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vendredi 17 septembre 2010

Sept douleurs et sept joies de Marie (3)

Sept douleurs et sept joies de Marie (3)

Le bienheureux Alain de la Roche (v. 1428-1475) répand un chapelet des douleurs de Marie, qui en comprend cent cinquante. Voir Chapelet des sept douleurs de Marie. Jean de Coudenberghe, curé du Saint-Sauveur, à Bruges, de Saint-Gilles, à Abbenbroeck et de Saint-Pierre-Saint-Paul, à Reimerswal, fait placer dans ces sanctuaires, après les troubles occasionnés par la mort de Marie de Bourgogne, en 1482, une image de la Sainte Vierge assistant à l'ensevelissement de son Fils. Une confrérie de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs voit le jour, en 1492, et est approuvée par Alexandre VI, en 1495. Vers la fin du XVe s., les artistes flamands figurent ces sept douleurs par autant de glaives plantés dans la poitrine de Marie, comme cela se voit déjà dans un livre de 1495, du P. Michel-François de Lille, O.P. (lire la suite) Sainte Brigitte (1303-1373) affirme avoir entendu de la bouche de Marie : « Sa douleur était ma douleur et son Cœur était mon Cœur. Comme Adam et Ève vendirent le monde pour un fruit, mon Fils et moi nous avons racheté le monde presque avec un seul cœur » (Sermo angelicus 1, 35). « Ce que Jésus souffrait dans sa chair, Marie le souffrait dans son Cœur » (bx Amédée, cité par saint Alphonse de Liguori, Les Vertus de Marie). Notre-Dame-des-Douleurs. Elle est célébrée déjà à Cologne, en 1423, sous le titre de « Commemoratio angustiæ et doloribus Beatæ Mariæ Virginis », en réparation des outrages commis par les hussites aux images du Crucifié et de la Sainte Vierge au pied de la Croix. Pie VII étend cette fête à l'Église universelle, en 1814 : c'est Notre-Dame-des-Douleurs, célébrée le 15 septembre, qui, de nos jours, n’est qu’une simple mémoire liturgique. Un décret de 1744 permet d'exposer, le soir du Jeudi Saint, la statue de la Vierge Marie voilée de noir et tenant le corps du Christ sur ses genoux. Le Stabat Mater chante ces douleurs.

(fin)

samedi 15 septembre 2007

Stabat Mater



Stabat Mater

En ce 15 septembre, jour de Notre-Dame des Douleurs, je suis heureux de fournir le texte latin et français du Stabat Mater, "séquence du franciscain Jacopone de Todi (v. 1236-1306), rappelant la douleur de la Vierge Marie, aux côtés de son Fils crucifié, Jésus". Cette séquenec a inspiré de nombreux compositeurs. (D. Le Tourneau, "Stabat Mater", Les mots du christianisme. Catholicisme - Orthodoxie - Protestantisme, Paris, 2005, p. 593-594). Elle est particulièrement belle et émouvante et propre à nourrir la méditation.
Latin
Stabat mater dolorosa
Iuxta Crucem lacrimosa,
dum pendebat Filius.
Cuius animam gementem,
contristatam et dolentem,
pertransivit gladius.(lire la suite)
O quam tristis et afflicta
fuit illa benedicta
Mater Unigeniti.
Quae maerebat et dolebat,
Pia Mater cum videbat
Nati poenas incliti.
Quis est homo qui non fleret,
Matrem Christi si videret
in tanto supplicio?
Quis non posset contristari,
Christi Matrem contemplari
dolentem cum Filio?
Pro peccatis suae gentis
vidit Iesum in tormentis
et flagellis subditum.
Vidit suum dulcem natum
moriendo desolatum,
dum emisit spiritum.
Eia Mater, fons amoris,
me sentire vim doloris
fac, ut tecum lugeam.
Fac ut ardeat cor meum
in amando Christum Deum,
ut sibi complaceam.
Sancta mater, istud agas,
crucifixi fige plagas
cordi meo valide.
Tui nati vulnerati,
tam dignati pro me pati,
poenas mecum divide.
Fac me tecum pie flere,
crucifixo condolere,
donec ego vixero.
Iuxta crucem tecum stare,
et me tibi sociare
in planctu desidero.
Virgo virginum praeclara,
mihi iam non sis amara:
fac me tecum plangere.
Fac ut portem Christi mortem,
passionis fac consortem,
et plagas recolere.
Fac me plagis vulnerari,
fac me cruce inebriari,
et cruore Filii.
Flammis ne urar succensus
per te Virgo, sim defensus
in die judicii
Christe, cum sit hinc exire,
da per matrem me venire
ad palmam victoriae.
Quando corpus morietur,
fac ut animae donetur
Paradisi gloria.
Amen! In sempiterna saecula. Amen.
Français
Debout, la Mère des douleurs,
Près de la croix était en larmes,
Quand son Fils pendait au bois.
Alors, son âme gémissante,
Toute triste et toute dolente,
Un glaive le transperça.
Qu'elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu !
Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.
Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice ?
Qui pourrait dans l'indifférence
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils ?
Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.
Elle vit l'Enfant bien-aimé
Mourir tout seul, abandonné,
Et soudain rendre l'esprit.
Ô Christ, à l'heure de partir,
Puisse ta Mère me conduire
À la palme des vainqueurs.
Ô Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.
Fais que mon âme soit de feu
Dans l'amour du Seigneur mon Dieu :
Que je lui plaise avec toi.
Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.
Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de ses tourments.
Donne-moi de pleurer en toute vérité,
Comme toi près du crucifié,
Tant que je vivrai !
Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.
À l'heure où mon corps va mourir,
À mon âme, fais obtenir
La gloire du paradis.