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lundi 30 mars 2015

Le vin de Cana (2)

Le vin de Cana (2)

Et ce, le temps de remplir les jarres, le temps de notre comparution devant Dieu. Alors, nous l’espérons avec une ferme espérance, les anges apporteront à Dieu ces vastes récipients remplis à ras bord du nectar le plus savoureux qui soit. Dieu « a gardé le bon vin jusqu’à maintenant » (Jean 2, 10), parce qu’il « est riche envers tous ceux qui l’invoquent » (Romains 10, 12), c’est-à-dire qu’il est magnanime, d’une générosité qui surprend toujours parce qu’elle passe la mesure humaine. Il s’agit d’une mesure « tassée, secouée, débordante » (Luc 6, 38). (lire la suite) Ici, les amphores ont été remplies précisément à ras bord. La mesure a été comble. Tout est grandiose dans cette scène. Elle annonce aussi le banquet des noces de l’Agneau (cf. Apocalypse 19, 9), quand le Seigneur Jésus, prenant la coupe, prononce sur elle la bénédiction puis, la prenant, l’élève et dit, en présence des Douze : « Prenez et buvez-en tous ; ceci est mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés. » Seuls profitent de ce vin au millésime exceptionnel, vraiment unique, ceux qui ont persévéré jusqu’au bout, ceux qui sont restés attachés au Seigneur, au Maître, et qui ne sont pas partis en avance de façon intempestive, sous des prétextes variés, futiles et très terre-à-terre. Le bon vin, « qui réjouit le cœur de l’homme » (Psaume 115, 15), ce cœur qui n’aspire qu’au bonheur précisément, ce bon vin n’est distribué qu’au dernier moment. C’est le banquet final de toute une vie passée à servir Dieu. C’est l’aboutissement d’années vécues vaille que vaille à l’aimer. C’est le terme des efforts fournis pour lui être fidèles envers et contre tout. C’est un quasi-droit pour les enfants de la famille. Et c’est le fruit de la promesse faite à ses amis : « Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du royaume préparé pour vous depuis la création du monde » (Matthieu 25, 34). « Je vous ai appelés mes amis » (Jean 15, 15) et je veux que « là où je serai, vous soyez vous aussi » (Jean 14, 3). (fin)

dimanche 4 janvier 2015

Maternité de Marie (4)

Maternité de Marie (4)

Mais, si le diable cherche à nous attirer à lui pour nous faire partager son malheur éternel, Marie, de son côté, veut notre bien le plus plénier possible. Et cela, elle le connaît. Il sait de quoi il s’agit. Elle s’en délecte en permanence. C’est bien parce qu’elle en fait l’expérience bienheureuse qu’avec sa toute-puissance maternelle elle s’ingénie à nous rapprocher de son divin Fils, car lui seul peut nous tirer des pesanteurs terrestres et nous sauver du mal, nous arracher aux griffes du diable fourchu. Oh ! Elle ne nous force pas, notre Mère. Non. (lire la suite) Elle préfère agir par persuasion, nous gagner par son affection débordante, et nous faire confiance. Elle veut nous amener à nous tourner irrésistiblement vers la Croix, où notre Seigneur nous ouvre les bras et nous invite à venir le rejoindre : « L’Agneau sanguinolent est descendu Du bois sacré où il était pendu. J’y monte à mon tour : j’étais attendu. Jésus me lance un regard entendu » (poème La Croix, de l’auteur). Ça n’a l’air de rien, mais, en fait, cette association qu’elle nous propose dure rien moins que toute notre vie. Oui, il nous faut une existence tout entière pour arriver à la hauteur de Jésus, pour parvenir jusqu’à lui et l’entendre nous dire – osons, du moins, l’espérer, puisque notre Mère commune nous accompagne : « Aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis ! » (Luc 23, 43). Il a fallu que Marie pèse de tout son poids dans la balance. Mais elle le fait bien volontiers. Elle en a même fait en quelque sorte son métier. Et ainsi elle arrache les âmes au démon. Ce démon, elle lui a écrasé la tête de son talon à l’aube de l’humanité (cf. Genèse 3, 13). L’on comprend alors que satan et ses sbires ne supportent pas d’être en présence de Notre Dame… S’ils exhalent une odeur de souffre, de Marie s’échappe en revanche la « bonne odeur du Christ » (2 Corinthiens 2, 15). Il ne la supporte pas. Elle lui est odieuse. Elle l’asphyxie pour ainsi dire. Elle le fait suffoquer. Il perd ses moyens en présence de Marie. Ce qui est paradoxal pour quelqu’un qui prétend posséder l’univers entier : « Je te donne toute cette puissance avec leur gloire, ose-t-il dire par bravade rien moins qu’à son Seigneur, car elle m’a été remise et je la donne à qui je veux. Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi » (Luc 4, 7-8). (à suivre…)

vendredi 7 février 2014

Arrêt sur christianisme (82)

Arrêt sur christianisme (82)

[le Christ] ‘n’est pas venu pour détruire la Croix, mais pour s’étendre dessus. De tous les privilèges spécifiques de l’humanité, c’est celui-là que Dieu a choisi pour lui-même’ (P. Claudel, Dialogues sur la souffrance). Voilà donc ce que découvrent de Dieu tous ceux qui acceptent la confiance crucifiée. C’est que le Verbe de Dieu qui s’est fait chair s’est mis personnellement au cœur de la douleur. Qu’au moment où dans la personne du Christ s’est réalisée l’union fantastique de Dieu et de la douleur, toute la réalité de la douleur, toute la réalité de la douleur et du mal était épuisée par Dieu. Et que ‘celui qui s’est fait malédiction pour nous’ l’avait fait par amour. Que la puissance de souffrir est en nous la même que la puissance d’aimer : nous le savions, mais que la crucifixion de Jésus et des croyants et de tous ceux qui choisissent la confiance, et qui nous paraît chose tellement inacceptable, était la crucifixion même de Dieu, que c’était son secret, qu’il est lui-même crucifié par le mal : voilà la nouveauté radicale, voilà la bouleversante nouveauté du christianisme. À tous ceux qui acceptent la confiance, Dieu se dévoile comme le premier crucifié et plus crucifié qu’eux encore dans le mal. ‘L’Agneau qui se laisse mener à la boucherie sans se défendre’ : ce n’est pas seulement Jésus, c’est Dieu lui-même que Jésus est en personne. L’obscurité est plus grande que jamais, mais nous savons que la lumière n’est donnée qu’à ceux qui vont jusque-là. B. Bro, Le pouvoir du mal. 3. Le Dieu crucifié, Paris, Éditions Bayard-Presse, 1976, p. 16-17.

jeudi 12 décembre 2013

Arrêt sur christianisme (82)

Arrêt sur christianisme (82)

[le Christ] ‘n’est pas venu pour détruire la Croix, mais pour s’étendre dessus. De tous les privilèges spécifiques de l’humanité, c’est celui-là que Dieu a choisi pour lui-même’ (P. Claudel, Dialogues sur la souffrance). Voilà donc ce que découvrent de Dieu tous ceux qui acceptent la confiance crucifiée. C’est que le Verbe de Dieu qui s’est fait chair s’est mis personnellement au cœur de la douleur. Qu’au moment où dans la personne du Christ s’est réalisée l’union fantastique de Dieu et de la douleur, toute la réalité de la douleur, toute la réalité de la douleur et du mal était épuisée par Dieu. Et que ‘celui qui s’est fait malédiction pour nous’ l’avait fait par amour. Que la puissance de souffrir est en nous la même que la puissance d’aimer : nous le savions, mais que la crucifixion de Jésus et des croyants et de tous ceux qui choisissent la confiance, et qui nous paraît chose tellement inacceptable, était la crucifixion même de Dieu, que c’était son secret, qu’il est lui-même crucifié par le mal : voilà la nouveauté radicale, voilà la bouleversante nouveauté du christianisme. À tous ceux qui acceptent la confiance, Dieu se dévoile comme le premier crucifié et plus crucifié qu’eux encore dans le mal. ‘L’Agneau qui se laisse mener à la boucherie sans se défendre’ : ce n’est pas seulement Jésus, c’est Dieu lui-même que Jésus est en personne. L’obscurité est plus grande que jamais, mais nous savons que la lumière n’est donnée qu’à ceux qui vont jusque-là. B. Bro, Le pouvoir du mal. 3. Le Dieu crucifié, Paris, Éditions Bayard-Presse, 1976, p. 16-17.

dimanche 10 juin 2012

Sodome et Gomorrhe (1)

Sodome et Gomorrhe (1)

« Le Seigneur dit : « Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ? Car Abraham doit devenir une nation grande et forte, et toutes les nations de la terre seront bénies en lui. je l'ai choisi, en effet, afin qu'il ordonne à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie du Seigneur, en pratiquant l'équité et la justice, et qu'ainsi le Seigneur accomplisse en faveur d'Abraham les promesses qu'il lui a faites. » Et le Seigneur dit : « Le cri qui s'élève de Sodome et de Gomorrhe est bien fort, et leur péché bien énorme. Je veux descendre et voir si, selon le cri qui est venu jusqu'à moi, leur crime est arrivé au comble ; et s'il n'en est pas ainsi, je le saurai » (Genèse 18, 17-21).
La première chose que nous constatons, c’est que le péché des hommes ne laisse pas Dieu indifférent. Le péché, certes, ne peut pas écorner sa sainteté, ni diminuer sa gloire. (lire la suite) Dieu est parfait dans toutes ses qualités et immuable. Il ne manque de rien. L’homme ne peut ni lui apporter ni lui ôter quelque chose. Et pourtant, Dieu n’est pas insensible à ce que nous faisons, en bien ou en mal. Parce qu’il « est Amour » (1 Jean 4, 16). Parce qu’il est une Personne, ou plutôt trois Personnes. Parce qu’il est le Vivant, celui qui est « Je suis » (Exode 3, 14). Le Seigneur se sent si directement concerné par nos péchés que, dans une effusion d’Amour inimaginable, il décide d’envoyer son Fils à notre rescousse, il lui demande de s’incarner, de devenir un homme « semblable aux hommes » (Philippiens 2, 7), qui « a dû se faire semblable en tout à ses frères » (Hébreux 2, 17), pour sauver notre nature gâtée par le péché et nous rétablir dans la dignité première d’enfant de Dieu. Cependant, malgré les appels à la conversion, au repentir, malgré les alliances passées avec son peuple, dont la dernière a été scellée dans le Sang de l’Agneau, l’homme reste pécheur. Et la clameur de nos péchés monte vers le ciel. Et ce péché ne peut pas rester impuni. « Le Seigneur dit : « Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ? […] Je veux descendre et voir si, selon le cri qui est venu jusqu'à moi, leur crime est arrivé au comble ; et s'il n'en est pas ainsi, je le saurai. » (Genèse 18, 17.21). Il est admirable de voir cette confiance de Dieu en un homme, à quel point il lui fait part de son projet pour voir ce qu’il en pense. Le Seigneur dit à ses apôtres qu’il ne les appelle plus serviteurs « parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître. » (Jean 15, 15). (à suivre…)

dimanche 17 avril 2011

Dieu avec l’homme (1)

Dieu avec l’homme (1)

Bien des fois, que ce soit sous l’empire de l’Ancienne Alliance ou celui de la Nouvelle, Dieu manifeste son désir d’avoir l’homme auprès de lui et la joie qu’il éprouve de sa présence. C’est a priori singulièrement surprenant, car nous ne pouvons rien apporter à Dieu qui lui manquerait. Et aussi quand nous songeons que nous sommes toujours des enfants rebelles, rébellion qui a conduit le Christ tout droit à la Croix.
Dieu n’a pas besoin de nous. il s’aime d’un Amour infini (et donc « complet ») qu’exprime pleinement la Personne du Saint-Esprit. Et pourtant, telle est la vérité que nous trouvons exprimée dans la Bible. Elle s’explique par le fait (lire la suite) que l’Amour de Dieu est parfait et absolu, constant et non soumis à des fluctuations ou à des incertitudes. C’est pourquoi Dieu aime à la folie ce qu’il a créé et, au sein de cette création, de façon toute particulière l’homme et la femme, les seuls êtres qu’il a façonnés « à son image et à sa ressemblance » (Genèse 1, 26). Il nous a donné d’être précisément pour que nous puissions participer à sa propre félicité.
Il nous présente cette vie en commun avec l’image d’un banquet, qui semble le sommet des réjouissances humaines : « Yahvé des armées fera pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de viandes grasses, de vins bien dépouillés » (Isaïe 26, 5). Il nous y convie d’autant que nous souffrons de nos absences d’aptitudes : « Ô vous tous qui avez soif, venez aux eaux, vous-mêmes qui n’avez pas d’argent, venez, achetez du blé et mangez ; venez, achetez sans argent, et sans payer, vin et lait » (Isaïe 55, 1).
En même temps, il faut quand même s’acquitter d’un droit d’entrée : « Gagnez par vos œuvres non la nourriture qui périt, mais la nourriture qui dure pour la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme » (Jean 6, 27).
« Heureux les invités au festin des noces de l’Agneau » (Apocalypse 19, 9). Nous sommes de ces invités. Le Seigneur n’a-t-il pas affirmé à ses disciples : « Je vais disposer en votre faveur d’une royauté, (…) pour que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume » (Luc 22, 30) ?
Or, ce « royaume des cieux est semblable à un prince royal qui fit un repas de noces pour son fils » (Matthieu 22, 2). Il y invite toutes sortes de personnes. « Du levant et du couchant, du nord et du sud, on viendra prendre place au festin dans le royaume de Dieu » (Luc 13, 29).
En vérité, « heureux celui qui prendra son repas dans le royaume de Dieu ! » (Luc 14, 15). Parce que c’est partager la table du Seigneur, le Sage par excellence. La Sagesse « a immolé ses victimes, mêlé son vin, elle a aussi dressé sa table. Elle a envoyé ses servantes, elle appelle (…) : Que celui qui est simple vienne par ici » (Proverbes 9, 2-3). Elle ajoute : « Venez, mangez de mon pain, et buvez du vin que j’ai mêlé » (Proverbes 9, 5).

(à suivre…)

dimanche 21 novembre 2010

La Liturgie céleste (21)

La Liturgie céleste (21)

Si la messe possède quatre finalités : de louange, d'adoration, d'expiation, d'impétration ou de demande, nous pouvons dire avec Benoît XVI que, « spécialement dans la liturgie eucharistique, il nous est donné de goûter l'accomplissement eschatologique vers lequel tout homme et toute la création sont en chemin (cf. Romains 8, 19) » (exhort. ap. post-synodale Sacramentum caritatis, n° 30), puisque la dimension de louange est caractéristique de la liturgie céleste. Les hiérarchies célestes et les élus passeront leur éternité dans la louange éperdue de Dieu. « Tu es digne, notre Seigneur et Dieu, de recevoir la gloire, l'honneur et la puissance, car c'est toi qui as créé toutes choses, et c'est par ta volonté qu'elles ont eu l'existence et ont été créées » (Apocalypse 4, 11). (lire la suite) « Il est digne, l'Agneau qui a été égorgé, de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire et la bénédiction. (...) À Celui qui est assis sur le trône et à l'Agneau soient la bénédiction, l'honneur, la gloire et la domination pour les siècles des siècles ! » (Apocalypse 5, 12.13). « Alleluia ! Car le Seigneur, notre Dieu, le Tout-Puissant, a pris possession de la royauté. - Réjouissons-nous, soyons dans l'allégresse et rendons-lui gloire, car les noces de l'Agneau sont venues, son Épouse s'est parée » (Apocalypse 19, 6-7). « Amen ! Que la bénédiction, la gloire, la sagesse, l'action de grâces, l'honneur, la puissance et la force soient à notre Dieu pour les siècles des siècles ! Amen ! » (Apocalypse 7, 12). Et la foule immense des élus criait : « Le salut appartient à notre Dieu qui est assis sur le trône et à l'Agneau » (Apocalypse 7, 10). "Les vingt-quatre vieillards et les quatre animaux se prosternèrent et adorèrent Dieu assis sur le trône, en disant : « Amen : Alleluia ! » Et il vint du trône une voix qui disait : « Louez notre Dieu, vous tous, ses serviteurs, et vous qui le craignez, petits et grands ! » (Apocalypse 19, 4-5).

(fin)

mardi 1 juin 2010

L’âme pénitente (11)

L’âme pénitente (11)

« Dans ta bonté, ô Dieu, procure le bien de Sion » (Psaume 51, 20). Donne-nous Jésus-Christ. Donne-nous Celui qui est « le Pain de Vie » (Jean 6, 48), tel que « celui qui viendra à lui n’aura plus faim et que celui qui croira en lui n’aura plus jamais soif » (Jean 6, 35). Donne ce bien suprême. Qu’il ne me manque jamais. Et, pour cela, que tes prêtres ne fassent pas défaut à ton Eglise. Tu nous as fait le don de l’Eucharistie et du sacerdoce au cours de la Cène du Jeudi Saint. Ce sont des sacrements qui bâtissent ton Corps mystique. Ne permets pas que nous en soyons privés, mais accroît sans cesse les biens spirituels de ton Eglise, procure-lui le bien, un bonheur sans pareil, même s’il est inévitable qu’elle continue d’être persécutée. Mais la persécution n’est-elle pas elle-même un bien inestimable, (lire la suite) qui engendre des saints et des martyrs, eux-mêmes semence de nouveaux chrétiens ?
Dans l’Ancien Testament, certains sacrifices préfigurant celui du Christ, comportaient la manducation d’une partie de la chair offerte à Dieu, ce qui impliquait une participation au rite sacré. « Que ce mois-ci soit pour vous le commencement des mois ; il sera le premier des mois de votre année. Parlez à toute l’assemblée d’Israël, et dites : Le dixième jour de ce mois, que chacun prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maison est trop peu nombreuse pour un agneau, on le prendra en commun avec le voisin le plus proche, selon le nombre de personnes » (Exode 12, 2-4). De sorte qu’en communiant, nous participons au Sacrifice du Christ, Sacrifice libérateur et nourricier. O sacrum convivium… « Ô banquet sacré ! On y reçoit le Christ, on y fait mémoire de sa Passion ; l’âme est comblée de grâce, et le gage de la gloire éternelle nous est donné. » « Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! » (Apocalypse 22, 20).Viens, ne tarde pas (Hébreux 10, 37). Viens sustenter ton peuple qui doit assurer de durs labeurs. « Dans ta bonté, ô Dieu, procure le bien de Sion, rebâtis les murs de Jérusalem » (Psaume 51, 20). Reconstruis les murs que certains abattent. Avec toi, je veux remettre à leur place les pierres de fondation de ton Eglise, qui sont menacées par l’affouillement des eaux ruisselantes du péché non combattu, au contraire entretenu et répandu.
« Alors tu agréeras de justes sacrifices, les oblations et les holocaustes ; alors on offrira des taureaux sur ton autel » (Psaume 51, 21). Tu proclames : « Voici la loi du sacrifice pour le péché : c’est dans le lieu où l’on immole l’holocauste que sera immolée la victime pour le péché devant Yahvé : c’est une chose sainte » (Lévitique 6, 18). C’est à la messe que nous t’offrons la Sacrifice salutaire et surérogatoire. Nous t’offrons l’Agneau immaculé, « tout entier en holocauste à Yahvé » (1 Samuel 7, 9). Tu l’exauceras. N’exauces-tu pas notre offrande ? Oui, je le crois, tu nous écoutes et tu bénis largement ces offrandes saintes, parce qu’elles sont les noces de l’Agneau, de l’agneau de Dieu. « Réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse, et rendons-lui la gloire, car les noces de l’Agneau sont venues, son Epouse s’est parée, et il lui a été donné de se vêtir d’un lin fin d’une blancheur éclatante – le lin fin, ce sont les œuvres pies des saints » (Apocalypse 19, 7-8).

(fin)

lundi 1 février 2010

Le paralytique de la piscine probatique (12)

Le paralytique de la piscine probatique (12)

- Non, certes. Mais je ne vois pas où tu veux en venir.
- Je me pose tout simplement des questions. J'essaye de comprendre, ce qui n'a pas l'air ton cas. Je vais rafraîchir ta mémoire en citant, cette fois, Jean-Baptiste. Ne te rappelles-tu vraiment pas qu'il nous a parlé de ce Jésus ?
- Vaguement.
- Eh bien, voici. Je m'en souviens mot à mot, car cela m'a causé un choc sur le moment, et j'ai mémorisé ce que je venais d'entendre. Écoute ça, Demas :
- Voici l'Agneau de Dieu, qui va enlever le péché du monde. C'est de lui que j'ai dit :
- « Après moi vient quelqu'un qui a passé devant moi, parce qu'il était avant moi. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais c'est pour qu'il fût manifesté à Israël que, moi, je suis venu baptiser dans l'eau. » (Jean 1, 29-31).
- Je ne suis pas plus avancé.
- Comment donc, qu'est-ce qu'il te faut ? L'Agneau, cela ne te dit rien ? Tu es vraiment amnésique aujourd'hui? Le prophète Isaïe nous a annoncé le Messie sous la forme d'un agneau conduit à l'abattoir (Isaïe 53, 7).
- Oui, et Jérémie d'ajouter qu'il était comme un agneau familier, qu'on mène à la boucherie (Jérémie 11, 19).
- Tu vois, si tu y mets un peu de bonne volonté.
- Je connais mes classiques mais, encore une fois, cela ne mène à rien. Je ne vois pas le rapport entre cet agneau et celui d'Isaïe. Où est l'abattoir ? Qui te dit qu'il y a indentité de mouton ?
- Jean-Baptiste lui-même. Laissons l'abattoir de côté. Ce qui importe actuellement, c'est de tirer au clair l'identité exacte de Jésus. Or, nous avons toujours cru à ce que Jean a dit, car il est manifeste qu'il est un envoyé de Dieu. Sa naissance elle-même a été entourée de mystères, au point que tous les gens du voisinage, et par toute la montagne de Juda, on se demandait :
- « Que sera donc cet enfant ? » (Luc 1, 65.66).
- Eh bien, lui, il affirme solennellement qu'il est venu préparer le chemin à cet Agneau annoncé par Isaïe, et dans lequel nos Pères dans la foi ont toujours vu une figure du Messie que nous attendons tous ardemment.
- Voilà donc où tu voulais en venir. Je t'attendais...
- Mais c'est lui, Jean-Baptiste qui affirme :
- « Et moi, je ne le connaissais pas ; mais c'est pour qu'il fût manifesté à Israël que, moi, je suis venu baptiser dans l'eau. » (Jean 1, 31). Tu sais qu'il a baptisé ce Jésus dans le Jourdain, comme nous.
- Oui.
- Eh bien, Jean-Baptiste a encore rendu témoignage en disant :
- « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il est demeuré sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas » (Jean 1, 32-33).
- Comment peut-il dire cela puisque c'est son cousin ?
- Tu prends tout au premier degré ! Quelle manque de bonne volonté.
- Ben quoi, ce n'est pas vrai, peut-être ?
- Si, bien sûr. Mais si tu me laissais parler tu comprendrais, enfin peut-être, si tu y mets un peu du tien... Il ne le connaissait pas sous un jour autre que son cousinage précisément, sous celui qui lui a été révélé, et qu'il précisait quand tu m'as interrompu.
- Excuse-moi, Sosthène. Vas-y, continues.
- Ça ne fait rien, ne t'en fais pas. Donc, il a explicité sa mission :
- Mais celui qui m'avait envoyé baptiser, celui-là m'avait dit :
- « Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint. »
- Et j'ai vu de mes yeux et j'atteste que c'est lui le Fils de Dieu » (Jean 1, 33-34).
- C'est bien énigmatique !
- Énigmatique, énigmatique ! C'est toi qui m'a l'air énigmatique. Pour moi, c'est clair. Ce Jésus est le Messie d'Israël. Tu ne comprends toujours pas ? Tu étais d'accord pour reconnaître que seul Dieu peut faire des miracles. Alors, Jésus de Nazareth est Dieu lui-même. Comment est-ce possible ? Je n'en sais rien. Mais la conclusion s'impose d'elle-même. D'ailleurs, que fais-tu de Moïse ?

(à suivre...)