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jeudi 20 juin 2013

Évangile, porte du salut (3)

Évangile, porte du salut (3)

Il est vrai que, dans le domaine moral, un mal ne peut jamais devenir un bien, et doit donc être toujours rejeté résolument. Il faut être prévenu contre un faux attendrissement qui amène à faire le mal sous prétexte d’obtenir un bien, pour des motifs de charité prétendue. Or, la charité consiste à aimer Dieu en premier : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C'est là le plus grand et le premier commandement » (Matthieu 22, 37-38). Jamais, dans aucun contexte et à aucun titre, nous ne pouvons agir mal délibérément. « Il te fera pousser épines et chardons, et tu mangeras l’herbe des champs. À la sueur de ton front tu mangeras du main, jusqu’à ton retour au sol, car de lui tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras en poussière » (Genèse 3, 16-19). (lire la suite) C’est une situation inéluctable. Les choses étant ce qu’elles sont, la douleur fait partie intégrante de notre existence. Elle est un châtiment. Mais nous pouvons la sublimer, à partir du moment où le Christ l’a volontairement assumée et transformée, la retournant contre l’auteur même du mal, satan, lucifer, le prince des démons infernaux. Quand nous comprenons cela, il apparaît évident que la présence de la souffrance dans notre vie ne signifie pas que Dieu ne nous aime pas. C’est tout le contraire. La transformation de la Croix en instrument de Rédemption montre qu’en l’aimant, en nous y associant, nous sommes vraiment les enfants de Dieu dans le Fils et que notre vie a de la valeur à ses yeux. « Jésus prie dans le jardin : Pater mi (Matthieu 26, 39), Abba, Pater ! (Marc 14, 36). Dieu est mon Père, même s’Il m’envoie des souffrances. Il m’aime tendrement, alors même qu’Il me blesse. Jésus souffre, pour accomplir la Volonté du Père... Et moi qui veux aussi accomplir la très sainte Volonté de Dieu en marchant dans les traces du Maître, pourrais-je me plaindre si je rencontre la souffrance comme compagne de route ? Elle sera le meilleur signe de ma filiation, puisqu’Il me traite comme son Divin Fils. Et alors, comme Lui, je pourrai gémir et pleurer, tout seul, dans mon Gethsémani ; mais, prostré la face contre terre et reconnaissant mon néant, je ferai monter vers le Seigneur un cri sorti du fond de mon âme : Pater mi, Abba, Pater, ... fiat ! » (saint Josémaria, Chemin de Croix, 1e station, point de méditation n° 1). C’est effectivement une grande révolution. La seule qui mérite ce nom et qui débouche sur quelque chose de vraiment constructif et de durable. (à suivre…)

vendredi 8 janvier 2010

Arrêts sur christianisme (43)

Arrêts sur christianisme (43)

Quand nous critiquons une pensée comme celle des communistes, il faut que nous fassions très attention à rejeter ce qui est perversion et à ne pas rejeter ce qui est un héritage et une dégradation de notre pensée chrétienne. La foi dans un sens de l'Histoire, cette foi profonde qu'à travers toutes les révolutions, à travers tous les drames que nous traversons, il y a quelque chose qui mûrit, quelque chose qui se fait et qui va dans le sens du bien est essentiellement une vue chrétienne. C'est un devoir pour nous aujourd'hui, (lire la suite) au milieu de tous les désespoirs et de toutes les déceptions apparentes, de maintenir cet optimisme foncier, de le maintenir non seulement aussi mais plus que les autres, parce que nous savons plus que personne qu'à travers tous les drames la Cité de Dieu s'édifie mystérieusement, par des voies qui ne sont pas les nôtres, mais avec une certitude inflexible, parce que Dieu est fidèle à sa promesse. Nous savons que le Verbe de Dieu est à l'œuvre dans le monde, réalisant son plan, et que ce plan s'accomplira irrévocablement et que toutes les nations un jour seront réunies dans le royaume du Père.

Jean Daniélou, Le mystère de l'Avent, Paris, Éditions du Seuil, 1948, p. 19-20.

lundi 6 avril 2009

Jésus-Christ veut librement la mort

Jésus-Christ veut librement la mort

Quelques analogies permettront à nos contemporains de comprendre pourquoi Ieschoua va librement au supplice de la croix. Lorsqu’un « résistant », dans un pays occupé quelconque, travaille pour libérer sa patrie, il sait ce qu’il risque : tomber entre les mains de la police d’occupation, être torturé, être exécuté. S’il poursuit néanmoins sa tâche, Ce n’est pas qu’il aime la torture ou la mort. C’est qu’il ne peut pas accomplir sa tâche sans encourir ce risque, dans les conditions historiques où il se trouve placé.
Autre exemple : Lorsqu’un médecin, un chercheur, (lire la suite) choisit de travailler sur des problèmes médicaux qui impliquent qu’on se serve, dans les expériences, de substances radioactives, il sait, il savait surtout il y a quelques années encore, ce qu’il risque. Si cependant il poursuit ses recherches dans cette voie, avec les risques que cela comporte, ce n’est pas qu’il aime la leucémie provoquée par les substances radioactives. C’est qu’il veut aboutir à un certain résultat, et pour obtenir ce résultat, il faut faire ce qu’il fait, et cela comporte des risques.
Il en était de même pour Ieschoua. L’humanité étant ce qu’elle est, à partir du moment où l’on veut lui communiquer un enseignement, un ensemble de vérités, projeter une lumière, qui dérangent certains intérêts puissants, on soulève une haine, on provoque une réaction, qui est violente et souvent meurtrière. Ieschoua n’est pas, loin de là, la seule victime de cette loi générale. Tout homme, encore une fois, qui essaie de faire passer la vérité, dans l’ordre scientifique, dans l’ordre politique, dans l’ordre historique, dans l’ordre économique, ou ailleurs — en médecine, en pédagogie, dans tous les domaines de l’existence humaine — tout homme qui travaille pour la justice, rencontre des intérêts, politiques, économiques, intellectuels, ou autres, qui font obstacle et qui résistent. La résistance est d’autant plus violente que les intérêts en jeu sont plus puissants et que la lumière introduite est plus bouleversante, plus révolutionnaire.
Ieschoua a assumé librement cette loi. Encore une fois, il pouvait se dispenser de l’assumer, et il pouvait finir ses jours tranquillement. Il pouvait aussi, pourquoi pas ? se marier et « faire des affaires », avoir une « bonne situation », devenir un personnage honorable dans son milieu. Il a choisi d’être vagabond, sans feu ni lieu, sans propriété, et il a choisi la fin des criminels, la potence. Il pouvait se dispenser de faire ces choix, mais alors il fallait aussi renoncer à enseigner ce qu’il enseignait. Il fallait renoncer à communiquer à l’humanité ce qu’il lui avait communiqué. L’humanité étant ce qu’elle est, si on veut lui communiquer cet enseignement, il faut savoir qu’on rencontre une résistance. Ieschoua le savait, et il a choisi.

Claude Tresmontant, L’Enseignement de Ieschoua de Nazareth, Paris, Seuil, 1970, p. 246-247.

dimanche 18 novembre 2007

L'essence du communisme (2)


L'essence du communisme (2)

La politique n’est plus un secteur de la vie humaine mais détermine alors tout l’étant. Les démocraties parlementaires dénoncent ce totalitarisme au nom de la séparation des pouvoirs. Elles prétendent ainsi incarner la moralité. Mais elles sont inconscientes du caractère identique de la puissance moderne d’un point de vue métaphysique qui les détermine aussi.
En effet, la démocratie se réclame d’un idéal défini par le « peuple ». On fait comme si la puissance était dans les mains du peuple. Cette apparence (lire la suite) est nécessaire au déploiement de la puissance politique. L’apparence démocratique est cultivée par les gouvernants comme par les gouvernés. En réalité, la puissance n’est dans les mains de personne mais on prétend qu’elle est dans les mains de tous. Bien sûr, ce voilement de la possession de la puissance se rencontre d’abord dans le despotisme et la dictature où il est plus patent que dans les démocraties.
On croit naïvement que le dictateur agit selon son bon plaisir. C’est faux. Il exécute les exigences de sa puissance. La dictature se ferme pour préserver sa puissance et elle doit tout ramener à une forme unique. Elle a besoin d’égaliser tous les individus dans le collectif pour les besoins de sa puissance planificatrice.
C’est justement cette prise du pouvoir par la puissance grâce à la machination inconditionnée qui est l’essence métaphysique du communisme. Il ne s’agit pas là de ses aspects politiques, sociologiques ou idéologiques. Le communisme évoqué ici est le communisme vu du point de vue de l’histoire de l’être. C’est le communisme dans son essence métaphysique.
Certes, le communisme se définit habituellement comme la communauté des égaux. Il a pour finalité d’intégrer chaque individu dans la moyenne de tous. Politiquement, cela s’accomplit par un processus qui s’appelle la révolution. Celle-ci doit transformer la société bourgeoise en société sans classes. Le programme comporte l’étatisation des banques, le partage des propriétés foncières, la dissolution des monastères, et surtout le remplacement de la culture générale par la spécialisation.
On libère ainsi l’homme masse qui prend le pouvoir à travers le parti unique. Le comportement des individus est unifié et égalisé. C’est cela, la prise du pouvoir par le « peuple ».Le prolétariat est « libéré » mais c’est pour devenir utile au pouvoir, toutefois il n’en a pas conscience. Il est prisonnier d’une vision du monde, une « Weltanschauung », qui exige la conscience de classe, l’obéissance au parti, la promotion du progrès, la création de la culture. Une sorte de sorcellerie impose l’uniformité et l’égalité.

(à suivre...)