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vendredi 6 juin 2008

Eusebe de Cesaree (2)

Eusèbe de Césarée (2)

Nous pouvons nous demander de quelle façon il a structuré et avec quelles intentions il a rédigé cette œuvre nouvelle. Au début de son premier livre, l'historien dresse avec précision la liste des thèmes qu'il entend traiter dans son œuvre : « Je me suis proposé de mettre par écrit les successions des saints apôtres et les temps écoulés, à partir de ceux de notre Sauveur jusqu'à nous ; toutes les grandes choses que l'on dit avoir été accomplies au cours de l'histoire de l'Église ; tous ceux qui ont dirigé et guidé de manière éminente les plus illustres diocèses ; et ceux qui, (lire la suite) au cours de chaque génération, ont été des messagers de la Parole divine à travers la parole et les écrits ; quelles et combien ont été les personnes, et à quelle époque, qui, poussées par un désir de nouveauté, après avoir persévéré le plus possible dans l'erreur, sont devenues des interprètes et des promoteurs d'une fausse doctrine, et comme des loups cruels, ont dévasté sans pitié le troupeau du Christ ; ... et le nombre et les moyens avec lesquels, et à quelle époque, la Parole divine fut combattue par les païens ; et les grands hommes qui, pour la défendre, sont passés à travers de dures épreuves de sang et de tortures ; et, enfin, les témoignages de notre temps, et la miséricorde et la bienveillance de notre Sauveur envers nous tous » (1, 1, 1-2). Eusèbe traite de divers secteurs la succession des Apôtres comme ossature de l'église, la diffusion du message, les erreurs, puis les persécutions de la part des païens et les grands témoignage qui sont la lumière de cette Histoire. Dans tout cela transparaissent pour lui la miséricorde et la bienveillance du Sauveur. Eusèbe inaugure ainsi l'historiographie ecclésiastique, poussant son récit jusqu'en 324, année où Constantin, après la défaite de Licinius, fut acclamé unique empereur de Rome.
C'est l'année précédant le grand Concile de Nicée qu'il offre ensuite la Summa de ce que l'église - d'un point de vue doctrinal, moral et aussi juridique - avait appris au cours de ses 300 ans.

(à suivre...)

jeudi 5 juin 2008

Eusebe de Cesaree (1)

Eusèbe de Césarée (1)

Dans l'histoire du christianisme antique, la distinction entre les trois premiers siècles et ceux qui suivirent le Concile de Nicée de 325, le premier Concile œcuménique, est fondamentale. Presque comme une « charnière » entre les deux périodes se trouvent ce qu'on appelle le « tournant constantinien » et la paix de l'Église, ainsi que la figure d'Eusèbe, évêque de Césarée en Palestine. Il fut le représentant le plus qualifié de la culture chrétienne de son époque dans des contextes très variés, de la théologie à l'exégèse, de l'histoire à l'érudition. Eusèbe est en particulier célèbre comme le premier historien du christianisme, mais il fut également le plus grand philologue de l'Église antique. (lire la suite)
À Césarée, où il faut probablement situer autour de 260 la naissance d'Eusèbe, Origène s'était réfugié en arrivant d'Alexandrie, et c'est là qu'il avait fondé une école et une importante bibliothèque. C'est précisément sur ces livres que devait se former, quelques décennies plus tard, le jeune Eusèbe. En 325, en tant qu'évêque de Césarée, il joua un rôle important dans le Concile de Nicée. Il en approuva le Credo et l'affirmation de la pleine divinité du Fils de Dieu, défini pour cela « de la même substance » que le Père (homooúsios tõ Patrí). C'est pratiquement le même Credo que nous récitons chaque dimanche dans la sainte Liturgie. Admirateur sincère de Constantin, qui avait donné la paix à l'Église, Eusèbe en reçut à son tour l'estime et la considération. Il célébra l'empereur, non seulement dans ses œuvres, mais également dans des discours officiels, prononcés lors du vingtième et du trentième anniversaire de son accession au trône, et après sa mort, qui eut lieu en 337. Deux ou trois ans plus tard, Eusèbe mourut lui aussi.
Chercheur inlassable, dans ses nombreux écrits, Eusèbe se propose de réfléchir et de faire le point sur trois siècles de christianisme, trois siècles vécus sous la persécution, en puisant largement aux sources chrétiennes et païennes conservées en particulier dans la grande bibliothèque de Césarée. Ainsi, malgré l'importance objective de ses œuvres apologétiques, exégétiques et doctrinales, la réputation éternelle d'Eusèbe reste surtout liée aux dix livres de son Histoire ecclésiastique. C'est le premier qui a écrit une Histoire de l'Église, qui reste fondamentale grâce aux sources qu'Eusèbe a mises à notre disposition pour toujours. Avec cette Histoire, il réussit à sauver d'un oubli certain de nombreux événements, personnages et œuvres littéraires de l'Église antique. Il s'agit donc d'une source primordiale pour la connaissance des premiers siècles du christianisme.

(à suivre...)

mercredi 4 juin 2008

Le « Credo prophetique »

Le « Credo prophétique »

Le thème iconographique de la rencontre de l'Ancien et du Nouveau Testament est développé à partir du XIIIe siècle, et s'appuie sur les écrits des théologiens. Parmi d'autres, Bernard de Chartres écrivait : « Nous voyons plus loin que nos aînés. Nous sommes comme des nains montés sur des épaules de géants, en sorte que nous pouvons voir des choses plus nombreuses et plus éloignées qu’eux, non par la pénétration de notre propre vue ou par l’élévation de notre taille, mais parce qu’ils nous soulèvent et nous exhaussent de leur hauteur gigantesque. » L'apôtre sur les épaules du prophète montre que le Nouveau Testament s'appuie sur l'Ancien Testament.
Il semble que ce thème soit surtout présent dans le monde germanique. (lire la suite) Il figure - nous sommes au XIIIème siècle - sous la forme recherchée (douze prophètes servant de support aux douze apôtres) au portail des princes de la cathédrale de Bamberg, sur les fonts baptismaux de la cathédrale de Meersburg. On le retrouve, mais sous forme de médaillons juxtaposés, sur la châsse de saint Héribert, à Cologne.
L'origine en serait une fresque romaine de Saint-Sébastien in Pallara, en fait San Sebastiano al Palatino, dont des restes de fresques du Xe s. se trouvent dans l'actuelle église Santa Maria in Pallara.
La présence des prophètes et des apôtres, non superposés, est fréquente aux ébrasements des portails et aux voussoirs des églises. On verra les piédroits de la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle (prophètes à gauche, apôtres à droite), les sculptures côte à côte dans les fenêtres hautes de la basilique Saint-Remi, à Reims ; cathédrale des trois apôtres à Saint-Claude (stalles) ; trumeau de Chartes (apôtres) et portail nord (prophètes) ; porche de la cathédrale de Tarragone ; déambulatoire de la cathédrale d'Albi ; portail du Beau Dieu à la cathédrale d'Amiens ; portail sud de la cathédrale de Bourges, etc.
Ce sujet est également fréquemment traité dans les verrières, notamment à la cathédrale de Bourges, celle de Chartres.

Voir Louis RÉAU, Iconographie de l'art chrétien, 3 tomes en 6 vol., Kraus Reprint (Millwood NY), et les ouvrages d'Émile MÂLE sur l'histoire de l'art religieux.

mardi 3 juin 2008

Saint Justin (3)

Saint Justin (3)

De fait, la religion païenne ne parcourait pas les voies du Logos mais s'obstinait sur celles du mythe, même si celui-ci était reconnu par la philosophie grecque comme privé de consistance dans la vérité. C'est pourquoi le crépuscule de la religion païenne était inéluctable : il découlait comme une conséquence logique du détachement de la religion - réduite à un ensemble artificiel de cérémonies, de conventions et de coutumes - de la vérité de l'être. Justin, et avec lui les autres apologistes, marquèrent la prise de position nette de la foi chrétienne pour le Dieu des philosophes contre les faux dieux de la religion païenne. C'était le choix pour la vérité de l'être, contre le mythe de la coutume. Quelques décennies après Justin, Tertullien définit le même choix des chrétiens (lire la suite) avec la sentence lapidaire et toujours valable : « Dominus noster Christus veritatem se, non consuetudinem, cognominavit - le Christ a affirmé être la vérité, non la coutume » (De virgin. vle. 1, 1). On notera à ce propos que le terme consuetudo, ici employé par Tertullien en référence à la religion païenne, peut être traduit dans les langues modernes par les expressions « habitude culturelle », « mode du temps ».
À une époque comme la nôtre, marquée par le relativisme dans le débat sur les valeurs et sur la religion - tout comme dans le dialogue interreligieux -, il s'agit là d'une leçon à ne pas oublier. Dans ce but, je vous repropose - et je conclus ainsi - les dernières paroles du mystérieux vieillard rencontré par le philosophe Justin au bord de la mer : « Prie avant tout pour que les portes de la lumière te soient ouvertes, parce que personne ne peut voir et comprendre, si Dieu et son Christ ne lui accordent pas de comprendre » (Dial. 7, 3).

Benoît XVI, Audience générale, 21 mars 2007.

lundi 2 juin 2008

Saint Justin (2)

Saint Justin (2)

Ces deux œuvres - les deux Apologies et le Dialogue avec le Juif Tryphon - sont les seules qui nous restent de lui. Dans celles-ci, Justin entend illustrer avant tout le projet divin de la création et du salut qui s'accomplit en Jésus-Christ, le Logos, c'est-à-dire le Verbe éternel, la raison éternelle, la Raison créatrice. Chaque homme, en tant que créature rationnelle, participe au Logos, porte en lui le « germe » et peut accueillir les lumières de la vérité. Ainsi, le même Logos, qui s'est révélé comme dans une figure prophétique aux juifs dans la Loi antique, s'est manifesté partiellement, comme dans des « germes de vérité », également dans la philosophie grecque. A présent, conclut Justin, étant donné que le christianisme est la manifestation historique et personnelle (lire la suite) du Logos dans sa totalité, il en découle que « tout ce qui a été exprimé de beau par quiconque, nous appartient à nous chrétiens » (2 Apol. 13, 4). De cette façon, Justin, tout en contestant les contradictions de la philosophie grecque, oriente de façon décidée vers le Logos toute vérité philosophique, en justifiant d'un point de vue rationnel la « prétention » de vérité et d'universalité de la religion chrétienne. Si l'Ancien Testament tend au Christ comme la figure oriente vers la réalité signifiée, la philosophie grecque vise elle aussi au Christ et à l'Évangile, comme la partie tend à s'unir au tout. Et il dit que ces deux réalités, l'Ancien Testament et la philosophie grecque, sont comme les deux voies qui mènent au Christ, au Logos. Voilà pourquoi la philosophie grecque ne peut s'opposer à la vérité évangélique, et les chrétiens peuvent y puiser avec confiance, comme à un bien propre. C'est pourquoi mon vénéré prédécesseur, le Pape Jean-Paul II, définit Justin comme « pionnier d'une rencontre fructueuse avec la pensée philosophique, même marquée par un discernement prudent », car Justin, « tout en conservant même après sa conversion, une grande estime pour la philosophie grecque, [...] affirmait avec force et clarté qu'il avait trouvé dans le christianisme "la seule philosophie sûre et profitable » (Dialogue, 8, 1) » (Fides et ratio, n° 38).
Dans l'ensemble, la figure et l'œuvre de Justin marquent le choix décidé de l'Église antique pour la philosophie, la raison, plutôt que pour la religion des païens. Avec la religion païenne en effet, les premiers chrétiens refusèrent absolument tout compromis. Ils estimaient qu'elle était une idolâtrie, au risque d'être taxés d'« impiété » et d'« athéisme ». Justin en particulier, notamment dans sa première Apologie, conduisit une critique implacable à l'égard de la religion païenne et de ses mythes, qu'il considérait comme des « fausses routes » diaboliques sur le chemin de la vérité. La philosophie représenta en revanche le domaine privilégié de la rencontre entre paganisme, judaïsme et christianisme précisément sur le plan de la critique contre la religion païenne et ses faux mythes. « Notre philosophie... » : c'est ainsi, de la manière la plus explicite, qu'un autre apologiste contemporain de Justin, l'évêque Méliton de Sardes en vint à définir la nouvelle religion (ap. Hist. Eccl. 4, 26, 7).

(à suivre...)

dimanche 1 juin 2008

Saint Justin (1)

Saint Justin (1)

Aujourd'hui, avec le pape Benoît XVI, « nous parlons de saint Justin, philosophe et martyr, le plus important des Pères apologistes du IIe siècle. Le terme « apologiste » désigne les antiques écrivains chrétiens qui se proposaient de défendre la nouvelle religion des lourdes accusations des païens et des Juifs, et de diffuser la doctrine chrétienne dans des termes adaptés à la culture de leur époque. Ainsi, chez les apologistes est présente une double sollicitude : celle, plus proprement apologétique, de défendre le christianisme naissant (apologhía en grec signifie précisément « défense »), et celle qui propose une sollicitude "missionnaire" (lire la suite) qui a pour but d'exposer les contenus de la foi à travers un langage et des catégories de pensée compréhensibles par leurs contemporains.
Justin était né aux environs de l'an 100 près de l'antique Sichem, en Samarie, en Terre Sainte ; il chercha longuement la vérité, se rendant en pèlerinage dans les diverses écoles de la tradition philosophique grecque. Finalement, - comme lui-même le raconte dans les premiers chapitres de son Dialogue avec Tryphon - un mystérieux personnage, un vieillard rencontré sur la plage de la mer, provoqua d'abord en lui une crise, en lui démontrant l'incapacité de l'homme à satisfaire par ses seules forces l'aspiration au divin. Puis il lui indiqua dans les anciens prophètes les personnes vers lesquelles se tourner pour trouver la voie de Dieu et la « véritable philosophie ». En le quittant, le vieillard l'exhorta à la prière, afin que lui soient ouvertes les portes de la lumière. Le récit reflète l'épisode crucial de la vie de Justin : au terme d'un long itinéraire philosophique de recherche de la vérité, il parvint à la foi chrétienne. Il fonda une école à Rome, où il initiait gratuitement les élèves à la nouvelle religion, considérée comme la véritable philosophie. En celle-ci, en effet, il avait trouvé la vérité et donc l'art de vivre de façon droite. Il fut dénoncé pour cette raison et fut décapité vers 165, sous le règne de Marc Aurèle, l'empereur philosophe auquel Justin lui-même avait adressé l'une de ses Apologies.

(à suivre...)

samedi 31 mai 2008

31 mai : La Visitation

31 mai : La Visitation

Comme toute mère, Marie contemple son Fils, se met à genoux à ses côtés, trouvant qu'il est le plus beau de tous les bébés. Elle adore le Fils de Dieu, qui est son propre fils ! Allez y comprendre quelque chose ! Elle est en plein mystère. Elle croit cependant. Elle croit parce qu'il lui a été révélé que cet Enfant est le Fils du Dieu Très-Haut (cf. Luc 1, 32). (lire la suite)
C'est un mystère, le plus élevé de tous, mais un mystère qui a une transcription dans l'espace et dans le temps. Son Fils, Jésus, est le Messie d'Israël et le Sauveur de toute l'humanité.
Agenouillée, Marie adore l'Enfant. Elle ne cessera jamais d'adorer Jésus, le « fils du charpentier » (Matthieu 13, 55), charpentier lui-même, devenu rabbi un jour. Car c'est le même, c'est le Messie qui croît « en taille, en sagesse et en grâce » (Luc 2, 52) sous ses yeux, pour le comble de son émerveillement.
Quelle action de grâces fuse constamment du Cœur de Marie, avec la force incompressible avec laquelle un volcan libère la lave qu'il renferme. Oui, une explosion de joie, de reconnaissance, une ivresse d'adoration. Magnificat. Ah ! oui. Magnificat anima mea Dominum (Luc 1, 46). Comme nous le comprenons ! )

vendredi 30 mai 2008

Saint Irenee de Lyon (2)

Saint Irénée de Lyon (2)

En s'enracinant solidement dans la doctrine biblique de la création, Irénée réfute le dualisme et le pessimisme gnostique qui sous-évaluaient les réalités corporelles. Il revendiquait fermement la sainteté originelle de la matière, du corps, de la chair, ainsi que de l'esprit. Mais son œuvre va bien au-delà du rejet de l'hérésie : on peut dire, en effet, qu'il se présente comme le premier grand théologien de l'Église, qui a créé la théologie systématique ; lui-même parle du système de la théologie, c'est-à-dire de la cohérence interne de toute la foi. Au centre de sa doctrine réside la question de la « règle de la foi » et de sa transmission. (lire la suite) Pour Irénée, la « règle de la foi »" coïncide en pratique avec le Credo des Apôtres et nous donne la clé pour interpréter l'Évangile, pour interpréter le Credo à la lumière de l'Évangile. Le symbole apostolique, qui est une sorte de synthèse de l'Évangile, nous aide à comprendre ce qu'il veut dire, et la façon dont nous devons lire l'Évangile lui-même.
En effet, l'Évangile prêché par Irénée est celui qu'il a reçu de Polycarpe, évêque de Smyrne, et l'Évangile de Polycarpe remonte à l'Apôtre Jean, dont Polycarpe était le disciple. Et ainsi, le véritable enseignement n'est pas celui inventé par les intellectuels au-delà de la foi simple de l'Église. Le véritable Évangile est celui enseigné par les évêques qui l'ont reçu des Apôtres à travers une chaîne ininterrompue. Ceux-ci n'ont rien enseigné d'autre que précisément cette foi simple, qui est également la véritable profondeur de la révélation de Dieu. Ainsi, nous dit Irénée, il n'existe pas de doctrine secrète derrière le Credo commun de l'Église. Il n'existe pas de christianisme supérieur pour les intellectuels. La foi publiquement confessée par l'Église est la foi commune de tous. Seule cette foi est apostolique, elle vient des Apôtres, c'est-à-dire de Jésus et de Dieu. En adhérant à cette foi transmise publiquement par les Apôtres à leurs successeurs, les chrétiens doivent observer ce que les évêques disent, ils doivent suivre en particulier l'enseignement de l'Église de Rome, prééminente et très ancienne. Cette Église, en raison de son origine antique, possède un caractère apostolique suprême; en effet, elle tire son origine des piliers du Collège apostolique, Pierre et Paul. Toutes les Églises doivent être en accord avec l'Église de Rome, en reconnaissant en elle la mesure de la véritable tradition apostolique, de l'unique foi commune de l'Église. A travers ces arguments, ici brièvement résumés, Irénée réfute à leur racine même les prétentions de ces gnostiques, de ces intellectuels : avant tout, ils ne possèdent pas une vérité qui serait supérieure à celle de la foi commune, car ce qu'ils disent n'est pas d'origine apostolique, mais est inventé par eux; en second lieu, la vérité et le salut ne sont pas le privilège et le monopole de quelques personnes, mais tous peuvent y parvenir à travers la prédication des successeurs des Apôtres, et surtout de l'évêque de Rome. En particulier - toujours en remettant en question le caractère « secret » de la tradition gnostique, et en soulignant ses effets multiples et contradictoires entre eux - Irénée se préoccupe d'illustrer le concept authentique de Tradition apostolique, que nous pouvons résumer en trois points.

(à suivre...)

jeudi 29 mai 2008

La saintete de la vie ordinaire (3)

La sainteté de la vie ordinaire (3)

Quand nous voyons à quel point la tâche de notre sanctification est simple, nous nous remplissons de reconnaissance envers notre Dieu Un et Trine qui a tout fait pour qu'il en soit ainsi : en nous créant d'abord (action attribuée au Père), en nous rachetant ensuite (action attribuée au qui a pris chair et est mort pour nous délivrer du péché), en nous sanctifiant maintenant (action attribuée au Fils,Saint-Esprit, Esprit du Père et du Fils qui nous est envoyé depuis la Pentecôte).
Oui, la sainteté est à notre portée. Encore faut-il que nous la désirions, que nous en prenions les moyens. Ce qui veut dire que nous commencions par être des gens qui prient (et pas seulement qui récitent quelques prières de temps à autre) et qui fréquentent les sacrements, qui se confessent régulièrement et deviennent des âmes d'Eucharistie. (lire la suite) « Comme mystère à vivre, l'Eucharistie s'offre à chacun de nous dans la condition où il se trouve, faisant de sa situation existentielle le lieu où il faut vivre quotidiennement la nouveauté chrétienne. Si le Sacrifice eucharistique nourrit et fait grandir en nous ce qui est déjà donné dans le baptême, par lequel nous sommes tous appelés à la sainteté, alors cela doit apparaître et se manifester précisément dans les situations ou dans les états de vie dans lesquels chaque chrétien se trouve. On devient jour après jour un culte agréable à Dieu en vivant sa vie comme une vocation » (Benoît XVI, exhortation apostolique Le Sacrement de la charité, 22 février 2007, n° 79).

mercredi 28 mai 2008

La saintete dans la vie ordinaire (2)

La sainteté dans la vie ordinaire (2)

Qu'est-ce sinon la communion des saints ressentie et vécue ? « Vivez avec une intensité particulière la communion des saints, et chacun sentira, à l’heure de la lutte intérieure, aussi bien qu'à l’heure du travail professionnel, la joie et la force de ne pas être seul » (saint Josémaria, Chemin, n° 545). Nous nous sentons ainsi solidaires de nos frères, les hommes, qui sont avec nous sur terre, embarqués à bord du navire de l'Église ou qui doivent encore y monter... Mais cette solidarité s'étend aussi à l'au-delà. D'abord aux âmes du purgatoire (lire la suite) que nous pouvons aider efficacement à accélérer leur purification pour entrer enfin dans la gloire de Dieu et la compagnie des saints. Les saints eux-mêmes, qui peuvent tant pour nous.
En priant et en offrant tout ce que nous faisons à ces intentions, nous aidons très concrètement les autres à se rapprocher du ciel, à entrer, le moment venu, dans la patrie définitive. N'est-ce pas enthousiasmant, comme je le disais au début ? Cette idée typiquement catholique n'est-elle pas de nature à nous stimuler pour tout faire, ou du moins pour essayer de tout faire avec la plus grande perfection possible, sachant qu'alors rien n'est petit ou quelconque, que tout acquiert une valeur d'éternité, tout est imprégné de l'amour que nous y mettons ? Le fait de penser que nous pouvons ainsi rendre service aux autres, leur être utile aussi simplement, et sans discontinuer, est également d'un grand réconfort pour nous. Cela nous aide à tenir bon quand la difficulté ou la fatigue intervient. Cela nous remplit également d'optimisme puisque rien ne se perd, tout peut être élevé à l'ordre surnaturel, être divinisé, sanctifié. Dieu « vous a invités à poursuivre votre route parmi les activités et les soucis de la terre ; car Il vous a fait savoir que votre vocation humaine, votre profession, vos qualités, loin d’être étrangères à ses divins desseins, ont été sanctifiées comme une offrande très agréable au Père » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 20).

(à suivre...)

mardi 27 mai 2008

Une nouvelle Association pour l'union au pape

Une nouvelle Association pour l'union au pape


Le jour anniversaire de l'élection de Benoît XVI, un groupe de personnes, dont votre serviteur, a fondé l'Association "Écouter avec l'Église". Réunis dans les locaux de l'École cathédrale, avec la bénédiction du cardinal-archevêque de Paris, ils ont ainsi concrétisé leur souhait de contribuer à faire connaître le magistère, c'est-à-dire l'enseignement, du pape et des évêques en communion avec le pape. En voici les satuts : (lire la suite)
Association « Ecouter avec l’Eglise »
(sous statuts Associatifs Loi 1901)

49, Place Allain-Targé – 49400 SAUMUR – courriel : tremoric@free.fr


STATUTS

TITRE I

FORMATION – DENOMINATION – OBJET – SIEGE – DUREE


Article 1er – Formation

Il est formé, entre les personnes physiques ou morales qui adhèrent ou qui adhéreront aux présents statuts, une Association prenant la dénomination suivante : « Ecouter avec l’Eglise », dans les conditions prescrites par la loi du 1er Juillet 1901, modifiée, et par les présents statuts.

Article 2 – Objet

L’Association a pour objet de faire connaître et de diffuser la pensée et les enseignements du Magistère de l’Eglise Catholique dont le Concile Vatican II constitue une référence essentielle en notre temps. Pour ce faire, tous les moyens de communication y compris l’Internet, pourront être utilisés : publications, colloques ou autres manifestations.

Elle fera également connaître de la même façon les documents émanant des différents dicastères de la Curie romaine.

Elle appuiera, dans la mesure de ses possibilités, les initiatives du Saint-Siège, ou celles des diocèses les relayant.

L’Association est à but non lucratif.

L’Association exclut toute finalité de nature politique ou économique.


Article 3 – Siège social

Le siège social est fixé à SAUMUR (49400) .
Il pourra être transféré en tous lieux par simple décision du conseil d’administration.


Article 4 – Durée

L’Association est constituée pour une durée illimitée.








TITRE II

COMPOSITION DE L’ASSOCIATION – ADHESION – RESSOURCES


Article 5 – Modalités d’admission.

Ne sont pas concernés par ces modalités, les Membres Fondateurs ainsi que les personnes qui, sur Invitation à l’Assemblée Générale Constituante, ont adhéré.

Pour toutes les catégories de membres (ainsi que les observateurs extérieurs), il faut être présenté par deux membres de l’Association. Lors de chacune de ses réunions, le Conseil d’Administration statue sur les demandes d’admission présentées.


Article 6 – Composition

L’Association est composée des membres (dont les qualités et conditions d’éligibilité sont définies dans le règlement intérieur) suivants :

les membres bienfaiteurs,
les membres d’honneur,
les membres donateurs,
les membres actifs ou adhérents,
les membres Observateurs

Article 7 – Observateurs extérieurs

Des observateurs extérieurs, non membres de l’Association, peuvent être invités par elle à participer à ses activités sans aucune obligation de cotisation.


Article 8 – Perte de la qualité de Membre

Les membres de l’Association, tels que définis dans l’article 6 des présents statuts peuvent perdre leur qualité de membres en cas de :
défaut de paiement de la cotisation annuelle, pour ceux qui y sont tenus
démission adressée par écrit au président de l’association,
décision d’exclusion pour motif grave ou manquement au règlement intérieur : cette décision est prise par le Conseil d’Administration après avoir entendu l’intéressé . Elle lui sera notifiée par lettre recommandée sous un délai d’un mois. Le membre concerné dispose d’un délai d’un mois, à partir de la notification d’exclusion pour contester celle-ci devant le Bureau. Ce dernier doit être réuni dans le mois qui suit la date de réception du recours qui doit être présenté au Conseil d’Administration par lettre recommandée.
décès


Article 9 – Ressources

Les ressources de l’Association sont les cotisations de ses membres, les produits de ses activités, les dons sous les conditions prévues, pour toute association régulièrement déclarée, à l’article 6 de la loi du 1er juillet 1901, les subventions, les revenus de ses biens et, d’une manière plus générale, toutes celles qui ne sont pas interdites par les lois et règlements en vigueur.







TITRE III

ADMINISTRATION DE L’ASSOCIATION


Article10 - Conseil d’administration,

L’Association est dirigée par un Conseil d’Administration de 9 à 15 membrespar multiples de trois) élus par l’Assemblée Générale.

Le Conseil d’Administration est renouvelé tous les trois ans par tiers selon un ordre fixé par tirage au sort. En cas de vacances, le conseil pourvoit provisoirement au remplacement de ses membres. Il est procédé à leur remplacement définitif par la prochaine assemblée générale. Les mandats des membres ainsi élus prennent fin à l’époque où devrait normalement expirer le mandat des membres remplacés.


Article 11 – Bureau

Le Conseil d’Administration élit parmi ses membres un bureau composé au minimum du président de l’Association, du Vice-Président, du secrétaire et du trésorier. Le bureau, dont le rôle est détaillé à l’Article 14, rend compte de sa gestion au Conseil d’Administration.


Article 12 – Réunion du conseil d’administration et votes

Le conseil d’administration se réunit au moins deux fois par an, sur convocation du président, ou sur demande du quart de ses membres. La convocation est transmise par écrit (courrier simple ou messagerie électronique).

Les décisions sont prises à la majorité des voix ; en cas de partage, la voix du président est prépondérante. Toutefois, il est précisé que toute décision n’est valide que si elle recueille l’approbation d’au moins trois membres du conseil d’administration effectivement présents.

Lors de ses réunions, le Conseil d’Administration peut s’adjoindre, à titre consultatif, toute personne dont la participation lui apparaît utile.

Tout membre du conseil d’administration, qui, sans excuse, n’aura pas assisté à trois réunions consécutives pourra être considéré comme démissionnaire. Dans ce cas, il sera remplacé conformément aux dispositions de l’article 9, alinéa 2 des statuts. Il est permis de voter par procuration ou de mandater un autre membre du conseil.


Article 13 – Pouvoirs du conseil d’administration.

Le Conseil d’administration est investi des pouvoirs les plus étendus pour prendre toute décision relative à l’administration et à la gestion financière de l’Association. Il autorise le président, qui peut se faire remplacer dans les conditions prévues à l’article 14, à passer au nom de l’Association tous les actes ou opérations qui sont permis à celle-ci et qui ne sont pas de la compétence de l’assemblée générale ordinaire ou extraordinaire.Cette autorisation peut être permanente, à charge pour le président de rendre compte de l’usage qu’il en fait.

Le conseil d’administration détermine l’emploi des fonds disponibles, établit le budget et les comptes annuels à soumettre à l’assemblée générale ordinaire, statue sur l’octroi des bourses d’études et l’attribution des subventions. Son consentement est requis pour la nomination et la révocation des membres du personnel de l’Association ainsi que pour la détermination de leur attributions, leurs pouvoirs et leur rémunération.

Il définit le Règlement Intérieur. Il décide du montant des cotisations.


Article 14 – Fonctions du Bureau.

Les membres du bureau assurent notamment la gestion courante et la coordination des activités de l’Association. Le président représente l’Association dans tous les actes de la vie civile et est investi de tous pouvoirs à cet effet, conformément à l’article 13. En cas d’absence ou d’empêchement, le président délègue ses pouvoirs au vice-président ou, en tant que de besoin, à tout autre administrateur.

Le secrétaire rédige les comptes-rendus de réunions du conseil d’administration et des assemblées générales, assure la conservation des registres de l’Association, des actes passés en son nom ainsi que du fichier de ses membres.

Le trésorier détient la signature de tout compte bancaire ou postal ou livret d’épargne ouvert au nom de l’Association. La signature peut être également détenue par les autres membres du bureau pour les cas d’absence ou d’empêchement du trésorier. Le trésorier est informé au plus tôt de tout usage de cette signature par une autre personne.



TITRE IV

ASSEMBLEES GENERALES


Article 15 – Assemblée générale ordinaire.

Chaque année, l’Assemblée générale, présidée par le président ou, en cas d’absence ou d’empêchement, le vice-président ou, à défaut, par un autre membre du Conseil d’administration, se réunit, aux fins de satuer sur le bilan des activités de l’Association au vu, d’une part du rapport moral sur la situation générale et, d’autre part, du rapport sur la gestion financière et, plus généralement, sur toute question soumise à l’ordre du jour fixé par le conseil d’administration.

A cet effet, 15 jours au moins avant la date prévue pour l’Assemblée générale ordinaire, le secrétaire convoque tous les membres de l’Association par tout moyen écrit (courrier simple ou messagerie électronique) selon les coordonnées des membres déclarés auprès de l’Association.

Pour statuer valablement, le quorum est fixé au tiers des membres inscrits ayant droit de vote. Si cette proportion n’est pas atteinte, l’assemblée générale ordinaire est convoquée à nouveau mais à quinze jours d’intervalle. Elle peut alors délibérer quel que soit le nombre de membres présents ou représentés.

Les décisions prises par l’Assemblée générale ordinaire sont adoptées à la majorité simple des membres présents ou représentés. Aucun membre ne pourra détenir plus de cinq pouvoirs.


Article 16 – Assemblée générale extraordinaire


A la demande de la majorité du conseil d’administration ou d’un tiers au moins des membres de l’Association, l’Assemblée générale extraordinaire se réunit sur convocation du secrétaire effectuée par tout moyen écrit (courrier simple ou messagerie électronique) selon les coordonnées des membres déclarés auprès de l’Association.

L’Assemblée générale extraordinaire est compétente pour modifier les statuts ou prononcer la dissolution de l’Association. En cas de dissolution de l’Association, elle statue sur la dévolution des biens de l’Association en désignant un ou plusieurs organismes poursuivant un but analogue pour recevoir le règlement de l’Actif après règlement des charges et dettes.


Pour la validité des décisions, l’Assemblée Générale Extraordinaire doit comprendre au moins la moitié plus un des membres ayant droit de vote. Si cette proportion n’est pas atteinte, l’Assemblée Générale Extraordinaire est convoquée à nouveau à quinze jours d’intervalle. Elle peut alors délibérer quel que soit le nombre de membres présents ou représentés.

Les décisions prises par l’Assemblée Générale Extraordinaire sont adoptées aux deux tiers des membres présents ou représentés


Article 17 – Dispositions communes à l’Assemblée générale ordinaire ou extraordinaire.

Les copies ou extraits des procès verbaux de l’Assemblée Générale ordinaire ou extraordinaire sont contresignés par le Président et le Secrétaire ou le Trésorier. En cas de carence, deux membres du Conseil d’Administration peuvent signer à la place du signataire absent.

Tout membre de l’Association empêché de participer à l’Assemblée générale ordinaire ou extraordinaire peut s’y faire représenter par un autre membre.

Ne votent à l’Assemblée Générale ordinaire ou extraordinaire que les membres de l’Association à jour de leur cotisation.


Article 18 – Formalités constitutives.

Tous pouvoirs sont donnés à …………………(le mandaté) aux fins de remplir les formalités de déclaration et de publicité requises par la législation en vigueur.


Fait à

Le

lundi 26 mai 2008

La saintete dans la vie ordinaire (1)

La sainteté dans la vie ordinaire (1)

Puisque la liturgie a repris le temps ordinaire, voici quelques considérations sur la sanctification de la vie courante.
« Faites tout par amour. — Ainsi il n’y a pas de petites choses : tout est grand. — Persévérer par amour dans les petites choses, c’est de l’héroïsme » (saint Josémaria, Chemin, n° 813). Tel est un grand principe de la vie chrétienne, que j'ai entendu le fondateur de l'Opus Dei répéter souvent. Il voulait faire comprendre qu'en travaillant pour Dieu, à son service, tout ce que nous faisons, pour insignifiant que cela puisse paraître aux yeux des hommes, est grand, (lire la suite) ne se perd pas, nous permet de nous sanctifier et de sanctifier les autres.
Tout ce que nous faisons. C'est quand même surprenant quand nous y pensons, surprenant et enthousiasmant. Parce que le Seigneur n'attend pas que nous réalisions des actions d'éclat, auxquelles nous rêvons peut-être, mais qui n'apparaissent que dans un lointain... très hypothétique. La proposition de la sainteté vaut pour tous : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5, 48), ce qui revient à dire soyez saints comme Dieu est saint. Cet appel n'est pas un leurre. « Tu as l’obligation de te sanctifier. — Toi aussi. Qui pense que c’est une tâche exclusivement réservée aux prêtres et aux religieux ? » (Ibid., n° 292).
En réalité, Dieu a mis la sainteté « à la portée de toutes les bourses », comme le disait aussi saint Josémaria. C'est l'homme « quelconque », l'homme de la rue qui, au même titre que le plus doué d'entre nous est appelé à être saint.
D'où la réalité suivante : toutes nos activités acquièrent une transcendance évangélisatrice. Ne serait-ce que par les vertus qu'elles impliquent et mettent en œuvre. Mais aussi par l'intention surnaturelle pour laquelle nous pouvons offrir chacune de ces actions : le pape, les évêques en communion avec lui, les membres de notre famille, tel collègue de travail, tel ami, les vocations sacerdotales et religieuses, la paix dans telle région du monde, la conversion des pécheurs, tel malade, l'unité des chrétiens, les activités apostoliques de l'Opus Dei, la solution d'un conflit, et mille autres intentions, dont celles qui nous concernent plus directement, comme le fait de progresser dans une vertu, de vaincre un défaut, de réaliser une démarche d'évangélisation, etc.

(à suivre...)

dimanche 25 mai 2008

Intentions de priere

Intentions de prière

Pour M., révoltée contre Dieu suite au départ de son mari du foyer conjugal. Qu'elle retrouve le chemin de la foi et de l'espérance.

Pour la foi de mon petit bonhomme de 7 ans et pour qu'il garde sa pureté.

Devant toutes les violences dont notre société est sujette : violence des banlieues, violences de jeunes ou de personnes désœuvrées qui cèdent à la violence et deviennent des délinquants, violence dans le quotidien des médias (informations, films, jeux vidéos)... Aidez-nous à faire face activement à cette violence, aidez-nous à rester dans la lumière, dans l'esprit et à être des bâtisseurs de paix et de lumière. Merci.

Pour les âmes du purgatoire les plus délaissées. Pour la conversion de nos familles et notre propre conversion. Que notre Seigneur nous donne de nombreuses vocations sacerdotales, la paix dans le monde, la paix dans les familles, la paix dans nos cœurs.

samedi 24 mai 2008

Prier pour l'Eglise en Chine

Prier pour l'Église en Chine


Le pape Benoît XVI a demandé de prier spécialement pour les catholiques de Chine aujourd'hui 24 mai 2008. Il a composé la prière suivante à Notre-Dame de Sheshuan :

Vierge très sainte, Mère du Verbe incarné et notre Mère,
vénérée dans le sanctuaire de Sheshan sous le vocable d’«Aide des Chrétiens»,
toi vers qui toute l’Église qui est en Chine regarde avec une profonde affection,
nous venons aujourd’hui devant toi pour implorer ta protection.
Tourne ton regard vers le peuple de Dieu (lire la suite) et guide-le avec une sollicitude maternelle
sur les chemins de la vérité et de l’amour, afin qu’il soit en toute circonstance
un ferment de cohabitation harmonieuse entre tous les citoyens.
Par ton «oui» docile prononcé à Nazareth, tu as permis
au Fils éternel de Dieu de prendre chair dans ton sein virginal
et d’engager ainsi dans l’histoire l’œuvre de la Rédemption,
à laquelle tu as coopéré par la suite avec un dévouement empressé,
acceptant que l’épée de douleur transperce ton âme,
jusqu’à l’heure suprême de la Croix, quand, sur le Calvaire, tu restas
debout auprès de ton Fils, qui mourait pour que l’homme vive.

Depuis lors, tu es devenue, de manière nouvelle, Mère
de tous ceux qui accueillent dans la foi ton Fils Jésus
et qui acceptent de le suivre en prenant sa Croix sur leurs épaules.
Mère de l’espérance, qui, dans l’obscurité du Samedi-Saint,
avec une confiance inébranlable, est allée au devant du matin de Pâques,
donne à tes fils la capacité de discerner en toute situation,
même la plus obscure, les signes de la présence aimante de Dieu.

Notre-Dame de Sheshan, soutiens l’engagement de tous ceux qui, en Chine,
au milieu des difficultés quotidiennes, continuent à croire, à espérer, à aimer,
afin qu’ils ne craignent jamais de parler de Jésus au monde et du monde à Jésus.
Dans la statue qui domine le Sanctuaire, tu élèves ton Fils,
le présentant au monde avec les bras grands ouverts en un geste d’amour.
Aide les catholiques à être toujours des témoins crédibles de cet amour,
les maintenant unis au roc qui est Pierre, sur lequel est construite l’Église.
Mère de la Chine et de l’Asie, prie pour nous maintenant et toujours. Amen !

vendredi 23 mai 2008

Marie et l'Eglise (3)

Marie et l'Église (3)

« Après son Assomption au ciel, son rôle (de Marie) dans le salut ne s'interrompt pas : par son intercession répétée, elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel » (concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, n° 62). « Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n'est pas achevé, ou qui se trouvent engagés dans les périls et les épreuves, jusqu'à ce qu'ils parviennent à la patrie bienheureuse » (Ibid.). Ainsi la maternité de Marie demeure sans cesse dans l'Église comme médiation d'intercession, et l'Église exprime sa foi en cette vérité en invoquant Marie « sous les titres d'Avocate, d'Auxiliatrice, de Secourable, de Médiatrice » (Ibid.) » (Jean-Paul II, encyclique sur la Mère du Rédempteur, Redemptoris Mater, n° 40). « Les forces t’abandonnent par moments ? — Pourquoi ne le dis-tu pas à ta Mère, (lire la suite) Consolatrix afflictorum, Auxilium christianorum…, Spes nostra, Regina apostolorum ? » (saint Josémaria, Chemin, n° 515).
Le Christ, certes, est l'unique Médiateur auprès de son Père : « Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même plan que le Verbe incarné et rédempteur. Mais tout comme le sacerdoce du Christ est participé sous formes diverses, tant par les ministres que par le peuple fidèle, et tout comme l’unique bonté de Dieu se répand réellement sous des formes diverses dans les créatures, ainsi l’unique médiation du Rédempteur n’exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée de la part des créatures, en dépendance de l’unique source » (concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, n° 60).
Mais si l'Église envisage ce que nous pourrions qualifier de co-rédemption de la part de tous les fidèles, combien à plus juste titre est-ce le cas de la Sainte Vierge, dont, selon les théologiens, la sainteté dépasse celle de tous les hommes réunis.
Autant de titres que nous pouvons raisonnablement faire valoir auprès de Dieu. Tous sont englobés en dernière instance dans celui de « toute-puissance suppliante », suffisamment expressif par lui-même... « Notre Dame, couronnée Reine des cieux et de la terre, est la toute-puissance suppliante devant Dieu. Jésus ne peut rien refuser à Marie, ni à nous, enfants de la même Mère » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 288). Et si Dieu ne peut rien refuser à Marie, c'est qu'elle-même ne lui a jamais dit « non », mais n'a cessé de répéter son « oui » de Nazareth, devenant pour nous un modèle d'amour de la volonté sainte de Dieu.

(fin)

jeudi 22 mai 2008

Marie et l'Eglise (2)

Marie et l'Église (2)

L'iconographie chrétienne montre souvent la Sainte Vierge en train de remettre le chapelet à saint Dominique. Même si la mise en forme de la dévotion au saint rosaire telle que nous la connaissons de nos jours n'a pas été immédiate, nous voyons quand même en cela - et c'est ce qui est le plus important - une autre invitation de Marie à prier, un moyen spirituel qu'elle nous propose et dont l'efficacité n'est plus à démontrer. Elle-même nous guide au besoin dans cette pratique de piété, comme lorsqu'elle a demandé à Bernadette Soubirous de réciter le chapelet, (lire la suite) voici 150 ans cette année. Si Dieu le veut, nous aurons l'immense joie d'accueillir à Lourdes le pape Benoît XVI au mois de septembre pour la célébration de ce sesquicentenaire.
Mais revenons à l'Église, bien que nous ne nous en soyons pas éloignés en réalité. « Marie, qui depuis le début s'était donnée sans réserve à la personne et à l'œuvre de son Fils, ne pouvait pas ne pas reporter sur l'Église, dès le commencement, ce don maternel qu'elle avait fait de soi » (Jean-Paul II, encyclique sur la Mère du Rédempteur, Redemptoris Mater, n° 40). C'est ainsi que, dès le début, Marie est Mère de l'Église, même s'il faudra attendre la clôture du concile Vatican II, le 8 décembre 1965, solennité de l'Immaculée conception de Marie, pour entendre un pape, Paul VI en l'occurrence, proclamer Marie Mère de l'Église, suscitant l'émotion des Pères conciliaires et des applaudissements nourris qui traduisaient bien les sentiments du cœur : oui, Marie est notre Mère ; oui, Marie est Mère de l'Église !
Donc le rôle maternel de Marie ne s'interrompt pas avec la mort brutale de son Fils sur la Croix. Mais, dans l'économie de la grâce, elle « se continue sans interruption jusqu'à la consommation définitive de tous les élus » (concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, n° 62). Marie est vraiment la médiatrice universelle de toutes les grâces jusqu'à la fin du monde. Après, plus aucune médiation ne sera nécessaire, la grâce non plus d'ailleurs, puisque tous les saints se trouveront au paradis dans la gloire de Dieu pour l'éternité, tandis que les réprouvés seront, par leur faute (cf. Catéchisme de l'Église catholique, n° 1033), en enfer, éternellement aussi. Tant que nous sommes le peuple en marche vers la Terre promise qu'est le ciel, rien ne nous est plus doux et plus nécessaire que d'avoir Marie pour Mère et pour guide, pour force et pour refuge - Refugium nostrum et virtus -, afin d'obtenir la miséricorde de Dieu dont nous avons tant besoin : « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus en temps opportun » (Hébreux 4, 16).

(à suivre...)

mardi 20 mai 2008

Marie et l'Eglise (1)

Marie et l'Église (1)

Au jour de l'Annonciation, Marie, d'abord surprise et pour la venue de l'archange saint Gabriel et pour le contenu du message qu'il lui a délivré - « Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais point l'homme ? » (Luc 1, 34) -, ne tarde pas à donner son assentiment : « Voici la servante du Seigneur : qu'il me soit fait selon votre parole ! » (Luc 1, 38). De ce « oui » de Marie ont dépendu de grandes choses, comme je l'ai déjà écrit, tout comme du « oui » de notre Seigneur à son Père. Ce « oui », faisais-je remarquer alors, est un « oui » en cascade, qui entraîne l'acceptation des plans de Dieu tels qu'ils lui sont progressivement révélés tout au long de sa vie.
Or, (lire la suite) sur le point de rendre l'âme en Croix, Jésus nous donne Marie pour Mère et fait de nous ses enfants (cf. Jean 19, 26). De la sorte, Marie « était non seulement celle qui « avança dans son pèlerinage de foi » et garda fidèlement l'union avec son Fils « jusqu'à la Croix », mais aussi la « servante du Seigneur », laissée par son Fils comme mère au sein de l'Église naissante : « Voici ta mère ». Ainsi commença à se former un lien spécial entre cette Mère et l'Église. L'Église naissante était en effet le fruit de la Croix et de la Résurrection de son Fils » (Jean-Paul II, encyclique sur la Mère du Rédempteur, Redemptoris Mater, n° 40).
D'où la place de choix que Marie occupe dans la vie de l'Église en marche vers la patrie céleste et dans celle de chacun de ses enfants. Symptomatique à cet égard est le grand nombre d'apparitions de la très Sainte Vierge, qui montre bien à quel point elle prend à cœur ce rôle maternel, s'il m'est permis de m'exprimer ainsi, et qu'elle n'hésite pas à faire sentir sa présence quand des dangers particuliers menacent tel pays ou le monde entier, ou bien telle catégorie de ses enfants, comme les prêtres, par exemple.
Symptomatique aussi est la piété mariale, qui a pris des formes variées avec l'encouragement des pontifes romains, mais qui est aussi ancrée en profondeur au cœur du chrétien, principalement des catholiques et des orthodoxes, tout comme un enfant ressent habituellement une grande piété et une grande affection pour sa mère, pour celle qui lui a donné la vie. Monstra te esse Matrem, « montrez que vous êtes notre Mère ! » lui demandons-nous avec l'Église. « Devant notre requête — Monstra te esse Matrem (Hymne liturgique Ave Maris stella) — elle ne sait ni ne veut refuser à ses enfants les soins de sa maternelle sollicitude » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 177). C'est la demande filiale et confiante d'une âme qui a besoin de ressentir la force et la tendresse de sa mère, qui a besoin de réconfort et d'assurance au milieu des écueils de la vie. « Mère ! — Appelle-la fort, très fort. — Elle t’écoute, elle te voit en danger peut-être, et elle t’offre, ta Mère la Vierge Marie, avec la grâce de son Fils le refuge de ses bras, la douceur de ses caresses ; et tu te sentiras réconforté pour de nouveaux combats » (saint Josémaria, Chemin, n° 516).

(à suivre...)

lundi 19 mai 2008

Mois de mai, mois de Marie

Mois de mai, mois de Marie

Avec le cent cinquantième anniversaire des apparitions de la Sainte Vierge à Lourdes dont les célébrations se poursuivent, nous voyons comment Dieu se manifeste aux humbles et aux pauvres en la personne de Bernadette Soubirous, comme jadis aux bergers de Bethléem ; comment il choisit ce qui est sans naissance et le rebut du monde pour confondre les forts et les puissants (cf. 1 Corinthiens 1, 27). Et Marie, bien sûr, entre dans son jeu, le jeu de Dieu avec les enfants des hommes, ludens in orbe terrarum, jouant sur la surface de la terre (lire la suite) (Proverbes 8, 31).
Marie à Lourdes. Marie au Laus. Et dans tant et tant d'autres sanctuaires. Oui, que de fois la Vierge Marie s'est manifestée à ses enfants de France ! Et pourtant, nous avons perdu le souvenir de bien des apparitions de notre Mère si bonne. C'en est grande pitié. Comment avons-nous pu en arriver là ? Quelle perte de foi ! Quel oubli de notre filiation envers Marie ! Quel manque de reconnaissance !
Il est navrant de constater, par exemple, qu'un sanctuaire comme Notre-Dame de Liesse, dans l'Aisne, n'est que rarement fréquenté de nos jours, alors qu'il a été pendant des siècles un des tout premiers lieux de pèlerinage de France (cf. B. Maes, Le Roi, la Vierge et la Nation. Pèlerinages et identité nationale entre guerre de Cent Ans et Révolution, Paris, 2002). Même si son déclin s'explique en partie pour des raisons historiques, on ne peut qu'en être chagriné.
On a pu dénombrer jadis mille lieux de pèlerinages marials en France (cf. Couturier du Chefdubois, Mille pèlerinages de Notre Dame, Paris, 1953). D'autres sont venus s'y ajouter depuis, comme l'Ile Bouchard, au diocèse de Tours.
La piété commande de restaurer le culte envers Marie. Le nouvel éclat donné aux apparitions de Notre-Dame du Laus va dans ce sens, de même que la reconnaissance par mgr Vingt-Trois, alors archevêque de Tours, des apparitions de la Sainte Vierge à l'Ile Bouchard.
« C’est toujours par Marie que l’on va et que l’on « revient » à Jésus » (saint Josémaria, Chemin, n° 495). Les fidèles ont donc intérêt à emprunter le chemin de la Vierge Marie. « Étoile du matin », elle nous conduit à bon port, c'est-à-dire au Christ, qui lui-même nous dévoile le Père sous l'action de l'Esprit Saint.
« Accorde-nous, Seigneur, une heureuse santé de l'âme et du corps, et par la glorieuse intercession de la bienheureuse Marie toujours Vierge, délivre-nous des tristesses de la vie présente et conduis-nous à la joie de l'éternité. Par notre Seigneur Jésus-Christ. »

dimanche 18 mai 2008

La Sainte Trinite

La Sainte Trinité

Les chrétiens célèbrent aujourd’hui le mystère central de leur foi : l’existence d’un seul Dieu en trois Personnes. C’est un paradoxe, certes, mais en même temps la réalité la plus élevée. « Il n’y a qu’un seul Dieu et le monothéisme de l’Ancien Testament est fidèlement maintenu. Ce Dieu se manifeste comme le Père qui a un Fils, avec lequel il est en relation dans l’unité d’un même Esprit. Non pas trois dieux, mais un seul Dieu en trois Personnes, auxquelles l’Écriture [la Bible] donne trois noms divins, qui accomplissent, dans cette communion divine, un même salut pour les hommes » (Catéchisme des évêques de France, n° 235).
Dès le début de leur prédication, (lire la suite) les apôtres enseigneront que « comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n’y a qu’un seul Corps et un seul Esprit. Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous et en tous » (Éphésiens 4, 4-6).
Je me limiterai aujourd'hui à dire qu’en partant de l’Écriture, qui est la Parole de Dieu, « les relations qui unissent le Père, le Fils et l’Esprit dans la réalisation de notre salut révèlent des relations qui les unissent dans leur vie éternelle. Le Père est Père depuis toujours et n’est que Père ; le Fils est éternellement engendré par le Père et de même nature que lui (« consubstantiel »), comme le définissent les conciles de Nicée en 325 et de Constantinople en 381, et comme le dit encore aujourd’hui le Credo. De même l’Esprit n’est pas une créature du Fils : « Il est Seigneur et il donne la vie : avec le Père et le Fils il reçoit même adoration et même gloire, il procède du Père ». […] Pour désigner pareillement le Père, le Fils et l’Esprit qui ne font pas trois dieux, la Tradition de l’Église a élaboré le terme de personne en le distinguant de celui de nature. Chacune des Personnes est constituée par la relation spécifique qui l’unit aux autres. Mais les Personnes s’inscrivent dans l’unité de la même nature divine et ne la multiplient pas. Simplement, chaque Personne a une place et un rôle originaux dans l’éternel mouvement d’échange, de don et de retour qui habite la même nature. Le dogme de la Trinité se résume donc dans la formule : trois Personnes égales et distinctes en une seule nature » (Catéchisme des évêques de France, n° 237).
Dans la préface de la messe, les croyants affirment que, « vraiment, il est juste et il est bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant. Avec ton Fils unique et le saint-Esprit, tu es un seul Dieu, tu es un seul Seigneur, dans la Trinité des personnes et l’unité de leur nature. Ce que nous croyons de ta gloire, parce que tu l’as révélé, nous le croyons pareillement, et de ton Fils et du Saint-Esprit ; et quand nous proclamons notre foi au Dieu éternel et véritable, nous adorons en même temps chacune des Personnes, leur unique nature, leur égale majesté ».

samedi 17 mai 2008

Deux articles sur le fondateur de l'opus Dei


Deux articles sur le fondateur de l'opus Dei


En ce jour anniversaire de la béatification du fondateur de l'Opus Dei, j'indique deux articles le concernant.

Le premier de ces articles est paru dans Églises et pouvoirs, XIVe Université du Carrefour d'histoire religieuse, Le Cahier du Littoral - 2, n° 5.
Le fondateur de l'Opus Dei et les pouvoirs établis ainsi que sur catholicae- disputationes.

On verra aussi, du même auteur, Le fondateur de l'Opus Dei et la guerre d'Espagne.

vendredi 16 mai 2008

Note sur le Trisagium angelicum

Note sur le Trisagium angelicum

L’ordre des Trinitaires (fondé en 1198 par saint Jean de Matha d’où le nom de « mathurins ») a élaboré une prière litanique en l’honneur de la très sainte et indivisible Trinité ; cette prière incorpore l’ancien trisagion trinitaire, en alternance avec d’autres invocations, et se développe en trois séries de 9 éléments chacune ; le chiffre 9 est en rapport avec le nombre de chœurs angéliques (selon la théologie grecque), d’où la dénomination de trisagium angélique.
Cette longue prière a un certain rapport avec une des modalités du trisagion ancien.
Le mot grec trisagion exprime la triple attribution de « saint » à Dieu ; ce qui a un sens superlatif. La formule se retrouve dans la vision d’Isaïe au temple, (lire la suite) où les séraphins « crient l’un à l’autre » (Isaïe 6, 3) la louange à la transcendance et à la gloire du Dieu unique ; une formule équivalente est reprise, selon la vision de Jean à Patmos, par la liturgie céleste ininterrompue des « quatre vivants » (Apocalypse 4,8). « Les armées » (sabaoth) du texte d’Isaïe peuvent indiquer les créatures angéliques mais aussi le peuple d’Israël ; dans l’Apocalypse il y a aussi la double référence cosmique et salvifique.
Le trisagion biblique a été très vite incorporé à la liturgie judéo-chrétienne dans un sens trinitaire ; le texte de saint Jean peut indiquer un usage liturgique primitif. Le sanctus de la messe romaine, associé à l’entrée messianique du Christ Sauveur, montre à l’évidence, par ses hébraïsmes (sabaoth, hosanna), ses origines primitives ; il a été peut-être emprunté à la liturgie antiochienne.
Le trisagion christologique (« Dieu Saint, Puissant Saint, Immortel Saint ») dépend plutôt de l’Apocalypse ; il se retrouve dans les divines liturgies orientales (orthodoxes et catholiques) : parfois avant la lecture du Nouveau Testament, parfois incorporé à l’office. Il a été récité pour la première fois, selon une tradition byzantine, à Constantinople, le 24 septembre 446 par l’archevêque Proclus, à l’occasion d’un fort tremblement de terre ; le concile de Chalcédoine l’a utilisé ; il est passé à la liturgie gallicane au VIème siècle ; il fait partie de la liturgie latine du Vendredi saint (associé aux « impropères » ou reproches du Christ à son peuple). Souvent la formule a été interprétée dans un sens trinitaire.

Antoine Fernandez, 1er juin 2007

jeudi 15 mai 2008

Un modele de pelerinage, le pelerinage à Chartres

Un modèle de pèlerinage, le pèlerinage à Chartres

En 1912, Charles Péguy se rend à pied de Paris à Chartres, à la suite d’un vœu fait au chevet de son fils malade.
« Mon fils a été malade, une diphtérie en août, en arrivant à la mer. Alors, mon vieux, j'ai senti que c'était grave. Il a fallu que je fasse un vœu… J'ai fait un pèlerinage à Chartres. Je suis Beauceron. Chartres est ma cathédrale. J'ai fait 144 kilomètres en trois jours. Ah ! mon vieux, les croisades, c'était facile. (lire la suite) Il est évident que nous autres, nous aurions été les premiers à partir pour Jérusalem et que nous serions morts sur la route. Mourir dans un fossé, ce n'est rien ; vraiment, j'ai senti que ce n'était rien. Nous faisons quelque chose de plus difficile. On voit le clocher de Chartres à 17 kilomètres sur la plaine. De temps en temps, il disparaît derrière une ondulation, une ligne de bois. Dès que je l'ai vu, ç'a été une extase. Je ne sentais plus rien, ni la fatigue, ni mes pieds. Toutes mes impuretés sont tombées d'un coup. J'étais un autre homme… »
Après sa mort au front en 1914, certains de ses amis font de temps à autre la même route en méditant ses poèmes. En juin 1935, à l'initiative de deux étudiants, Marie-Claude Pfenninger et Jean Aubonnet, un groupe de la Sorbonne marche vers Chartres, à la suite de Péguy. Depuis lors, même en pleine guerre, le pèlerinage des étudiants se développe. Dans les années 60, le nombre de pèlerins venant des grandes écoles augmente tellement qu’un pèlerinage autonome se constitue. La crise de mai 1968 passée, le climat s'apaise, mais la fréquentation diminue. Depuis le début des années 90, le pèlerinage n'est plus limité aux étudiants mais s'adresse aux jeunes chrétiens d'Île-de-France. Parallèlement, un « pèlerinage de chrétienté » s'est constitué.

mercredi 14 mai 2008

Tertullien (3)

Tertullien (3)

Du point de vue humain, on peut sans aucun doute parler d'un drame de Tertullien. Au fil des années, il devint toujours plus exigeant à l'égard des chrétiens. Il prétendait d'eux en toute circonstance, et en particulier dans les persécutions, un comportement héroïque. Rigide dans ses positions, il n'épargnait pas de lourdes critiques et finit inévitablement par se retrouver isolé. Du reste, aujourd'hui encore, de nombreuses questions restent en suspens, non seulement sur la pensée théologique et philosophique de Tertullien, mais également sur son attitude à l'égard des institutions politiques et de la société païenne. Cette grande personnalité morale et intellectuelle, (lire la suite) cet homme qui a apporté une si grande contribution à la pensée chrétienne, me fait beaucoup réfléchir. On voit qu'à la fin, il lui manque la simplicité, l'humilité de s'insérer dans l'Église, d'accepter ses faiblesses, d'être tolérant avec les autres et avec lui-même. Lorsque l'on ne voit plus que sa propre pensée dans sa grandeur, à la fin, c'est précisément cette grandeur qui se perd. La caractéristique essentielle d'un grand théologien est l'humilité de demeurer avec l'Église, d'accepter les faiblesses de celle-ci ainsi que les siennes, car seul Dieu est réellement entièrement saint. Nous avons en revanche toujours besoin du pardon.
En définitive, l'Africain demeure un témoin intéressant des premiers temps de l'Église, lorsque les chrétiens étaient alors les authentiques sujets d'une « nouvelle culture » dans la confrontation rapprochée entre l'héritage classique et le message évangélique. C'est à lui que l'on doit la célèbre affirmation selon laquelle notre âme « est naturalisée chrétienne » (Apologétique 17, 6), dans laquelle Tertullien évoque l'éternelle continuité entre les authentiques valeurs humaines et les valeurs chrétiennes ; et également cette autre réflexion, directement empruntée à l'Évangile, selon laquelle « le chrétien ne peut pas même haïr ses propres ennemis » (cf. Apologétique 37), dans laquelle la conséquence morale, inéluctable, du choix de foi, propose la « non violence » comme règle de vie: personne ne peut manquer de voir l'actualité dramatique de cet enseignement, également à la lumière du vif débat sur les religions.
En somme, dans les écrits de l'Africain, on retrouve de nombreux thèmes qu'aujourd'hui encore, nous sommes appelés à affronter. Ceux-ci nous appellent à une féconde recherche intérieure, à laquelle j'exhorte tous les fidèles, afin qu'ils sachent exprimer de manière toujours plus convaincante la Règle de la foi, celle - pour revenir encore une fois à Tertullien - « selon laquelle nous croyons qu'il existe un seul Dieu, et personne en dehors du Créateur du monde : il a tiré chaque chose du néant au moyen de son Verbe, engendré avant toute chose » (La prescription des hérétiques 13, 1).

Benoît XVI, Audience générale, 30 mai 2007.

mardi 13 mai 2008

Tertullien (2)

Tertullien (2)

Mais Tertullien, comme tout bon apologiste, ressent dans le même temps l'exigence de communiquer de manière positive l'essence du christianisme. C'est pourquoi il adopte la méthode spéculative pour illustrer les fondements rationnels du dogme chrétien. Il les approfondit de manière systématique, à commencer par la description du « Dieu des chrétiens » : « Celui que nous adorons - atteste l'Apologiste - est un Dieu unique ». Et il poursuit, en utilisant les antithèses et les paradoxes caractéristiques de son langage : « Il est invisible, même si on le voit ; insaisissable, même s'il est présent à travers la grâce ; inconcevable, même si les sens humains peuvent le concevoir ; c'est pourquoi il est vrai et grand ! » (Apologétique, 17, 1-2). (lire la suite)
En outre, Tertullien accomplit un pas immense dans le développement du dogme trinitaire ; il nous a donné en latin le langage adapté pour exprimer ce grand mystère, en introduisant les termes « une substance » et « trois Personnes ». De même, il a également beaucoup développé le langage correct pour exprimer le mystère du Christ, Fils de Dieu et vrai Homme.
L'Africain aborde également l'Esprit Saint, en démontrant son caractère personnel et divin : « Nous croyons que, selon sa promesse, Jésus Christ envoya l'Esprit Saint au moyen du Père, le Paraclet, le sanctificateur de la foi de ceux qui croient dans le Père, dans le Fils et dans l'Esprit » (ibid., 2, 1). Dans l'œuvre de Tertullien, on lit également de nombreux textes sur l'Église, que Tertullien reconnaît toujours comme « mère ». Même après son adhésion au montanisme, il n'a pas oublié que l'Église est la Mère de notre foi et de notre vie chrétienne. Il s'arrête aussi sur la conduite morale des chrétiens, sur la vie future. Ses écrits sont importants également pour saisir des tendances présentes dans les communautés chrétiennes à propos de la très Sainte Vierge Marie, des sacrements de l'Eucharistie, du Mariage et de la Réconciliation, du primat pétrinien, de la prière... En particulier, en cette époque de persécution, où les chrétiens semblaient une minorité perdue, l'Apologiste les exhorte à l'espérance, qui - selon ses écrits - n'est pas simplement une vertu en elle-même, mais une modalité qui touche chaque aspect de l'existence chrétienne. Nous avons l'espérance que l'avenir nous appartient parce que l'avenir appartient à Dieu. Ainsi, la résurrection du Seigneur est présentée comme le fondement de notre résurrection future, et elle représente l'objet principal de la confiance des chrétiens : « La chair ressuscitera - affirme catégoriquement l'Africain -: toute la chair, la chair elle-même, et la chair tout entière. Où qu'elle se trouve, celle-ci est en dépôt auprès de Dieu, en vertu du très fidèle médiateur entre Dieu et les hommes Jésus Christ, qui restituera Dieu à l'homme et l'homme à Dieu » (Sur la résurrection des morts 63, 1).

(à suivre...)

lundi 12 mai 2008

Tertullien (1) Tertullien (1) Tertullien (1) Tertullien (1)

Tertullien (1)

Avec Benoît XVI, « nous continuons à parler des grandes personnalités de l'Église antique : ce sont des maîtres de la foi également pour nous aujourd'hui et des témoins de l'actualité éternelle de la foi chrétienne. Nous parlons aujourd'hui d'un Africain, Tertullien, qui, entre la fin du deuxième siècle et le début du troisième, inaugure la littérature chrétienne en langue latine. C'est avec lui que commence une théologie dans cette langue. Son œuvre a porté des fruits décisifs, qu'il serait impardonnable de sous-estimer. Son influence se développe à divers niveaux : de celui du langage et de la redécouverte de la culture classique, à celui de l'identification d'une « âme chrétienne » commune dans le monde et de la formulation de nouvelles propositions de coexistence humaine. (lire la suite) Nous ne connaissons pas exactement la date de sa naissance et de sa mort. En revanche, nous savons qu'il reçut à Carthage, vers la fin du IIème siècle, de parents et d'enseignants païens, une solide formation rhétorique, philosophique, juridique et historique. Il se convertit ensuite au christianisme, attiré - semble-t-il - par l'exemple des martyrs chrétiens. Il commença à publier ses écrits les plus célèbres en 197. Mais une recherche trop individuelle de la vérité, ainsi que certains excès de son caractère - c'était un homme rigoureux - le conduisirent graduellement à abandonner la communion avec l'Église et à adhérer à la secte du montanisme. Toutefois, l'originalité de sa pensée liée à l'efficacité incisive de son langage lui assurent une position de relief dans la littérature chrétienne antique.
Ce sont ses écrits à caractère apologétique qui sont les plus célèbres. Ils manifestent deux intentions principales : celle de réfuter les très graves accusations que les païens formulaient contre la nouvelle religion, et celle - plus active et missionnaire - de transmettre le message de l'Évangile en dialogue avec la culture de l'époque. Son œuvre la plus célèbre, l'Apologétique, dénonce le comportement injuste des autorités publiques envers l'Église ; il explique et défend les enseignements et les mœurs des chrétiens; il détermine les différences entre la nouvelle religion et les principaux courants philosophiques de l'époque; il manifeste le triomphe de l'Esprit, qui oppose le sang, la souffrance et la patience des martyrs à la violence des persécuteurs : « Pour aussi raffinée qu'elle soit - écrit l'Africain -, votre cruauté ne sert à rien : elle constitue même une invitation pour notre communauté. A chaque coup de faux que vous nous portez, nous devenons plus nombreux : le sang des chrétiens est une semence efficace ! (semen est sanguis christianorum !) » (Apologétique 50, 13). En vérité, en fin de compte, le martyre et la souffrance sont victorieux et plus efficaces que la cruauté et que la violence des régimes totalitaires.

(à suivre...)