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lundi 4 mars 2019

La communion des saints (3)

La communion des saints (3)

Mais communion avec les méchants est impossible comme le soulignaient Isaïe et le psalmiste, parce que « leur cœur se détourne de Dieu ». La communion est « l’union de ceux qui professent une même foi ». Par extension, elle consiste à « avoir des idées, des sentiments communs avec une personne » (Petit Robert). Mais nous voyons aux définitions données qu’il s’agit d’un terme aux sens essentiellement religieux et chrétiens.
Et qu’il s’applique fondamentalement aux relations qui s’établissent entre les baptisés fidèles aux engagements de leur baptême, entre les vivants, qu’ils se trouvent encore à se débattre dans les affaires de ce monde, qu’ils s’en trouvent affranchis à jamais tout en devant poursuivre leur purification au purgatoire, ou qu’ils jouissent déjà définitivement de vision béatifique au ciel. Nous constituons une seule et unique famille aux membres dispersés non seulement aux quatre coins de l’univers, mais aussi hors du temps, dans l’évité et dans l’éternité.(lire la suite)
Dans bulle indiction par laquelle il convoquait le grand jubilé de l’an 2000, le pape Jean-Paul II a écrit que « la Révélation enseigne que, dans son chemin de conversion, le chrétien ne se trouve pas seul. Dans le Christ et par le Christ, sa vie est unie par un lien mystérieux à la vie de tous les autres chrétiens dans l’unité surnaturelle du Corps mystique. Ainsi s’instaure entre les fidèles un merveilleux échange de biens spirituels, en vertu duquel la sainteté de l’un apporte aux autres un bénéfice bien supérieur au dommage que le péché de l’un a pu causer aux autres. Il y a des personnes qui laissent derrière elles comme un surplus d’amour, de souffrance supportée, de pureté et de vérité, qui se déverse sur les autres et les soutient » (Incarnationis mysterium, n° 10).
Le pape slave affirme dans ce document que l’échange de biens spirituels se produit d’une façon déséquilibrée, déséquilibre qui joue en notre faveur. Il écrit, en effet, que « la sainteté de l’un apporte aux autres un bénéfice bien supérieur au dommage que le péché de l’un a pu causer aux autres ». Cela peut paraître étonnant. Est-ce en vertu d’un principe selon lequel le bien est supérieur au mal ? Il s’agit en tout cas d’une affirmation d’une portée singulière. Et qui nous insuffle une bonne dose d’optimisme.
Nous sommes pécheurs, et nous appartenons donc à la catégorie de ceux qui causent du mal aux autres. Mais nous sommes fils de Dieu, de ce Dieu que nous aimons envers et contre tout, et nous générons aussi de la sainteté, dont la force dépasse celle du mal produit. Saint Josémaria parlait de « noyer le mal dans l’abondance du bien ». Cette recommandation peut s’appliquer à la remarque de saint Jean-Paul II. Qui est vraiment très positive, comme l’enseignement chrétien est toujours marqué au coin de l’optimisme.
La dernière phrase de la bulle tout juste citée souligne une autre vérité consolante : « Il existe des personnes qui laissent derrière elles comme un surplus d’amour, de souffrance supportée, de pureté et de vérité, qui se déverse sur les autres et les soutient. » Nous pensons bien évidemment à saint Jean-Paul II lui-même, dont nous pouvons espérer que l’Église voudra bien un jour le proclamer saint Jean-Paul II le Grand. Pour ma part, je pense aussi automatiquement à saint Josémaria, qui a ouvert d’innombrables sillons de saints monde, qui a contribué faire revenir l’Église à la pureté originelle de l’évangile, qui a fait des apports essentiels et définitifs à la vie de l’Église et à son fonctionnement, par l’insistance sur le sacerdoce commun tous les fidèles, l’égalité radicale de tous les baptisés, l’unité de vie, la centralité de la sainte messe et de l’Eucharistie dans la vie chrétienne, et tant d’apports à la spiritualité, à la théologie, au droit canonique, dont il reste encore à approfondir la réalité.

(à suivre…)

mercredi 20 février 2019

L’amour de l’Église et du pape (2)

L’amour de l’Église et du pape (2)

L’Église n’est pas du monde, mais son action s’inscrit dans le monde et se réalise au profit du monde, vise à le sanctifier. Les bras de la Croix divinisent le monde, affirme-t-il ici. Car ils sont une invitation à se sanctifier en travaillant au cœur du monde, des en vaquant aux activités séculières.
« Cette divinisation de l’homme opérée par la médiation de l’Esprit Saint, advient principalement dans la distribution des sacrements, surtout de l’Eucharistie qui est « un sacrement de piété, un signe d’unité, un lien de charité » (st Augustin, In Joann. Ev. Tr. 26, 6, 13 ; PL 35, 16, 3), et, de ce fait, un principe de cohésion et de fraternité véritables, également dans la vie sociale du monde entier pour lequel le Christ s’est donné – pro mundi vita (Jn 6, 51) » (Jean-Paul II, Discours à la Curie romaine, 22 décembre 1981, n° 4).(lire la suite)
Le Pontife romain peut affirmer sans ambages que l’Eucharistie construit l’Église.
De fait, c’est bien l’Église qui nous dispense les sacrements, qui établit les règles de leur juste confection et de leur droite administration, afin que ses fidèles parviennent au salut, ce qui est la loi suprême de toute l’Église : Suprema lex, salus animarum (Code de droit canonique, c. 1752).
Nous ne pouvons pas mieux nous sanctifier que par les sacrements, qui sont les principaux canaux de la grâce, et ont institués par notre Seigneur faire nous parvenir toutes les grâces qui s’écoulent du pressoir mystique, tel que les artistes du Moyen Âge l’ont représenté. Il ne nous est pas possible de nous sanctifier en dehors de l’Église catholique, c’est-à-dire sans lien avec elle, sans lui être uni par le triple lien de la communion de la foi, des sacrements et du gouvernement. Cela est totalement exclu. Parce qu’autrement l’on se trouve apostat, hérétique ou schismatique.
Nous aimons l’Église telle qu’existe à notre époque, telle que nous la voyons, avec son dynamisme évangélisateur qui ne se dément pas. Elle est la même que l’Église en germe au jour Pentecôte, qui naît à Jérusalem avec une portée d’emblée universelle, constitutionnellement universelle, appelée à se répandre de par le monde entierEt elle se répand, Dieu merci, toujours davantage. Les vicissitudes des pays occidentaux ne doivent pas cacher une réalité, qui est celle d’une expansion continuelle, avec la création régulière de nouveaux diocèses en Afrique, en Amérique et en Asie.
Mais elle est tributaire aussi des circonstances historiques. Elle ne se présente pas aux hommes de notre temps comme à l’époque où les schismes tragiques se sont produits, à celle des affrontements du sacerdoce et de l’empire, à l’époque de la Renaissance ou encore après la perte des États pontificaux en 1870. Mais elle reste la même, c’est-à-dire l’Église de Jésus-Christ, détentrice et unique détentrice de tous les moyens de sanctification dont nous avons besoin. Des sacrements et de la Parole de Dieu, qu’elle seule a pouvoir d’interpréter authentiquement.
Extra Ecclesiam nulla salus. « Pas de salut hors de l’Église. » Un grand principe, développé en long et en large pendant des siècles, qui n’est plus invoqué depuis le concile Vatican II pour des raisons œcuméniques. De nos jours, l’on préfère mettre en évidence, à juste titre, que des gens qui pas reçu la grâce du baptême peuvent très bien se sauver et de fait se sauvent, tandis que des baptisés se perdent par infidélité à leur vocation chrétienne.
Car, comme saint Paul VI le notait dans un discours, « la sainteté dans l’Église vue dans la réalité humaine de ses membres n’est pas toujours conforme à la sainteté de l’Église vue dans sa perspective idéale et divine. Même s’ils sont déjà admis dans ce « royaume de Dieu déjà parmi nous » (Lc 17, 21), les membres de l’Église n’en demeurent pas moins des hommes faibles, fragiles et pécheurs. […] Il arrive donc que l’incohérence entre la vocation à la sainteté, propre des chrétiens, et leur déficience morale, provoque le scandale… » (Paul VI, Discours, 21 octobre 1971).
Il n’est pas difficile, hélas, de vérifier de nos jours cette assertion pontificale. Trop d’exemples dévoilés de nos jours, des comportements tragiques et criminels, la corroborent. Mais cela n’enlève rien à la sainteté de l’Église, l’Épouse sans tache ni ride du Christ.

(à suivre...)

vendredi 13 février 2015

La résurrection de Lazare (4)

La résurrection de Lazare (4)

Quelle est la suite de notre mort ? Elle n’est pas la même pour tous. Beaucoup de paraboles le montrent clairement… « Allez-vous en maudits au feu éternel » (Matthieu 25, 41)… C’est sans appel. L’enfer fait donc partie des possibilités. Mourir en état de péché mortel, sans repentir, y conduit inexorablement… Qu’est-ce que l’enfer ? Le Catéchisme de l’Église Catholique en donne une explication : « Les affirmations de la Sainte Écriture et les enseignements de l’Église au sujet de l’enfer sont un appel à la responsabilité avec laquelle l’homme doit user de sa liberté en vue de son destin éternel. Elles constituent en même temps un appel pressant à la conversion : " Entrez par la porte étroite. Car (lire la suite) large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui le prennent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent " (Matthieu 7, 13-14). […] Dieu ne prédestine personne à aller en enfer ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin. Dans la liturgie eucharistique et dans les prières quotidiennes de ses fidèles, l’Église implore la miséricorde de Dieu, qui veut " que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir " (2 Pierre 3, 9) : Voici l’offrande que nous présentons devant toi, nous, tes serviteurs, et ta famille entière : dans ta bienveillance, accepte-la. Assure toi-même la paix de notre vie, arrache-nous à la damnation et reçois-nous parmi tes élus. […] La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été créé et auxquels il aspire » (Catéchisme de l’Église Catholique, nos 1036-1037 et 1057). « La considération de l’enfer : cela m’a beaucoup aidé à perdre la crainte des tribulations » (sainte Thérèse d’Avila). « Lorsqu'elle eut ainsi parlé, elle s'en alla, et appela en secret Marie, sa sœur, disant : « Le Maître est là, et il t'appelle » (Jean 11, 28). Jésus veut voir Marie en tête-à-tête aussi, et la consoler personnellement, en dehors de la foule des amis et connaissances qui sont venus présenter leurs condoléances et qui, comme cela est la coutume en Orient, envahissent la maison. Marie se hâte. « Les Juifs qui étaient avec Marie, et la consolaient, l'ayant vue se lever en hâte et sortir, la suivirent en pensant : « Elle va au sépulcre pour y pleurer » (Jean 11, 31). Mais elle prend une autre direction, ce qui doit les décontenancer quelque peu, surtout à cause de la rapidité que Marie met à se déplacer. « Lorsque Marie fut arrivée au lieu où était Jésus, le voyant, elle tomba à ses pieds, et lui dit : « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort » (Jean 11, 32). Elle dit exactement la même chose que sa sœur, mot pour mot. Avec une identique simplicité, avec une identique humilité. Elle ne doute pas que le Seigneur agit toujours à la perfection, qu’il n’y a rien à lui reprocher, jamais. Elle fait simplement état de sa conviction que si Jésus avait été présent, il aurait fait ce qu’il fallait pour que son frère ne mourût pas. « Jésus la voyant pleurer, elle et les Juifs qui l'accompagnaient, frémit en son esprit, et se laissa aller à l'émotion » (Jean 11, 33). Jésus pleure à son tour, non seulement gagné par l’émotion, comme le souligne l’évangéliste, mais parce que son Cœur saigne de savoir mort celui qu’il aime spécialement. Ces pleurs de Jésus nous touchent de près. (à suivre…)

mardi 3 février 2015

La louange de Dieu (1)

La louange de Dieu (1)

« Alléluia ! » (Psaume 150, 1). Alléluia ! Les psaumes de louange de Dieu commencent presque tous par cette acclamation joyeuse. Alléluia ! qui retentit continuellement dans les cieux, où elle fait partie du fond commun de la glorification de notre Dieu Tout-Puissant. C’est le cri de joie qui jaillit dans le matin de Pâques dans les cœurs jusque-là oppressés par la mort et les souffrances du Messie Seigneur. C’est l’heure de la décompression qui se traduit par ce cri, bref et dense d’alléluia. Il rejoint les acclamations du peuple lors de l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem. Alléluia ! Et tout de suite après, après que ce mot a claqué dans le vent, commence l’invitation à louer Dieu : « Louez le Seigneur dans son sanctuaire ! » (Psaume 150, 1), « vous qui êtes de service dans la maison du Seigneur, dans les parvis de la maison de notre Dieu. Louez le Seigneur, car il est bon, le Seigneur ; chantez son nom sur la harpe, car il est suave » (Psaume 135, 2-3). (lire la suite) Il est la bonté même, dit-on de certaines gens. C’est le cas de Dieu. Il est la Bonté en personne. « Célébrez le Seigneur, car il est bon, car sa bienveillance est éternelle » (Psaume 106, 1). Le psalmiste ne cesse de rappeler cette vérité consolante, qui est comme une doigtée de miel fondant dans notre bouche chaque fois que nous la répétons « Louez le Seigneur, car il est bon, car sa miséricorde dure à jamais » (1 Chronique 16, 34). Imprégnons-nous de cette grande réalité. Dieu seul est saint. Dieu seul est bon. Ce qui revient au même. Car le saint est quelqu’un de foncièrement bon, qui aime le bien et fait le bien, à tout le monde, sans discrimination aucune. « Ah ! Seigneur, je suis ton serviteur, oui, ton serviteur, fils de ta servante : tu as détaché mes liens. Je t’offrirai un sacrifice en action de grâces, et j’invoquerai le nom du Seigneur en présence de tout le peuple, dans les parvis de la maison du Seigneur, dans ton enceinte, Jérusalem » (Psaume 116, 16-19). Dans ton sanctuaire, dans cet édifice qui est destiné au culte par sa consécration, qui en a fait un lieu saint, à toi réservé, au culte que nous te devons. Certes, ce culte n’est pas uniquement de louange et d’action de grâce, il est aussi d’expiation, d’adoration et d’impétration. Mais est-ce que, en définitive, tout ne revient pas à cette louange, sous une forme ou sous une autre, tout ne résume pas en la reconnaissance de ta majesté, qui mérite l’adoration, et que nous réparions les offenses qu’elle subit ? Cette toute-puissance qui est à même d’exaucer toutes nos supplications, ce qui entraîne une recrudescence de notre louange, de notre action de grâce. « Maintenant le Fils de l’homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et c’est bientôt qu’il va le glorifier » (Jean 13, 31-32). « Moi, je t’ai glorifié sur la terre, en menant à bonne fin l’œuvre que tu m’avais donné à faire » (Jean 17, 4). « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin » (Jean 4, 34). A aucun moment Jésus n’a autant rendu gloire au Père qu’au Calvaire, que lorsqu’il a été hissé sur la Croix, unissant le ciel et la terre, et faisant descendre la grâce d’en haut sur les hommes en manifestant sa puissance divine. Pour nous, c’est la messe, actualisation du Sacrifice de la Croix, qui permet de rendre la louange la meilleure et la plus complète à Dieu. La messe qui est la racine de la vie spirituelle du chrétien, l’aboutissement de toute la liturgie de l’Église, source et sommet de la vie d’union véritable à Dieu. « Quelle est la grande nation qui ait des dieux aussi près d’elle que le Seigneur, notre Dieu, toutes les fois que nous nous tournons vers lui ? Et quelle est la grande nation qui ait des lois et des ordonnances justes, comme toute cette loi que je vous expose aujourd’hui ? » (Deutéronome 4, 7-8). Et quelle est la nation qui a un Dieu présent au milieu d’elle comme l’est notre Dieu dans l’Eucharistie, dans le sacrement de sa présence réelle précisément ? Et quelle est la nation dont le Dieu se donne en nourriture pour fortifier les âmes, qui est gage de vie éternelle ? « Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts ? Tel est le pain qui descend du ciel que celui qui en mange ne mourra pas. C’est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde » (Jean 6, 49-51). (à suivre…)

lundi 18 août 2014

Pain et Parole (8)

Pain et Parole (8)

Le diable, lui, « est menteur et père du mensonge » (Jean 8, 44) depuis les origines. C’est pourquoi sa parole est une parole de mort et engendre une culture de mort, comme nous le constatons tous les jours, semant partout la haine, la désolation et le désespoir. « Dieu dit : Que la lumière soit, et la lumière fut » (Genèse 1, 3). Notre Seigneur dit : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22, 19). Jésus s’exclame en un grand cri : Consummatum est, « c’est consommé (Jean 19, 30), et nous sommes sauvés à jamais. Voilà vraiment une Parole qui fait vivre, qui donne le goût de vivre, qui est source d’une joie communicative, qui apporte la paix profonde, (lire la suite) la sérénité, qui ancre l’âme dans la croix rédemptrice : In hoc signum vinces, « c’est par ce signe que tu vaincras » (devise de l’empereur Constantin). S’il ne nous fallait garder qu’un livre par devers nous, choisissons la Bible sans la moindre hésitation. Et si on l’arrachait de nos mains malgré tout, qu’importe : cette Parole révélée est inscrite dans notre cœur, au tréfonds de notre être. Elle retentit en nous jour et nuit et ne cesse de nous répéter : « Tu es mon fils, aujourd’hui je t’ai engendré (Psaume 2, 7), je t’ai engendré par les souffrances de la Croix en vue de ta participation à la vie éternelle. Tiens bon, car « je serai avec vous toujours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20). « Bien, serviteur bon et fidèle ; en peu tu as été fidèle, […] entre dans la joie de ton Maître » (Luc 25, 20). (fin)

samedi 16 août 2014

Pain et Parole (7)

Pain et Parole (7)

« Combien disent maintenant : Je voudrais voir sa forme, son visage, ses vêtements, ses chaussures ! Eh bien ! voici que tu le vois, tu le touches, tu le manges. Tu désires voir ses vêtements, mais il se donne à toi, non seulement pour que tu le voies, mais pour que tu le touches et le manges, et que le reçoives en toi ! Donc que personne ne s’approche avec un manque de confiance, personne avec tiédeur – que tous soient enflammés, tous fervents et vigilants » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur l’Évangile de saint Matthieu 82, 4). De plus, l’Amour de Dieu envers nous l’a poussé à nous promettre de faire une expérience non pas ponctuelle, unique, de sa proximité réelle d’avec nous, mais à rester en permanence au cœur de notre existence quotidienne, qui peut ainsi devenir prière, se transformer en source de sainteté, être le point de départ de l’évangélisation du monde. (lire la suite) Dans l’Eucharistie, nous rejoignons Jésus-Christ, « vrai Dieu et vrai homme » (Symbole d’Athanase), même si l’humanité est aussi cachée à nos yeux que la divinité (cf. hymne Adoro te). Nous nous rencontrons avec celui qui a dit : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas » (Matthieu 24, 35). Elles ne passent pas puisqu’il est le Verbe consubstantiel du Père. Chaque fois que le prêtre prononce, en la personne du Christ, les paroles de la consécration, celles-là mêmes que notre Seigneur a prononcées le soir du Jeudi Saint au Cénacle, le prodige de la transsubstantiation se produit et le Ressuscité du matin de Pâques vient parmi nous et nous dit : « Paix à vous ! » (Jean 20, 19.21). À la messe, il se produit une transformation. Je m’enferme dans la Croix pour accueillir le Christ, pour être un autre Christ, pour le laisser célébrer le saint Sacrifice. Car je suis au Calvaire, non dans une église ou une chapelle. Au Calvaire, où le Fils de Dieu s’offre à son Père pour moi et pour l’humanité tout entière. Je me fonds dans le saint bois de la Croix, pour m’imprégner du Sang rédempteur. « Des fleuves d’eau vive sortiront de Jérusalem » (Ézéchiel 14, 8). Ils jaillissent du Golgotha. Ils surgissent de la messe, de chaque messe, quand bien même le prêtre se retrouverait tout seul. Voilà pourquoi je veux m’en imbiber au contact de mon Dieu. « Rien n’est plus vrai que cette parole de Vérité » (hymne Adoro te). Ces mots de l’hymne eucharistique nous ont servi de point de départ pour ces réflexions sur le Pain et la Parole en lien avec la Vérité. Nous en vérifions le réalisme. Dieu « ne peut ni se tromper ni nous tromper » (Catéchisme de l’Église Catholique, n° 156). (à suivre…)

jeudi 14 août 2014

Pain et Parole (6)

Pain et Parole (6)

Le drame de l’homme contemporain est qu’il oublie que Dieu est présent au milieu de nous, plus vivant que nous ne le sommes nous-mêmes, parce que notre vie vient de lui, source de toute vie, lui qui est la Vie (cf. Jean 14, 6). C’est une vraie calamité pour nous de l’oublier à ce point et de ne pas nous précipiter toujours pour l’adorer. « L’adoration eucharistique nous soumet au rayonnement du corps et du sang du Christ qui reproduit en nous ses vertus, notamment la charité qui préside à l’institution de l’Eucharistie, l’obéissance au Père et le courage de Jésus en sa passion, la chasteté qui purifie et discipline les impulsions du corps et du sang en nous, la bienveillance et le dévouement inculqués par le Saint-Esprit. L’immobilité de l’adoration agit sans heurt (lire la suite) et engendre le mouvement des vertus avec l’efficacité discrète, patiente et sûre, qui caractérise le travail de la grâce. l’adoration contemplative et silencieuse n’est donc pas opposée à l’action vertueuse et expressive. Portant directement sur Dieu, elle ouvre la porte à l’action efficiente de la charité éclairée par la foi et la prudence spirituelle. Elle se tient à la source des vertus comme à leur fin, car elles doivent mener le croyant vers la vision admirative et aimante » (Servais Pinckaers, Plaidoyer pour la vertu, Le Muveran, Parole et Silence, 2007, p. 193). Tel est le cheminement du chrétien qui suit la voix du Bon Pasteur. Celui-ci le conduit vers de bons pâturages (cf. Jean 10, 3), là où se trouve notre Dieu, fort, éternel et tout-puissant. Cette Parole est un puits d’eau vive « jaillissant pour la vie éternelle » (Jean 4, 14). Or, « tel est le pain qui descend du ciel que celui qui en mange ne mourra pas. C’est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde » (Jean 6, 50-51). On ne saurait être plus explicite. Nous ne pouvons donc comprendre pleinement – à la mesure, certes, de notre comprenette forcément très limitée – comprendre la Parole qu’à partir de l’Eucharistie, dans laquelle il s’est incarné, s’est fait chair de notre chair pour que nous puissions assumer notre condition d’enfants de Dieu, d’être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Genèse 1, 26) et de nous laisser diviniser. C’est dans le Saint-Sacrement que nous venons adorer à l’autel et dans le tabernacle que la Parole de Dieu se fait plus éloquente et nous parle de la façon la plus convaincante qui soit de l’Amour qu’il nous porte à nous, les hommes. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15, 13). Et qu’est chaque messe, qu’est la sainte réserve eucharistique, sinon la preuve la plus tangible, la plus palpable de cet Amour ? « Ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et ce que nous avons touché de nos mains pour ce qui est du Verbe de vie […], nous vous l’annonçons à vous aussi, afin que vous soyez, vous aussi, en communion avec nous » (1 Pierre 1, 1.3). (à suivre…)

mardi 12 août 2014

Pain et Parole (5)

Pain et Parole (5)

Ils passent à table. À ce moment-là, Jésus « prit du pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur présenté. Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent, mais il disparut de devant eux » (Luc 24, 30-31). Leur cœur avait été préparé à reconnaître notre Seigneur par l’écoute de la Parole vivante qui leur avait ravivé le goût de la vie, et tout simplement donné le goût de la Vie présente dans le pain rompu, dans l’Eucharistie. Notre Dieu n’est pas un dieu muet, comme les idoles que les païens se donnaient à eux-mêmes, « qui ont une bouche et ne parlent pas » (Psaume 115, 5). Les muets, Jésus les guérissait et leur redonnait l’usage de la parole (cf. Marc 7, 37). Notre « Dieu a parlé une seule fois » (Ps 61, 12), « parce qu’il a engendré un seul verbe (lire la suite) par qui il a tout fait. Ce Verbe, c’est sa parole. Il y a donc une seule parole de Dieu, parce qu’il y a un seul Verbe de Dieu. Un seul véritablement, parce que seule et d’un seul ; non pas développée en une pluralité d’énoncés, mais totalisée en un seul et simple verbe » (Hugues de Saint-Victor, Six opuscules spirituels, La Parole de Dieu 1). Mais cette Parole est prononcée dans un éternel présent. Elle « est efficace, plus acérée qu’aucune épée à deux tranchants, si pénétrante qu’elle va jusqu’à séparer l’âme et l’esprit, les jointures et les moelles ; elle démêle les sentiments et les pensées du cœur » (Hébreux 4, 12). Il n’existe qu’un Verbe, une seule Parole, mais ô combien efficace ! Jésus dit : « Jeune homme, je te le dis, lève-toi ! Et le mort se redressa sur son séant et se mit à parler » (Luc 7, 14-15). Et à un homme possédé d’un esprit impur, il ordonne : Tais-toi et sors de lui. Et le démon l’ayant jeté par terre au milieu, sortit de lui sans lui avoir fait aucun mal » (Luc 4, 35). Si l’on voulait juguler la Parole de Dieu, « les pierres crieront » (Luc 19, 40). Depuis deux mille ans, bien des puissants et d’autres à leur service, ont voulu la faire taire effectivement : « Nous vous avions expressément défendu d’enseigner en ce nom, et voilà que vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement » (Actes 8, 5). Cette Parole est la Vérité, que l’on veuille ou non la reconnaître pour telle. Et la Vérité finit toujours par l’emporter sur l’hypocrisie, par s’imposer au mensonge. Cette Vérité, c’est que Jésus-Christ est le Verbe du Père éternel et qu’il est tout aussi présent et actif enfermé dans cette prison d’amour qu’est le tabernacle que lorsqu’il se laissait approcher par tous les miséreux de la terre (cf. Marc 1, 32) et qu’il disait, dans sa miséricorde, « venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai » (Matthieu 11, 28) ; venez, vous tous qui languissez dans des maux les plus variés, et je vous redonnerai de la force. (à suivre…)

dimanche 10 août 2014

Pain et Parole (4)

Pain et Parole (4)

C’est la générosité sans limites de la présence eucharistique, ce torrent de ton amour, Seigneur, qui balaye tout sur son passage, qui nous purifie et nous fortifie, qui donne vie et robustesse. La vie partout. La vie sans cesse renouvelée. La vie offerte gratuitement. La vie jamais mesurée. « Une source sortira de la maison du Seigneur » (Joël 4, 18). Elle est sortie. Elle a jailli. Des mains et du côté transpercés de Jésus en Croix au Calvaire. Une source large, abondante, intarissable. « À celui qui a soif, je donnerai gratuitement de la source de l’eau de la vie » (Apocalypse 21, 6). J’ai soif, Seigneur, j’ai soif de Toi, de ton amour. Et tu as répondu en faisant jaillir cette source de vie éternelle qu’est ta propre Vie, qui est ton Eucharistie, sacrement par excellence de ton Amour. (lire la suite) « La Vérité nous parle, il n’est rien de plus vrai » (hymne Adoro te). L’écoute de la Parole de Dieu prédispose à recevoir notre Seigneur dans le sacrement de l’Eucharistie. Nous le voyons clairement dans l’épisode des disciples d’Emmaüs. Ils sont totalement découragés par la tournure prise par les événements qui viennent d’avoir lieu à Jérusalem lors de la grande fête annuelle de la Pâque, qui s’en est trouvée gâchée, et du renversement dramatique de la situation qui s’est produit : « L’affaire de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en parole, devant Dieu et devant tout le peuple, et comment nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont fait crucifier. Nous autres, nous avions l’espoir qu’il était celui qui délivrerait Israël. En plus de cela, on en est au troisième jour depuis que ces choses sont arrivées » (Luc 24, 18-21). Alors Jésus, qui les a rejoints sur leur route, mais en restant méconnaissable à leurs yeux de chair, se fait pédagogue et, « commençant par Moïse et continuant par tous les prophètes, il leur expliqua ce qui, dans les Écritures, le concernait » (Luc 24, 27). Ce qui, soit dit en passant, nous montre à l’évidence que le contenu de la Parole est beaucoup plus riche que nous pouvons l’imaginer et que des textes bien connus peuvent renfermer une contenu qui nous échappe jusqu’à ce que l’Esprit Saint veuille bien nous le révéler et nous éclairer… Leur cœur se réchauffe devant un panorama qu’ils n’avaient pas découvert jusque-là, malgré leur familiarité avec les textes sacrés. Ils forcent l’inconnu à descendre chez eux : « Reste avec nous, car on arrive au soir et déjà le jour décline » (Luc 24, 29). (à suivre…)

vendredi 8 août 2014

Pain et Parole (3)

Pain et Parole (3)

De sorte que nous arrivons progressivement à l’identification avec Dieu que l’Apôtre avait atteint : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est que le Christ qui vit en moi » (Galates 2, 20). Et que nous puissions dire à notre Seigneur : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 3, 34). « Je pense que l’Évangile est le Corps du Christ ; je pense que les Saintes Écritures sont son enseignement. Et quand il dit : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang » (Jean 6, 53), ses paroles se réfèrent au Mystère [eucharistique], toutefois, le Corps et le Sang du Christ sont vraiment la Parole de l’Écriture, c’est l’enseignement de Dieu. (lire la suite) Quand nous nous référons au Mystère et qu’une miette de pain tombe, nous nous sentons perdus. Et quand nous écoutons la Parole de Dieu, c’est la Parole de Dieu et le Corps et le Sang du Christ qui tombent dans nos oreilles » (saint Jérôme, In Psalmum 147). C’est une nourriture qui rassasie sans rassasier, une Parole toujours nouvelle : « Le pain qui refait les forces sans s’épuiser lui-même, le pain qui peut être mangé mais ne peut être consommé » (saint Augustin, Sermon 130, 2). Nous nous rappelons ce cri du cœur de Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 68). T’écouter, te parler, c’est déjà avoir la vie éternelle. « Le grand mal de notre époque est que l’on ne va pas vers Jésus comme vers notre sauveur et notre Dieu. L’amour pour Dieu qui n’est pas centré sur le saint sacrement de l’Eucharistie s’éteindra comme un bûcher qui n’est pas alimenté. Il faut retourner à la source, à Jésus ; non seulement à Jésus venu sur terre et glorifié dans le ciel, mais aussi et surtout à Jésus qui est toujours parmi nous dans l’Eucharistie » (saint Pierre Julien Eymard). Notre monde conspire contre cette écoute de Dieu, car il centre l’homme sur lui-même, il l’enferme dans un monde artificiel et bruyant. Or, l’écoute de Dieu suppose d’instaurer le silence intérieur : « Tu dois te taire : alors le Verbe de cette naissance pourra être prononcé en toi et tu pourras l’entendre ; mais sois bien sûr que si tu veux parler, lui doit se taire. On ne peut mieux servir le Verbe qu’en se taisant et en sortant. Si donc tu sors complètement de toi-même, Dieu entrera tout entier » (Jean Tauler, Sermon 1 pour la fête de Noël). Jésus s’adresse à nous du haut de la Croix, et il nous parle aussi, par conséquent, du tabernacle, dans lequel il s’est établi à demeure. « Ô vous qui avez soif du salut, venez aux eaux » (Isaïe 55, 1). Les eaux qui seules peuvent étancher la soif de notre âme, les eaux qui, comme le Seigneur nous le promet, sont vraiment cause de notre salut éternel. « Tout être qui se meut, partout où entrera l’eau du torrent, vivra […] : car dès que ces eaux y arriveront, les autres deviendront saines, et il y aura de la vie partout où arrivera le torrent » (Ézéchiel 47, 9). (à suivre…)

mercredi 6 août 2014

Pain et Parole (2)

Pain et Parole (2)

« Nous appelons cet aliment eucharistie, et personne ne peut y prendre part s’il ne croit à la vérité de notre doctrine, s’il n’a reçu le bain pour la rémission des péchés et la régénération, et s’il ne vit selon les préceptes du Christ. Car nous ne prenons pas cet aliment comme un pain commun et une boisson commune. De même que par la vertu du Verbe de Dieu, Jésus-Christ notre Sauveur a pris chair et sang pour notre salut, de même aussi l’aliment devenu eucharistique grâce à la prière formée pat les paroles du Christ, cet aliment qui doit nourrir par assimilation notre sang et nos chairs, est la chair et le sang de ce Jésus incarné : telle est notre doctrine » (saint Justin, Apologie 1, 66). Telle est notre conviction la plus profonde, corroborée, (lire la suite) avalisée par notre expérience et celle de nos frères et sœurs dans la foi qui adhèrent pleinement à cette réalité. Hugues de Saint-Victor s’exprime dans le même sens : « Le Verbe de Dieu revêtu de la chair humaine est apparu une seule fois de façon visible, et maintenant, chaque jour, ce même Verbe vient lui-même à nous sous le couvert d’une voix humaine. Différente, certes, est la manière dont il se fait connaître aux hommes, suivant que c’est par sa chair ou par la voix humaine. Et pourtant, d’une certaine façon, la voix du Verbe est à comprendre à présent comme la chair de Dieu l’était alors » (Hugues de Saint-Victor, Six opuscules spirituels, La Parole de Dieu 2). En participant activement au saint Sacrifice de la messe nous écoutons d’abord la Parole de Dieu que nous recevons ensuite sous une forme sacramentelle, de sorte qu’elle pénètre dans tout notre être et le façonne à son gré, « comme l’argile entre les mains du potier » (Jérémie 18, 4). C’est notre unique ambition. Nous nous abreuvons consciemment du Pain et de la Parole pour être à même de ressembler de plus en plus à notre Maître et Seigneur, de ne faire qu’un avec lui, tout comme toi, mon Père, tu es en moi, et moi en toi, pour que, eux aussi, ils soient un en nous, afin que le monde croire que tu m’as envoyé » (Jean 17, 21). Elle alimente donc toute notre existence, cette Parole. Il convient de la faire nôtre et de l’assimiler, de l’avaler en quelque sorte : « Mange ce livre, et va parler à la maison d’Israël. […] Fils d’homme, remplis ton ventre et repais tes entrailles de ce livre que je te donne. Je le mangeais et il fut dans ma bouche doux comme du miel » (Ézéchiel 3, 1.3). Cette Parole que nous entendons et sur laquelle nous nous arrêtons pour la méditer en profondeur, la retourner dans tous les sens et en tirer la « substantifique moelle » (Rabelais, Gargantua), elle nous est redonnée sous forme sacramentelle. Car elle ne fait qu’un avec Jésus-Christ réellement, authentiquement présent dans le très Saint-Sacrement. Elle est Jésus-Christ en Personne. Nous l’écoutons donc et nous la mangeons. Nous la savourons et par l’intelligence et par le cœur. (à suivre…)

lundi 4 août 2014

Pain et Parole (1)

Pain et Parole (1)

« Rien n’est plus vrai que cette Parole de Vérité » (hymne Adoro te). Quelle pauvreté dans notre langage ! Nous n’arrivons pas à exprimer correctement ce que nous ressentons et croyons de ce qui est, en effet, inexprimable en soi. Rien n’est plus vrai que cette parole, car il s’agit de la Parole, de Dieu lui-même. Et cette parole est vraiment de vérité, car elle s’identifie à la Vérité, elle est Dieu, selon ce que le Seigneur a dit : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Seule cette parole est donc vraie, authentiquement vraie. Elle seule mérite l’assentiment inconditionnel de notre intelligence et de notre volonté, l’adhésion de la foi. C’est une parole qui ne trompe pas. Elle projette une lumière d’une extraordinaire intensité sur notre chemin de vie. Car cette Parole est assurément la Lumière qui est venue dans le monde pour annihiler les ténèbres, pour renverser le cours de l’histoire et réorienter l’homme vers les choses d’en haut (cf. Colossiens 3, 1), vers son Créateur et Père. (lire la suite) Il n’est pas de parole plus exacte et plus précise, plus concrète et plus positive, plus utile et bienfaisante. Elle coule en nous comme le miel et le lait dans la Terre Promise (cf. Exode 3, 8), car elle est à elle seule la Jérusalem céleste, la nouvelle Terre de promission. Si le ciel est un « état de bonheur suprême et définitif » (Catéchisme de l’Église Catholique, n° 1024), il nous fond en Dieu, il se confond avec Dieu, qui est Bonheur infini et ineffable, qui rassasie sans rassasier, auquel nous restons suspendus dans un émerveillement qui ne cesse de s’accroître et de se renouveler, qui nous fait voler de ravissement en ravissement, qui nous fait accéder à des sommets de paix et de joie. Cette Parole est vivante, car Jésus-Christ est « le même hier et aujourd’hui, et il sera éternellement » (Hébreux 13, 8). C’est une Parole qui nourrit non seulement notre intelligence en l’éclairant sur les vérités éternelles et fondamentales, mais qui rassasie également la faim de Dieu qu’abrite notre âme. En effet, « moi je suis le pain de vie, déclare Jésus. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif » (Jean 6, 35), car nous avons là « un médicament d’immortalité, antidote de la mort et vie éternelle en Jésus-Christ » (saint Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens 20, 2). Nous ne pouvons accéder au banquet eucharistique que si nous avons accueilli au préalable la Parole de Dieu qui nous révèle la vérité profonde de ce mystère sacramentel : la Parole qui nous affirme qu’elle est elle-même réellement et substantiellement enfermée dans les espèces du pain et du vin devenus le Corps et le Sang du Verbe éternel. La foi en cette vérité centrale de notre existence chrétienne doit précéder la réception du Pain des anges. (à suivre…)

mercredi 30 juillet 2014

Le secret du Père (7)

Le secret du Père (7)

… Quand Élie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau et, étant sorti, il se tint à l'entrée de la caverne. Et voici qu'une voix se fit entendre à lui, en disant : « Que fais-tu ici, Élie ? » Il répondit : « J'ai été plein de zèle pour le Seigneur, le Dieu des armées ; car les enfants d'Israël ont abandonné votre alliance, renversé vos autels et tué par l'épée vos prophètes » (1 Rois 19, 11-14). Quant à nous, nous ne voyons ni la divinité ni l’humanité de notre Seigneur, toutes deux cachées dans l’auguste sacrement de l’Eucharistie. Nous les verrons enfin, en face à face, selon les dioptries spirituelles que nous aurons conservées. Et dans le Fils, qui nous est plus proche par sa nature humaine qu’il a voulu partager avec nous, nous verrons également le Père et le Saint-Esprit, le Très-Haut, que nous confessons être un seul Dieu. (lire la suite) « Si le Seigneur ne bâtit sa maison, en vain les maçons peinent ; si le Seigneur ne garde la ville, en vain les gardes veillent » (Psaume 126, 1). Alors, à quoi bon ? Il faut comprendre que tout ce qui est accompli en marge de Dieu, en se passant de lui, est vain encore une fois. Ce n’est qu’« airain qui résonne ou cymbale qui retentit » (1 Corinthiens 13, 1). Un peu d’humilité nous amènerait à reconnaître que ce n’est pas notre bras qui nous a sauvés, qui nous donne la victoire, « mais c’est ta droite, et ton bras » (Psaume 44, 4). Et si tu me préserves de l’ennemi, Seigneur, c’est dans une finalité bien précise, qui t’honore toujours au plus haut point. Tu dis de nous, en effet : « Je les introduirai sur ma montagne sainte, et je les réjouirai dans ma maison de prière ; leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel : car ma maison sera appelée maison de prière, pour tout le peuple » (Isaïe 55, 7). Ce sera la réjouissance absolue, que rien ne peut égaler, dont rien ne peut s’approcher, ne serait-ce qu’un peu. Ah ! Vraiment, « j’étais dans la joie quand on m’a dit : Allons à la maison du Seigneur » (Psaume 122, 1), cette maison qui est une maison de prière (cf. Matthieu 21, 13), la Maison par excellence, où la contemplation du Dieu Tout-Puissant, Un et Trine, du Dieu d’Amour, ne saurait, en effet, n’être qu’une prière permanente remplie d’allégresse. Il faut donc faire attention à tout. « Prenez garde, car vous ne savez pas quand le moment viendra » (Marc 13, 33) de se présenter devant l’Éternel et de s’entendre dire : « Rends-moi compte de ton intendance » (Luc 16, 2), de la façon dont tu as administré les talents dont je t’ai gratifié, selon tes capacités (cf. Matthieu 25, 15). Sois bien conscient de ce que je ne t’ai rien demandé d’extraordinaire ou qui passât tes forces. Car moi, qui suis fidèle, je ne permettrai « pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; en outre, avec la tentation, [je vous ménagerai] aussi la possibilité d’y échapper en ayant la force de la supporter » (1 Corinthiens 10, 13). (à suivre…) )

dimanche 6 juillet 2014

Homélie pour ce dimanche

Homélie pour ce dimanche

« Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » Il faut se faire petit devant Dieu pour être en mesure de l’accueillir en nous, tout comme lui, le Fils du Père éternel, est devenu enfant pour nous obtenir la condition d’enfant du Père par la rémission de nos péchés. Le Seigneur nous fait connaître le Père, car quiconque voit le Fils vois aussi le Père. C’est ce qu’il cherche à le faire comprendre le Jeudi Saint à l’apôtre Philippe, lui demandant de lui montrer le Père. Nous voyons le Père avec les yeux de la foi, dans cette conversation amoureuse et filiale qu’est notre prière, notre prière méditative ; nous le voyons plus intensément encore dans l’Eucharistie, dans laquelle nous croyons que le Jésus d’il y a deux mille ans, reste réellement présent avec son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité, le même hier, aujourd’hui et à tout jamais. Le Christ en qui nous voyons le Père, car il n’est qu’un seul et même Dieu avec lui dans l’unité du Saint-Esprit. (lire la suite) Dieu est un Père très aimant qui veut nous avoir avec lui dans sa joie sans fin. Nous lisons au Livre des Proverbes qu’il met ses délices à être avec les enfants des hommes, à vivre avec nous. Au cours de la dernière Cène, Jésus affirme : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui ». Et l’auteur du Livre de l’Apocalypse écrit ces paroles émouvantes : « Voici que je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je dînerai avec lui et lui avec moi. » Dieu a donc ce désir fou de partager notre existence, parce qu’il sait combien sa présence nous est nécessaire et bénéfique. Nous comprenons son insistance à nous inviter à venir avec lui : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos », texte que nous entendions aussi pour la solennité du Sacré Cœur de Jésus. Allons à lui, car avec notre Seigneur la Croix ne pèse plus ou beaucoup moins quand nous le regardons nous aimer jusqu’au bout et donner sa vie pour que nous ayons sa Vie, la vie divine, et que nous l’ayons surabondante, elle qui est la source de repos pour notre âme. « Prenez sur vous mon joug, et devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. » Notre Seigneur avait dit dans une autre circonstance : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il se renie lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. » « Prenez sur vous mon joug. » Quel joug ? La Croix précisément. La Croix qui est l’instrument du salut apportée par Dieu à l’humanité pécheresse, et qui ne doit donc pas nous effrayer. Si nous nous unissons à cette Croix, si nous la portons avec Jésus-Christ sur les chemins de notre vie, s nous la portons en enfants de Dieu que nous sommes, conscients que la Volonté de notre Père est parfaite, alors nous vérifions à quel point il est vrai que « mon joug est facile à porter et mon fardeau léger ». « Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie ! » Telle est l’exhortation du prophète Zacharie. C’est la conséquence logique de la vie chrétienne, d’une vie vécue en Dieu, tout en portant notre croix chaque jour. Si nous allons refaire nos forces auprès de notre Dieu de Bonté, « au cœur doux et humble », si nous cherchons à tuer en nous les désordres de l’homme pécheur, alors, comme nous le promet l’Apôtre, nous vivrons. Nous vivrons non seulement de la vie humaine, naturelle, mais plus encore et surtout de la vie divine, surnaturelle. Sous son influence notre existence humaine se transforme, se divinise, devient de plus en plus la vie d’un enfant de Dieu, dont l’aspiration rejoint celle du Père de vivre avec nous. L’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en nous par la grâce. Ne contristons pas l’Esprit, nous dit l’Apôtre. Mais luttons. Luttons jour après jour pour vivre notre foi dans l’émerveillement de Dieu. Luttons pour rejeter le péché de notre vie. Luttons pour progresser en sainteté. Venons nous confesser régulièrement et chaque fois que nous en ressentons plus le besoin. C’est la marque d’un amour sincère de Dieu. C’est répondre à l’invitation : « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau », qui est avant tout le poids de nos péchés. Car si nous ne nous confessons pas, quel genre de catholique sommes-nous ? Quel est notre amour de Dieu ? Comment recevoir alors le Pain de la Vie éternelle ? N’est-ce pas manger sa propre condamnation, selon ce qu’affirme saint Paul ? Venez à moi. Dans le sacrement de la réconciliation, le Seigneur nous attend avec toutes nos misères, pour nous purifier, pour nous pardonner, pour nous fortifier. Car « sans moi, vous ne pouvez rien faire », a-t-il dit. Tout en précisant que, en revanche, « tout est possible à celui qui croit ». Oui, notre Dieu est doux et humble de cœur, digne d’être aimé pour de bon. Que la Vierge Marie nous prenne par la main et nous place en face du Cœur très Sacré et Miséricordieux de Jésus ; qu’elle nous donne un plus grand amour de son Fils afin que, sous l’action de l’Esprit Saint nous nous laissions réconcilier par lui avec le Père, et que nous ouvrions ainsi toutes grandes les portes de notre âme à l’action sanctificatrice et pacifiante de notre Dieu qui n’attend que cela pour nous combler de joie dès ici bas, dans l’espérance du grand jour où nous pourrons enfin entre dans la patrie céleste et adorer face à face pour l’éternité le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.

mercredi 25 juin 2014

Remercier Dieu (4)

Remercier Dieu (4)

L’attitude eucharistique en question est la suivante : « L’attitude de remerciement doit distinguer la vie de tout homme, de tout chrétien en particulier. Les paroles du psalmiste doivent devenir les nôtres, même dans les moments d’angoisse et de douleur : « Venez, poussons des cris de joie vers le Seigneur, acclamons le rocher de notre salut, présentons-nous devant lui avec des actions de grâces, acclamons-le par des chants de joie » (Psaume 65, 1-2). Dans ses épîtres, saint Paul insistait sur ce continuel esprit de reconnaissance : « En toute circonstance, soyons dans l’action de grâces. C’est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus » (1 Thessaloniciens 5, 8). « Recherchez dans l’Esprit votre plénitude… En tout temps et à tout propos, rendez grâces à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ » (Éphésiens 5, 19-20). C’est une attitude « eucharistique » qui vous apporte la paix (lire la suite) et la sérénité dans le labeur, vous libère de tout attachement égoïste et individualiste, vous rend docile à la volonté du Très-Haut, même pour les exigences morales les plus difficiles, vous ouvre à la solidarité et à la charité universelle : elle vous fait aussi comprendre l’absolue nécessité de la prière et surtout de la vie eucharistique dans la fréquentation de la sainte messe, l’acte de remerciement par excellence, pour vivre et témoigner avec cohérence la propre foi chrétienne. Remercier veut dire croire, aimer, donner ! Et avec joie, généreusement » (Jean-Paul II, Homélie à la « Journée de remerciement » des agriculteurs, Rome, 9 novembre 1980). Le cas des dix lépreux n’est pas unique, parce que dès que la situation est rétablie, dès que la difficulté a disparu, dès que l’obstacle a été levé, l’homme oublie son bienfaiteur et se replonge dans son égoïsme et son autosuffisance : « Le résultat a été atteint. Ensuite, comme dit le proverbe italien : passato il pericolo, gabatto il santo (une fois le péril passé, tout le monde se moque du saint) (Charles de Gaulle, « Allocution au Congrès des étudiants R.P.F. », 7 mars 1949, Lettres, notes et carnets. 8 Mai 1945-18 Juin 1951, Paris, Plon, 1984, p. 343). Pourtant le cadre général de notre vie n’a subi aucune modification. Qu’il pleuve ou que le soleil brille, qu’il souffle un vent de tempête ou que le calme plat règne, nous sommes et nous restons essentiellement entre les mains de Dieu, dont la Providence admirable continue de nous gouverner avec une sagesse infinie. Par conséquent, les motifs subsistent intégralement pour manifester à notre grand Dieu notre reconnaissance pour tout ce que la vie nous réserve et nous dévoile progressivement grâce à lui et à la mesure de nos forces. Car tout est grâce. Tout est don divin. Les épreuves, y compris, comme les saints en sont bien conscients. Et si nous nous habituons à remercier filialement notre Dieu pour toute chose, pour tout événement agréable ou non aux yeux des hommes, pour toute rencontre, plaisante ou non, pour tout travail couronné de succès ou apportant une déconvenue, et ainsi de suite, en nous habituant donc à remercier Dieu en tout, notre vie est joyeuse, profondément heureuse, et rien ne peut venir altérer ce bonheur qui s’enracine dans notre condition d’enfant de Dieu. N’est-il pas vrai que les remerciements que l’on nous adresse pour un service que nous avons rendu nous font plaisir ? Et que nous restons sur notre faim s’ils ne viennent pas, même si peu importe, en définitive, que l’on nous remercie ou pas, car ce qui compte avant tout, c’est d’agir de façon désintéressée, pour la gloire de Dieu. Mais c’est affaire de politesse élémentaire, de bonne éducation. (à suivre…)

jeudi 19 juin 2014

Remercier Dieu (1)

Remercier Dieu (1)

Dieu attend que l’homme le remercie de tous les bienfaits dont il le comble sans interruption, avant même sa naissance. En effet, il nous a « élus en lui, dès avant la création du monde, pour que nous soyons saints et sans tache à ses yeux dans la charité » (Éphésiens 1, 4). C’est-à-dire que nous sommes présents, tout autant que nous sommes, de toute éternité à l’esprit et au cœur de notre Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux. La portée de cette affirmation, que nous devons formuler, nous échappe, à un epsilon près. Elle est on ne peut plus véridique cependant. Le premier don que Dieu nous a fait est donc de penser continuellement à nous et de projeter éternellement de nous faire venir un jour à l’existence, à un moment précis de l’histoire éphémère de notre monde terrestre. Ce premier don est double en réalité (lire la suite), car il comporte la décision fermement arrêtée, évidemment éternelle elle aussi, d’envoyer son Fils unique Jésus-Christ nous racheter du péché, car, à l’heure où nous ferions notre apparition sur terre, notre nature humaine aurait été sérieusement gâtée par la désobéissance stupide et complètement irresponsable de nos premiers parents. Cela devrait nous suffire pour passer notre vie tout entière à remercier Dieu. Mais il sait bien, échaudé par l’expérience vécue avec Adam et Ève, que nous sommes facilement ingrats, et que nous nous attribuons avec désinvolture les bienfaits qui viennent de lui. Aussi, sans nous forcer la main – il s’en voudrait de nous imposer quoi que ce soit, lui qui est le parangon de la liberté, qui est la Liberté même – a-t-il prévu, en accord avec son Fils et avec son Esprit Saint, que la deuxième Personne de la Très Sainte Trinité s’incarnerait et que, tout en remontant au ciel au moment fixé, elle resterait sur terre sous la forme sacramentelle d’action de grâces par excellence qu’est la sainte Eucharistie. La sainte messe, mystère de la présence réelle de notre Seigneur Jésus-Christ, qui rend présent le Sacrifice du Calvaire, est la source et le sommet de toute la vie spirituelle du chrétien. Toute notre journée, avec chacun de ses événements, de ses activités, ou de ses rencontres, de ses joies et de ses déceptions, de sa fatigue et de ses loisirs, se donne rendez-vous en quelque sorte à la messe De la sorte, chaque jour qui passe n’est qu’une marque de reconnaissance sans solution de continuité. En instituant le Jeudi Saint ce sacrement dont l’essence est d’être une action de grâces rendue au Père en hommage pour toutes ses marques d’amour envers sa création, en particulier envers les hommes, Jésus-Christ manifeste à l’évidence que Dieu attend des remerciements. Des remerciements qui, si nous nous arrêtons à y penser quelques secondes, sont on ne peut plus logiques. Il est un point que nous devrions soigner beaucoup plus que nous ne le faisons, sur lequel nous devrions faire preuve d’une bien plus grande délicatesse envers le Seigneur. Je veux parler de l’action de grâces après la messe, après avoir reçu le Corps du Seigneur dans la sainte communion. Rares sont les fidèles qui y attachent de l’importance. Nous savons pourtant que l’hostie que nous avons reçue se dissout en nous environ dix minutes après l’avoir reçue. Certes, le prêtre observe en principe un bref temps de silence et de recueillement avant de prononcer la prière après la communion. Mais cet instant est largement insuffisant pour arriver aux dix minutes requises par l’amour. (à suivre…)