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vendredi 27 février 2015

Péché et tiédeur (4)

Péché et tiédeur (4)

Le Seigneur guérit l’aveugle de naissance : « Ayant ainsi parlé, il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, puis il l’étendit sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : "Va, lave-toi dans la piscine de Siloé (mot qui se traduit : Envoyé)." Il partit, se lava, et s’en retourna, voyant clair » (Jean 9, 6-7). « Les Pharisiens lui demandèrent comment il avait recouvré la vue, et il leur dit : "Il m’a mis sur les yeux de la boue, je me suis lavé, et je vois." Sur cela quelques-uns des Pharisiens disaient : "Cet homme n'est pas envoyé de Dieu, puisqu’il n’observe pas le sabbat." D'autres disaient : "Comment un pécheur peut-il faire de tels prodiges ?" […] Si cet homme n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire." Ils lui répondirent : (lire la suite) "Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous fais la leçon ?" Et ils le chassèrent » (Jean 9, 14-15 ; 33-34). Nous voyons à quel point le péché est inscrit dans le cœur de l’homme. Le bien que Jésus réalise est mal interprété par certains, qui y voient un péché. Ce qui est un comble ! « C'est du cœur que viennent des pensées mauvaises : meurtres, adultères, fornications, vols, faux témoignages, blasphèmes » (Mt 15, 19). « Nous autres qui cherchons la vie éternelle, ne sommes-nous pas des voyageurs pressés, sur les chemins qui mènent à notre patrie ? Alors, à quoi bon avoir déjà tant marché si nous négligeons de franchir la distance qui nous reste à parcourir pour toucher au but ? En bons voyageurs, nous ne devons plus penser au chemin parcouru, mais à celui qu’il nous reste à parcourir. Dès lors, le bout de la route que l’on voyait, avec appréhension, se dérouler devant soi, on le retrouve peu à peu derrière. Bref, il faut penser bien davantage à tout le bien que nous n’avons pas encore accompli qu’à celui que nous nous réjouissons d’avoir déjà réalisé » (saint Grégoire le Grand, Moralia 22, 6 ; PL 76, 220). Est-ce que je me suis fixé des objectifs dans ma vie quotidienne ? Ai-je des points de lutte concrets ? Des temps de prière, de petites mortifications, des objectifs apostoliques ? Est-ce que je sais ce que je veux au juste ? Est-ce que je m’adresse à Dieu avec la question du jeune homme riche ? Quels sont les ennemis de l’homme ? Il en existe trois : le démon, le monde et la chair et, dans le monde, « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l’ostentation de la richesse » (1 Jean 2, 16). Que devons-nous faire face à eux ? Nous détacher des choses de ce monde. Rejeter toute tentation dès le premier instant, dès que nous la percevons, le diable cherchant toujours, absolument toujours, à nous tromper en jouant sur la corde de notre liberté que, sous-entendu, Dieu ne cesse d’entraver. Ce qui est un comble ! (à suivre…)

vendredi 1 juillet 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (8)

La guérison de l’aveugle de naissance (8)

L’aveugle qui vient d’être guéri se prosterne alors devant Jésus, dans l’attitude d’adoration qui est l’attitude fondamentale, essentielle, de l’homme face à Dieu, quand il comprend qu’il lui doit tout et qu’il est aimé de lui.
L’objectif poursuivi par le Seigneur est atteint : cette cécité était vraiment pour la gloire du Père. Et le bénéficiaire du miracle le reconnaît et le proclame.
Jésus tire la leçon de l’événement : « Alors Jésus dit : « Je suis venu dans ce monde pour un jugement, afin que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Quelques Pharisiens qui étaient avec lui, lui dirent : « Sommes-nous, nous aussi des aveugles ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n'auriez point de péché ; mais maintenant vous dites : Nous voyons ; votre péché demeure » (Jean 9, 39-41). (lire la suite)
Si ce n’est pas le Seigneur lui-même, ce sont sans doute les apôtres qui rapportent à Marie chaque jour ce qui s’est passé et à quoi elle n’a pas directement assisté. Elle rend grâce à Dieu du bien que son Fils réalise au profit des hommes, et elle reprend son Magnificat, car le Seigneur fait des merveilles, non seulement en elle, mais aussi chez tant d’autres de ses semblables.

(fin)

jeudi 30 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (7)


La guérison de l’aveugle de naissance (7)

Ils le jettent dehors. Du local où ils se trouvent assemblés, ou carrément de la synagogue, définitivement. Nous ne le savons pas. En tout cas, que certains nous excluent de leur assemblée parce qu’ils ne veulent pas reconnaître le Christ nous importe peu. Il faut être prêt à souffrir un peu pour le Christ et avec le Christ qui, lui, souffre beaucoup pour nous et à cause de nous.
« On vous exclura des synagogues. Bien plus, voici le moment où ceux qui vous feront mourir s’imagineront rendre un hommage à Dieu » (Jean 16, 2). En tout état de cause, « bienheureux serez-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on vous calomniera de toute manière à cause de mon nom. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux » (Matthieu (, 11-12). (lire la suite) Si nous travaillons avec droiture d’intention et pour la gloire de Dieu, nous n’avons pas à craindre ce genre de réactions humaines, suscitées par le diable, qui n’est que haine déchaînée.
« Jésus apprit qu'ils l'avaient ainsi chassé, et l'ayant rencontré, il lui dit : « Crois-tu au Fils de l'homme ? » Il répondit : « Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? » (Jean 9, 35-36). Jésus ne lui dit pas : « Va, et ne pèche plus », comme à Marie-Madeleine, encore une fois parce que son infirmité n’est pas la conséquence d’un péché quelconque. Il ne lui a pas demandé la foi comme préalable à sa guérison miraculeuse. Il veut la susciter maintenant, comme son aboutissement.
L’homme dont les yeux viennent de s’ouvrir à un monde qu’il ignorait voit son âme s’ouvrir parallèlement à l’amour de Dieu. « Crois-tu au Fils de l'homme ? » Il répondit : « Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu l'as vu ; et celui qui te parle, c'est lui-même » (Jean 9, 36-37). De Jésus, il n’avait apparemment pas entendu parler. Il ne savait pas qui il était. En revanche, le titre de « Fils de l’homme » trouve une résonance en lui. Comme tout bon israélite, il attend la venue du Messie.
« Je sais que va venir un Messie – celui qu’on appelle Christ. quand il sera venu, il nous annoncera tout », déclare la Samaritaine. « Jésus lui dit : « C’est moi, moi qui te parle » (Jean 4, 25-26). Aux gens simples et bien disposés, Jésus se fait connaître pour ce qu’il est : « Tu l'as vu ; et celui qui te parle, c'est lui-même. » « Je crois, Seigneur » dit-il, et se jetant à ses pieds, il l'adora » (Jean 9, 37-38). Il comprend maintenant ce qui lui est arrivé. Il saisit que le passage d’Isaïe vient de s’accomplir pour lui : « L’Esprit du Seigneur est sur moi (…). Il m’a envoyé (…) pour annoncer (...) aux aveugles l’usage de leurs yeux » (Luc 4, 18).

(à suivre…)

mercredi 29 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (6)

La guérison de l’aveugle de naissance (6)

« Nous savons que Dieu n'exauce point les pécheurs ; mais si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui-là qu'il exauce » (Jean 9, 31). Si nous voulons que Dieu exauce nos prières, nous devons nous présenter devant lui avec un cœur pur. « Un cœur contrit et humilié, Dieu ne le dédaigne pas » (Psaume 51, 19), ne le repousse pas, bien au contraire. Tous les moments sont bons pour demander pardon, pour purifier notre âme dans le sacrement de la réconciliation, pour aérer notre âme et en faire sortir les miasmes du péché. Dieu est prêt à exaucer celui qui fait sa volonté, non la sienne propre. Rappelons-nous l’orgueilleux, tel le pharisien qui méprise le publicain qu’il condamne par avance comme pécheur (cf. Luc 18, 9-14), n’est pas écouté de Dieu. (lire la suite)
Quelle est notre volonté effective de nous convertir ? Effective, c’est-à-dire à quoi se remarque-t-elle ? Quelles résolutions concrètes avons-nous prises ? Sur quels points faisons-nous porter notre lutte ?
Sommes-nous réellement disposés à nous laisser changer, transformer et guérir par le Seigneur, à sortir de certaines habitudes, d’une certaine routine, pour suivre le Christ de plus près ? Non seulement pour qu’il nous écoute davantage et exauce nos demandes, mais plus fondamentalement pour lui rendre gloire et l’aimer davantage.
« Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous nous établirons à demeure chez lui » (Jean 14, 23).
Voyez-vous ? C’est une affirmation sublime du Seigneur, qui traduit tout l’amour qu’il nous porte et le désir profond qui l’habite de nous faire partager sa vie. En prenons-nous les moyens ? Sommes-nous bien préparés à le recevoir, à l’accueillir en nous ? « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement un mot, et mon âme sera guérie. » Un seul mot. Ce mot, nous le connaissons, c’est : « Conversion. »
« Si cet homme n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils lui répondirent : « Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous fais la leçon ? »
Et ils le chassèrent » (Jean 9, 33-34). Ils n’acceptent pas la leçon. Ils ne sont pas prêts à en examiner le bien-fondé. Nous voyons l’importance de la droiture d’intention. Sans elle, nous nous fermons à la Vérité, c’est-à-dire à Dieu, qui est la Vérité (Jean 14, 6). Nous nous rendons volontairement – et donc coupablement – incapables de la comprendre, de l’accueillir pour y conformer notre vie. « Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis… »

(à suivre…)

mardi 28 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (5)

La guérison de l’aveugle de naissance (5)

« Ils le chargèrent alors d'injures, et dirent : « C'est toi qui es son disciple ; nous, nous sommes les disciples de Moïse. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-ci nous ne savons d'où il est » (Jean 9, 28-29). Le miraculé ne se démonte pas devant ce flot de propos outranciers. Il réplique, avec un gros bon sens : « Il est étonnant que vous ne sachiez d'où il est, et cependant il m'a ouvert les yeux. Nous savons que Dieu n'exauce point les pécheurs; mais si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui-là qu'il exauce. Jamais on n'a ouï dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né. Si cet homme n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire » (Jean 9, 30-33). Quel exemple merveilleux de spontanéité, de foi et d’audace apostolique. Alors même qu’il se trouve en face de personnes hostiles qui, de surcroît, (lire la suite) sont d’authentiques personnages, il proclame sa foi en Jésus-Christ, une foi naissante, qui prend de plus en plus corps en lui. Là encore nous avons un modèle du comportement qui doit être le nôtre dans les différents milieux où nous vivons et agissons, pour proclamer : « Si cet homme n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire » (Jean 9, 33). La réalité de la Passion, de la mort et de la Résurrection de notre Seigneur, qui témoigne de ce qu’il est Dieu. Dieu parmi nous, agissant pour notre salut éternel. Dieu resté dans l’Eucharistie : Adoramus te, Domine.
« Rends gloire à Dieu. Nous savons que cet homme est un pécheur » (Jean 9, 24). Oui, il faut rendre gloire à Dieu. Mais par sur le fondement de mensonges. On ne peut rendre gloire à Dieu qu’à partir de la vérité. C’est bien ce que l’aveugle fait en proclamant : « Si cet homme n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire » (Jean 9, 33).
« Rends gloire à Dieu. Nous savons que cet homme est un pécheur » (Jean 9, 24). Leur conclusion est paradoxale. Une énormité ! Elle ne tient pas debout. C’est une conclusion hystérique ; sans aucun fondement. Une conclusion qui est d’une injustice criante. Notre homme a vite fait de la rejeter, de la mettre à bas sans ménagement, à partir de son bon sens qui est, en réalité, très surnaturel. Parce qu’il n’a pas de préjugés, il reconnaît la vérité. Il ignorait qui était Jésus : « S'il est un pécheur, je l'ignore; je sais seulement que j'étais aveugle, et qu'à présent je vois » (Jean 9, 25). Ce sont les faits. Le reste ne l’intéresse pas. Du moins pour le moment. Car il n’a pas encore fait la rencontre décisive et définitive avec le Christ, rencontre qui va au-delà de la simple guérison corporelle.

(à suivre…)

lundi 27 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (4)


La guérison de l’aveugle de naissance (4)

« Seigneur, je vois que tu es un prophète » (Jean 4, 19). Telle avait été déjà la réaction de la Samaritaine venue tirer de l’eau au puits de Sichar.et la foule, en voyant le fils de la veuve de Naïm revenir à la vie « glorifiait Dieu en disant : « Un grand prophète a surgi parmi nous » (Luc 7, 16). Les gens simples savent reconnaître le Christ qui passe dans leur vie. Nous, nous sommes peut-être trop compliqués, trop rationalistes. Seuls les gens simples peuvent accueillir le Seigneur. Un des objectifs de la direction spirituelle est de nous aider à nous simplifier la vie, à nous laisser guider par le Seigneur, à accepter que nous sommes très limités, très faibles et que nous avons foncièrement besoin de lui : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15, 5). (lire la suite)
« Les Juifs ne voulurent donc pas croire que cet homme eut été aveugle et qu'il eût recouvré la vue, jusqu'à ce qu'ils eussent fait venir les parents de celui qui avait recouvré la vue » (Jean 9, 18). Pourtant cet homme est adulte, et donc à même de raconter de façon plausible ce qui lui est arrivé. Mais ils ne le croient pas. En présence d’un miracle, ils en réclament toujours un autre, comme si celui-ci devait emporter leur adhésion : « Maître ; nous voudrions voir un signe qui vienne de toi »’ (Matthieu 12, 38). Seigneur, je crois en toi et tout ce que je lis dans la Sainte Ecriture et à tout ce que la sainte Eglise me propose comme étant divinement révélé. Mais augmente en moi la foi, car la tentation du doute nous guette toujours face au mystère de la puissance de Dieu.
Pour l’heure, les parents de l’aveugle de naissance répondirent : « Nous savons que c'est bien là notre fils, et qu'il est né aveugle ; mais comment il voit maintenant, nous l'ignorons, et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas. Interrogez-le lui-même ; il a de l'âge, lui-même parlera de ce qui le concerne. » Ses parents parlèrent ainsi, parce qu'ils craignaient les Juifs. Car déjà les Juifs
étaient convenus que quiconque reconnaîtrait Jésus pour le Christ serait exclu de la synagogue » (Jean 9, 20-22).
Alors les pharisiens firent revenir l’intéressé et recommencèrent l’interrogatoire. Agacé, celui-ci répond : « Je vous l'ai déjà dit et vous ne l'avez pas écouté : pourquoi voulez-vous l'entendre encore ? Est-ce que vous aussi vous voulez devenir ses disciples ? » (Jean 9, 27). Pour lui, les faits sont tellement évidents. Il ne comprend pas l’acharnement à vouloir nier la réalité. L’humilité de l’intelligence est peut-être ce qu’il y a de plus difficile à vivre. Il faut accepter de ne pas arriver à tout comprendre, et que les actions de Dieu sont d’une nature telle qu’elles dépassent largement les capacités de note petite comprenette très limitée.

(à suivre…)

samedi 25 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (3)

La guérison de l’aveugle de naissance (3)

« Les voisins, et ceux qui l'avaient vu auparavant demander l'aumône, disaient : « N'est-ce pas là celui qui était assis et mendiait ? » Les uns répondaient : « C'est lui » ; d'autres : « Non, mais il lui ressemble. » Mais lui disait : « C'est moi. » Ils lui dirent donc : « Comment tes yeux ont-ils été ouverts ? » Il répondit : « Un homme, celui qu'on appelle Jésus, a fait de la boue, il l'a étendue sur mes yeux, et m'a dit: Va à la piscine de Siloé et lave-toi. J'y ai été, et, m'étant lavé, j'ai recouvré la vue. » « Où est cet homme ? » lui dirent-ils. Il répondit : « Je ne sais pas » (Jean 9, 8-12). Jésus s’est fondu dans la foule. Il s’écarte pour que ne pas se faire acclamer par ces gens. « Il est passé en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient sous l’empire du diable. Dieu, en effet, était avec lui » (Actes 10, 38), expliquera saint Pierre au centurion Corneille et à sa famille. Jésus se fait discret. C’est une invitation à l’humilité. Nous sommes conviés à faire le bien autour de nous – c’est même une obligation fondamentale, le premier des commandements (cf. Matthieu 22, 34-40) – mais, si possible, de sorte que l’on ne puisse pas nous remercier. Autrement, (lire la suite) nous orientons ces remerciements vers Dieu, auteur de tout bien. Certes, nous ne disposons pas de pouvoirs thaumaturgiques, mais nous pouvons faire beaucoup de bien à autrui, non seulement dans les petites choses matérielles de la vie, qui ont leur importance tout en étant secondaires, mais aussi et avant tout dans le domaine moral, en aidant à vivre les vertus, en rendant la vertu aimable.
« Ils menèrent aux Pharisiens celui qui avait été aveugle » (Jean 9, 13). L’événement les surprend, comme s’ils n’avaient pas déjà entendu parler de Jésus et n’étaient pas au fait qu’il réalise des prodiges indéniables. Ce qui les irrite davantage, c’est que « c'était un jour de sabbat que Jésus avait ainsi fait de la boue et ouvert les yeux de l'aveugle » (Jean 9, 14). Ils questionnent le miraculé. « Sur cela quelques-uns des Pharisiens disaient: "Cet homme n'est pas envoyé de Dieu, puisqu'il n'observe pas le sabbat." D'autres disaient: "Comment un pécheur peut-il faire de tels prodiges?" Et la division était entre eux » (Jean 9, 16). Ils sont décontenancés et divisés, et ne savent que penser. Aussi se retournent-ils vers l’aveugle, comme s’il pouvait résoudre leurs doutes et arbitrer entre eux : « Et toi, que dis-tu de lui, de ce qu'il t'a ouvert les yeux ? » Il répondit : « C'est un prophète » (Jean 9, 17).

(à suivre…)

vendredi 24 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (2)


La guérison de l’aveugle de naissance (2)

« Il faut, tandis qu'il est jour, que je fasse les œuvres de celui qui m'a envoyé ; la nuit vient, où personne ne peut travailler » (Jean 9, 4). Il faut travailler tant qu’il fait jour, tant que nous le pouvons. A l’image du Christ : « Mon Père ne s’arrête pas d’œuvrer et j’œuvre moi aussi » (Jean 5, 17), continuellement, sans interruption. Il faut travailler tant qu’il fait jour pour nous. en travaillant, nous rendons aussi gloire à Dieu. Comme en toute chose, si nous y mettons de la droiture d’intention : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. Ne soyez occasion de scandale ni pour les Juifs, ni pour les Grecs, ni pour l’église de Dieu » (1 Corinthiens 10, 31-32). Vaste programme ! (lire la suite)
« Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde » (Jean 9, 5). « La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde.(…) Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue » (Jean 1, 9.5). il existe de nos jours un nombre jamais égalé de gens qui sont plongés dans les ténèbres de l’ignorance et de l’erreur. C’est presque inévitable, compte tenu de l’accroissement démographique de la population.et pourtant Jésus, par sa Pâque, est venu apporter le salut à tous les hommes, sans faire acception de personnes. « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont en petit nombre. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson » (Luc 10, 2). Seigneur, prends pitié de notre monde, qui est si éloigné de toi. Que ta lumière, que la lumière que tu es toi-même ; éclaire le cœur des hommes, leur montre le chemin de la Vérité, leur fasse découvrir la vraie foi, les guide vers le Père. Fais fructifier ta Passion dans les âmes.
« Ayant ainsi parlé, il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, puis il l'étendit sur les yeux de l'aveugle, et lui dit : « Va, lave-toi dans la piscine de Siloé (mot qui se traduit : Envoyé). » Il partit, se lava, et s'en retourna, voyant clair » (Jean 9, 6-7). L’aveugle apparemment n’a rien demandé. Il ne semble pas avoir entendu parler de Jésus, à la différence de Bar-Timée, cet autre aveugle qui était assis à mendier à une porte de Jéricho (cf. Luc 18, 35-43).
« Dieu veut également ouvrir notre regard intérieur afin que notre foi soit de plus en plus profonde et que nous puissions reconnaître en lui notre unique Sauveur. Le Christ illumine toutes les ténèbres de la vie et donne à l’homme de vivre en « enfant de lumière » (Benoît XVI, Message pour le carême 2011, n° 2).

(à suivre…)

jeudi 23 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (1)


La guérison de l’aveugle de naissance (1)

« Jésus vit, en passant, un aveugle de naissance » (Jean 9, 1). Jésus se trouve à Jérusalem pour la fête des tabernacles, qui dure sept jours et au cours de laquelle les Juifs rendent grâce au Tout-Puissant pour les récoltes qu’ils ont obtenues (cf. Exode 16, 13-15). Jésus aimait venir dans la Cité sainte, même s’il n’était pas tenu en tant que Messie par les prescriptions de la Loi mosaïque relatives aux pèlerinages annuels. Cependant, il aurait scandalisé les Juifs, et même ses disciples, s’il ne s’était pas conduit en Juif observant de la Loi. D’ailleurs les Juifs se demandaient : « Qu’en pensez-vous ? Est-ce qu’il ne viendra pas pour la fête ? » (Jean 11, 56). Alors même que l’on « cherchait à le faire mourir », il s’y rend, « non pas ouvertement, mais comme en cachette, quasi in occulto » (Jean 7, 10), tandis que les Juifs le cherchaient et disaient : « Où est-il, celui-là ? » (Jean 7, 11). (lire la suite)
Il aime se rendre au Temple, car c’est « une maison de prière » (Luc 19, 46), la maison de son Père (cf. Jean 2, 16). Certes, le Seigneur se plaît en tout lieu, mais, en tant qu’homme, il montre qu’il ressent le besoin de revenir vers son Père, d’être « chez son Père », comme il l’explique à Marie et à Joseph (Luc 2, 49). Il nous montre par là l’importance de venir prier à l’église, devant le saint-sacrement. C’est lui qui est désormais présent dans ce temple consacré, qui en fait un lieu privilégié de prière, où il nous est bon de nous retrouver avec lui, avec le Père et le Saint-Esprit.
Le Seigneur rencontre donc un aveugle de naissance. « Maître, lui demandèrent ses disciples, est-ce que cet homme a péché, ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » (Jean 9, 2). Les apôtres ont une conception erronée du mal physique : celui-ci n’est pas la conséquence du péché, ni personnel, ni de ses parents. En revanche, c’est l’infirmité morale qui découle du péché. « Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n'ont péché, mais c'est afin que les œuvres de
Dieu soient manifestées en lui » (Jean 9, 3).
Cet homme est aveugle pour que, dans le dessein de Dieu, sa propre gloire éclate aux yeux des hommes. Le Seigneur apparaît tout au long des Evangiles comme désireux de rendre gloire à son Père. Il dira pareillement de la maladie de Lazare qu’elle est « pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié » (Jean 11, 4). C’est une gloire qu’il veut nous faire partager : « Ne t’ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu », demande-t-il à Marthe, la sœur de Lazare (Jean 11, 40). Et, dans sa prière sacerdotale, au cours de laquelle il épanche son cœur d’homme, il formule cette exigence : « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je serai, ils soient aussi avec moi, afin qu’ils puissent voir ma gloire, cette gloire dont tu m’as fait don, parce que tu m’as aimé avant la création du monde » (Jean 17, 24).

(à suivre…)