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dimanche 10 mai 2015

Le Psaume 2 (9)

Le Psaume 2 (9)

Le Fils est consubstantiel au Père, c’est-à-dire de même nature que lui. Il est engendré éternellement par lui. « Le Père est incréé, le Fils est incréé, l’Esprit Saint est incréé. […] Le Fils ne provient que du Père : il n’est ni fait, ni créé, mais engendré » (Symbole d’Athanase dit Quicumque). Engendré « aujourd’hui ». « Celui qui sans altération a engendré son Fils la première fois selon la nature, sans altération engendre le même Fils à nouveau selon l’économie. Témoin la parole de David, l’ancêtre de Dieu : ‘Le Seigneur m’a dit : Tu es mon fils ; aujourd’hui je t’ai engendré.’ Or, l’‘aujourd’hui’ n’a point de place dans la génération d’avant les siècles, qui est hors du temps » (st Jean Damascène, Homélie sur la Nativité 3). (lire la suite) « Le Seigneur m’a dit : ‘Tu es mon Fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré’. » « Par ces paroles du psaume 2, soulignait le pape émérite, l’Église commence aujourd’hui la Messe de la veillée de Noël, dans laquelle nous célébrons la naissance de notre Rédempteur Jésus-Christ, dans l’étable de Bethléem. Autrefois, ce psaume appartenait au rituel du couronnement du roi de Juda. Le peuple d’Israël, en raison de son élection, se sentait de façon particulière fils de Dieu, adopté par Dieu. Comme le roi était la personnification de ce peuple, son intronisation était vécue comme un acte solennel d’adoption de la part de Dieu, dans lequel le roi était, en quelque sorte, introduit dans le mystère même de Dieu. Dans la nuit de Bethléem, ces paroles, qui étaient en fait plutôt l’expression d’une espérance qu’une réalité présente, ont pris un sens nouveau et inattendu. L’Enfant dans la crèche est vraiment le Fils de Dieu. Dieu n’est pas solitude éternelle, mais cercle d’amour où il se donne et se redonne dans la réciprocité. Il est Père, Fils et Esprit Saint. Plus encore : en Jésus Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même s’est fait homme. C’est à Lui que le Père dit : « Tu es mon fils. » L’aujourd’hui éternel de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd’hui passager dans l’aujourd’hui éternel de Dieu. Dieu est si grand qu’il peut se faire petit. Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l’aimer. Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l’étable, afin que nous puissions le trouver et pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu’elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire. C’est cela Noël : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui, devenir semblables à Lui. Il a choisi comme signe l’Enfant dans la crèche : Il est ainsi. De cette façon nous apprenons à le connaître. Et sur chaque enfant resplendit quelque chose du rayon de cet aujourd’hui, de la proximité de Dieu que nous devons aimer et à laquelle nous devons nous soumettre – sur chaque enfant, même sur celui qui n’est pas encore né » (Benoît XVI, Homélie, 24 décembre 2005). (à suivre…)

dimanche 28 décembre 2014

La Sainte Famille (5)

La Sainte Famille (5)

Quand Jésus atteint l’âge de douze ans accomplis, il monte pour la première fois en pèlerinage à la Ville Sainte, où il sera tellement heureux de se trouver dans la maison de son Père qu’il y restera trois jours ! Sa joie devait être incommensurable, indescriptible. Que voulait-il voir de plus grand, de plus consolant, de plus réconfortant que d’être pleinement chez soi ? Notre Seigneur déclarera un jour : « En vérité, en vérité, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même qu’il ne le voie faire au Père » (Jean 5, 19). (lire la suite) Avec un tel modèle sous les yeux, il m’est difficile de ne pas m’efforcer d’en faire autant. Mais je suis soumis à des forces centripètes. Heureusement, Marie et Joseph me saisissent de nouveau par la main, si j’ai cessé de lutter, et me ramènent à mon Jésus, en me suggérant une fois de plus de lui faire le cadeau de ma vie, de mes recommencements, car la vie consiste à commencer et à recommencer sans cesse : « Voilà justement ce que doit être ta vie intérieure : commencer… et recommencer » (saint Josémaria, Chemin, n° 292). Et, en même temps, « c’est toujours par Marie que l’on va et que l’on « revient » à Jésus » (saint Josémaria, Ibid., n° 495). Adressons à la Sainte Famille « notre humble prière d’enfants. Notre langue et notre palais se rempliront alors de lait et de miel ; et ce sera pour nous un délice de parler du Royaume de Dieu, royaume de liberté, de cette liberté qu’il nous à gagnée » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 179). Un très grand bonheur, car le foyer de Nazareth est une école de vertus, la meilleure école pour apprendre l’ensemble des vertus. En effet, la vie que nous y menons est une « vie de louange, comme la Vierge en donne l’exemple dans le Magnificat (Luc 1, 46-55). Une vie de piété, comme le montre leur pèlerinage à Jérusalem et leur fidèle accomplissement de la Loi de Moïse (Luc 2-22-24.39 et 2, 41). Une vie d’obéissance et d’humilité, comme l’indique la soumission du Fils de Dieu à ses parents (Luc 2, 51). Dans la Sainte Famille, « le plus grand se fait serviteur » (Marc 10, 43) ; l’obéissance est à rebours de la dignité des êtres : le Fils de Dieu est soumis à l’Immaculée qui est soumise à l’homme juste. Une vie de service aimant, comme le suggère l’empressement de la Vierge à servir sa cousine (Luc 1, 39). Une vie de prière et de méditation, car « Marie conservait toutes ces choses et les méditait dans son cœur » (Luc 2, 19.51). Une vie pauvre, comme l’indique l’offrande de deux tourterelles prévues pour les personnes de peu de ressources (Luc 2, 24). Une vie d’épreuves qui les mènera comme une famille émigrée à gagner l’Égypte (Matthieu 2, 14). Une vie de labeur dans l’atelier du charpentier (Marc 6, 3). Une vie de foi surtout, car malgré les avertissements célestes dont ils avaient été les bénéficiaires, Marie et Joseph ne cheminaient pas dans la claire vision (2 Corinthiens 5, 7) mais bien dans l’obscurité de notre condition terrestre (Guillaume de Menthière, Je vous salue Marie. L'art de la prière, Paris, Mame-Edifa, 2003, p. 109). (fin)

samedi 27 décembre 2014

La Sainte Famille (4)

La Sainte Famille (4)

Puisque je suis membre de la Sainte Famille, ce n’est pas par pour rien. Cela doit imprimer sa marque à mon existence, avoir des conséquences visibles et opératives. Et celle-là est principale et essentielle. Celle qui conditionne tout le reste et imprime une orientation décisive à toute notre vie, pour toute la vie : se donner à Dieu. Ou bien nous nous donnons à Dieu, et nous menons une vie naturelle et surnaturelle, ou bien nous refusons de le faire et nous nous gardons égoïstement pour nous-mêmes, et nous végétons en attendant de devoir être rejetés in fine par le Seigneur : « Vous vous prendrez à dire : ‘Nous avons mangé et bu sous tes yeux, et tu as enseigné dans nos rues.’ Mais il dira : ‘Je vous dis que je ne sais d’où vous êtes. Écartez-vous de moi, vous tous, fauteurs d’iniquité » (Luc 13, 26-27). « Serviteur mauvais et paresseux ! […] Il te fallait mettre mon argent chez les banquiers et, à mon retour, j’aurais récupéré mon bien avec un intérêt » (Matthieu 25, 26-27). J’étais en droit de l’attendre. Tout homme un tantinet responsable, qui sort de lui-même et s’arrête à réfléchir deux secondes, aurait eu ce réflexe sensé. (lire la suite) Le foyer de Nazareth est la forge dans laquelle on apprend à ne pas vivre chacun pour soi, mais pour les autres par amour de Dieu. Marie et, avec elle, la Sainte Famille, « font entrer de plein pied la vie courante de travail, de prière, de service dans la grande épopée de la Rédemption. Toute l’activité de chaque jour, y compris ce qui semble petit, voire insignifiant, est assumé par Dieu, qui lui attribue une place de choix dans le plan divin du Salut et de la sanctification (bx Alvaro del Portillo, Lettre du 2 février 1979, n° 8, citée par D. Le Tourneau, « La piété mariale chez Álvaro del Portillo », Vir fidelis multum laudabitur. Nel centenario della nascita di Mons. Álvaro del Portillo, a cura di P. Gefaell, Rome, Pontificia Università della Santa Croce, vol. 2, 2014, p. ). Et, dans ce « paquet » du don de soi, se trouve incluse ma volonté propre, mon moi. Contemplant Jésus qui « était soumis » à Marie et à Joseph (Luc 2, 51), c’est-à-dire qui leur obéissait, j’apprends à obéir à mon tour à la Volonté de Dieu, qui est plus sainte que toute autre. Qui s’impose naturellement et surnaturellement à moi. Comment Jésus se comporte-t-il ? Il se soumet aux lois naturelles, en venant au monde comme n’importe quelle autre créature humaine, alors qu’il est Dieu immense et infini ; et il vit dans une famille identique à bien des familles de l’Israël de son temps. Il observe les lois positives : c’est à la suite de la promulgation d’un édit de César Auguste ordonnant un « recensement de tout l’univers » (Luc 2, 1) qu’il naît à Bethléem, accomplissant ainsi la prophétie selon laquelle « et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement la moindre parmi les villes principales de Juda. C’est de toi, en effet, que sortira le chef qui mènera paître Israël, son peuple » (Matthieu 2, 6) ; au huitième jour de sa naissance, il est présenté au Temple et ses parents offrent pour le rachat de leur premier-né – lui qui est venu nous racheter de nos péchés ! ce qui est un comble quand on y pense ; mais ils ne veulent se singulariser en rien – selon ce que la Loi prévoit pour des gens de condition modeste, deux colombes ou une paire de tourterelles (Luc 2, 24) (à suivre…)

jeudi 25 décembre 2014

La Sainte Famille (2)

La Sainte Famille (2)

Au contact de Marie et de Joseph nous découvrons comment nous pouvons nous occuper dans nos diverses activités sans nous séparer mentalement et affectivement de Jésus, en tâchant de ne pas le perdre du regard, et en revenant souvent physiquement auprès de lui, pour le dévorer des yeux, pour laisser notre cœur s’enflammer d’amour et protester de notre désir sincère de nous mettre pleinement à sa disposition, corps et biens, de le servir par tout ce que nous faisons afin de, comme lui, rendre gloire à son Père. Notre vie ne peut avoir d’objectif plus élevé, ni meilleur. Un objectif qui sollicite ce qu’il y a de plus noble en nous, qui nous fait être nous-mêmes de façon plus accomplie. (lire la suite) Évidemment, je peux lâcher les mains qui me tiennent, pour aller courir dernière un papillon qui passe ou cueillir une fleurette, ou, hélas, pour aller faire des bêtises. L’on racontait dans ma famille d’un garçonnet, qui n’avait pas même trois ans, que, sous l’occupation allemande, sa nounou ayant rencontré dans la rue une amie, lui lâcha la main. Et le voilà parti à l’aventure, déambulant seul dans les rues de Paris, où des soldats vêtus de vert de gris faisaient résonner les pavés de leurs pas cadencés. Heureusement, le petit bout de pomme portait une gourmette et une bonne âme, émue de voir ce bambin circuler tout seul en de telles circonstances l’avait ramené au domicile paternel. Celui-ci était déjà en émoi, car la nounou, ayant tout à coup pris conscience de son étourderie, était venue en larmes confesser son erreur et expliquer la situation dramatique qu’elle avait contribué à créer par son insouciance… Ce ne sont pas Marie et Joseph qui agiraient avec une telle légèreté. D’autant qu’ils connaissent bien les dangers auxquels nous sommes exposés, autrement terribles que ceux que les Germains nous firent subir, car il s’agit des embûches du démon qui, « tel un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui dévorer » (1 Pierre 5, 8). Et un enfant sans défense est une proie facile pour l’infernal ennemi irréductible de notre âme. Heureusement Marie et Joseph sont bien avec nous. Alors ils nous suggèrent de faire un cadeau à Jésus. Ils nous racontent, pour nous y encourager, que, dans la nuit de Noël, c’est-à-dire quelques heures à peine après la naissance de notre Sauveur, des bergers, qui gardaient leurs troupeaux dans les environs de Bethléem, prévenus par un ange qu’il leur était « né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ Seigneur » (Luc 2, 11), sont venus en hâte l’adorer et lui ont remis en signe de reconnaissance ce qu’ils avaient de mieux sur place, dans la simplicité de leur vie : du fromage et du lait. Et que, plus tard, dans un grand apparat cette fois, montés sur des dromadaires et accompagnés par une suite de serviteurs, de grands savants, des gens très érudits, étaient arrivés du lointain Orient pour adorer à leur tour notre Seigneur, et qu’ils avaient déballé leurs cadeaux en accord avec leur condition : « de l’or, de l’encens et de la myrrhe » (Matthieu 2, 11). (à suivre…)

mercredi 24 décembre 2014

La Sainte Famille (1)

La Sainte Famille (1)

C’est tardivement que l’iconographie chrétienne représente la scène de la Nativité du Seigneur en plaçant Marie et Joseph, agenouillés, de part et d’autre de l’Enfant couché dans la mangeoire sur de la paille, notamment après les révélations de Marie à sainte Brigitte de Suède (1303-73), comme dans le retable de Sully. Auparavant, l’on montrait Marie en gésine, Maria in Wochenbett, alitée et venant d’accoucher. De par notre baptême, nous sommes devenus enfants de Dieu et, à ce titre, nous faisons partie de la Sainte Famille, (lire la suite) comme saint Josémaria aimait à le souligner. Nous en sommes membres à part entière et de plein droit, car frères du Fils Premier-Né de Dieu venu parmi nous. Et comme, « auprès de Dieu qui est éternel, tu es un enfant plus petit qu’un petiot de deux ans auprès de toi » (saint Josémaria, Chemin, n° 860), nous avons besoin de l’aide de la Vierge Marie et du père nourricier du Sauveur. Ils nous prennent tous deux par la main, chacun à notre tour, pour nous mener à Jésus, nous placer en sa présence. Et, se prosternant devant lui, ils nous apprennent à l’adorer, à lui faire l’hommage de tout notre être, de toute notre vie. Ils nous enseignent les rudiments d’une piété à la fois élémentaire et bien sentie. Ils nous initient à ce qui est l’attitude première requise d’une créature envers son Auteur : l’adoration. Adoration qui est la meilleure affirmation de notre moi, car le Seigneur Tout-Puissant nous a créés précisément pour accomplir cette finalité, de sorte que nous puissions être appelés enfants de Dieu et exister vraiment en tant que tels. Que Marie, « saluée par l’Église dans la litanie de Lorette comme Vas insignæ devotionis, nous enseigne à adorer Dieu « en esprit et en vérité » (Jean 4, 23) et à nous ouvrir avec un cœur doux et accueillant à ceux qui sont ses fils et donc des frères. Nous le lui demandons avec les paroles du « Salve Regina » : « … O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria ! » (Jean-Paul II, Angélus, 28 mai 1989). Marie et Joseph nous font comprendre à qui nous avons affaire : le Fils de Dieu en Personne, appelé Jésus, conformément aux instructions de l’ange à Joseph, « car il sauvera son peuple de ses péchés » (Matthieu 1, 21), et Emmanuel, c’est-à-dire « Dieu avec nous » (Matthieu 1, 23). Ils nous montrent tout le respect et la vénération que nous devons lui porter et que, si nous voulons lui faire plaisir et, par voie de conséquence, les rendre eux aussi heureux, nous n’avons qu’une chose à faire, l’imiter en ce que sa « nourriture est de faire la volonté de Celui qui [l’]a envoyé » (Jean 4, 34), et rien d’autre. Aucun autre objectif d’ailleurs ne pourrait répondre à sa perfection et à son identification à son Père : « Je ne fais rien par moi-même » (Jean 5, 30). (à suivre…)

jeudi 20 décembre 2012

Jésus et la Sainte Famille (1)

Jésus et la Sainte Famille (1)

Plus d’une fois j’ai entendu saint Josémaria, le fondateur de l’Opus Dei, dire qu’il voulait toujours apprendre des autres. Or, ceux-ci étaient bien moins saints que lui. À combien plus forte raison Joseph et Marie apprenaient-ils à tout moment de Jésus, plus saint, infiniment plus saint qu’eux. Certes, ils étaient chargés de l’instruire et de l’élever du point de vue humain, mais même dans ce domaine il leur donnait continuellement un exemple quant à la façon de vivre toutes les vertus humaines sur un mode héroïque.
Et s’ils ont dû aussi lui apprendre les prières que tout Juif pieux répétait régulièrement, nul doute qu’il ne leur ait enseigné, par son comportement de tous les instants, à formuler une prière ininterrompue et fervente. Les apôtres ont été progressivement gagnés par l’habitude de prière de leur Maître, au point de ne plus pouvoir tenir et de lui demander un jour tout de go : « Seigneur, apprends-nous à prier comme Jean l’a appris à ses disciples » (Luc 1, 11). (lire la suite) Nous pouvons imaginer sans mal que l’attitude de prière de notre Seigneur a déteint sur Marie et Joseph, et les a unis encore davantage à la Volonté de Dieu dont l’accomplissement était leur unique objectif, et entre eux, qui se rejoignaient ainsi une fois de plus sur l’essentiel. En nous mettant à l’école de Jésus, c’est-à-dire en prenant la place qui nous revient de plein droit dans la Sainte Famille, puisque par le baptême nous sommes devenus domestici Dei, « concitoyens des saints et membres de la famille de Dieu » (Éphésiens 2, 19), nous apprendrons nous aussi à prier. Sans rien faire de bizarre ni de strident, mais dans la normalité d’une vie vécue, comme à Nazareth, au contact de Dieu et par amour de Dieu. Avec Marie et Joseph, nous sommes en terrain de connaissance puisque nous faisons partie de la famille, non comme des pièces rapportées, mais à part entière. Nous avançons sur un chemin bien balisé, sûr, qui conduit à bon port, car Marie et Joseph font tout ce qu’ils peuvent pour que nous restions constamment avec Jésus, pour que nous ne nous séparions pas un seul instant de lui, mais pour que nous travaillons et jouions, que nous prions et mangions, que nous nous réunissions et nous reposions avec lui. (à suivre…)

jeudi 16 février 2012

Le rayonnement du Christ (4)


Le rayonnement du Christ (4)

Les gens sont saisis de stupeur à un tel spectacle, en soi terrifiant. Et ils se disaient l’un à l’autre : « Qu’est-ce que cette parole, qu’il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs ? » (Luc 4, 36), ce qui, en soi, est, en effet, bien extraordinaire, du jamais vu. Mais il y a plus : comment se fait-il que, l’ayant entendu, ces esprits mauvais « s’en aillent ? » (Luc 4, 36). Cela pose encore plus d’interrogations. Il s’agit en vérité d’un « enseignement nouveau, donné d’autorité » (Marc 1, 27). C’est bien ce qui tranche avec les prêches habituels du sabbat et le rappel lancinant et étouffant des innombrables prescriptions à observer et des interdits sans nombre rajoutés par les rabbins, qui coupent les ailes à la liberté et enferment les hommes dans une attitude craintive face à Dieu. Avec Jésus, c’est tout autre chose. « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres « (Jean 8, 32). C’est bien Jésus en Personne qui nous libère de l’esclavage, de l’esclavage du péché, et lui seul. (lire la suite)
« Et sa renommée se répandit tout de suite partout, dans tous les alentours de la Galilée » (Marc 1, 28). Si nous en croyons saint Marc, cet épisode se situe au début du ministère public du Seigneur. Donc sans doute peu après le miracle de l’eau changée en vin aux noces de Cana (cf. Jean 2, 1-12). Et il est probable qu’en plus des premiers disciples, qui deviendront ses apôtres (cf. Marc 1, 16-20), d’autres disciples aient commencé à s’attacher alors au Maître. D’autant que « les gens étaient dans l’admiration pour l’enseignement qu’il donnait, car il le faisait en homme qui détient l’autorité, non comme les scribes » (Marc 1, 22). C’est la même idée. L’on sent que cette réaction unanime a frappé l’évangéliste et qu’il tient à la consigner plusieurs fois, pour qu’il soit bien clair qu’il ne s’agit pas d’un épisode isolé, mais bien d’un émerveillement permanent et que la présence de Jésus et la force de sa Parole emportent la conviction des auditoires les plus variés, au point même, avons-nous vu, que nombre de notables étaient gagnés à sa cause.
Et lorsque le Seigneur redonne la vue à l’aveugle qui « était assis au bord du chemin, [et] qui mendiait » (Luc 18, 35), aux abords de Jéricho, « tout le peuple, à cette vue, célébra les louanges de Dieu » (Luc 18, 43), tout comme, dans la nuit de Noël, alors qu’ils n’avaient contemplé qu’un « nouveau-né emmailloté et couché dans une crèche » (Luc 1, 12), les bergers « s’en retournèrent en glorifiant et en louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été dit » (Luc 2, 22).

(à suivre…)

vendredi 30 décembre 2011

Noël (6)


Noël (6)

Ici, à Bethléem, il s’agit de contempler cette Parole, le Verbe fait chair, Enfant, qui nous tend les bras, parce qu’il nous aime. Nous faisons notre prière avec Marie et Joseph, avec la Théotokos, la « Mère de Dieu », et avec celui qui lui sert de père sur terre, qui, aux yeux des hommes, fait office de père nourricier. Ainsi, nous sommes bien unis à la Sainte Famille, en compagnie de la « trinité de la terre » : « Jésus, Marie, Joseph, je veux être toujours avec vous trois », disait saint Josémaria. Et nous apprenons de Marie et Joseph à fréquenter notre Seigneur, à parler à Jésus, à nous entretenir avec lui, à lui dire ce qui, selon nous, nous convient et convient aux autres. (lire la suite)
Personne n’a fréquenté de plus près et avec plus d’intimité le Fils de Dieu que Marie et Joseph. Personne ne l’a aimé plus parfaitement, ni mieux connu et compris qu’eux. Unissons notre cœur à celui de Jésus, à ceux de Marie et de Joseph. Nous ne faisons plus qu’un seul cœur, et nous tressons cette fameuse couronne de cœurs qui s’aiment profondément.
Nous contemplons le Verbe de Dieu. Il nous parle dans notre âme, dans notre prière, à partir de notre contemplation du Seigneur Enfant, adolescent, homme, du Seigneur dans les différentes phases de sa vie terrestre et dans les diverses tâches propres à chaque étape de sa vie : au foyer familial, à l’école, dans l’atelier de charpentier, dans les jeux, pendant sa prière communautaire à la synagogue ou lors de ses pèlerinages au Temple… La Parole a une voix et un visage. La Parole n’est pas seulement proclamée, comme pendant cette nuit, et à chaque messe, mais elle s’offre à notre contemplation, à notre méditation. Et Marie est la première à la contempler, avec Joseph aussi. Ils écoutent et ils regardent. Et cette écoute et cette contemplation de la Parole de Dieu fait naître dans leur cœur des désirs accrus de sainteté, de fidélité, des désirs sans cesse renouvelés. Il nous semble entendre saint Paul dire : « Vous avez appris comment vous devez vous conduire pour plaire à Dieu, et c’est ainsi que vous vous conduisez, mais faites encore plus » (1 Thessaloniciens 4, 1).
Qu’il en aille ainsi pour nous. Demandons à l’Enfant Jésus, par l’intermédiaire de Sainte Marie et de saint Joseph, que la fidélité de chacun d’entre nous se traduise par des fruits de sainteté personnelle, par une vie pure et droite, par un apostolat quotidien, l’annonce du Christ Sauveur à ceux que nous côtoyons ou que nous rencontrons, comme les bergers le firent dans cette nuit sainte : ils « s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été dit » (Luc 2, 20) ; et par un zèle constant à servir l’Eglise et à être uni au saint-père, le père commun de tous les catholiques.

(fin)

jeudi 29 décembre 2011

Noël (5)


Noël (5)

La Parole de Dieu a un visage, celui de notre Seigneur Jésus-Christ. Dieu nous parle par son Fils, « qui est le rayonnement de sa gloire » (Hébreux 1, 3). Dieu nous parle par son Fils. Et cette Parole est le Fils lui-même. Il est la Parole vivante du Père. Il exprime ce que Dieu pense. Il nous fait connaître ce que Dieu veut nous dire : « Je vous ai appelés amis parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père » (Jean 15, 15). Jésus mène la Révélation à son terme. Il nous dit tout ce qu’il a reçu la charge du Père de nous transmettre. Il n’a plus rien d’autre à nous dire. Nous connaissons tout ce qui nous est utile et nécessaire pour avancer à la rencontre de Dieu. (lire la suite)
« En nous donnant son Fils ainsi qu’il l’a fait, lui qui est sa Parole dernière et définitive, Dieu nous a tout dit ensemble et en une fois, et il n’a plus rien à nous dire. Concluez-en que désirer sous la nouvelle Loi visions ou révélations, ce n’est pas seulement faire une sottise, c’est offenser Dieu, puisque par là nos yeux ne sont pas uniquement fixés sur le Christ, sans chercher chose nouvelle. Dieu en effet pourrait répondre : « Je vous ai dit tout ce que j’avais à dire, par la parole qui est mon Fils. Fixez les yeux sur lui seul, car en lui j’ai tout établi, en lui j’ai tout dit, tout révélé, et vous trouverez là bien plus que tout ce que vous désirez et demandez. Depuis le jour où je descendis sur lui, avec mon Esprit, au mont Thabor, en disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis ma complaisance : écoutez-le, j’ai cessé toutes mes anciennes pratiques d’enseignements, de réponses, et je lui ai confié cette mission. C’est pourquoi, si quelqu’un reprend l’ancienne méthode, demandant que je lui parle, que je lui révèle quelque chose, c’est comme s’il demandait de nouveau le Christ, et plus de doctrine de foi que je n’en ai donné. Et c’est manquer de foi dans le Christ, puisque cette foi a été donnée en lui ; c’est même faire injure à mon Fils bien-aimé, puisque ce manque de foi en lui équivaut en quelque sorte à lui demander une seconde incarnation, afin qu’il recommence sa vie et sa mort. Non, il ne faut plus vous adresser à moi par désirs de visions et de révélations : retenez-le bien, tout se trouve déjà réalisé en lui et infiniment plus » (Saint Jean de la Croix, La Montée du Carmel 2, 20).

(à suivre…)

mercredi 28 décembre 2011

Noël (4)


Noël (4)

« Le Seigneur m’a dit : “Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré”. » Par ces paroles du psaume 2, l’Église commence la Messe de la veillée de Noël, dans laquelle nous célébrons la naissance de notre Rédempteur Jésus-Christ, dans l’étable de Bethléem. Autrefois, ce psaume appartenait au rituel du couronnement du roi de Juda. Le peuple d’Israël, en raison de son élection, se sentait de façon particulière fils de Dieu, adopté par Dieu. Comme le roi était la personnification de ce peuple, son intronisation était vécue comme un acte solennel d’adoption de la part de Dieu, dans lequel le roi était, en quelque sorte, introduit dans le mystère même de Dieu. Dans la nuit de Bethléem, ces paroles, qui étaient en fait plutôt l’expression d’une espérance qu’une réalité présente, ont pris un sens nouveau et inattendu. (lire la suite)
L’Enfant dans la crèche est vraiment le Fils de Dieu. Dieu n’est pas solitude éternelle, mais cercle d’amour où il se donne et se redonne dans la réciprocité. Il est Père, Fils et Esprit Saint.
Plus encore : en Jésus Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même s’est fait homme. C’est à Lui que le Père dit : « Tu es mon fils ». L’aujourd’hui éternel de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd’hui passager dans l’aujourd’hui éternel de Dieu. Dieu est si grand qu’il peut se faire petit. Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l’aimer. Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l’étable, afin que nous puissions le trouver et pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu’elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire. C’est cela Noël : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ». Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui, devenir semblables à Lui. Il a choisi comme signe l’Enfant dans la crèche: Il est ainsi. De cette façon nous apprenons à le connaître » (Benoît XVI, Homélie, 24 décembre 2005).
Cet Enfant que nous contemplons dans la crèche, c’est le Verbe de Dieu fait homme. C’est la Parole de Dieu faite chair. Alors que « bien des fois et de bien des manières, Dieu avait parlé jadis à nos pères par les prophètes. En ces temps qui sont les derniers, il nous a parlé par le Fils » (Hébreux 1, 1-2). Si bien qu’elle n’a pas seulement une voix, mais aussi un visage. Désormais « la Parole n’est pas seulement audible, elle ne possède pas seulement une voix, maintenant la Parole a un visage, qu’en conséquence nous pouvons voir : Jésus de Nazareth » (Benoît XVI, exhort. ap. Verbum Domini, n° 12).

(à suivre…)

mardi 27 décembre 2011

Noël (3)


Noël (3)

« En façonnant l’homme, le Seigneur avait mis en lui, outre une connaissance générale de l’univers, le désir de Dieu. Dès que le démon découvrit cet ardent désir, il dit à l’homme : « Vous deviendrez comme des dieux (Genèse 3, 5). Maintenant vous n’êtes que des hommes et vous ne pouvez être toujours avec Dieu ; mais si vous devenez comme des dieux, vous serez toujours avec lui. » (…) Adam avait désiré devenir Dieu ; il avait désiré une chose impossible. Le Christ a comblé ce désir. « Tu as voulu devenir, dit-il, ce que tu ne pouvais être ; mais moi, je désire devenir homme, et je le puis. Dieu fait tout le contraire de ce que tu as fait en te laissant séduire. (lire la suite) Tu as désiré ce qui était au-dessus de toi ; je prends, moi, ce qui est-dessous de moi. Tu as désiré être l’égal de Dieu ; je veux, moi, devenir l’égal de l’homme. (…) Tu as désiré devenir Dieu : ce n’est pas pour cela que je me suis irrité, car je veux que tu désires être l’égal de Dieu. Ce qui m’a irrité, c’est que tu aies voulu t’emparer de cette dignité en dehors des desseins de ton Seigneur. Tu as désiré devenir Dieu et tu ne l’as pu. Moi, je me fais homme, pour rendre possible ce qui t’était impossible » (Sévérien de Gabala, Sixième homélie sur la création du monde 5-5).
Remercions le Seigneur pour tant de bonté. Remercions-le parce qu’il vient à Noël uniquement pour nous, par pur Amour, pour nous tirer du pétrin dans lequel nos premiers parents nous avaient mis et dont nous ne pouvions sortir par nous-mêmes, sacré pétrin ! Il n’y a que lui, le Fils de Dieu, Dieu lui-même, à posséder ce pouvoir, la toute-puissance pour le faire. Et il l’a fait ! Parce qu’il nous aime. Parce qu’il a un faible pour la créature humaine, qu’il n’a pas eu pour les anges.
Noël est le don que le Père fait de son Fils à l’humanité pécheresse, qui ne méritait pas qu’il s’intéresse à elle. Pourtant, c’est bien le cas, parce qu’il nous aime, encore une fois, et qu’il veut notre bien, un bien que nous ne pouvons pas trouver en dehors de lui. Noël nous parle de notre filiation divine, de la relation particulière qui relie chacun de nous à Dieu le Père, et qui est constitutive de notre vie surnaturelle, de notre vie dans la foi.

(à suivre…)

lundi 26 décembre 2011

Noël (2)


Noël (2)

C’est un jour de joie immense, que Noël. « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, et sur les habitants du pays de l’ombre une lumière a resplendi. Tu as accru le peuple, accordé une grande joie ; on se réjouit devant toi comme on se réjouit à la moisson » (Isaïe 9, 1-2). Les anges chantent cette joie dans la nuit de Noël : « Je vous apporte une bonne nouvelle qui réjouira grandement tout le peuple » (Luc 2, 11). L’espérance du salut en sort renforcée : « Vous tous pour qui ce Noël est le signe de l’espérance, je vous invite à cette union spirituelle ! Entourons d’une large, très large couronne de cœurs le lieu où Dieu s’est fait homme. Formons une couronne autour de la Vierge qui a donné la vie humaine dans la nuit de la naissance de Dieu ! Entourons la Sainte Famille ! » (Jean-Paul II, Message de Noël, 25 décembre 1980). (lire la suite) Pour cela, faisons toutes choses avec le Seigneur : prions avec lui, travaillons avec lui, soyons en famille avec lui, chantons avec lui, reposons-nous avec lui et en lui. C’est comme cela que nous tressons cette couronne de cœurs à l’unisson et en harmonie avec notre Dieu et avec la Sainte Famille.
Les anges glorifient Dieu qui a fait des merveilles au sein de cette Sainte Famille en faveur des hommes. C’est un jour de joie, certes, car « il vous est né un Sauveur » (Luc 2, 11), le Sauveur attendu par toutes les générations, par tous les ancêtres du Seigneur. Jour de joie, car notre salut est en marche. Il commence aujourd’hui à se réaliser.
Mais aussi jour aigre-doux précisément pour cela. Car ce Salut passe par la Croix. Jésus vient pour cela, pour s’offrir en Sacrifice réparateur sur le Calvaire. Il le sait, en tant que Fils de Dieu. La Croix se dresse donc à l’horizon de Bethléem. Elle est présente, non seulement parce que les membres du clan de David ont fermé leurs portes à Joseph et à Jésus, les ont repoussés, ne les ont pas accueillis et qu’il a fallu échoir dans une grotte… La Croix est présente surtout parce qu’elle est le motif de l’Incarnation : Jésus naît pour souffrir et « donner sa vie en rançon pour la multitude » (Matthieu 20, 28). « Il s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité et de s’acquérir en le purifiant un peuple tout appliqué aux bonnes œuvres » (Tite 2, 14).

(à suivre…)

dimanche 25 décembre 2011

Noël (1)


Noël (1)

Tels les bergers, mais avant eux, car nous avons été prévenus plus tôt, nous nous présentons dans l’étable. Nous venons, nous aussi, adorer le Sauveur qui nous est donné, et nous le trouvons « emmailloté et couché dans une crèche » (Luc 2, 12). Nous entrons. Il n’y a pas de porte. Saint Joseph nous accueille. Il n’est pas nécessaire de dire pourquoi nous sommes venus. Il a aussitôt compris. Cela ne semble pas l’étonner. Il est vrai qu’il a d’autres sources d’étonnement… Il nous conduit auprès de Marie et de l’Enfant.
Et nous tombons à genoux. A vrai dire, nous n’avons rien à lui donner qui puisse être utile, ni or, ni encens, ni myrrhe… (lire la suite) Nous avons notre vie tout entière à lui donner. Nous la lui offrons de nouveau, comme nous sommes habitués à le faire fréquemment. Mais là, aux pieds de l’Enfant, couché dans la crèche, nous le faisons avec plus de force, plus intensément, avec peut-être plus de sincérité…
Il s’agit de répondre au don de Dieu par notre propre don. Car Noël est le plus grand don que Dieu ai fait jusque-là aux hommes. Un don supérieur au don de la vie, car c’est l’ouverture sur la Vie surnaturelle, vie de grâce. Allons vers l’Enfant, comme les bergers, avec ce que nous sommes. Nous n’avons pas de brebis, de lait ou de fromage, car nous n’avons rien, comme le Seigneur dans la grotte. Mais ce que Dieu attend, c’est le don de nous-mêmes, c’est que nous lui fassions l’offrande de notre cœur, d’un cœur débordant d’amour et de reconnaissance.
« Voici que les hommes simples vivant du travail de leurs mains ne se présentent pas les mains vides devant le nouveau-né, ils ne se présentent pas le cœur vide. Ils apportent des dons. Ils répondent par leur don au Don de Dieu. (…) Cette nuit l’humanité entière a reçu le Don le plus grand ! Cette nuit, chaque homme reçoit le Don le plus grand ! Dieu lui-même devient Don pour l’homme. Il fait le Don de lui-même pour la nature humaine. Il entre dans l’histoire de l’homme, non plus seulement par la parole qu’il fait parvenir à l’homme, mais par le Verbe qui s’est fait chair ! Je vous demande à tous : avez-vous conscience de ce Don ? Êtes-vous prêtes à répondre par votre don à ce Don de Dieu, comme ces bergers de Bethléem qui, eux, ont su répondre… ? Et je vous souhaite, du fond de cette nouvelle nuit de Bethléem (…) d’accepter le Don de Dieu qui s’est fait homme. Je vous souhaite de répondre à ce Don de Dieu par votre propre don ! » (Jean-Paul II, Homélie de la messe de Minuit, 24 décembre 1980).

(à suivre…)

samedi 24 décembre 2011

Dans la grotte de Bethléem (3)


Dans la grotte de Bethléem (3)

La fulgurance de la Nativité ne dure qu’un temps, qui a semblé une éternité à Marie et à Joseph. Mais cette lumière ne s’effacera pas de leur mémoire et de leur cœur. D’autant moins que Jésus est « la Lumière vraie qui éclaire tout homme » (Jean 1, 9). Cette lumière, elle reste là sous leurs yeux, en permanence. Elle leur montre le chemin de l’accomplissement de la volonté du Père dans les moindres choses de la vie ordinaire et la façon précisément de tout vivre pour la gloire de Dieu. « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quelque autre chose que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10, 31). (lire la suite)
Les anges sont repartis comme ils étaient arrivés. Du moins est-ce l’impression qu’ils donnent. Il n’est plus nécessaire qu’ils se fassent voir et entendre. Mais ils continuent de remplir l’espace. Il ne saurait en aller autrement. Ne sont-ils pas des myriades et des myriades, des myriades de myriades (Apocalypse 11, 5) ?
Et là où est Dieu, ils s’y trouvent nécessairement. Or, Dieu est omniprésent, il est présent en tout point de l’univers. Les anges y sont donc aussi, partout, partout !
« Mon ange marchera devant toi » (Exode 32, 33). C’est Dieu qui se le disait à lui-même. C’est le Père qui parlait à l’adresse des on Fils, pour le jour où lui et l’Esprit Saint l’enverraient sur la terre. L’ange tutélaire. Cet ange qui viendra réconforter Jésus dans son agonie (Luc 22, 43).

(fin)

vendredi 23 décembre 2011

Dans la grotte de Bethléem (2)


Dans la grotte de Bethléem (2)

Il est parmi eux des anges musiciens, spécialisés dans toutes sortes d’instruments à cordes et de cuivre. Mais la majorité sont des choristes. Ils ne chantent pas à quatre voix. Ce serait vraiment trop vulgaire, trop quelconque. Bien malin celui qui arriverait à identifier le nombre de voix par lesquelles ils s’expriment. Quoi qu’il en soit, le résultat dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Marie et Joseph sont ravis au septième ciel, comme l’on dit, et ce, d’autant plus aisément que le ciel est venu à eux en la personne de Jésus.
Il y a fort à parier que l’ambiance festive exceptionnelle de cette nuit de Noël, (lire la suite) que l’harmonie de ces cantiques accompagne habilement, a toujours retenti aux oreilles du saint patriarche et de la Mère de Dieu, et ont plus encore réchauffé continuellement leur cœur, spécialement dans les moments d’affliction.
Les circonstances de l’accouchement pouvaient en constituer un, du point de vue strictement humain. Mais il a vite dérivé vers un moment faste, le plus solennel de toute l’histoire de l’humanité, en dépit de l’absence de toutes les solennités extérieures dont les hommes ont coutume d’entourer les événements les plus insignes de leur existence.
Marie et Joseph n’échangeraient pour rien au monde ces moments privilégiés qu’ils vivent. Ils rendent grâce à Dieu qu’ils se déroulent comme cela, dans l’intimité la plus stricte, sans être donnés en spectacle devant les hommes. Ils sont entre eux et avec Dieu. Dieu qui est dans les cieux et dans l’étable. Dieu qu’ils abritent dans leur cœur et Dieu que Marie serre contre son sein. Dieu que les hommes méconnaissent et que les anges reconnaissent avec tant de grâce et d’éclat.

(à suivre…)

mercredi 23 mars 2011

La bise


La bise

Sa provenance à nos yeux reste une inconnue
Nul ne sait non plus vers où elle se dirige
Elle s’élève du sol ou bien fond des nues
Tantôt par un piqué, tantôt par la voltige.

Nous la considérons bienfaisante parfois
Pourtant elle se joue de nous, d’un air narquois,
Elle se moque pas mal de notre bien-être
Et elle s’amuse à paraître et disparaître. (lire la suite)

Elle ne prévient pas. Nous sommes pris de court.
La voilà qui accourt et revient sur ses pas.
Nous sommes son repas. C’est vraiment sans recours.
Nous crions au secours, qui sommes son appât.

Elle est capable de nous transpercer les os
De nous atteindre au plus profond de notre moi.
Glissant subtilement et irisant les eaux
Elle se rie de nous et provoque à l’émoi.

Nous n’avons pas le temps de signaler la bise
Que l’information n’est déjà plus de mise
Elle est primesautière et toute imprévisible
Aujourd’hui comme hier et c’est irrémissible

On la croit ici, mais elle est déjà ailleurs
Elle ne reste pas deux secondes sur place
Sa caresse hésitante est un flux qui nous glace
Son sourire fugace est quelque peu gouailleur.

La bise donne froid à qui a déjà froid
Et elle donne chaud à qui a déjà chaud
Au cœur en artichaut sis au pied du beffroi
Au corps vêtu d’orfroi blotti près du réchaud.

On l’entend aussi qui siffle sur les toitures
Alors qu’elle pénètre en nous par les jointures
Et se dépose sur la joue de l’être aimé.
Qui en est ranimé ou tombe inanimé.

Or voici qu’elle apporte une Bonne nouvelle
La bise de Noël. Un Enfant est donné
C’est le Fils du Très-Haut, le Fils de l’Eternel
Qui fait couler de l’eau aux non abandonnés.

jeudi 6 janvier 2011

Ils sont l’étoile de Noël

Ils sont l’étoile de Noël

Fadi Daou fadi@adyanvillage.net

Lors d’un récent passage dans une librairie en France, j’ai remarqué que le rayon sur les chrétiens d’Orient occupe la place de choix et il est bien rempli d’anciennes et de nouvelles publications. Sans doute les tristes nouvelles qui arrivent d’Irak et parfois d’autres pays du Moyen-Orient suscitent ce regain d’intérêt pour ce sujet. Tant mieux, sauf si ce n’est que la plupart des livres exposés portent dans leur titre le verbe « disparaître » ou l’une de ses déclinaisons funestes. (lire la suite)
Selon la logique des hommes, ce pessimisme blessant pourrait se justifier. Mais Dieu a une autre logique. Le foi chrétienne nous situe dans le temps de Dieu et nous invite à l’accueillir dans l’enfant de la crèche et le Christ de la croix, et à y percevoir sa puissance d’amour et sa gloire.
C’est pourquoi, celui qui regarde les chrétiens d’Orient avec les yeux de la foi voit en eux la révélation la plus authentique du corps mystique du Christ et de sa présence dans le monde. Comme lui qui n’était accueilli lors de sa venue au monde que dans une crèche, eux aussi sont « en séjour » sur une terre qui la partage avec d’autres sans jamais se l’approprier. Comme lui, manifestant dans son enfance, la fragilité de son existence, eux aussi assument le dénuement de toute logique de puissance. Comme lui qui, face au mal en perspective, s’ouvre dès sa naissance au mystère salvifique du don ultime de soi sur la croix, eux aussi, face à la haine aveugle et à la terreur absurde, ils refusent de s’enfermer dans une logique de rejet de l’autre ou de repli sur soi ; ils s’abandonnent plutôt à la providence en restant inébranlables dans leur fidélité au Père et leur mission d’être le sel de la terre, cette terre qui recueille le sang de leurs martyrs et fait germer les semences de leurs saints.
Aussi, leur disparition n’en est-elle pas une. Elle serait plutôt comme celle du Christ : une croix glorieuse ou un tombeau vide, source de vie. Les chrétiens d’Orient sont donc dans la nuit de ce monde comme l’étoile de Noël qui indique le lieu de la véritable présence de Dieu et guide vers lui. Comme l’étoile, ils ne disparaitront que quand le soleil se lèvera et que le monde tout entier sera illuminé par « le jour du Seigneur ». Ce qui est considéré comme « disparition » n’est donc qu’une forme de transfiguration pour l’Eglise et pour le monde.
C’est pourquoi, je fus bouleversé et attristé devant ce rayon de livres, non pour la situation des chrétiens d’Orient, mais pour la mécompréhension de leur message et de leur mission, pour l’étiolement de l’horizon d’espérance chez ces auteurs et lecteurs, et la disparition pour eux de la lumière de Pâques et du feu de la Pentecôte. Il ne s’agit pas de nier la réalité, mais de refuser de tuer deux fois ces martyrs de la foi. Après leur mort physique, le danger est de dénigrer le sens de leur vie et de leur martyre. Je ne crains pas pour les chrétiens d’Orient de celui qui tue le corps, mais plutôt de celui qui leur fait perdre leur âme et leur force intérieure. Et ce dernier, cet ennemi, peut être en chacun de nous, à chaque fois que nous oublions que dans tout ce qu’ils vivent, ces chrétiens sont pour le monde ainsi que pour l’Eglise universelle l’étoile de Noël. Sinon, comment trouvera-t-on aujourd’hui la crèche du Verbe fait chair si on ne sait plus lire les signes des temps et du ciel ?

dimanche 26 décembre 2010

Voix et visage de la Parole

Voix et visage de la Parole

« À présent, la Parole n’est pas seulement audible, elle ne possède pas seulement une voix, maintenant la Parole a un visage, qu’en conséquence nous pouvons voir : Jésus de Nazareth », nous dit Benoît XVI, dans son exhortation apostolique sur la Parole de Dieu dans la vie de l’Eglise et du monde.
Il ajoute qu’« en suivant le récit des Évangiles, nous relevons que l’humanité même de Jésus apparaît dans toute son originalité dans sa référence à la Parole de Dieu. En effet, il réalise heure par heure, dans son humanité parfaite, la volonté du Père. »
Sa naissance à Bethléem, dans une humble grotte, dont nul d’entre nous ne voudrait, marque déjà cette obéissance au Père, qui, dans une délibération commune de la Sainte Trinité, l’envoie parmi nous pour nous apporter la Bonne Nouvelle du salut. (lire la suite) Cette Bonne Nouvelle, c’est-à-dire l’Evangile, il va la proclamer tout au long des trois années de vie publique consacrées à enseigner et à faire du bien autour de lui en guérissant les gens de toutes leurs infirmités et, surtout, en leur pardonnant leurs péchés.
Mais il la proclame aussi par sa vie de tous les jours à Bethléem, en Egypte et à Nazareth, puisque sa Parole, la Parole qu’il est lui-même en tant que Verbe de Dieu, a pris un visage et qu’il nous parle par tous ses gestes et toutes ses actions, qui sont toutes particulièrement expressives, car elles sont saintes, la sainteté même, un reflet de la perfection de Dieu, et plus qu’un reflet, cette perfection même en acte.
En même temps, ajoute le pape, « Jésus écoute sa voix (de son Père) et il lui obéit de tout son cœur. Il connaît le Père et il observe sa Parole (cf. Jean 8, 55). Il nous raconte les choses du Père (cf. Jean 12, 50). « Je leur ai donné les paroles que tu m’as données » (Jean 17, 8). Jésus montre donc qu’il est le Logos divin qui se donne à nous, mais aussi le
Nouvel Adam, l’homme vrai, celui qui accomplit à chaque instant non sa propre volonté mais celle du Père. Il « grandissait en sagesse, en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes » (Luc 2, 52). De manière parfaite, il écoute, il réalise en lui-même et il nous communique la Parole divine (cf. Luc 5, 1) » (exhort. ap. Verbum Domini, n°12).
Il la réalise et la communique. Il le peut parce qu’il est lui-même cette Parole du Père, Parole incarnée désormais, qui ne cesse de retentir dans notre monde, et que Marie recueillait avec émerveillement et reconnaissance.
Allons auprès d’elle, et de saint Joseph, pour contempler l’Enfant et pour apprendre de lui, pour l’écouter et pour le regarder : tout est éloquent chez lui, tout est instructif pour notre vie quotidienne, qui consiste, en définitive, à imiter la vie ordinaire qu’il a voulu mener parmi nous.

samedi 25 décembre 2010

Noël et la Croix

Noël et la Croix

Dans son exhortation apostolique récente sur la Parole de Dieu dans al vie de l’Eglise et du monde, le pape Benoît XVI écrit qu’en contemplant la « Christologie de la Parole », le Christ Parole de Dieu qui s’incarne à Noël, « la tradition patristique médiévale a utilisé une expression suggestive : le Verbe s’est abrégé (Cf. Origène, Péri Archon 1, 2, 8 ). Dans leur traduction grecque de l’Ancien Testament, les Pères de l’Église ont trouvé une parole du prophète Isaïe - que saint Paul cite aussi – pour montrer que les voies nouvelles de Dieu étaient déjà annoncées dans l’Ancien Testament. On pouvait y lire : « Dieu a rendu brève sa Parole, il l’a abrégée » (Isaïe 10, 23 ; Romains 9, 28). Le Fils, lui-même, est la Parole de Dieu, il est le « Logos : la Parole éternelle s’est faite petite – si petite qu’elle peut entrer dans une mangeoire. (lire la suite) Elle s’est faite enfant, afin que la Parole devienne pour nous saisissable » (exhort. ap. Dei Verbum, n° 12).
Dieu abandonne sa gloire, ou plus exactement la cache sous l’humanité du Fils, qui apparaît à nos yeux comme un homme semblable aux autres, égal à nous en tout, hormis le péché, comme l’Eglise le confesse.
Mais l’anéantissement de Jésus à Noël, de Jésus qui se fait enfant, pauvre et démuni, nous amène à nous interroger sur son sens profond. Nous comprenons rapidement que le Seigneur ne vient pas chercher un bonheur terrestre, vivre quelques années de bon temps sur terre. Cela n’a pas de sens pour lui. La vie humaine ne lui apporte rien, à lui qui est le Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre. Il n’a que faire de notre monde.
Et pourtant il y vient, car ce monde et aussi le sien, celui qu’il a créé, avec le Père et l’Esprit Saint, celui que le péché de l’homme a abîmé, et qu’il veut restaurer dans sa bonté originelle. Mais, plus encore, il entend aider l’homme à retrouver sa condition d’enfant de Dieu et à pouvoir entrer de nouveau dans l’intimité de Dieu.
C’est pourquoi il faut chercher le sens profond de la naissance du Sauveur à Bethléem dans la Croix sur laquelle il donnera sa vie pour que nous ayons la Vie éternelle. La Croix s’inscrit donc déjà à l’horizon de Bethléem. Noël et la Croix constituent un seul et même mystère, le mystère de notre Rédemption. Le Seigneur, qui possède une science infuse, sait à tout moment ce qu’il vient faire sur terre. Il sait dès sa naissance que la Croix l’attend. Il l’aime d’avance, parce qu’il nous aime et qu’elle est le moyen, le seul, que la Sainte Trinité a trouvé pour réparer les dégâts causés par nos premiers parents, Adam et Eve, à la nature humaine et à nos relations avec Dieu.
Tâchons de comprendre cela quand nous venons adorer l’Enfant dans la crèche, et apprenons ainsi de lui à aimer aussi les croix qui se présentent dans notre vie, pour adhérer pleinement à la Croix salutaire.

vendredi 24 décembre 2010

Lumière de Noël

Lumière de Noël

Lors de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem, le vieillard Siméon proclame avec une grande joie : « Mes yeux ont vu le salut, que vous avez préparé à la face de tous les peuples, lumière qui doit éclairer les nations et gloire d'Israël, votre peuple » (Luc 2, 30-32). Saint Jean écrit pour sa part dans le prologue de son Evangile qu’en Jésus-Christ « était la vie, et la vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres » (Jean 1, 4-5), ajoutant que « la lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde » (v. 9). (lire la suite)
C’est cette Lumière qui s’allume dans la sainte nuit de Noël, et qui vient éclairer tout homme, du moins tout homme de bonne volonté, capable de l’accueillir et d’être un homme de paix, comme lui.
Isaïe avait prophétisé : « Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi » (9, 1). La liturgie de Noël est toute imprégnée de cette lumière particulière, qui apporte un éclairage nouveau à la vie des hommes : l’éclairage surnaturel, la dimension verticale, la découverte de la présence de Dieu en tout événement.
L’Évangile nous rapporte que la gloire de Dieu apparut aux bergers et « les enveloppa de lumière » (Luc 2, 9). Là où paraît la gloire de Dieu, là se répand, dans le monde, la lumière. Nombre de saints ont fait cette expérience et ont été enveloppés dans la lumière de Dieu. En naissant à Noël, Dieu a vaincu les ténèbres de la mort.
« Mais lumière signifie surtout connaissance, vérité en opposition à l’obscurité du mensonge et de l’ignorance, précise le pape Benoît XVI. Ainsi, la lumière nous fait vivre, nous indique la route. Mais ensuite, la lumière, parce qu’elle donne de la chaleur, signifie aussi amour. Là où il y a de l’amour, apparaît une lumière dans le monde ; là où il y a de la haine le monde est dans l’obscurité. Oui, dans l’étable de Bethléem est apparue la grande lumière que le monde attend. Dans cet Enfant couché dans l’étable, Dieu montre sa gloire – la gloire de l’amour, qui se fait don lui-même et qui se prive de toute grandeur pour nous conduire sur le chemin de l’amour. La lumière de Bethléem ne s’est plus jamais éteinte. Tout au long des siècles, elle a touché des hommes et des femmes, « elle les a enveloppés de lumière ». Là où a surgi la foi en cet Enfant, là aussi a jailli la charité – la bonté envers les autres, l’attention empressée pour ceux qui sont faibles et pour ceux qui souffrent, la grâce du pardon. À partir de Bethléem, un sillage de lumière, d’amour, de vérité, envahit les siècles. Si nous regardons les saints – de Paul et Augustin, jusqu’à saint François et saint Dominique, de François-Xavier et Thérèse d’Avila à Mère Teresa de Calcutta – nous voyons ce courant de bonté, ce chemin de lumière qui, toujours de nouveau, s’enflamme au mystère de Bethléem, à ce Dieu qui s’est fait Enfant. Dans cet Enfant, Dieu oppose sa bonté à la violence de ce monde et il nous appelle à suivre l’Enfant » (Homélie, 24 décembre 2005).