mercredi 29 avril 2015
Le Psaume 2 (4)/h4> Qui pourrait développer, qui pourrait célébrer dignement combien nous sommes redevables à la Passion du Sauveur, qui a versé son sang pour la rémission des péchés ? Toutefois ces biens immenses ont eu pour instrument la malice du démon, la malice des Juifs, la malice, du traître Judas. Et ce n'est pas à eux qu'on doit rendre hommage du bien que Dieu, et non pas eux, a voulu par eux faire aux hommes ; au contraire ils sont justement tourmentés pour avoir voulu leur nuire. Si ce fait que nous citons prouve avec éclat comment Dieu a fait servir à notre rédemption et à notre salut les crimes mêmes des juifs et du traître Judas » (st Augustin, Sermo 214, 3, Explication du Symbole 3).(lire la suite)
mardi 3 février 2015
Le jeune homme riche (7)
Le jeune homme riche (7)
La vie éternelle ! Le jeune homme voulait l'acquérir. Il s'était enquis à ce sujet : « Bon Maître, que dois-je faire de bien pour acquérir la vie éternelle ? » (Marc 10, 16). Il a reçu la réponse, mais n'a pas été à la hauteur. Pierre, et les onze autres, Judas plus encore, ne sont pas tranquilles. Simon a mis à juste titre en avant le fait qu'ils ont tout abandonné, sur-le-champ, sans barguigner. Et Jésus les rassure encore, en les confirmant dans leur mission :
- « En vérité, je vous le dis : Pour vous, qui m'avez suivi, (lire la suite) quand le Fils de l'homme, lors du Renouveau, aura pris place sur son trône glorieux, vous siègerez, vous aussi, sur douze trônes, pour juger les douze tribus d'Israël » (Matthieu 19, 28). « Vous êtes, vous, ceux qui m'êtes demeurés fidèles dans mes épreuves ; et moi, je vais disposer en votre faveur d'une royauté, tout comme mon Père en a disposé en ma faveur, pour que vous buviez et mangiez à ma table dans mon royaume, et que vous siégiez sur des trônes pour juger les douze tribus d'Israël » (Luc 22, 28-30).
Prenez espoir. Cette vie ne fait que passer. « Je m'en vais vous préparer une place » (Jean 14, 2). Ne vous attachez pas à l'heure présente. Vous êtes dans le monde, ce monde que vous devez sanctifier tout comme moi je m'attache à le faire, mais vous n'êtes pas du monde, car « nous n'avons pas ici une cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir » (Hébreux 13, 14) et « vous, vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la Cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, et du chœur des myriades d'anges » (Hébreux 12, 22).
Comprenez-vous cela ?
- Eh bien ! mon Père « essuiera les larmes sur tous les visages ; et la honte de son peuple, il l'enlèvera de la terre entière » (Isaïe 25, 8). « Il demeurera parmi eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux ; la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil ni cri de souffrance ni douleur, car ce qui était auparavant a pris fin » (Apocalypse 21, 3-4).
Seigneur, demande à ton Père d'exaucer notre prière, « pour que vous nous ameniez à une véritable pénitence » (Litanie des saints) et que nous obtenions ce salut que tu nous a promis et que tu es toi-même ! « Tu offres à tes enfants un temps de grâce pour qu'ils retrouvent la pureté du cœur ; tu veux qu'ils se libèrent de leurs égoïsmes, afin qu'en travaillant à ce monde qui passe, ils s'attachent surtout aux choses qui ne passent pas » (Préface du carême 2).
Tâchons de suivre le chemin que Dieu nous trace et sur lequel nous trouvons le Christ avec sa Croix salvatrice. Et la très Sainte Vierge, qui nous regarde aussi avec une énorme affection et prie pour que nous sachions comprendre ce que son Fils nous propose et le mettre en pratique avec joie. Marie n’a rien gardé pour elle. Elle s’est mise tout entière au service de Dieu, dès son enfance. En même temps, elle a su adapter sa vie aux plans de Dieu, montrant ainsi sa parfaite adhésion à la Volonté de Dieu. « Viens et suis-moi ? » C’est notre Mère qui incarne à la perfection la réponse à cette invitation. Viens et suis-moi et tu auras Dieu dans ta vie. Et Dieu entre en effet dans sa vie d’une façon tout à fait inattendue : Marie devient le tabernacle vivant de la présence de Dieu parmi les hommes.
Ô Marie, ô notre Mère, faites que je me pose les vraies questions existentielles, que je les formule en toute sincérité dans ma prière à votre Fils. Et obtenez-moi les grâces nécessaires pour m’attacher à lui et à Lui seul. Ma Mère, vous qui êtes la Mère de Dieu, dites-moi ce que je dois dire à notre Jésus, comment je dois le lui dire pour qu’il m’écoute.
(fin)
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jeudi 6 novembre 2014
Judas (4)
Judas (4)
La trahison de Judas a commencé par un petit manquement à la pauvreté. Il s’est permis un jour de prendre pour lui quelques piécettes de la bourse. Oh ! Ce n’était pas grand chose. Ce n’est jamais grand-chose au départ. C’était sans importance. Cela semblait ne rien remettre en cause. Si justement. Cela remettait en cause la fidélité, qui doit être sans faille, car c’était commencer à trahir la fidélité à son Seigneur et à ses compagnons. Cette fidélité n’était en apparence pas entamée dans l’immédiat. Mais l’amour de l’argent allait insensiblement grignoter du terrain et remplacer l’amour de Dieu au point que Judas soit capable de franchir le pas et d’aller livrer, d’aller vendre son Maître pour une poignée de pièces de monnaie, pour « trente pièces d’argent » (Matthieu 26, 15).
(lire la suite)
Un marché dont il est le dupe, car ce n’est pas cela qui va lui permettre de mener une vie indépendante de Jésus. C’est dire à quel aveuglement l’on peut parvenir quand l’on ne sait pas rectifier, quand l’on ne demande pas pardon et que l’on ne prend pas la ferme résolution de lutter, de ne plus recommencer à faire le mal.
Cela a commencé par une peccadille et tout a fini par la honte de la trahison, suivie de la pendaison de l’ex-apôtre, « devenu enflé, il a crevé par le milieu, et toutes ses entrailles se sont répandues » (Actes 1, 18) ; et peut-être sa damnation éternelle, quoi que nous puissions compter sur la miséricorde divine. Judas n’est pas foncièrement pervers. Il n’a pas résisté à l’attrait des biens de ce monde…
Mais il a aussi manqué d’espérance. Son comportement nous montre bien comme cette vertu est belle et importante ! Car Judas a reconnu la sainteté du Christ : « J’ai péché, dit-il, en livrant un sang innocent » (Matthieu 27, 4). Il s’est repenti du crime qu’il avait commis en le livrant lamentablement aux grands prêtres et aux Anciens du peuple. Il a pris l’argent de sa trahison, qui lui brûlait les mains et il « le jeta dans le sanctuaire » (Matthieu 25, 5). Mais il a manqué d’espérance et, pris de remords, il « se retira et alla se pendre » (Matthieu 25, 5). S’il avait eu un tant soit peu d’espérance, il aurait pu reprendre sa place parmi les Douze et devenir un grand apôtre, comme les autres. De toute façon, nous ne savons pas ce qui s’est passé entre Dieu et lui au dernier moment.
En tout cas, nous comprenons que les grands saints aient insisté sur la nécessité de bien vivre la vertu de pauvreté, de savoir être détaché des biens matériels. Et le plus sera le mieux.
(fin)
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mardi 4 novembre 2014
Judas (3)
Judas (3)
La vie qui est si belle et joyeuse avec notre Seigneur, comme il est facile d’en faire l’expérience, devient de plus en plus aigrie et intolérable pour lui. Là où les autres respirent un air frais, sans cesse renouvelé, parce que Jésus ne parle pas comme les scribes et les pharisiens (cf. Marc 1, 22), mais avec une autorité naturelle (cf. Marc 1, 32), qui attire, qui enthousiasme, lui, il étouffe comme dans un carcan, dont il finit pas décider de se libérer, mais de mauvaise manière.
L’exemple de Judas est là pour nous montrer jusqu’où peut aller l’appât du gain, (lire la suite) même modeste, le fait de ne pas savoir vivre la pauvreté. Judas détient la bourse commune, et s’y sert selon ses besoins, c’est-à-dire selon les nécessités qu’il se crée, et qui ne cessent d’augmenter, comme de bien entendu. Il agit en cachette, à l’insu des autres, qui sont à cent lieues d’imaginer son comportement ignoble. Eux qui sont si prompts à discuter et à se disputer pour des broutilles (cf. Luc 9, 46-47), ils auraient là un vrai motif pour s’enflammer et donner libre cours à leur colère. Mais, en dehors de Jésus, qui n’est pas dupe et a repéré dès le premier instant les manipulations frauduleuses de Judas, nul ne s’en rend compte. Qu’il n’y ait pas grand-chose dans la bourse ne surprend pas les autres, parce qu’elle reste rarement pleine longtemps. Autant dire même jamais. Jésus est prodigue en libéralités, et le groupe des apôtres et des disciples se contente d’une vie frugale. Mais Judas, lui, a des besoins particuliers à satisfaire. Il agit à la dérobée. Il ne s’empare pas de grosses sommes à la fois. Non. Il procède par petites touches. Puisqu’il n’est pas repéré, il s’enhardit, et la fréquence de ses menus larcins s’accélère. De fil en aiguille, cela doit faire un beau magot, qu’il dépense pour satisfaire ses caprices. Il est étrangement habile pour tout dissimuler et ne rien laisser paraître. Il n’y pas chez lui l’ombre de « signes extérieurs de richesse », comme on dit. Tout semble normal dans son attitude. Il sait les éviter soigneusement.
Et ainsi, progressivement, son esprit ne se sépare plus de cette bourse qui pend à sa ceinture et qu’il caresse furtivement à longueur de journée, soupesant ce qu’il pourra en retirer. Il ne cesse d’y penser, Judas, il la tâte avec volupté, avec convoitise. Son cœur s’y attache de plus en plus. Et quand le Seigneur a enseigné que nul ne peut servir deux maîtres à la fois, « car où il aimera l’un et haïra l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre » (Luc 16, 13), il a vite fait d’étouffer la voix de sa conscience et d’éteindre tout remords quant à sa conduite. Il a déjà choisi son maître, à vrai dire, même s’il continue de cheminer avec Jésus et les onze autres. Mais son cœur, sa tête sont ailleurs. Il trépigne de rage quand il voit Marie briser un vase de parfum d’un grand prix pour en oindre la tête et les pieds du Seigneur chez Simon le Lépreux. Il a vite fait d’en évaluer le prix : « Trois cents deniers que l’on aurait pu donner aux pauvres » (Jean 12, 5), et sur lesquels j’aurai pu prélever ma dîme. Quelle imbécile ! C’aurait été une belle affaire. Il ne disait pas cela par souci des pauvres, dont il n’avait cure, « mais parce qu’il était voleur, et qu’ayant la bourse, il dérobait ce qu’on y mettait » (Jean 12, 6).
(à suivre…)
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vendredi 31 octobre 2014
Judas (2)
Judas (2)
Les habitants de Carioth sont peut-être comme cela, mais aucun d’eux, en dehors de Judas, n’a été choisi pour partager la vie du Rédempteur de l’humanité et pour prolonger son action dans le temps, pour devenir une colonne de l’Église à venir. Or, cette proximité de Jésus, cette intimité de tous les jours avec lui n’avaient rien de banal. Cela aurait dû exercer une influence positive irrésistible sur son cœur, qui n’excluait certes pas la faiblesse, comme on le constate chez dix des onze autres apôtres. Mais ils ont su la reconnaître et la confesser, demander pardon au Maître et reprendre leur rang. Ils ne sont pas allés se pendre lamentablement, désespérant de la bonté infinie de Jésus.
(lire la suite)
Le commerce journalier avec notre Seigneur était on ne peut plus doux, aimable, agréable. S’il y a bien quelqu’un qui savait se faire aimer, c’est Jésus, le Fils de Dieu, Dieu parfait et Homme parfait. Cette perfection absolue du Seigneur ne passait pas, ne pouvait pas passer inaperçue et se manifestait en tout, c’est-à-dire y compris dans la façon de s’adresser aux hommes, à ses apôtres en particulier, et de prendre soin d’eux, sans compter de prier et de se mortifier continuellement pour eux.
Cela ne rend que plus incompréhensible l’éloignement progressif de Judas de ce foyer ardent d’Amour. Le mystère d’iniquité s’épaissit. Judas a clairement manqué de sincérité et s’est enveloppé dans son orgueil. Il ne comprenait pas le sens profond des paraboles. Qu’importe ? Il lui suffisait de le dire et Jésus le lui aurait expliqué, au besoin à lui en particulier, s’il craignait de passer pour un imbécile aux yeux de ses collègues. Tel aspect de l’enseignement du Messie lui semblait non seulement dur à entendre (cf. Jean 6, 60), mais surtout à mettre en pratique ? Cela n’avait pas d’importance, à condition toutefois qu’il s’en ouvrît au Maître qui lui aurait éclairé les yeux et l’entendement, tout comme il expliquera plus tard à ses disciples d’Emmaüs, à partir des Écritures, comment il fallait que tout ce dont ils avaient été témoins à Jérusalem se réalisât pour que les prophéties formulées à son sujet s’accomplissent (cf. Luc 24, 25-27).
Mais Judas n’a pas l’humilité de reconnaître ouvertement, ni d’avouer qu’il est choqué par ce qu’il entend, par ce qu’il voit, plus encore peut-être par ce que le Christ demande. Il n’a pas la simplicité de lui ouvrir son âme avec confiance.
Cela ajouté à l’avarice est un double poison qui peu à peu asphyxie son âme, comme deux pinces qui se resserrent sur elle et finissent par l’étouffer, par lui enlever toute possibilité de respirer ; comme les deux faces d’un étau qui écrasent progressivement tout élan d’amour de Dieu en lui.
(à suivre…)
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mercredi 29 octobre 2014
Judas (1)
Judas (1)
« Ayant jeté les pièces d’argent dans le sanctuaire, il se retira et alla se pendre » (Matthieu 27, 5). Comment Judas en a-t-il pu arriver à une telle vilenie ? Est-il possible que son cœur fût déjà corrompu quand Jésus l’a fait sortir du rang des disciples pour le faire accéder à celui d’apôtre ? Certainement pas. Jésus le connaissait bien, comme il connaît tout de l’intérieur de l’homme, nous étant plus intime à nous que nous-mêmes, ainsi que le notait saint Augustin, à la suite d’une intense expérience intime (cf. saint Augustin, Confessions). Mais en même temps, en le choisissant pour faire partie des Douze ; notre Seigneur faisait un pari sur sa liberté et sa capacité d’être fidèle parce que lui, Jésus, l’aiderait en ce sens d’un bout à l’autre de sa vocation. Qu’est-ce qui a donc tourné la tête de Judas au point de brûler ses amours d’antan ?
(lire la suite)
Saint Jean-Paul II laisse entendre que c’est l’amour de l’argent : cette avarice a dû se conjuguer avec une soif de pouvoir qu’il entrevoyait à sa façon dans la restauration attendue du royaume d’Israël et le rôle que les Douze apôtres du Seigneur seraient amenés à y jouer, tout gens du commun qu’ils fussent. Ce qui était donc aussi une manifestation d’orgueil démesuré. Il interprétait sans doute mal la promesse de Jésus aux termes de laquelle les Douze siègeraient un jour sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël (Matthieu 19, 28). Il semble d’ailleurs qu’il interprète rapidement de travers, avec une vision très humaine, tout ce que Jésus disait, le prenant au premier degré et ne sachant pas s’élever à un certain niveau d’abstraction ni aux conséquences morales à en tirer.
« Tout mon malheur est qu’à aucun moment je n’ai pu perdre mes facultés de contrôle et de critique. Je suis comme ça. Les gens de Carioth sont comme ça. Une espèce de gros bon sens. Quand j’entends dire qu’il faut tendre la joue gauche et payer aussi cher pour une heure de travail que pour dix, et haïr son père et sa mère, et laisser les morts ensevelir les morts, et maudire son figuier parce qu’il ne produit pas des abricots au mois de mars, et ne pas lever un cil sur une jolie femme, et ce défi continuel au sens commun, à la nature et à l’équité, évidemment je fais la part de l’éloquence et de l’exagération, mais je n’aime pas ça, je suis froissé. Il y a en moi un appétit de logique, ou, si vous aimez mieux, une espèce de sentiment moyen, qui n’est pas satisfait. Un instinct de la mesure. Nous sommes tous comme ça dans la cité de Carioth. En trois ans je n’ai pas entendu l’ombre d’une discussion raisonnable (P. Claudel, « Mort de Judas », Figures et Paraboles).
(à suivre…)
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mercredi 28 août 2013
Nos Béthanies (5)
Nos Béthanies (5)
Car, si elle ne permet pas de prier à tout moment, si elle n’unit pas directement à Dieu, elle perd sa fonctionnalité première, qui est d’être « le Temple du Saint-Esprit » (1 Corinthiens 6, 19), de sorte que nous ne nous appartenions plus (), mais que, « en esprit et en vérité » (Jean 4, 23), ce ne soit plus moi qui vive, mais le Christ qui vive en moi (cf. Galates 2, 20). C’est pour cela que Jésus-Christ descend chez moi. C’est pour cela que mon âme est son Béthanie, le lieu de son repos, la maison de l’Amitié. Il est assez extraordinaire de penser que je puisse contribuer au délassement du Seigneur… mais n’a-t-il pas affirmé qu’il trouve « ses délices parmi les enfants des hommes » (Proverbes 8, 31) ?
Mon âme aussi est devenue un autre Béthanie à partir du moment où notre Dieu – la Trinité tout entière cette fois – non seulement y est descendue, mais s’y est établie à demeure. Plût au ciel qu’elle y trouve le repos et non l’agitation de Marthe. Plût au ciel qu’elle trouve des sentiments de paix et non les calculs retors d’un Judas. Plût au ciel qu’elle puisse nous reconnaître pour siens et dire en toute vérité, meus es tu (Psaume 2, 7), tu es vraiment mon enfant, et mes délices, mon bonheur, sont assurément d’être avec toi, chez toi (cf. Proverbes 8, 31).
(fin)
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mardi 6 août 2013
Chez Simon le lépreux (6)
Chez Simon le lépreux (6)
Dans le récit de Jean, c’est ce Judas, « un des disciples, celui qui devait le livrer, [qui] dit : Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, qu’on aurait donné à des pauvres ? » (Jean 12, 5). « Judas, dans un semblant de charité, reprend Marie de son action. Le Christ lui répond : ‘Elle a fait une excellente chose, en vue de ma sépulture.’ Pourquoi ne le reprend-il pas vivement au sujet de cette femme, et ne déclare-t-il pas, ainsi que le fait l’Évangéliste, quel était le motif secret de son observation ? Il voulait par sa patience le pousser à changer. Qu’il connût ses projets de trahison, il le lui avait montré ouvertement en disant que tous ses disciples ne voyaient pas ‘que l’un d’entre eux était un démon’ (Jean 6, 71). Qu’il connût donc les projets de Judas, il le fit voir clairement ; toutefois, (lire la suite) il ne les lui reproche pas formellement, et il use d’indulgence, afin de l’amener à de meilleurs sentiments. Un autre évangéliste ne dit-il pas que tous les disciples se récrièrent en même temps ? Ils se récrièrent tous, Judas comme les autres, mais ceux-ci dans une autre intention que celui-là » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Jean 65, 2).
Marie a bien agi. C’est elle qui a raison, comme Jésus tient à le souligner. Le dénouement est le même que chez l’autre évangéliste. Marie ne pensait pas faire quelque chose d’extraordinaire, car, quand l’on aime vraiment, l’on ne calcule pas. Et, quand celui que l’on aime est Dieu, rien n’est trop beau. Marthe et Marie n’avaient-elles pas reconnu quelques jours plus tôt la divinité de Jésus quand il était venu chez elles et qu’il avait ressuscité leur frère Lazare ? « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Messie, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde » (Jean 11, 27).
Marie a peut-être eu l’intuition que, le moment venu, elle n’aura pas le temps suffisant pour oindre le corps de Jésus et l’embaumer comme il faut. Elle prend les devants : « Elle a, par avance, parfumé mon corps pour l’ensevelissement » (Marc 14, 8).
« Des Juifs en foule considérable surent qu’il était là, et ils y vinrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir Lazare qu’il avait ressuscité d’entre les morts » (Jean 12, 9). La curiosité s’y mêle sans doute. Mais ces gens ne peuvent que louer le Tout-Puissant qui a donné un tel pouvoir à un homme.
Ils rappliquent de partout. C’est que ce miracle n’a rien de banal. C’est en quelque sorte la « mère des miracles », et comme une annonce de la Résurrection à venir du Christ. s’il a le pouvoir de ressusciter des morts, il pourra bien revenir lui aussi de la mort. Il l’a d’ailleurs annoncé clairement : « Je donne ma vie pour la reprendre. Personne ne me l’enlève ; mais je la donne de moi-même. J’ai pouvoir de la donner et j’ai pouvoir de la reprendre » (Jean 10, 17-18).
(à suivre…)
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lundi 5 août 2013
Chez Simon le lépreux (5)
Chez Simon le lépreux (5)
Le récit du même événement par saint Jean diffère quant à la date, « six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie, où était Lazare, que Jésus avait ressuscité des morts » (Jean 12, 1), et quant au lieu, car il semble se dérouler chez Marthe, Marie et Lazare. C’est d’ailleurs l’hypothèse que n’hésite pas à retenir le même commentateur, saint Jean Chrysostome : « Comment douter de la résurrection de Lazare en le voyant manger et agir plusieurs jours après ? Il s’ensuit manifestement que le repas se donna alors dans la maison même du ressuscité ; car ses sœurs et lui reçoivent Jésus comme des amis tendrement aimés. […] Marie, elle, ne servait pas ; elle était toute occupée à écouter Jésus. Ici aussi elle nous offre une conduite beaucoup plus spirituelle. Si elle ne servait pas, si elle ne vaquait pas aux soins ordinaires de la maison, c’est qu’elle était appelée : son unique dessein était d’honorer le Sauveur, de l’honorer non comme un homme, mais comme un Dieu. Voilà pourquoi elle répand sur sa tête un parfum et elle l’essuie avec ses cheveux, preuve évidente qu’elle a de Jésus une idée toute autre que le vulgaire » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Jean 65, 2). (lire la suite)
Pour le reste, nous avons aussi une différence notable en ce que, cette fois-ci, c’est Judas l’Iscariote qui se révolte contre le « gaspillage » apparent de cette femme versant de l’huile. Cette femme est appelée ici Marie. C’est donc la sœur de Lazare et de Marthe, ce qui milite bien en faveur du déroulement de l’action chez elle… « Marie prit alors un parfum de nard vrai, d’un grand prix, en oignit les pieds de Jésus – et non plus la tête, comme chez saint Matthieu et saint Marc – et lui essuya les pieds avec ses cheveux : toute la maison fut pleine de l’odeur du parfum » (Jean 12, 3). Matthieu et Marc parlaient d’un flacon. Pour un flacon, c’est un grand flacon, puisqu’il contient une livre de parfum…
Cette fois-ci donc c’est Judas qui proteste. Sans doute reçoit-il le consentement, l’approbation des autres apôtres et peut-être même de tus les convives scandalisés par le comportement insensé de cette femme. mais Jean fait remarquer qu’en critiquant Marie, « il dit cela, non qu’il eut souci des pauvres, mais parce qu’étant voleur et que, tenant la bourse, il dérobait ce qu’on y mettait » (Jean 12, 5). « Si l’on demande la raison pour laquelle le Sauveur avait confié au disciple infidèle l’argent destiné aux pauvres, et choisi pour trésorier le disciple que dévorait l’avarice, nous répondrions que Dieu seul connaît ce mystère ; tout au plus oserions-nous dire par conjecture qu’il voulait le rendre ainsi de tout point inexcusable. En effet, Judas ne pouvait plus alléguer comme mobile de sa trahison l’amour de l’argent, puisqu’il lui était si facile de satisfaire sa cupidité : il n’obéissait donc qu’à la noirceur et à la perversité de son âme, à cette même perversité que le Christ, dans son indulgence inépuisable, s’efforçait de réprimer » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Jean 65, 2).
(à suivre…)
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dimanche 4 août 2013
Chez Simon le lépreux (4)
Chez Simon le lépreux (4)
En effet, le Maître conclut en ajoutant : « En vérité, je vous le dis : Partout où sera proclamé le Bon Message – mon Évangile – dans le monde entier, on racontera aussi, en mémoire d’elle, ce qu’elle vient de faire » (Matthieu 26, 13 ; Marc 14, 9). La péroraison est inattendue. Elle montre le prix que Jésus attache à l’amour, à l’amour accompagné d’une véritable contrition des péchés. Un amour qui se manifeste aussi pour nous par le soin que nous apportons à entourer de respect le corps du Christ dans la liturgie. En agissant de la sorte, cette femme nous donne une leçon quant à notre comportement envers le Seigneur dans le culte divin, qui ne peut pas être « misérabiliste » : « Cette femme, qui répandit, chez Simon le lépreux, (lire la suite) à Béthanie, un parfum coûteux sur la tête du Maître, nous rappelle au devoir d’être magnifiques dans le culte de Dieu. — Tout le luxe, la majesté et la beauté du monde me semblent peu. — Et contre ceux qui s’en prennent à la richesse des vases sacrés, des ornements, des retables…, s’élève la louange de Jésus : Opus enim bonum operata est in me, c’est une bonne œuvre que cette femme a faite envers moi » (saint Josémaria, Chemin, n° 527).
Les apôtres n’en reviennent pas. Leurs récriminations ont permis au Maître de préciser un point important de son message : nous ne devons pas condamner, mais accueillir toujours les bras grand ouverts le pécheur repentant. N’était-ce pas le cœur de la parabole du fils prodigue (cf. Luc 15, 11-32) ? Il faut du temps pour assimiler les enseignements du Christ. En tout cas, les évangélistes, écrivant sous l’action du Saint-Esprit, ne manqueront pas de rapporter l’événement.
Quant à Judas, « le traître ne fut pas touché ; il ne fut pas saisi de crainte lorsqu’il entendit que l’Évangile serait prêché dans toutes les contrées du monde. C’était là, néanmoins, la preuve d’une puissance ineffable : mais, pendant que des femmes, et des femmes perdues, rendaient de telles louanges au Sauveur, Judas accomplissait l’œuvre du diable » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Matthieu 80, 2). « Alors un des Douze, celui qui s’appelait Judas Iscariote, alla trouver les grands prêtres. ‘Que voulez-vous me donner, leur dit-il, et je vous le livrerai ?’ Ils lui garantirent trente pièces d’argent » (Matthieu 26, 14-15).
(à suivre…)
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vendredi 13 avril 2012
Découragement
Découragement
Nous pouvons nous décourager parce que nous avons parfois l’impression de tourner en rond ou, ce qui est pire, de régresser, de revenir plus ou moins en arrière, et donc de devoir regagner des positions que l’on pensait acquises une bonne fois pour toutes. Cela montre tout simplement que ce n’est pas le cas et que nul ne peut se reposer sur ses lauriers. Car qui cesse de lutter régresse immanquablement.Mais en dehors de cette réalité, l’impression peut prévaloir, malgré une lutte ascétique réelle, que les efforts fournis ne sont pas couronnés de succès et que l’on se bat en quelque sorte contre des moulins à vent. C’est vain et épuisant !
C’est un sentiment purement subjectif, qu’il faut savoir dépasser avec humilité. C’est-à-dire qu’il est nécessaire de nous accepter tels que nous sommes et de comprendre que les progrès de la vie intérieure ne se produisent pas à coups de volontarisme, (lire la suite) mais par l’amour de Dieu que nous mettons dans tout ce que nous entreprenons. Et que ces avancées ne peuvent pas être purement linéaires.
Se décourager ne mène nulle part. ou, plus exactement, c’est une manifestation d’orgueil blessé. La grande tentation du diable consiste à nous faire désespérer de notre salut et à nous faire douter de la bonté et de la miséricorde de notre Dieu qui est un Dieu d’Amour (1 Jean 4, 16). Nous voyons bien ce que cela a produit chez Adam et Eve, ou bien plus encore chez Judas l’Iscariote.
Il est bien préférable de suivre le conseil du Serviteur de Dieu Alvaro del Portillo pour le moment où cette tentation de lassitude et de découragement surviendrait, nous menacerait dans notre fidélité à la Volonté de Dieu. Il nous suggérait de remercier alors Dieu de nous avoir « choisis en lui dès avant la création du monde », c’est-à-dire de toute éternité » (Éphésiens 1,4).
Si nous savons rendre grâce à Dieu – et il est bon, il serait même normal de le faire pour tout, absolument tout, car « tout est grâce », comme ma grand-mère aimait le répéter, dans sa vision chrétienne de la vie -, si nous rendons grâce à Dieu, nous ne nous fatiguerons pas d’aimer et de nous sacrifier par amour. Car c’est bien à cela, en définitive, que se ramène toute notre vie. Et donc l’effort de chaque instant pour « faire ce qui plaît à Dieu » (Tobie 4, 10 ; Jean 8, 29), même si nous parvenons pas à chaque instant autant ou aussi bien que nous le voudrions.
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jeudi 17 novembre 2011
Pourquoi moi ? (1)
Pourquoi moi ? (1)
« Judas – non l’Iscariote –lui dit : « Maître, comment se fait-il, Seigneur, que ce soit à nous que tu te manifestes, et pas au monde ? » (Jean 14, 22). La question mérite d’être posée, en effet. Les apôtres connaissent leur petitesse. Ils sont pour la plupart d’humble extraction. Ils sont originaires de petits villages sans beaucoup d’importance. Le peuple d’Israël lui-même semble insignifiant sur l’échiquier politique. En tout cas, les prophètes ont bien pris soin de rappeler, pour souligner que l’élection d’Israël par Dieu est un pur don gratuit et entièrement libre de sa part, que Jacob « est petit » (Amos 7, 2), qu’il ne vaut pas mieux que le royaume de Hamat la Grande et de Gat des Philistins (cf. Amos 6, 2), qu’il n’est pas le plus puissant (cf. Amos2, 9). Et c’est pourtant en Israël que le Fils de l’homme (Daniel 7, 12) est venu. (lire la suite) Et ce sont eux, les Douze, qu’il a choisis pour être le petit groupe sur lequel il s’appuie et qui doit un jour siéger sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël (cf. Luc 22, 30). Il y a de quoi être déconcerté, pour un esprit simple, au cœur toutefois généreux. Et s’il est vrai que « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas », alors ils peuvent quand même comprendre quelque chose à ce choix de Dieu.Ce n’est pas qu’ils soient mécontents du choix, bien sûr. Ils n’échangeraient pas leur situation pour rien au monde. Mais ils sont quand même stupéfaits. En pensant un peu par devers eux, et en échangeant leurs impressions, ils se disent qu’à la place du Seigneur, ils auraient fait appel à des gens considérables, compétents, disposant de moyens financiers abondants, ayant de l’influence dans la sphère du pouvoir politique auprès des Anciens et des grands prêtres… Et, au lieu de cela, ce sont eux qui doivent l’assister. Et le plus fort, c’est que cela marche ! Un jour, Jésus « leur conféra puissance et plein pouvoir sur les démons, ainsi que le don de guérir les maladies. Et il les envoya proclamer la venue du royaume de Dieu et opérer des guérisons » (Luc 9, 1-2). C’est ce qu’ils firent avec succès. Ils en étaient eux-mêmes médusés.
Cela n’oblitère pas le sens de la question de Judas. Ce choix reste mystérieux. Il existait tant de gens en Israël qui avaient plus d’instruction qu’eux, qui étaient mieux dotés par la nature, qui étaient ornés de plus de qualités… Mais ce sont eux que le rabbi de Nazareth a choisis. Il n’y a pas à revenir sur cela.
(à suivre…)
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mercredi 21 juillet 2010
Le feu de Dieu (2)
Le feu de Dieu (2)
Ce qu’il y a de formidable, c’est que notre pauvre petite collaboration aux plans de Dieu permet véritablement au Seigneur de s’implanter et de triompher dans les cœurs. Les résultats dépassent tout ce que nous pouvons imaginer, car ils sont du domaine du surnaturel. Ce sont ceux que Dieu veut produire en se servant de nous. « Par nos œuvres de service, nous pouvons préparer au Seigneur un triomphe plus grand que celui de son entrée à Jérusalem... Car la scène de Judas ne se reproduira pas, pas plus que celle du Jardin des Oliviers, ni celle de cette nuit obscure... Nous parviendrons à faire brûler le monde dans les flammes du feu qu'Il est venu apporter sur la terre!... Et la lumière de la Vérité — notre Jésus lui-même — illuminera les intelligences dans un jour sans fin » (saint Josémaria, Forge, n° 947). Tel est le panorama (lire la suite) – réaliste pour qui a un minimum de vision surnaturelle – qui s’offre à nos yeux. Réaliste aussi parce qu’il est avalisé par l’expérience de toutes les générations de chrétiens qui nous ont précédés, et qui ont su dépasser mes difficultés objectives d’un monde toujours ouvertement en guerre contre Dieu.Chaque jour notre prière nous permet de nous fortifier dans la foi et de nous rapprocher de notre Dieu, afin d’identifier notre volonté à sa Volonté. Nous devons nous éclairer et nous réchauffer au feu qu’il propage sur terre. Nous voulons participer à l’entreprise apostolique, qui est une aventure divine. « Ignem veni mittere in terram, et quid volo nisi ut accendatur ? Je suis venu apporter le feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé ! (Luc 12, 49). Nous nous sommes rapprochés un peu de ce feu de l’amour divin; que son impulsion ébranle nos vies, nous pousse à transmettre le feu divin d’une extrémité à l’autre du monde, pour le répandre chez ceux qui nous entourent : afin qu’eux aussi découvrent la paix du Christ et, avec elle, le bonheur. Un chrétien qui vit uni au Cœur de Jésus, ne peut avoir d’autre but que la paix dans la société, la paix dans l'Église, la paix dans son âme, la paix de Dieu, qui sera consommée lorsque son Règne viendra jusqu’à nous » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n°170). Ce à quoi contribue la très Sainte vierge, Reine du monde, Reine des apôtres, corédemptrice de l’humanité, médiatrice de toutes les grâces, notre Mère si douce et si tendrement aimée.
(fin).
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Catégories : christianisme, feu, foi, ilumière, Judas, religion, saint josemaria, spiritualité, surnaturel, vérité, Vierge Marie, volonté de Dieu
mardi 22 juin 2010
Confiance en Dieu (4)
Confiance en Dieu (4)
« Que les pécheurs disparaissent de la terre, et que les méchants ne soient plus » (Psaume 104, 35). Cela se conçoit plus aisément. « Toujours vous aurez des pauvres avec vous » (Matthieu 26, 11). En particulier de ces vrais pauvres, les plus pauvres de tous, qui sont privés des richesses morales, qui ont rejeté le Bien et Dieu avec lui. « Jette-les dans la confusion par ta force, et abats-les » (Psaume 59, 12).« Tu as compté mes pas errants ; tu as recueilli mes larmes dans ton outre ; ne sont-elles pas inscrites dans ton livre ? » (Psaume 56, 9). Dieu tient un compte exact des paroles et des actes de tout un chacun, même de ses omissions. Tout est inscrit dans le Livre de vie.. (lire la suite) De vie ou de mort, pour ceux qui ont choisi satan, qui ont opté pour servir le mal, pour faire sciemment du tort aux autres, pour être des engins de mort, comme Saül prétendait l’être envers David. Et Dieu dit cette parole terrible à son encontre : « Je me repens d’avoir fait roi Saül, car il s’est détourné de moi, et il n’a pas exécuté mes paroles » (1Samuel 15, 11). Dieu qui repent de son choix, comme Jésus se repentira plus tard du choix qu’il a fait de Judas : « Il eût mieux valu pour cette homme-là qu’il ne fût pas né » (Marc 14, 21). Ce n’est pas que Dieu se soir trompé. C’est l’homme qui a trompé Dieu. Cela ne veut pas dire que l’homme fait échouer les plans de Dieu. A ses dépens et inconsciemment, Judas précipite les événements et contribue – sinistre collaboration que celle-là – a ce que la Rédemption soit menée à bien. Je ne dis pas que nous allons l’en remercier. En lui plus qu’en aucun autre s’accomplissent ces mots : « Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment » (Romains 8, 28).
Ce ne sont pas seulement les larmes copieuses de David qui sont inscrites sur les registres divins - la nuit il inonde son lit… - mais tous ses actes. « Yahvé a été attentif, il a entendu, et un mémorial a été écrit devant lui, pour ceux qui craignent Yahvé et qui estiment son nom » (Malachie 3, 16). Il peut être tranquille, notre David. « Ma substance ne t’était point cachée, lorsque je t'ai façonné dans le secret, tissé avec art dans les profondeurs de la terre. Tes yeux voyaient mes actions, qui toutes étaient inscrites sur ton livre. Les jours sont disposés avant qu’aucun d’eux soit encore » (Psaume 139, 15-16). « Tout est nu et sans masque aux yeux de celui dont nous parlons » (Hébreux 4, 13). « Le Seigneur lui rendra selon ses œuvres » (2 Timothée 4, 14).
(à suivre…)
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Catégories : christianisme, confiance en Dieu, David, Judas, mort, pauvres, Rédemption, religion, satan, Saül
dimanche 25 avril 2010
La sensibilité de Jésus (4)
La sensibilité de Jésus (4)
Mais auparavant, dès que Jésus est entré dans le Jardin de Gethsémani, il commença « à ressentir de la crainte et de l'angoisse » (Marc 14, 33). Il ne s'en cache pas de ses apôtres. Bien au contraire, il éprouve le besoin d'épancher son cœur auprès d'eux, en quête d'un peu de consolation : « Alors il leur dit : « Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez » (Marc 14, 34). Mais ses apôtres ne lui seront d'aucun secours. C'est triste à dire, mais c'est la réalité. Le Seigneur peut dire : « J'ai élevé et fait grandir des fils, mais ils se sont révoltés contre moi » (Isaïe 1, 2). Ils ne suivent pas Dieu, nous ne suivons pas Dieu là où il veut nous emmener avec lui. Participer au banquet de la Pâque, ça oui, cela ne pose pas de problème. Aller se reposer dans le jardin des Oliviers, (lire la suite) d'accord, nous sommes partants. Mais si le Seigneur nous dit : « Veillez et priez »... À la moindre exigence, dès qu'il s'agit de prendre sur soi, de se sacrifier, chacun va de son côté. S'amuser, faire la fête, jouir de la vie, passer de bons moments ensemble, nous sommes d'accord. Mais renoncer à un certain confort, prendre des risques quant à l'avenir..., à cela nous faisons la sourde oreille.Et si Jésus souffre de la trahison de Judas, nous pouvons bien penser que notre égoïsme, notre attachement à nous-mêmes, qui le laisse seul au moment d'affronter l'épreuve, lui sont particulièrement difficiles à porter. Des fils rebelles, dès qu'il est question de ne pas se centrer sur soi et su son petit bien-être matériel, sur sa petite santé...
« Il est pénible de lire, dans les saints Évangiles, la question de Pilate : « Qui voulez-vous que je vous livre, Barabbas ou Jésus, qu’on appelle le Christ ? » Il est plus pénible d’entendre la réponse : « Barabbas ! » Et plus terrible encore de me rendre compte que, très souvent ! en m’écartant du chemin, j’ai dit aussi « Barabbas ! » et ajouté : « Le Christ ?… Crucifige eum ! — Crucifie-le ! » (saint Josémaria, Chemin, n° 296). Il se trouvera dans cette foule des disciples de Jésus. Ils l'ont suivi avec sincérité, mais superficialité. Ce sont de ces catholiques d'aujourd'hui qui, pour un oui pour un non, se dispensent de la messe dominicale. Ils ont tellement de choses plus importantes à faire ! Ce n'est pas risible, parce que l'enjeu est trop grand, trop grave. « Veillez et priez. » Autrement dit, « restez avec moi, tenez-moi compagnie. Si vous portez mon joug avec moi, ma Croix, « je referai vos forces » (Matthieu 11, 28).
(à suivre...)
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Catégories : Barabbas, christianisme, Jardin des Oliviers, jesus christ, Judas, Pâques, Ponce Pilate, religion, saint josemaria, sensibilté
samedi 24 avril 2010
La sensibilité de Jésus (3)
La sensibilité de Jésus (3)
Devant l'imminence de sa Passion, Jésus est troublé. Des sentiments contraires s'affrontent en lui avec violence. Le Père permettra que Jésus fasse bientôt l'expérience de la « nuit des sens », comme de l'abandon dans lequel il se trouvera plongé : « Eli, Eli, lama sabacthani, c'est-à-dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Matthieu 27, 46).
(à suivre...)
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Catégories : christianisme, humilité, jesus christ, Judas, Passion, péché, religion, sensibilité
vendredi 23 avril 2010
La sensibilité de Jésus (2)
La sensibilité de Jésus (2)
« Si vous savez ces choses vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez. Je ne dis pas cela de vous tous; je connais ceux que j'ai élus; mais il faut que l'Écriture s'accomplisse : « Celui qui mange le pain avec moi, a levé le talon contre moi. » Je vous le dis dès maintenant, avant que la chose arrive, afin que, lorsqu'elle sera arrivée, vous reconnaissiez qui je suis » (Jean 13, 17-19). Jésus sait ce qui doit lui arriver, et par qui cela doit lui advenir. Voilà longtemps déjà que le Maître a décelé le double jeu de Judas et a parlé en termes presque identiques. « N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les Douze ? Et l'un de vous est un démon. »Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote, car c'était lui qui devait le trahir, lui, l'un des Douze » (Jean 6, 70-71). (lire la suite) Cela n'avait pas suffi pour que Judas rectifie et revienne au Seigneur de tout son cœur, lui demande pardon pour son égarement et le début de trahison qui s'installait dans son cœur. Car la trahison, ce n'est pas seulement de livrer son Maître pour quelques misérables piécettes (cf. Luc 22, 4-5), mais c'est tout un processus intérieur de refus de Dieu, d'éloignement de la fidélité, de péché consenti et non rejeté, qui entraîne alors à d'autres reniements. « En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé » (Jean 13, 20). Il ne s'agit pas uniquement de la personne du Christ, mais plus profondément du Père. Celui qui m'a vu a vu le Père. « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même: le Père qui demeure en moi fait lui-même ces œuvres » (Jean 14, 10).
« Mais il faut que l'Écriture s'accomplisse: "Celui qui mange le pain avec moi, a levé le talon contre moi » (Jean 13, 18). « Tu hésites à te lancer à parler de Dieu, de la vie chrétienne, de la vocation… parce que tu ne veux pas faire souffrir ? Tu oublies que ce n’est pas toi qui appelles les gens, mais Lui : “ ego scio quos elegerim ” — je connais bien ceux que j’ai choisis. En outre, j’aurai de la peine si ces faux respects cachaient la facilité ou la tiédeur : au point où nous en sommes, tu préfères une pauvre amitié humaine à l’amitié de Dieu ? » (saint Josémaria, Sillon, n° 204). C'est la triste réalité. Dieu passe souvent au second plan, quand ce n'est pas au dernier.
« Il faut que l'Écriture s'accomplisse » (Jean 13, 18), a dit Jésus. « Ayant ainsi parlé, Jésus fut troublé en son esprit » (Jean 13, 21).
(à suivre...)
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Catégories : amitié, christianisme, démons, Douze apôtres, Jésus-Christ, Judas, saint josemaria, sainte ecriture, sensibilité
mardi 20 avril 2010
L'effervescence apostolique (2)
L'effervescence apostolique (2)
Le contact avec le Seigneur fait naître des vocations, suscite des élans de générosité, l'envie de l'accompagner sur les chemins de Palestine. L'intention n'est pas toujours pleinement pure. Des attachements humains peuvent subsister, comme le désir d'aller prendre congé des siens. Une aspiration, là encore, légitime. Légitime si on envisage la situation d'un point de vue purement rationnel. Mais Jésus-Christ vient apporter la folie de la Croix (cf. 1 Corinthiens 1, 18). Il ne veut pas de cœurs partagés, qui se donnent à lui à moitié. C'est tout ou rien. Sans solution de retour. C'est l'idée qu'il veut faire passer maintenant « Quiconque, ayant mis la main à la charrue, regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu » (Luc 9, 62), car, pour être disciple du Christ, il faut haïr « son père, sa mère, sa femme, ses enfants, des frères, ses sœurs et même sa propre personne » (Luc 14, 26).Le Seigneur dit peut-être cela en pensant à Judas, à cet apôtre dont il voit bien qu'il a commencé à ne pas tourner rond depuis quelque temps, et qu'il veut amener à prendre conscience de l'erreur qu'il est en train de commettre et à rectifier, tant que cela est encore possible. Les autres apôtres peuvent penser que c'est bien ce qu'ils ont fait : tout laisser sur place dès que Jésus les a appelés, statim, sur-le-champ, et le suivre. Ils ne se sont pas attardés ni embarrassés de scrupules, les uns ont laissé « là leur barque et leur père », comme Jacques et Jean, les fils de Zébédée (Matthieu 4, 22), d'autres « leurs filets » et leurs associés, comme Simon et André (Marc 1, 18), un autre, Lévi, son bureau de publicain, « abandonnant tout » (Marc 5, 28).
(fin)
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Catégories : apostolat, christianisme, Croix, Douze apôtres, Judas, publicain, religion, royaume de Dieu
mercredi 28 janvier 2009
Semer sans compter
Semer sans compter
Je n'ai pas persuadé aujourd'hui mon auditeur, mais peut-être le ferai-je demain, peut-être dans trois ou quatre jours ou dans quelque temps. Le pêcheur qui a jeté inutilement ses filets pendant un jour entier prend quelquefois sur le soir, au moment de partir, le poisson qu'il n'avait pas pu prendre pendant le jour. Le laboureur ne laisse pas de cultiver ses terres, même s'il n'a pas eu de bonne récolte pendant plusieurs années, et à la fin, une seule année répare souvent et abondamment toutes les pertes antérieures.Dieu ne nous demande pas de réussir, mais de travailler ; (lire la suite) or, notre travail ne sera pas moins récompensé parce qu'on ne nous aura pas écoutés... Le Christ savait bien que Judas ne se convertirait pas et pourtant jusqu'à la fin il essayait de le convertir, en lui reprochant sa faute dans les termes les plus touchants : « Ami, pourquoi es-tu venu ? » (Matthieu 26, 50 grec). Or, si le Christ, le modèle des pasteurs, a travaillé jusqu'à la fin à la conversion d'un homme désespéré, que ne devons-nous pas faire pour ceux envers qui il nous est ordonné de toujours espérer ?
Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), Homélie au retour de l'exil, sur la Cananéenne (trad. AELF).
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Catégories : apostolat, christianisme, conversion, eglise catholique, Judas, saint Jean Chrysostome, travail
dimanche 31 août 2008
« Je suis venu apporter le feu » (4)
« Je suis venu apporter le feu » (4)
Notre engagement en faveur de la vérité et de la structuration chrétienne de l'homme doit être permanent. Tout dans notre vie, même les choses les plus petites, pourvu qu'elles soient mises au service de Dieu, vécues par amour, sert à accroître l'espace du bien. « Par nos œuvres de service, nous pouvons préparer au Seigneur un triomphe plus grand que celui de son entrée à Jérusalem... Car la scène de Judas ne se reproduira pas, pas plus que celle du Jardin des Oliviers, ni celle de cette nuit obscure... (lire la suite) Nous parviendrons à faire brûler le monde dans les flammes du feu qu'Il est venu apporter sur la terre!... Et la lumière de la Vérité — notre Jésus lui-même — illuminera les intelligences dans un jour sans fin » (saint Josémaria, Forge, n° 947).« Ignem veni mittere in terram, et quid volo nisi ut accendatur ? Je suis venu apporter le feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé ! Nous nous sommes rapprochés un peu de ce feu de l’amour divin ; que son impulsion ébranle nos vies, nous pousse à transmettre le feu divin d’une extrémité à l’autre du monde, pour le répandre chez ceux qui nous entourent : afin qu’eux aussi découvrent la paix du Christ et, avec elle, le bonheur. Un chrétien qui vit uni au Cœur de Jésus, ne peut avoir d’autre but que la paix dans la société, la paix dans l'Église, la paix dans son âme, la paix de Dieu, qui sera consommée lorsque son Règne viendra jusqu’à nous » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 170).
(fin)
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Catégories : christianisme, coeur de Jésus, feu, Judas, lumière, paix, vérité

