Beaucoup de gens « envisagent leurs occupations comme une nécessité dont ils ne peuvent s’évader. Face à cette vision des choses étriquée, égoïste, terre à terre, nous devons, toi et moi, nous rappeler et rappeler aux autres que nous sommes des enfants de Dieu auxquels notre Père a adressé une invitation identique à celle que reçurent les personnages de la parabole évangélique : Mon enfant, va-t’en aujourd’hui travailler à ma vigne (Matthieu 21, 28) Je vous assure que si nous nous efforçons, jour après jour, d’envisager nos obligations personnelles comme une requête divine, nous apprendrons à terminer notre travail avec la plus grande perfection humaine et surnaturelle dont nous serons capables. Il se pourrait que nous nous rebellions, un jour, comme l’aîné qui répondit : Je ne veux pas (Matthieu 21, 29). Mais nous saurons réagir, repentis, et nous nous consacrerons alors avec une ardeur renouvelée à l’accomplissement de notre devoir » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 57).

(à suivre...)

mercredi 15 avril 2009

La sincérité (1)

La sincérité (1)

Jésus nous demande de réfléchir, à l'aide d'une parabole : « Que vous en semble ? Un homme avait deux fils. Abordant le premier, il lui dit : « Mon fils, va travailler aujourd'hui dans la vigne. Il répondit : « Je ne veux pas » ; mais par la suite, s'étant repenti, il y alla » (Matthieu 21, 28.30). La demande de son père n'est pas du goût de son fils. Celui-ci avait envie de se reposer, il était occupé à une autre tâche ou, tout simplement, il n'avait pas envie de se fatiguer et de travailler à ce moment-là. Il n'éprouve pas de goût pour ce qui constitue souvent son occupation. Mais la vigne ne peut pas attendre, (lire la suite) il faut s'en occuper, aujourd'hui aussi. Et il le sait. Il a dit « non », mais il se ravise, « s'étant repenti ». Le texte latin dit paenitentia motus, poussé par un esprit de pénitence, c'est-à-dire regrettant profondément sa réponse précipitée. Il se rend compte qu'il a agi par égoïsme. Et il s'en veut d'avoir été aussi irréfléchi, aussi primaire. « La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelées animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur) (cf. Concile de Trente ; Catéchisme du concile de Trente).

mardi 22 juillet 2008

La sincerite (4)

La sincérité (4)

L'enseignement de la parabole des deux fils à qui leur père demande d'aller travailler à la vigne qui a servi de trame à notre réflexion de ces jours-ci (Matthieu 21, 28-32), vaut aussi pour nous. Nous nous disons catholiques, mais les sondages d'opinion montrent que beaucoup ne croient pas en l'existence de la Sainte Trinité, à la présence réelle de Dieu dans l'Eucharistie, à la virginité perpétuelle de la très Sainte Vierge, à l'existence du diable et de l'enfer, etc.
Nous sommes alors comme le fils qui dit « oui » et qui ne bouge pas, une pure façade, mais une façade qui, (lire la suite) sans doute, scandalise les autres, car ils sont en droit de trouver la vérité auprès de nous. « Voyant un figuier sur le chemin, il s'en approcha, mais il n'y trouva que des feuilles, et il lui dit : « Que jamais plus aucun fruit ne naisse de toi ! » Et sur le champ le figuier se dessécha » (Matthieu 21, 19). En réalité, comme le pape Benoît XVI le souligne dan son encyclique sur l'espérance Spe salvi, « nos existences sont en profonde communion entre elles, elles sont reliées l'une à l'autre au moyen de multiples interactions. Nul ne vit seul. Nul ne pèche seul. Nul n'est sauvé seul » (n° 48). Autrement dit, « notre agir n'est pas indifférent devant Dieu et il n'est donc pas non plus indifférent pour le déroulement de l'histoire » (Ibid., n° 35).
Apprenons donc à nous méfier de nous et de nos réactions. Ayons la sagesse de faire chaque soir un examen de conscience pour identifier nos torts, nos réactions trop humaines, et rectifier en demandant pardon à Dieu, qui nous l'accordera toujours, et en prenant une petite résolution.

(fin)

dimanche 20 juillet 2008

La sincerite (3)

La sincérité (3)

Reconnaître ses limites, ses faiblesses, les tentations, est salutaire, parce que, en nous connaissant et en nous acceptant tels que nous sommes, nous pouvons, à l'aide des moyens surnaturels, réagir, rectifier et nous replonger intensément dans la tâche qui nous revient, et qui n'est pas seulement, le cas échéant, une nécessité inéluctable, mais avant tout, pour celui qui sait aimer, une occasion sans cesse renouvelée de se sanctifier, de sanctifier les autres et de sanctifier le monde, comme saint Josémaria n'a cessé de l'enseigner.
Le père de famille de la parabole ayant essuyé un refus de la part d'un de ses fils, adresse la même requête à l'autre, qui lui répond : « Je (vais), seigneur, » et il n'alla pas » (Matthieu 21, 29).
Voici quelqu'un qui est tout feu tout flamme, mais velléitaire. Il se peut qu'il manque aussi de sincérité, c'est-à-dire qu'il n'ait pas le courage de dire franchement à son père ce qu'il pense, à savoir qu'il n'a nullement l'intention de se rendre à la vigne parce qu'il a, par exemple, rendez-vous avec des amis. S'il le disait, tout serait clair et la confiance régnerait. Son père l'aurait compris et lui aurait dit de ne pas s'en faire. Face au premier qui refuse et au second qui est pris, il se serait peut-être résigné à aller lui-même travailler à la vigne, ou aurait attendu le lendemain pour reposer sa question.
« Coepit facere et docere », Jésus se mit d'abord à agir et, ensuite, à enseigner. Toi et moi, nous devons rendre ce témoignage de l'exemple, parce que nous ne pouvons mener une double vie : nous ne pouvons pas enseigner ce que nous ne pratiquons pas. En d'autres termes, nous devons enseigner ce que, pour le moins, nous nous efforçons de pratiquer » (saint Josémaria, Forge, n° 694). La cohérence de vie va de pair avec la sincérité. « Lequel des deux a fait la volonté du père ? demande Jésus à son auditoire — « Le dernier », disent-ils » (Matthieu 21, 30). La conclusion est abrupte : « Jésus leur dit : « Je vous le dis en vérité, les publicains et les courtisanes vous devancent dans le royaume de Dieu » (v. 31). Il s'explique : « Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui ; mais les publicains et les courtisanes ont cru en lui ; et vous, qui avez vu, vous ne vous êtes pas repentis même par la suite pour croire en lui » (v. 32). Les pharisiens disent qu'ils attendent le Messie. Mais quand celui-ce se présente à eux et réalise des prodiges qui accomplissent manifestement les promesses messianiques, ils refusent de croire en lui.

(à suivre...)

vendredi 18 juillet 2008

La sincerite (2)

La sincérité (2)

Le fils reconnaît qu'il a mal fait de refuser d'obéir à son père dans quelque chose qui, au fond, est simple à faire. Des pensées égocentriques lui étaient venues à l'esprit, comme autant de justifications, de bonne raisons pour agir à sa guise. Il a compris qu'il a tort. « Obéis sans toutes ces « cogitations » inutiles… Manifester de la tristesse ou un manque d’envie devant ce qui est commandé est une faute de taille. Mais le ressentir, sans plus, non seulement ce n’est pas une faute mais ce peut être l’occasion d’une grande victoire, le couronnement d’un acte de vertu héroïque. Ce n’est pas moi qui l’invente. (lire la suite) Tu te rappelles ? L’Évangile raconte qu’un père de famille donna la même charge à ses deux fils… Et malgré les difficultés qu’il avait lui-même soulevées, celui des deux qui l’accomplit remplit Jésus de joie ! Et il le réjouit parce que la discipline est le fruit de l’Amour » (saint Josémaria, Sillon, n° 378).
« Par la suite, s'étant repenti, il y alla » (Matthieu 21, 30). Il remporte une grande victoire sur lui-même et démontre, dans les faits, qu'en dépit de ses défauts évidents il sait aimer pour de bon, il sait rectifier.
Parfois, cette rébellion contre l'autorité, contre les dispositions concernant notre travail ou notre apostolat, peut intervenir alors que nous nous sommes déjà mis à la tâche. C'est l'envie de tout envoyer promener, de faire tout sauf ce que nous avons à faire, d'arrêter plus tôt que prévu ou de bâcler le travail, d'en faire le moins possible... Beaucoup de gens « envisagent leurs occupations comme une nécessité dont ils ne peuvent s’évader. Face à cette vision des choses étriquée, égoïste, terre à terre, nous devons, toi et moi, nous rappeler et rappeler aux autres que nous sommes des enfants de Dieu auxquels notre Père a adressé une invitation identique à celle que reçurent les personnages de la parabole évangélique : Mon enfant, va-t’en aujourd’hui travailler à ma vigne (Matthieu 21, 28) Je vous assure que si nous nous efforçons, jour après jour, d’envisager nos obligations personnelles comme une requête divine, nous apprendrons à terminer notre travail avec la plus grande perfection humaine et surnaturelle dont nous serons capables. Il se pourrait que nous nous rebellions, un jour, comme l’aîné qui répondit : Je ne veux pas (Matthieu 21, 29). Mais nous saurons réagir, repentis, et nous nous consacrerons alors avec une ardeur renouvelée à l’accomplissement de notre devoir » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 57).

(à suivre...)

mercredi 16 juillet 2008

La sincerite (1)

La sincérité (1)

Jésus nous demande de réfléchir, à l'aide d'une parabole : « Que vous en semble ? Un homme avait deux fils. Abordant le premier, il lui dit : « Mon fils, va travailler aujourd'hui dans la vigne. Il répondit : « Je ne veux pas » ; mais par la suite, s'étant repenti, il y alla » (Matthieu 21, 28.30). La demande de son père n'est pas du goût de son fils. Celui-ci avait envie de se reposer, il était occupé à une autre tâche ou, tout simplement, il n'avait pas envie de se fatiguer et de travailler à ce moment-là. Il n'éprouve pas de goût pour (lire la suite) ce qui constitue souvent son occupation. Mais la vigne ne peut pas attendre, il faut s'en occuper, aujourd'hui aussi. Et il le sait. Il a dit « non », mais il se ravise, « s'étant repenti ». Le texte latin dit paenitentia motus, poussé par un esprit de pénitence, c'est-à-dire regrettant profondément sa réponse précipitée. Il se rend compte qu'il a agi par égoïsme. Et il s'en veut d'avoir été aussi irréfléchi, aussi primaire. « La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelées animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur) (cf. Concile de Trente ; Catéchisme du concile de Trente).