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jeudi 31 juillet 2014

Le secret du Père (8)

Le secret du Père (8)

Qu’en est-il ? Nous ne pouvons pas être pris au dépourvu. Et nous ne le serons pas si nous avons tenu nos comptes au jour le jour, en faisant chaque soir un examen de conscience réaliste et objectif de la journée écoulée. « Examen. — Tâche quotidienne. — Comptabilité que ne néglige jamais celui qui gère un commerce. Or y a-t-il affaire plus importante que celle de la vie éternelle ? » (saint Josémaria, Chemin, n° 235). Cela semble indispensable pour rester éveillé et éviter toute surprise désagréable et, qui sait, irréparable. Je prie comme priait le larron repenti » (hymne Adoro te), je te demande ce que te demandait le Bon larron : (lire la suite) « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton règne » (Luc 23, 42). Car seul cela compte à mes yeux. Le reste n’est que poussière que le vent emporte au gré de ses caprices ; n’est que mirage sans fondement qui n’apporte que désillusion. De fait, « tout ce qui passe et ne tourne pas à la gloire de Dieu est néant, et au-dessous même du néant » (sainte Thérèse d’Avila, Vie 20, 26), si jamais cela était possible. En tout cas, c’est comme si cela n’existait pas. « Devant Dieu, et c’est en définitive ce qui compte, c’est celui qui lutte pour se conduire en chrétien authentique qui emporte la victoire ; il n’existe pas de solution intermédiaire. C’est pourquoi vous connaissez tant de personnes qui devraient se sentir très heureuses, si l’on juge leur situation d’un point de vue humain, et qui cependant traînent une existence inquiète, aigrie ; elles semblent avoir de la joie à revendre, mais dès qu’on gratte un tout petit peu leur âme, l’on découvre un goût âpre, plus amer que le fiel. Cela n’arrivera à aucun de nous si nous essayons vraiment d’accomplir toujours la volonté de Dieu, de lui rendre gloire, de le louer et d’étendre son royaume à toutes les créatures » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 13). « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’œuvre de ses mains, le firmament l’annonce » (Psaume 18, 2). Comment se fait-il alors que l’homme ne sache pas lui aussi rendre gloire à Dieu, de toutes ses forces et en toutes ses actions ? Comment expliquer une telle incohérence, alors qu’il est lui-même une merveille de l’amour créateur de Dieu ? N’est-ce pas une exigence intrinsèque à notre nature ? Comment pouvons-nous être dévoyés à ce point ? Certes, Dieu n’a nul besoin de cette glorification que les créatures lui apportent, « car il a en lui sa propre gloire en plénitude, une gloire qui demeure toujours. Cependant, le Christ nous demande de prier qu’il soit également glorifié par nos vies » (saint Jean Chrysostome, In Matthæum homiliæ 19, 4). Et si tel est le désir de Dieu, qui sommes-nous pour nous y opposer ? D’autant que si lui n‘a pas besoin de notre glorification, il nous la demande pour nous glorifier par la suite, pour nous faire entrer dans la gloire de son Père. (à suivre…)

mercredi 30 juillet 2014

Le secret du Père (7)

Le secret du Père (7)

… Quand Élie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau et, étant sorti, il se tint à l'entrée de la caverne. Et voici qu'une voix se fit entendre à lui, en disant : « Que fais-tu ici, Élie ? » Il répondit : « J'ai été plein de zèle pour le Seigneur, le Dieu des armées ; car les enfants d'Israël ont abandonné votre alliance, renversé vos autels et tué par l'épée vos prophètes » (1 Rois 19, 11-14). Quant à nous, nous ne voyons ni la divinité ni l’humanité de notre Seigneur, toutes deux cachées dans l’auguste sacrement de l’Eucharistie. Nous les verrons enfin, en face à face, selon les dioptries spirituelles que nous aurons conservées. Et dans le Fils, qui nous est plus proche par sa nature humaine qu’il a voulu partager avec nous, nous verrons également le Père et le Saint-Esprit, le Très-Haut, que nous confessons être un seul Dieu. (lire la suite) « Si le Seigneur ne bâtit sa maison, en vain les maçons peinent ; si le Seigneur ne garde la ville, en vain les gardes veillent » (Psaume 126, 1). Alors, à quoi bon ? Il faut comprendre que tout ce qui est accompli en marge de Dieu, en se passant de lui, est vain encore une fois. Ce n’est qu’« airain qui résonne ou cymbale qui retentit » (1 Corinthiens 13, 1). Un peu d’humilité nous amènerait à reconnaître que ce n’est pas notre bras qui nous a sauvés, qui nous donne la victoire, « mais c’est ta droite, et ton bras » (Psaume 44, 4). Et si tu me préserves de l’ennemi, Seigneur, c’est dans une finalité bien précise, qui t’honore toujours au plus haut point. Tu dis de nous, en effet : « Je les introduirai sur ma montagne sainte, et je les réjouirai dans ma maison de prière ; leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel : car ma maison sera appelée maison de prière, pour tout le peuple » (Isaïe 55, 7). Ce sera la réjouissance absolue, que rien ne peut égaler, dont rien ne peut s’approcher, ne serait-ce qu’un peu. Ah ! Vraiment, « j’étais dans la joie quand on m’a dit : Allons à la maison du Seigneur » (Psaume 122, 1), cette maison qui est une maison de prière (cf. Matthieu 21, 13), la Maison par excellence, où la contemplation du Dieu Tout-Puissant, Un et Trine, du Dieu d’Amour, ne saurait, en effet, n’être qu’une prière permanente remplie d’allégresse. Il faut donc faire attention à tout. « Prenez garde, car vous ne savez pas quand le moment viendra » (Marc 13, 33) de se présenter devant l’Éternel et de s’entendre dire : « Rends-moi compte de ton intendance » (Luc 16, 2), de la façon dont tu as administré les talents dont je t’ai gratifié, selon tes capacités (cf. Matthieu 25, 15). Sois bien conscient de ce que je ne t’ai rien demandé d’extraordinaire ou qui passât tes forces. Car moi, qui suis fidèle, je ne permettrai « pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; en outre, avec la tentation, [je vous ménagerai] aussi la possibilité d’y échapper en ayant la force de la supporter » (1 Corinthiens 10, 13). (à suivre…) )

lundi 28 juillet 2014

Le secret du Père (6)

Le secret du Père (6)

Notre Seigneur revient à la charge, recourant cette fois-ci à l’artifice linguistique de la parabole : « Sachez-le bien, si le maître de maison savait à quelle heure le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts, car c'est à l'heure que vous ne pensez pas que le Fils de l'homme viendra. » (Luc 12, 39-40). C’est on ne peut plus clair, en effet. Qui serait assez insensé pour ne pas prendre les dispositions opportunes afin d’empêcher les voleurs d’entrer chez lui ? Mais ces mesures se doivent d’être radicales, sans la moindre concession à la paresse, à la commodité, à la sensualité, à l’auto complaisance, à la gourmandise, à la jalousie, à la critique, etc. Car le moindre de ces points pourrait être une faille dans le système d’alarme et rendre inopérant l’ensemble des sûretés mises en place. (lire la suite) Simon-Pierre a bien enregistré ces mises en garde du Maître. Il les reprend à son compte : « Il viendra, le jour du Seigneur, comme un voleur : en ce jour, les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments embrasés seront dissous, et la terre avec les ouvrages qu’on y trouve sera consumée » (2 Pierre 3, 10). Le tout disparaîtra à tout jamais, et fera place aux « cieux nouveaux et à la terre nouvelle » (cf. Apocalypse 21, 1). « On ne se rappellera plus le passé et il ne reviendra plus à l’esprit » (Isaïe 65, 17). Cette remarque a son importance pour ceux qui s’inquiètent de ce qu’ils feront au ciel et qui pensent que l’on peut y être malheureux ou éprouver de la tristesse en pensant au mal que les hommes ont commis. Cela ne pourra plus être de mise. « Tenez-vous donc prêts, vous autres, car c’est à une heure imprévue que va venir le Fils de l’homme » (Matthieu 24, 44). Et le Seigneur revient à la charge : « Donc veillez, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (Matthieu 25, 13), mais il viendra. C’est une certitude. Nous ne pouvons pas nous endormir. Attendons ce moment avec impatience, qu’il survienne alors que nous cheminons encore sur terre ou quand nous aurons déjà quitté ce monde. Nous voulons assister à la récapitulation de toutes choses dans le Christ (cf. Éphésiens 1, 10). À présent « nous voyons dans un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme je suis connu » (1 Corinthiens 13, 12). Il a été donné au prophète Élie de percevoir la présence de Dieu mais sans voir notre Dieu : « Le Seigneur dit : ‘Sors, et tiens-toi dans la montagne devant le Seigneur, car voici que le Seigneur va passer.’ Et il y eut, devant le Seigneur, un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers : le Seigneur n'était pas dans le vent. Après le vent, il y eut un tremblement de terre : le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement de terre, un feu : le Seigneur n'était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger… (à suivre…)

samedi 26 juillet 2014

Le secret du Père (5)

Le secret du Père (5)

Ils croient du coup que « le fléau déchaîné passera et ne les atteindra pas ; car nous nous sommes fait du mensonge un refuge, et dans la tromperie nous nous cachons » (Isaïe 28, 15). Mais la Sagesse les traite d’insensés. Ils sont dignes d’appartenir à la mort… Mais il est question ici, hélas, de la mort éternelle. Certains l’ont effectivement choisie délibérément, obstinément. « Mourir en péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’auto exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot "enfer" » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1033). Que pouvons-nous y faire ? Dieu lui-même s’est interdit absolument d’exercer la moindre coercition sur eux. (lire la suite) Ils s’agacent de constater que tout le monde ne les suit pas, ne se comporte pas comme eux. Du juste, ils disent : « Sa vie ne ressemble pas aux autres vies » (Sagesse 2, 15), il n’est « pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ni encore comme ce publicain » (Luc 18, 11). Ce qui n’est pas pleinement exact. Car, d’abord et avant tout, elle s’efforce de ressembler à la vie de notre Seigneur, qui est lui-même la Vie en acte. C’est là d’ailleurs la seule et unique vie qui vaille vraiment la peine d’être vécue. Cela, les impies ne peuvent pas le saisir. C’est pourquoi ils estiment que nos voies sont étranges (cf. Sagesse 2, 15). En cela, ils ont raison, car « mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, - oracle du Seigneur » (Isaïe 55, 9). Car, en définitive, il est quand même singulier que l’homme arrive ainsi à déformer en profondeur l’image et la ressemblance de Dieu auxquelles il a été créé (cf. Genèse 1, 26) et qui sont donc inscrites dans sa nature de manière indélébile, qui le définissent même par rapport à tout le reste de la création. « Car Dieu a créé l’homme pour la vie éternelle, et il l’a fait à l’image de sa propre nature. Mais c’est par l’envie du diable que la mort s’est introduite dans le monde, mort qu’éprouveront les sujets du diable » (Sagesse 2, 23-25). A eux, plus qu’à tout autre, s’applique cette mise en garde de l’Apôtre : « Le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand les gens diront : ‘Paix et sécurité’, alors, subitement, fondra sur eux la ruine, comme les douleurs sur la femme enceinte ; et ils ne pourront pas y échapper » (1 Thessaloniciens 5, 2-3). (à suivre…)

jeudi 24 juillet 2014

Le secret du Père (4)

Le secret du Père (4)

L’histoire du Salut est toujours instructive pour nous. Il convient de la méditer pour en tirer des enseignements pratiques. C’est ce que le Seigneur nous invite à faire, en nous remémorant la catastrophe qu’a représenté le Déluge universel du temps de Noé : « Car de même que dans les jours qui précédèrent le déluge, on mangeait et on buvait, on épousait et on était épousé, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche, et qu'ils ne surent rien, jusqu'à la venue du déluge qui les emporta tous, ainsi sera aussi l'avènement du Fils de l'homme. Alors, de deux (hommes) qui seront dans un champ, l'un sera pris, l'autre laissé ; de deux femmes qui seront à moudre à la meule, l'une sera prise, l'autre laissée. Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur doit venir » (Matthieu 24, 38-42). La conclusion reste la même : « Veillez », veillez et priez pour ne pas entrer en tentation « pour ne pas être en butte à l’épreuve » (Matthieu 26, 41). (lire la suite) Veiller suppose de se maintenir en permanence dans une attitude de prière, accompagnée et d’une maîtrise empreinte de délicatesse de tous nos sens. C’est ce que nous propose l’ascèse chrétienne pour suivre le Christ de près. C’est à ce prix que nous ne nous endormirons pas du triste sommeil évoqué plus haut, sommeil qui ouvre la porte à tous les diables possibles. Veillez, pour ne pas laisser le diable ne serait-ce que s’approcher du sanctuaire de notre âme, a fortiori y établir son campement, en faire comme sa forteresse à partir de laquelle il peut lancer des opérations offensives contre d’autres âmes. Il s’agit donc de rejeter énergiquement toute pensée, toute idée, tout projet qui n’est pas entièrement de Dieu, dès le tout premier instant, de a jusqu’à z. « Quand on n’édifie pas sur les pierres qu’est ce qui arrive ? Il arrive ce qui arrive aux enfants sur la plage quand ils font des châteaux de sable, tout s’écroule, c’est sans consistance. Quand on ne confesse pas Jésus Christ, me vient la phrase de Léon Bloy : « Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable. » Quand on ne confesse pas Jésus Christ, on confesse la mondanité du diable, la mondanité du démon » (pape François, Homélie de la messe avec les cardinaux, chapelle Sixtine, 14 mars 2013). Mais si nous le faisons nous sommes bien évidemment à charge pour beaucoup. La seule présence du juste contrarie les impies, nous dit l’auteur inspiré : « Traquons le juste, puisqu’il nous est à charge » (Sagesse 2, 12). Sa vue est devenue insupportable aux impies en tout genre, qui « appellent la mort du geste et de la voix ; la regardant comme une amie, ils se passionnent pour elle, il font alliance avec elle, et ils sont dignes, en effet, de lui appartenir « Sagesse 1, 16). (à suivre…)

mardi 22 juillet 2014

Le secret du Père (3)

Le secret du Père (3)

« Il est un cas qui doit nous faire souffrir par-dessus tout : celui des chrétiens qui pourraient donner bien davantage et ne se décident pas, qui pourraient se donner à fond, en vivant toutes les conséquences de leur vocation d’enfants de Dieu, mais qui résistent devant la perspective d’être généreux. Nous, les hommes, nous sommes exposés à nous laisser envahir par le sommeil de l’égoïsme et de la superficialité, à laisser notre cœur se disperser en mille expériences éphémères, à esquiver la recherche en profondeur du véritable sens des réalités terrestres. […] Tandis que les hommes s’étaient assoupis, surgit le semeur d’ivraie, comme dit le Seigneur dans l’une de ses paraboles. Triste chose que ce sommeil qui étouffe la dignité de l’homme et le rend esclave de la tristesse » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 147). (lire la suite) « Ce que je vous dis, à vous, dites-le à tous : Veillez ! » (Marc 13, 37). En effet, prévient encore le Seigneur, « voici que je viens comme un voleur. Heureux qui veille et qui garde ses vêtements pour n’avoir pas à aller nu et ne pas laisser voir sa nudité ! » (Apocalypse 16, 15) et être ainsi objet de dérision pour les autres. Mais toi, Seigneur, « tu m’as revêtu des vêtements du salut et m’as couvert du manteau de la justice, comme le fiancé ceint un turban, comme la fiancée se pare de ses joyaux » (Isaïe 61, 10). La mise en garde est constante : « Montre-toi vigilant et consolide ce qui est et qui allait périr », parce que « tu penses être en vie, alors que tu es mort » (Apocalypse 3, 2.1). C’est un danger qui guette celui qui se laisse aller, en pensant qu’il a tout le temps devant lui pour rectifier, qui repousse indéfiniment le moment de se confesser, qui n’attache pas d’importance à l’état de son âme installée dans l’inconfort du péché, qui reste insensible à cette situation mortifère et aux droits de Dieu… Nous pouvons protester de notre allégeance et crier « Seigneur, Seigneur ! » (cf. Matthieu 7, 21), mais nos dires doivent être corroborés par nos œuvres, car la foi sans les œuvres est morte (cf. Jacques 2, 17). « Souviens-toi donc de l’accueil que tu as fait à la prédication ; retiens-la et repose-toi. Mais si tu n’es pas vigilant, je viendrai comme un voleur, sans que tu saches à quelle heure et à quel jour je te surprendrai » (Apocalypse 3, 3). Nous avons peut-être là une certaine ouverture pour ceux qui restent éveillés et fidèles à leur poste : pour eux, la surprise sera moindre et, en tout cas, elle n’aura rien de désagréable, bien au contraire. Car cette venue du Fils sera aussi celle du Père et de l’Esprit Saint, ce dernier continuant de nous inciter à répéter « Abba ! Père ! » (Galates 4, 6) et d’intercéder pour nous avec des « gémissement ineffables » (Romains 8, 26). (à suivre…)

mardi 17 juin 2014

Le jugement particulier (6)

Le jugement particulier (6)

Ce n’est pas pour rien que l’Église a qualifiée aussi Notre Dame de « toute-puissance suppliante », signifiant par là qu’elle ne se contente pas d’intercéder, mais qu’elle supplie comme une bonne mère sait le faire, et qui souffrirait terriblement dans sa chair que son enfant soit condamné, quand bien même serait-il coupable. Et qui, de surcroît, intervient avec sa « toute-puissance » d’intercession, une puissance telle que Dieu ne peut rien lui refuser, car, soulignent les théologiens et les saints, elle n’a elle-même jamais nié à Dieu ce qu’il lui demandait, et qu’elle a accepté de devenir la Mère du Fils de Dieu devenant notre Rédempteur. Elle n’assiste pas au procès passivement. (lire la suite) Elle en connaît la mécanique et elle sait bien en quoi il consiste et ce sur quoi il peut déboucher : « Le Nouveau Testament parle du jugement principalement dans la perspective de la rencontre finale avec le Christ dans son second avènement, mais il affirme aussi à plusieurs reprises la rétribution immédiate après la mort de chacun en fonction de ses œuvres et de sa foi. La parabole du pauvre Lazare (cf. Lc 16, 22) et la parole du Christ en Croix au bon larron (cf. Lc 23, 43), ainsi que d’autres textes du Nouveau Testament (cf. 2 Co 5, 8 ; Ph 1, 23 ; He 9, 27 ; 12, 23) parlent d’une destinée ultime de l’âme (cf. Mt 16, 26) qui peut être différente pour les unes et pour les autres. Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification, soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du ciel, soit pour se damner immédiatement pour toujours » (Catéchisme de l’Église Catholique, nos 1021-1022 Mari ne veut pas que le diable gagne la partie. Alors elle intervient avec autorité. Sa plaidoirie est vraiment du grand art. Elle est sublime. Notre Dame fait feu de tout bois. Elle s’appuie sur le moindre indice en notre faveur. Elle se souvient de ce que nous n’avons cessé tout au long de notre vie de lui demander de prier pour nous à l’heure de notre mort (cf. Je vous salue Marie). Alors elle s’engage à fond dans notre défense. Et si d’aventure elle ne savait plus par quel bout prendre notre affaire, si la situation devenait dramatique pour nous, et que l’issue s’annonce fatale, Marie sortirait l’argument ultime et décisif, à même d’emporter la décision du tribunal, elle pèserait de tout son poids dans la balance, abattant sa carte maîtresse face à laquelle le juge se trouverait totalement désarmé : « C’est mon fils. Je veux qu’il soit avec moi ici, au paradis. » « Qu’il soit donc fait selon votre parole » (cf. Luc 1, 38), répondra notre Juge. Il frappe alors un coup de marteau sur la table et prononce le verdict : « Acquitté ! » à notre grand soulagement, et à la grande joie aussi de Marie, et de Dieu lui-même, tout heureux de s’être laissé faire par Marie, que saint Joseph approuvait en opinant du chef. Toute la société des saints se presse alors autour de nous pour nous féliciter et nous conduire dans une liesse indescriptible à notre place en la présence contemplative du Dieu trois fois Saint, où commence notre bonheur complet aussi bien qu’éternel. (fin)

dimanche 15 juin 2014

Le jugement particulier (5)

Le jugement particulier (5)

L’acte d’accusation sera lu par satan en personne, ou par le démon qu’il a chargé de s’occuper de nous, ce qui évidemment n’est pas fait pour nous rassurer. Sa présence est terrifiante, comme en témoigne Estelle Faguette, la voyante de Pellevoisin : « Dans la nuit du 15 au 16 février 1876, c’est-à-dire du lundi au mardi, j’étais très malade. Je ne sais trop ce que j’éprouvais ; si c’est du sommeil, je n’en sais rien. Je cherchais à me reposer, quand tout à coup apparut le diable au pied de mon lit. Oh ! Que j’avais peur. Il était horrible ; il me faisait des grimaces. À peine était-il arrivé que la sainte Vierge apparut de l’autre côté, dans le coin de mon lit. […] Ses grands yeux doux me remirent un peu, mais pas tout à fait, car le diable apercevant la sainte Vierge, il recula en tirant mon rideau et le fer de mon lit. Ma frayeur était abominable. Je me cramponnais à mon lit. Il ne parla pas, il tourna le dos. Alors la Vierge lui dit sèchement : « Que fais-tu là ? Ne vis-tu pas qu’elle porte ma livrée et celle de mon Fils ? » Il disparut en gesticulant. Alors elle se retourna vers moi et me dit doucement : « Ne crains rien, tu sais bien que tu es ma fille » (lire la suite) (M.-R. Vernet, La Vierge à Pellevoisin. Dieu au cœur d’une mère. Lecture théologique et spirituelle des documents, Paris, Téqui, 1995, p. 47). Le démon prendra un malin plaisir, un plaisir de Malin, à ne rien omettre de nos iniquités et à mélanger savamment le moins important avec le plus grave, et nous en sommes assommés, sonnés. À quoi s’ajoutent sans doute des surprises désagréables, inattendues, qui pourraient nous faire désespérer de nous en sortir, n’était la présence de Marie, notre Mère, dans le box de la défense… Et la lecture du deuxième document, qui nous permet de relever peu à peu la tête et de nous tourner vers Marie, qui est là, prête à nous défendre et qui, nous en sommes certains,saura trouver les mots justes, et dire tout le bien qu’elle pense de nous… Jésus-Christ est le témoin à charge. Il montre ses Plaies au fur et à mesure de l’énoncé des griefs qui nous sont légitimement reprochés. « Voici l’empreinte des clous et la plaie de mon côté » (cf. Jean 20, 25). Nous baissons la tête, car nous ne pouvons pas supporter la vue de ces blessures dont nous reconnaissons alors que nous en sommes les auteurs, et que, par nos péchés, nous sommes de ceux « qui viennent à tomber » et qui de ce fait, « pour leur compte, […] crucifient de nouveau le fils de Dieu et le mettent au pilori » (Hébreux 6, 6). Mais en même temps, notre Seigneur se tourne vers son Père à chaque fois, lui disant avec un regard plein de compassion : « Père, pardonne-lui, car il ne savait pas ce qu’il faisait » (cf. Luc 23, 34). Le moment où Notre Dame doit prendre la parole est venu. L’Église et, avec elle, ses fidèles, lui ont décerné le titre d’Advocata nostra, « notre Avocate ». Aucun avocat, fût-il près la Cour d’Assise et particulièrement brillant, n’a le talent, l’éloquence, la force d’argumentation, l’art de convaincre que cette Avocate, qui est aussi notre Mère. Nous avons en cela une différence de plus d’avec les procès que nous connaissons ici-bas. Car les membres de notre famille surnaturelle sont parties prenantes. Le Juge est notre Père et notre Avocate est notre Mère. Nous sommes entre personnes connues, en famille. Certes, nul ne cherche un arrangement qui lèserait la justice. Mais nous pouvons être assurés que la Sainte Vierge fera tout ce qu’elle peut pour nous tirer du guêpier dans lequel nous nous sommes fourvoyés volontairement. (à suivre…)

vendredi 13 juin 2014

Le jugement particulier (4)

Le jugement particulier (4)

Que Dieu veuille notre bien n’emporte pas que le procès sera bâclé ou biaisé. Tout à l’inverse. Tout jugement divin est un modèle du genre. Il n’existe pas sur terre de cause traitée avec autant de rigueur, avec une compétence semblable, avec un caractère aussi scientifique et rigoureux. Rien n’y est laissé de côté, rien n’est omis. Si, dans un procès humain, des zones d’ombre peuvent subsister, qui empêchent les juges, ou les jurés, de parvenir à l’intime conviction nécessaire pour trancher, au moins sur certains chefs d’accusation, il n’en va pas de même ici. Aucune obscurité n’est possible, car tout sera mis à plat, tout ce qui est le plus secret dans le cœur de l’homme,(lire la suite) et que notre Juge-Père voit (cf. Matthieu 6, 4.6.18) sera mis à jour et dévoilé et proclamé sur les toits (cf. Matthieu 10, 27). Il sera procédé à un examen minutieux et consciencieux de tous nos faits et gestes. Mais ici intervient une autre différence d’avec les procès de ce monde. Les tribunaux ne s’intéressent qu’à ce qui fait l’objet de la plainte. Ils ne prennent en compte que ce qui a trait à elle. Ils n’ont pas à juger en dehors des points qui leur sont soumis, sous peine de nullité de leur sentence. En revanche, notre jugement particulier, au terme de notre vie terrestre, ne se borne pas à un ou deux chefs, mais suppose un acte d’accusation volumineux et quasiment interminable reprenant tous nos délits par pensée, par parole, par action et aussi par omission. Il a pour contrepoids un autre acte qui, lui, énumère tout le bien que nous avons fait sciemment ou pas. S’applique ici au pied de la lettre la parabole du jugement dont l’importance est alors cruciale : « J’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’ai été sans foyer, et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus me voir » (Matthieu 25, 35-36). Il faut donc procéder à l’examen de notre vie et nous demander : « Quelle est la qualité de ma confession ? Comment est-ce que je soigne tous les actes de ce sacrement : examen, douleur, résolution de ne plus recommencer, sincérité et clarté dans la confession, accomplissement de la pénitence ? » Nous devons reconnaître que nous manquons d’amour quand nous remettons à plus tard cette rencontre avec Dieu, qui nettoie la conscience et fortifie l’âme avec la grâce sacramentelle. Comment ne pas éprouver le besoin de recevoir toujours avec foi, avec douleur et diligence, et sans retard ce sacrement de la miséricorde divine ! Un examen de conscience quotidien, qui prépare ce « grand oral » qu’est notre jugement particulier, sachant qu’il existe un ennemi petit, sot, mais efficace, qui est le manque d’effort à s’examiner. Les moments d’examen qui ponctuent notre journée existent pour un motif d’efficacité. Si nous avons à un moment donné la tendance à être scrupuleux, l’examen doit être très bref et se ramener à quelques questions très simples, du genre : « Qu’ai-je fait de mal ? » pour en demander pardon au Seigneur. « Qu’ai-je fait de bien ? », pour l’en remercier. « Qu’aurai-je pu faire de mieux ? », afin de prendre une résolution concrète. Deux minutes, une demi minute suffira. Et l’examen particulier du point concret, de ce sur quoi nous nous sommes proposé de livrer la bataille à l’ennemi, afin que l’ennemi ne l’organise pas là où cela ne nous convient pas. Ce n’est pas pour autant que nous sommes pleinement confiants en comparaissant devant notre Juge souverain. (à suivre…)

mercredi 11 juin 2014

Le jugement particulier (3)

Le jugement particulier (3)

Nous avons en cela une première réalité réconfortante : nous serons tous traités pareillement. C’est en réalité une deuxième réalité réconfortante, car la première est évidemment que notre Juge est en même temps notre Père et qu’il ne peut pas faire taire ses entrailles paternelles : « Et notre père, avec une dureté feinte dans la voix et le visage sévère, nous a réprimandés…, alors même que son cœur était attendri ; il connaissait notre faiblesse, et pensait : pauvre enfant, comme il s’efforce de bien faire ! » (saint Josémaria, Chemin, n° 247). C’est dire que notre Juge est de notre côté. Il n’est pas un accusateur acharné, vindicatif, partisan à la Saint-Just. Non ! (lire la suite) Il est acquis à notre cause, parce qu’il a envoyé son Fils donner sa vie pour nous, afin que nous puissions nous sauver, sortir de la salle d’audience blancs et non noirs. « Je ne suis pas venu, non pour condamner le monde, mais pour le sauver » (Jean 12, 47). Dieu n’a pas envie de nous condamner ! Nous pourrions même aller jusqu’à dire qu’il n’a aucun intérêt à le faire. Et qu’il ne le fera que si nous l’y contraignons, que si nous nous condamnons nous-mêmes en refusant encore, au terme du procès, de nous laisser aimer par lui et de l’aimer. Toute la question se ramène en effet à cela. Comme saint Jean de la Croix l’affirmait, « à la fin du jour [c’est-à-dire de la vie], c’est sur l’amour qu’on vous examinera. Apprenez donc à aimer Dieu comme Il désire l’être et laissez là ce que vous êtes » (St Jean de la Croix, Les Maximes, 80). Partant de ce principe, nous pouvons être sûrs que Dieu fera tout son possible pour que nous soyons innocentés. Il n’est pas un juge austère, sévère, impitoyable : « J’ai dû sourire à vous entendre parler des « comptes » que vous demandera notre Seigneur. Non, pour vous tous, il ne sera pas un juge, au sens austère du mot. Il sera simplement Jésus. » — Ces mots, écrits par un saint évêque, qui ont consolé plus d’un cœur en tribulation, peuvent parfaitement consoler le tien » (saint Josémaria, Chemin, n° 168). C’est un juge bienveillant, mais éminemment juste, équitable, qui « rend à chacun selon ses œuvres » (Romains 2, 6), qui, en quelque sorte, accepte de se plier à notre volonté, de nous suivre dans notre décision. Une volonté qui peut s’opposer à la sienne. Quelle est-elle ? Ce que Dieu veut, c’est de pouvoir nous dire à la fin des débats : « C’est bien, serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton Maître » (Matthieu 25, 21). Comme saint Augustin le fait remarquer, « s’il menace de venir en qualité de juge, c’est pour ne trouver personne à punir quand il viendra. C’est pour cela que toutes les menaces des prophètes n’ont pas d’autre but que notre correction. Si Dieu voulait condamner, il se tairait. Personne, voulant en frapper une autre, ne lui dit : prend garde. Tout ce que l’Écriture nous fait entendre, mes frères, c’est la voix de Dieu qui nous dit : prends garde ; et tout ce que nous souffrons de tribulations en cette vie, c’est le fouet de Dieu qui veut nous corriger pour n’avoir pas finalement à nous damner » (Sermon 22, 4). Le même saint Augustin souligne à la fois la miséricorde et la justice de Dieu, dont l’une n’annule pas l’autre, mais la tempère seulement : « Par un effet de notre perversité nous voulons que Dieu soit miséricordieux et non pas juste ; d’autres, au contraire, trop confiant dans leur innocence, veulent que Dieu soit juste et non miséricordieux. Dieu se montre l’un et l’autre, ces deux attributs sont de son ressort ; la miséricorde n’empiète pas sur les droits de la justice et la justice ne supprime pas la miséricorde. Il est miséricordieux et juste. Comment prouvons-nous qu’il est miséricordieux ? Parce qu’il épargne aujourd’hui les pécheurs et donne le pardon à ceux qui s’accusent. Comment prouvons-nous qu’il est juste ? Parce qu’il viendra le jour du jugement. Dieu le diffère aujourd’hui, mais il ne le supprime pas, et quand ce jour sera venu, il rendra à chacun selon ses mérites » (Sermon 22, 5). (à suivre…)

samedi 7 juin 2014

Le jugement particulier (2)

Le jugement particulier (2)

Face à la justice divine, nous sommes tous égaux. Nous ne nous présentons pas avec les atours de nos fonctions terrestres ou en excipant de nos titres et de nos réalisations ni en cherchant des passe-droits. Nous sommes obligés de nous dépouiller de tout cela, comme le requérait le cérémonial des funérailles pour les souverains de l’empire austro-hongrois, dont voici le récit : Quand le cortège « arriva à la hauteur du caveau des Capucins, se déroula le cérémonial d’usage. Le maître des cérémonies, Heinz Haffner, frappe par trois fois au portail de l’église. Le père gardien demande, de l’intérieur : « Qui demande à entrer ? » Le cérémoniaire énumère alors les « grands titres » de sa Majesté : Impératrice Zita, (lire la suite) reine couronnée de Hongrie, reine de Bohême, de Dalmatie, de Croatie, Slavonie, Galicie, Lodomérie et Illyrie ; reine de Jérusalem ; archiduchesse d’Autriche, grande-duchesse de Toscane et de Cracovie ; duchesse de Lorraine, de Bar, de Salzbourg, Styrie, Carinthie, Ukraine et Bukovine ; Grande-duchesse de Siebenburgen, marquise de Moravie ; Duchesse de Haute et Basse-Silésie… Comtesse-princesse de Habsbourg et Tyrol… Marquise… Contesse de… Souveraine de Trieste… Grande-voïvode de la Voïvodine de Serbie ; Infante d’Espagne, princesse du Portugal et de Parme. Père Gardien : « Je ne connais pas. » Le cérémoniaire frappe trois fois au portail de l’église des Capucins. P. Gardien : « Qui demande à entrer ? » Cérémoniaire : « Zita, Sa Majesté l’Impératrice et reine. » P. Gardien : « Nous ne la connaissons pas. » Le cérémoniaire frappe encore trois fois au portail de l’église des Capucins : P. Gardien : « Qui demande à entrer ? » Cérémoniaire : « Zita, une créature mortelle et pécheresse. » P. Gardien : « Qu’elle entre » (Erich Feigl, Zita de Habsbourg. Mémoires d’un empire disparu, Paris, Criterion, 1991, p. 429-430). Face à Dieu, nous sommes tous égaux, tous ses enfants, et il ne fait pas de distinctions relevant de considérations humaines, qui ne sont pas de son ressort. Pour lui il n’existe qu’une seule race, celle de ses enfants, ce que soulignait saint Josémaria : « Il n’y a qu’une seule race sur la terre: la race des enfants de Dieu. Nous devons tous parler la même langue, celle que nous apprend notre Père qui est aux cieux: la langue du dialogue de Jésus avec son Père, la langue que l’on parle avec le cœur et avec la tête, celle dont vous vous servez en ce moment dans votre prière » (Quand le Christ passe, n° 13). (à suivre…)

jeudi 5 juin 2014

Le jugement particulier (1)

Le jugement particulier (1)

Le jugement qui sera prononcé sur chacun de nous – appelé pour cela jugement particulier – au soir de notre vie, quand nous quitterons ce monde, est un véritable jugement, tout en étant un procès divin, non un procès humain. Ce dernier n’a rien d’instantané. Il peut intervenir après de nombreuses années d’instruction et d’attente angoissante en prison, si le coupable présumé a été incarcéré. Il lui faut faire appel à un avocat – qui fait aussitôt verser une avance substantielle sur honoraires – ou à un groupe d’avocats, dans les affaires importantes et plus complexes. Il faut s’atteler à réunir le plus possible de preuves et de documents en sa faveur. L’on fait appel à tous les témoins qui acceptent de venir à la barre. (lire la suite) L’avocat prépare sa plaidoirie, ce qui peut prendre du temps si les actes du procès font plusieurs mètres linéaires… Un supplément d’enquête peut être ordonné. Dans certaines affaires, l’on se déplace sur les lieux pour y effectuer une reconstitution des faits. Et ainsi de suite. Il n’en va pas du tout de même pour notre comparution devant Dieu. Elle ressortit davantage au flagrant délit et à la procédure d’urgence. À ceci près qu’elle ne porte pas sur un fait délictuel qui vient d’être commis et qu’il convient de sanctionner au plus tôt, mais sur notre vie tout entière. L’image que nous nous faisons de la justice humaine est celle de personnages austères, d’une sentence couperet, même si des recours sont possibles. De la fragilité des décisions prises aussi. Que d’erreurs judiciaires au long des siècles ! Peut-être dues dans certains cas à la vénalité des juges. « Selon que vous serez puissants ou misérables, les jugements de cour vous rendront blancs ou noirs », constatait déjà Jean de La Fontaine, dans Les animaux malades de la peste. Devant cette justice-là, les gens simples sont désarmés et craintifs. (à suivre…)

mercredi 6 avril 2011

Les derniers temps (2)

Les derniers temps (2)

Ces imposteurs, qui font commerce des mensonges, sont « marqués au fer rouge dans leur propre conscience » (1 Timothée 4, 2), ce qui est une autre façon d’affirmer qu’il agissent en connaissance de cause et qu’il font le mal pour faire le mal. Ceux du temps de saint Paul « interdiront le mariage, et imposeront l’abstinence d’aliments créés par Dieu pour que les croyants, qui ont pleine connaissance de la vérité, en usent avec action de grâce » (1 Timothée 4, 3). En effet, Dieu dit : « Tout ce qui a vie et mouvement vous servira de nourriture, comme la verdure des plantes ; je vous donne tout » (Genèse 8, 3). Alors, (lire la suite) « si je prends ma part d’aliment en rendant grâce à Dieu, pourquoi parler de moi en mal pour une chose dont je rend grâce à Dieu ? » (1 Corinthiens 10, 30).
Car, ne l’oublions pas, « tout ce que Dieu a créé est bon » (1 Timothée 4, 4), comme nous pouvons le lire au récit de la Création dans la Genèse (1, 31). Par conséquent, « rien n’est à rejeter de ce que l’on prend avec action de grâce » (1Timothée 4, 4). De fait, l’Apôtre peut affirmer : « Je le sais, j’en suis persuadé dans le Seigneur Jésus », c’est-à-dire en parlant en présence de Dieu, avec la conviction de l’aimer, de s’exprimer en son nom, « rien n’est impur en soi ; seulement, pour celui qui pense qu’une chose est impure, elle est impure pour lui » (Romains 14, 14). Ce qui compte, en définitive, c’est que, « soit que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10, 31), « rendant grâce par lui à Dieu le Père » (Colossiens 3, 17).
Ce que l’on prend dans l’action de grâce est « sanctifié par la parole de Dieu et par la prière » (1 Timothée 4, 5). Par la prière, car nous commençons et nous terminons nos repas par la prière ; et aussi parce que nous nous efforçons de transformer toutes nos activités en prière, de sorte que nous fassions effectivement toute chose pour la gloire de Dieu. C’est le moyen de résister aux imposteurs, aux faux apôtres des temps modernes et de vivre dans le temps présent dans la joie des enfants de Dieu.

(fin)
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vendredi 26 mars 2010

Le jugement particulier

Le jugement particulier

Tous les témoignages sont concordants. Les saints auxquels Dieu a fait voir leur vie, la somme de leurs péchés, dans le moindre détail, toux ceux qu'ils ont commis parfois par omission et ceux auxquels ils n'ont pas accordé d'importance - ce sont des « péchés véniels », dit-on, comme pour les justifier - ont passé un très, très mauvais quart d'heure.
Heureusement que la Sainte Vierge est là. Elle est notre Avocate. Et il n'y en a pas deux comme elle. Mais malgré sa présence, l'âme se voit si souillée, si mauvaise, qu'elle perd toute assurance, (lire la suite) qu'elle sent en quelque sorte le sol se dérober sous ses pieds comme en cas de tremblement de terre, et qu'elle se met à douter de pouvoir être sauvée. Mais Marie veille. Il faut serrer bien fort sa main, et sentir la sienne qui nous encourage à avoir confiance.
Son assistance maternelle ne supprime pas l'épreuve. Pas plus que Dieu ne nous épargne les difficultés et les tentations : il nous donne sa grâce pour les surmonter et pour que nous grandissions ainsi en sainteté, ce qui, sans effort, serait impossible. C'est la Croix qui nous sauve. L'épreuve du jugement particulier est également indispensable. Elle est un ultime moyen dont Dieu veut pouvoir se servir pour susciter en nous une profonde contrition, un repentir intense de nos fautes et pour, si possible, purifier ainsi complètement et définitivement notre âme, sinon nous disposer à achever cette purification au purgatoire. « Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification (cf. Concile de Lyon : Denzinger Hünermann, 857-858 ; Concile de Florence, DH, 1304-1306 ; Concile de Trente, DH, 1820), soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du ciel (cf. Benoît XII, DH, 1000-1001 ; Jean XXII, DH, 990), soit pour se damner immédiatement pour toujours (cf. Benoît XII, DH, 1002) » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1022).
Nous savons que Dieu est notre Père. Il n'empêche que d'être découvert dans nos turpitudes, de prendre conscience de leur étendue et de leurs conséquences, nous fait estimer - non sans raison - que nous sommes passibles d'un châtiment éternel. Nous essayons de formuler une requête, la plus humble possible : « Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi ; je ne suis plus digne d'être regardé comme ton fils » (Luc 15, 19).
Dieu est notre Père. Marie est notre Mère. Nous ne pouvons pas douter d'eux. Mais c'est de nous-même que nous doutons alors. Nous voyons nos péchés - appelons-les avec ce mot, plus exact que « faute », qui édulcore un peu notre culpabilité - et le Père ne cesse de présenter son Fils en Croix à notre regard. Il nous fait assister à la Passion de ce Fils qui a poussé l'Amour jusqu'à mourir pour nous, pour mes péchés précisément, et qui me les pardonne. Mais qui n'aurait pas dû subir cette Passion si je m'étais maintenu fidèle et, avec moi, tous les hommes.
Me pardonner ! C'est cela. La pression de la main de Marie me le confirme. Elle ne m'a pas abandonné. Elle priait tandis que le jugement avait lieu. Elle faisait valoir à son Fils que j'ai toujours été son serviteur. Elle m'obtient alors une dernière grâce, qu'elle puise dans ce Cœur qui m'apparaît transpercé : « Ces grâces sont de mon Fils, je les prends dans son Cœur » (Notre Dame à Estelle Faguette, apparitions à Pellevoisin, en 1876).

vendredi 3 avril 2009

Vouloir se sauver

Vouloir se sauver

Si nous nous damnons, nous n'aurons point d'excuses, quand Jésus-Christ nous montrera lui-même que sa miséricorde a toujours été assez grande pour nous pardonner de quelque manière que nous soyons coupables...
Non, ce n'est pas la grandeur de nos péchés, ni leur nombre, qui doivent nous effrayer ; mais seulement les dispositions que nous devons avoir... En effet, qu'est-ce que nos péchés, si nous les comparons à la miséricorde de Dieu ? C'est une graine de navette devant une montagne. Ô mon Dieu ! comment peut-on consentir à être damné, puisqu'il en coûte si peu pour se sauver et que Jésus-Christ désire tant notre salut ?...

Saint Curé d'Ars, Homélie pour le IIIe dimanche après la Pentecôte.

dimanche 22 février 2009

Vocation à la sainteté (1)

Vocation à la sainteté (1)

Tout homme, mais à plus forte raison, tout baptisé est appelé à la sainteté. Il peut être certain que Dieu l'aideras à l'atteindre. C'est une certitude qui naît de la foi, car le Seigneur est fidèle à ses promesses : « Fidèle est le Seigneur : c'est lui qui le fera » (1 Thessaloniciens 5, 24), que nous soyons gardés irréprochables pour la venue de notre Seigneur Jésus-Christ (ibid., 23).
Or, Dieu a dit qu'il restait avec nous à jamais : « Et maintenant, moi, je sera avec vous pour toujours, jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28, 20). De plus, l'Esprit Saint est la « force d'en haut » (lire la suite) (Luc 24, 49) qui fait de nous des évangélisateurs. En outre Dieu « ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces » (1 Corinthiens 10, 13).
Nous avons donc toutes les raisons d'être optimistes et de nous engager dans les combats qui semblent les plus insensés, car « tout est possible à celui qui croit » (Marc 9, 22). Et nous croyons en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, nous voulons croire comme celui qui croit le plus, ainsi que le désirait saint Josémaria. Et pareillement, il nous invitait à aimer comme celui qui aime le plus, à espérer comme celui qui espère le plus.
De quels combats s'agit-il ? Tout au plus une tempête, comme celle qui s'est abattue sur la mer de Galilée, alors que les apôtres du Seigneur cherchaient à gagner le rivage. Le Seigneur est allé vers eux au moment où la barque était sur le point de couler. Pas avant. Eux qui étaient pour la plupart des marins pêcheurs de métier, qui connaissaient le lac de Gennésareth comme leur poche, qui avaient déjà essuyé plus d'une bourrasque, se croient perdus. Leurs ressources humaines ne leur suffisent plus : ni leurs forces physiques qui s'épuisent, ni l'art de la navigation, pris en défaut. Humainement parlant, la situation est devenue soudainement désespérée. Ils ne s'y attendaient pas. Ils n'ont pas vu le coup venir. Et les voilà à toute extrémité.
Jésus les observe de loin, de la montagne où il s'est retiré pur prier (cf. Matthieu 14, 23), ou peut-être du rivage. Il les laisse peiner jusqu'au point de rupture. Et in extremis, au moment crucial, le voilà à côté d'eux, prêt à les secourir. Dans leur affolement et leur épuisement cette présence, loin de réconforter les apôtres, ajoute à leur confusion : "En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent pris d'effroi : « C'est un fantôme ! », dirent-ils, et ils poussèrent des cris d'effroi" (ibid., 26), qui prennent le relais des cris de panique. Comme les façons d'agir de Dieu sont déconcertantes pour notre petite cervelle... !

(à suivre...)

jeudi 12 février 2009

Dieu rend à chacun selon ses œuvres (1)

Dieu rend à chacun selon ses œuvres (1)

« La Puissance est à Dieu, et à toi, Seigneur, la bonté ; car tu rends à chacun selon ses œuvres » (Psaume 63 (62), 13). Tu n'y es nullement tenu. Mais c'est comme cela. C'est plus fort que toi. Tu aurais pu nous regarder de haut, d'un air sardonique. Car, vu de là où tu es - c'est-à-dire de partout, mais « d'en-haut » - nous devons te paraître bien ridicules, ou plutôt lamentables. Mais voilà, tu es Dieu, tu es notre Père. Et cela, ça te « colle à la peau », si je puis m'exprimer ainsi.
Alors, s'il est logique que les méchants aillent en enfer, (lire la suite) rien ne permettait d'attendre que les bons viennent te rejoindre au paradis. Nous n'avions pas de billet pour le ciel. Ça été une invention de génie, du génie de ton Amour. Tu as voulu nous avoir avec toi. Ça, c'est inouï ! Ce qui est rassurant en plus, c'est que tu ne reviens pas sur ce que tu as décidé. C'est une bonne fois pour toutes.
Donc, « tu rendras à chacun selon ses œuvres : la vie éternelle pour ceux qui, en persévérant dans les bonnes œuvres, recherchent gloire, honneur et immortalité ; la colère et le courroux, pour les esprits rebelles et pour ceux qui, indociles à la vérité, sont dociles à l'injustice » (Romains 2, 6-8). Et pour eux aussi ce sera pour l'éternité.
Je tremble en y pensant. L'éternité est entre nos mains et nous agissons comme s'il n'y avait que l'immédiat, le matériel, qui compte.
Nul ne pourra dire : « Mais nous ne le savions pas ! » Celui qui pèse les cœurs ne discerne-t-il pas ? celui qui surveille ton âme ne connaît-il pas et ne rend-il pas à chacun selon ses œuvres ? » (Psaume 24 (23), 12). Il n'y aura pas d'excuse pour ne pas avoir produit de bonnes œuvres, des œuvres de justice et de sainteté. Dieu « surveille » notre âme. Il en attend des sentiments d'amour et de contrition. Il espère toujours que nous nous laisserons toucher par son Esprit Saint, soit pour découvrir la Vérité, c'est-à-dire Dieu (cf. Jean 14, 6), soit pour nous remettre à pratiquer la foi, en dehors de laquelle il n'y a point de salut.

(à suivre...)

lundi 2 février 2009

Christianisme et sens de la vie (2)

Christianisme et sens de la vie (2)

Ce qui peut apparaître ainsi quelque peu abstrait devient très concret du fait que Dieu s'est incarné : la deuxième Personne de la Très Sainte Trinité, Jésus-Christ, est venue partager notre existence humaine. Et, parce qu'il est à la fois « vrai Dieu et vrai homme » (symbole d'Athanase), Jésus « peut résoudre la question sur le sens de la vie et de l'histoire de l'homme. Jésus n'élimine pas la préoccupation normale pour la recherche de la nourriture quotidienne et de tout ce qui peut faire progresser la vie humaine et la rendre plus satisfaisante. Mais... la vie passe indéfectiblement ! Et Jésus nous montre que le vrai sens de notre existence se trouve dans l'éternité, que toute notre histoire humaine, avec ses drames et ses joies, doit être contemplée dans cette perspective éternelle. (lire la suite) L'homme a besoin de transcendance. L'homme a besoin de la présence de Dieu dans son histoire quotidienne. Ce n'est qu'ainsi qu'il peut donner un sens à sa vie. Jésus continue de nous dire à tous : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6) » (Jean-Paul II, Homélie, 5 août 1979), la Vie qui nous fait vivre, notamment dans le sacrement de l'Eucharistie, sacrement de la présence réelle de Dieu parmi nous et en nous.
On comprend alors que le chrétien, le catholique en particulier, soit quelqu'un qui vit dans l'espérance des biens éternels et qui est foncièrement joyeux et optimiste, quoi qu'il arrive, parce que le Salut nous est donné par Jésus-Christ, par Jésus triomphant sur la Croix.

(fin)

dimanche 1 février 2009

Christianisme et sens de la vie (1)

Christianisme et sens de la vie (1)

Nous disons parfois d'un de nos semblables qu'il « se démène comme un beau diable » face aux difficultés qui l'assaillent. L'expression est évidemment impropre, car le diable n'a rien de beau, même s'il peut se déguiser « en ange de lumière » (2 Corinthiens 11, 14). Il est l'auteur du mal, le Mal personnifié, le « Malin » dont nous demandons d'être délivrés dans le « Notre Père » (Matthieu 6, 13), le « père du mensonge » (Jean 8, 44). Or, ni le mal ni le mensonge ne sont beaux.
Ceci étant, nous nous interrogeons sur le sens de notre vie quand nous constatons à quel point il faut se battre et souffrir, pour finir par mourir un jour... Nous nous demandons si tout cela en vaut vraiment la peine, (lire la suite)
s'il y a « quelque chose » après notre mort, donc s'il existe un idéal supérieur aux simples intérêts matériels pour lequel il soit utile de s'investir, d'engager son existence tout entière. Bref, tôt ou tard, l'homme s'interroge : « D’où venons-nous ? » « Où allons-nous ? » « Quelle est notre origine ? » « Quelle est notre fin ? » « D’où vient et où va tout ce qui existe ? » Les deux questions, celle de l’origine et celle de la fin, sont inséparables. Elles sont décisives pour le sens et l’orientation de notre vie et de notre agir » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 282).
Les différentes religions lui apportent des réponses multiples. Mais, en dehors du christianisme, elles ne sont que des recherches de l'homme qui se situe face à la divinité ou aux dieux dont il se fait une idée à sa façon, selon son invention. Seul le christianisme apporte une réponse satisfaisante, parce qu'elle n'est pas le résultat de la cogitation humaine, mais la Parole de Dieu qui s'adresse à l'homme, qui se révèle à lui et lui fait découvrir à la fois d'où il vient et où il va : créé par Dieu, il est fait pour aimer Dieu sur terre et parvenir ainsi à l'aimer éternellement au ciel. Dans la première hypothèse, Dieu « demeure totalement passif et seule compte le vécu de l'homme, l'homme expérimentant son identité avec l'être de tout ; dans la deuxième, on croit à l'activité de Dieu qui appelle les hommes » (J. Ratzinger, Foi, vérité, tolérance, Paris, 2005, p. 36).

(à suivre...)

mercredi 31 décembre 2008

Fin d'année et au-delà

Fin d'année et au-delà

Alors qu'une année se termine, l'an 2008 de la Rédemption, nous pouvons faire un bilan face à l'éternité qui est notre objectif final, et penser au retour du Christ qui interviendra à la « fin des temps ».
Depuis les origines de l'Église, l’attente de la seconde venue du Christ, pour établir son royaume définitif, a toujours occupé une place ce choix dans sa prière. Certains rites, actualisés après le Concile du Vatican II, ont repris une formule de la liturgie hispanique : « Toutes les fois que (lire la suite) vous mangerez de ce pain et que vous boirez de ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne glorieux du ciel. » La forme ordinaire du rite romain prévoit, entre autres acclamations après la consécration, « nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. » Nous trouvons aussi cette attente eschatologique dans certaines liturgies eucharistiques d’Orient, telle la liturgie de saint Jacques : « Nous célébrons la mémoire de sa passion vivifiante, de sa croix salvifique, de sa mort et son ensevelissement, de sa résurrection d’entre les morts au troisième jour, de son ascension, de sa place à la droite du Père, de sa deuxième venue glorieuse et terrible, lorsqu’il viendra dans sa gloire pour juger les vivants et les morts et rendre à chacun selon ses œuvres. »
Cet accord de liturgies nées dans des lieux et à des époques différents témoigne de la fermeté de l’attente chrétienne de la parousie. La pensée du deuxième avènement du Christ doit nous amener à rester vigilants, à nous tenir spirituellement prêts, sachant, avec une sagesse enracinée dans la foi, garantie des biens que l’on espère (Hébreux 11, 1) que l’Évangile est « une communication qui produit des faits et qui change la vie », parce que « celui qui a l’espérance vit différemment ; une vie nouvelle lui a déjà été donnée » (Benoît XVI, encyclique Spe salvi, n° 2). Il sait que son existence a un sens d'éternité, et que sa foi et son espérance actuelles prépatent une vie d'Amour sans fin.