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jeudi 12 septembre 2013

Les plans de Dieu (7)

Les plans de Dieu (7)

C’est cela que j’attends de vous, pour vous combler de mes bienfaits. Écoutez ce que l’apôtre vous dit : « Mes frères, quand vous buttez sur des épreuves, pensez que c’est une grande joie » (Jacques 1, 2), car c’est ma façon de vous bénir. Et puis, là où est la croix, là se trouve mon Fils bien-aimé, les bras grand ouverts, prêt à vous accueillir, et qui, en échange du don de sa vie, quémande un peu d’amour de votre part, des égards envers son corps sacré qu’il vous livre et qui vous est donné dans la Sainte Eucharistie. Un des plus grands malheurs qui vous arrive à vous, mes enfants – et le comble, c’est que (lire la suite) vous ne semblez même pas vous en rendre compte ! – c’est la façon dont vous traitez mon Fils dans cet auguste sacrement. Vous le recevez avec beaucoup de froideur et de distractions, par routine bien souvent. Sans parler de tous ceux d’entre vous qui le reçoivent indignement. N’avez-vous pas retenu ce que l’Apôtre dit à ce propos ? « Celui qui mangera le pain ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice ; car celui qui mange et boit [indignement], sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit son propre jugement » (1 Corinthiens 10, 27-29) L’avertissement est solennel. Or, il est curieux que vous ne preniez pas davantage soin de votre âme et, partant, comment vous pouvez maltraiter à ce point celui qui a assumé en toute conscience des tourments atroces dans la joie de donner sa vie pour que vous, vous ayez la vie sans restriction : « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance. » (Jean 10, 10). Rectifiez donc le plus rapidement possible. Révisez votre comportement. Convertissez-vous une bonne fois pour toutes. Cessez ces pratiques infâmes, qui sont un simulacre de piété et qui me sont particulièrement odieuses : « En agissant ainsi, tu amasseras des charbons de feu sur sa tête » (Romains 12, 20). Si vous ne rectifiez pas cette conduite insensée, vous aurez beau dire : « Seigneur ! Seigneur ! » je vous répondrai « hautement », pour que tous soient au courant : « Je ne vous ai jamais connus. Éloignez-vous de moi, artisans d'iniquité ! » (Matthieu 7, 23). (à suivre…)

lundi 4 juin 2012

Dureté de cœur (4)

Dureté de cœur (4)

« Va vers ce peuple et dis-lui : Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez pas ; vous regarderez de vos yeux et vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple, en effet, est devenu insensible ; ils sont devenus durs d’oreille et ils ont fermé leurs yeux, de peur de voir de leurs yeux, d’entendre de leurs oreilles, de comprendre avec leur cœur et de se convertir pour que je les guérisse » (Actes 28, 26-27). C’est là le hic, le fait de devoir se convertir. C’est à cela que l’homme résiste, qu’il freine des quatre fers, comme s’il avait à craindre Dieu. Voilà donc un « peuple insensé et sans cœur ! Ils ont des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre ! » (Jérémie 5, 21).
N’imputons pas cela le cœur léger aux seuls Israélites, (lire la suite) comme si cela ne nous concernait pas. Parce que notre monde se ferme à Dieu, se durcit considérablement face à toute référence surnaturelle, à tout ce qui, d’une façon ou d’une autre, a trait à Dieu. Sous couvert de liberté de conscience, c’est la manifestation la plus grande qui soit d’intolérance, le plus grand orgueil jamais vu sur terre depuis les origines. L’homme est son propre dieu. Peut-être est-ce que « le Seigneur ne vous a pas donné jusqu’à ce jour un cœur qui comprenne, des yeux qui voient, des oreilles qui entendent » (Deutéronome 29, 3), ou alors que « Dieu leur a donné un esprit de torpeur, des yeux pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre, jusqu’à aujourd’hui » (Romains11, 8). C’est un épais mystère. Nous pourrions donc penser que s’il en est ainsi, ce n’est pas entièrement de la faute des hommes. Détrompons-nous. si Dieu a obstrué le cœur et l’entendement des hommes, c’est parce qu’ils ne veulent rien savoir de lui. Il a tout fait pour essayer que son peuple marche sur le droit chemin. Il a tout tenté. Il a envoyé Moïse et les prophètes. Mais « Il en envoya un autre : celui-là, ils le tuèrent; puis beaucoup d'autres qui furent les uns battus, les autres tués par eux » (Marc 12, 5). Saint Jean expliquera le fait que beaucoup de Juifs ne croyaient pas en Jésus malgré les nombreux miracles qu’il avait opérés devant eux par la prophétie d’Isaïe (6, 9-10) : « Il leur a aveuglé les yeux et endurci le cœur, afin qu’ils ne voient pas de leurs yeux, ne comprennent pas avec leur cœur et ne se convertissent pas. Et je les eusse guéris ! » (à suivre…)

vendredi 25 novembre 2011

Le fardeau léger (6)


Le fardeau léger (6)

Ne prenez pas peur parce que je vous menace de châtiments plus terribles les uns que les autres, dit Dieu. Je n’ai nullement envie de vous frapper à mort. Si je les annonce, c’est pour que vous vous convertissiez, pour que vous reveniez sur vous-mêmes, pour que vous réfléchissiez à votre conduite insensée et que vous reveniez à moi. Voyez mon prophète Jonas. Je l’ai envoyé proclamer : « Encore quarante jours et Ninive sera détruite » (Jonas 3, 4). Mais j’ai dans le même temps ramolli le cœur de ses habitants, et ils se sont aussitôt repentis de leurs méfaits. Ce fut une surprise pour Jonas. Il n’en revenait pas. Il en a été même ulcéré et il m’a reproché l’échec de sa prédication, comme s’il avait souhaité la destruction de la ville. Vous êtes comme cela vous, les hommes. Votre cœur abrite des désirs de vengeance, parfois sous couvert de bons sentiments. (lire la suite) « Veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume ? » (Luc 9, 54). Vous avez le sang chaud vous, les hommes.
J’ai essayé de lui faire comprendre que si lui avait eu pitié « du ricin pour lequel tu n’as pas peiné et que tu n’as pas fait croître et qui en une nuit a péri », comment « moi, je n’aurai pas pitié de Ninive, la grande ville, dans laquelle il y a plus de cent vingt mille hommes qui ne distinguent pas leur droite de leur gauche, et une multitude d’animaux » (Jonas 4, 11). Mais je ne suis pas sûr qu’il m’aie compris…
Il est pourtant bien connu de tous que « tantôt je menace une nation ou un royaume de renverser, d’abattre et de détruire. Mais cette nation, contre laquelle j’ai parlé, se convertit-elle de sa malice, je me repens du mal que je projetais de lui faire » (Jérémie 18, 76-8) et c’en est fini du malheur, avant même qu’il ait commencé. Je suis trop content de pardonner à tous mes enfants, un par un. C’en a fait cent-vingt mille d’un coup à Ninive. Vous imaginez ma joie. Et mon pauvre Jonas qui broie du noir… Vous êtes comme cela vous, les hommes, vindicatifs. S’il pouvait entendre la parabole du fils prodigue : « Il fallait festoyer et se réjouir, car ton frère que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il a été retrouvé » (Luc 15, 39). Vous n’êtes pas bien nombreux à le comprendre.

(à suivre…)

jeudi 13 octobre 2011

La guérison du fils de l’officier royal (6)


La guérison du fils de l’officier royal (6)

Paul et Silas agiront de même quand, délivrés miraculeusement des liens qui les tenaient enchaînés en prison à Philippe, ils « annoncèrent la Parole de Dieu » à leur gardien, « ainsi qu’à toux ceux qui étaient dans sa maison » (Actes 16, 33). Lequel geôlier « les fit ensuite monter chez lui, leur servir à manger et se réjouit avec sa famille d’avoir cru en Dieu » (Actes 16, 34).
Ce fut encore le cas à Corinthe. Mais il n’y a pas lieu de penser que les cas qui nous sont rapportés sont isolés. Il dut y en avoir beaucoup d’autres. Donc, à Corinthe aussi le même phénomène se reproduit : « Crispus, chef de synagogue, crut au Seigneur avec tous les siens » (Actes 18, 8). Et à Philippe, « une femme du nom de Lydie, marchande de pourpre de la ville de Thyatire, prosélyte (…), quand elle eût été baptisée, ainsi que ses gens » (Actes 16, 14-15), oblige Paul et Barnabé à demeurer chez elle.
Certes, de nos jours la conversion est un processus individuel et non collectif. Mais dans ces premiers temps où l’Église commençait à exister et devait remplir le monde jusqu’aux extrémités de la terre (cf. Actes 1, 8), l’Esprit Saint intervenait très directement pour que cette expansion se ne se fit pas au compte-goutte, mais fût rapide. C’est pourquoi l’auteur sacré souligne fréquemment que des groupes d’hommes et de femmes sont remplis de l’Esprit qui les prépare à accueillir ensuite la Vérité qu’est le Christ Seigneur (cf. Jean 14, 6). Ce sont à chaque fois de nouvelles Pentecôtes à taille réduite.
Oui, la conversion est personnelle. Mais la foi du centurion, tout comme la prédication et l’exemple des apôtres et des autres chrétiens, sont les vecteurs dont l’Esprit se sert pour retourner les âmes, c’est-à-dire pour les réorienter vers leur Créateur et leur faire retrouver, récupérer, le sens profond de leur existence.

(fin)

samedi 3 septembre 2011

La vie ordinaire (1)


La vie ordinaire (1)

Reportons-nous en esprit quelques jours après la Pentecôte. La vie de Jérusalem bruisse encore de la prédication des apôtres et est agitée par les événements qui se sont produits récemment. La Ville sainte est remplie de pèlerins dont le cours de la vie vient de changer brusquement. Ils se sont convertis, au nombre de 5 000 environ, et ont été baptisés. Ils proclament que Jésus-Christ est le Fils de Dieu et le Messie à qui veut bien les entendre, et ils le feront désormais à temps et à contretemps (cf. 2 Timothée 4, 2).
Le temps pascal s’est refermé. Cette longue période si riche en circonstances fondatrices pour l’histoire humaine. Jésus de Nazareth, que les Juifs ont fait mourir sur une Croix en se servant du bras séculier de l’occupant romain, ce qui n’est pas un mince paradoxe, est ressuscité. (lire la suite) Il « est apparu à Simon » (Luc 24, 34), « et pendant bon nombre de jours il est apparu à ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem, et qui maintenant sont ses témoins auprès du peuple » (Actes 13, 31). Et saint Paul de narrer qu’il « est apparu à Céphas, puis aux Douze. Après cela, il est apparu en une seule fois à plus de cinq cents frères, dont la plupart sont encore vivants, et quelques-uns se sont endormis. Ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Après eux tous, il m'est aussi apparu à moi, comme à l'avorton » (1 Corinthiens 15, 5-8). Il s’est entretenu avec ses apôtres « pendant quarante jours et parlant des choses du royaume de Dieu » (Actes 1, 2), in multis argumentis, dit le texte latin, autrement dit de questions les plus variées. Puis il est monté au ciel (Actes 1, 9). Mais il avait promis qu’il ne nous laisserait pas orphelins (Jean 14, 18). Il a tenu sa promesse. Au terme d’une sorte de retraite spirituelle de dix jours, sa très Sainte Mère et ses apôtres ont reçu l’effusion du Saint-Esprit (cf. Actes 2, 1-4), cet Esprit Paraclet dont il avait annoncé l’envoi : « Lorsque le Consolateur que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père, sera venu, il rendra témoignage de moi » (Jean 15, 26).
Le temps pascal est clos. A alors commencé le temps ordinaire. Ordinaire pour nous, selon le découpage liturgique du temps. Mais ordinaire aussi pour les apôtres et pour les nouveaux baptisés. C’est la vie de tous les jours vécue dans l’Esprit et au nom de Jésus-Christ pour la gloire du Père. C’est la vie ordinaire passée à évangéliser, à proclamer la Bonne Nouvelle du royaume. Toute la vie des apôtres et des premières communautés chrétiennes est éminemment apostolique, foncièrement apostolique. Il ne fait pas de doute pour eux que c’est leur raison d’être sur terre et la raison d’être de leur baptême. L’enfant de Dieu régénéré dans les eaux baptismales est un être tourné vers les autres, appelé à les aimer sincèrement et à donner sa vie pour eux, à l’exemple du Maître (cf. Jean 13, 34-35).

(à suivre…)

mercredi 29 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (6)

La guérison de l’aveugle de naissance (6)

« Nous savons que Dieu n'exauce point les pécheurs ; mais si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui-là qu'il exauce » (Jean 9, 31). Si nous voulons que Dieu exauce nos prières, nous devons nous présenter devant lui avec un cœur pur. « Un cœur contrit et humilié, Dieu ne le dédaigne pas » (Psaume 51, 19), ne le repousse pas, bien au contraire. Tous les moments sont bons pour demander pardon, pour purifier notre âme dans le sacrement de la réconciliation, pour aérer notre âme et en faire sortir les miasmes du péché. Dieu est prêt à exaucer celui qui fait sa volonté, non la sienne propre. Rappelons-nous l’orgueilleux, tel le pharisien qui méprise le publicain qu’il condamne par avance comme pécheur (cf. Luc 18, 9-14), n’est pas écouté de Dieu. (lire la suite)
Quelle est notre volonté effective de nous convertir ? Effective, c’est-à-dire à quoi se remarque-t-elle ? Quelles résolutions concrètes avons-nous prises ? Sur quels points faisons-nous porter notre lutte ?
Sommes-nous réellement disposés à nous laisser changer, transformer et guérir par le Seigneur, à sortir de certaines habitudes, d’une certaine routine, pour suivre le Christ de plus près ? Non seulement pour qu’il nous écoute davantage et exauce nos demandes, mais plus fondamentalement pour lui rendre gloire et l’aimer davantage.
« Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous nous établirons à demeure chez lui » (Jean 14, 23).
Voyez-vous ? C’est une affirmation sublime du Seigneur, qui traduit tout l’amour qu’il nous porte et le désir profond qui l’habite de nous faire partager sa vie. En prenons-nous les moyens ? Sommes-nous bien préparés à le recevoir, à l’accueillir en nous ? « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement un mot, et mon âme sera guérie. » Un seul mot. Ce mot, nous le connaissons, c’est : « Conversion. »
« Si cet homme n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils lui répondirent : « Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous fais la leçon ? »
Et ils le chassèrent » (Jean 9, 33-34). Ils n’acceptent pas la leçon. Ils ne sont pas prêts à en examiner le bien-fondé. Nous voyons l’importance de la droiture d’intention. Sans elle, nous nous fermons à la Vérité, c’est-à-dire à Dieu, qui est la Vérité (Jean 14, 6). Nous nous rendons volontairement – et donc coupablement – incapables de la comprendre, de l’accueillir pour y conformer notre vie. « Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis… »

(à suivre…)

lundi 13 juin 2011

Zachée (6)


Zachée (6)

Au fond Zachée n’est pas un mauvais bougre. Il connaît ses lettres. Il se rappelle sans doute le passage du livre de l’Exode : « Si un homme dérobe un bœuf ou un agneau et qu'il l'égorge ou le vende, il restituera cinq bœufs pour le bœuf, et quatre agneaux pour l'agneau » (21, 37). Il fait une déclaration solennelle en présence de notre Seigneur, qui l’engage fortement. Il sait bien que par devers lui la formule « Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens » (Luc 19, 8), est une litote, et qu’il devra effectivement compenser largement nombre de ses administrés qu’il a pressurés indûment. Mais il est décidé à le faire. Et c’est ce qui compte. (lire la suite)
Nul n’est impeccable. Mais de chacun le Seigneur attend qu’il se repente et se convertisse. Et une conversion sincère et réelle comporte nécessairement la ferme résolution de réparer les torts causés, au du moins d’en prendre les moyens.
Jésus a écouté avec une grande satisfaction cette promesse de Zachée, et en rend grâce à son Père. Puis il dit au publicain repenti : « Le salut est arrivé aujourd'hui pour cette maison, parce que lui aussi est fils d'Abraham » (Luc 19, 9). Et, à ce titre, il peut faire l’objet des bénédictions de Dieu : « Vous êtes, vous, les fils des prophètes et de l'alliance que Dieu a conclue avec vos pères, lorsqu'il a dit à Abraham : Et en ta postérité seront bénies toutes les familles de la terre. C'est à vous premièrement que Dieu, ayant suscité son serviteur, l'a envoyé pour vous bénir, en détournant chacun de vous de ses iniquités » (Actes 3, 25-26). C’est bien ce dit le Seigneur quand il affirme qu’il a été envoyé auprès des brebis perdues d’Israël » (Matthieu 15, 24). Et Zachée était du nombre. Plus que d’autres peut-être, quoique l’endurcissement du cœur des pharisiens montre que ceux-ci sont encore plus nécessiteux du pardon de Dieu. Mais c’est une « engeance de vipères » (Matthieu 23, 32) qui ne veut pas se convertir.
« Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix ; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va : ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit » (Jean 3, 8). Le fait de descendre d’Abraham n’est pas un titre qui exempterait de lutter pour mener une vie droite. Ce n’est pas davantage un certificat de garantie d’une vie authentiquement conforme à la Loi et réglée suivant les commandements de Dieu. Le Seigneur réclame des œuvres de sincérité, donc une lutte pour vivre in novitate sensu, « en renouvelant votre esprit » (Romains 12, 2).

(à suivre…)

dimanche 9 janvier 2011

La vie du baptisé (2)

La vie du baptisé (2)

Le baptisé acquiert donc un regard neuf qui lui permet de considérer les problèmes de la vie sous un angle qui n'est pas exclusivement humain, mais qui sait se rattacher à la Croix rédemptrice du Christ. « Oubliant ce qui est en arrière », il « est tendu vers ce qui est en avant » (Philippiens 3, 13), vers la vie en Dieu, la vie de sainteté, de perfection dans les vertus et dans le bien.
La conversion du baptisé est nécessaire parce que, par suite du péché originel qui marque la nature humaine de façon inéluctable, l'image divine est singulièrement obscurcie dans l'âme et dans l'intelligence humaines. (lire la suite)
Comme le dit saint Athanase, l'homme ne peut plus reconnaître et contempler en lui-même, comme dans un miroir, le Verbe, image du Père à laquelle il a pourtant été créé. Mais il a fallu que le Verbe lui-même se fasse chair, pour restaurer en l'homme l'image du Père et lui restituer la véritable connaissance de Dieu (Contre les païens 34). Il nous fait alors connaître tout ce qu'il a appris de son Père (cf. Jean 15, 15), et nous fait donc connaître Dieu lui-même, que « personne n'a jamais vu » (Jean 1, 18).
Ainsi, le Père nous « a mis en état d'avoir part à l'héritage des saints dans la lumière, qui nous a arrachés à la puissance des ténèbres et fait passer dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, la rémission de nos péchés » (Colossiens 1, 12-14). Nous ne saurions trop remercier Dieu de tant de bonté et d'une telle illumination. « La Vie était la lumière des hommes » (Jean 1, 4).

(fin)

mercredi 5 janvier 2011

S’approcher dignement de la communion (2)

S’approcher dignement de la communion (2)

L’objectif de saint Jean Chrysostome, en énonçant les conditions d’une communion fructueuse, n’était pas de condamner quiconque, mais d’amener à réfléchir et de susciter une réaction salutaire, positive, vraiment chrétienne, d’humilité et de conversion. Nul n’est tenu de communier chaque fois qu’il participe à la messe. Il ne doit le faire que s’il considère sincèrement qu’aucun obstacle important ne s’y oppose, c’est-à-dire qu’aucun péché mortel ne pèse sur sa conscience. Saint Jean Chrysostome ajoute en ce sens : « C’est pour cette raison que j’ai été forcé de vous reparler du sujet (aujourd’hui), pour que vous sachiez que je n’agite pas d’épouvantail, que je ne vous chasse pas, mais qu’au contraire je vous attire par des arguments » (Homélie sur la prédication 1). Il dit encore ailleurs : (lire la suite) « Préparons-nous en ces jours intermédiaires, et purifions-nous autant qu’il est possible » (Homélie sur la Genèse 24, 8).
Les choses saintes doivent être traitées saintement. Et que peut-il y avoir de plus saint que le Corps béni de notre Seigneur qui se donne à nous dans l’Eucharistie ? Si nous ne sommes pas en mesure de communier, abstenons-nous et remplaçons la communion sacramentelle par des communions spirituelles, qui impliquent implicitement le désir de nous confesser. Autrement cela risquerait d’être une comédie sinistre. Le Seigneur mérite que nous l’aimions vraiment, ce qui suppose que nous l’entourions du plus grand respect possible.
« Il est nécessaire de dire à ceux qui se consument encore dans le vice : « Purifiez vos mains, pécheurs, sanctifiez vos cœurs, vous qui avez l’âme partagée » (Jacques 4, 8) et à ceux qui ont fui la souillure infâme du péché, et qui s’exercent à mener une vie sainte, que le prophète apporte la bonne nouvelle, en disant : « Sois illuminée, sois illuminée, Jérusalem ; car ta lumière est venue, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi » (Isaïe 60, 1) » (saint Cyrille d’Alexandrie, Lettres festales 1, 2).

(fin)

vendredi 18 juin 2010

La filiation divine (8)

La filiation divine (8)

Oui, réjouissez-vous avec le Seigneur, le Dieu des armées célestes. Car saint est son nom par tout l’univers. « Béni soit le nom de Dieu, d’éternité en éternité » (Daniel 2, 20). « Tu es digne, notre Seigneur et Dieu, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, car c’est toi qui as créé toutes choses, et c’est par ta volonté qu’elles ont eu l’existence et ont été créées » (Apocalypse 4, 11). « A celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau soient la bénédiction, l’honneur, la gloire et la domination pour les siècles des siècles ! » (Apocalypse 5, 13).
« Tressaillez de joie » (Psaume 2, 11), à cause de notre Dieu, de votre Dieu. Tressaillez de joie au contact de sa Bonté et de sa Justice, en présence des merveilles qu’il opère dans le monde. (lire la suite) Et servez-le avec crainte et tremblement, avec la crainte propre aux enfants bien nés qui ne veulent pas causer de déplaisir à leur père.
« Un ulcère mauvais et pernicieux frappa ceux qui avaient la marque de la Bête et qui adoraient sa statue. (…) Les hommes furent atteints de grandes brûlures, ils blasphémèrent le nom de Dieu qui est le maître de ces fléaux, et ils ne se repentirent pas pour Lui rendre gloire » (Apocalypse 16, 2.9). Revenez donc à votre Dieu avec de meilleurs sentiments. Revenez et convertissez-vous. Vous pouvez vivre en enfants de Dieu dans la maison paternelle, car, même enfouie sous les péchés, la condition radicale d’enfant de Dieu ne vous a pas délaissé. Elle fait corps avec votre nature.
« En tremblant, rendez-lui hommage de peur qu’il ne s’irrite et que vous périssiez hors de la voie, car sa colère s’enflamme vite. » (Psaume 2, 12). « En toi je me confie : que je n’aie pas de confusion » (Psaume 25, 2). Seigneur, prends patience avec nous, car nous sommes foncièrement pécheurs. Cela nous colle à la peau ! Je me suis laissé dire que « celui qui est lent à la colère a une grande intelligence » (Proverbes 14, 29) et que « celui qui est lent à la colère est supérieur à un héros » (Proverbes 16, 32). Je te crois plus Père que Juge, même si tu l’es aussi. J’ai besoin que tu le sois plus encore. Je sais par conséquent qu’en te faisant confiance, je ne serai pas déçu. De toi, il n’y a aucune mauvaise surprise à attendre. Tu es toujours désireux que nous tendions la main vers toi pour quémander ta grâce. Tu la tiens toute préparée. Et je n’ai pas à beaucoup insister pour que tu te laisses fléchir en entendant ma pauvre prière : « Père, j’ai péché contre le ciel et à ton endroit » (Luc 15, 18). Parce que Heureux tous ceux qui mettent en lui leur confianceta paternité n’a pas été altérée et que ma filiation a subsisté malgré tout, a traversé les épreuves, tu es inlassablement sorti à ma rencontre jour après jour, dans l’espoir de me voir revenir à toi, moi, ton fils dévoyé, mais ton fils malgré tout. Alors que ce que tu espérais si ardemment s’accomplit enfin, comment pourrais-tu ne pas accéder à ma supplique, formulée avec une grande honte de mon péché et une componction véritable, et refuser de me réadmettre dans ta famille, qui reste la mienne ? « Il fallait bien festoyer et se réjouir, puisque ton frère que voici était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il a été retrouvé » (Luc 15, 32).

(fin)


dimanche 18 avril 2010

Marie-Madeleine

Marie-Madeleine

« Il lui sera beaucoup pardonné parce qu'elle a beaucoup aimé » (Luc 7, 47). Depuis lors, Marie-Madeleine est donnée en exemple du pécheur repenti à qui le Seigneur est disposé à remettre ses péchés, aussi nombreux soient-ils. Mais en quoi Marie-Madeleine a-t-elle « beaucoup aimé » ? Comment a-t-elle beaucoup aimé ? Apparemment, tout simplement en accomplissant les gestes rituels de bienvenue que Simon avait négligé d'avoir envers son hôte. Certes, cela implique qu'elle surmonte l'obstacle de l'orgueil et qu'elle enfreigne les règles de la bienséance qui voulaient qu'une pécheresse se tînt à l'extérieur, dans son antre de péché, et ne pénétrât pas sous le toit d'un pharisien. À tout bien considérer, elle est habituée au mépris des « gens de bien » (lire la suite), à être décriée par eux, qui s'écartent de leur chemin quand ils l'aperçoivent. Ce n'est pas tellement en « franchissant la ligne jaune » qu'elle a beaucoup aimé.
C'est tout simplement en versant du parfum sur la tête du Seigneur, en répandant des larmes de repentir sur ses pieds et en les séchant avec ses cheveux, qui n'ont pas la vertu d'un tissu-éponge ! Voilà. C'est tout. En cela, elle a beaucoup aimé, tient à souligner le Seigneur. Et il ajoute que ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont pardonnés.
Il se satisfait vraiment de peu, notre Seigneur ! Trois fois rien venant de nous, c'est beaucoup à ses yeux. Nous avons de quoi être impressionnés. Nous comprenons que, pour quelqu'un qui aime vraiment, c'est-à-dire de façon désintéressée, en étant prêt à donner sa vie pour autrui, ce qui est le cas du Seigneur, toute marque d'attention, d'égard, d'affection a de l'importance. Cela nous encourage à soigner les moindres détails de la liturgie et de la piété, à savourer les oraisons vocales, à « broder » les normes, les pratiques de piété de notre plan de vie spirituelle, comme le disait saint Josémaria. Et à le faire pour tous ceux qui les négligent, qui n'y prêtent pas attention, qui n'ont guère de considération pour Jésus-Christ, dont ils sont peut-être les ministres, ou les apôtres...

samedi 17 avril 2010

L’appel à la conversion (2)

L'appel à la conversion (2)

« Autant de faits figuratifs par rapport à nous, afin que nous n’ayons pas de mauvaises convoitises, comme ce fut le cas pour eux. (…) Ne murmurez pas, comme le firent certains d’entre eux, et ils périrent sous les coups de l’Exterminateur. Or, toutes ces choses qui leur arrivaient figurativement furent mises par écrit pour notre instruction à nous » (1 Corinthiens 10, 6.10-11). Leur histoire a valeur d’avertissement, de mise en garde. Ce sont des exemples à ne pas imiter : « Ainsi donc, que celui qui se croit debout prenne garde de tomber » (1 Corinthiens 10, 12). Oui, tremblons à l’idée que nous ne sommes pas meilleurs que nos pères et que, s’ils ont trébuché à ce point, nous ne sommes pas à l’abri de pareilles turpitudes si, et seulement si, nous oublions Dieu, nous détournant vraiment de lui pour des biens purement humains, pour satisfaire « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l’ostentation des richesses » (1 Pierre 2, 16).
Conversion ! conversion ! « Or, en ce temps-là, des gens vinrent lui rapporter ce qui était arrivé aux Galiléens, dont Pilate avait mêlé le sang à celui des victimes offertes par eux en sacrifice. Prenant la parole, il leur dit : « Vous imaginez-vous que ces Galiléens, pour avoir subi pareil sort, fussent de plus grands pécheurs que les autres Galiléens ? Non ! vous dis-je. Mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous de même. Et ces dix-huit sur qui est tombée la tour de Siloé et qu’elle a écrasés, vous imaginez-vous que leur culpabilité fut plus grande que celle de tous les autres habitants de Jérusalem ? Non ! vous dis-je. Mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous de même » (Luc 13, 1-5).Pas sous les coups de Pilate, bien entendu, mais d’une mort inexorable qui nous rejettera loin de Dieu à tout jamais. Ce dont nous ne voulons à aucun prix ! Alors, convertissons-nous.

(fin)

vendredi 16 avril 2010

L’appel à la conversion (1)

L’appel à la conversion (1)

Un des « mystères lumineux » introduits dans la récitation et la contemplation du saint Rosaire par Jean-Paul II est intitulé « l’annonce du royaume et l’appel à la conversion ». Cet appel retentit constamment, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament, comme une nécessité impérieuse pour les pécheurs que nous sommes. Il ne suffit pas de se convertir une fois, de prendre le parti de Dieu à un moment donné, car nous restons soumis à des forces centrifuges qui tendent à nous éloigner de Dieu.
L’Eglise revient inlassablement à la charge, notamment pendant l’avent et le carême, pour nous presser de nous convertir, tant que cela est encore possible, car un jour viendra, qui sera le dernier et qui nous prendra tel que nous serons alors, sans possibilité de changement. « C’est maintenant le moment favorable ; c’est maintenant le jour du salut » (2 Corinthiens 6, 2).
Cette conversion est nécessaire parce que, aussi bons que nous puissions être à un moment donné, nous conservons notre capacité à refuser Dieu à tout moment. Les exemples abondent dans la Sainte Ecriture d’hommes privilégiés de Dieu, entretenant avec lui des relations intimes, qui n’ont pas su rester fidèles, et qui ont tôt fait d’oublier les prévenances de Dieu à leur égard, dès que leur situation matérielle s’est arrangée. « Je ne veux pas que vous l’ignoriez, frères : Nos pères furent tous sous la nuée, tous passèrent à travers la mer, tous reçurent le baptême de Moïse en la nuée et en la mer, tous mangèrent le même aliment spirituel et tous burent le même breuvage spirituel – ils buvaient, en effet, au rocher spirituel qui les accompagnait, et ce rocher spirituel était le Christ. Cependant, ce ne fut pas le plus grand nombre qui attira la complaisance divine, puisque leurs corps jonchèrent le désert » (1 Corinthiens 10, 1-5). Il n’est pas jusqu’à des hommes aussi exemplaires a priori que David et Salomon qui ne soient tombés bien bas. David, en commettant un crime pour s’adonner à sa passion adultère (2 Samuel 11, 2-12, 25). Salomon, qui avait demandé la Sagesse et non les richesses, et l’avait reçue de Dieu au point de susciter l’admiration des peuples (1 Rois 4, 9-14), Salomon avait néanmoins accueilli les dieux étrangers, au mépris des ordres exprès de Yahvé, son Dieu, le Dieu unique et le seul vrai, « le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » (Exode 3, 6), et s’était entouré de femmes et de concubines par centaines (1 Rois 11, 1-13), don beaucoup d'étrangères, ce que Dieu avait réprouvé par avance (1 Rois 11, 2).

(à suivre…)

dimanche 4 avril 2010

La sainteté attire (1)

La sainteté attire (1)

« Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers » (Luc 3, 4). Jean-Baptiste s'époumone à annoncer la venue du Messie, de celui dont il n'est pas digne « de défaire la courroie de ses sandales » (Luc 3, 16). Il lance un appel pressant à la conversion : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Matthieu 3, 2) et « déjà la cognée est à la racine des arbres » (Matthieu 3, 10).
« Prêcher dans le désert » est devenu une locution proverbiale. Pourtant des foules sont attirées par l'enseignement du Précurseur, rendu d'autant plus crédible qu'il mène une vie austère et sainte. Il « avait un vêtement en poil de chameau et une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait (lire la suite) de sauterelles et de miel sauvage » (Matthieu 3, 4). Les foules sont séduites, tant il est vrai que la sainteté attire. Encore plus dans le cas de Jésus : « Nous croyons et nous savons que tu es le Saint de Dieu » (Jean 6, 69), proclamera saint Pierre.
Les différentes catégories de gens demandent à Jean-Baptiste ce qu'ils doivent faire. Il donne une réponse ciblée : « Que celui qui a deux tuniques en donne une à qui n'en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même » (Luc 3, 11). Aux publicains il dit : « N'exigez rien au-delà de ce qui vous est fixé » (Luc 3, 13). Et à des militaires : « Ne molestez personne, ne dénoncez personne faussement et contentez-vous de votre solde » (Luc 3, 14). Combien de temps leurs résolutions ont-elles tenu ? Nous ne le savons pas. Ce que nous savons, en revanche, c'est que Jean-Baptiste ne buvait ni vin ni bière (Luc 1, 15). Il est critiqué de partout, par jalousie ou tout simplement parce que les hommes au cœur tordu, vicieux, ne supportent pas qu'on leur dise leurs quatre vérités et qu'on les presse de changer de comportement, d'abandonner leur vie molle, comme Hérode qui, en écoutant Jean-Baptiste « était plongé dans la perplexité », parce qu'il lui disait : « Il ne t'est pas permis d'avoir pour femme la femme de ton frère ». « Néanmoins il l'écoutait volontiers » (Marc 6,17.20).

(à suivre...)

lundi 15 février 2010

Action de grâces (27)

Action de grâces (27)


Tu as dit, Seigneur, « en ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom » (Jean 16, 23). Me voici maintenant prosterné avec Toi devant l’Auguste Trinité pour, avec toi, contribuer à la louange universelle de la création tout entière, récapitulée en toi : « Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur. […] Tu es béni, Seigneur, Dieu de nos pères, digne d’être loué et exalté à jamais. […] Tu es béni sur le trône de ta royauté, signe de suprême louange et exaltation à jamais » (Daniel 3, 57.52.54). (lire la suite)
Je te rends grâces — jamais je ne pourrai te remercier suffisamment, ni comme tu le mérites —, mais je te rends grâces, spécialement en ce moment où tu es présent dans mon âme d’une présence réelle, qui me remplit et de joie et de confusion.
Je sais que tu aimes entendre les prières de tes enfants, que tu prends plaisir à nous parler à cœur ouvert et à nous offrir un refuge dans ton Cœur brûlant d’Amour pour nous. Alors, Seigneur, je te redis avec force combien j’ai besoin de toi, que tu m’assistes et m’accompagnes tous les jours de ma vie : « Ne me cache pas ton visage au jour de ma détresse. Incline vers moi ton oreille ; quand je t’invoque, hâte-toi de m’exaucer » (Psaume 101, 3). Et c’est aujourd’hui le temps favorable pour que je me convertisse, pour que, me retrouvant avec toi, je n’aie d’yeux que pour toi, d’ouïe que pour toi, et que je me laisse entraîner par toi vers les affaires de ton Père, vers les choses d’en haut, où tu sièges pour l’éternité à la droite du Père Tout-Puissant (cf. Colossiens 3, 1-2). Oui, Seigneur, renverse la loi de la gravité pour mon cœur, et qu’il soit attiré de plus en plus, à une vitesse accélérée, vers tout ce qui est de toi, vers tout ce qui se ramène à l’Amour. Que la très Sainte Vierge, saint Joseph et mon ange gardien me maintiennent sur cette voie et dans cet ardent désir.

jeudi 14 janvier 2010

Abraham et la conversion à Dieu

Abraham et la conversion à Dieu

Le départ d'Abraham retentit à travers toute l'histoire religieuse ultérieure. Pour toute la tradition judéo-chrétienne, il est le modèle et le principe de la conversion au Dieu vivant par le commencement absolu de la foi. L'Ancien Testament y revient sans cesse, comme à l'origine de la vocation du peuple juif. Le Nouveau Testament en fait l'exemplaire même de la foi : « C'est par la foi qu'Abraham, obéissant à l'appel de Dieu, partit pour un pays qu'il devait recevoir en héritage et se mit en chemin sans savoir où il allait » (He 11, 7). Le théologien juif Philon (lire la suite) a consacré un de ses traités à la Migratio Abrahae où il voit le symbole de l'âme qui quitte les choses visibles pour aller au devant des choses invisibles. Grégoire de Nysse nous montre en lui le modèle de l'âme qui se met en marche vers Dieu dans l'obscurité de la toi et commentant dans une explication géniale le texte de l'épître aux Hébreux disant qu'Abraham partit « sans savoir où il allait », il écrit que c'est précisément « parce qu'il ne savait pas où il allait qu'il était dans la bonne voie, car il était sût alors de ne pas se conduire par les lumières de sa propre intelligence, mais d'être conduit par la volonté de Dieu » (Contre Eunomius 22). La conversion de Pascal, dans la nuit décisive, sera la conversion « au Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, non des philosophes et des savants ». Pour Kierkegard et pour Chestov, « le modèle du penseur est Abraham ; le mère de la foi, et non Socrate. Pour Abraham, la foi était une nouvelle dimension de la pensée, que le monde n'avait pas encore connue, qui ne trouvait pas sa place dans la conscience ordinaire et qui faisait exploser les vérités contraignantes de notre expérience et de notre raison » (Chestov, Athènes et Jérusalem, p. 347). Et Jean Hering pourra écrire : « Le modèle du chrétien, ce n'est pas la princesse envoyée en exil et qui aspire au retour, c'est Abraham se mettant en route vers un pays inconnu que Dieu lui montrera » (Le royaume de Dieu et sa venue).

Jean Daniélou, Le mystère de l'Avent, Paris, Éditions du Seuil, 1948, p. 33-34.

vendredi 8 janvier 2010

Arrêts sur christianisme (43)

Arrêts sur christianisme (43)

Quand nous critiquons une pensée comme celle des communistes, il faut que nous fassions très attention à rejeter ce qui est perversion et à ne pas rejeter ce qui est un héritage et une dégradation de notre pensée chrétienne. La foi dans un sens de l'Histoire, cette foi profonde qu'à travers toutes les révolutions, à travers tous les drames que nous traversons, il y a quelque chose qui mûrit, quelque chose qui se fait et qui va dans le sens du bien est essentiellement une vue chrétienne. C'est un devoir pour nous aujourd'hui, (lire la suite) au milieu de tous les désespoirs et de toutes les déceptions apparentes, de maintenir cet optimisme foncier, de le maintenir non seulement aussi mais plus que les autres, parce que nous savons plus que personne qu'à travers tous les drames la Cité de Dieu s'édifie mystérieusement, par des voies qui ne sont pas les nôtres, mais avec une certitude inflexible, parce que Dieu est fidèle à sa promesse. Nous savons que le Verbe de Dieu est à l'œuvre dans le monde, réalisant son plan, et que ce plan s'accomplira irrévocablement et que toutes les nations un jour seront réunies dans le royaume du Père.

Jean Daniélou, Le mystère de l'Avent, Paris, Éditions du Seuil, 1948, p. 19-20.

samedi 5 décembre 2009

Minarets, Suisse et pays musulmans

Minarets, Suisse et pays musulmans

Ci-dessous la traduction d'un article :
La Suisse est moins restrictive envers l'islam que la plupart des pays musulmans envers ceux qui ne le sont pas.
La Suisse n'a interdit que les minarets, non les temples, ni les actes du culte, ni toute autre manifestation de la croyance musulmane. En revanche, toute liturgie ou prière est expressément interdite en Algérie aux non musulmans en dehors des lieux autorisés, de même que de chercher à obtenir la conversion d'un musulman ou de répandre toute littérature d'une autre religion. Au Pakistan, l'intolérance à l'encontre des chrétiens s'abrite derrière la loi sur le blasphème, punie jusqu'à la peine capitale.
En Arabie Séoudite, il ne peut y avoir ni églises, (lire la suite) ni culte public non musulman. Il est illégal d'introduire une Bible, et les exemplaires que découvre la police sont confisqués et détruits, tandis que le contrevenant peut être condamné à mort, comme cela s'est produit au moins dans un cas. La Malaisie ne reconnaît le changement de religion d'un musulman, et considère que tout converti est passible des tribunaux de la sharía en matière familiale, de sorte qu'il ne peut pas se marier avec un infidèle. Le Maroc n'admet pas non plus qu'un sujet du roi, Commandeur des croyants, ne soit pas musulman.
Aux lois contraires à la liberté religieuse et aux restrictions administratives clairement discriminatoires, comme à propos de la construction ou de l'entretien de temples, il faut ajouter les agressions de fait. Les chrétiens sont persécutés de façon systématique en Irak et en Somalie, et de façon sporadique au Pakistan, en Turquie et en Égypte.
C'est pourquoi il est difficile d'admettre les reproches faits à la loi suisse sans se poser en même temps la question de la réciprocité. (...)
Le référendum récent est un cas de réciprocité équivoque. Bien que le veto aux minarets n'empêche pas aux musulmans de Suisse le droit et la possibilité réelle de professer et de pratiquer leur foi, il les marginalise de fait avec une restriction qui n'est pas imposée aux autres. La conférence des évêques suisse considère que la mesure est « un obstacle à l'intégration dans le dialogue et le respect mutuel », et souligne que cela « n'aider pas les chrétiens opprimés et persécutés dans les pays islamiques ».
La liberté religieuse et les autres droits de l'homme ne sont pas des concessions de qui que ce soit : il faut les reconnaître et les respecter dans tous les cas, non en échange de quelque chose. Cela vaut tout autant en Suisse que dans tous les pays islamiques.

dimanche 16 août 2009

Arrêts sur christianisme (36)

Arrêts sur christianisme (36)

Le christianisme n’est pas une sorte de moralisme, un simple système éthique. Ni notre action ni notre capacité morale n’en sont à l'origine. Le christianisme est avant tout un don : Dieu se donne à nous — il ne donne pas quelque chose, mais il se donne lui-même. Et cela n’arrive pas seulement au début, au moment de notre conversion. Il reste en permanence celui qui donne. Il nous offre en permanence ses dons. Il nous précède en permanence. De ce fait l’acte central de l’être chrétien est l’Eucharistie : la gratitude d’avoir été gratifié, la joie pour la vie nouvelle qu’il nous donne.

Benoît XVI, Homélie, 20 mars 2008.

dimanche 17 mai 2009

L'amour de Dieu (2)

L'amour de Dieu (2)

Seigneur, nous t'avons vu mourir sur la Croix. Et nous contemplons aussi des masses amorphes et sans Dieu, plus nombreuses que jamais. Tu ne t'imposes pas, tu ne t'imposes jamais. C'est un mystère de ton Amour.
Tu te proposes de nous faire du bien, le plus grand bien qui soit. Tu te proposes toi-même à notre amour. De l'âme pécheresse que nous sommes, que je suis, tu dis : « Peut-être écouteront-ils et se convertiront-ils chacun de leur voie mauvaise ; alors je me repentirai du mal que j'ai le dessein de leur faire à cause (lire la suite) de la perversité de leurs actions » (Jérémie 26, 3). Mais tu n'en es pas sûr. L'expérience - l'expérience de la Croix précisément - t'a appris que ce n'est pas souvent le cas...
Je veux t'aimer, t'aimer et le prouver par une conversion sincère. Je veux técouter et me laisser toucher par tant d'affection. Je ne mérite pas cet Amour, je ne mérite pas ce pardon, mais puisque tu me les offres, je les accepte avec empressement et je m'y raccroche. Et je te dis merci du fond du cœur.
« Pareille chose est-elle arrivé de vos jours, ou au jour de vos pères ? » (Joël 1, 2). Que le Fils de Dieu soit « tel l'agneau conduit à la boucherie » (Isaïe 53, 7). Qui l'eût dit ! Et pourtant, rien n'est plus vrai.
Il marche droit vers l'abattoir. Nous sommes aussi debout. Du moins le croyons-nous. En réalité, nous sommes souvent vautrés par terre, du fait de nos péchés, nous sommes étalés, nous sommes allongés sans volonté pour nous redresser.
Alors le Seigneur tombe une fois, deux fois, trois fois, pour se mettre à notre niveau de pécheur. Il fixe son regard sur nous. Un regard d'Amour, un regard éploré aussi, de quelqu'un qui souffre pour nous et qui voudrait bien que nous n'en rajoutions pas.
Relevons-nous avec le Seigneur. Avec lui, nous pouvons être vainqueurs !

(fin)