L'humilité de Marie (1)
L'humilité de Marie (1)
Nous sommes indignés d'une telle réaction. Ce que Jésus veut nous faire comprendre en premier lieu, c'est la grande miséricorde de son Père. Il accueillera toujours un pécheur repentant. Mais il est des vertus qui ont sa prédilection, des dispositions de l'âme qui touchent profondément son Cœur et l'amènent à déverser ses grâces avec encore plus d'abondance, dans des inventions d'Amour inattendues.
Nous en avons un clair exemple avec Marie. La Sainte Vierge fait à Dieu le don de sa maternité, en se proposant de rester vierge pour n'appartenir qu'à lui, tout en étant officiellement et réellement mariée à Joseph. Ce renoncement n'est pas peu de chose. De plus, ce n'est pas une décision statique, figée, mais qu'elle est amenée à réaffirmer, ne serait-ce qu'en voyant autour d'elle ses amies se marier les unes plus après les autres et commencer à avoir des enfants.
Pourtant, comme saint Bernard le fait remarquer, ce qui attire l'attention de Dieu, ce qui le frappe en quelque sorte chez Marie, ce n'est pas cette virginité, dont il lui est bien évidemment très reconnaissant, qu'il agrée. Non, ce n'est pas cela. Ce qui l'amène à jeter son dévolu sur Marie pour qu'elle devienne la Mère de Dieu le Fils devenu homme, c'est son humilité. Marie a été l'humble cause de note salut.
Cette observation de saint Bernard est tout à fait judicieuse, et bien dans l'esprit de Dieu, qui « s'est anéanti prenant lui-même condition d'esclave » (Philippiens 2, 7). Il lui fallait une Marie qui fût humble pour accepter de partager un tel abaissement, pour comprendre l'incompréhensible et ne pas céder à la tentation du doute. Seul quelqu'un de foncièrement humble pouvait ne pas s'étonner que Dieu vienne à elle, vienne en elle. Sa virginité entrait dans les plans de Dieu. Elle était nécessaire pour que l'Enfant qu'elle allait concevoir et qu'on appellerait « Fils du Très-Haut » (Luc 1, 32) soit le fruit de son Amour, le fruit de l'Esprit Saint. Mais il fallait plus encore l'humilité de Marie, pour qu'elle soit à même d'accepter une mission qui dépassait largement le capacités humaines. Habituée à se sentir toute petite devant Dieu, elle comprit aussitôt, elle pouvait comprendre que le Seigneur fasse en elle de grandes choses. Tout cela n'était pas d'elle, mais bien une œuvre divine.
(à suivre...)
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